Bonjour à tous !
Je ne sais toujours pas ce que vous pensez de mon histoire vu que pour l'instant, personne n'a commenté (*petit pincement au coeur*). Pourtant, ça encouragerait l'auteur
d'avoir un petit avis... enfin bref :
J'espère que ce chapitre va vous plaire. Il y aurait une scène d'amour et un nouveau clash... Je ne vous en dis pas plus, je vous laisse découvrir la suite !
Bonne lecture !
Chapitre 9 – Dépasser les bornes
La chevauchée pour atteindre le campement fut rapide. Celui-ci était composé de trois grandes tentes en tissus.
- Je sais que c'est loin d'être aussi confortable que dans votre demeure Ada, mais il est difficile de faire mieux, d'autant plus que nous n'attendions pas votre venue... s'excusa Alana légèrement confuse. Je propose qu'Elladan, Elrohir et vous preniez place dans la plus grande tente – celle de gauche – tandis que Prestya, Léïa et Aliana prennent celle au centre.
- Où vas-tu dormir ma fille ?
- Je ne reste pas Ada, j'ai à faire ailleurs.
- Te laisser partir en pleine nuit ne me plait guère.
- N'ayez crainte, je ne vais pas devoir traverser les terres... Ce que je veux dire, c'est que je ne reste pas en Terre du Milieu, développa-t-elle devant l'air interrogateur du Seigneur Elrond.
- Je vois... Quand penses-tu revenir ?
- Je ferais souvent des allers-retours entre Fondcombe et le lieu de ma mission actuelle.
- J'aurai aimé te parler. As-tu un dernier instant à m'accorder ?
- Bien sûr.
Le père et sa fille s'éloignèrent loin des éventuelles oreilles indiscrètes.
- J'ai besoin d'envoyer au plus vite un messager en Lothorien pour prévenir le Seigneur Celeborn et la Reine Galadriel de certains événements. Quelqu'un de rapide, discret et surtout de sûr.
- Cette description peut désigner plusieurs de vos missionnaires...
- Certes. Néanmoins je serai plus tranquillisé de savoir que cette personne puisse parlementer avec les gens de la Lothorien en toute légitimité. Nous n'avons pas le temps pour débattre via de simples missionnaires. C'est pourquoi j'aimerais que tu te rendes rapidement là-bas.
- Si j'ai bien compris, il vous faut quelqu'un qui porte votre parole et qui soit apte à prendre des initiatives sur place sans avoir besoin de repasser par vous ?
- Oui, répondit simplement Elrond.
- Elladan et Elrohir ne venaient-ils pas d'être dépêchés pour aller en Lorien, s'enquit-elle en se rappelant ce détail.
- Ils ont du malheureusement rebrousser chemin à cause d'une série d'attaques de brigands.
- Tu parles... il doit y avoir une autre raison ! Mais pourquoi moi ? Après tout, vous avez sept descendants directs sans omettre mes tantes ? En quoi suis-je la mieux indiquée par cette missive ?
- Tes frères seront envoyés auprès des Rôdeurs sous peu. Il m'est impossible d'envoyer Arwen ou Alania qui sont trop fragiles pour accomplir une telle mission.
- Ne les sous-estimez pas tant Ada, vous pourriez être surpris par leurs capacités.
- Ce ne sont pas des guerrières !
- Elles sont pleines de ressources. Mais soit, vous ne voulez pas leur faire courir le moindre risque.
- Je ne préfère pas demander à Aliania étant donné son... aversion ouverte envers notre peuple.
- Ce n'est pas une réelle aversion. C'est juste qu'elle préfère l'action aux discussions et que par conséquent, vivre en permanence avec des elfes plus que pacifiques, et bien... cela ne peut pas être vraiment compatible, répondit-elle avec tact.
- Tes tantes sont occupées ces derniers temps avec l'entraînement de leur armée...
- Ouais, mais mes sœurs et moi-même avons aussi notre propre armée à gérer en plus des autres missions... pensa la jeune elfe agacée par l'excuse de leurs tantes.
- ... ce qui signifie qu'il ne reste que toi qui puisse aller dans les bois de la Lothorien. De plus, je me suis dis que tu aimerais aller là-bas.
- Ne vous méprenez pas sur ce que je vais vous dire Ada, mais je ne vois pas pourquoi je serais plus ravie qu'un autre membre de la famille de visiter nos ascendants.
Cependant, son père n'était pas dupe et savait qu'un elfe de Lorien faisait battre le cœur de sa fille aînée depuis de nombreuses années. Ils dissimulaient leur relation car celle-ci ne pouvait pas être perçue comme convenable. En effet, Alana était tombée amoureuse de Lendiwëll, un soldat au service du Seigneur Celeborn, qui suivait les ordres du Premier Commandant de l'Armée Haldir. Unir une Princesse à un simple soldat n'était guère envisageable par le protocole royal.
- N'oublies pas que je possède le don de voyance. Certaines choses ne peuvent m'être cachées ma fille, même si tu t'es montrée fort discrète au sujet d'un certain elfe répondant au nom de Lendiwëll.
Face à la réponse de son père, Alana rougit et marmonna :
- Quand comptiez-vous me dire que vous étiez au courant de cette relation ?
- Si je te fais cette révélation maintenant, c'est pour t'avertir de ne pas te priver de la compagnie de l'homme que tu aimes sous prétexte qu'il ne descend pas d'un roi.
