Allez, voici le dernier chapitre écrit. Faut que je réfléchisse un peu pour la suite ^^

Des encouragements ne seraient pas de refus ;)

Bonne lecture !


Chapitre 6 – Discordances

- Wow, je suis éreintée, geignit Marie en s'asseyant à la table des Gryffondors.

- Je ne vois vraiment pas pourquoi, rétorqua ironiquement sa sœur qui elle-aussi semblait avoir des heures de sommeil à rattraper.

Les jumelles avaient chevauché avec célérité durant deux jours et deux nuits afin d'arriver aux frontières du Royaume du Gondor, lui-même se trouvant face au Mordor. Alana avait tout de suite ressenti qu'il se tramait quelque chose à l'ombre de la montagne et avait refusé d'aller plus loin. Aliania, bien que curieuse d'avoir une preuve plus concrète qu'un pressentiment, avait respecté les limites de sa jumelle en se promettant néanmoins d'en avoir le cœur net. Elles n'avaient pas eu le temps de prévenir qui que ce soit de leur découverte afin de revenir à temps à Poudlard.

- Salut les filles ! Bien dormi ? demanda Harry qui s'installa vers elles, suivi de près par son ami roux qui se jeta sur le bacon.

- Salut, répondirent-elles en chœur. Bien dormi et toi ?

- On ne dirait pas que vous ayez bien dormi, réussit à articuler Ron, la bouche pleine de bacon.

- Pourquoi tu dis ça ? demanda dédaigneusement Soledad, écœurée par la vue qui s'offrait à elle.

- Vous avez des cernes et j'ai entendu Parvati dire à Dean que vous n'aviez pas mis les pieds dans votre dortoir.

- Quelle perspicacité ! railla Marie en le fusillant du regard.

- Tu ne manges que ça ? continua-t-il en s'adressant à l'autre sœur qui n'avait un toast dans son assiette.

- Oh mais occupe toi de tes affaires Ronald Weasley ! Est-ce que je m'occupe à savoir le nombre de calories que tu ingurgites par jour ? Mieux encore : est-ce que je m'immisce dans ta vie privée et cherche à savoir ce que tu as fait la nuit ? NON, alors lâche-moi la grappe ! explosa Soledad de mauvaise humeur.

- Il est peut-être un peu jeune pour comprendre la dernière allusion, suggéra Marie. Allusion fort peu élégante d'ailleurs...

- Une allusion ? Quelle allusion ? Tu as vraiment l'esprit mal tourné chérie ! s'indigna sa sœur amusée.

Ron resta perplexe devant ce rejet et ne chercha pas à poursuivre la « discussion ». Harry était surpris d'apprendre qu'elles avaient découché mais ne leur posa pas de question, sachant pertinemment qu'il n'aurait pas de réponse. Lui-même n'avait pas très envie d'entrer dans une longue conversation car plus l'heure avançait, plus son estomac se serrait. En effet, le garçon appréhendait le premier cours du matin, à savoir deux heures de potions en commun avec Serpentard, et n'avait guère très envie que Gryffondor perde encore des points par sa faute ou par celles des jumelles.

Une demi-heure plus tard, les élèves entrèrent en terrain miné. Le Professeur Rogue leur ordonna de s'asseoir en silence, ordre qui n'était pas réellement nécessaire vu le silence de plomb qui régnait depuis qu'il était apparu sur le seuil de la porte. Le cours se déroula sans incident notable si ce n'est que Severus Rogue humilia une fois de plus Neville qui avait fait fondre son chaudron. Harry s'étonna secrètement que les jumelles n'aient même pas sourcillé face à l'attitude injuste de leur professeur. En réalité, les sœurs Lopès étaient très occupées à parler entre elles tout en faisant distraitement la potion demandée. Vu de l'extérieur, on aurait vu deux préadolescentes brunes s'affairant à verser des ingrédients dans le récipient qui, de temps à autre, fronçaient les sourcils ou se souriaient sans raison apparente.

- À la pause, faudrait aller prévenir les nôtres de ce qu'il se trame sur les Terres du Mordor, déclara Marie.

- On ira à l'heure du déjeuner, on aura plus de temps comme ça.

- Insinuerais-tu que tu veux passer plus de temps à Fondcombe ? demanda Marie dans un léger espoir.

- Non, trancha net Soledad en grimaçant. Mais je voudrais savoir si certains éclaireurs sont revenus et ont d'autres nouvelles.

- Voir Alania serait bien aussi...

- À condition qu'elle ne soit pas trop occupée à parler chiffon, grommela Soledad.

- Arrête, tu sais très bien qu'elle sait aussi bien parler stratégie que chiffon, la réprimanda légèrement Marie.

- Tu parles ! Elrond l'a dorlote au même titre qu'Arwen alors que nous...

- Nous avons choisi délibérément notre mode de vie Aliania ! Alania a préféré rester à Fondcombe pour endosser en rôle plus pacifique et médiateur et c'est son droit. Tu ne peux pas lui en vouloir pour ça.

- Ouais, enfin « on a choisi » est un euphémisme quand même ! Même si on le voulait, on ne pourrait pas avoir une vie calme et rangée. Il y aura toujours un ennemi à repousser, toujours des innocents à sauver.

