Comme demain je ne serais pas disponible, je poste un jour plus tôt la fin de l'énigme !

Merci à Paige0703, la grande auteure de fics géniales, pour son soutien indéfectible

Merci à Nourann ninja accompli et Jade181184 la spécialiste du suspens, pour leur fidélité et leurs commentaires toujours appréciés.

(Jade merci pour les encouragements)

Merci à Val81 et à Coljayjay pour leurs commentaires !

Bonne lecture !

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Finch était assis dans un des fauteuils de la salle. En apparence, occupé à suivre le spectacle sur la scène, mais ses pensées en était bien éloignée. Son attitude rigide et fermée trahissait son inquiétude mieux que des mots. John le dévisageait discrètement. A la fois réjouit, parce qu'il savait que Finch l'aimait sincèrement, son inquiétude si visible n'était qu'une preuve de plus s'il en était besoin, et contrarié car il détestait le voir aussi stressé. Mais il savait que tout ce qu'il pourrait dire ou faire n'y changerait rien.

21H sonnèrent. John se pencha vers lui.

-« Harold ? »

-« Oui ? »

-« Il serait préférable que vous regagnez notre cabine et que vous m'attendiez là bas »

-« Hum, oui sans doute » émit Finch incertain.

-« Harold, ce ne sera pas plus dangereux que d'habitude, au contraire puisque je suis prévenu. La seule différence c'est qu'étant prévenu vous savez quand vous inquiéter et vous en profitez ! » Remarqua Reese, tentant de le taquiner pour l'inciter à se détendre.

-« Ce n'est pas drôle M Reese » murmura Finch

John lui prit la main sous la table.

-« Je pensais avoir votre soutien Finch »

-« Vous l'avez !» protesta l'informaticien.

-« Non. Je n'ai que des raisons d'être soucieux parce que je déteste vous voir contrarié et cela risque de nuire à ma concentration, c'est dommage ! »

-« John » soupira l'informaticien « Vous ne pouvez pas me demander de ne pas être inquiet pour vous. Encore moins maintenant »

-« Mais je peux vous demander de me faire confiance quand je vous dis que tout ira bien ? »

Finch songea spontanément qu'il lui disait toujours ces mots mais que parfois ils se révélaient faux. Sauf que ce n'était pas le moment de penser ainsi. Il ne voulait pas le contrarier davantage.

-« Je vous fais confiance » affirma t-il

John lui sourit

-« Je serais prudent »

-« Je vais rejoindre la cabine » concéda Finch. « J'espère que je trouverais le chemin cette fois » ajouta t-il avec un regard incertain. L'ex agent comprit le message.

-« Je vous accompagne » répondit-il en se levant. Cela ne prendrait que quelques minutes et le rendez vous n'était pas avant 22H

Ils sortirent de la salle et gagnèrent leur cabine. Aussitôt entré Finch saisit le visage de son compagnon et l'embrassa fiévreusement. John l'attira contre lui et lui rendit son baiser.

-« Tout compte fait ce n'est pas déplaisant lorsque vous êtes inquiet Harold »

Finch lui adressa un regard désabusé.

-« Nous continuerons cette intéressante conversation tout à l'heure. Je vous le promets » affirma t-il, sérieux.

-« Soyez prudent. Je tiens à vous» chuchota doucement l'informaticien.

-« Moi aussi » répondit Reese avant de l'embrasser une dernière fois. « Enfermez-vous. Et n'ouvrez à personne. Je vous enverrais un message quand ce sera terminé »

-« Entendu. Revenez-moi vite »

John se contenta de lui sourire avant de quitter la pièce. Finch soupira et ferma soigneusement derrière lui. A cet instant, il songea à Bear. Avec lui à ses côtés au moins il avait quelqu'un pour partager ses angoisses…

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John regagna la salle de spectacle et constata que leur numéro n'avait pas bougé. Il se leva un peu avant 22H et l'ex agent le suivit jusqu'au pont C. Le steward se posta près de la salle des communications. Il semblait particulièrement nerveux et faisait les cent pas.

Une silhouette apparut finalement au bout du pont, que Reese reconnu immédiatement.