- Depuis quand avez-vous cure du protocole ? sourcilla sa fille en retenant une grand sourire.
- Il ne serait pas très louable de ma part de faire obstacle à ton bonheur. Si être au côté de ce Lendiwëll me permet de te voir sourire, alors je suis prêt à vous donner ma bénédiction.
- Merci Ada, murmura-t-elle en prenant peu à peu conscience de ce que cela signifiait.
Cette approbation lui concédait le droit d'afficher leur amour au grand jour. Ils n'auraient plus à prendre multiples précautions pour se voir sans avoir la crainte de se faire surprendre.
- Ne devais-tu pas aller quelque part ? lui demanda doucement le Seigneur Elrond.
- Oui, j'y vais justement. Reposez-vous bien et n'ayez crainte, le campement est surveillé par de bons soldats. Nous nous verrons très prochainement.
Après s'être inclinée, elle disparut dans l'épaisseur du bois pour franchir le portail la menant à Poudlard.
Quand Alana arriva dans le parc de l'école de magie, il faisait à peine jour. Elle frissonna légèrement en constatant l'écart de température entre la Terre du Milieu et Poudlard et resserra sa cape de voyage contre elle. Le domaine était plongé dans un grand calme ce qui lui semblait plutôt normal étant donné l'heure matinale. Évidemment, la Grande Porte était encore verrouillée et la jeune fille n'avait pas le courage d'user de sa magie pour tenter de l'ouvrir. Heureusement, elle avait repéré un autre moyen de rentrer dans le château. Il lui suffisait de faire un peu d'escalade pour atteindre l'une des fenêtres donnant sur un petit couloir près du Grand Hall.
- Allons-y, un dernier petit effort avant de s'effondrer dans un bon lit, se dit-elle pour se donner du courage.
Elle se mit à grimper lestement sur le mur en s'agrippant aux grosses pierres. Une fois qu'elle eut atteint l'embrasure, elle se laissa tomber au sol avec légèreté. Elle prit le chemin menant à la tour Gryffondor en priant pour ne croiser personne. Ce n'était pas le moment de devoir se justifier sur ses activités extrascolaires, elle n'était vraiment pas d'humeur à ça. Quoique... Repensant à la dernière conversation qu'elle avait eue avec son père, elle se remit à sourire d'une façon presque béate.
- Mon dieu, Aliania me verra, elle se moquerait bien de moi, se dit-elle en se retenant de rire.
Son attention fut néanmoins réactivée lorsqu'elle crut entendre un bruissement de cape non loin d'elle. Elle s'immobilisa net et attendit de vérifier si la fatigue ne lui avait pas joué des tours. Le silence était total. Consciente d'avoir une ouïe ultra développée grâce à son sang elfique, elle se dit qu'elle avait du confondre ce bruit avec autre chose, comme un rideau se soulevant à cause d'un courant d'air. Alana se remit en route sans faire de bruit mais s'arrêta de nouveau, sûre d'avoir senti une présence au coin du sombre couloir. Elle longea le mur pour aller voir ce qu'il en était, tous ses sens en alerte. Une porte bougea un peu plus loin sur sa droite elle s'en approcha et constata qu'elle était entrebâillée. Curieuse, la jeune fille jeta un coup d'œil. Un homme lui tournait le dos et semblait chercher quelque chose dans une armoire. Délicatement, elle entrouvrit un peu plus la porte pour mieux identifier la personne. Elle trouvait effectivement suspect qu'un homme soit debout aussi tôt et qu'il agisse avec autant de discrétion. Un rayon de soleil matinal filtra à travers une lucarne pour se déposer sur le visage du mystérieux inconnu. Alana reconnut alors le turban du Professeur Quirrell. Bien qu'elle fut étonnée de le trouver ici, elle se sentit rassurée de ne pas avoir affaire à un être malveillant. Elle passa son chemin sans se poser d'avantage de questions, impatiente d'aller s'allonger ne serait-ce qu'une heure.
Lorsqu'elle franchit le portrait de la Grosse Dame, elle s'affala dans un gros fauteuil près du feu quasi éteint. Soudain, un bruit sourd l'a fit se redresser. Devant elle venait d'apparaitre une petite créature difforme vétue d'un chiffon aux armoiries de Poudlard.
- Veuillez m'excuser Mademoiselle si je vous ai réveillé, couina la créature en s'inclinant jusqu'au sol. Mirfet est venue allumer le feu pour que les courageux Gryffondor n'aient pas froid à leur réveil.
- Euh... oui d'accord. Désolée de devoir vous demander ça comme ça, mais qui êtes-vous ?
- Je suis Mirfet, un des elfes de maison travaillant pour le grand Albus Dumbledore.
- Un elfe de maison ? s'étonna la jeune qui n'avait encore jamais entendu ce nom.
- Oui Mademoiselle. Je suis là pour vous service. Désirez-vous quelque chose ? Une couverture ? Un petit déjeuner ?
- Non merci. Je crois que je vais vous laisser remplir ta tâche et aller dormir encore un peu, bailla-t-elle.
- Très bien Mademoiselle. Si vous avez besoin de quoique ce soit, appelez Mirfet !
- Merci. À bientôt peut-être !
