Relecture par Brynamon.
Merci à Sissi1789, Sarah, CarlaHG, SG et Linou pourvos reviews !
Merci pour les alertes et les favoris.
En réponse à la tienne Cindy : oui c'est ça, avoir un enfant ça nous change et ça change toute notre vie et notre façon d'appréhender les choses.
LA VIE AVANT TOUT
Epilogue
PDV Katniss
Encore quelques jours à patienter.
Peeta tournait en rond dès qu'il était à la maison. Il avait terminé la chambre de la petite Rose et ne savait plus comment s'occuper. Assise bien confortablement au fond du canapé, je profitai de la chaleur de la cheminée tout en tricotant encore un peu de layette. Cela m'aidait à évacuer le stress, à ne penser à rien.
L'hiver pointait, mais le froid ne me dérangeait pas. Je pouvais encore faire de longues balades seule ou avec maman qui avait posé des congés pour être là à l'arrivée de sa petite-fille. Elle résidait chez Haymitch, ils cohabitaient bien tous les deux : je m'étais fait une raison en voyant comment ils se rendaient mutuellement heureux.
Une légère contraction me fit cesser mon tricot. Attentive, je restais très vigilante à ce sujet. Le Dr Moore m'avait prévenue, c'était normal au stade de ma grossesse. J'étais soulagée de n'avoir eu aucune séquelle de ma chute. C'était une expérience plutôt traumatisante que je ne voulais plus revivre car cela avait failli nous détruire. Peeta avait doucement retrouvé son aplomb, sa confiance et c'était le principal car je ne voulais pas qu'il culpabilise et j'avais besoin de lui pour ne pas sombrer dans la panique devant l'imminence de l'arrivée du bébé.
-Chérie ?
Peeta s'installa à mes côtés.
-Tu devrais peut-être remonter pour t'allonger un peu ?
Je déposai mon attirail de tricot et me blottis contre lui.
-Tommy me manque. Tu crois qu'on pourrait l'emmener en pique-nique ce weekend ?
Il me serra contre lui, posant sa tête sur la mienne, je perçus son sourire sur le haut de mon crâne.
-Il fait un peu froid pour un pique-nique.
-Je sais, soupirai-je. J'ai juste envie de passer du temps avec lui.
Depuis son premier séjour ici, Tommy n'était revenu qu'une seule fois passer un weekend avec nous. Nous passions le voir mais ce n'était pas pareil.
-Je vais voir ce que je peux faire.
Il s'éloigna pour atteindre le téléphone de l'entrée. Je patientai le temps de son coup de fil, tendue. Rose s'agita un peu, c'était parfois douloureux, elle manquait de place. Alors qu'une énième envie d'aller faire pipi me prenait, Peeta revint tout sourire.
-C'est d'accord pour qu'il passe la journée de samedi avec nous.
OoooO
Je poussai doucement Tommy sur la petite balancelle construite par Peeta non loin de notre potager. Il riait aux éclats, heureux de vivre. Je l'enviais tellement, jamais je n'avais connu ça du plus loin que je me rappelle.
-Katniss ?
Ma mère, occupée à ôter les mauvaises herbes dans la partie aromates, tourna la tête vers moi.
-Et si je restais ici ?
Je tressaillis, étonnée. Tommy continuait de rire ce qui masqua le silence qui s'éternisait. Elle reprit son nettoyage, soucieuse, déçue. Après quelques minutes, je le fis descendre et il gambada un instant avant de courir chercher son ballon. Emmitouflé dans son manteau épais, il avait un peu de mal à se mouvoir mais il était débrouillard et costaud, même s'il tombait (et que mon cœur tombait aussi au sol tandis que je me précipitais vers lui), il se relevait et continuait de s'émerveiller de ce qui l'entourait. Il resta à proximité, me tournant autour comme une girouette. J'observai alors ma mère, réfléchissant à sa proposition.
-Tu as envie de rester ici ?
Elle se leva pour me rejoindre, frottant ses mains gantées l'une contre l'autre.