-« Ah te voilà ? » l'interpella Hallen « Bon qu'est ce que tu veux Maddy ? Qu'est ce que tu voulais me montrer de si important ? »

-« Rien Justin. En fait je voulais te parler et j'ai dit cela pour être certaine que tu viendrais »

-« Et tu étais obligé de me convoquer ici à cette heure juste pour " parler" ? Je te préviens, si c'est encore au sujet de Carrie autant arrêter les frais tout de suite» ajouta t-il, agressif.

-« Ce n'est pas pour moi Justin » elle se tourna et un homme sortit de l'ombre du bâtiment qui abritait la salle des communications. Hallen fronça les sourcils.

-« Ca veut dire quoi ? » interrogea t-il. John reconnu le mécanicien qu'il avait aperçu plusieurs fois dans l'entourage du steward. Il lui avait rendu visite plusieurs fois pendant ses astreintes mais l'ex agent n'avait alors jamais vu le visage du père de Carrie. Maintenant il le reconnaissait facilement. « Elle l'a fait passer pour un mécanicien et ainsi sa présence sur le bateau n'a pas attiré l'attention : ingénieux ! » pensa t-il

-« Edward ? Qu'est ce que vous me voulez ? »

-« Il ne s'appelle pas Edward, Justin. C'est Clyde Alvarez, le père de Carrie »

-« Le père de…. » S'étrangla Hallen « Qu'est ce qu'il fou ici ? » Protesta t-il

-« C'est moi qui lui ai permis d'embarquer. Il t'a appelé plusieurs fois mais tu n'as jamais voulu le rencontrer ! »

-« Et alors ? Ca aurait changé quoi ? Ca va pas la ressusciter ! » Grinça Hallen furieux de se voir forcer la main

-« Je voulais seulement des réponses M Hallen. Je veux savoir comment ma fille est morte »

-« Vous le savez bien » marmonna Hallen. John le trouva brusquement moins sur de lui, étonnement mal à l'aise. « Il n'a pas la conscience tranquille » songea t-il.

-« Non. Je ne le sais pas » répondit calmement Alvarez.

-« Elle s'est jetée du bateau ! Votre fille s'est suicidée » assena le steward agacé « Me dites pas que vous n'êtes pas au courant ? »

-« De cette version, oui, je le suis. Mais moi je veux la vérité » répliqua le père.

-« Justin, tu sais forcement pourquoi elle a fait ça. Elle a du te laisser un mot » plaida Maddy.

Hallen la fusilla du regard.

-« Je n'ai rien à vous dire. Ni à toi ni à lui »

-« Ma fille était croyante. Le suicide allait à l'encontre de ses convictions profondes. Elle n'aurait jamais fait cela » affirma Alvarez.

-« Faut croire qu'elle a eu un moment d'égarement » ironisa Hallen.

« Décidément il est infect » songea Reese exaspéré.

-« C'est de ta faute si elle était désespérée, si tu ne l'avais pas trompé si souvent… » Accusa Maddy, blessée par l'attitude de son collègue.

-« De quoi tu te mêle ? » l'interrompit Hallen « On n'avait pas d'engagement, c'était chacun sa vie ! » martela t-il.

-« Vous étiez fiancés ! » protesta t-elle.

-« Ca c'est elle qui le disait mais pas moi ! Ce n'est pas ma faute si elle prenait ses désirs pour des réalités. Je ne lui avais rien promis ! »

-« Mais elle vous aimait. C'est pour cela qu'elle y croyait » jugea Alvarez.

-« Y'a des tas de gens qui m'aime. Je ne vais pas tous les épouser pour autant » se moqua Hallen.

-« Je me demande bien ce qu'elle pouvait apprécier chez vous » interrogea Alvarez qui restait étonnamment calme.

« Et moi donc ! » songea Reese qui concentra son attention sur le père. Il était trop calme, ce n'était pas normal.

-« En tous cas ça ne vaut pas la peine de mourir pour toi ! » répliqua Maddy.

