Auteur : Elle brille par son absence x)
Titre : Et la vie coule entre nos doigts...
Genre : Romance/Humour
Rating : T ! -sourire sadique-
Pairing : Z/C
Disclaimer & Base : -pars pleurer devant tant de bishos qui ne sont pas sous sa propriété. Square Enix ne les emportera pas au paradis è.é-
Note : En peux plus. Stop. Exténuée. Stop. Chapitre qui m'en a fait baver. Stop. Et pas dans le sens que vous aimeriez -grillés-. Stop. Pas des plus satisfaites à son sujet... .Arrêt. Pourtant bien utile à notre blondie. RIP. Démunie de toute motivation, en manque de consolation T_T Câlin ? n__n
Vivement le prochain chapitre, celui-ci doit bien être le pire question idées. Fen Kiou so much pour vos reviews, j'aimerais les oublier pour les relire à ma guise et être toujours aussi surprise et heureuse… -en manque d'égo aussi xD- Bonne lecture =) Et en espérant que vous ne serez pas trop déçu v.v

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Chapitre VII : Peluche adorable sous toutes ses coutures
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Il avait beau aimer depuis toujours cet astre du jour, il ne pouvait que pester intérieurement contre ces rayons indésirables qui osaient éclairer si brusquement son beau visage. Injustices de la vie, bonjour… Mais quel rabat-joie tout de même ce soleil, l'interrompre dans un si joli rêve. Un de ceux qu'il n'arrêtait pas de faire depuis des jours qu'il ne comptait plus. Le goût de sa peau, il aurait aimé s'en souvenir, les expressions de son visage qu'il ne pourrait jamais voir s'ils ne restaient que des amis, elles partaient comme en fumée dans ses pensées. Et tout lui échappait à son réveil, les détails de ses songes, les sentiments, les sensations qu'il trouvait si réels. Il soupira profondément. Que ce soleil aille voir Canyon Cosmo s'il y était !

Il était tout particulièrement dégoûté à l'idée de devoir se lever maintenant qu'il était bel et bien éveillé alors que le lit lui semblait si confortable, si douillet. Si bon. Il ne savait pas si c'était le matelas qui était agréable et mou comme il l'aimait mais il avait l'étrange impression d'être comme entouré par une peluche toute chaude et toute douce malgré des textures de tissus froissés qui se collaient à lui. Peluche qui, en passant, l'empêchait de bouger son bras gauche et dont la respiration paisible se ressentait contre ses côtes. Les pensées du brun se bloquèrent instantanément. Ca n'allait vraiment pas bien du tout chez lui. Zack se résolut quand même à rouvrir ses yeux comme pour s'assurer qu'il pouvait bien agir à sa guise et décida de jeter un coup d'œil en direction de la chose qui provoquait en lui cette si bonne sensation de bien-être. Ce qu'il ne savait pas, c'est qu'il allait aussitôt regretter ce mouvement de tête quand il comprendrait ce qu'était la véritable source de chaleur qui l'entourait. Et qu'il aurait juré saigner du nez face à ce constat.

Il se disait désespérément qu'à la rigueur, s'il dormait encore, il aurait pu admettre l'adorable fait mimi tout plein qu'une peluche puisse respirer, si seulement le traiter de peluche pouvait être approprié. Au lieu de quoi, un corps chaud des plus humains s'était lové tout contre lui, ses jambes entremêlées aux siennes, un air des plus innocents sur son faciès. Il avait saisit son bras le plus proche de ses deux mains et les plus hautes mèches de ses doux cheveux blonds comme les blés chatouillaient agréablement le cou de Zack. Le rouge et la chaleur avaient alors occupé sans consultation les joues de ce dernier, la cadence de son cœur s'était emballée. Son bas-ventre s'était embrasé.

Cloud dormait d'un sommeil paisible et profond à en juger la façon régulière dont son corps se soulevait et s'abaissait. Son angélique visage d'enfant endormi tira un sourire à Zack qui ne trouvait la scène que trop adorable malgré toutes ses autres pulsions beaucoup moins innocentes qui résidaient en lui. Il n'y croyait tout simplement pas. Il n'arrivait pas à y croire. Cloud aurait dormi toute la nuit serré ainsi contre son corps, au delà même de ses blessures sur lesquelles il s'appuyait inconsciemment ? Aussi proche ? Dans le même lit ? La douleur qu'il ressentit soudain dans son dos lui fit clairement comprendre qu'il ne rêvait décidément pas, lui arrachant une grimace en prime. Zack se demandait ce qu'il devait faire, perdu entre ce qu'il lui arrivait de délicieux, les malentendus que cela pouvaient provoquer, l'envie de préparer le petit-déjeuner, celle de prendre un bol d'air frais marin et celle qui lui semblait la plus belle, rester au lit sans bouger. Il se disait qu'au pire, il pouvait toujours faire semblant de dormir si jamais le Chocobo venait à se poser de sérieuses questions à son lever. Ou serait pris d'une fâcheuse tendance à s'emporter au quart de tour. Non c'était trop lâche, qu'importe les conséquences, il assumerait.

