Auteur : Il y a des jours où l'on remet son moi profond en question... x)

Titre : Et la vie coule entre nos doigts...

Genre :
Romance/Humour (Oh bonheur, la romance est de retour xD)

Rating :
T, T, T et encore T, loupé pour ce chapitre le M.

Pairing :
Sans rire, vous vous posiez encore la question ? Zack/Rozel, histoire de faire flipper tout le monde x)

Disclaimer & Base :
SkouareAinixe, de son jeu Failleneule Phantaizie Sèveun. Quoi, même le détournement de nom ça marche pas ? TT Mais euh, je veux Zacky pour mwa, c'est pas Fair-play XP

Note : Sollicitation neuronale d'une journée complète, ça vous tue un auteur x) Mais j'ai fini par trouver cette rareté qu'est le temps personnel, voyez vous nn" Une chose que j'avais totalement oubliée de faire pour les précédents chapitres : aillez l'extrême obligeance de me pardonner pour les fautes grammaticales, verbales, de goût et de cucu-la-pralinerie (my mog non, j'espère pas, pas de fleur bleue pour moi). Bonne lecture et encore merci pour toutes vos reviews, je vous repêche à la fin xD

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Chapitre VI - Comme un changement de programme
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"Je t'en prie, reviens vite à Nibelheim. Mon enfant…SOLDAT ou non, je m'en moque, tu m'entends ? Je m'en moque éperdument ! Tant que tu reviennes, un jour…"

"Cloud ? Cloud, réponds-moi s'il te plait. Bon sang, ne me laisse pas, CLOUD !"

"Calmez-vous, jeune homme. Nous ferons de notre mieux, je vous l'assure. Mais vous devriez vous reposer, vous savez…"

"Tu seras toujours mon Cloudinou d'amour à moi, mon chéri. Même si tu grandis. Même si tu m'oublies. Même si tu échoues… Cloud. Petit nuage, toi qui pleut d'amour sur ma vie…"

"Cloud, je te jure que si tu pars sans moi, j'irai en enfer pour te tuer une seconde fois."

"Ses blessures sont dangereuses, mais pas mortelles, fort heureusement. Soyez sans crainte, votre ami s'en remettra."

"Mon fils, mon seul et unique… Tu veux déjà me quitter pour partir dans l'armée ? A si peu de printemps, je ne serais même plus là pour te les souhaiter... Je hais la guerre plus que tout. Mais je t'aimerai jusqu'au bout. Alors reviens. Reviens vite. Car…"


"…Je t'aime…"

Cette même dernière pensée revenait, sans cesse, en une éternelle rengaine , une douce ritournelle dans son esprit embrumé. Encore, et encore, elle se noyait dans ses souvenirs et puis revenait, triomphante, afin de troubler son âme tandis que son corps lui était douloureux. Il ne comprenait pas. Que de telles paroles viennent de sa mère n'allait en rien pour le déranger, ça n'avait rien d'anormal. Non. Une chose le préoccupait beaucoup plus. Il avait l'impression d'avoir entendu cette phrase non pas d'une seule voix mais de deux.

Il ne parvenait pas à les différencier distinctement. Les bouts de mots qui revenaient en écho harmonisaient les deux paroles comme une seule. Comme un duo chanterait un affectueux refrain. Mais cette voix plus grave, au ton masculin, celle qui contrastait malgré tout tant avec l'autre, plus claire et maternelle… Serait-ce celle de son père ? Il n'était même pas sûr d'avoir quelques souvenirs de lui. Il était tellement jeune quand il l'avait quitté pour un autre monde. Sans douleur et sans peine. Un monde ailleurs, dans les profondeurs de la Planète.

Alors qu'il voulut ouvrir péniblement les yeux, une vive lumière blanche l'aveugla et le fit aussitôt changer d'avis. Était-il au paradis, rejoindre ce père inconnu ? Un bruit métallique parvint à ses oreilles. Drôle de paradis tout de même. A moins d'être à celui des ferrailles, il ne trouvait aucune autre solution que celle d'être encore en vie. Mais comment ? A son grand effarement , il se rendit compte qu'il n'arrivait plus à se souvenir de quoi que ce soit qui pouvait concerner les évènements derniers. Si ce n'était qu'il s'était senti mourir d'avance avant que quelque chose n'intervint. Ou ne le sauve, qui pouvait savoir. Mais rien, rien ne lui revenait en mémoire.

Son effroi lui fit ouvrir de manière brusque les yeux, chose à laquelle les néons se firent un plaisir de lui rappeler sa récente léthargie et son intransigeance à la lumière. Plus péniblement alors, il habitua ses yeux à cet éclairage nouveau même si ses paupières ne désiraient que de s'abattre, revenir dans l'obscurité. Et ne plus penser à la souffrance qu'endurait son corps.

Du mieux qu'il le pouvait, il inspecta les alentours ou du moins tout ce qui était à sa portée visuelle. C'est ainsi qu'il s'aperçut que des murs de bois l'encadraient pour lui offrir un espace assez petit tandis qu'un rideau blanc était tiré sur toute une surface pour plus d'intimité. Mais de l'intimité pour quelle raison, au juste ? Des commodes de taille variée étaient disposées un peu partout, sur lesquelles reposaient de multiples objets en métal, pas toujours des plus rassurants. Non loin, une étagère était remplie de livres aux schémas compliqués à en juger leur couverture. D'essayer de déchiffrer les gros titres lui donnait mal au crâne. Ana…to…mie ? Ne manquait décidément plus qu'il tombe dans une base de nécrophile.