-« Et elle ne l'a pas fait » déclara Alvarez « Je sais qu'elle ne s'est pas suicidée. D'abord parce qu'elle était contre. Ensuite parce qu'elle avait une excellente raison de continuer à vivre »

L'homme brandit un carré de papier qu'il avait tiré de sa poche.

-« Je l'ai trouvé dans les effets personnels qu'on nous a renvoyé trois mois après son décès »

-« Qu'est ce que c'est ? » demanda Maddy avant de pâlir brusquement, portant les mains à sa bouche pour retenir un gémissement, en comprenant de quoi il s'agissait.

-« Oui » murmura l'homme en fixant un instant le cliché « ma fille était enceinte »

Hallen pinça les lèvres. Son regard était glacial.

-« Rien que pour préserver cet enfant elle n'aurait jamais intenté à sa vie »

-« Elle n'en voulait peut être pas » ironisa le steward. Le père le fixa d'un regard noir.

-« Ca suffit ! » s'exclama t-il. Il sortit une arme de sa poche. John s'y attendait. Il avait déjà fait le tour du bâtiment et se tenait en embuscade. Il ne voulait pas intervenir trop tôt, sinon Alvarez n'aurait jamais de réponse. Il savait qu'il ne tuerait pas Hallen tant qu'il n'aurait rien dit.

Maddy écarquilla les yeux et recula, apeurée.

-« M Alvarez ! Que faites-vous ? Vous deviez juste lui parler » plaida t-elle.

-« Je suis désolée Maddy mais il faut en finir » il affermit sa prise sur l'arme « Je veux des réponses. Maintenant parlez ! » Intima t-il.

-« Je n'ai rien à vous dire » fanfaronna Hallen.

-« Parlez ! » insista Alvarez.

-« Vous n'oserez pas vous en servir de toute façon » le provoqua le steward.

« Mauvaise option » songea John qui percevait la détermination du père et l'estimait à sa juste valeur.

Alvarez dirigea l'arme sur le côté et tira. La balle vint rebondir près du steward qui s'affola.

-« Arrêtez ça ! » cria t-il.

-« La prochaine atteindra sa cible. Alors ? Qu'avez-vous à dire ? » Interrogea le père.

Hallen hésita, puis s'emporta.

-« C'était sa faute ! Elle n'arrêtait pas de dire que nous étions fiancés, c'était ridicule ! Si je suis resté avec elle plus longtemps qu'avec les autres c'est juste qu'elle m'avait fait lanterner plusieurs mois et je voulais profiter de ma victoire. Mais il était hors de question que je l'épouse ! Alors quand elle m'a dit qu'elle était enceinte ça m'a rendu dingue ! Elle espérait peut être arriver à ses fins de cette façon sauf que moi je n'en avais rien à faire de ce gosse ! Et elle n'arrêtait pas de me relancer, toujours à me suivre partout, elle me parasitait ! »

-« Alors vous l'avez tué ! » gronda Alvarez.

-« Non ! » cria Hallen « C'était un accident. Elle était venue me provoquer encore une fois, elle disait qu'elle ruinerait ma carrière. Je l'ai giflé et elle est tombée en arrière. Elle s'est cognée la tête et elle ne bougeait plus. J'ai cru qu'elle était morte alors je l'ai jeté par-dessus bord. Je n'avais pas envie qu'on me trouve sur le pont avec son corps ! »

-« Mais elle était vivante » répliqua Alvarez « Les médecins ont dit qu'elle s'était noyée »

-« Peut être… je ne savais pas… » Tenta le steward.

-« Vous mentez ! » lança Alvarez « Elle portait des traces de coup ! Vous saviez qu'elle était vivante mais après l'avoir frappé vous avez voulu vous débarrasser d'elle ! » Il releva son arme, menaçant. Hallen recula.

-« Arrêtez ! C'est bon, je l'admets. J'ai vraiment cru qu'elle était morte c'est vrai. En fait elle était seulement assommée. Elle s'est réveillée au moment où j'allais la faire basculer. Elle a compris ce que j'allais faire et elle s'est mise à crier et à se débattre »

-« Mon dieu pourquoi n'as-tu pas tout arrêté ! » gémit Maddy horrifiée.

