Rating : M -no comment x)-

Disclaimer & Base
: Allez voir ça avec Zack et Cloud chez Square Enix, moi je sature x.x

Note
: Voyons voir, ça fait... plus de quatre mois ? x) Oui, quatre mois d'absence concernant cette fanfiction, pour un chapitre réédité un nombre de fois que j'ai cessé de compter. Je me suis rendue compte que j'avais un mal fou avec les conjugaisons et les temps en ce moment oO Erf, je suis désolée pour ce retard monstre x.x Pour une fois, je ne vous retiendrais pas plus longtemps dans cette partie, trop fatiguée pour n.n' Bonne lecture, en espérant que ça plaise malgré tout.


Chapitre VIII - Et quand bien même le temps passe, rien ne s'efface vraiment

Et dire qu'il s'était couché avec la ferme volonté de sombrer dans le sommeil.

Pour une énième fois qu'il ne comptait plus, Zack se retourna sur le divan de cuir dans un long et profond soupir de lassitude. Oh, certes, il pouvait être fier de lui, d'avoir tenu parole pour cette nuit-ci. Là n'était pas le problème. La chambre n'abritait pour cette fois qu'une seule personne, la cadette par courtoisie disait-il, et c'était probablement mieux ainsi pour eux deux. Enfin, c'était du moins ce qu'il tentait de se convaincre, et une chose avait dû lui échapper dans ce cas puisque cela ne l'empêchait pas de se retourner autant de fois que le lui permettait son dos, tout juste guéri mais sensible malgré tout, avec un de ces désagréables sentiments de remord au cœur qu'il ne supportait plus. Et Morphée qui ne semblait pas vouloir le prendre dans ses bras de sitôt…

Oui, il s'en voulait. Il s'en voulait de n'avoir rien osé lui dire, ne pas avoir tenté, pas une seule fois tandis que les jours passaient à une vitesse folle, tout comme leurs premières vacances ensemble. Mais pourquoi par Hadès avait-il fallut que ce soit pour lui, cet homme nul autre que son meilleur ami, que son cœur s'emballe ? Il n'y avait rien de mieux pour simplifier leur relation, vraiment… Si seulement il était tombé amoureux de quelqu'un d'autre, un garçon s'il le fallait tant. Sephiroth, par exemple ! Au moins, il aurait été sûr que son amour serait à sens unique et même désespéré, sans le moindre aboutissement possible, avec une personne aussi distante et inaccessible qu'était môssieur le grand Sephiroth. Un peu comme Cloud aux premières apparences en fait… Comme un poisson rouge, il tournait en rond.

Il se sentait aussi perdu qu'une demoiselle énamourée lorsqu'il en venait à réfléchir autant sur ses tourments sentimentaux, non sans que cela ne brise une certaine part de sa fierté masculine, de SOLDAT qui plus est. Lui qui fonçait si souvent tête baissée, un brin arrogant comme on pouvait tant le lui reprocher avec un certain amusement, se retrouvait complètement démuni lorsqu'il se retrouvait avec Cloud. Un peu comme un Tomberry sans poignard, ou un Cait Sith sans mégaphone, en somme. Nouveau soupir. De son côté, il ne faisait rien pour arranger les choses. Quand une situation propice aux aveux se pointait, il les fuyait, paradoxalement à son envie de connaître la vérité quant aux sentiments de son ami. Qu'elle blesse ou non, pourvu qu'il la sache. Deux hommes passifs de première classe, voilà tout ce qu'ils étaient. C'était tristement ironique pour le blondinet.

"Tu es sûr de vouloir prendre le canapé pour cette nuit ? …C'est idiot, le lit est bien plus confortable. D'autant plus qu'il ne nous reste plus qu'un seul jour de repos…Ce serait dommage de ne pas en profiter, tu ne penses pas ? …Mais, je suppose que c'est… à cause de moi, non ? Si tu le dis… Fais comme tu voudras… Enfin, ne va pas croire que je veuille te forcer à dormir avec moi ! C'est juste que… Bonne nuit à toi aussi. Zack…"

Replié sous son drap qui le recouvrait à peine, l'ébène savait manifestement que de se ressasser cette conversation maladroite, et quelque peu hypocrite en ce qui le concernait, n'allait pas lui faire trouver le sommeil. Faute de réussir à pouvoir s'exprimer par la parole, retenir son corps de parler à sa place devenait un effort considérable les jours allant et passant, au point qu'il en venait à maudire sa nature masculine et ses envies primaires qui l'accompagnaient. S'imaginer en fille l'amusa alors quelques instants. Ses cheveux, déjà assez longs, tressés au bout d'un ruban rose, une élégante robe bleue pâle sur son corps aux toutes autres courbes, de petits talons aux pieds, une fleur de lys dans une main. Il pouffa discrètement de rire à cette comparaison. Mine de rien, ç'aurait été tellement plus pratique, s'il en était une… Il n'était pas sûr que l'amoureuse de bégonias, rhododendrons et autre tiges vertes à pétales avait actuellement conscience de sa veine.