Ce furent les rayons crépusculaires du soleil à travers la fenêtre qui l'intriguaient le plus cependant. Il se rappelait peu à peu. Ne faisait-il pas nuit la dernière fois qu'il était conscient ? Alors comment se faisait-il qu'elle n'allait pas tarder à retomber de nouveau ? Songeant qu'il devait bien être inutile de réfléchir convenablement pour le moment, il se releva laborieusement sur un coude d'une large surface qui se révélait être un lit un peu trop plat pour être douillet. Sa tête tournait et lui donnait une migraine bien pire que n'importe quel Gong de Guerre pourrait lui marteler le crâne jusqu'à la confusion. Il avait l'impression qu'elle céderait s'il ne la supportait pas d'une main, c'en devenait insupportable.

Et lorsque son regard vague se posa sur son avant-bras gauche et son torse, nu de surcroît, ses belles orbes bleutées auparavant si endormies s'agrandirent soudain, quelques claires mèches indociles se hérissèrent. De larges bandages recouvraient solidement ces surfaces d'où s'échappaient de temps à autre une sorte de fumée immatérielle, de halo bienfaisant aux tons verts pâles. Il finit alors par comprendre. Un cabinet de médecin.

Et en parlant de médecin, celui-ci attendait patiemment sur une chaise à l'autre bout de la petite pièce et un sourire bienveillant occupa ses lèvres lorsqu'il se rendit compte que son patient était réveillé. Le blond fixa l'homme un moment, prenant le temps d'assimiler qu'il s'agissait d'un humain, pas d'une chose à tentacules gluants. Seulement, pourquoi pensait-il à une telle comparaison ? Ses souvenirs étaient tellement flous…Un perpétuel bruit de pas qui semblait provenir de derrière le grand rideau parvint à ses oreilles et attira sa curiosité.

Mais le docteur fut plus rapide et se rapprocha de son lit, tranquille, un carnet de notes dans une main.

"Bienvenue parmi nous. Jeune homme, comment vous sentez-vous ?"

"J'ai…j'ai déjà connu des jours meilleurs" répondit faiblement Cloud.

L'homme lui sourit une nouvelle fois.

"Oh, j'ose imaginer. Votre ami aussi d'ailleurs, j'ai bien cru que la maison allait s'effondrer sous le poids de son inquiétude" plaisanta t-il.

"Mon…ami…?"

"Doux euphémisme, si vous voulez mon avis. Il refusait même que je le soigne pour rester à votre chevet. "Je vous préviens, je suis têtu" m'avait-il dit. Pas de chance pour lui, moi aussi. Je n'avais pas le choix que de le mettre dans la salle d'à côté pour que mon assistante prenne soin de lui et qu'il évite de se faire un sang d'encre aussi profond. Ce pourquoi d'ailleurs il doit tourner comme un lion en cage à l'heure actuelle."

Aussitôt qu'il eut finit, les pas que le blessé avait remarqué s'arrêtèrent tandis qu'une voix abattue s'éleva, son ton mal assuré trahissant son tourment.

"Docteur, vous avez l'intention de me narguer en parlant tout seul encore longtemps ou… Eh, une seconde. Non, ne me dites pas que vous avez eu l'audace de ne pas me prévenir… Vous voulez me tuer d'angoisse, ma parole."

Cloud sursauta avec la force dans ses muscles qui lui restait à l'entente de cette voix bien trop anxieuse qu'elle ne pouvait l'être d'ordinaire. A dire vrai, il ne l'avait jamais entendue de cette manière. Ca n'était pourtant rien en comparaison de son cœur qui lui prouvait un peu trop brutalement qu'il était bien en vie en cognant fort contre sa poitrine, le forçant à se la tenir d'une main en dépit de ses blessures qui le firent grimacer quand il les pressa involontairement. Un détail lui échappait.

Stresse, honte, affliction, désolation, remord. Il ne savait pas exactement pourquoi il s'était retrouvé envahi par tous ces sentiments. Mais il restait persuadé qu'il était en tort en plus d'en avoir causé. Et de voir le grand jeune homme qui venait de pousser le rideau pour pouvoir passer le mit davantage mal à l'aise. N'y tenant plus, Cloud baissa son regard sur le côté afin de le poser sur une latte de plancher. Combien de taches de bois pouvait-il bien y avoir…?

Zack resta sans voix quand il aperçut son blondinet enfin réveillé. Il n'était pas dans la meilleure des formes, mais il s'y était attendu. Lui non plus ne se sentait pas débordant d'énergie et ses omoplates ne pouvaient que trop le lui confirmer. L'essentiel, c'était qu'il soit conscient et le brun en était infiniment soulagé. Ceci dit, il n'osait pas bouger, esquisser le moindre mouvement, le regard lagon partagé entre la frustration et la déception. Il aurait voulu, oh qu'il aurait voulu le prendre de tout son cœur dans ses bras. Il lui avait tellement fait peur quand il l'avait vu s'évanouir, le goût amer de vengeance qu'il avait ressentit à ce moment-là l'effrayait encore quand il y repensait.

Il n'avait pas l'habitude de s'emporter autant, de ressentir cette envie de tuer pour quelque chose, souhaiter de toute âme la mort d'un être vivant. Mais ça avait été plus fort que lui, lorsqu'il avait vu Cloud dans un état aussi critique. Il aurait pu achever cette immonde bestiole par devoir, afin d'éviter que des Costaliens ne se fassent agresser à leur tour. Seulement là, il en avait bel et bien fait une affaire personnelle et c'était ça qui l'avait tant abasourdi . Effrayé, même.