-« Elle savait ce que j'allais faire ! » protesta Hallen « Je ne pouvais pas risquer qu'elle me dénonce ou lui donner un argument pour m'obliger à rester avec elle ! »

-« Tu es un monstre » lança Maddy en larmes.

-« Elle m'avait assez pourri la vie ! » répliqua Hallen exaspéré.

Alvarez releva son arme. Il allait tirer lorsqu'il s'effondra soudain sur le sol. Il n'avait pas anticipé la menace, trop concentré sur Hallen, et John n'avait eu aucune peine à se glisser derrière lui et à le neutraliser en douceur.

-« M Randall ? » Hoqueta Maddy stupéfaite.

-«Vous devriez aller avertir le capitaine Maddy. Il a le pouvoir d'arrêter ces hommes »

La jeune femme lui lança un regard indécis puis parti en courant vers la salle où devait se trouver le commandant du navire.

-« John, ce n'est pas ce que vous croyez » tenta Hallen.

-« Ne vous fatiguez pas. J'ai tout entendu »

Le steward fit mine d'avancer.

-« Ne bougez pas. Je ne suis pas un père désespéré moi, je sais tenir mon arme et je sais viser »

Hallen soupira, comprenant qu'il n'avait rien à espérer de l'ex agent. Il finit par se laisser glisser à terre pour s'assoir sur le pont.

Le capitaine ne tarda pas à arriver avec son second et un autre employé. Vaguement dépassé par la situation, il laissa Phil Anderson se charger de gérer l'affaire et celui-ci ne se priva pas de jubiler en allant enfermer ce collègue qu'il détestait. L'autre employé releva Alvarez et l'emmena pour qu'il soit détenu dans une autre salle.

-« Mais vous Maddy il n'est pas question que je vous enferme ! » protesta le capitaine « Je n'ai qu'une seule hôtesse ! » il s'éloigna pour retourner au poste de commande dans l'intention de prévenir les autorités à terre « Ce n'est pas possible une histoire pareille à deux ans de la retraite ! »

La suite de ses récriminations se perdit en chemin. John approcha et passa un bras autour des épaules de la jeune hôtesse.

-« C'est fini. Vous savez la vérité sur la mort de votre amie et le coupable va être puni »

-« Oui c'est encore pire que je ne l'imaginais ! Il faut que Justin soit condamné » affirma t-elle « Mais ce pauvre M Alvarez… »

-« Il n'a blessé personne, menacé tout au plus. Et le meurtrier de sa fille de surcroit. Il ne risque pas grand-chose et il est apaisé maintenant »

-« Je savais que Justin était odieux et sans scrupule mais je n'aurais jamais deviné à quel point il est lâche et égoïste » elle hésita puis ajouta, inquiète, « J'ignorais que M Alvarez avait une arme »

-« Je le devine. Ne vous en faites pas. Tout s'est bien terminé »

-« Grace à vous M Randall. Merci »

-« Pas de quoi Maddy »

-« Mais que faisiez vous là ? » demanda t-elle perplexe.

-« Rien de précis mais disons que je suis souvent au bon endroit au bon moment » répondit prudemment Reese.

-« Vous n'aurez pas eu une traversée tranquille. J'espère que la prochaine sera plus réussie »

-« Détrompez-vous Maddy. Je n'ai jamais fait de voyage plus heureux » affirma t-il en pensant à son compagnon.

-« Vraiment ? » s'étonna t-elle.

-« Oh oui ! Vraiment ! » Répéta John.

Il la raccompagna jusqu'au poste de commande puis quitta les lieux après avoir promis à Phil Anderson de passer le lendemain matin pour faire sa déposition. Les témoignages de Maddy et d'Alvarez devraient suffire à faire condamner Hallen songea t-il satisfait. Il rédigea un message à son partenaire pour l'avertir de son arrivée : « Mission terminée. Je serais là dans quelques minutes » Il s'apprêtait à l'envoyer lorsqu'une idée lui vint. Il sourit par anticipation et corrigea le message avant de le transmettre.

