Bonsoir !
Je vous poste la suite (profitez en car bientôt, les publications seront beaucoup plus espacées étant donné qu'au delà du chapitre 6, l'histoire n'est pas écrite ^^).
Jusqu'à présent, qu'avez-vous pensé de l'intrigue ? des personnages ?
Chapitre 4 – Rapprochement.
- Pour le coup, c'est ce qu'on appelle se faire cramer en beauté, fit Marie en grinçant des dents.
Les deux sœurs avaient tenté de se glisser discrètement dans la salle de classe de métamorphoses où les premières années de Gryffondor avaient cours commun une fois de plus avec les Serpentards. Malheureusement pour elles, le chat qui trônait sur le bureau central se trouvait être le Professeur McGonagall qui reprit sa forme humaine à leur arrivée en les foudroyant du regard.
- Vous étiez vous perdues à l'instar de vos deux autres camarades qui m'ont déjà sortis cette excuse hier ? Ironisa-t-elle en jetant un coup d'œil du côté d'Harry Potter et de son ami roux, Ronald Weasley.
- Oh ce château n'est pas si immense, faudrait peut-être pas exagérer, réagit Soledad.
- Mademoiselle Lopès, vous avez déjà fait perdre une centaine de points à votre maison, je vous conseille fortement de ne pas aggraver votre cas.
- On était avec le Directeur pour se faire remonter les bretelles, satisfaite ? défièrent-elles leur Directrice de Maison avec insolence.
- Asseyez-vous ! fit-elle sèchement. Non, à l'opposé l'une de l'autre, précisa-t-elle en les voyant se diriger de mauvaise grâce vers une table libre isolée. Soledad Lopès, allez vous placer à côté de Monsieur Malefoy et vous Marie Lopès, vous vous mettrez derrière avec vos deux camarades retardataires.
Les jumelles ne bougèrent pas d'un centimètre et toisèrent le Professeur.
- En quoi ça vous dérange qu'on soit ensemble ?
- Pas de discutions Mesdemoiselles ! Dépêchez-vous, vous nous faites perdre du temps précieux avec vos enfantillages.
- Assis, ici, pas bouger ! A part aboyer des ordres dignes d'une classe de maternelle, vous savez faire quoi d'autre dans la vie ?
- Laisse tomber, on a déjà assez fait dans la provoc depuis ce matin, on a qu'à... échanger nos places, ça peut être marrant de les faire tourner en bourrique.
- Tu l'as sort d'où cette expression ? s'esclaffa intérieurement Soledad. Ok.
- Sur quoi porte le cours d'aujourd'hui Professeur ? demanda Marie en allant gentiment s'asseoir à côté de Drago qui grimaça.
Ahurie par le brusque changement d'attitude de son élève, le Professeur respira un grand coup avant de répondre qu'il allait apprendre à transformer une allumette en aiguille. Soledad voulut demander à quoi cela pouvait-il bien servir dans la vie mais elle se retint, pas certaine de pouvoir parler sans montrer son scepticisme. Elle était allée prendre une chaise à côté d'Harry et s'était affalée dessus.
- Quelle grâce ! Ironisa sa sœur en la voyant. Pas tout à fait digne d'une danseuse ma chérie.
- Qu'est-ce que tu veux ? soupira Soledad. Ça fait au moins vingt-quatre heures que nous n'avons pas eu à danser, ça va vite le relâchement !
- C'est vrai qu'on va battre un record si ça continue...
- Quoique... fit mine de réfléchir Soledad. Ça compte les périodes où on était dans le coma ?
- Euh... bonne question, plaisanta son double.
- Hey Alana, sérieusement, à quoi ça sert d'apprendre à transformer une allumette en aiguille ?
- Si par extension cela nous permet de métamorphoser un bâton en épée, alors ça me va.
- Vu comme ça... tu suis ou je suis le cours ?
- Je suis et toi tu suivras le prochain cours.
- Ok. Attends une minute, c'est quoi le prochain cours ? demanda Soledad suspicieuse.
- L'Histoire de la Magie, ta passion quoi ! fit-elle avec un ton moqueur.