Elle se lova dans le fauteuil et somnola pendant une heure avant d'être réveillée par un groupe de garçons descendants prendre leur petit déjeuner. Ils s'étaient habillés avec des tenues rouge et or et tenaient respectivement dans leurs mains un balai. Harry, qui se trouvait parmi eux, remarqua la présence de son amie.
- Tu es là ! Mais où est-ce que tu étais hier ? s'exclama-t-il l'air réellement surpris.
- Hier ?
- Ta sœur et toi ne vous êtes pas rendus en cours et personne ne vous a vu de toute la journée.
- Merde, on s'est loupé dans nos calculs, se dit Alana en se rappelant avoir pensé revenir à temps à Poudlard sans que cela se remarque. Vous allez faire quoi là ? insquiva-t-elle.
- Entrainement de Quidditch, déclara Olivier Dubois, le Capitaine de l'Équipe Gryffondor. D'ailleurs, nous devrions nous dépêcher d'aller nous entrainer. Il faut bien tout faire pour faire rattraper les points perdus par leur faute, décréta-t-il un certain agacement dans sa voix.
Devant l'air d'incompréhension de la jumelle, Harry lui expliqua que Rogue avait ôté des points à leur Maison sous prétexte qu'elles avaient délibérément séché les cours. Alana soupira et promis de tenter de s'expliquer avec le Maître des Potions. Pas persuadé que cela soit une bonne idée, Harry quitta la Salle Commune avec le reste de son équipe.
- Est-ce que j'essaye de calmer le jeu avec Rogue ou bien je laisse Aliania s'en charger ? se questionna-t-elle. Entre les deux, mon cœur balance...je verrai bien le moment venu.
Pendant ce temps-là, les choses se passaient bien pour Aliania, même plus que bien. Legolas l'avait emmenée sur son étalon dans une minuscule prairie près de la rivière. Après l'avoir aidé à descendre, il l'enserra délicatement par la taille et commença à l'embrasser doucement dans le cou, traçant une ligne brûlante allant de son lobe à son épaule. La jeune fille soupira de bien-être et se laissa faire, heureuse de pouvoir souffler un peu dans le rythme soutenu imposé par son mode de vie. Elle laissa échapper un petit gémissement lorsqu'elle sentit les mains de son amant remonter lentement sur sa poitrine. Elle se retourna pour lui faire face, passa ses bras derrière son cou et l'embrasser tendrement. Le désir commençait à monter et leurs langues accélérèrent pour entamer un ballet endiablé. Leurs corps se frottèrent de façon subjective l'un contre l'autre, redoublant ainsi leur envie de ne faire qu'un.
- Je sens que je ne vais pas pouvoir continuer à respirer avec ce corsage si serré, l'informa-t-elle en haletant à son oreille.
- Voyons ce que je peux faire pour remédier à cela, lui murmura-t-il en la regardant droit dans les yeux.
Il démêla avec lenteur les lacets du corsage de sa bien-aimée, libérant ainsi sa poitrine qui se souleva lorsqu'elle la jeune fille prit une grande inspiration de soulagement.
- Ce n'est pas humain de faire porter des robes si serrées, décréta-t-elle en embrassant la ligne du cou de l'elfe blond. Qu'est-ce qu'il ne faut pas faire pour vous plaire à vous les hommes !
- Tu n'as pas besoin de tous ces artifices pour faire enflammer mon cœur mon amour, lui souffla-t-il en faisant glisser la première partie de sa robe.
Aliania, qui se retrouva en fine robe d'un blanc quasi transparent, s'appliqua à enlever la chemise de son Prince, faisant glisser ses doigts sur ses pectoraux parfaitement dessinés. L'elfe étendit sa cape de voyage dans l'herbe et incita sa compagne à s'allonger dessus. Elle s'alita et attendit qu'il vienne la rejoindre. Celui-ci ne se fit pas attendre et s'étendit à côté de la jeune fille, plongeant son regard azuré dans ses yeux noisette. Il la trouvait vraiment magnifique les reflets de la lune faisaient miroiter ses boucles brunes qui s'agitaient doucement sous une légère brise. Dans ses yeux, elle pouvait lire tout l'amour qu'il lui portait. Elle se sentait belle dans son regard et sa présence l'apaisait. Il avait un don pour la calmer et la rassurer comme peu de gens pouvant le faire. En réalité, seules ses deux grandes sœurs parvenaient à la maitriser en cas de besoin. Son homme était en quelque sorte son point d'ancrage dans la réalité, il était là pour lui rappeler que le monde qui les entourait n'étant pas fait que de magie et de violence et donc qu'elle n'avait pas à porter les armes tout le temps. Il la savait toute puissante avec ses pouvoirs et cela l'effrayait un peu. Il craignait qu'un jour un événement terrible se produise et que sa Princesse perde le contrôle de ses dons. Tant que ses sœurs et ses tantes étaient là pour veiller, le Prince de la Forêt Noire restait confiant. Mais qui sait de quoi sera constitué l'avenir ? Peut-être qu'elles ne seront pas toujours là pour contrôler le trop plein d'énergie de leur parente... Ces Dames avaient beau être immortelles, il n'en restait pas moins vrai qu'un malheur pouvait les frapper, en particulier lorsqu'on connaisait la dangerosité de leur rôle de sorcières protectrices des innocents