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OoooooooooO

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Finch songea qu'il pouvait enfin retrouver une respiration normale puisque John était sain et sauf. Lorsqu'il l'avait quitté une heure plus tôt il s'était senti trop inquiet pour rester sans rien faire. Pas question d'aller sur place bien sur. John n'accepterait jamais sa présence à proximité d'un danger potentiel et il doutait de pouvoir la lui dissimuler. Et il ne pouvait prendre le risque de le gêner. L'informaticien avait alors utilisé la seule solution qui lui restait en enclenchant à distance le téléphone de son associé. A défaut d'image, il aurait le son. Il avait ainsi suivi l'histoire minute par minute. L'échange tendu entre Hallen, Maddy et Alvarez. Il avait deviné sans peine l'apparition de l'arme. « C'était prévisible » avait-il songé en fermant les yeux comme pour éviter la scène qu'il visualisait trop bien. Il avait sursauté en entendant le coup de feu. Persuadé que son agent devait avoir une bonne raison de laisser agir Alvarez mais plus inquiet encore pour lui. Il avait été presque aussi horrifié que Maddy en écoutant le récit d'Hallen et surtout la désinvolture avec laquelle il s'exprimait, sans respect pour ceux qu'il avait tué. Il réalisa que leur numéro était à la fois victime et criminel. Il avait ensuite distinctement entendu le bruit d'un corps tombant au sol, il avait appris à reconnaître ce son qu'il redoutait tellement. La voix de Reese résonnant presque aussitôt l'avait rassuré. Il maitrisait la situation. Comme d'habitude. Et cette fois sans dommage. Il soupira. Pour aujourd'hui la chance était avec eux. Une fois de plus. Il préféra ne pas imaginer ce qu'il adviendrait si un jour ce n'était plus le cas. Il ne doutait pas un instant de John mais leurs missions étaient si dangereuses !

La réflexion catastrophée du commandant le fit sourire « Ce n'est pas possible une histoire pareille à deux ans de la retraite ! » Finch s'était bien rendu compte que l'action n'était pas vraiment le for du bonhomme. Il éteignit le téléphone. John n'allait plus tarder, il ne devait pas se rendre compte de sa manœuvre.

Quelques minutes plus tard il reçu un message qui l'intrigua, compte tenu de ce qu'il savait : « Mission terminée. Reste juste un problème urgent à régler. Je serais là dans quelques minutes »

De quel problème pouvait-il s'agir ? Hallen et Alvarez étaient aux arrêts. Alors, une autre menace ? Il n'avait rien entendu qui laisse supposer une blessure ? Il aurait peut être dû écouter encore un peu ? Vaguement inquiet, il alla déverrouiller la porte.

John entra presque aussitôt.

-« Tout va bien Finch » déclara t-il aussitôt « L'enquête est bouclée et je suis indemne comme promis »

-« J'en suis soulagé M Reese » répondit l'informaticien perturbé.

Reese le prit dans ses bras et l'embrassa avant de demander, taquin :

-« Vous n'aviez quand même pas emmené votre trousse de secours dans votre valise ? »

-« On est jamais trop prudent » répondit Finch en forçant un sourire.

-« Et vous prévoyez pour deux : je sais ! » se moqua l'ex agent. Il s'étonna de la réserve de son associé « Pourtant tout s'est bien passé ? » songea t-il

Il l'entraina vers le canapé et entreprit de lui raconter l'histoire. Quelques minutes plus tard il s'arrêta net au milieu de son récit en se rendant compte que son partenaire ne l'écoutait pas.

-« Harold ? Vous n'avez pas envie de connaître la vérité sur cette affaire ? »

L'informaticien sursauta se sentant pris en faute.

-« Si, bien sur. Je vous écoute »

-« Ah oui ? Et où en étais-je alors ? » Interrogea l'ex agent.

-« Heu…. Et bien…..» balbutia Finch.

-« J'avais raison. Vous ne m'écoutiez pas. C'est étrange que cela ne vous intéresse pas » jugea John perplexe.

-« bien sur que cela m'intéresse… » Commença l'informaticien.

-« Pourquoi ? » poursuivi Reese sans tenir compte de son intervention. Une pensée le frappa. « Parce que vous savez déjà ? » affirma t-il en fixant son regard dans celui de son associé.