L'homme aux cheveux d'encre remua légèrement des épaules et de la tête pour s'ancrer un peu mieux dans le lit afin d'être au summum du confort tandis que son cadet n'eut pour réaction qu'un faible grognement. Au moins, il ne l'aura pas réveillé. Des questions, il s'en posait à lui tout seul déjà énormément. En toute logique des choses, si l'un d'entre eux se serait jeté sur l'autre dans la nuit ou, plus raisonnablement, lové tout contre, ç'aurait bien été lui. Qu'il ne l'ait d'ailleurs pas fait le rendait bouche bée. Bonheur, il arrivait à contrôler ses pulsions… Mais alors qu'un tel rapprochement corporel vienne de la part du blond, ça le laissait sur le derrière. Cloué sur le lit en fait. Il ne savait pas combien de temps avait pu se passer depuis qu'il s'était réveillé, une heure plus ou moins sans doute. Tout ce qu'il savait, c'est qu'il ne l'avait pas vu défiler et il profitait de chaque minute, chaque seconde de sa position. Il contemplait son ami sans se lasser, s'attardait sur les moindres détails visibles de son corps sur lequel il aurait aimé inscrire "chasse gardée" avec toute la puissance de sa passion. Son amour pour lui… Shiva, qu'il aurait aimé le toucher…

Enfin, les jambes et les bras de Cloud commencèrent à s'agiter un peu, signe qu'il n'allait pas tarder à se réveiller à son tour, et Zack frémit soudainement sans trop savoir pourquoi. Après tout, il n'était pas le fautif, il n'avait aucune raison de craindre pour ses oreilles ou pour sa vie tout simplement. Ceci dit, il n'était pas plus convaincu que cela… Le brun n'arrivait pourtant pas à détacher son regard du visage de Cloud qui s'éveillait petit à petit. Au bout de quelques brèves minutes, les prunelles bleutées de son ami s'ouvrirent définitivement et la première chose que Cloud put voir fut le sincère sourire rayonnant qu'affichait le brun. Et il se disait qu'il y avait comme quelque chose d'insolite par rapport à d'habitude.

"Bon matin" lui dit Zack d'une voix douce.

Cloud, toujours aussi abasourdi de voir ce jeune homme à la longue chevelure d'ébène dès son réveil ne répondit rien. Une foule de points d'interrogation et de questions qui allaient avec traversèrent à grande vitesse son esprit au point qu'il ne put en retenir que trois d'intelligible : où était-il, pourquoi Zack était-il à côté de lui dans un… lit, et pourquoi était-il collé à lui ? Il déglutit avec difficulté. Collé à lui ?

"Aaah !"

Zack dut se mordre fort la lèvre inférieur pour s'empêcher de rire tandis que Cloud avait fait un brusque sursaut quand il réalisa après maints efforts la complexité de la situation. Rire serait dire qu'il était coupable de la gêne qui habitait désormais les joues du blond, et ça, pour une fois, ça n'était pas le cas. Cloud avait dégagé en un temps record son corps de celui de son meilleur ami, tellement affolé qu'il ne ressentaitt pas la douleur qui provenait de ses ecchymoses encore fraîches sur lesquelles les fragments de makô n'avait pas encore eu le temps de faire effet, du moins pas tout de suite. Une drôle d'expression se lisait sur son visage, un mélange d'hébétude et de reproche à la fois qui contrastait avec son air encore un peu endormi.

"Za…Zack ?"

"Tu as l'air ravi de me voir, dis-moi !" le taquina le brun en haussant un sourcil.

"Rassure-moi juste une seconde, tu veux. C'est moi qui… qui… enfin qui…tu vois quoi…"

Le brun le fixa longuement, ne sachant quoi répondre.

"Tout dépends de ce que tu aimerais entendre" finit par lui répondre Zack dans un petit sourire gêné.

Il n'en fallut pas plus pour le blond comprenne le sous-entendu qui se cachait derrière sa phrase et que ses pommettes passent d'un blanc laiteux matinal à une sorte de rouge vermillions qui se rapprochait non sans succès de la couleur du papier peint des murs.