Dans un grognement sourd, il se remit finalement sur le dos, faisant glisser par mégarde son drap par terre, la tête remplie de questions qui resteraient à jamais sans réponse. Que faisait Cloud à cette heure-ci ? Dormait-il, ou peinait-il à s'endormir comme lui, en comptant peut-être des chocobos ? Regrettait-il de ne pas avoir insisté pour le lit ? Hésitait-il à venir le rejoindre ? Et par dessus tout, pensait-il au moins, un tant soit peu, à lui ?

Instinctivement, l'une de ses mains glissa le long de son torse nu avec une lenteur toute particulière, en parfaite contradiction avec ce désir qui lui reprenait les entrailles, et qui comme à son habitude n'allait pas être assouvi comme il se le devait. Elle s'attarda un court moment sur le bas de son ventre et rencontra sans plus tarder l'élastique du seul vêtement qu'il portait. Plongeant alors cette main sous le tissu, le beau brun put constater avec plus d'aisance l'ampleur que sa virilité avait prise à force d'avoir autant pensé à ce jeune homme de deux ans son cadet, lui arrachant par la même occasion un mélodieux soupir de plaisir mêlé de frustration. Sans jamais effacer une seule seconde le blond de ses pensées, il effleura son membre rigide avec appétit, le caressa voluptueusement d'une telle sensualité qu'une vague de frisson le submergea, et la pensée du visage érotique que Cloud aurait adopté en lui faisant pareil délice l'embrasa davantage, le fit soupirer avec effort dans son excitation.

"Nnh…Clo…Cloud…"

Un bruit soudain en provenance du couloir fut sa seule réponse et le fit brusquement sursauter, l'arrêtant net dans ses mouvements tandis qu'un rouge cerise colora instantanément son visage. Pris dans son élan, il en avait totalement oublié l'éventualité de se faire surprendre. Zack se tourna aussitôt vers le côté du dossier de la banquette, en se recroquevillant dans une position fœtale, l'entrejambe douloureuse d'insatisfaction.

Ce garçon va finir par me rendre complètement fou…

Il s'efforça donc du mieux qu'il pouvait pour faire semblant de dormir, les oreilles en revanche en alerte, à l'affût d'un moindre mouvement qui pouvait annoncer l'approche du jeune homme avec qui il partageait la Shiva Serenity alors que de faux espoirs montaient contre sa volonté en lui, à l'idée de partager sa couche cette nuit encore avec l'objet de ses fantasmes. Mais si Cloud savait dans quel état il le mettait… il n'aurait sans doute plus le courage de le regarder dans les yeux. Avec une certaine appréhension, il pouvait entendre ce dernier marcher dans le couloir à pas de loup, d'abord hésitant puis plus sûr de lui, tout juste éclairé par le rayonnement de la lune qui passait subtilement par la grande baie vitrée du salon. A cela un curieux silence s'ensuivit, et Zack attendait dans ce mutisme singulier, avec cette étrange impression de se faire observer. Pourtant, rien ne semblait vouloir montrer signe de vie derrière son dos. Avait-il rêvé ? Il aurait été incapable de dire combien de temps s'était écoulé ainsi.

Toujours était-il qu'à force de feindre le sommeil, il s'était réellement endormi, trop fatigué par les évènements et ses réflexions à n'en plus finir. Aussi n'avait-il pas pu entendre le tendre "Bonne nuit" qui lui fut adressé peu de minutes après son abandon, ni réalisé qu'une couverture plus épaisse que la première avait recouvert son corps, l'auteur de ce geste n'ayant pu s'empêcher de penser que le brun ressemblait son conteste à un jeune chiot endormi, en boule comme il était.