Le fond de sagesse qui lui restait lui commandait, à contre-cœur, de ne pas aller l'enlacer, même avec une si bonne raison. Le blond avait des zones recouvertes d'ecchymoses, il ne voulait surtout pas lui fait plus de mal qu'il ne pouvait déjà en ressentir. Zack ne savait pas quel comportement adopter. Il se sentait tellement fautif, tellement désolé pour ce qui lui était arrivé qu'il ne savait pas comment se faire pardonner. A quoi pouvait bien penser Cloud ? Il voulait tant le savoir.

Finalement, il s'avança d'un pas timide vers le fond de la petite pièce et alla s'asseoir au pied du lit. Toutefois, là où il pensait pouvoir agir, l'appeler, ramener ce regard bleu qui l'avait manqué sur le sien, il se s'était retrouvé totalement démuni. Dans un grand effort, il racla sonorement sa gorge pour ne sortir qu'un faible et étouffé petit mot.

"Cloud…"

L'effet fut tout autant immédiat qu'imprévu. L'interpellé mit un temps à relever sa tête, comme un enfant qu'on viendrait de gronder et qu'on demanderait à voir dans les yeux. Mais la voix de Zack lui semblait douce et chaleureuse. Et puis… Il lui avait tant manqué. S'il y avait une chose qu'il ne pouvait pas nier, c'était bien celle-ci, ou alors ses joues à la teinte cramoisie n'auraient plus aucune signification. Il s'était sentit si seul, dans les abîmes de ses réminiscences, perdu dans les paroles, parmi d'autres, pleines d'amour de sa mère… Pourtant, c'était comme s'il tombait du haut du dernier étage de la tour Shin-Ra lorsque ses yeux croisèrent ceux de son ami. Il s'était attendu à tout, sauf à ça.

L'homme à la chevelure d'ébène lui offrait un sourire qu'il n'espérait pas et qu'il ne pensait pas recevoir, encore moins de sa part. Tendre et sincère, le genre de sourire qui faisait naître un rayon de soleil à l'intérieur de lui. Même s'il ne voulait rien laisser paraître. Se pouvait-il donc qu'il ne lui en veuille pas ? Soulagé et incapable de se retenir plus longtemps, le blond alla sans prévenir se caler contre le torse de son ami qu'il enserra craintivement d'abord, puis avec plus d'assurance. Il était loin de savoir que Zack avait le même regard qu'un Tomberry effarouché tandis que ses mains, quelque peu tremblantes, se mirent à serrer à leur tour le corps du blond tout contre lui.

Heureux, il n'était que trop heureux. Complètement sonné mais heureux et rien d'autre ne lui importait alors. Il sentait le corps du blond frissonner sous ses doigts et sa tête blonde qui s'était si précipitamment enfouie dans son cou, ses cheveux ébouriffés qui le caressaient agréablement lui donnaient la chair de poule. La situation ne dura pas plus d'une quinzaine de secondes, mais c'était suffisant pour Zack qui se sentait complètement revigoré, le petit "Aïeuh…" de Cloud qui en avait oublié ses blessures et la présence du médecin, au sourire attendri par la scène, n'allant en rien pour faire prolonger cet instant.

Le blond se dégagea sans brusquerie de l'étreinte du SOLDAT et resta assis, sans bouger, sans ciller et sans même regarder Zack une nouvelle fois. Il n'arrivait pas à croire ce qu'il venait de faire. Ce n'était pas comme si c'était la première fois que cela arrivait, Zack le lui avait bien fait la même chose au bord de la mer. Différence près qu'il avait agit ainsi pour le réconforter, pas pour… Intérêt personnel ? Non, il s'était sentit terriblement coupable et désolé pour ce qui avait bien pu arriver et le conduire dans un pareil endroit, rien de plus. Alors pourquoi il s'était sentit si bien, bien au delà de son apaisement procuré…

"Qu'est-ce que… Pourquoi nous…" commença t-il, ne sachant par où commencer.

"Vous ne vous souvenez de rien, apparemment" constata le docteur d'une voix compatissante en relevant la tête de ses notes qu'il lisait attentivement. "J'ignore si vous étiez au courant, un attentat a été commis avant-hier dans l'après-midi au réacteur sous-marin de Junon."

"Avant-hier ?" répéta Cloud, alarmé tandis que les paroles de Rozel lui revenaient peu à peu en mémoire, lors d'un repas.

"En comptant aujourd'hui, cela faisait presque deux jours que tu ne te réveillais pas" expliqua Zack soudainement beaucoup plus sombre.

"Or, bien que réparé très rapidement, ceci n'a pas empêché à une créature sous-marine génétiquement modifiée à la Makô, une variété de poulpe pour être plus précis, de s'échapper de ce gigantesque aquarium. Il aurait dérivé d'après les rapports vers l'Ouest jusqu'à se trouver sur les côtes de Costa del Sol. Ironiquement, c'est une chance qu'il soit tombé sur des SOLDAT. La Compagnie Shin-Ra aurait eu bien des problèmes si jamais cet animal s'en serait pris à des habitants ou des touristes. Comprenez malgré tout que c'est un accident intolérable" reprit le docteur dans un long soupir.

"Mais quel est le rapport avec moi ? Pourquoi je…"

"Vayne" acheva le brun en serrant les poings sur le matelas. Je ne sais pas comment il a bien pu faire pour être au courant de la présence de ce monstre. Et d'ailleurs, je ne préfère pas le savoir. Toujours est-il qu'il t'aurait emmené de force sur la plage pour une plaisanterie de son goût lorsque Rozel t'avait laissé seul dehors quelques instants."