"Je… je suis désolé ! Vraiment désolé !" s'exclama t-il effarouché en manquant presque de tomber de l'autre bord du lit tant il avait reculé par son embarras, emportant le drap avec lui.

De s'apercevoir que Zack ne faisait que le dévorer tendrement des yeux plutôt que d'agir d'une manière plus appropriée à une pareille situation, autrement dit être tout autant embarrassé que lui, ne fit qu'accentuer son malaise. Qu'il aurait aimé invoquer Titan et s'enfouir dix mètres, non, jusqu'aux entrailles de la terre pour y dissimuler sa honte et sa gêne. Et bon sang, quand diable Zack cessera t-il de le regarder avec autant d'insistance ? Si seulement la nuit avait pu durer plus longtemps, il aurait pu rester blottit sans que personne, ni même lui, ne s'en rende compte… La voix de son compagnon le tira hors de ses pensées parmi lesquelles son esprit s'était permit de divaguer. Non, franchement, Zack dès le réveil, c'était une chose à éviter.

"Eh, calme-toi. Mais j'y pense, peut-être veux-tu revenir ?" l'interrogea chaleureusement Zack en bon optimiste, lui faisant signe de ses mains qu'il y avait de la place près de lui.

"Zack !"

Mauvais calcul. A quoi s'était-il attendu de toute manière…

"T'es bête ou quoi ?" continua le blond, s'énervant presque, et tellement pris de court par une telle proposition qu'il en avait oublié de maîtrisé le ton sévère de sa voix.

"Hmm, ce doit être ça, oui. Bah, ça n'a jamais tué quelqu'un, n'est-ce pas…?"

L'aîné des deux jeunes hommes s'était relevé d'un coup du lit, son visage affichant une neutralité des plus complètes alors qu'il ne faisait que dissimuler magnifiquement son regret, sa déception. N'accordant qu'un regard furtif mais énigmatique au blond qui s'en voulait déjà, il finit par quitter la pièce en refermant doucement la porte derrière lui. Cloud, désormais seul dans la petite chambre, frappa soudain le matelas d'un poing rageur, non sans se faire mal à son bras gauche au passage.

Puis son regard balaya la chambre, désormais totalement baignée par le soleil, et il se rendit compte qu'elle était plutôt coquette, d'une décoration certainement victime d'une Turk romantique ou quelque chose de similaire. Bien sûr, ça n'était pas les papiers peints aux splendides couleurs saumon, rouge et topaze qui lui donnaient cette impression, ou encore ce magnifique photo de cerisiers en fleurs, vraisemblablement prise dans la région d'Utaï. Cependant, une mignonne peluche de Chocobo posée sur le haut d'une armoire en vieux noyer attira son attention et le fit sourire un instant. Un très court laps de temps avant qu'il ne se remette à soupirer… Quel bel idiot il faisait.

Sans doute qu'il aurait voulu revenir se blottir contre lui, avait-on idée de poser des questions aussi évidentes ? La situation n'avait pas dû être inconfortable pour qu'il soit resté apparemment ainsi durant toute la nuit. Mais que pouvait-il lui répondre en toute fierté ? "Ca c'est gentil, j'arrive tout de suite" ? Mince, il ne pouvait pas ! Il n'aurait jamais dû profiter de lui comme il l'avait fait, Zack était son meilleur ami, qui de plus est un homme, tout comme lui, comment osait-il trahir sa confiance et son amitié par de si stupides sentiments égoïstes, probablement à sens unique ? …Et pourtant, il avait trouvé ça tellement bon, être si proche de lui. Toutes les étreintes, tous ces mots tendres et rassurants qu'ils avaient pu partager, s'échanger, lui revinrent subitement en esprit. Esprit dans lequel sa petite conscience digne d'un Moguiny Pocket tentait par d'inconcevables efforts de le raisonner.

"Cherche pas plus loin, kupo ! Tu ne peux pas rester de marbre face à lui, voilà tout."

"Qu'est-ce que tu insinues par là, au juste ?"

"Eh beh…beh… c'est à dire que… kupo quoi. Rah si tu refuses de me laisser te parler, une conscience aussi innocente que moi, comment veux-tu que je te mette la réalité en face des trous ? Arrête d'avoir peur de tes sentiments, arrête de fuir ! Ca ne fera que retarder les choses, voire les empirer même !"

"Tu as oublié quelque chose là."

"Ah oui, merci. Kupo."