Et qu'on n'avait pas idée de dormir avec un simple boxer…

oOo

A l'étoile filante qui venait d'illuminer le ciel dans une étincelante traînée de poussière astrale, il n'arrivait pas à trouver un seul vœu qui soit réalisable. Qui ne soit pas relié à lui. Mais la bouche qui s'était posée sur la sienne en réponse à cette requête silencieuse lui semblait si tangible… Dans l'espoir de ressembler à cette étoile, il lui avait sourit, les yeux brillant comme deux saphirs. Juste pour lui.

oOo

Il n'en revenait pas. Pas d'être tombé aussi bas. C'était tout bonnement stupide, par tous les Ramuh en pâte à modeler, comment avait-il pu ? Une heure déjà qu'il s'était levé avec maintes difficultés, lavé sous une eau à quarante-deux degrés pour ne penser qu'à la vive chaleur sur sa peau, habillé en toute concentration afin d'enfiler ses vêtements dans le bon sens. Mais non seulement il avait trouvé le moyen de mettre son tee-shirt à l'envers mais en plus il n'avait pas cessé de repenser à ce rêve haut en couleurs qui ne voulait pas sortir de sa tête. A ce rythme-là, ça devenait pire qu'une obsession. Allongé à plat ventre sur le lit, il enfouit sa soyeuse chevelure blonde sous son oreiller, l'air le plus dépité du monde. Il devait se faire une avait bel et bien rêvé de lui.

Ce petit mog rose à pois dorés trop mignon, en pleine chevauchée sur un bébé chocobo tout noir avec lequel il parcourait champs de fraises et rivières de chocolat. Un ciel aux tons orangés dans lequel un énorme soleil en marshmallow brillait, de grands citrons en guise de nuages, des arbres en forme de génoises couleur framboise, une mélodie entraînante en fond sonore digne d'un bon "Grand Theft Matéria : attrapez-les toutes !". Le délire complet.

Totalement immergé dans ses rêveries sucrées, Cloud ne prêta pas attention à la porte de la chambre qui s'ouvrit, ni au matelas qui s'affaissa sous le poids d'une autre personne nouvellement assise dessus. La première chose à vrai dire qu'il remarqua en toute lucidité, c'est qu'on venait de lui retirer son oreiller sous lequel il se cachait. Enfer et damnation. On avait osé lui faire ça. En toute réaction à cet affront, ce véritable crime pour l'humanité, il releva la tête juste assez pour se faire entendre et afficha un visage blasé que nul ne pouvait voir.

"Je suis en manque…" déclara t-il d'un ton solennel et très détaché.

"Uwa ! Par…pardon ?"

Zack le fixait avec des yeux grand ouverts face à une telle franchise de sa part, presque inquiet pour la santé de son ami. Il hésita à lui demander combien de doigts il avait sur une main mais se ravisa bien vite. Un Cloud à côté de la plaque restait un Cloud susceptible, et par conséquent, dangereux.

"En manque de sucre, je vais faire une hypoglycémie, je le sens…"acheva Cloud, ironique, en jetant un regard distrait vers lui. "A quoi tu pensais ?"

Fatal Error System, il regrettait déjà d'avoir tourné la tête vers son colocataire. Effectivement, le blond manqua de repiquer du nez dans le matelas lorsqu'il s'aperçut que le première classe n'était vêtu que d'un simple jean. Et quel jean. Ce n'était décidément pas son jour, vraiment pas. Et si après les mogs, Zack s'y mettait, il n'était pas prêt de s'en sortir ! Une chose cependant dû l'obliger à le regarder une fois de plus aussi peu accoutré. Le torse de Zack était entièrement nu, sans la moindre présence de ces bandages qui lui barraient auparavant sa poitrine. Et c'est là qu'il eut un tilt. Comment avait-il pu réussir à oublier qu'il devait aujourd'hui retirer ses pansements dont les fragments de makô qu'ils contenaient commençaient désagréablement à le piquer ?

Zack, lui, était loin de l'avoir oublié et semblait bien décidé à vouloir jouer les infirmières, sa trousse à pharmacie posée à ses pieds. Évident

"Déshabille-toi"ordonna t-il simplement, le visage rayonnant.

"Qu...quoi ?" riposta le blond, abasourdi par la demande.

"Je ne vais pas enlever ton haut par télékinésie. Allez, je me convertis en nurse aujourd'hui, profites-en ! Je peux être très doux, tu sais."

"Ca je n'en doute pas une seule seconde mais…"

"Fufufu, enlève-moi ça tout de suite" insista Zack, un sourire plus large encore par le compliment indirectement exprimé de son patient favori, en plus d'être l'unique.

