Bonjour !

Avant toute chose, je pense que je vais bientôt déplacer cette histoire dans le fandom Harry Potter car les cross-over ne sont pas tellement commentés sur ce site (pourtant j'avais de l'espoir en voyant le nombre de vues^^').

Cela me décourage un peu de constater que personne ne me fait part de son avis ici... :'(

Maintenant que je vous ai dis ce que j'avais sur le coeur, je vous souhaite une bonne lecture ainsi qu'une bonne journée.


Chapitre 10 – Surprenante révélation

Suite à la réunion avec l'équipe enseignante, les sœurs Lopès regagnèrent le dortoir des Rouge et Or où leur arrivée fut marquée par des exclamations de joies.

- Je pensais qu'on se serait plutôt fait huer pour la perte des cinquante points, ironisa Soledad.

- Ce n'est pas si cher payé pour avoir vu Rogue coiffé d'un tas de spaghettis dégoulinants sur la tête ! s'exclama Ron mort de rire.

- Pas cher du tout même ! renchérit Fred, son grand frère.

- Même nous on n'avait jamais osé le faire ! continua Georges en s'inclinant en signe de respect.

- Mesdemoiselles, vous ne seriez pas aussi jeunes, nous vous demanderions de nous épouser sur le champ ! firent-ils en cœur en s'agenouillant devant elles.

Face à cette déclaration, les jumelles rigolèrent.

- Si ils savaient... fit Marie.

- Ils le sauront demain, lui rappela sa sœur.

- Allons Messieurs, allez donc prendre une douche froide, ça va vous calmer ! rétorqua du tac au tac Soledad.

- Qu'est-ce que vous a dit le professeur Dumbledore ? s'enquit Hermione qui ne semblait pas partager l'euphorie générale.

- En quoi cela te regarde-t-il Hermione ? intervint Ron.

- Il se trouve qu'en tant qu'élève de Gryffondor, je me sens concernée par l'avenir de notre Maison moi Monsieur Weasley-qui-ne-pense-qu-à-manger ! le toisa-t-elle.

- Qu'est-ce que tu insinues toi la Miss-je-sais-tout ? s'offusqua Ron.

- Que tu te préoccupes plus d'éléments infantiles comme la nourriture et le Quidditch que de ce qu'il pourrait nous arriver à cause d'une crise de nerfs d'une de nos camarades !

- Éléments infantiles ? répéta Ron.

- Crise de nerfs ? fit en même temps Soledad.

- Bon ok, stop ! Ça suffit tout les trois ! s'immisça Harry dans la conversation qui risquait de mal tourner. Sol, est-ce que le Directeur va prendre une sanction collective ?

- Non.

- Tu n'es pas renvoyée ?

- Non.

- Et bien c'est parfait, tu vas t'en tirer avec une bonne retenue puis l'incident serait clos !

- Je n'effectuerai pas non plus de retenue. Bon, on peut passer ? On aimerait bien aller se doucher puis se coucher si cela ne vous dérange pas trop, lâcha la jeune fille.

Sans attendre de réponse, elles montèrent les escaliers pour se rendre dans leurs chambres. Elles eurent le temps d'entendre les jumeaux s'étonner du manque de sanction et se plaindre que ce n'était pas juste pour eux qui étaient si souvent punis.

Soledad s'affala sur le lit avant de se redresser en grimaçant.

- Qu'est-ce qu'il t'arrive ? s'inquiéta sa jumelle.

- Courbatures... répondit-elle en serrant des dents.

- Fallait pas faire autant de gym la nuit dernière ! lança Marie moqueuse à sa sœur qui venait de s'enfermer dans la salle de bain.

- C'est pas beau la jalousie ! rétorqua Soledad pour la forme.

En réalité, elle avait toujours cette douleur dans le dos qui était apparue suite à son cauchemar. Elle avait beau scruter son dos dans le miroir, elle ne percevait pas d'ecchymoses ou d'autres marques suspectes. Perplexe, elle entra dans la douche et essaya de se détendre sous le jet d'eau chaude. Qu'est-ce que qui n'allait pas chez elle ? Elle se laissa glisser le long de la paroi et posa sa tête sur ses genoux en soupirant. Marie ne ressentait pas cette douleur et elle-même n'avait pas de marques visibles. Pourquoi avoir refait deux fois le même cauchemar ? Il avait l'air si... réel. Pourtant, elle n'avait pas la sensation que ça soit un rêve prémonitoire – non pas que ça ne lui soit jamais arrivé – mais son instinct lui soufflait que cette scène s'était déjà produite. Elle avait beau se creuser les méninges, elle ne voyait pas d'où ces éléments pouvaient provenir.

- Sol, est-ce que tout va bien ? lui cria sa sœur à travers la porte.