- Vu comme ça... soupira Marie tristement.

- Ce n'est pas juste mais cela fait des millénaires que j'ai accepté de subir toutes ces merdes jour après jour ! Pour ce que ça paie en plus... lâcha Soledad dégoûtée.

- Surveille ton langage s'il te plait, rétorqua Marie sous le regard acide de sa sœur. Certes, notre vie est faite de sacrifices, mais ce n'est pas pour autant qu'on doit attendre une contrepartie. Nous sommes nées pour combattre les forces du Mal et si l'une de notre fratrie peut être un temps soit peu épargnée par la cruauté des règles du combat, alors cela me convient.

- Et où places-tu Aliana dans tout cela ? Elle fait partie de la catégorie « sacrifice acceptable ? » fit Soledad d'une voix teintée d'émotion.

- C'est différent...

- C'est notre sœur !

- Elle a basculé dans l'ombre il y a longtemps ! Elle a choisi sa propre destinée et celle-ci n'est pas compatible avec la notre.

- Elle n'a rien choisi du tout ! Elle n'aurait pas été capturée par des démons, elle n'aurait pas mal tournée. C'est dégueulasse de la considérer comme notre ennemie !

- De toute façon, un jour viendra où il faudra choisir entre elle ou nous, répliqua sèchement l'aînée. Je comprends que cela soit dur à accepter mais les choses sont ainsi. La discussion est close.

Peu habituée à être traitée de la sorte par sa jumelle, Soledad se mura dans le silence les larmes aux yeux. Au fond d'elle, elle savait qu'Alana n'avait pas tout à fait tord mais elle n'était pas prête à l'admettre. Accepter ce fait revenait à perdre tout espoir de ramener un jour Aliana de leur côté. La fin du cours arriva et le professeur Rogue se contenta de récupérer leur fiole de potion en serrant les dents, n'ayant visiblement aucune critique à émettre sur le travail des deux Gryffondors. Les élèves se dirigèrent vers les serres pour le cours de Madame Chourage, le professeur de botanique.

- Je peux me mettre à côté de toi Neville ?

Sans attendre la réponse, Soledad se plaça entre la porte d'entrée et le garçon qui était plus qu'étonné de la requête de la jeune fille. Marie alla vers Hermione qui semblait ravie d'avoir une binôme volontaire pour être avec elle. En tant qu'exaspérante Miss-je-sais-tout, Hermione n'avait pas beaucoup d'amis et les professeurs devaient souvent demander à un Gryffondor de faire équipe avec elle. Harry et Ron se tenaient entre les deux duos, étonnés de la séparation volontaire des sœurs Lopès.

- Est-ce que tout va bien Sol ? souffla le Survivant à la jumelle se trouvant le plus près de la porte.

- Merveilleusement bien, railla-t-elle. Attends, comment sais-tu que c'est moi ? Enfin, que je suis Soledad ? demanda-t-elle suspicieuse.

- L'instinct sans doute, sourit-il en retenant un petit rire.

Il ne pouvait pas s'expliquer lui-même comment il était parvenu à faire la distinction entre les deux sœurs. Il discutait plus avec Soledad qu'avec Marie mais cela ne l'empêchait pas de douter parfois sur la véritable identité de son interlocutrice, conscient que les deux filles adoraient se jouer de leur entourage. Malgré cela, Harry se sentait plus à l'aise avec Soledad. Après tout, c'était elle qui n'avait pas hésité à défier ouvertement la Terreur des cachots pour le défendre. Le cours passa rapidement dans un silence relatif étant donné que les plantes que les premières années devaient rempoter avaient la particularité amusante de chantonner. Dès que le Professeur Chourave leur donna congé, les élèves se ruèrent en direction de la Grande Salle pour déjeuner.

- On y va ? demanda Marie à sa sœur qui ne semblait toujours pas disposée à lui parler.

- Vas-y toute seule ! lâcha Soledad en emboîtant le pas de Harry.

Marie fut blessée par le ton cinglant de sa cadette mais n'en lassa rien paraître. Elle se dirigea vers le parc pour franchir discrètement le portail, le cœur lourd.

De son côté, Soledad était à table entouré d'Harry, des jumeaux Weasley et de leur jeune frère. L'ambiance était plutôt joviale grâce aux vannes de Fred et Georges jusqu'à ce que Ron demanda :

- Au fait, où est ta sœur ? Vous êtes inséparables d'habitude.

À cette remarque, le visage de Soledad se ferma et elle quitta la table dans un sec mouvement de cape.

- Bravo Ron ! le félicita Harry en soupirant, blasé du manque de tact manifeste de son meilleur ami.

- Bah quoi ? Je n'ai posé qu'une simple question ! se défendit-il la bouche pleine.