S'apercevant qu'il était inutile de protester, Cloud s'exécuta sans dire un mot de plus. Le vêtement une fois retiré, non sans s'être sentit rosir sur le champs, il lança un regard interrogateur au brun, comme pour lui demander ce qu'il devait faire maintenant. A cela, Zack ne répondit rien, se contenta de le regarder intensément un bref instant de ses yeux taquins comme jamais et entreprit dès lors à jouer son rôle d'infirmière. Tout en se rapprochant de lui, il s'installa plus confortablement, assis en tailleur, et commença par s'occuper du bandage qui entourait son bras gauche. Et Cloud se laissa faire, peu sûr de comprendre cette volonté de l'aider à tout prix mais touché que l'on veuille s'occuper de lui de cette manière, même par un garçon plus âgé. Même par lui.

Les bandes imprégnées de makô dégageaient un tel halo verdâtre presque inquiétant lorsqu'elles quittèrent la peau du blond que Zack se demandait avec anxiété si elles ne lui faisaient pas plus de mal que n'en n'avait fait la blessure originale. Toutefois, à son soulagement, toute trace d'ecchymose et d'écorchure avait disparue, le laissant tout de même perplexe sur un point.

"Merci… Ca commençait sérieusement à me picoter" lui confia alors Cloud, comme s'il avait lu dans ses pensées, mais confirmant hélas ses doutes.

Zack s'arrêta brusquement dans ses gestes, son sourire s'effaça sans effort pour laisser place à une mine désolée. C'était tellement cruel. Comment Cloud avait-il une chance d'intégrer le SOLDAT en étant doté d'un corps aussi sensible à la makô…? Il était évident qu'il ne pourrait pas supporter des doses aussi importantes que lui en avait dû supporter, s'il n'arrivait déjà pas à endurer sur quelques jours des extraits de la matéria la plus inoffensive qu'était celle de soin. Il ne fallut que peu de temps à Cloud pour se rendre compte de ce changement d'état maussade qui s'était produit derrière lui.

"Eh, ce n'est pas de ta faute ! Je suis désolé, je peux faire le reste tout seul si tu veux, merci encore…" bredouilla t-il d'une voix mal assurée.

Zack regagna son sourire aussi vite qu'il était partit et ébouriffa énergiquement sa chevelure de platine, ce qui le fit grogner de mécontentement.

"Quand donc vas-tu cesser de t'excuser pour des futilités pour lesquelles tu n'es pas même le fautif ?"

"Déso… Hé ! que… qu'est-ce que tu fais ?"

"Cette question, je me charge du nœud dans ton dos !"

Cloud déglutit difficilement. Pas que de l'avoir tout juste derrière lui ne le dérangeait, ni de se retrouver entre ses jambes écartées qui l'entouraient, encore moins de sentir son entrejambe collée à son fessier. Mais alors pas du tout, non. Cela s'avérait être juste horriblement gênant. Rien d'alarmant. Rien d'anormal. Respirer, c'était comment déjà ? Ah, ça y est, il s'en souvenait, ô joie. Prendre de l'oxygène pour souffler du dioxyde de carbone, sans essayer par les oreilles. Le tout dans un rythme régulier, c'était préférable. Ne pas penser au mog rose à pois jaune sous peine de s'étouffer assurément. Chocolat, il avait envie de chocolat. Avec des morceaux de guimauve dedans. Ah, saccharose, quand tu nous tiens.

Stop. C'était quoi, ces pensées toutes plus stupides les unes que les autres ?

"Oi, Cloudy, ça va ?" s'inquiéta le brun, remarquant que ses épaules ne se soulevaient qu'à très faibles intervalles alors qu'il n'avait pas même commencé à faire quoi que ce soit concernant ce bandage.

"Le pied total !" répondit nerveusement le-dit Cloudy.

A nouveau surpris de plein fouet, Zack s'interrogeait si son ami avait conscience des sous-entendus énormes qu'il faisait depuis tout à l'heure. Toujours était-il que de son côté, il se sentait de plus en plus mal à l'aise au sens mâle du terme. Tentant tant bien que mal de se ressaisir, il porta ses mains au nœud du bandage situé à mi-hauteur de son bien joli dos. Ses omoplates, à moitié bandées, restaient fines malgré tous les entraînements physiques. Et lui donnèrent subitement l'envie de les effleurer du bout de ses doigts, passer entre les creux pour mieux revenir sur les courbes, et baisser lentement mais sûrement ses mains tout le long de son corps. L'enlacer tendrement. Explorer la moindre parcelle de chaire de sa langue, goûter le fruit de ses désirs. Frotter son corps contre le sien, et le sentir fondre tout contre lui…

Zack se perdait peu à peu dans le royaume érotique de son imagination, à tel point qu'il en vint à délaisser ce fichu nœud.

"Trop…serré ?" le questionna Cloud, s'étant aperçu que rien ne bougeait derrière lui.