-Oui.
-Pourquoi ?
-Pour toi, pour Rose, pour Peeta, pour Haymitch.
J'avais cette même chaleur qui se rependait régulièrement à chaque fois qu'elle exprimait son affection pour notre famille.
-Et ton travail ?
-J'en trouverai ici. Je suis assez polyvalente.
-Tu adores ton travail.
-Je t'aime encore plus.
Je détournai les yeux un instant, gênée. Ce n'était pas facile d'accepter ce franc débordement affectif mais j'y travaillais. Je me recentrai sur elle, inquiète.
-Tu dis ça maintenant…
-Mon travail me permettait d'aider les autres, de trouver un sens à la mort de mon enfant. Je m'y noyais pour oublier la vie. Mais maintenant, la vie me parait plus vivable tu comprends ? Et c'est auprès de vous que je me sens le mieux. Je vivrais chez Haymitch, il me tanne avec ça depuis quelques semaines. Si j'hésitais c'était parce que j'avais peur de te mettre dans l'embarras. Je ne m'imposerai pas, je sais que tu as besoin d'espace mais je voudrais être disponible pour toi et Rose.
Ses yeux brillaient, contenant des larmes difficilement. Elle guettait ma réaction, un éventuel refus. Mais je connaissais déjà ma réponse, et même si la peur me tenaillait, je me voyais mal refuser de l'amour supplémentaire pour ma fille. Mais la réalité était que j'avais attendu cette proposition depuis des mois.
Tommy agrippa ma jambe, tendant les bras vers moi.
-Tu es tout rouge mon petit bonhomme, nous allons rentrer, décidai-je en le soulevant.
-Il peut marcher, tu ne devrais pas le porter, s'inquiéta ma mère.
J'avais besoin de l'avoir près de moi, et il n'était pas si lourd.
-Ça va aller maman.
Je dus me résoudre à le remettre sur ses pieds quand une douleur dans le bas de mon dos irradia mes reins.
OoooO
Allongée sur le canapé, je me sentais nauséeuse. La douleur avait diminué mais Peeta avait appelé Thom pour qu'il nous conduise au Centre de soins, il était dans tous ses états. Maman s'occupait de Tommy mais me jetait des regards soucieux. Je tendis ma main vers eux.
-Tu as de nouveau mal, accourra-t-elle avec Tommy sur ses pas.
Elle m'examina pour la énième fois. J'aurais pu en sourire mais j'avais peur.
-J'ai l'impression que le travail va commencer, m'expliqua-t-elle.
-Je n'ai même pas perdu les eaux.
-Ce n'est pas obligatoire tu sais.
-Mais il est trop tôt.
-Tu es presque à terme, ne sois pas inquiète.
Elle avait revêtu son rôle d'infirmière, se montrant rassurante et professionnelle. Je lui en sus gré.
-Reste, murmurai-je alors.
-Je reste près de toi ne t'inquiète pas.
-Non, tu ne comprends pas.
Ma main effleura sa joue très brièvement. Elle la prit au vol, la garda contre sa joue. Elle acquiesça silencieusement, bouleversée. Je lui souris. Peeta, dont j'avais senti la présence mais qui était resté en retrait, se matérialisa à nos côtés.
-Thom est là.
Il m'aida à me lever, ce qui réveilla mes douleurs. Je serrai les dents et avançai dans un même pas lent. Il prit place à mes côtés et ma mère se plaça devant. Tommy s'agita sur son siège-auto cherchant à se défaire de la ceinture pour me rejoindre. J'aurais aimé le garder contre moi mais je me pliai en deux sous le coup d'une contraction assez virulente. Ma mère avait raison, le travail commençait. Thom roulait doucement pour me ménager mais rien n'y faisait. Peeta voulut prendre ma main, caresser mes cheveux m'attirer contre lui mais je ne voulais rien de tout ça. Je voulais de l'air, je voulais de l'espace. Je voulais…
Je vomis, un sac était apparu comme par magie, m'empêchant de ruiner la voiture de Thom. En m'essuyant la bouche, je croisai l'œil attentif de ma mère.