- Oui, pourquoi ? réagit-elle, réalisant qu'elle avait du se perdre dans ses pensées.

- Ce n'est pas dans tes habitudes de trainer dans la salle de bain...

- Bingo ! pensa-t-elle. J'arrive !

Soledad hésitait de faire part de ses préoccupations à son aînée. Après tout, il lui en fallait plus que ça pour l'alarmer, pas la peine d'inquiéter sa sœur pour si peu. Rien ne dit que ça allait recommencer. S'enroulant dans une grande serviette blanche, elle sortit pour laisser la place à Marie. Entendant du bruit dans les escaliers, la jeune fille s'installa sur son lit et se mit à démêler ses longs cheveux bruns. Hermione, Parvati et Lavande arrivèrent, ces deux dernières encore excitées par « incident Rogue », et continuèrent à débiter un flot de paroles ininterrompu. Ces bavardages futiles incessants avaient le don de fatiguer l'elfe. « Trop de blabla pour pas grand-chose », comme elle se plaisait à dire. Au bout d'un quart d'heure, elle craqua.

- Hey les filles ! Quitte à ne pas vouloir la mettre en sourdine, baissez au moins d'un ton ! Parce que les piaillements suraigus, ça va bien cinq minutes...

- Fait comme moi dans ce cas, un assurdiato autour de ton lit, et le problème est réglé, intervint Hermione.

- Tu sais lancer le sortilège du Silence ! s'enthousiasma Parvati. Oh, tu nous apprends à le faire Hermione, s'il te plait !

Les deux pipelettes se mirent à harceler Hermione, redoublant d'ardeur dans leurs propos. Soledad soupira, se coucha en rabattant son oreiller carré sur sa tête pour tenter d'atténuer le bruit. Sentant que sa grande sœur la fixait, elle sortit de son abri :

- On sort ?

- Ouais, on va faire un tour.

- Vous n'avez pas le droit de sortir après le couvre-feu, leur rappela Lavande.

- C'est stipuler dans le règlement, renchérit Hermione. Vous ne l'avez donc jamais lu ?

- Hermione, que ça soit clair une bonne fois pour toute : je me contre fiche royalement de ce qui est permis ou non dans cette école. Si je veux sortir, ce n'est pas un vulgaire morceau de papier qui va m'en empêcher.

- Mais...

N'écoutant pas les protestations de la petite Gryffondor, elles descendirent en se tenant la main, ignorant leurs camarades qui les interpellèrent quand elles franchirent le portrait de la Grosse Dame. D'un accord silencieux, elles se rendirent dans la petite cour où elles avaient déjà été auparavant. S'asseyant sur un banc en pierre, elles se racontèrent leurs journées respectives.

- Effectivement, c'est toi qui va te taper la visite en Lorien, confirma Soledad en un sourire. C'est l'occasion de voir Lendiwëll en plus.

- En parlant de lui, tu ne devineras jamais ce qu'il s'est passé après ton départ.

- Vas-y, raconte !

- Ada m'a avoué être au courant de notre relation et il n'est pas en colère – comme j'aurais pu le craindre au départ – il me donne même son approbation pour le voir.

- C'est une bonne nouvelle ! Plus besoin de vous couvrir, c'est cool ! rigola Soledad en repensant aux ingénieux procédés qu'elle avait du mettre en œuvre pour permettre au couple de s'aimer sans que personne ne découvre leur secret. Mais au fait, comment l'a-t-il su ?

- Il a du avoir une vision... j'ai eu le droit à une explication un peu évasive. Bref, je dois partir pour la Lothlorien le plus rapidement possible.

- Alors vas-y ! Je vais rester ici. Essaies toutefois de rentrer pour l'annonce de Dumbledore...

- Okay. Merci, fit-elle en embrassant sa sœur avant de se volatiliser.

Soledad resta dans la cours à rêvasser. Elle ne voulait pas s'endormir, peu désireuse d'être à nouveau proie d'un cauchemar. Faire d'horribles rêves n'était pas rare chez elle – et cela n'avait rien d'étonnant vu les atrocités sans nom auxquelles elle faisait face chaque jour – mais cette fois-ci, elle sentait que ce rêve sortait de l'ordinaire. Autant la jeune fille comprenait cauchemarder en repassant l'assassinat de sa mère ou encore l'enlèvement de sa plus grande sœur, autant là elle ne saisissait pas d'où cette histoire de forêt sombre sortait. Bref, elle ne voulait pas non plus se prendre la tête pour un songe, aussi stressant soit-il.

Marie, qui avait repris l'apparence d'Alana, était apparue près des frontières gardées de la Lothlorien. Des barrières invisibles magiques, instaurées par ses tantes il y a des siècles, défendaient l'accès par téléportation ou par portail dimensionnel. Se glissant silencieusement dans les bois dorés, elle s'attendit à tout instant à rencontrer les elfes chargés de la protection des frontières. Une minute plus tard, elle entendit un léger mouvement dans les fourrés et se retrouva quasiment aussitôt avec un arc pointé sur elle. La jeune s'immobilisa et leva les mains en signe de paix.