"Hm ? Un peu à l'étroit mais on s'y fait…"

A peine cette réponse fut-elle donnée que le blond resta radicalement déconcerté. Se retrouver à l'étroit sur un lit pour deux personnes alors qu'ils n'occupaient que la moitié, assis comme ils étaient, c'était le comble. D'autant plus qu'il n'avait pas pensé un seul moment que son aîné allait prendre sa question par rapport au manque de place. De son côté, Zack s'était pris le front dans l'une de ses mains, soupirant profondément comme lassé par ses propres stupidités.

L'art de gaffer en beauté, tome un. Je ne pense vraiment pas qu'il voulait parler de mon pantalon… Rah, c'est une hémorragie que je vais finir par faire en ce qui me concerne…

"Euh… On parle de la même chose ?" demanda le blond avec un certain désarroi.

"Si tu veux mon avis, j'en doute très fortement…" lui répondit-il, embarrassé, avant de reporter son attention sur son occupation première.

Fébrilement, Zack parvint enfin à défaire le nœud qui l'empêchait de fantasmer davantage. Avec une grande précaution, il déroula la large bande et réalisa que la réalité était bien plus délicieuse et appétissante qu'il ne l'avait imaginée. Son regard se promena sans scrupule sur toute l'étendue de chaire qu'il lui était permis de voir de si près. Ses yeux suivirent la ligne de son dos, s'arrêtèrent à la chute de ses reins où l'ombre que faisait le pantalon ne lui permettait que de deviner la raie naissante de ses fesses qu'il aurait tant désiré reluquer, il se l'avouait. Frustré, il tourna brusquement la tête sur le côté, les sourcils froncés.

Quelques dizaines de secondes se passèrent sans que Zack ne fasse quelque chose. Mais il n'avait pas pour autant relâché Cloud de ses cuisses, et ce dernier commençait sérieusement à se poser des questions sur ce qu'il pouvait avoir en tête. Tout ce qu'il pouvait entendre n'étaient que les bruits successifs d'une fermeture éclair, d'un bout de plastique qui se froissait, d'un bouchon que l'on dévissait. Le contact des mains froides et humides de Zack sur sa peau le fit tout à coup tressaillir.

"Ce n'est que de la pommade. C'est ce que le docteur m'avait conseillé" anticipa le brun. Il lui donna maladroitement le tube. "Si tu veux bien t'occuper de ton bras gauche pendant que je me charge du reste, tu serais un ange."

Cloud tenta d'ignorer sa dernière remarque, sans réelle réussite à en constater la couleur que ses joues avaient désormais l'habitude de prendre et ça n'irait certainement pas en s'arrangeant avec le temps, et entreprit d'appliquer le gel à l'endroit demandé. Il avait déjà fini lorsque Zack n'avait pas même parcouru la moitié de la surface à masser. N'ayant désormais plus rien à faire pour s'occuper, Cloud focalisa toutes ses pensées sur les soins qu'on lui prodiguait. Et, sans se rendre compte, ferma les yeux de bien-être. Le brun laissait ses mains parcourir librement la peau qui s'offrait à lui, la massait avec une précaution toute particulière, bien que la douceur qui émanait de ces supposés massages le troubla. Mais le temps n'était pas aux réflexions. Ses orbes azurées se rouvrirent soudain, un gémissement singulier s'échappa de ses lèvres entrouvertes. Que… ?

La situation avait pris une toute autre tournure qu'il n'avait pas du tout vu venir, et le dépassait, tout simplement. Ces mains hasardeuses, loin d'être satisfaites, à présent frôlaient avec délice ses hanches qu'elles désiraient détenir pleinement dans une toute autre situation beaucoup plus aguicheuse, d'une soumission ô combien alléchante. Elles dévièrent sur son ventre contracté, sujet à des spasmes de plaisir ou bien de peur, Zack n'en savait rien, le parcourant d'une poigne plus ferme jusqu'à s'arrêter sur les extrémités de sa poitrine. Enchaîné dans le maelström de ces caresses, Cloud ne sut dire quelle fut celle qui eut le plus de conséquence pour que son corps se raidisse, se cambre même. Et ne parvienne à effectuer le moindre geste. Le visage lové contre le creux de son cou sur lequel il se réjouissait à parsemer de succincts et légers baisers, Zack étira un sourire prédateur. Au moins, il lui faisait de l'effet. Ses tétons dressés qu'il s'était dès lors plu à titiller le lui prouvaient clairement. Seulement… qu'en était-il de ses sentiments à lui ?