À cette remarque, Soledad se retourna brusquement et fixa sa jumelle droit dans les yeux et articula silencieuse :
- Tu vas me le payer...
Marie lui fit grand sourire et fit mine de lui envoyer un baiser du bout des lèvres. Elle se tourna alors vers son voisin qui tentait de comprendre ce qu'il venait de se passer.
- Ne fronce pas autant les sourcils Malefoy ou tu auras des rides avant l'heure ! lui glissa-t-elle.
- Ne me parle pas, espèce de sale Sang-de-bourbe !
- Espèce de quoi ? C'est quoi ça « un Sang-de-bourbe » ? Pourquoi tu m'insultes comme ça ? l'interrogea-t-elle tout en restant calme.
- Tu n'as rien à faire ici ! Les gens de ton espèce devraient rester loin de notre monde ! cracha-t-il.
- Et qu'est-ce qui te permet de me classer dans cette catégorie ? Tu te prends pour qui le morveux pour me parler comme ça. Raciste va ! s'énerva Marie.
Pendant ce temps-là, Soledad observait les tentatives infructueuses de ces deux voisins. Seule Hermione avait réussi à obtenir un résultat concluant.
- Tu n'essayes pas ? s'étonna Hermione. Ce n'est pas si difficile, suffit de se concentrer et de bien articuler la formule.
- Super, une Miss-je-sais-tout, pensa intérieurement Soledad. Non, ça ne me tente pas trop.
Hermione allait sûrement se lancer dans un grand discours moralisateur comme quoi il fallait obéir aux professeurs et s'entraîner à faire tous les exercices mais Ron la devança :
- Mais laisse-la donc Hermione ! Faut toujours que tu embêtes quelqu'un avec les cours.
- Je te signale Ron, ...
- Ça a l'air d'être l'amour fou entre eux, fit remarquer Soledad à Harry en leur tournant délibérément le dos.
- Tu n'as pas idée, lui sourit-il. Je trouve ta baguette étrange Marie, dit-il soudainement en regardant de plus près le bout de bois. Tu l'as acheté sur le Chemin de Traverses ?
- Parce que tu connais un autre endroit pour en avoir une ? esquiva Soledad.
- Non, pas vraiment. En même temps, je ne connais pas encore bien le monde de la Magie, j'ai été élevé par mon oncle et ma tante qui ont toujours eu une sainte horreur de tout ce qui sort de l'ordinaire.
- Ils n'ont pas du être déçu avec toi, rigola Soledad.
- En fait, ça ne fait que quelques semaines que j'ai découvert que j'étais un sorcier. J'ignorais tout du monde magique avant. Dire que je croyais que mes parents étaient morts dans un accident de voiture, acheva-t-il d'une voix à peine perceptible.
- Cela a du te faire un choc de savoir que ce Lord Voldemort les a fait assassiner et qu'il a disparu par on ne sait pas quel miracle en te laissant en vie... murmura-telle sur un ton compatissant que personne ne l'avait pas entendu adopter à Poudlard.
- Oui, tout le monde connait mon histoire et s'attend à ce que je sois un sorcier super puissant et intelligent. Je suis loin d'être comme l'image que ma célébrité me confère... déclara-t-il amère.
- Si tu fais référence à Rogue, alors arrête de te prendre la tête. Les types dans son genre n'ont généralement rien de mieux à faire dans leur vie que de rabaisser et humilier ceux qui réussissent mieux qu'eux. Je suppose qu'il envie ta position, même si elle n'a rien d'enviable, le rassura-t-elle.
- A ce propos, je voudrais remercier ta sœur d'avoir pris ma défense l'autre jour. Elle n'était pas obligée, à cause de ça, vous avez du avoir plein d'ennuis...
- T'inquiète surtout pas pour ça, rigola Soledad. On n'est pas du genre à se taire lorsque quelque chose nous déplaît. Quand on nous cherche, on nous trouve.
- J'avais cru remarquer, sourit timidement le Survivant, mais la prochaine fois, essayez de vous contrôler, ça va être dur de rattraper ces cents points... gémit-il.