Le Prince se rapprocha de sa compagne, faisant glissant sa main le long de sa cuisse. La jeune fille défit sa ceinture dont la boucle représentait une feuille d'or, ôta son pantalon qui rejoignit le reste des vêtements de son amant. Le Prince souleva délicatement la robe de sa bien-aimée et se positionna au dessus d'elle en prenant garde de ne pas poser tout son poids sur elle. Avec tendresse, il entra en elle lentement pour ne pas lui faire mal. La jeune fille l'embrassa pour lui faire comprendre qu'il pouvait aller plus loin. Les minutes qui suivirent ne furent que pure extase pour les deux partenaires. Le souffle court, le corps en sueur, ils se séparèrent après avoir atteint le summum du plaisir. Aliania, totalement détendue, se blottit dans ses bras et s'assoupit aussitôt, le sourire aux lèvres. Le Prince ne s'endormit pas tout de suite et préféra la contempler, profitant de la voir si sereine. Il passa des heures à la regarder en caressant ses cheveux tentant d'imaginer ce que l'avenir leur réservait. Dans son cœur, il pressentait que de sombres événements allaient avoir lieu mais il était incapable de prédire lesquels. Le Prince grava dans sa mémoire les délicats traits de sa promise. Son visage paisible se crispa tout d'un coup et elle commença à s'agiter dans son sommeil. Au départ, elle semblait simplement faire un rêve un peu mouvementé et tournait la tête de gauche à droite en agrippant un peu brusquement les bras de son amant. Mais lorsqu'elle se retourna pour se mettre sur le dos, elle se mit à se débattre férocement contre quelque chose d'invisible en criant. Legolas tenta de la réveiller en l'appelant tout en la maintenant au sol. Cette tentative d'immobilisation ne l'apaisa pas, bien au contraire. Elle se mit à le ruer de coups maladroits comme si elle ne savait plus se défendre et l'implora de la lâcher et de la laisser partir. Au bout de quelques minutes de lutte, elle ouvrit les yeux et cessa de se débattre en reconnaissant Legolas. Reprenant peu à peu ses esprits, elle s'agenouilla en se forçant à retrouver un rythme cardiaque normal. Le Prince l'attira vers lui dans une étreinte rassurante.
- Est-ce que ça va ? s'enquit-il en la berçant.
- Oui, lui répondit-elle le souffle court en grimaçant comme si elle souffrait.
- As-tu mal quelque part ? demanda-t-il en fronçant les sourcils.
- Non, ce n'est rien, mentit la jeune fille qui en réalité avait l'impression d'avoir reçu un violent coup dans le dos.
Cela lui rappela le réveil douloureux qu'elle avait eu peu de temps auparavant dans la salle du cours d'Histoire de la Magie à Poudlard. À vrai dire, elle venait de revivre le même cauchemar en un peu plus détaillé et elle ne comprenait pas pourquoi. Il s'était encore présenté sous la forme de flashs mais ceux-ci avaient duré un peu plus longtemps. Les bois sombres avaient été moins flous car elle avait distingué les feuilles des arbres s'agitant sous le vent. La silhouette qui courait avait des contours plus nets et Aliania pouvait en déduire que l'inconnue ne devait guère être plus âgée d'une décennie. Des ombres non identifiées la poursuivaient. Elles avaient du la rattraper car la fillette avait poussé un hurlement de terreur avant d'être frappée dans le dos. Aliania croyait vaguement se souvenir qu'il y avait eu une lutte ou du moins une tentative... Plus la Princesse elfe se forçait à se souvenir, plus les brides du cauchemar s'éloignaient.
- Que s'est-il passé ? la secoua légèrement Legolas en voyant de la peur dans le regard perdu de sa compagne.
- Juste un rêve...
- Plutôt violent comme rêve ! J'appelle plutôt cela un cauchemar... Celui-ci n'apparait dans l'esprit des elfes que lorsqu'il est particulièrement angoissé avant de s'endormir.
- Chéri, j'espère que depuis le temps que tu me connais, tu t'es rendu compte que je n'ai pas exactement les mêmes réactions imputables à la majorité des elfes ?
- Que cela soit chez les Hommes ou chez les Elfes, un cauchemar est toujours révélateur d'un trouble de l'inconscient.
- Ne joue pas les psychanalystes avec moi, la prévient en grognant.
- Pardon ?
La jeune fille soupira. Devoir s'expliquer une nouvelle fois parce que ses interlocuteurs de la Terre du Milieu ne comprenaient pas de quoi elle voulait parler devenait une habitude lassante. Aliania passait autant de temps – si ce n'est plus ces derniers siècles – dans le monde de la planète Terre qu'en Terre du Milieu. De ce fait, son langage se rapprochait plus de celui des hommes du XXIème Siècle que de son peuple d'origine. Autant dire que ça faisait un sacré décalage culturel et linguistique !
- Un psychanalyste est une personne qui prétend décrypter tout ce que l'inconscient cache au conscient et qui fouille dans les souvenirs des gens, définit grossièrement Aliania. Autant dire que si l'un de ces charlatans tente de m'approcher, il risque bien plus qu'un simple mal de tête... pensa-t-elle sombrement.
Un silence apaisant s'installa, seulement rompu par le bruit de l'eau et du vent s'infiltrant dans les branches des arbres. Le soleil perçait peu à peu au travers de l'épaisseur du bois réchauffant ainsi les deux amants. Aliania s'était remise à somnoler dans les bras de Legolas qui était perdu dans ses pensées. Tout d'un coup, le cheval du Prince se mit à piaffer puis se cabra en hennissant. Son agitation tira le couple de leurs songes qui se redressa vivement, tous leurs sens aiguisés en alerte.