Cloud, au fur et à mesure des paroles, sentit ses souvenirs plus ou moins flous revenir. La douleur au bras qu'il avait eu quand cette brute l'avait tiré sans ménagement. Ses paroles pleines de sarcasmes, son horrible rire.

"Alors fillette, on dirait que Zack ne veut plus de toi. Qu'est-ce que ça te fais ?… Ne t'inquiète pas, j'ai une petite surprise pour toi…. On va bien s'amuser, ce soir. Je me chargerai du coup de grâce si tu survis après ça. Un coup que tu ne pourras pas oublier, hein Arsal ?…"

Que voulait-il dire par "Zack ne veut plus de toi" ? Les bouts ne collaient pas entre eux, il lui en fallait plus. Beaucoup plus.

"Rozel s'est chargé d'appeler la Compagnie qui nous a envoyé un hélico de secours pour la clinique qui pouvait se charger de nous au plus vite. Pas forcément la plus proche mais je dois avouer que ce n'est pas celle qui se retrouvera saturée un jour…"

Le docteur lui envoya un regard sévère mêlé de reproche.

"Mais Vayne, cet imbécile dont je passerai tous les noms plus appropriés à son égard n'avait pas prévu une chose cependant, et je dois dire que moi-même je ne m'y attendais pas. Là où tu lui en a bouché un coin et où il pensait assurer ta mort en te donnant une épée de SOLDAT et non un fusil, il se trouve que tu t'en sors cent fois mieux avec une lame entre tes mains. Mes félicitations" reprit Zack en finissant cela dit sur un grand sourire d'approbation.

"Une épée ? Mais je… Je ne me suis jamais servie d'une épée. Jamais !" répondit Cloud, sous le choc de cette révélation.

"C'est bien ce que j'avais cru comprendre. En tout cas, j'ai hâte de voir ce que donne une limite de toi, ce doit être magnifique. Quand je pense que ce mollusque t'a interrompu en pleine action…"

"Zack, tu m'écoutes ? Comment pourrais-je briser une limite sans en ayant jamais utilisé une épée de ma vie !"

"Parce que tu dois être fait pour être un épéiste, pas une unité d'infanterie au fusil. Moi qui trouvais que tu t'en sortais déjà bien avec les armes à feu… Tiens, ceci est à toi" dit Zack en sortant une petite boule de sa poche.

"Oh. Cette matéria de foudre…"

"Cette matéria Foudre comme tu dis est quand même à son dernier stade et sans elle, je n'aurais pas pu achever le travail que tu avais déjà sérieusement commencé. Elle te revient de droit" assura t-il en la lui donnant dans la main.

Le médecin s'éclaircit alors la gorge pour intervenir et s'adresser aux deux hommes qui, automatiquement, se tournèrent vers lui, attentifs.

"Puisque vous en parlez, vos bandages sont fait de tissu spécial imprégné de fragments de matéria restauratrice, d'où ce halo vert qui en ressort de temps à autre. Monsieur Strife, j'ai bien l'impression que votre corps réagit très vite à la Makô. Ce sera un avantage pour cette fois-là mais veillez à ce que ça ne devienne pas un inconvénient dans votre vie, un empoisonnement pourrait vous être fatal."

"Entendu, monsieur. Mais… nos bandages ? Zack, ne me dis pas que…" commença à s'inquiéter le blond.

Zack ne préféra pas répondre. Au lieu de ça, il se releva du lit et s'affaira à retirer lentement son tee-shirt, prenant minutieusement le soin de détacher chacun de ses mouvements tandis que Cloud ne le lâchait désormais plus du regard, bien trop effrayé, bien trop inquiet. Et la vue du grand pansement qui entourait les omoplates et le haut du dos du grand brun ne fit que confirmer ses craintes. Inutile. Il n'était qu'une personne inutile et sans mérite.

Non seulement il s'était stupidement laissé entraîné par Vayne sans réussir à lui tenir tête une seule fois. Si faible, si vulnérable. Mais Zack était également blessé, et par sa faute. Serait-il doué un jour à ne pas être un tel poids, un fardeau aussi inutile pour les autres ? Cloud en doutait profondément. Quand les chocobos auront des dents, sans doute, ou qu'il pleuvra des gils… La vue que lui donnait le jeune homme aux cheveux noirs d'encre était de trop pour lui.

"Je suis…désolé…" finit-il par laisse échapper, tout en cachant de honte sa tête dans ses genoux.

"Cloud ?" l'appela Zack d'une voix intriguée.

Un simple coup d'œil observateur suffit pour lui faire comprendre que son ami semblait s'enfoncer dans une déprime et une sous-estime qui n'avaient alors pas d'égales lorsque c'était lui qui les entamait. Zack avait bien essayé de lui donner ce qui lui manquait le plus dans son caractère, la confiance en soi autrement dit. Les efforts n'avaient d'ailleurs pas été vains, depuis que le blondinet le fréquentait, il arrivait très bien à prendre certaines choses d'un œil positif, allant même jusqu'à reconnaître quelques unes de ses -maigres, selon lui- capacités. Mais Cloud finissait toujours par faire une rechute de rabaissement et une occasion aussi propice que celle-ci ne pouvait pas y échapper. Alors qu'il n'en était pas même responsable…

"Cloud… Ce ne sont que de simples égratignures" assura Zack en remettant son vêtement et en se rasseyant sur un bord du lit.

"Égratignures, c'est vous qui le dites…" souffla le médecin qui s'apprêtait à disparaître sous le grand rideau blanc dans un "Ah ces jeunes, franchement".