"C'est mieux."

"Tête de Chocobo, accepte tes sentiments et ça irait plus vite, kupo !"

"Ferme-là, tu veux ?"

"C'est pas possible d'appartenir à quelqu'un d'aussi borné que toi, je déménage. Tu m'entends kupo ? Je dé-mé-na-ge. J'vais voir l'autre chevelu si j'y suis. Et compte pas sur moi pour t'envoyer une carte postale, kupo."

"Je dois m'excuser auprès de lui…"

"Tu vois quand tu veux ! Finalement, je reste."

Cloud avait finit par se prendre la tête entre ses mains. Il n'avait strictement aucune idée de la manière dont il allait s'y prendre, ni comment Zack réagirait et encore moins s'il voudrait ne serait-ce que l'écouter, bien qu'il savait pertinemment que le brun n'était pas du tout de ce genre, et il pouvait bien en témoigner par propre expérience. En fait, c'était comme s'il refusait tout simplement de connaître cet homme à l'âme d'enfant plus que n'importe qui d'autre, le connaître par cœur sans pour autant s'en lasser. Et ça le rendait malade. N'était-ce donc pas la définition même d'un meilleur ami, être la personne la plus proche, la plus complice d'une autre ? Cloud sentit le feu regagner ses joues. C'était bien ça le problème. Il ne se considérait pas comme tel. Il voulait plus. Nettement plus qu'un si beau titre déjà d'amitié…

"Est-ce que tu manges correctement ? Tu n'as pas de problème ? Tu as l'air d'être en forme. Cloud, tu sais, tu devrais te trouver une petite amie, ce serait bien. Comme je ne serai plus proche de toi, elle pourrait prendre soin de toi. Te donner de l'affection, un amour tout autre que le mien, moi qui ne serait jamais que ta mère. Tu parais si triste mon chéri, si seul…"

Le souvenir de ces paroles si troublantes de sa mère le laissa dès lors vaguer dans le flou. Les temps avaient changés et n'étaient plus les mêmes. Il n'était plus seul à présent. En rentrant dans l'armée, Tifa n'était devenu qu'un objectif de reconnaissance sans visage. Depuis qu'il s'était mis à côtoyer le SOLDAT Zack Fair, il avait enfin ressentit l'impression d'être important aux yeux de quelqu'un, peu lui importait si c'était pour une fille ou un garçon. Pire encore, cette sensation de manque d'affection n'était plus revenue peu de mois après… Qu'est-ce qui n'allait pas chez lui ? Cloud s'était mis à fixer la porte. Il avait suffisamment attendu depuis qu'il l'avait gaiement envoyé sur les roses et le poids de culpabilité qu'il ressentait au fond de son cœur lui devenait insupportable.

Désormais bien décidé à lui présenter ses excuses pour son comportement aussi brusque, aussi inattendu, le jeune blond quitta à son tour la chambre après avoir lancé un dernier coup d'œil au Chocobo en peluche d'un jaune défiant toute concurrence, et qui, pour des raisons qu'il ignorait, lui redonnait comme une vague de courage, d'assurance. La Shiva Serenity ne lui avait semblé pas bien grande déjà dans la pénombre d'après ses vagues souvenirs de la veille, et il n'avait pas tort. L'étroit couloir d'entrée dans lequel il se trouvait rejoignait directement à sa droite un salon qui faisait à la fois office de salle à manger. Ceci dit, cela ne lui déplaisait pas pour autant.

En réalité, elle ne s'avérait être que légèrement plus spacieuse que son bungalow et celui qui servait de salle commune tous les deux réunis. Un véritable petit endroit d'intimité aux murs de bois et dont les fenêtres donnaient une vue sauvage sur la mer de Mideel. Loin de Midgar la Dominante, loin du monde qu'il voyait habituellement tous les jours, loin de tout. Et proche de lui. Encore fallait-il déjà qu'il le trouve. Cloud laissa alors ses pas parcourir la demeure si bien que parmi tout cet immobilier de bois aux teintes chaleureuses, il eut plus l'impression de se trouver dans un authentique petit chalet que dans une simple résidence privée. Par dessus tout, il trouvait que son nom lui allait à merveille.