Au fond de lui, Zack savait pertinemment qu'il était déjà allé trop loin, et surtout qu'il ne ferait pas marche arrière à moins que le blond ne réussisse à l'arrêter à temps. Mais la nuit éprouvante qu'il venait de passer lui avait fait comprendre que c'était ce jour et aucun autre. Il n'aurait peut-être plus d'occasion à l'avenir d'être seul de cette manière avec lui. Il voulait saisir sa chance, redevenir le jeune homme battant qu'il était, agir pour avancer. Ca ne lui ressemblait pas de rester dans l'incertitude, les bras croisés, dans l'inertie la plus totale. La vie est bien trop courte pour qu'on la gâche de questions insignifiantes et de doutes futiles. Il voulait savoir. Maintenant.

Et puis… Les soupirs saccadés qu'émettait Cloud étaient diablement excitants.

Malgré les vêtements qui faisaient encore barrage ou protection, la bosse que le blond sentait contre sa croupe ne fit qu'emballer davantage ses sens. Pour finir en beauté, il s'inquiéta sur son propre sujet lorsqu'il se rendit compte qu'il frottait lascivement son bassin contre celui de son ami, ce à quoi Zack répondait avec ferveur tant par l'ondulation de son corps que par ses fiévreuses étreintes.

"Za…Zack, qu'est-ce que tu fais ?" parvint-il néanmoins à articuler, la voix rauque involontairement sensuelle.

Les mains liées sur son bas-ventre, les doigts occupés à jouer avec le bouton de son pantalon, l'interpellé le colla un peu plus contre sa poitrine.

"J'ai envie… j'ai envie de toi, Cloud" lui susurra t-il d'une voix charnelle au creux de son oreille.

A la manière d'un Triple Foudre X, les mots traversèrent l'échine du blond en une vague de frissons électriques des plus indescriptibles. Il aurait souhaité avoir mal compris. Mais que pouvait-on réellement dire d'autre dans de pareilles situations ? Zack sentit alors son moral toucher le bord des abîmes en l'espace d'un instant face au manque total de réaction de sa part, laissant son désir persistant sans réponse. Il s'apprêtait non sans regret à desserrer son emprise lorsque Cloud prit enfin la parole pour un mot rempli d'amour.

"Idiot…"

Bien que toujours captif entre les jambes de son aîné, le jeune Strife se retourna brusquement pour lui faire face. Déstabilisé, Zack n'eut pas même le temps de réfléchir ni d'anticiper une quelconque gifle que ses propres lèvres se retrouvèrent doucement prisonnières de celles de Cloud. Légères comme un nuage. Si l'incommodité de leurs positions pour une réaction aussi spontanée rendait leur baiser quelque peu maladroit, elle n'enlevait rien de la tendresse que le blond voulut mettre en un si court laps de temps. Taisant sa conscience, il n'avait fait qu'écouter ses instincts, pour une fois. Il finit par se retirer au bout d'une poignée de secondes, bien trop courtes pour Zack mais si signifiantes à la fois, et baissa honteusement la tête sur le côté, les yeux barrés par de longues mèches de cheveux platinés. Oh non, qu'est-ce qui lui était passé par la tête, bon sang…

Zack, lui, ne s'en était toujours pas remis. S'il s'était attendu à ça, son blondinet qui prenait une initiative et pas des moindres.

"Idiot…" répéta Cloud dans un murmure.

"Un idiot heureux, dans ce cas."

"Idiot quand même..."

"Tu n'es pas mieux" répliqua l'ébène avec malice.

"Qu'est-ce que c'est censé vouloir…hnn…"

Pas de temps pour les mots non plus. Bien résolu à reprendre les choses là où elles s'étaient arrêtées, Zack le fit basculer sur le lit tout en maintenant ses épaules. Sûr de lui, il se faisait plus entreprenant que le blond, passait sa langue sur ses lippes entrouvertes de surprise, faisait mine de la passer à l'intérieur puis la retirait, afin d'aller mordiller sa lèvre inférieure. Recommençait le manège plusieurs fois de suite. Et Cloud dû reconnaître qu'il le rendait dingue, à le faire languir comme il le faisait. Zack le trouvait tellement adorable de par sa façon timide à pointer le bout de sa langue tel un appel silencieux qu'il ne put que lui accorder pleinement la sienne.

Cloud se laissait complètement entraîner dans cette danse où le beau brun menait la cadence, ne sentait plus en lui que les pulsions de son corps embrasé et le désir fou qui en émanait, effrayé et captivé par ce qu'il lui arrivait. Perdant progressivement pied de la réalité. Entièrement possédé par ces mains vagabondes qui l'exploraient de fond en comble. Miaulant, gémissant sourdement de plaisir contre son gré à chaque point sensible que découvrait le brun, dangereusement excité, devenu incontrôlable. La réalité qu'il lui était permis de vivre était bien plus sexy que dans n'importe lequel de ses rêves. Ses doigts qui s'emmêlaient presque désespérément dans sa longue chevelure ne l'incitèrent que davantage à continuer la dévorante torture qu'il lui infligeait.

