Relecture par Brynamon.
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LA VIE AVANT TOUT
Partie 10
PDV Peeta
Je ne savais pas ce qui se passait entre Katniss et sa mère mais ça m'inquiétait. Je terminai d'arroser le jardin et rentrai pour me laver les mains. Je trouvai Katniss dans la cuisine, ruminant face à la fenêtre.
-Ça va ?
J'ouvris le robinet et entrepris de me laver soigneusement les mains en attendant sa réponse qui ne vint pas. Après les avoir séchées, je farfouillai pour savoir ce qu'on allait diner.
-Ma mère nous a préparé un diner plus élaboré que d'habitude.
-Je vois ça, c'est en quel honneur ?
-Elle veut qu'on passe une bonne soirée pendant qu'elle ira s'envoyer en l'air avec Haymitch.
Je manquai de renverser le thé glacé que je venais de me servir. Je m'assis, estomaqué.
-Sérieux ?
Elle me regarda enfin, elle était on ne peut plus sérieuse. J'avalai mon verre pour me donner contenance. Et bien…
-Que va-t-on faire ?
-Rien, décrétai-je. Ta mère est adulte tout comme Haymitch. Laisse-les vivre.
Qu'est-ce que je n'avais pas dit là ! Elle s'engagea dans un monologue rageur et je pris sur moi pour l'écouter jusqu'au bout. Elle semblait en avoir besoin. Mais je n'aimais pas ce que j'entendais.
-Tu as fini ?
-Pourquoi tu t'en fiches ?
-Parce que ça ne nous regarde pas Katniss !
-Bien sûr que si ! Il s'agit de ma mère !
-Elle ne risque rien avec Haymitch.
Elle recommença à monologuer, mais c'était quelque chose d'encore plus pénible, j'en avais marre subitement. J'étais trop à cran ces derniers temps. Je me levai brusquement :
-Ça suffit !
Elle se figea, la bouche encore ouverte des paroles qu'elle déversait. Je criais rarement. Je le regrettai déjà devant son air blessé. Je voulus contourner la table pour me rapprocher d'elle mais elle quitta la pièce comme une furie. Je la suivis, elle était déjà dehors, pieds nus, marchant en direction de la maison d'Haymitch. Quand je me décidai à la rattraper nous étions déjà devant son allée. Je savais que je ne pouvais l'empêcher d'y aller, elle nourrissait une folle inquiétude pour sa mère, ce qui en un certain sens me rassurait mais cela ne pouvait pas bien se terminer. Elle tambourina sur la porte, furieuse, puis patienta.
-Je ne voulais pas crier tout à l'heure, en profitai-je pour m'excuser. Je suis un peu à cran ces temps-ci.
Elle tressaillit.
-Je suis désolé. Ne m'en veux pas.
Son menton trembla légèrement. Elle me jeta un coup d'œil bref et brillant. Je n'aimais pas la voir triste. Mon bras entoura sa taille.
-Je m'inquiète aussi, seulement il faut croire en eux, ne nous mêlons pas de ça.
Elle baissa la tête, indécise.
-Rentrons, on va en discuter calmement.
Elle allait obtempérer quand la porte s'ouvrit. Haymitch nous apparut, âpreté et beau comme un prince, rasé, frais, bien coiffé. Bref un homme neuf. Passée la surprise, le visage de Katniss se transforma, se durcit, tandis qu'il nous souriait généreusement.
-Je pensais voir Poppy, mais je suis aussi content de vous voir. Que me vaut l'honneur ?
-Poppy ? Répétai-je perplexe.
-Ta belle-mère.
-Ma mère ne s'appelle pas Poppy, grogna Katniss, et je t'assure que si tu continues ta comédie, tu n'auras plus dents pour lui sourire et l'appeler par ce surnom ridicule !
Il haussa les sourcils sans perdre son air désinvolte.
-Tu es un peu agressive dis donc, je vais mettre ça sur le compte des hormones.
La chose à ne pas dire.
-Ça t'amuse ! Tu prends ma mère pour une trainée ! Siffla-t-elle.