Mais ses boyaux qui criaient famine le ramenèrent brusquement sur terre. Cela faisait tellement longtemps qu'il n'avait pas mangé qu'il préférait ne pas réfléchir quant à la date de son dernier repas complet. Instinctivement, il se dirigea vers une porte à demi-ouverte d'où s'échappait une odeur alléchante et naissante de pain grillé et de café. La cuisine était tout autant mignonne que le reste, avec un côté rustique qui lui rappelait Nibelheim. Au beau milieu se trouvait Zack de dos, affairé entre le grille-pain, la cafetière et les tiroirs et qui finissait par attendre que tout se prépare sans lui, frustré. L'arrivée de son ami qu'il avait sentit derrière lui le fit se retourner immédiatement, un grand sourire honnête aux lèvres. Cloud n'osait presque pas rentrer.

"Tu tombes bien, c'est presque prêt !"

Gêné, Cloud répondit timidement à son sourire avant de baisser la tête, le visage sombre, intriguant alors le brun.

"Zack, je… Je suis sincèrement désolé. S'il te plait, excuse-moi. Pour tout…"

S'était ensuivit un silence qui lui avait parut interminable, oppressant. Le cadet n'osait pas même regarder cet autre jeune homme aux cheveux noirs comme l'ébène qui provoquait en lui bien des tourments. En règle générale, il se serait sentit honteux de se montrer aussi fragile, aussi désolé pour quelqu'un. Mais Zack n'était-il pas plus que quelqu'un ? Certes leur relation pouvait être ambiguë mais s'il continuait à se mentir lui-même et à ne rien oser faire sans risquer d'être un fardeau pour lui, il savait pertinemment que ça n'était pas ce qui allait faire perdurer leur amitié.

La main qui s'était soudain posée sur son épaule le fit sursauter tandis qu'une autre avait relevé avec suavité son menton. La seule chose que Cloud put voir dès lors fut le profond regard céruléen de son compagnon qui s'était planté dans le sien, comme une mer rejoint son océan. Sa main douce était restée à son visage et lui faisait battre chaque seconde qui passait un peu plus vite son cœur. Puis, sans prévenir, Zack enserra avec tendresse sa taille, et plaqua au contraire Cloud sans ménagement contre son corps. Strife se laissa emporter par la fraîcheur qui en émanait et le parfum de noix de coco qu'il pouvait sentir lui disait que son ami venait de prendre une douche. A croquer.

Le grand brun avait rapproché sa bouche de son oreille, sans se préoccuper de tous les frissons électriques qu'il avait provoqué chez son blondinet.

"C'est moi qui devrais être désolé, tu ne penses pas ? Ne t'avais-je pas promis que tu passerai de bonnes vacances avec moi ? Regarde le résultat. A cause de mon imprudence, tu t'es même retrouvé blessé. Et ça, c'est bel et bien ma faute, Cloud. Mes propres blessures ne sont rien à côté, car c'est ici que ça fait mal."

Joignant le geste à la parole, Zack prit une main de son meilleur ami et la plaça sur son cœur où il put constater qu'il devait battre aussi vite que le sien, si n'était plus. Cloud n'arrivait pas à émettre le moindre son, ni faire le moindre geste, comme pétrifié par ses mots. Envahi par ses égoïstes sentiments de culpabilité permanente, il n'avait jamais réellement songé à ce que Zack pouvait ressentir pour lui-même par rapport à ses échecs, cette frustration pour cette promesse qu'il lui avait faite et qu'il considérait déjà comme brisée. Le brun s'était en effet souvent questionné au sujet du comment pourrait t-il rattraper tous ces bons moments perdus ou gâchés, ces malentendus stupides, ces défis idiots qui l'avaient forcé à embrasser un autre que Cloud. Il avait d'ailleurs tellement détesté que maintenant, il ne se souvenait plus de ce que cela lui avait fait et il en était soulagé, preuve faite que la force mentale était tout autant importante que sa sœur physique. Quand il s'était retrouvé seul dans la clinique, il avait eu tout son temps pour se remettre en question. Sans jamais trouver de réponses plus suffisantes que des "Je ferai de mon mieux pour que le reste se passe bien". Cloud le serra alors à son tour tout contre lui, ses mains sur ses hanches faute de pouvoir les placer plus haut à cause des bandages. Ce n'était pas comme s'il avait le choix, si…?

"On est ensemble après tout, non ? C'est ce qui compte" le réconforta t-il d'une voix avenante.

"Hmm, c'est vrai" sourit Zack dans ses cheveux, la conscience un peu plus allégée.

"Et puis, nos vacances ne sont pas encore finies."

"Affirmatif" répliqua gaiement le brun en suçotant une mèche blonde.

"Dis, Zack…"

"Yup ?"

L'interpellé s'était enfin aperçu avec une certaine fierté que sa bouche sur le cou de son cadet ne laissait pas sa peau sans réaction.