Zack lui lança un regard réprobateur. C'est pas le moment de me contredire ! pensa t-il avec exaspération. Il tourna la tête vers le blond. S'il était au courant, non, s'il se souvenait de la raison pour laquelle on lui avait proposé de faire un tour dehors, il ne réagirait sûrement pas de la même manière, c'était certain. Il se devait de tout lui raconter, expliquer par la même occasion, et ce le plus tôt possible. Car au fond de lui, il espérait que Cloud n'avait pas été insensible à cet épisode aussi stupide de sa vie.

Avec douceur, il posa sa main sur une de ses épaules qu'il tapota gentiment tandis que son autre main lui tendait son tee-shirt qu'il avait attrapé au pied du lit.

"Spiky, s'il y a quelqu'un qui devrait s'excuser, ce n'est pas toi."

"Et pourquoi ? Je ne…"

"…sers à rien."

"Et je n'attire…"

"…que des ennuis. C'est bon, tu as finis ?" le charria t-il pendant que Cloud enfilait tant bien que mal ce qu'il lui avait proposé. Bon, surtout en mal en fait.

"Non. Je pourrais continuer si je n'étais pas… coincé" admit le blond en se battant avec sa manche droite en évitant un maximum de se faire mal tout seul pour un rien.

Zack rit un peu devant la scène. Ce que son petit Chocobo pouvait être mignon, si seulement il avait un appareil photo, mémoriser cette instant si poignant… Non, c'était méchant, voyons. Mais le brun était déjà partit dans un délire de poulet jaune quand il se décida enfin à aider son ami à s'habiller correctement. Qui sait, peut-être aurait-il la chance de pouvoir l'aider ainsi chaque jour ? Eh, il fallait bien trouver un point positif à tout quand on était doté d'un esprit Fair, pourtant pas toujours si juste que ça. Mais ça, ça n'était qu'un détail. Parmi tant d'autres.

"Bah, de toute façon, je suis un cas désespéré, point barre" conclut Cloud avec un fatalisme forcé.

"Tiens, celle-là, je ne la connaissais pas."

"Tu aurais au moins pu la contester ou je vais franchement finir par la croire…" se lamenta le blond dans un petit sourire à son adresse cependant.

"Monsieur Cloud, permettez-moi de vous dire que vous vous trompez sur toute la ligne et qu'il n'y a pas de points dessus qui ne tiennent."

"Pourquoi je n'arrive pas à te croire…?"

"Pourquoi faut-il que tu te donnes la peine de tout casser ? Allez, sois optimiste. Je n'ai jamais connu une personne qui se sous-estimait aussi bien que toi !"

"Parce que c'est censé me rassurer peut-être ?"

"Non, ça c'est parce que tu l'as bien cherché" répliqua Zack en ébouriffant joyeusement ses cheveux.

"C'est pas de ma faute" bouda Cloud.

"C'est vrai…" soupira étrangement le brun.

Cloud s'était assis en appui sur ses genoux, les mains entre ses deux cuisses, une expression d'incompréhension sur son doux visage qu'il avait levé vers lui.

"Zack ?"

L'appelé, dont le regard avait divagué un instant ailleurs, reporta son attention sur son ami. Par Léviathan, qu'il était adorable. Une bouille d'amour aux yeux intrigués à laquelle il aurait juré que des oreilles de chat lui iraient à la perfection. Un Cloud sur le dos, ronronnant de plaisir et les yeux mi-clos, telle fut l'image qui s'incrusta sans crier garde dans ses pensées. Et là, toutes les gifles mentales qu'il avait pu se retenir de se mettre étaient revenues à vive allure pour une pensée aussi perverse.

Mais ses lèvres étaient à présent si proches des siennes qu'il ne s'étonnait plus d'avoir des idées aussi déplacées. Pire encore, il sentait le rouge envahir ses joues, brasiers ambulants, que même le village Glaçon, il en était persuadé, aurait pu en fondre. Il aurait tant voulu les goûter, ces lèvres si proches et si lointaines à la fois, il ne comptait plus les fois où il en rêvait, de jour comme de nuit. Juste un baiser, un seul. Et faire comme si de rien n'était. Non, il ne pouvait pas. Pas le droit.

Mais juste un baiser, le voler et puis c'est tout. Juste les sceller, le temps d'un échange. Les déguster, le temps d'une danse enflammée. Ce serait si court, mais tant qu'il puisse l'embrasser, pendant qu'il le pouvait encore. Et l'allonger, parcourir un nouveau monde que serait son corps. Pour s'en aller. Le temps de s'aimer. A nouveau. Et ne plus rien penser. Qu'à ce temps-là…

Zack détourna furieusement la tête sur le côté opposé. A quoi diable était-il en train de penser ? Comment pouvait-il oser ? Un tel comportement n'arrangea pas l'incompréhension de Cloud, loin de là.

"Zack, tu es sûr que ça va bien ?"

"Non, euh oui, enfin non, je t'assure mais oui quand même et… et zut."

"Je dois dire que je ne m'attendais pas à une réponse aussi claire que celle-ci, merci" ironisa t-il.

"On dirait bien que tu as repris du poil de la bête" sourit timidement Zack qui, en repensa à un chat, baissa aussitôt le regard.

"Je pense que c'est grâce à toi que je le dois."

"Hmf, grâce à moi, hein…" répéta Zack, tout bas.

Le blond aurait bien voulu l'asséner de question pour une attitude aussi subitement taciturne si le médecin n'était pas revenu, une main enserrant quelque chose qu'ils n'arrivaient tous les deux pas à discerner alors que l'autre n'avait pas quitté son calepin. L'homme les jugea d'un regard complice avant de s'avancer vers le plus âgé des deux jeunes hommes.