La jeune fille en colère avait couru jusqu'en haut de la tour d'Astronomie d'où la vue du parc était magnifique. Mais elle ne profita pas du paysage. Soledad sortit une cigarette, l'alluma et tenta de reprendre son calme. Pourquoi avait-il fallu qu'elle se dispute une fois de plus avec Alana à propos de leur grande sœur ? À chaque fois que quelqu'un prononçait le nom de l'elfe maléfique, l'ambiance devenait tendue et le ton montait. Beaucoup pensait que les trois sœurs devraient s'unir un jour pour anéantir leur aînée pour le bien de tous. Alana et Alania n'avaient pas hâte de se confronter à leur grande sœur mais sentaient que ce moment serait inéluctable. Pour Aliania, les choses étaient beaucoup moins claires : elle tenait énormément à sa plus grande sœur et avait même tendance à l'idéaliser sur certains points. Certes, tous disait qu'elles avaient des devoirs incompatibles, mais personne ne semblait penser que tuer l'une des quadruplées revenait à assassiner les trois autres. Pour Soledad, c'était une évidence : elle ne pourrait jamais survivre si l'une d'entre elles venait à disparaitre. De rage, elle se mit à taper dans le mur de pierre en poussant un hurlement de frustration.

- Mais quelle vie de merde ! lâcha-t-elle.

Taper contre la surface froide ne l'aidait pas. Elle regarda autour d'elle à la recherche d'un autre défouloir. Son regard tomba sur une table en bois et son tabouret. Elle saisit le siège et l'abattit de toutes ses forces contre le sol :

- J'EN AI MARRE ! s'époumona-t-elle. MARRE ! MARRE ! MARRE !

Elle continua à fracasser tout ce qui lui tombait sous la main sans réaliser que des débris de bois avaient entaillé ses mains et ses avant-bras. La jeune fille allait continuer quand une voix retentit :

- Hey ! Mais qu'est-ce qu'il te prend ?

Soledad se retourna pour se retrouver face à une jeune femme séduisante vêtue d'une longue robe noire. Ses longs cheveux ondulés qui se balançaient sous la légère brise d'air encadraient un magnifique visage assombrit par un maquillage gothique. L'inconnue la pris dans ses bras sans attendre de réponse. Soledad se laissa faire, visiblement soulagée par ce réconfort imprévu.

- Alors, tu vas me dire qu'est-ce qu'il t'a mise dans cet état ma chérie ?

- Oh tu sais, toujours la même histoire : toi, elles, missions incompatibles, c'est toujours le même refrain agaçant. Tu as saisi ou il faut que je développe ?

- Non ça va, j'ai saisi l'idée... murmura la jeune fille. Euh chérie ?

- Oui ?

- Pourquoi tu as repris ton apparence d'enfant ?

- On est en mission ici, à l'école de sorcellerie Poudlard. On a du intégrer une classe de première année.

- Wow, tu es être trop contente ! ironisa sa grande sœur, consciente de son aversion pour l'école. Quand tu dis « on », tu parles d'Alana ?

- Comme si Alania allait quitter Fondcombe pour venir en Angleterre... évidemment que je te parle d'Alana. Elle est justement allée faire un tour là-bas, fit-elle en répondant à la question silencieuse de sa sœur. Bref, quoi de neuf ?

- Je suis passée vers Minas Morgul et j'ai moyennement apprécié de constater qu'il y avait à nouveau du mouvement dans la forteresse...

- Super, soupira Soledad. Cela ne fait que confirmer certaines rumeurs...

- Tu veux parler de l'Unique qui aurait été retrouvé ? demanda Aliana sérieusement.

- Gagné ! Ça recommence...je n'en reviens pas qu'on va devoir à nouveau affronter Sauron.

- Tu vas un peu vite en besogne ! Seul son esprit à survécu, sans corps et sans anneau, il ne peut pas grand-chose.

- Pour le moment...

- Pour le moment, je reste la plus grande menace de la Terre du Milieu, ironisa Aliana dans l'optique de faire sourire sa sœur, ce qui fonctionna.

- N'importe quoi ! lui sourit-elle en lui mettant une claque amicale sur l'épaule.

- Faut que j'y retourne... ça va aller ? s'inquiéta sa grande sœur.

- Oui, bien sûr comme toujours ! la rassura Soledad. Ne fait pas trop de bêtise !

- Moi ? Jamais ! s'indigna pour la forme la jeune fille avant de disparaitre.

- En retard, lui fit sévèrement remarquer le Professeur McGonagall. Où est votre sœur ?

- De toute évidence pas ici, rétorqua Soledad en haussant le sourcil après avoir jeté un rapide coup d'œil circulaire dans la salle de classe.

La retardataire alla s'assoir près d'Harry sans plus de cérémonie, ignorant délibérément le regard courroucé de l'enseignante. Celui-ci l'a regardait avec une certaine inquiétude. La jeune fille n'avait quasiment pas mangé à midi et semblait plus pâle que d'habitude. Son ami remarqua également des traces foncées suspectes sur ses poignets. Il n'osa pas la questionner mais se promit de garder un œil sur elle, juste au cas où.