"Le pain ne serait pas en train de brûler ?"

"Fort possible…" maugréa t-il en se séparant à regrets de ces bras qui l'avaient accroché si longtemps la nuit passée tout en pestant contre ce maudit grille-pain qui n'avait pas pu choisir automatiquement comme un grand le thermostat approprié sans, accessoirement, se dérégler en pleine cuisson. Pendant ce temps, Cloud, encore tout chamboulé, était resté droit comme un i à l'endroit où le brun l'avait quitté, n'osant faire le moindre mouvement. Une bonne dizaine de secondes avait dû s'écouler avant qu'il ne remarque une petite note posée sur la table et qui ne put qu'attirer sa curiosité.

"Et on les appelle des Turks… Pour moi, ça ressemble plus à des gens normaux en costard cravate toute la journée" rit le brun en remarquant l'attention que portait Cloud au bout de papier dont l'écriture était très soignée.

Sans poser davantage de questions, le jeune Strife récupéra la note, de plus en plus intéressé. Il se mit à lire :

"-Aux futurs logés de la Shiva Serenity, bilan du dernier passage-

Rude peut vous assurer que le canapé est très confortable, il y est resté assis -non, stoïque est plus approprié- pendant plus de cinq heures et son dos va très bien, merci pour lui ! Reno quant à lui est désormais certain que les dispositifs anti-incendie et les détecteurs de fumée marchent très bien, on s'en est d'ailleurs bien rendu compte également… Tseng reste déçu par le manque de tortues sur les plages de Mideel mais les dauphins sont assez nombreux, il se croirait presque à Utaï, ça le rend heureux. Oh non, flûte, ça c'était censé rester confidentiel… Il vous dit que les pièces sont très bien isolées, voilà -et c'est inutile de vous dire qui est-ce qui fait le plus de bruit parmi nous quatre. Non, trois, quand est-ce que Rude va sortir de son hibernation…-. Enfin de ma part, et c'est plus un conseil, des vacances avec Reno ne sont pas des vacances ! Et pour ça, je me demande pourquoi Tseng le supporte toujours aussi difficilement, ils devraient être amis pourtant. Si l'autre rouquin ne lui cassait pas autant les pieds et ne lui déléguait pas toute la paperasse sous prétexte que… Laissez tomber. Il y a cependant juste un souci avec le grille-pain, à cause de quoi les garçons m'ont bannis de la cuisine pour un appareil défectueux… Oui, les tâches noires sur le plafond, c'est moi, pas l'autre idiot… Signé Cissnei. PS : comment trouvez-vous la chambre, elle n'est pas jolie ainsi ?"

Cloud se tourna vers le brun.

"Cissnei ?"

"Une jeune rouquine très gentille, on a eu l'occasion de se parler quelque fois. Un peu romantique et candide sur les bords" expliqua tranquillement Zack.

"C'est donc à elle qu'on doit une chambre aussi…"

"Aussi virile, oui. Par contre pour le grille-pain, je suis bien curieux…" acheva Zack qui avait une dent contre celui qui avait pu dérégler cet appareil des plus rabat-joie.

Cloud ne s'empêcha pas de rire discrètement devant la moue que tirait son ami, sans savoir que ce dernier se demandait si un Brasier ne ferait pas l'affaire pour leurs tartines.

"Tu veux de l'aide ?" se proposa t-il gentiment.

"Certainement pas, c'est moi qui fait tout. Je pense que tu as le temps de prendre ta douche si tu le souhaites, en attendant que tout soit prêt" répondit aussitôt Zack sans méchanceté, les yeux pétillants.

"Bien, bien, à vos ordres, chef" soupira Cloud, comme vaincu. "Mais souvenez-vous, mon commandant, que c'est le pain qui doit être grillé, pas la maison" reprit-il avec un sourire en coin.

Le SOLDAT de première classe jugea très sage de lui répliquer par un magnifique tirage de langue qui reflétait là tout son sérieux irréprochable mais qui avait au moins eut le mérite d'étirer un peu plus les lèvres du blondinet. Malgré tous les reproches qu'il pouvait bien lui faire notamment sur sa maturité qui pouvait parfois laisser à désirer, au fond de lui il souhaitait que Zack ne change jamais.