- Avec Hermione, je ne me fais pas trop de soucis. Elle a appris tous les cours de première année à l'avance ou quoi ? s'interrogea Soledad.
- De toute évidence.
- Au fait, moi c'est Soledad, avoua-t-elle avant de rejoindre sa sœur à la fin du cours. Ron resta immobile le temps de digérer cette nouvelle tandis qu'Harry et Hermione se regardèrent et rigolèrent en réalisant le tour que les jumelles avaient encore joué à l'un de leur professeur.
- Ça va ma puce, s'inquiéta Soledad en voyant le regard lointain de sa sœur.
- Oui, je réfléchissais, c'est tout.
- À quel sujet ?
- Tu sais ce que c'est un « sang-de-bourbe » ?
- Euh non, pourquoi ?
- Ce terme désigne une personne qui est née de parents moldus. Il est plutôt employé par certains sorciers qui se croient supérieurs à d'autre sous prétexte qu'ils ont une descendance dites « de sangs purs », c'est-à-dire qu'ils n'ont que des ancêtres sorciers, expliqua le Professeur McGonagall qui avait surpris leur échange. Pourquoi vous posez-vous cette question ? Quelqu'un vous a-t-il fait cette remarque désobligeante ? Sachez que je ne tolère pas ce genre de vocabulaire dans ma classe.
- Oh ce n'est pas grave, ce n'est pas la pire insulte qu'on ait pu me faire Professeur.
- Sachez que Monsieur Malefoy est issu d'une de ces familles traditionnelles qui ont des conceptions très fermées sur ce qu'est l'honneur d'être un sorcier.
- C'est triste de grandir dans ce genre de préjugés stupides, soupira Marie.
- Tu veux que j'aille lui régler son compte ? proposa instinctivement Soledad.
- Marie Lopès ! s'écria le professeur outrée.
- Oh ça va ! Faites comme si j'avais rien dit...
Se méprenant sur le regard triste de Soledad (qui se trouvait en réalité être Marie), la Directrice Adjointe tenta de la rassurer sur le fait qu'il n'y avait aucune honte d'être issue d'une famille de moldue.
- Mais qui vous dit que c'est notre cas ? rétorqua la vraie Soledad.
- Pourquoi votre sœur serait-elle touchée par ce terme si elle n'était pas véritablement concernée par question ?
- Peut-être parce qu'on ne veut pas parler de nos parents, qu'ils soient sorciers ou pas ! commença à s'énerver Soledad.
Le Professeur McGonagall sentit qu'il ne servirait à rien de pousser la jeune fille à bout et leur ordonna donc de se rendre au cours d'Histoire de la Magie en leur précisant toutefois de ne pas se faire remarquer.
- Comme si c'était notre genre, pensèrent les jeunes filles.
Le cours était donné par le Professeur Binns. Il paraitrait que cet homme avait passé sa vie à enseigner cette matière pour le moins soporifique et qu'il aimait tellement ça qu'il ne s'est même pas rendu compte qu'il avait trépassé.
- C'est bien la première fois qu'on a un professeur fantôme, déclara Marie amusée.
- Tout dépend que ce que tu appelle « professeur ». Dans un sens, on a déjà été guidées par des esprits pour résoudre certaines affaires, précisa Soledad.
- Ouais, mais quand même. En fait, c'est la première fois qu'on est vraiment élèves. Je veux dire par là qu'on est dans une classe avec d'autres camarades, ça change des cours individuels.
- Mouais, répondit Soledad un peu sceptique et irritée par les propos de sa sœur. Tu sembles oublier qu'on n'est pas toutes passées exactement par le même parcours scolaire on va dire...
Réalisant qu'elle avait involontairement rappelé de mauvais souvenirs à son double, Marie s'excusa et lui fit un bisou remplit de tendresse. Soledad lui sourit en posa la tête sur son épaule quelques secondes pour lui montrer qu'elle ne lui en voulait pas.