Finch pinça les lèvres et détourna les yeux, ce qui confirma les soupçons de son agent

-« Comment ? » demanda t-il un peu agacé, redoutant la réponse « ne me dites pas que vous y étiez ! »

-« Non ! » s'exclama l'informaticien « Non pas du tout » répéta t-il « J'ai juste… » Il hésita.

-« Vous avez ? » insista Reese.

-« Déclenché votre téléphone à distance pour écouter » avoua Finch penaud.

-« Je vois » constata John. Un peu soulagé qu'il ait seulement écouté et soit resté à l'écart. « Ne me dites pas que c'était une façon de vous rassurer ? »

-« Pourtant c'est le cas. Je pensais qu'ainsi je serais prévenu si cela se passait mal »

-« Et vous infligez plus de stress ? »

-« Ne rien savoir est plus dur encore » jugea Finch.

Reese hésita. L'argument était difficile à retoquer.

-« Je n'y peux rien » murmura l'informaticien « Je tiens trop à vous » avoua t-il

John soupira

-« Vous êtes trop têtu Harold » dit-il en le prenant par la taille « Tant pis pour moi, je ferais avec ! » ajouta t-il en l'embrassant « Parce que je vous aime…que vous ne changerez jamais…et qu'au fonds je vous préfère ainsi ! » énonça t-il en l'embrassant entre chaque affirmation. Il le tenait serré contre lui, ses mains glissant doucement dans son dos et il se réjouit de sentir son corps réagir à ses intentions. Finch se détendait entre ses bras, pourtant il le repoussa doucement.

-« John ? N'aviez vous pas évoqué un problème urgent à régler ? »

-« Hum… oui c'est vrai » concéda l'ex agent en déposant un baiser dans son cou.

-« Qu'y a-t-il ? Vous n'êtes pas blessé pourtant » insista Finch en essayant de s'écarter à nouveau, inquiet.

-« C'est cela qui vous rends si nerveux ? » demanda John qui n'entendait pas le laisser faire. « Je me doutais que ma petite remarque ne resterait pas sans effet » s'amusa t-il

-« Evidemment. Avez-vous des ennuis ? »

-« Je n'en ai qu'un en fait » affirma John avec un sourire mutin qui interpella son associé.

-« Qui est ? » demanda t-il prudemment.

L'ex agent se pencha vers lui pour lui chuchoter à l'oreille.

-« Vous. J'ai trop envie de vous et ça me pose un problème »

-« Oh !» s'exclama Finch en rougissant « Vous n'êtes pas sérieux ! »

-« Vous êtes bien trop attirant pour que je le sois ! » rétorqua Reese.

-« Toujours aussi taquin » se plaignit l'informaticien.

-« Toujours aussi entêté » répliqua John.

-« Incorrigible » soupira Finch.

-« Idem !» jugea l'ex agent.

-« John ! » protesta Finch.

-« Harold ? » demanda l'ex agent l'air innocent

-« Cessez de me taquiner ! » intima l'informaticien s'efforçant de paraitre sérieux mais il était bien peu convaincant. Il n'arrivait même pas à s'écarter de lui !

-« Cessez de me provoquer » lui opposa John avec un sourire.

-« Je n'ai rien fait de tel »

-« Si. Vous êtes trop tentant quand vous rougissez ! » Répliqua John.

-« Nous n'en finirons pas » soupira l'informaticien.

-« Ah si ! Ca je sais comment faire ! » Affirma l'ex agent avant de l'embrasser passionnément. Finch laissa échapper un gémissement.

-« Vous voyez ? C'est le meilleur moyen d'abréger la conversation » affirma t-il avec un large sourire. « Enfin pour les paroles car en dehors des mots j'apprécie de vous entendre gémir ainsi » ajouta t-il, laissant doucement ses lèvres glisser sur son visage puis dans son cou.

Finch le fixa un instant. Comprenant qu'il n'aurait pas le dernier mot et se sachant bien incapable de lui résister, il saisit son visage pour l'embrasser à son tour, se jurant intérieurement qu'il ne serait pas le seul cette nuit là à oublier ses mots….