Cloud s'était enfin décidé à aller chercher des affaires de rechange pour ensuite s'enfermer dans la salle de bain lorsqu'un bruit de sonnette arrêta sur le champs le brun dans ses mouvements, à savoir mettre la table tout en manquant de faire tomber un bol sur le parquet. Allons bon, n'allaient-ils jamais avoir la paix ? Peut-être ne s'agissait-il que d'un habitant du patelin de la région, en tout cas, c'était ce qu'il espérait au mieux. Zack hésitait entre prendre une attitude de chiot adorable ou un air de pitbull enragé pour aller ouvrir la porte. Finalement, il poussa un long soupir qui en disait, à lui seul, long sur son exaspération avant de se diriger nonchalamment vers la porte d'entrée. Qu'il voulut presque refermer sur le coup après l'avoir ouverte, dans un élan de déception.

"Yo !"

"Bonjour, Zack ! On… On ne dérange pas trop ?"

Yatta. C'est exactement ce qu'il nous manquait. De la compagnie…

Pendant ce temps, à l'autre bout du chalet, une tête blonde désormais complètement mouillée profitait de chaque ruissellement du jet d'eau sur son corps, l'esprit tout ailleurs de ses préoccupations premières. Cette chaleur apaisante qui calmait ses sens, il en avait tant besoin qu'il aurait voulut rester toute la journée ainsi, égaré parmi les panaches de vapeur qu'il provoquait à une si haute température, se laisser aller sans ne plus penser à rien qu'à cette sérénité. Mais un gargouillement sonore lui fit tout de suite oublier cette idée bien trop impensable pour son ventre affamé et il dût presque à contrecœur couper l'eau de la douche. Penser que Zack devait préparer un bon petit-déjeuner malgré une heure qui s'approchait des midi le fit s'habille en vitesse. Cependant, lorsqu'il entendit une voix autre que celle du brun en provenance du salon, sa brosse s'arrêta de court dans ses mèches qui avaient très vite reprises forme après le lourd châtiment que le poids de l'eau leur avait imposé.

Le blond secoua rigoureusement la tête. Tant que ça n'était pas des connaissances de Zack comme celles qu'il avait dû supporter auparavant dès le début de ces vacances… Mideel n'était pourtant pas la région la plus évidente à atteindre. Il se demandait même comment ils allaient rentrer à Midgar, peut-être qu'un hélicoptère leur serait envoyé, ou un bateau. S'attendant au pire, il sortit de la salle de bain avec maintes précautions. Mais pas assez pour qu'une frimousse rousse à l'encadrement de la porte ne lui fasse pas peur.

"Surpris ?" demanda cette dernière en affichant un brillant rictus sournois de sa propre composition.

"Reno Montague, ça te tuerai de rester en place juste deux petites secondes ?" l'interpella calmement mais avec une pointe de remontrance une voix douce et féminine.

"Ah, Cissy…" se plaignit le-dit Reno en tortillant sa queue de cheval d'un roux flamboyant avec un air distrait, tout en laissant passer Cloud pour qui le cœur, il devait l'avouer, se remettait peu à peu à une cadence normale. "J'ai horreur que tu m'appelles comme ça…"

Cloud salua poliment la jeune Turk d'un signe de tête avant de rejoindre, comme par instinct, les côtés de Zack, en s'appuyant le dos contre un mur.

"Et si tu nous expliquais la raison de votre visite, Cissnei ?" intervint le première classe à l'adresse de la jolie rouquine aux cheveux mi-longs et ondulés, costard noir obligé.

La jeune femme parut rougir sur le champs mais se ressaisit bien vite. On était un Turk ou on ne l'y était pas ? Oui mais là, c'était quand même diablement gênant, s'être autant comporté comme une gamine avec cet idiot…

"C'est à dire que…"

"Pas grand chose, on partait en mission, la routine, mec. Tseng en avait ras le cul de nous entendre nous chamailler gaiment à l'arrière de l'hélico alors il nous a largué ici. Il nous a gentiment dit qu'il reviendrait d'ici une heure, le temps qu'ils fassent du repérage, et seulement si on était sage.… Comment pourrait-il le savoir, baka d'Utaïen !" la coupa Reno sur un ton de "je m'en foutiste" le plus total teinté d'amusement. "Cissy s'est dit qu'on pourrait vous dire bonjour. Chose qui est faite. Bonjour !"

"Mais ce n'est pas toi le pilote en temps général ?" l'interrogea Cloud qui savait tout de même, malgré son grade insignifiant aux yeux des plus hauts placés, un minimum de choses sur ce quatuor.

"Oh tu sais, on tourne avec Rude, gamin. Quand on a deux pilotes d'élite, c'est pas la peine de les mettre à l'action en même temps, surtout pour une mission futile."