Les élèves attendaient avec impatience que l'après-midi arrive pour assister au cours du Professeur Bibine qui devait leur apprendre à voler en montant sur un balai. Ron et Harry ne tenaient plus en place et avait hâte de faire leurs preuves, surtout depuis que Malefoy se vantait à qui voulait l'entendre qu'il était un excellent joueur de Quidditch. Comme Harry, les jumelles ne connaissaient pas ce sport et Ron se fit en joie de tout leur expliquer en détail.
- Maintenant on sait d'où vient cette image de la sorcière volant sur un manche à balai, je me suis toujours posée la question, annonça Marie.
- Heureusement que la partie de l'histoire avec le nez crochu ne se vérifie pas, plaisanta Soledad.
Les élèves qui avaient notion de cette croyance moldue rigolèrent en entendant leur échange. Bien que leurs actes de rébellion coûtaient cher à leur maison, ils ne pouvaient s'empêcher de les admirer pour leur assurance et de les apprécier pour leur sens de l'humour. Les Gryffondors étaient pourtant habitués aux plaisanteries grâce aux jumeaux Weasley qui étaient en troisième année. Cependant, les sœurs Lopès faisaient plus dans l'insolence pure et dure tandis que les frères Weasley avaient plus volonté de faire rire leurs camarades.
À midi, les élèves allèrent dans la Grande Salle pour déjeuner. Hermione et Neville semblaient mal à l'aise en pensant à ce qui les attendait l'après-midi. L'appréhension était telle qu'ils ne touchèrent point à leur assiette. Comme d'habitude, Ron s'empiffrait avec le hachis parmentier sans prêter attention aux regards écœurés des filles qui l'entouraient. Des bruissements d'ailes et des hululements se firent entendre. Les élèves levèrent la tête et attrapèrent le courrier que les hiboux leur apportaient au quotidien. Neville reçut un paquet de son grand-mère qui contenait un rapeltout, un objet sphérique qui devenait rouge si la personne qui le tenait avait oublié quelque chose. Malefoy en profita pour venir narguer les rouges et or en prenant des mains de Neville la petite boule rougeoyante. Harry et Ron s'étaient immédiatement levés pour défendre le garçon le plus étourdi que Poudlard ait jamais connu. Malheureusement pour eux, ou heureusement pour Malefoy selon le point de vue, le professeur McGonagall s'empressa d'intervenir avant d'une bagarre ne se déclenche.
Le Professeur Bibine attendait les premières années de Gryffondor et Serpentard à l'extérieur du château où une trentaine de balais étaient posés à terre. Suivant les instructions de l'enseignante, les élèves demandèrent à leur balai de se mettre debout. Seuls Malefoy, Harry et l'une des jumelles eurent la bonne surprise de voir le morceau de bois venir dans leur main droite. Ceux de Neville et d'Hermione ne bougèrent pas d'une brindille.
- Comment tu as fait ça ? demanda Marie à Soledad.
- J'ai dit « debout », se moqua gentiment sa sœur. Pour une fois que je suis les instructions d'un prof.
- Debout ! réessaya-t-elle avec plus de conviction.
Son balai sauta dans sa main sous son air satisfait. Le professeur leur demanda ensuite d'enfourcher le manche et de s'élever sur un mètre ou deux en donnant un coup de pied pour prendre de l'élan et de redresser légèrement le bâton à son coup de sifflet. Celui-ci n'eut même pas le temps de retentir que déjà Neville s'envolait au-delà de trois mètres. Il paniqua, glissa du manche en poussant un cri aigu et chuta lourdement dans la pelouse dans un craquement répugnant. Les jumelles ainsi que le professeur s'élancèrent vers lui. Tout en rassurant Neville, Marie examina son poignet et en déduisit qu'il était cassé. Le professeur décida de l'accompagner à l'infirmerie et ordonna aux autres élèves de rester les pieds à terre sous peine d'être expulsés s'ils désobéissaient. Évidemment, Malefoy profita de cette absence pour narguer Harry en ramassant le rapeltout de Neville qui avait du tomber de sa poche durant sa chute. Le blondinet menaçait de le placer dans un endroit où son propriétaire pourrait le retrouver, en l'occurrence en haut d'un arbre majestueux. Harry protesta ce qui poussa Malefoy à mettre sa menace à exécution qui décolla sans la moindre difficulté.