Soledad se demandait pourquoi sa sœur n'était pas encore revenue. Lui en voulait-elle pour son comportement ? Le fait est qu'elles auraient toutes deux des excuses respectives à se présenter. Bien sûr, Soledad ne pouvait s'empêcher de culpabiliser un peu d'avoir abandonné volontairement Marie mais elle estimait également que sa sœur n'avait pas été vraiment exemplaire sur sa manière de lui parler. De toute façon, s'il y avait bien un sujet privilégié pour les discordes, il s'agissait bel et bien de celui de leur ainée Aliana. Soledad se sentait toujours seule et incomprise elle en avait assez de devoir toujours défendre la place légitime dAliana dans son cœur devant leur entourage. Qu'est-ce qu'il était difficile à comprendre dans le concept « c'est ma grande sœur et je l'aime quoiqu'elle fasse, quoiqu'elle dise » ? Bien qu'elle n'était pas prête à l'admettre publiquement, Soledad n'était absolument pas disposée à faire du mal à sa plus grande sœur même si elle craignait de devoir un jour en arriver là. À cette pensée, la jeune fille fut prise d'une violente nausée et se précipita hors de la classe, la main sur la bouche, sans que quiconque n'ait eu le temps de réagir. Elle se rua dans les toilettes les plus proches et se pencha par-dessus la cuvette. Rien ne se produisit mais son malaise ne s'était pas dissipé pour autant. C'est pourquoi elle décida de se forcer à rejeter le maigre repas du midi, ce qu'il parvint à faire sans trop de difficulté, l'habitude aidant...

Soledad se redressa et se planta devant le miroir pour y découvrir un visage décomposé : son teint était livide, ses yeux ternes entourés de cernes foncées et son front était moite. En résumé, elle faisait peine à voir.

- Magnifique, pensa-t-elle. J'imagine que si je camoufle les dégâts avec du maquillage, je vais encore plus me faire remarquer... c'était encore une super idée de redevenir des gamines de dix ans ! soupira-t-elle.

C'est alors qu'elle remarqua les traces de sang séché sur ses poignets et avant-bras.

- De mieux en mieux ! lâcha-t-elle à voix haute en nettoyant sa peau blanche.

- Comment allez-vous Miss Lopès ? l'interrompit le Professeur McGonagall qui s'était inquiétée du départ précipité de son élève.

Soledad, qui ne l'avait pas entendu venir, sursauta et se retourna vers elle furibonde :

- Vous pourriez prévenir de votre présence ! Qu'est-ce que vous faites là ? N'avez-vous pas un cours à donner ? l'agressa-t-elle sur la défensive.

La Directrice des Gryffondor allait répondre mais, constatant l'état de santé de son élève, décrété calmement.

- Je vais allez chercher Madame Pomfresh, restez ici !

- Pas la peine ! Je m'en vais !

- Mais où diable allez-vous donc encore ? s'indigna Minerva McGonagall, lassée des humeurs de l'étrange jeune fille.

- Là où personne ne viendra de chercher des noises ! répliqua Soledad en s'éloignant à grands pas.

Sidérée par l'insolence de la collégienne, elle ne trouva rien à répondre, peu désireuse de faire perdre une nouvelle fois des points à sa propre Maison.

Soledad alla se réfugier dans une partie isolée du château. Elle tomba sur une sorte de cloître désert où de mauvaises herbes poussaient entre les lourdes dalles. Sentant qu'elle avait de l'énergie à dépenser, elle détacha sa cape et commença à faire de amples mouvements avec tout en chantant* :

Donnez-moi le temps, l'occasion d'avoir de la peine

Laissez-moi le crier sur les toits

Prenez-moi pour ce que je suis, donnez-vous la peine

Même si je dois m'en brûler les doigts

La jeune fille avait repris son apparence physique d'adulte et enchaîna d'amples mouvements chorégraphiés, alternant passages au sol et des déboulés sur demi-pointes.

Rien qu'une seule seconde

Juste une seule seconde

Si toute ma vie ne vous suffit pas

Ces mouvements s'étaient ralentis suivant le rythme de la chanson. Soudain, elle se redressa et un ensemble d'arasbesques, de sauts sophistiqués et de pirouettes en chantant le refrain dont les paroles semblant vraiment sortir droit du cœur :

Je ne suis pas celle que tu crois

Je pourrais mourir au combat

Laissez-moi me brûler les ailes

Je n'attends plus qu'une étincelle

Ce qu'elle ignorait, c'est que le Directeur l'avait aperçut depuis la fenêtre de son bureau et était venu voir pourquoi elle n'était pas en cours de métamorphoses. Il s'était arrêté en voyant la jeune fille tournoyer avec grâce et écoutait les paroles, admirant au passage sa voix sublime teintée par l'énergie du désespoir. Dumbledore sentit son cœur se serrer malgré lui en écoutant son élève. Il pouvait aisément ressentir la tristesse qui émanait de ce chant mais ne pouvait pas prétendre connaître la raison du spleen de la demoiselle.

Laissez-moi le temps, je ne crains pas de manquer de sel

On en a vu des biens pires que moi

Donnez-moi du chant, le goût des regrets éternels

Mettez-moi dans l'embarras du choix

Le Directeur se disait que la danseuse était en plein dilemme. Il ne réalisa que maintenant que sa sœur n'était pas avec elle, ce qui lui sembla très étrange. Il se rappelait pas non plus les avoir vu ensemble à midi dans la Grande Salle. À la fin de la chorégraphie, le Professeur Dumbledore signala sa présence en applaudissant. L'artiste, qui avait ramené ses genoux contre sa poitrine en guise de pause finale, redressa vivement la tête et se leva en réalisant l'identité de son spectateur et attendit qu'il prenne la parole.