"Monsieur Fair, c'est bien ça ? C'est pour vous" dit-il en lui donnant ce qu'il avait gardé dans une de ses mains, un petit trousseau de clés.

"Des clés ?" s'étonna Zack. "Pour quoi faire ?"

"Une femme de la Shin-Ra m'a chargée de vous faire passer ceci. Elles vous permettront d'accéder à un gîte à la sortie du village, non loin des côtes. La Shiva Serenity, normalement éclairée pour pouvoir vous guider."

"Estimons-nous heureux de ne pas avoir à loger dans la Hadès Penalty…"

"J'ai hélas bien peur que vos congés s'achèveront là-bas" s'expliqua le médecin, un peu mal à l'aise.

"Ce n'est peut-être pas plus mal" intervint alors Cloud dans un soupir de soulagement.

"Parfait, tant mieux dans ce cas ! Laissez les bandages faire effet durant toute la journée de demain, d'ici deux jours vous pourrez alors les retirer sans aucun souci. Une trousse à pharmacie adéquate se trouve dans votre logis mais n'hésitez pas à me contacter si problème il y a."

"Message reçu" acquiesça vivement Zack sur un mouvement militaire de la main.

"Bien, bien. N'oubliez pas, jeune Fair, que vous êtes vous-même blessés. Tâchez donc de ne pas trop en faire…"

"Je paraît si casse-cou que ça ?" demanda l'intéressé en se grattant la nuque.

"Je m'abstiendrai de tout commentaire" répliqua aussitôt Cloud, impartial au mieux.

"Cloudy, c'est trop gentil… Quoiqu'il en soit, merci beaucoup, docteur, de vous être occupé de nous."

"Avec grand plaisir, si vous voyez ce que je veux dire, bien sûr" certifia le médecin avec un sourire.

Zack le lui rendit et resserra les clés entre ses doigts. Seuls, ils allaient enfin être seuls, sans personne pour les déranger. La semaine avait déjà été suffisamment entamée comme ça. Le brun se leva alors afin de se mettre face à Cloud. Ce dernier, tout d'abord pas très sûr de comprendre ce que son ami comptait faire en se mettant ainsi, eut à peine le temps de saisir qu'il le mettait debout avec une précaution toute particulière, un bras passa sous son aisselle droite pendant que son bras gauche se souleva pour se retrouver sur l'épaule de Zack.

Cloud sentit ses jambes trembler quand il fut sur pieds. Sa tête lui tournait, il lui semblait qu'à tout moment, il allait s'écrouler. Raison pour laquelle Zack ne le lâcha pas.

"Attends, tu comptes…"

"T'aider de cette manière jusqu'à ce qu'on soit arrivé à destination" acheva le brun tout sourire en se dirigeant vers la sortie du bâtiment. "Et ne me parle pas de fierté masculine ni d'honneur, s'il te plait, ce serait très vilain."

"Orgueil ?" tenta le blond.

"Non plus ! Bien, docteur Farwell, bonne euh…"

"Soirée, monsieur Fair. Soirée. Vous commencez à perdre la notion du temps à ce que je vois. Mais ceci est compréhensible après les évènements qui vous sont arrivés. A vous de même, et bon rétablissement !"

Zack hocha la tête en guise d'au revoir et franchit la porte gentiment ouverte par l'assistante à qu'il salua de la même manière, sans trop de sentiments cependant. Non mais sans rire, elle avait osé lui faire des piqûres en plus. Blasphème ! Pas qu'il trouvait ça douloureux, n'est-ce pas ? Non, voyons… Mais allez donc vous prendre des injections de makô et n'importe quelle aiguille vous donnerait de quoi avoir envie de suivre une cure thérapeutique dans les temples d'Utaï.

La nuit qui s'annonçait clairement dans le ciel surprenait toujours Cloud, il n'arrivait pas à se faire à l'idée qu'il ait pu rester près de deux jours dans un état inconscient. Néanmoins, une chose le surprit davantage quand il balaya du regard ce qui se présentait devant lui. Des petites maisons, des cabanes même, les entouraient, elles et les douces lumières qui en sortaient par leurs fenêtres. Un calme apaisant régnait sur ce village. Ce n'était pas le genre de silence qui rendait l'atmosphère tout de suite plus angoissante mais un silence reposant, avec pour seul bruit le bruit lointain des vagues qui roulaient, ricochaient, le tout sur une paisible musique rassurante. Les rues de sables étaient désertes, pas un seul chat à l'horizon. A la place, un unique petit chiot, qui s'était trouvé pour niche, dans un coin reculé, un grand carton renversé. Quelqu'un avait pris soin de découper un trou sur une surface afin qu'il puisse y rentrer et quelques os avaient été déposés à l'entrée. L'animal ne devait pas être malheureux.

"Où sommes-nous, au juste ?" demanda inévitablement Cloud qui, même en révisant sa géographie, ne connaissait rien de cet endroit.

"Dans un trou paumé qui a de quoi me faire ravaler tout ce que j'ai bien pu dire sur Gongaga."

"En d'autres termes…?"

"Mideel, la cité non pas des Anciens mais bien des vieux. Comme tout bon patelin qui se respecte" reprit Zack sur un ton joyeux pointé légèrement de sarcasmes. Très légèrement.

"T'es jamais content."