- Alors Potter, c'est hors de ta portée ? provoqua-t-il en toisant le Survivant.
Harry enfourcha à son tour son balai et fonça sur Malefoy sans écouter Hermione le sermonner sur son incroyable capacité à enfreindre le règlement.
- Pour quelqu'un qui n'a jamais volé, il se débrouille plutôt pas mal, fit remarquer Marie à sa jumelle.
- Je ne suis pas sûre qu'on fasse mieux pour notre premier vol, déclara-t-elle.
- Malefoy est vraiment un petit crétin arrogant... j'espère que Harry va lui faire ravaler sa fierté en moins de deux, poursuivit Marie avec un sourire mauvais.
- C'est bien parti pour on dirait !
En effet, le gryffondor venait d'enchaîner un ensemble de figures acrobatiques qui n'était de toute évidence pas censé être à la portée d'un sorcier débutant en vol. Malefoy lança le rapeltout en l'air et Harry fonça dans sa direction pour rattraper l'objet qui retombait déjà vers le sol. Le gryffondor le rattrapa in extremis dans un magnifique piqué qui, selon Seamus Finnigan, était le meilleur qu'il n'ait jamais vu. Les rouges et or auraient bien félicité leur champion si une voix froide ne les en auraient pas empêché :
- HARRY POTTER ! Dans mon bureau immédiatement !
Harry sentit son cœur tomber dans sa poitrine tellement le regard du professeur McGonagall lui semblait glacial. Malefoy afficha un sourire victorieux qui eut le don d'exaspérer les sœurs Lopès.
- Attendez Professeur ! Ce n'est pas de sa faute, commença Marie.
- Mêlez-vous de vos affaires Mademoiselle Lopès si vous ne voulez pas vous attirez à nouveau des ennuis et faire perdre des points à votre Maison !
- Notre Maison ? C'est aussi la votre au passage ! rétorqua Soledad qui ne supportait pas que l'on puisse parler mal à sa sœur.
- Laissez tomber les filles, murmura Harry de plus en plus gêné de tournure des événements.
La Directrice des Gryffondors inspira un grand coup pour tenter de garder le contrôle de ses nerfs avant de déclarer :
- Mesdemoiselles Lopès, je vous invite à faire très attention à vos comportements sinon je me verrais de l'obligation de vous renvoyer chez le Directeur. Suivez-moi Potter !
Elle tourna les talons et se dirigea à grands pas vers la Grande Porte du château. Harry tenta tant bien que mal de suivre le rythme tout en priant de ne pas être renvoyé. Pendant ce temps-là, les Gryffondors se dirigeaient sans enclin vers leur Salle Commune, inquiets du sort de leur célèbre camarade qui n'avait fait que défendre l'un des leurs. Les jumelles n'avaient pas suivis le groupe et s'étaient dirigées vers le lac.
- Elle ne va quand même pas le renvoyer, si ?
- Aucun risque, la rassura Soledad. Ça remettrait trop en cause la réputation de Poudlard s'ils renvoyaient le Garçon-qui-a-survécu.
- Oui, tu as probablement raison, fit Marie.
- Comme toujours, plaisanta la jeune fille en s'étirant. J'ai l'impression d'être rouillée ! soupira-t-elle.
- Voyons ce que l'on peut faire pour remédier à ça, dit Marie avec un sourire espiègle.
Elle s'élança en direction du Saule Cogneur en une série de grands jetés dignes des meilleures danseuses étoiles. Puis elle enchaîna avec plusieurs tours et pirouettes sophistiqués. Soledad eut un grand sourire et couru rejoindre sa sœur en effectuant quelques roues au passage.
- Wow ça faisait trop longtemps ! s'exclama-t-elle en se jetant dans les bras de sa sœur qui l'accueillit en rigolant.
- Au moins deux jours ! Faudrait peut-être que l'on s'entraîne pour la prochaine épreuve ? suggéra Marie.