- C'était une très belle interprétation Mademoiselle Lopès, toutes mes félicitations ! déclara le vieil homme en souriant.

- Merci, grogna Soledad entre ses dents, semblant peu habituée aux compliments. Qu'est-ce que vous me voulez ?

- Pardon ?

- Qu'est-ce que vous me voulez ? répéta-t-elle méfiante.

Le Professeur jugea plus prudent de faire dériver la conversation.

- Ne craignez vous pas que des élèves vous surprennent avec cette apparence ?

- L'endroit est désertique, du moins il l'était, précisa la sorcière en toisant le Directeur, et les élèves sont en cours.

- Mais pas vous.

- J'étais en cours.

- Pourquoi n'y êtes vous pas restée ?

- Vous attendez une réponse sincère ? railla-t-elle.

- De préférence, répondit-il au fond de lui amusé par le répondant fort peu usuel d'un élève.

- Parce qu'aller en cours ne m'intéresse absolument pas ! J'ai déjà donné en la matière et j'en ai assez de devoir rester assisse sur une chaise à écouter les conneries d'un prof alors que je pourrais faire des choses bien plus intéressantes ailleurs ! lâcha-t-elle d'une seule traite en fixant son interlocuteur droit dans les yeux.

- J'apprécie votre franchise Soledad Lopès.

Voyant que la jeune fille allait répondre quelque chose, il s'empressa d'ajouter :

- Oui, je devine que vous êtes Soledad.

- À quoi le voyez-vous ? s'étonna la sorcière.

- Bien que vous êtes de parfaites copies conformes en apparence avec votre sœur, vos auras magiques ne sont pas exactement les mêmes. La vôtre est bien plus puissante que celle de Marie. Quant aux caractères, vous êtes bien plus impulsive et bornée que votre sœur.

- Je vais tâcher de prendre ça pour un compliment, grogna-t-elle, peu à l'aise d'être aussi facilement mise à jour par une personne qui ne savait quasiment rien de sa vie. Concernant le truc sur les auras magiques, ce n'est pas à vous que je vais apprendre que les pouvoirs sont le fruit des émotions du sorcier et que par conséquent, le signal qu'il dégage aux autres est plus ou moins fort selon ce qu'il ressent.

- Et que ressentez-vous ?

- Quoi ?

Soledad détestait que quelqu'un s'approche de trop près que ses sentiments. Ses proches évitaient d'aborder ce sujet sauf si cela se révélait absolument nécessaire. Pour Soledad, parler de sentiments équivalait à dévoiler ses faiblesses. Peu de personnes avaient eu le privilège d'avoir vu Soledad montrer ses vraies émotions, sans jeux de scène ou artifices. Malgré tout, lorsque la jeune fille devait évacuer la pression, elle faisait passer toutes ses émotions dans sa manière de danser et dans les paroles de ses chansons.

- Vous semblez insinuer que vos émotions sont plus intenses que celles de Marie, d'où la différence d'aura.

- ...

- Si vous avez besoin de parler, sachez que...

- Non ! le coupa brutalement la sorcière en faisant un pas en arrière. Je ne suis pas du genre à venir pleurnicher comme une gamine sur l'épaule de quelqu'un. Je n'ai pas besoin de vous ni de qui que ce soit hormis mes sœurs !

Réalisant qu'elle venait de révéler stupidement qu'elle avait plus d'une sœur, elle se tut, furieuse contre elle-même.

- Marie et vous avez donc une autre sœur ? s'exclama-t-il, ravi d'en apprendre un peu plus sur ses mystérieuses collégiennes.

Soledad n'eut même pas le temps d'ouvrir la bouche pour répliquer qu'une voix légèrement essoufflée déclara :

- Oups, je tombe mal peut-être ?

Tandis que Dumbledore contemplait stupéfait la nouvelle venue, Soledad se précipita vers sa sœur Aliana qui paraissait vacillante malgré l'air détaché qu'elle avait adopté.

- Wow, je ne m'attendais pas à te revoir de sitôt ! Deux visites en une journée... qu'est-ce qu'il t'arrive chérie ?

- Tu as pris un coup sur la tête dernièrement ? demanda brusquement Aliana.

- Pas depuis quelques temps, pourquoi ? s'étonna Soledad.

- Parce que la dernière fois que je t'ai vu, c'était il y a déjà plusieurs jours...

- Sauf que tu n'as pas pris en compte le décalage temporel, lui expliqua sa cadette en rigolant.

- Okay ! lâcha-t-telle en comprenant le quiproquo.

Le Professeur Dumbledore se racla discrètement la gorge pour rappeler sa présence. Aliana le jaugea de haut en bas avant de demander à sa sœur dans un haussement de sourcils :

- Un Gandalf numéro deux ?

- En quelque sorte... élucida Soledad. Je te présente le Professeur Dumbledore, le Directeur de l'école de magie Poudlard. Professeur, voici Aliana. Je suppose qu'il est inutile de vous préciser que c'est ma sœur, railla-t-elle en grimaçant.

- Non en effet. Même si le look est d'un autre genre, il ne fait aucun doute qu'Alana, Aliana et vous Aliania soyez jumelles...

- Bon, ce n'est pas que je m'ennuie, mais faut qu'on parle chérie. En privé, ajouta-t-elle à l'attention d'Albus Dumbledore.