-Ça va mieux ?
-Oui.
Elle récupéra le sac et se concentra à nouveau sur la route. Je jetai un œil à Peeta qui ne savait plus trop quelle conduite adopter. Il était aussi paniqué que moi.
-On est arrivé, nous annonça Thom.
Peeta m'aida à descendre et flanqué par ma mère et lui de chaque côté, je me dirigeai vers le Centre de soins.
-Bon courage, me lança Thom avant de repartir.
-Attends !
Il freina et baissa sa vitre, mais je ne voyais que Tommy à l'arrière qui m'observait de ses yeux tristes. Je fis un pas vers lui, Thom fit non de la tête.
-Nous repasserons tout à l'heure, me promit-il. Allez-y !
Je fis un signe à Tommy qui me le rendit.
-Il faut y aller, me pressa ma mère.
Elle prévint Haymitch pendant que nous patientions dans la salle d'attente, il arriva pile quand j'entrai en salle d'examen. Il eut juste eu le temps de me dire :
-Ça sera une ballade de santé, amuse-toi bien !
Ma mère l'avait sermonné mais étonnamment cela m'avait rassurée, cassant un peu la lourdeur de l'évènement. Peeta me serrait la main, penché vers moi, les yeux plein d'un arc-en-ciel d'émotions.
-On y est.
-On y est.
Il m'embrassa tendrement, mais je grimaçai sous l'arrivée d'une nouvelle contraction. J'étais habitée à la douleur, cependant rien ne m'avait préparé à ce qui allait suivre.
OoooO
J'ouvris les yeux, groggy, la bouche sèche. Je me sentais plus légère mais tout ankylosée. Peeta dormait dans un fauteuil non loin de moi, la main posé sur le berceau d'appoint de notre fille. Elle était là, elle était en vie. J'avais réussi. Comment ? Je n'en avais pas la moindre idée, tout était flou.
Je voulus me redresser pour la voir de plus près.
-Tu es réveillée, ma douce.
Je tournai difficilement la tête vers ma mère qui venait de sortir de la salle de bain de ma chambre. Une chambre d'un jaune doux et agréable. Elle s'assit sur le bord du lit et caressa mes cheveux.
-Tu nous as fait peur, tu sais.
Je remarquai seulement ses yeux rougis, ses cernes. Je fronçai les sourcils.
-Il y a eu des complications, me narra-t-elle. Enfin voilà, ce n'est plus qu'un mauvais souvenir.
Je perçus une profonde douleur dans sa voix qu'elle tenta de camoufler.
- Tout est rentré dans l'ordre, continua-t-elle. Rose va bien et toi aussi. Dire que je suis une grand-mère maintenant. Elle est si belle. Elle te ressemble tellement.
Cet émerveillement dans son regard ouvrit à demi la porte de mon cœur.
-Je veux la voir.
Elle hocha la tête, s'exécuta sans se faire prier. Alors qu'elle la prenait dans ses bras, je pensais à Tommy. Peeta se réveilla en sursaut, éreinté, soucieux avant de me voir et de me sourire avec un soulagement et un amour sans borne. Il prit le relais auprès de ma mère, saisissant délicatement Rose dans ses bras en la berçant et en lui chuchotant des mots qu'elle seule pouvait entendre. Cette complicité innée était une évidence et d'une beauté indescriptible. Ma mère s'éclipsa en nous précisant qu'elle allait chercher Haymitch.
Peeta se baissa vers moi, m'embrassa tendrement, collant son front au mien avant de me tendre notre trésor. Je retins ma respiration, stressée par l'imminence de notre rencontre…
…et je fis alors la connaissance du bonheur.
Voilà, c'est fini. Il y avait encore plein de choses à dire mais faut bien s'arrêter quelque part, lol.
Je vous dis à bientôt.
Clarisse.