- Qu'as-tu entendu mon bon Guilliàn ? murmura Legolas en elfique en tentant de calmer sa monture. Un animal ?
- Cela m'étonnerait qu'il réagisse autant s'il ne s'agissait que d'une bête... Je vais faire une inspection ! Je ne serai pas longue ! cria-t-elle alors qu'elle avait déjà disparu sans laisser le temps à son homme de la retenir.
Legolas s'habilla et soupira devant la témérité de sa promise. Elle était partie sans arme ni protection, une cible facile en somme. Il se rassura quelque peu en se rappelant qu'elle était une puissante sorcière et qu'elle avait affronté maints dangers. Les minutes défilèrent lentement et c'est le cœur soulagé qu'il la revit réapparaitre au détour d'un arbre.
- Je n'ai rien trouvé, le tranquillisa-t-elle. J'aurais identifié des empreintes si quelque chose s'était approché d'un peu trop près de nous.
- En es-tu certaine ?
- Chéri, il n'y a qu'une seule personne qui soit plus douée que moi pour suivre une piste et cette personne tient une partie de son enseignement de moi-même ! fit mine de s'offusquer la jeune elfe.
- Aragorn peut en effet s'estimer heureux d'avoir eu d'aussi bons mentors, sourit le Prince en pensant à son ami.
- Les meilleurs de la Terre du Milieu ! Gandalf, Elrond, Haldir et moi, sans vouloir paraître prétentieuse bien sûr, rigola-t-elle.
- Ce n'est pas de la prétention, c'est la pure vérité.
- Par contre, j'avoue que pour le tir à l'arc, tu pourrais lui donner une ou deux leçons... ce n'était pas parfait la dernière fois qu'on s'est entrainé ensemble.
- À ce point là ? s'étonna le Prince.
- Disons que la cible a été atteinte de justesse, éluda-t-elle soucieuse de ne pas dénigrer l'indéniable talent d'Aragorn. Ce n'est pas que je m'ennuie, mais je ne peux pas rester ici... dit-elle s'apprêtant à boutonner la chemise de son amant.
Son regard fut attiré par une marque violacée sur son torse. Fronçant les sourcils, elle lui demanda :
- C'est moi qui t'ai fait ça ?
- Ce n'est pas ta faute et je ne sens aucune douleur.
- Désolée, marmonna-t-elle, détestant faire des excuses même si elles étaient nécessaires.
- Je ne t'en veux pas mon amour, lui assura-t-il avant de l'embrasser.
- Tu vas rentrer chez toi ou bien tu dois aller ailleurs ?
- J'étais venu spécialement pour te voir il ne me reste plus qu'à retrouver mon père et lui transmettre le message d'Elrond.
- D'accord.
- Comment vas-tu rentrer de ton côté ? Tu n'as pas de cheval.
- Ne t'inquiète surtout pas pour ça, je ne reste pas ici. En Terre du Milieu je veux dire. Je suis en mission dans un endroit que vous ne connaissez pas.
- Moins j'en saurai et mieux je me porterai, c'est cela ? demanda-t-il avec une petit sourire triste.
- Legolas, tu sais bien que ma vie est dirigée par les missions que l'on me confie. Je ne peux pas tout t'expliquer, c'est trop compliqué. Sache juste qu'où que j'aille, tu me manques.
Elle l'embrassa une dernière fois avant de s'éloigner lentement à reculons afin de graver son visage dans sa mémoire le plus longtemps possible. Lorsqu'il fut hors de sa vue, elle soupira et franchit le portail pour Poudlard.
La nuit était tombée en Écosse, enveloppant de ténèbres le parc de l'école. Aliania inspira profondément avant de reprendre son apparence d'écolière. La Grande Porte était scellée mais cela ne l'empêcha pas de la franchir. D'un geste évasif de la main, elle fit glisser les nombreux verrous qui protégeaient la porte.
- Vive la télékinésie n'empêche ! pensa-t-elle.
Du bruit s'élevait de la Grande Salle. Elle se motiva et y entra sous les regards surpris de certains élèves qui avaient remarqué son apparition. Elle repéra rapidement sa sœur qui était assise près d'Harry, Ron, Seamus et Dean.
- Salut ! fit-elle en s'asseyant parmi eux comme si de rien n'était.
- Salut ! lui répondirent-ils en chœur.
- T'étais où ? fit Ron entre deux bouchées.
- Là où de toute évidence tu n'étais pas, répondit Soledad au tac-au-tac. Quoi de neuf les gars ? continua-t-elle sur un ton enjoué.
- Tu es de bonne humeur aujourd'hui ! constata Marie en lui souriant.
- Je n'ai pas le droit ? fit-elle avec un sourire innocent.
- Non, qui as-tu zigouillé pour être d'aussi bonne humeur ? s'enquit sa jumelle suspicieuse.
- Personne ! Je te jure ! explosa de rire Soledad. J'ai juste passé une bonne nuit si tu vois ce que je veux dire.
- Mais on est au repas du soir, comment peux-tu avoir passé une bonne nuit ? demanda Ron.
- Toujours aussi perspicace ce petit ! fit-elle avant de l'ignorer royalement.