- C'est quand, où et quoi ? On a reçu une consigne ? Je ne m'en souviens pas...
- Prestya m'a prévenu durant notre dernière apparition à Fondcombe.
- A bah d'accord, je comprends mieux pourquoi je n'ai pas eu l'information, grogna Soledad. Elle passe toujours par toi quand elle a quelque chose à dire.
- Notre tante ne se contenterait pas uniquement de passer par moi si tu étais un peu plus ouverte au dialogue, lui rappela Marie un brin agacée.
- Tu parles, quoique je fasse, quoique je dise, elle me casse ! Elle trouve toujours le moyen de me tenir pour responsable de tout ce qui foire !
- Tu me cries dessus là, lui fit remarquer Marie l'air peiné.
- Excuse-moi, répondit Soledad en l'embrassant, mais admet qu'elle est la première à me chercher...
- Je sais, soupira tristement Marie.
- Alors, c'est quoi la consigne ?
- On doit mettre en scène « Roméo & Juliette » de Shakespeare, en version comédie musicale évidemment.
- Ça va, ils font dans le style moderne maintenant ! Pour une fois qu'on va intépreter des personnages qui ne datent pas de mille ans en arrière... en plus, c'est un auteur anglais. Remarque, ça risque d'être difficile pour ceux qui n'ont jamais mis les pieds dans cet univers.
- Certes, mais quand tu y penses, « Roméo & Juliette » ressemble beaucoup à certaines de nos histoires d'antan.
- Peut-être, je n'ai jamais prêté vraiment attention à ce genre de récit. Je devais être trop occupée à repousser l'ennemi de l'époque...
- Maman nous racontait souvent ce genre d'histoire... souffla Marie d'une toute petite voix sous le regard foudroyant de sa sœur.
- Quand aura lieu l'épreuve ? demanda brusquement Soledad très désireuse de ramener la conversation sur une pente moins glissante.
- Oh on a du temps, si je ne me trompe pas, ça nous laisse quatre jours d'ici.
- Ça veut dire qu'il leur reste un mois environ pour se préparer dans notre monde, calcula rapidement Soledad. Qu'en est-il de l'attribution des rôles ?
- Prestya va faire Lady Montaigu, Léïa va faire Lady Capulet, Alania ferait la Mort et je serais... ta nurse en résumé, explosa de rire Marie.
- Hein ? Non tu plaisantes ? Je dois faire Juliette et toi ma nounou ? C'est du délire total !
- Cela promet de bons fous rire...
- Et qui serait mon Roméo ? demanda Soledad en craignant le pire.
- Suite au prochain épisode ma chérie, dit Marie en se levant précipitamment sous l'œil surpris de sa sœur.
Soledad compris rapidement ce qui avait fait réagir sa sœur. À une trentaine de mètres d'elles venaient d'apparaitre comme par enchantement une dizaine d'individus vêtus d'habits semblant dater du Moyen-âge. Certains d'entre eux brandissaient des épées tandis que les autres tenaient dans leurs mains des boules de feu prêtes à être lancées. Dès qu'ils les aperçurent, ils se précipitèrent vers elles en poussant des hurlements sauvages.
- Putain, c'est qui ces guignols encore ? ragea Marie.
- Deux jours sans attaque, c'était trop beau pour être vrai ! railla son double.
Sans perdre une seconde, les sœurs se tinrent par la main et d'un simple clignement de yeux envoyèrent valser dans les airs la moitié des attaquants. Tandis que Marie continuait à maintenir les ennemis à distance avec la force de son esprit, Soledad lâcha sa sœur et donna un coup de pied latéral à l'individu le plus proche. Sous la puissance du coup, l'homme se retrouva à terre et fit tomber son épée que l'élève s'empressa de saisir. Elle lui transperça le flanc avant qu'il n'ait pu esquiver le moindre geste pour tenter de se relever.
- Et d'un ! s'exclama-t-elle. Et de deux ! poursuivit-elle en décapitant à moitié l'homme qui avait tenté de la surprendre à revers.