"Ah mais-si-mais-si-mais-si. J'aime les trous perdus, il ne te reste juste qu'à prier pour que la télévision ne te lâche pas ou là, tu es franchement mais alors franchement mal barré, question occupation. Quoique, ont-ils au moins la télévision ici ? J'en doute sincèrement… Tu savais que l'ennui faisait parti des causes principales de mortalité dans des endroits comme celui-ci ?"

"Tu dis n'importe quoi. Tu as bien passé toute ton enfance à Gongaga et tu n'en n'est pas mort pour autant. Tout comme moi, Nibelheim ne m'a pas tué."

"Encore heureux."

"…"

"Hem. Alors euh, c'est très joli tout ça mais…Shiva Serenity, j'ai beau regarder les rares panneaux, je ne vois rien" admit Zack. "Magasin d'armes, clinique, pharmacie, école… Non, ils ont une école, je n'y crois pas. Boutique de matéria…"

"On t'a déjà dit que le sens de l'orientation n'était pas ton point fort, à tout hasard ?" soupira Cloud.

"En toute honnêteté, oui" se plaignit le brun en repensant à ce fâcheux souvenir.

"Le gîte est à bord de mer, non ? Or la sortie du village d'où le bruit des vagues provient est tout juste à gauche, pourquoi tu t'embêtes à lire des panneaux ?"

Zack le considéra un moment d'un regard faussement vexé qui s'attendrit finalement peu de secondes après. Après un clin d'œil qui mit le blond soudain mal à l'aise, il prit la direction que ce dernier lui avait proposée, l'entraînant à un rythme adapté. L'obscurité de la nuit gagnait de plus en plus en terrain, et la forêt qui les bordait, les ombres de ses grands arbres qui la composaient, n'allaient en rien pour les arranger. La cadence de leurs pas se faisait ainsi de plus en plus lente et Zack se forçait à scruter la moindre parcelle de terre qu'ils parcouraient afin d'éviter de tomber sur un obstacle. Attentif au moindre ralentissement qui pouvait provenir de sa droite, l'aîné des deux hommes se sentait faiblir progressivement.

Un point lumineux au loin lui donna du courage, penser à un lit chaud et douillet le motiva d'autant plus et il ne put réprimer un soupir de fatigue. Le silence s'était fait roi depuis le début de leur marche. Un silence quelque peu oppressant, même si justifié par leur épuisement. Si bien qu'à mi-chemin, Cloud à qui les jambes ne voulaient en supporter davantage, s'échappa sans prévention des bras de Zack et tomba à terre sur les genoux, la respiration haletante. L'épéiste s'agenouilla aussitôt, la mine inquiète.

"Cloud, est-ce que ça va ?"

"Je ne sens plus mes jambes" avoua le blond, déconcerté.

Zack se mit alors à réfléchir à un moyen de l'emmener jusqu'à la résidence privée le plus efficacement et surtout le moins douloureusement possible. Le porter sur son dos aurait pu être une solution, si seulement lui-même n'était pas blessé à cet endroit…Finalement, le brun eut bien une idée au bout d'un court laps de temps, une idée qu'il avait dû avoir dès le début et qu'il tentait de refouler, sans succès. Et aussi insolite pouvait-elle paraître, il n'avait pas d'autres choix en tête.

Cloud, qui ne rêvait que d'atterrir dans les bras de Morphée, s'était alors attendu à tout hormis qu'une paire de bras, autre que celle de la divinité désirée, vienne carrément à le soulever, une main posée sous son fessier, l'autre calée contre son épaule gauche. Instinctivement, les siennes allèrent s'accrocher autour du cou de son porteur attentionné qui lui affichait un sourire rayonnant.

"Princesse, je crois que vous avez là toutes les raisons du monde de faire une pétition pour la fierté masculine."

"Zack… Et toi ?"

"Oh, tu veux me porter ?" le taquina Zack en reprenant la marche.

Il estimait avoir déjà fait plus de la moitié du chemin et cette simple pensée lui donnait encore plus d'entrain.

"Baka, je veux dire… Toi aussi tu es blessé ! Pose-moi par terre !"

"Hors de question, jouvencelle."

Le blond soupira longuement et nicha sa tête un peu plus contre le cou du brun, tandis que les longues mèches d'ébènes qui se confondraient avec la nuit l'entouraient et le protégeaient du vent. Aussi cocasse pouvait être la situation, il ne pouvait que reconnaître se sentir bien ainsi, tout contre lui. Zack faisait des pauses tout au long du chemin qu'il restait, souffler un coup pour mieux reprendre. Et tout ce qu'il espérait, c'était que Cloud ne sente pas son cœur défier la vitesse de la nouvelle Hardy Daytona…

"Djess. Pourquoi ?" finit par demander simplement le blond avec un once d'incertitude dans la voix, tandis que ses lèvres touchaient presque sa peau.

Zack parut surpris au point qu'il en manqua de sursauter, puis son visage se radoucit, teinté malgré tout de dégoût. Alors son cadet avait finit par se souvenir… Autant profiter de l'aubaine pour ne plus avoir à en reparler ensuite.

"Tu dois être au courant que les rumeurs qui circulent à ton sujet, notre sujet devrais-je dire, ne sont pas forcément des plus plaisantes, non ?"

"Oui…" répondit Cloud avec amertume.

"J'ai donc trouvé ça plus réfléchi de me tourner vers lui pour ce gage aussi crétin."

"Hmm… Mais c'est justement ça que je ne comprends pas. C'est quoi cette histoire de gage ?"

Le brun ne répondit pas tout de suite. Comment pouvait-il lui expliquer sans qu'il puisse penser que tout cela n'était encore que de sa faute, ce qui était totalement faux ? Il trouvait ça impossible.