- Oui, j'avais cru sentir que tu avais passé un bon moment avec ton mec... merci pour les sensations à distance.
- Oh bah tu préfères ressentir ça ou bien les coups ? s'amusa Soledad.
- Je préfère ne pas répondre à cette question, éluda Marie un peu gênée.
- Au fait, on est quel jour là ? demanda subitement Soledad.
- Dimanche... tu avais disparue depuis jeudi soir, répondit Harry.
- Rogue nous a fait perdre des points à cause de ça d'ailleurs, rajouta Dean avec un regard de reproches.
- Sérieux ?
- Ouais, sérieux, renchérit Seamus.
- Je vais me le faire, t'inquiète pas !
- Mince, c'est loupé pour la diplomatie... se dit Marie tout en se gardant bien d'intervenir.
Avant que ses camarades ne puissent esquiver un geste pour l'en empêcher, elle se dirigea d'un pas vif vers la table des professeurs qui la fixèrent d'un œil inquisiteur.
- Alors comme ça on se permet d'ôter des points aux Gryffondor sous prétexte que ma sœur et moi ne sommes pas là ? apostropha-t-elle d'une voix forte le Professeur de Potions.
- Mademoiselle Lopès, retournez vous asseoir ! s'insurgea le Professeur McGonagall.
- Non, je n'ai pas fini ! lui rétorqua-t-elle sous les yeux horrifiés des élèves de Poudlard. Ce n'est pas à vous que je m'adressais mais à Rogue.
- Ça suffit Mademoiselle Lopès ! Silence ! intervint le Directeur en la regardant sévèrement, ce qui n'était pas vraiment dans ses habitudes.
- Quoi « silence » ? Quand je parle, on ne me dit pas « silence », c'est clair ? Et pas la peine d'essayer de tenter quoi que ce soit avec votre morceau de bois pour me faire taire ! le prévint-elle avec un regard rempli de fierté insolente.
Le professeur Rogue qui n'avait rien dit jusqu'à présent ouvrit la bouche pour déclarer d'une voix doucereusement menaçante :
- M'agressez devant toute l'école de la sorte est sans aucun doute la chose la plus stupide qu'il soit possible de faire...
- Une chose stupide ? Non, je ne crois pas ! Par contre, pénaliser l'ensemble d'une promo pour les actes isolés de deux élèves, ça c'est une chose stupide. C'est également une chose stupide d'oser s'attaquer à ma sœur et moi. Vous allez rendre les points à la Maison Gryffondor sinon je vais me fâcher et croyez-moi, ça ne serait pas beau à voir, ni à entendre.
- Je ne cèderai jamais à vos caprices et je vais retirer cinquante nouveaux points pour cette scène pathétique.
- Ok, lâcha brusquement la jeune fille en levant ses deux mains devant elle en signe de rémission.
Une seconde plus tard, le Professeur Rogue ne retrouva avec le contenu de son assiette sur sa tête – en l'occurrence un plat de spaghettis bolognaise – suivi du contenu de son gobelet d'or.
- Vous avez dépassé les bornes jeune fille ! tonna le Professeur Dumbledore en se levant. Ce que vous venez de faire est inadmissible !
- Sans baguette, comment aurais-je pu faire ça ? sourcilla-t-elle hilare.
- C'est forcément elle ! cria le Maître des Potions qui avait de faire disparaitre les dégâts d'un simple evanesco.
- Prouvez-le, rétorqua-t-elle avant de lui tourner le dos en se frottant les mains. Et voila le travail ! lança-t-elle à l'assemblée qui était figée.
Elle traversa la Grande Salle la tête haute, satisfaite de voir la majorité des élèves de l'école rigoler et lui lancer des regards admiratifs. Décidément, cette fille était certes suicidaire, mais qu'est-ce qu'elle avait de la classe !
En voyant leur professeur afflué d'une coiffe plus que dégoulinante de sauce tomate, Marie s'était cachée derrière un énorme pot d'eau, à la fois amusée et désespérée par l'attitude enfantine de sa sœur. Comme c'était à prévoir, elle vit le Professeur McGonagall se diriger vers elle les lèvres pincées. Soupirant un grand coup, elle se retourna pour lui faire face.
- Oui ?
- Le Professeur Dumbledore exige de vous voir vous et votre sœur dans son bureau immédiatement.
- Encore ? soupira une nouvelle fois Marie. Très bien, je vais chercher ma sœur et on arrive.
Pas la peine d'essayer d'esquiver la future prise de tête puisqu'à un moment donné, il faudrait bien que Soledad s'explique sur son attitude. Marie courut rattraper sa sœur qui était déjà en train de danser dans leur petite cour intérieure.
- On est attendu chez Dumbledore, maintenant.
- Génial...
- Tu ne t'attendais tout de même pas à ce qu'on puisse s'en tirer comme ça ? Ce n'était vraiment pas intelligent ce que tu as fait.
- Sur le coup, ça ne t'a pas empêché de rire avec les autres ? sourcilla Soledad en toisant sa sœur.
- En même temps, comment ne pas rigoler à la vue d'un gars recouvert de pâtes à la sauce tomate ? pensa Marie en son fort intérieur.
- À la prochaine remarque, c'est son chaudron que je lui verserai sur la tête. Ou alors je le forcerais à l'ingurgiter, hésita la jeune fille entre les deux idées plus que sympathiques.