Le blond, tout haletant, réagit malgré tout lorsqu'il s'aperçut, dans un instant de lucidité, que son jogging avait volé par terre et que Zack s'apprêtait à lui retirer son sous-vêtement. Et Zack le remarqua à sa façon de le regarder avec un mélange de gêne et de reproche. Dans un sourire réconfortant, il s'arrêta un bref moment afin d'enlever lui-même ses dernières couches de vêtement, pour mieux reprendre en main le bout de tissu sur Cloud qui représentait un dernier obstacle entre leurs deux corps nus. Plus de souci d'égalité.

Sitôt le-dit tissu ôté, il ne s'était cependant pas attendu à ce que Cloud s'agrippe spontanément à son dos en s'arquant d'une telle manière que leurs membres tendus s'effleuraient, se frottaient l'un contre l'autre. Zack se sentit devenir fou, ivre de désir à se retrouver ainsi entre ses cuisses écartées, alors que Cloud continuait ses langoureuses ondulations, les mains d'abord errantes sur tout son corps puis posées sur ses hanches, jusqu'à dévier sur le haut de ses fesses musclées. Son faible et plaintif "Zack…" qui s'échappa de ses lèvres pleines fut de trop pour le brun.

"Je suis… désolé mais je ne peux pas me retenir… plus longtemps…"

Joignant le geste à sa parole implicite, Zack s'enfonça en Cloud, lui arrachant un cri étouffée douleur et d'inconfort. Par pur réflexe, le corps du blond se contracta, l'empêchant ainsi d'effectuer le moindre mouvement, le paralysant en lui. Les secondes s'écoulaient et Cloud, le souffle irrégulier, ne parvenait toujours pas à se calmer, penser à autre chose, obsédé par cette sensation nouvelle particulièrement incommode. Mais la situation devenait tout autant désagréable pour Zack.

"Cloud…" l'appela t-il alors doucement, le regard affectueux et inquiet. "Je… t'aime."

Temps mort.

L'effet fut immédiat. Son cœur fit un bond dans sa poitrine. Les yeux dans le vague, Cloud se décontracta sans délai, sous le choc. Même s'il pensait ne plus avoir de doute à ce sujet, entendre cette courte phrase si difficile à dire sortir de cette bouche lui procurait une sensation incroyable de confiance et de bien-être. Jamais quelqu'un autre que sa tendre mère ne lui avait dit un jour ces mots, ni la pauvre Tifa, ni personne d'autre. Et Zack en avait profité pour donner un bon coup de rein.

"Hn…Tr…traître ! Nhh… Ahh, Za-ck…"

Cloud avait un visage d'ange qui se laissait consumer par le plaisir de la luxure. Un ange qui rejoignait le septième ciel sans avoir besoin d'ailes. Paradis blanc.

Mais tout devenait noir.

Nous sommes amis, non ?

Amis.

Amants…

Et cette douleur que je ressens ?

Des sentiments de tendresse... que personne d'autre ne peut connaître...

Noir. Et gris. Des bruits succincts et meurtriers résonnaient au loin, et se rapprochaient, toujours. Et encore. Le sol avait cessé de défiler sous ses yeux. Son porteurs'était arrêté, la respiration saccadée, hagard. Ses yeux cherchaient une quelconque sortie, un échappatoire. Sans en trouver. Il s'était sentit toucher le sol, d'une position d'abord assise. Mais ses forces l'avaient abandonné sans pitié, laissant son flanc droit entrer en contact avec la terre dure et sèche. Si hostile. A demi allongé sur le sol, il le voyait, lui qui le contemplait consciencieusement, agenouillé à ses côtés.

Il se souvenait de son regard, de ses yeux bleus de makô mais ô combien pénétrants. Cette expression mêlée de peur, d'espoir et d'inquiétude avait comme l'air de lui dire que la vie ne semblait pas de leur côté ce jour là. Pas du sien du moins…

"Cloud, est-ce que… ça va aller ? Ne t'inquiète pas, je vais bien trouver un moyen de nous sortir de là. Mais je ne te laisserai jamais entre leur mains, tu m'entends ? Je te promets que ça n'arrivera pas, sur ma vie je ne te laisserai pas mourir !"