À l'instar de la première victime, celui-ci s'enflamma dans un hurlement et disparu.
- Ça va, tu t'amuses bien ? demanda Marie d'une voix crispée par la concentration.
- Pas toi ?
- C'est plus dur de maintenir le sort quand on ne fusionne pas notre énergie, expliqua Marie.
Soledad pensa intérieurement que le manque d'entrainement de Marie risquerait un jour d'être problématique et décida de le lui faire remarquer.
- Voila ce que ça donne de vouloir passer plus de temps dans les réunions du Conseil que sur le terrain !
- Aliania, tu crois que c'est bien le moment pour parler de ça ?
- NE M'APPELLE PAS COMME CA ! hurla-t-elle en massacrant un autre guerrier.
- Aliania, Aliania, Aliana, chantonna Marie volontairement pour faire sortir sa sœur de ses gonds.
La jeune fille savait exactement quoi faire pour motiver sa sœur lors d'une attaque. Lorsqu'elle était en colère, Soledad pouvait vaincre toutes les créatures qui s'en prenaient à elles et leur entourage. Le côté guerrier presque animal de sa cadette l'inquiétait parfois mais elle se disait également que sans son ardeur au combat, elles auraient trépassé depuis des millénaires. Marie ne pouvait pas reprocher à sa sœur d'être aussi virulente dans ses gestes car elle était tout à fait consciente qu'elles n'avaient pas eu exactement la même enfance. Pour commencer contrairement à Aliania, elle avait eu l'immense chance de ne pas assister à l'attaque qui avait conduit à la mort de leur mère. Aliania ne s'était jamais totalement remise de ce drame et se reprochait de ne pas avoir pu la sauver. En dehors de leur tante Prestya, personne ne l'avait accusé de quoique ce soit mais elle ne pouvait s'empêcher de se sentir coupable. Par la suite leur père Elrond ainsi que Prestya ont décidé d'envoyer Aliania dans un genre d'internat destiné à accueillir des jeunes dits difficiles et de garder Alana à Fondcombe. Les jumelles avaient très mal vécu cette séparation mais le pire fut pour Aliania qui avait été isolée du reste de sa famille. Cet exil forcé lui avait néanmoins permis de se forger un caractère d'acier et d'acquérir un courage à toutes épreuves. C'est également là-bas qu'elle avait rencontré une des personnes qu'elle portait le plus dans son cœur. Sans lui, elle aurait sans doute sombré dans les ténèbres...
Marie fut brusquement sortie de ses pensées par une douleur fulgurante à son épaule droite. Elle s'écroula au sol en criant. Soledad n'eut pas besoin de se retourner pour comprendre que sa sœur venait de recevoir une boule de feu. Une brûlure apparut également sur son épaule droite. À ce moment précis, Marie sut qu'elles allaient gagner. L'une d'entre elles ayant été blessée, l'autre allait lui rendre justice dans les plus brefs délais. Effectivement, la réaction ne tarda pas : alors que les attaquants lancèrent simultanément une boule de feu sur elles, les flammes furent renvoyées à leurs propriétaires qui disparurent dans des hurlements de douleur. Soledad se précipita vers Marie et l'aida à se relever.
- Tu peux marcher ?
- Oui, j'ai été surprise c'est tout. Désolée, grimaça Marie en regardant la plaie qui était apparue sur le membre de son double.
- T'en fait pas, ça semble assez superficiel. Viens au château, je vais la nettoyer. Pffff, dix contre deux, quel courage ! fulmina Soledad.
- Ce qui m'inquiète, c'est que personne n'est censé savoir que nous sommes là. Et ça m'étonnerait qu'ils nous aient attaqués par hasard.
- Autre fait : le bouclier magique entourant Poudlard n'a pas semblé les gêner. Faut absolument qu'on consolide cette protection.
- Tout à fait d'accord, approuva Marie qui, prise d'un vertige, s'appuya le bras de sa sœur.
- Ne trainons pas.
Les deux élèves se dirigèrent vers la Grande Porte sans se douter de ce qui les attendait derrière...
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