- N'y pense même pas ! s'indigna sa sœur. Faut te calmer ma vieille !
- « Ma vieille » ? Tu te rappelles qu'on est jumelle ? se moqua Soledad.
- Je ne risque pas de l'oublier... être jumelle ne veut pas forcément dire que je dois réparer toutes tes conneries...
- Pourtant on a toujours fonctionné comme ça et tu connais l'expression : on ne change pas une équipe qui gagne !
Elles arrivèrent rapidement devant la statue du Phénix qui barrait l'accès au bureau directorial. Celle-ci les laissa passer, probablement sur ordre de Dumbledore. Elles entrèrent dans le bureau pour se retrouver face à l'ensemble des professeurs de Poudlard.
- Oula, s'exclama Soledad. Tout ça pour nous ? Trop d'honneur...
Le Directeur, qui était assis dans son fauteuil, pris la parole.
- Mesdemoiselles Lopès, la situation ne peut plus durer. J'espérais que vous vous intégreriez à cette école sans trop de difficulté mais pour cette fois, j'ai peut-être un peu trop laissé parler mon côté optimiste.
À ces mots, le Professeur Rogue afficha une mine dégoûtée.
- J'ai demandé aux différents professeurs d'assister à notre entretien afin qu'ils sachent de quoi il en retourne. Je pense qu'ils sont en droit de savoir qui vous êtes.
- Qui elles sont ? releva le Professeur Rogue. Que peuvent-elles être d'autre que deux infâmes gamines insolentes et mal élevées qui sèchent les cours ? vociféra-t-il.
Le Professeur Dumbledore fixa les jumelles pour savoir si elles étaient prêtes à révéler leurs véritables identités. Marie prit alors la parole :
- Pour commencer, on n'est pas des gamines, dit-elle calmement en se métamorphosant avec sa sœur en leur forme adulte sous le regard choqué des professeurs.
- Ensuite, on n'est pas mal élevées. On profite juste à fond des libertés de penser et d'expression. Si certaines vérités ne vous plaisent pas, tant pis, ça ne nous empêchera pas de vous les dire, compléta Soledad.
- Enfin, nous ne sommes pas vraiment ici pour étudier, d'où notre manie de ne pas aller régulièrement en cours, conclut Marie.
- De toute façon, on n'a pas recours à l'art des baguettes pour exercer notre magie, alors la plupart de vos cours ne nous sont guère utiles...
- D'autant plus qu'on est largement au dessus du niveau des premières années...
- Je peux même affirmer que nous sommes plus puissantes que vous tous ici réunis, fit Soledad d'un ton dégagé.
- Quelle arrogance ! s'exclama l'un des portraits outré.
- Ce n'est pas la stricte vérité. Je ne doute nullement de vos talents respectifs mais, objectivement, nous sommes bien plus expérimentées en magie que vous.
- Vous avez quoi ? Seize ans tout au plus ! À cet âge là, vous êtes loin de tout connaitre de la vie ! s'exclama le Professeur Chourave.
- Vous vous fiez trop aux apparences, rigola Marie. Cependant, je suis flattée de paraître aussi jeune.
- Moi, ça me va de dire qu'on a seize ans ma chérie, s'esclaffa Soledad en faisant un clin d'œil à sa sœur.
- Ouais, tu m'étonnes, ça nous ferait paraître deux cents quinze moins âgées qu'on ne l'est réellement.
- Putain, t'es douée en calcul mental toi...
- Vocabulaire Sol ! lui reprocha-t-elle pour la forme.
- Ne nous faites pas croire que vous avez plus de trois milles ans ! s'alarma le Professeur Bibine.
- Pas trois milles de vos années mais trois milles et quelques quand même...
- On est venue quand pour la première fois dans cet univers ?
Soledad fronça les sourcils en réfléchissant :
- Euh, question intéressante... on n'a pas connu les dinosaures mais je ne souviens d'avoir été dans la Rome Antique donc ça remonte un peu...
- Ça, c'était à cause d'un accident – une potion qui avait mal tourné je crois – non, on a du venir ici au Moyen-âge, rectifia Marie.
- OH ! Pensez à respirer sinon vous allez tomber dans les vapes ! prévint-elle en constatant que leur révélation avait coupé le souffle à plusieurs professeurs.
- Comment faites-vous pour vivre aussi longtemps ?
- On n'est pas juste des sorcières mais aussi des elfes. C'est un mélange explosif, plaisanta Marie.
- Ajoutez à cela notre rôle de protection des innocents et vous avez le résultat sous les yeux.
- Pourquoi êtes-vous venues à Poudlard ?
- On ne sait pas, on n'a pas choisi. On a atterri devant le portail comme par magie le jour de la rentrée.
- Et concrètement, on n'a pas encore bien saisi en quoi consistait notre tâche. Votre monde n'est plus en guerre contre Voldemort...
- Ne pr...pronon... prononcez pas son n... nom, bégaya le Professeur Quirrell, l'air terrifié.
- Pourquoi craignez-vous tant ce nom ? Il est mort maintenant ! s'enquit Marie.
- Puis comme pseudo, il aurait pu choisir moins cliché, ricana Soledad. Lord Voldemort, rien que ça ?
Le Professeur gémit une nouvelle fois très mal à l'aise.