À ce moment précis, le portail s'ouvrit pour laisser passer Marie qui de toute évidence n'avait qu'une hâte : aller dormir. Voyant ses deux aînées ensemble, elle sembla retrouver toute sa vitalité et inspira un grand coup avant de se lancer dans un échange qui risquait de ne pas être très civilisé...

Arrivant vers le Saule Cogneur, Marie se transforma et regagna le lieu de ses ancêtres en tentant de refouler les larmes qui menaçaient de déborder. Elle apparut dans une cours de marbre blanc illuminée par l'astre solaire. Tout était calme. Seul le chant des oiseaux et le clapotis lointain d'une rivière résonnaient à ses oreilles. Alana inspira un grand coup et expira lentement, essayant de relâcher la tension qui lui nouait les épaules. Elle observa les jardins de Fondcombe et se sentit légèrement mieux. Cet endroit avait un don réel pour apaiser les âmes en peine. Vu la position du soleil, il devait être environ quinze heures. La famille royale devait vaquer à ses occupations habituelles, c'est-à-dire discuter de tout et de rien dans un des salons privés de la cité elfique. Alana se dirigea vers ses quartiers afin de se changer pour mettre une robe plus adéquate. En chemin, elle croisa sa tante Léïa qui l'accueillit à bras ouverts, heureuse de revoir sa nièce après des semaines d'absence. La jeune elfe se pressa d'aller se vêtir tandis que le Dame Léïa alla annoncer sa venue au Seigneur Elrond.

Vingt minutes plus tard, Alana fit son entrée dans le grand salon où sa famille écoutait des ménestrels jouer de la harpe et de la flûte. Alania courut embrasser sa sœur dès qu'elle la vit franchir le seuil puis céda la place à son père.

- Ada, fit Alana en s'inclinant respectueusement devant le Seigneur Elrond.

- Ma fille. Il y a bien des lunes que nous ne nous sommes pas vus, lui dit-il doucement en lui passant délicatement une main sous le menton afin de lui faire relever la tête. Comment vas-tu ?

- Je vais bien Ada, aussi bien que possible étant donné les circonstances. Pardonnez-moi mais je ne dispose que de peu de temps. Je crains être porteuse de sombres nouvelles.

À ces mots, tous les elfes présents se turent et fixaient anxieusement leur Dame, conscients qu'elle ne serait pas venue les prévenir sans être persuadée qu'un réel danger les guettait. Le Seigneur Elrond fit sortir ses compagnons excepté Léïa, Prestya et Alania.

- Il y a quelques jours, nous nous sommes rendues avec Sol... Aliania vers le royaume du Gondor pour tenter de trouver des indices suite aux rumeurs courant sur la réapparition de l'Anneau Unique. De là-bas, nous avons aperçu au loin les Terres du Mordor qui semblent s'éveiller d'un profond sommeil. Quelque sorte grandit à l'ombre de la montagne de feu, une chose maléfique que je n'ai pas pu identifier. J'avoue n'avoir pas eu l'audace de m'approcher de ce relent de noirceur... acheva-t-elle à mi-voix, honteuse d'admettre son manque de courage.

- Ce sont effectivement de bien sombres nouvelles que tu nous apportes ma fille. Malheureusement, tes dires ne font que renforcer l'inquiétude qui a saisit mon cœur ces derniers mois... Au fond de moi, je sens que le Mal est en train de ressurgir des profondeurs du néant. J'attends toujours les retours des éclaireurs que j'ai fait chevaucher jusqu'aux coins les plus lointains de la Terre du Milieu.

- Qui est parti ?

- Tes frères Elladan et Elhorir sont partis en Lothorien quérir les conseils de Galadrielle. Quant à Glorfindel et Elessar, ils sont partis en direction du Rohan et du Gondor. Leur quête va durer des semaines étant donné les distances à parcourir.

- J'imagine, oui... soupira la jeune fille, déçue de ne pas pouvoir recueillir plus d'informations pour le moment.

Son père lui prit la main et lui demanda d'une voix douce en elfique :

- Alana, est-ce que tout va bien ? Je sens que ton âme est bouleversée... Qu'y a-t-il ?

Les yeux de la jeune fille se remplirent à nouveau de larmes qui coulèrent lentement le long de son pâle visage. Dans sa langue maternelle, elle lui expliqua ce qui la peinait :

- Avec Aliania, nous avons eu un différend. Le ton est monté et nous nous sommes quittées fâchées. Cela me fait beaucoup de peine.

- Quel a été le sujet de discorde ? s'étonna le Seigneur Elrond, peu habitué à entendre sa fille triste à cause de son double.

- Une personne dont le nom doit être tut dans ce royaume, murmura Alana épuisée.

Le Seigneur Elrond poussa un imperceptible soupir. Le sujet de sa première fille disparue était extrêmement tabou pour eux. Il avait été convenu d'un accord silencieux que le nom d'Aliana était banni des sujets de conversation. Penser à ce qu'elle était devenue était trop douloureux pour ses proches parents. Seule Aliania semblait encore penser que tout espoir n'était pas perdu et refusait de couper les liens avec son aînée. Cette relation mécontentait fortement sa tante Prestya qui réprouvait le caractère désobéissant et borné de cette nièce. Elle craignait vivement qu'Aliania bascule à son tour du côté sombre en suivant sa sœur maléfique.