Ne croyait pas si bien dire.

Il aurait tant voulu lui répondre, lui adresser un sourire, n'importe quoi, comme signe de réconfort. Mais rien de son corps ne lui obéissait. Ses jambes ne le portaient plus, sa voix ne voulait pas sortir de sa gorge et il se demandait comment son cœur se souvenait de battre pour vivre. Pourtant, il le voyait, lui, et il comprenait. Tout. Un état de conscience démuni de la moindre force d'agir. Cloud n'avait pas jusqu'alors subi pire état. De voir son brun, auparavant si souriant et joyeux, se laisser à présent envahir par le doute et la crainte lui faisait mal. Sans pouvoir rien y faire…

Alors il ne pouvait que le regarder, un mauvais pressentiment dans le cœur. Et Zack avait sourit. Un sourire franc et véritable, un dans lequel il s'était efforcé à réunir toutes ses dernières joies, les dernières traces de son bonheur pour les lui offrir. Le dernier sourire qu'il lui avait permis de voir de sa personne. Jusqu'à ce que le bruit de mitraillette ait raison de l'espace sonore. Et…

Triste. Si triste. Et personne n'avait pu le consoler.

oOo

"Cloud !"

La voix se fit presque réprobatrice. Mais elle n'empêcha pas les larmes de couler le long des joues de l'épéiste. Les gouttes d'eau salées tâchèrent la terre froide, témoins d'un drame commis bien des années auparavant, témoins du chagrin de Cloud. Tombeau d'un homme à qui la vie souriait sournoisement. Les yeux brûlés par les larmes, la bouche sèche, les doigts picotant, le blond daigna malgré tout lever la tête vers le propriétaire de cette voix qui avait quitté ses genoux.

"Pourquoi faut-il sans arrêt que tu repenses à ça ?" l'interrogea Zack sur un ton beaucoup plus doux, même attristé.

"Comment pourrais-je ne pas y penser ? Comment pourrais-je me souvenir d'un bonheur sans me rappeler qu'il n'a pas duré aussi longtemps qu'on ne l'aurait souhaité ?" répliqua le blond, la voix brisée. "Comment pourrais-je oublier le fait que tu ne sois plus à mes côtés !"

Il prononça sa dernière phrase avec beaucoup plus de force et de révolte, ravagé par ses sentiments. Zack se sentit terriblement peiné pour lui. Le faire souffrir, c'était la dernière chose qu'il avait souhaité de son vivant. Et c'était tout ce qu'il lui faisait à présent. Il lui tourna le dos, le regard perdu sur ce qu'il restait de Midgar. L'instant d'après, il n'était plus qu'un loup, couleur d'une nuit obscure. Et le jeune livreur s'en inquiéta aussitôt, le cœur serré.

"Je t'en supplie, ne me laisse pas… Ne pars pas…Ne pars…plus."

"Partir ? Qui te parle de départ, Cloudy ?" dit le grand canidé à-demi amusé, la voix comme en symphonie avec le vent.

Littéralement abattu, celui qui fut autrefois une simple unité d'infanterie au service de la Shin-Ra n'osait pas répondre. N'arrivait pas même à comprendre ce que son compagnon voulait dire par là, peu enclin à se faire de faux espoirs. Le sourire radieux qu'affichait la bête n'allait en rien pour arranger son incompréhension. Sans en tenir compte davantage, Cloud alla s'allonger au pied de la majestueuse et grande épée plantée dans le sol, décidé à passer la nuit à cet endroit-même.

Zack s'avança alors gracieusement vers lui, les yeux perçants et lumineux. Noble et magnifique sous toute ses formes. Il lui lécha affectueusement la joue avant de prendre place à ses côtés, le pelage à l'aspect fantomatique pourtant si doux et réchauffant. Si vrai. Et avant que Cloud ne tombe dans un sommeil paisible pour la première fois depuis tant de sombres nuits passées, il lui donna la promesse de l'attendre à chaque nuit de pleine lune sur le haut de cette colline.



Fin.
... non, je plaisante xD Quoique ça pourrait être plausible. Mais non, je ne peux pas vous laisser comme ça é.è Et non, rassurez-vous, ça prendra beaucoup moins de temps, la preuve étant que l'épilogue est déjà bien commencé =) ... Sigh. J'aurais vraiment donné tout en matière d'humour lenaleskien foireux et loufoque dans ce chapitre. Non, vraiment, la romance yaoiste, ça me dépasse, je vais me mettre en veille de M pendant un bout petit bout de temps n.n'
Sur ce, je vous dit à la prochaine pour un dernier épisode =D ~Chuu !