- Wow, pour un professeur de Défense Contre les Forces du Mal, je vous trouve bien craintif... lui fit remarquer Soledad. Faudra penser à changer de métier si vous avez juste peur de nommer un mage noir qui a été anéanti par un gosse d'un an !
- Sol...
- Bah quoi ? C'est vrai !
Sa sœur soupira devant le manque de retenu de sa cadette avant de s'adresser à Dumbledore.
- Vous avez raison, ça ne peut plus durer. On est intégré dans votre école seulement on ne peut garantir ni d'être assidues aux cours, ni de nous conduire comme des premières années normales. Alors que dit-on ? Que fait-on ?
Le vieil homme soupira profondément. Que faire ? C'était une bonne question, une excellente question même... Il ne pouvait pas leur permettre de continuer à aller et venir comme bon leur chante dans le château et encore moins les laisser se confronter à chacun des professeurs. Cela créait trop d'agitation aussi bien pour eux que pour les élèves. En même temps, il ne voulait pas prendre le risque de les chasser de Poudlard. Il ne savait pas ce que leur réservait l'avenir, mais il doutait fortement que celui-ci soit tout rose. Ayant connaissance de certaines prédictions et prophéties, le Directeur pensait que les sœurs Lopès auraient bel et bien un rôle à jouer dans leur Histoire, même s'il ignorait encore lequel.
- Beaucoup trop d'étudiants se posent des questions sur votre façon d'être... Je pense... oui je pense que vous devriez leur révéler un minimum sur vos véritables identités.
- Vous pensez sérieusement que nous devons nous montrer avec notre apparence adulte ? s'étonna Marie.
- J'aurai moins de peine à justifier les absences si les élèves constatent que vous êtes suffisamment adultes pour les assumer.
- Ça veut dire qu'on pourrait sécher autant qu'on veut ? demanda Soledad avec un espoir feint.
- Pas quand vous voulez, mais quand vous devez, nuança leur professeur.
- Mais ça risque d'arriver souvent pour ne pas dire quotidiennement Professeur, l'avertit Marie. Nous ne sommes pas rattachées qu'à Poudlard pour les missions. Notre emploi du temps est très chargé et imprévisible.
- Vous ferez comme vous pourrez. Je vous demanderai juste de ne plus agresser de professeurs ou d'élèves quels qu'ils soient, déclara-t-il sur un ton mi-sérieux, mi-amusé.
- Je préfère qu'on se base sur le principe égalitaire, lâcha Soledad en croisant les bras.
- C'est-à-dire ? questionna le Professeur McGonagall.
- C'est-à-dire qu'on se conduira de la même manière que notre interlocuteur. S'il ne nous cherche pas, nous ne le chercherons pas. S'il nous énerve, nous l'énerverons en retour. C'est donnant-donnant.
- Est-ce que tout le monde est d'accord pour appliquer ce principe ? demanda le Professeur Dumbledore en balayant du regard le corps professoral.
Tous hochèrent la tête après un petit temps de réflexion. Tous excepté le Professeur Rogue :
- Monsieur le Directeur, ce principe est insensé ! Elles restent des élèves or elles nous doivent le respect et l'obéissance...
- Respect et obéissance ? intervinrent les sœurs Lopès en haussant un sourcil.
- Le vrai respect va dans les deux sens, déclara Marie en le fixant droit dans les yeux. Être dans une relation professeur/élèves ne devrait pas signifier qu'il y a un maître tout puissant et un apprenti qui peut recevoir toutes les remarques du premier selon son humeur. Le propre d'un professeur est d'enseigner sans pour autant rabaisser les élèves en difficulté. Au contraire, il doit tout faire pour les aider de son mieux sans jamais les décourager ou les insulter. Autant dire que vous êtes loin de compte Professeur Rogue. Vous passez plus de temps à provoquer et humilier vos élèves qu'à chercher à leur apprendre sincèrement comment faire une potion.
- Et hop, prends-toi ça dans la gueule Rogue ! pensa Soledad narquoisement.
La plupart des enseignants – pour ne pas dire la totalité – avait l'air d'approuver le contenu du discours de la jeune fille et jeta des regards en coin à leur collègue.
- Je n'ai pas à me faire dicter ma conduite par une élève ! rugit-il furieux.
- Gardez à l'esprit que nous ne sommes pas vraiment des élèves, fit Soledad d'un ton lourd de menace. Il y a longtemps que nous avons perdu ce statut, bien avant que votre arrière-arrière-arrière-grand-père n'ait fait ses premières dents.
- Nous allons tâcher d'appliquer ce principe égalitaire, trancha Dumbledore d'un ton qui n'admettait aucune réplique.
Furieux, la Terreur des cachots quitta la pièce en claquant la porte.
- Demain, poursuivit-il d'une voix calme, vous vous rendrez dans la Grande Salle en gardant votre apparence d'enfant et vous vous métamorphoserez lorsque je vous ferai signe.
Les jumelles acquiescèrent tout en se demandant comment les autres allaient réagir. Elles se moquaient pas mal que les élèves les dévisagent – après tout elles avaient l'habitude – mais elles espéraient quand même que cela ne leur apporterait pas trop d'ennuis, aussi bien à eux qu'à elles.
Des choses à dire ?
Alors ? A votre avis, comment vont réagir les élèves ? Est-ce que Rogue et les soeurs Lopès vont respecter ce principe égalitaire ? ^^
A bientôt et merci !