- Aliania refuse de croire qu'un choix devrait être fait un jour concernant Aliana. J'ai été un peu brusque avec elle en lui rappelant qu'un moment viendra où il faudrait lui faire face de manière définitive. Elle m'en veut, dit Alana dans un sanglot.

- Et toi ma fille, que penses-tu réellement de cette situation ?

- Je ne peux pas nier le fait que la voie d'Aliana diffère complètement de la nôtre et qu'elle représente un grand danger pour les peuples innocents. Mais en même temps, je ne veux pas l'affronter. Je suis terrorisée à cette idée. Lorsque nous allons plus pouvoir repousser l'inévitable bataille, je ne suis pas persuadée qu'Aliania pourra agir... Comment pourrais-je le lui reprocher d'ailleurs ? Elle a raison sur un point au moins : Aliana est notre grande sœur et elle n'a pas opté pour le Mal : ses ravisseurs lui ont imposé ce mode de vie. Elle n'est pas responsable de ce qu'elle est devenue et je trouve cela injuste de devoir tuer la chair de notre sang alors qu'au fond, il s'agit d'une femme innocente que personne n'a réussit à délivrer à temps.

- Insinuerais-tu que nous n'avons rien fait pour tenter de la récupérer, demanda froidement Prestya qui se sentait visée dans les propos de sa nièce.

- Je suis consciente que vous avez tout tenté à l'époque pour aller la chercher. Seulement, vous ne disposiez pas des pouvoirs nécessaires. Désormais, elle n'est plus sous les ordres de quiconque. Elle a atteint le rang le plus haut gradé et est maître de son destin.

- Justement, elle aurait pu mettre sa puissance acquise pour combattre à nos côtés, ce qu'elle n'a pas fait.

- Comment aurait-elle pu le faire ? répliqua Alana, subitement irritée par les paroles de sa tante. Nous ne lui avons témoigné que du dégout et du rejet. Elle ne doit même plus se souvenir des rares années que nous avons passées ensemble étant enfant.

- Il faut admettre qu'Aliana ne nous a jamais attaqués directement, ajouta Léïa désireuse de défendre ses nièces face à sa sœur.

Léïa, qui était la plus jeune sœur de sa fratrie, avait à cœur de protéger au maximum ses nièces, en particulier Aliania que sa sœur Prestya avait pris comme souffre-douleur. Elle devait souvent tempérer les jugements durs de son aînée envers sa nièce. Elle lui rappelait sans cesse que sa vie n'avait pas été facile et qu'en réalité, Aliania souffrait terriblement sous la carapace d'acier qu'elle s'était forgée, se détournant ainsi de son peuple d'origine. Malgré ces explications, Prestya n'avait que peu de tolérance pour Aliania et n'hésitait pas à lui faire sentir dès que l'occasion se présentait.

- Il n'en reste pas moins vrai que des innocents périssent dans ses attaques, poursuivit Prestya.

- L'as-tu déjà vu tuer quelqu'un ?

Sa tante ne répondit pas et lâcha un soupir.

- Je prends ton silence comme une réponse négative, conclut Alana. Veuillez m'excuser, mais je dois retourner sur mon lieu de mission. Nous nous verrons à la prochaine répétition, lança-t-elle à ses tantes avant de saluer le reste de sa famille.

Elle quitta la pièce sans plus de cérémonie, lasse de la tournure des évènements. Sa jeune sœur Alania la rattrapa :

- Attends, tu ne m'as même pas fait part de votre mission actuelle...

- Oh, nous sommes en Angleterre, plus précisément quelque part en Écosse dans une école de magie appelée Poudlard. Je pense que nous n'avons pas encore bien cerné en quoi consistait notre tâche... n'hésite pas à m'appeler si nécessaire.

Elle embrassa sa sœur, les yeux encore rouges et retourna dans sa chambre remettre son uniforme d'écolière. Après un dernier regard à la fenêtre donnant sur un cours d'eau, elle emprunta le passage, désireuse de se réconcilier rapidement avec sa sœur et d'aller se reposer ne serait-ce qu'une heure.

Lorsqu'elle arriva à Poudlard et vit ses deux grandes sœurs et Dumbledore ensemble, son sang ne fit qu'un tour et toute sa fatigue s'envola d'un coup.

- Qu'est-ce que tu fais là ? demanda-t-elle d'une voix tendue.

- Moi aussi je suis super contente de te voir petite sœur, railla Aliana en lui jetant un regard noir.

- Commencez pas... les avertit Soledad en sachant pertinemment que la conversation allait encore mal tourner, quoiqu'elle tente de faire pour les calmer.

- Ce n'est pas moi qui aie ouvert les hostilités !

- Je ne t'ai pas insulté, du moins pas encore, pas aujourd'hui, pensa-t-elle dans sa tête. Je t'ai simplement demandé la raison de ta venue.

- Euh, voyons voir que je réfléchisse... pourquoi suis-je venue ici ? Ah oui : pour voir ma sœur peut-être ? ironisa la sombre jeune fille.