"A notre arrivée, Vayne t'aurait sans doute frappé si je n'étais pas intervenu. Ce rouquin a profité de l'occasion. Un gage si je me mettais dans l'histoire, tu parles d'un cadeau. Je ne sais pas ce qu'ils ont tous à vouloir me défier…"

"Hmm…"

"Tu m'en veux ?" tenta Zack, anxieux.

Pour toute réponse, Cloud s'agrippa un peu plus à son cou tout en secouant doucement la tête d'un signe négatif. Le brun sentait qu'il faisait de son mieux pour rétablir son poids équitablement dans ses bras et il ne put s'empêcher de sourire.

Incorrigible, définitivement incorrigible.

Zack acheva avec des difficultés de plus en plus prononcées le trajet qu'il lui restait à parcourir afin d'atteindre la résidence qu'il trouvait plus proche selon lui à un grand studio lorsqu'il fut suffisamment près du bâtiment. Quand il fut enfin arrivé à destination, il reposa avec délicatesse son ami au sol pour tenter d'ouvrir d'un geste nerveux la porte à l'aide des clés que lui avait données le médecin. Au bout de trois essais consécutifs, plutôt fructueux quand on pensait qu'il n'y avait que cinq clés sur le trousseau, les deux hommes purent rentrer, Cloud à nouveau dans ses bras. Le jeune blond s'était résigné sans émettre la moindre protestation. A quoi cela aurait-il pu lui servir, il ne l'aurait probablement pas écouté.

Le SOLDAT de première classe ne prit pas même la peine de regarder comment était agencé la cuisine ou le salon ou encore de remarquer avec quelle distinction la Shin-Ra avait pu décorer le gîte. Il chercha du regard quelle serait la porte qui pourrait mener aux chambres et en essaya une au hasard, celle qui lui paraissait la plus logique parmi les trois qui lui étaient proposées. Par chance, elle s'avérait être la bonne et il appuya sur l'interrupteur mural de la pièce.

Là, il se dirigea vers l'unique lit double de la pièce où il voulut déposer le blondinet. Mais Cloud qui s'était réhabitué en un rien de temps à la présence et la chaleur de son corps ne desserra pas son emprise. Un nouveau sourire de bien-être se dessina alors sur les lèvres du brun, sourire qui pourtant se changea rapidement par un visage attristé.

J'aurais réellement voulu te garder plus près de moi plus longtemps, si tu savais…

Tendrement mais à regret, il retira ses mains de son cou et l'allongea sur le lit après lui avoir retiré ses chaussures et chaussettes. Cloud grogna légèrement mais se fit vite au matelas moelleux et il s'assoupit avant que Zack n'ait eu le temps de dire Slipel. La petite lampe de chevet sur la commode adjacente allumée, il sortit un instant pour aller éteindre la lumière d'entrée qui les avait guidés ainsi que la première qu'il avait activé dans la chambre. Quand il revint dans cette dernière, il put constater avec un certain étonnement que leurs valises avaient été déposées non loin d'une armoire de bois. Eh bien, la Compagnie avait au moins pensé à ça, c'était rassurant…

Aussi, il remarqua qu'il n'y avait qu'un seul lit et double ou pas, il ne pouvait pas se permettre de dormir dans le même que Cloud. Il n'y arriverait tout simplement pas. A moins de faire nuit blanche ou de risquer se rapprocher de lui, il ne pouvait pas. Mais alors qu'il s'apprêtait à éteindre la lampe de chevet, la voix du blond le stoppa net sur place.

"Reste…"

"Cloud ?"

"Reste…avec moi" répéta le plus jeune avec une voix ensommeillée.

Interdit , Zack effectua sur lui le même déshabillement sommaire , trop fatigué pour se dévêtir entièrement. Il éteignit finalement la lumière avec paresse sans conviction et s'allongea à son tour sur le lit, tournant le dos à son ami. Comment. Par tous les moutons du monde, comment allait-il pouvoir dormir convenablement ? Il aurait tellement donné pour avoir une Matéria Sceller, se donner le sommeil tout seul pour ne plus rien penser . Être dans le même lit que lui, plus encore que ça l'enchantait déjà énormément, ça risquait même de le traumatiser. A vie, au moins.

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Un chapitre qui a de quoi virer à l'angst dès le début (non je ne déprime pas pourtant xD) pour revirer sur un ton tout de suite plus léger le docteur une fois partit, je trouve toujours ça aussi étrange oO Un peu comme le premier chapitre en fait... Nyah, j'aime les rebondissements, a pu Rozel, a pu Djess, a pu personne, yipee, je vous l'avais dit que je finirais par les virer xD

C'est moi ou mon style a quelque peu changé ? oO Maman, j'ai peur xD

Et un bout du résumé introduit dans un chapitre, un x) Je sais pas pourquoi, je trouvais qu'il collait bien avec l'ambiance alors je l'ai écrit sans même m'en préoccuper... Lena et le subsconscient, de quoi rivaliser avec Freud, franchement xD

KimieVII m'a fait ancré l'abomination de Zack avec les piqûres xD Désolée Kim, c'était trop tentant ce clin d'oeil n.n

Scène coupée :
Cloud : Et on est où, là ?
Zack : Erf, Mideel je crois.
Cloud : Dis-moi, Lena elle connaît sa géographie ? Nan parce que bon, Mideel et Costa, c'est pas la porte à côté quoi... --"
Len : Mais euh, c'était un hélico à réaction supersonique voyons x) Je voulais Mideel, un point c'est tout ! XP

Erf nn" A la prochaine ! xXx