Il perdit son sourire, et moi je me liquéfiai. Mais pourquoi avait-elle dit ça ? Il fit un pas en avant, d'instinct je me postai devant Katniss.
-Pousse-toi ! S'agaça Haymitch, tu me prends pour qui ? Je vais pas la toucher ta chérie.
Je repris ma place initiale, gêné par ma réaction protectrice face à celui qui avait toujours pris soin de nous. Il fit face à Katniss, yeux dans les yeux.
-Poppy est comme toi, comme moi, comme Peeta, elle a été bousillé par la vie, je ne cherche pas à profiter d'elle. Nous savons tous les deux ce que nous faisons, les contes de fées, les deuxièmes chances, l'amour avec un grand A, toutes ces conneries, on a passé l'âge mais on se sent bien ensemble. Ce n'était pas prémédité, et franchement pas sûr que ça aille quelque part, mais on est sur la même longueur d'ondes pour l'instant. Alors on profite la vie est courte, mais ça tu le sais. Alors maintenant tu rentres chez toi avec ton mec et dans la foulée après le super diner préparé par Poppy, pensez à forniquer, ça vous fera du bien, parce que moi, j'vais pas me gêner, sur ce…
Il rentra et referma la porte, nous laissant complètement interloqués. Le choc passé, il ne resta que de la gêne entre nous. Forcément, je ne pus m'empêcher de repenser à la veille au soir.
-Je rentre, décidai-je en tournant les talons.
Je n'avais pas envie qu'on en parle, je n'avais pas envie d'y penser, je me sentais mal de l'avoir brusquée; j'avais mal interprété ses signaux, ne pensant qu'à moi.
-Attends, Peeta.
Elle se hâta de me rejoindre malgré ses pieds nus.
-Tu dois avoir mal aux pieds, constatai-je vaguement.
-Nous devrions parler d'hier soir.
Surtout pas. J'étais pourtant partisan de la communication mais là, je sentais que c'était un terrain glissant. Un sujet très sensible et douloureux… pour moi.
-S'il te plait.
Je me pliai à sa requête car je ne savais pas lui dire non, et m'arrêtai pour discuter. Sauf qu'elle perdit ses moyens, ses yeux plongés dans les miens étaient plein de doutes, de peur. Etais-je la cause de tout ça ? Je n'étais plus sûr de vouloir l'écouter.
-Je t'écoute.
-Avec le bébé, je ne me sens pas très à l'aise de le faire, et puis j'ai peur qu'on lui fasse mal.
Je la dévisageai, stupéfait.
-Tes réticences viennent de là ?
-Je sais ça parait ridicule, même ma mère m'a réprimandée, mais c'est ce que je ressens.
-Je pensais que c'était lié à la fatigue.
-Ça joue aussi mais je me sens plus en forme maintenant.
-Je pensais aussi que c'était lié à moi, à mon impatience.
-Tu n'es pas la cause de tout ça, et tu es le plus patient et le plus gentil des hommes, n'en doute jamais. Je suis responsable de ce froid entre nous, pardonne-moi, je m'en veux de ne pas être là pour toi. Et je ne sais pas comment surmonter ça.
-Tu n'as pas à t'excuser. Je comprends mieux maintenant. Et je suis rassuré parce que je sais qu'on va y arriver.
OoooO
Je pris une douche en rentrant et Katniss son bain par la suite. Elle avait mis sa jolie jupe longue rose et un haut beige sans manche. Nous dînâmes tranquillement, appréciant les efforts de sa mère pour nous octroyer un petit moment en amoureux. Je me versai un verre de vin, et un verre de jus de raisin pour Katniss. Cela faisait illusion. Elle semblait ailleurs, triste.
-Chérie ?
-J'aimerais tellement que tu sentes le bébé bouger. Il n'arrête pas à certains moments.
J'étais déçu aussi. Mais pas la peine de s'y attarder, bientôt je pourrai en profiter.
-Il faut juste être patient, ne t'inquiète pas. Tu veux encore un peu de tarte à la pomme ?