"Simple visite de courtoisie et de politesse" acheva Cissnei, souriante. "On ignorait que vous alliez vous mettre à table" s'excusa t-elle. La vu du pain dans la panière éveilla sa curiosité. "Oh, tu n'as pas eu trop d'ennui avec la machine ?"

"Une envie de démolition soudaine à son égard, rien de plus" ricana Zack qui avait sérieusement songé à tester toute sorte de magie offensive sur cet appareil qui l'avait obligé à contenir ses pulsions plus ou moins innocentes. "Mais comment avez-vous su qu'on était…"

"Là ? Fair, tu parles à des Turks ou à des brebis galeuses en manque de gazon ?" le railla Reno, les mains dans les poches.

"Bonne question, je tâcherai d'y réfléchir" rétorqua Zack sur le même ton.

"Ah, va te faire encorner par un escargot en béton."

"C'est bientôt finit vous deux ?" s'exaspéra Cissnei en lançant un regard complice à Cloud qui voulait dire "Et j'ai droit à ça tous les jours".

Regard auquel le blond ne put que compatir quand il repensait aux accès de folie que pouvait avoir son ami quand il était partit pour ne pas être sérieux durant un temps le plus souvent, hélas, indéterminé.

"Petite étoile peut être une horrible mégère quand elle s'y met…" soupira le roux.

Mais son homologue l'avait déjà fermement prit par un bras avant qu'il n'en place une autre et l'indifférence de sa coéquipière face à ses railleries était telle qu'il finit par faire la moue dans son coin. Cissnei, satisfaite, se tourna vers les deux garçons qui se trouvaient en face d'elle, le visage toujours aussi souriant qu'à son arrivée.

"Zack, Cloud, nous n'allons pas vous déranger plus longtemps. Passez une bonne fin de vacances, tous les deux !"

Cela dit, après deux merci consécutifs, elle traîna presque Reno derrière elle par la manche le long du couloir, songeant en chemin à appeler son chef une fois qu'ils seraient dehors. Elle n'allait pas pouvoir supporter le Turk plus longtemps sans le menacer de lui shurikener ses longs cheveux, menace des plus inhumaines et inconcevables aux yeux de Reno qui, dans des moments pareils, se disait que réflexion faite, sa Cissy était bien plus qu'une mégère pour vouloir lui ôter la fierté de sa jeune vie. Cissnei leur adressa un joyeux salut d'un signe de la main avant de quitter définitivement, elle et son bagage, la Shiva Serenity.

S'était alors installé un étrange silence dans la petite maison entre ses deux locataires qui n'avaient pas décroché leur regard de la porte d'entrée depuis qu'elle avait été utilisée, à moins que ça ne soit l'expression de leur gêne de se retrouver à nouveau seuls, rien qu'à eux deux, sous le même toit. Cette visite avait été tellement inattendue et rapide que Cloud se demandait même s'il n'avait pas tout simplement rêvé ce qu'il venait de se passer. Pourtant non, Zack regardait dans la même direction que lui, avec le même air dans le vague, appuyé tout comme lui contre le mur. Fatidiquement, leur regard finirent par se croiser, et leur rire brisèrent ce silence devenu jusqu'alors un peu trop pesant. La voix taquine du jeune homme à la chevelure d'ébène fut la première à se faire entendre.

"Tu as faim ?"

"Et comment !"

"Eh bien il va falloir réchauffer tout ça…"

"Oublie le brasier."

"Mais euh. Et puis comment tu le sais ?"

"Je te connais, Zack. Oui, je te connais, jamais assez mais je finirai bien, un jour."

Le concerné avait à ces mots résolument tourné la tête là où le blondinet ne pouvait pas remarquer le soudain fard qu'il venait de piquer.

"Ce soir… Je dormirai dans le salon."

"Huh ? Comme tu voudras…"

"Question de précautions."

xXxXxXxXx

Bon... j'vous avait prévenu en même temps hein ? Pas taper.
Pour toutes ces longues descriptions et ce chapitre à mon goût tout simplement foiré, j'ai essayé de faire quelques clin d'oeil pour remonter le niveau de tout ça.
Ca tourne en rond pour la simple et bonne raison que... Erf, ce chapitre était nécessaire pour Cloud, j'aurais pas pu passer au VIII comme ça v.v
Câlin ? Toujours pas ? xD
Boudez pas, le prochain devrait être "plus" sympa. Enfin je crois x)
Oyasumi Nasai ! Ben vui, posté à 02:32 sans prendre le prendre de faire des MàJ ailleurs. Je crois que je vous ai suffisamment fait attendre comme ça.
Chuu ~ Lena'