- Comme si tu te souvenais que tu avais une famille ! T'en a rien à f... s'agaça Alana de mauvaise foi.

- Alana, ça suffit ! la coupa sa jeune sœur. On connait ton avis sur la question, pas la peine de le répéter. Et puis vous croyez que c'est le bon moment pour échanger vos amabilités ? s'exclama-t-elle en désignant le Directeur d'un geste de la tête.

- Ne vous dérangez surtout pas pour moi, j'adore les réunions de famille, décréta tranquillement le Professeur Dumbledore qui semblait ne pas perdre une miette de leur conversation.

- Pas sûre que vous apprécierez autant les nôtres une fois qu'elles s'énerveront un bon coup et qu'elles dévasteront une partie de Poudlard, lâcha Soledad d'un ton acerbe en fusillant ses jumelles du regard.

- Comme si c'était mon genre ! s'exclamèrent-elles d'une même voix avant de se taire irritées d'avoir lancé la même réplique au même moment.

- Bon mes chéries, ce n'est pas qu'on ne s'amuse pas, mais le temps passe et je te rappelle Alana qu'on est censé préparer l'acte II d'ici ce soir. Donc je te suggère d'aller finir les costumes pendant que je raccompagne Aliana.

- Je ne vois pas pourquoi elle aurait besoin d'être raccompagnée, cracha Alana. Elle se débrouille très bien toute seule.

- Si ça peut m'éviter de me de faire traquer pendant des heures par tes laquais, alors je rentre avec notre petite sœur... grogna Aliana en jetant un regard mauvais à Alana qui ne semblait pas comprendre où sa sœur voulait en venir.

- QUOI ? dit Soledad en se tournant vivement vers Alana. Tu as ordonné à tes hommes de poursuivre Aliana ? J'hallucine !

- Oh une minute, je n'ai rien à voir dans tout ça ! Je n'ai jamais demandé à qui que ce soit de t'attaquer, je te jure !

- Alors c'est qui ? C'était forcément une instruction venant de quelqu'un qui me déteste et tu es loin d'être la dernière sur la liste des suspects...

- J'ignore qui a donné ces ordres !

- J'ai ma petite idée, grinça Aliania entre ses dents. Lady Montaigu n'a qu'à bien se tenir ce soir, fit-elle dans un sombre sourire énigmatique qui ne présageait rien de bon.

- Je t'interdis de lui faire du mal ! s'indigna Alana furieuse.

- Tu m'interdis ? repris Aliania dans un rire moqueur. Je n'attendais pas ta permission pour régler mes comptes avec Prestya.

- C'est la problème d'Aliana, ne t'en mèle pas si tu ne veux pas que ça se retourne contre toi.

- Quiconque s'en prend à elle s'en prend à moi et à toi aussi par la même occasion ! Et puis, ça te gène pas qu'elle soit blessée ?

- Non, rétorqua-t-elle froidement.

Devant l'attitude butée de son aînée, Aliania soupira et sortit un couteau de nulle part en demandant pardon mentalement à son double maléfique. Elle ne laissa pas le temps à ses interlocuteurs de réagir et entailla profondément la paume de main d'Aliana qui masqua tant bien que mal une grimace de douleur.

- Tu es folle ! cria Alana en tentant d'arrêter l'hémorragie qui s'écoulait de sa propre main.

Aliana ne se plaignit pas de cette blessure et se contenta d'hausser un sourcil amusé devant la réplique d'Aliania :

- Alors, ça ne te fait toujours rien si elle est blessée ? Vous voulez la tuer ? Très bien : poignarde-toi ou poignarde-moi et le résultat sera immédiat, répliqua Aliania sur le ton de la conversation, comme si l'acte qu'elle venait de commettre était anodin. Allez viens ! fit-elle à Aliana en lui saisissant le bras.

Avant qu'elles disparaissent via le portail magique, Alana eut le temps de lancer :

- Soigne ta main, je ne veux pas pisser le sang pendant des heures !

- Si je veux ! rétorqua Aliana en franchissant la porte.

- Madame Pomfresh pourra refermer cette plaie en quelques minutes, intervient le Professeur Dumbledore, légèrement choqué par la tournure des évènements.

- Non, tant que la sœur blessée ne se soigne pas elle-même, les autres ne pourront pas guérir. Maintenant, excusez-moi, mais je vais me retirer dans mes quartiers.

Le Directeur la laissa partir sentant qu'elle n'était pas disposée à poursuivre la discussion. Il retourna dans son bureau pour réfléchir à la scène qui s'était passée devant lui. Le vieil homme commençait vraiment à réaliser combien la vie des jumelles était spéciale et compliquée... il se promit de tâcher d'en apprendre le maximum sur elles et leur univers. Bien qu'il ne les connaissait pas encore, le sorcier sentait qu'il pouvait leur faire confiance, en tout cas suffisamment pour les garder au sein de Poudlard tout en gardant un œil lointain sur leurs activités. Il ne lui restait plus qu'à convaincre ses collègues d'être un minimum tolérants avec les sœurs Lopès tout en sachant se faire respecter. Cela risquait d'être ardu, en particulier avec un certain professeur acariâtre au caractère bien trempé...


* Chanson : Celle que tu crois d'Emma Daumas.


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