-Non, je me sens comme une baleine.
Si elle était une baleine, j'étais un cachalot.
Je débarrassai, fis rapidement la vaisselle et lui proposai de mettre un peu de musique. Le vin me rendait léthargique, je devais me bouger un peu. La mélodie s'éparpilla dans la maison.
-Danse avec moi.
Elle accepta sans se faire prier pour une fois. Son corps contre le mien ravivait mon désir pour elle. Je m'enivrai de l'odeur de sa peau, de ses cheveux quelques instants avant de me remettre dans le droit chemin et lui proposer un film. Je comatai devant, elle s'en rendit compte et me poussa à aller dormir.
-Pourquoi es-tu si pressée que j'aille au lit ? À moins que tu ne veuilles te débarrasser de moi pour aller espionner ta mère ?
Elle s'empourpra.
-Katniss, soupirai-je. Viens te coucher, aussi.
Elle jeta un œil déçu à travers la fenêtre du salon.
-D'accord.
A peine allongé, je l'embrassai et m'installai pour dormir, je sentais le sommeil me gagner.
-Tu crois qu'on devrait réessayer ?
Mes yeux se rouvrirent d'un seul coup. Nous étions dos à dos, elle était en train de lire, du moins c'était ce que je croyais.
-Ne laisse pas Haymitch te perturber.
-Tu as raison. Et puis demain tu te lèves tôt.
Si elle pouvait savoir comme je m'en fichais royalement. Je préférais dormir moins et profiter de ma nuit autrement. Après quelques minutes à attendre le moindre signal de sa part, je perdis espoir. Je l'entendis se lever pour aller dans la salle de bain. Les sens en ébullition, je ne savais pas comment j'allais faire pour calmer mes ardeurs. Ils y en avaient deux qui devaient bien s'amuser en ce moment. Je les enviais. Dépité, je comptais les moutons quand elle revint se coucher.
-Tu ne trouves pas ça trop court ?
Je rouvris les yeux pour voir de quoi elle me parlait et je crus halluciner, clignant des yeux comme un ahuri devant cette apparition des plus irréelles. Je pouvais dire définitivement adieu à mon sommeil.
-Non…c'est parfait.
Je ne l'avais jamais vu si sexy, parce qu'elle était sexy dans cette nuisette, la vache ! Elle tira dessus en vain.
-T'agace pas, je vais vite t'aider à l'enlever, m'enflammai-je.
Elle me sourit, soulagée. Elle se hâta de s'infiltrer sous les draps, elle sentait divinement bon. Elle s'était pouponnée rien que pour moi, cette constatation affola mon cœur. Elle se glissa dans mes bras, elle m'embrassa, m'aida expressément à ôter le peu de vêtements que je portais. Mes mains parcouraient le tissu, j'étais fébrile, impatient, et heureux.
-Tu feras attention, murmura-t-elle contre ma bouche.
-Oui, promis-je.
J'essaierai, je ferais au mieux, rien n'étais moins sûr, mais je m'y emploierai.
OoooO
J'étais à la masse, pétrissant la pâte avec mollesse. Tant pis pour le pain, je m'assis près du four et je m'endormis tel quel, le sourire aux lèvres.
En rentrant bien plus tard que prévu (je m'étais fait enguirlander par Luke d'ailleurs car je dormais encore quand il était arrivé), je passai devant chez Haymitch. J'eus envie d'aller lui parler histoire de…
-Entre, viens boire un café, mon p'tit.
-Où est Poppy ?
Il sourit, moi aussi, étrange comme ce surnom m'était resté.
-Chez vous, je suppose, elle est partie tôt ce matin après le petit-déj post-coïtal.
Je bouchai mes oreilles, aigri :
-Haymitch, sérieux !
-Ouais, ouais. T'as une sale mine, tu manques de sommeil.
Ce qui n'était étrangement pas son cas.
-Je suis fatigué.
Il me fila un coup de coude dans les côtes :
-Toi aussi t'es un champion, mon pote, tape m'en cinq !
Je ne répondis pas, laissai sa main suspendue dans les airs et le suivis dans la cuisine pour m'installer à sa table.
-On trinque ? Proposa-t-il en levant sa tasse de café.
-A quoi ? Dis-je en soulevant la mienne.
-A l'amour.
Stupéfait, je trinquai néanmoins.
-Tu es amoureux ?
-Ne dis pas de connerie. Mais j'en ressens tous les biens-faits.
-Je suis content pour toi.
-Je le sais. Tu es un bon garçon Peeta.
-On croirait entendre Poppy.
-Et elle a raison.
Il rajouta une rasade de je ne sais quoi dans son café et se l'enfila d'une seule traite.
OoooO
Je m'étais endormi sur le canapé en rentrant, ne trouvant ni ma femme ni ma belle-mère. Je me réveillai en sursaut, il y avait des éclats de rires qui provenaient de la cuisine. Je me calai dans l'embrasure de la porte et les observai, sa mère et elle, en train de déplumer de la volaille. C'était une image que je voulais graver dans ma mémoire. Elle perçut ma présence et me sourit avec affection avant de reprendre son déplumage avec précision.
-Bonjour Poppy, saluai-je sa mère.
Elle éclata de rire en voyant la tête de Katniss.
-Sacré Haymitch, il est incorrigible. Ne lui en veux pas trésor, c'est très mignon, tu ne trouves pas ?
Voyant sa fille se refermer, elle changea de sujet :
-Katniss m'a emmenée avec elle dans la forêt, je l'ai vue chasser. Elle m'a même emmenée au lac. Ça faisait si longtemps que je n'y avais pas été. On y a pique-niqué.
Une ambiance nostalgique flotta dans l'air, Katniss aimait beaucoup cet endroit. Elle m'y avait emmené une fois.
-Remonte te reposer, Peeta, nous viendrons te prévenir quand on passera à table, me proposa Poppy.
-Vous dinez avec nous ?
-Oui et Haymitch aussi, rajouta Katniss, peu emballée.
-Il ne m'en a pas parlé, je l'ai vu tout à l'heure.
-C'est parce qu'il n'est pas au courant, sourit Poppy avec malice.
OoooO
Le diner s'était bien passé hormis un ou deux grincements de dents de la part de Katniss quand la bouche d'Haymitch s'égarait vers sa mère : sur sa main, son épaule, ou ses cheveux …
Je trouvais qu'il avait fait preuve de retenu, de respect. C'était un homme bien et ça se démontrait jour après jour. Eux aussi méritaient un peu bonheur. J'espérais vraiment qu'ils arriveraient à s'entendre sur le long terme. Au moment du départ, Katniss demanda à sa mère de rester.
-J'aimerais discuter de quelque chose avec toi.
Poppy ne contesta pas et renvoya un Haymitch dépité seul chez lui. Elles s'enfermèrent dans le bureau et je pris la direction de mon atelier.
Assis sur mon tabouret en bois, mon esprit dérivait, mes doigts s'agitaient sur ma toile, laissant apparaitre ma Katniss, allongée, alanguie, enceinte et les yeux pétillants d'un bonheur incertain. Je ne voyais plus que par cette nuisette noire en satin. Je retournai dans ma chambre comme guidé par un radar, les yeux plein d'images aphrodisiaques.
Katniss émergeait de la salle de bain. En pyjama…
-Et ta nuisette ?
-Tu plaisantes ? Je pensais avoir un peu de répit.
-Répit ? Répétai-je avec un ton dépressif.
Elle s'engouffra sous la couverture et attrapa son livre :
-Je veux être en forme pour demain, nous avons rendez-vous pour l'échographie. Nous allons enfin savoir si c'est un garçon.
Ma sœur m'a conseillé de donner un nom à la mère de Katniss, j'ai trouvé un compromis avec ce surnom que j'ai choisi parmi une liste qu'elle m'a proposée. J'ai eu un vrai coup de cœur pour Poppy. J'espère que ça vous plaira aussi.
La fin n'est plus très loin.
La suite bientôt.