- Abaissez vos arcs ! ordonna un elfe blond. C'est l'une des Princesses d'Imladris, fille du Seigneur Elrond.

- Maintenant, la plus grande question est : laquelle est-ce ? plaisanta Alana en guise de salut. Haldir, cela fait longtemps que nous ne sommes pas vus. Comment allez-vous ?

- Fort bien, je vous remercie Dame Al...

L'elfe s'interrompit, hésitant sur l'identité de son interlocutrice.

- Alana, rigola-t-elle franchement. Un jour viendra où vous parviendrez à nous distinguer.

- Je vais vous mener auprès de la Dame Galadriel et du Seigneur Celeborn.

- Cela ne sera pas nécessaire, je connais la route. Vous feriez mieux de rester ici et continuer à garder les frontières.

- Comme vous le désirez Dame Alana, s'inclina le Premier Commandant de l'armée elfique en la laissant passer.

La jeune elfe poursuivit son chemin à grands pas et se mit à courir dès qu'elle fut certaine que plus personne ne l'épiait. Sa course dura de longues minutes avant qu'elle ne commence à s'essouffler. Ralentissant l'allure, elle franchit le porche formé par deux grands arbres entrelacés pour arriver à l'entrée de la cité d'avant-garde. Elle fut accueillie par trois soldats qui la saluèrent avec respect et qui lui proposèrent d'annoncer son arrivée au Seigneur Celeborn. Elle refusa, prétextant vouloir leur faire la surprise, et poursuivit sa route. Cependant, la jeune fille n'emprunta pas la route principale menant à la cabane royale mais un petit chemin qui la conduisit vers de nombreux cabanons perchés. Elle se mit à gravir à l'une des échelles et se hissa sur la plateforme de bois. L'habitant ne devait pas encore être rentré de son tour de garde. La jeune Princesse s'assit à même le sol et prit son mal en patience. Elle avait tellement hâte de retrouver Lendiwëll et de se jeter dans ses bras protecteurs. Le temps s'écoula lentement, très lentement, trop lentement... Alana s'assoupit, transportée par le bruit du vent soufflant dans les arbres, inconsciente qu'un elfe venait de découvrir avec bonheur sa présence. Le soldat hésita à la tirer de ses pensées oniriques. Après l'avoir contemplé quelques minutes, il alla lui caresser tendrement la joue pour la faire émerger. Son regard fixe se remit à bouger et elle lui sourit.

- Quelle merveilleuse intrusion, commença Lendiwëll.

- Pour une demeure de garde, je n'ai eu aucune difficulté à m'y introduire, charria-t-elle heureuse de le voir enfin.

Le couple s'embrassa, bien décidé à rattraper le temps perdu.

- Nous sommes libres, souffla la jeune fille entre deux baisers.

- Que dis-tu là ? s'enquit Lendiwëll surpris.

Alana s'arrêta pour le regarder droit dans les yeux avant de répéter :

- Nous sommes libres. Mon père sait pour nous et nous accorde sa bénédiction.

- Comment a-t-il put le savoir ? se renseigna le soldat.

- Je crois qu'il a eu une vision. Cela ne l'a pas fâché comme nous avions pu le craindre. Au contraire, il est satisfait de voir que tu me rends heureuse.

- Es-tu réellement heureuse avec moi ?

- Heureuse et comblée ! lui assura-t-elle avec ardeur avant de l'enlacer pour ne plus le lâcher.

Le couple s'adonna à la passion dévorante qui les animait, savourant pour la première fois le véritable sentiment de liberté qu'ils ressentaient.

À Poudlard, Soledad était toujours dans la cour. Cependant, elle n'était pas restée inactive et avait enchainé chorégraphies sur chorégraphies pendant plusieurs heures. En nage, elle s'interrompit pour reprendre son souffle. Assoiffée, elle alla dans les toilettes les plus proches pour s'abreuver. Le miroir ébréché lui renvoya une image d'une jeune fille à l'allure fatiguée. Pourtant, elle était loin d'être débordée ces derniers temps. Ses allers-retours entre l'école de Magie et la Terre du Milieu étaient largement faisables contrairement à ses innombrables trajets habituels qu'elle devait effectuer lorsqu'elle avait plusieurs missions simultanées. Un miracle quand elle y pensait... Il était rare que sa vie soit aussi calme.

- Ça doit pas être bon signe... pensa sombrement l'elfe. Le calme avant la tempête...

Dans son cœur, elle pressentait qu'une guerre sanglante ferait rage dans peu de temps. Quel délai leur restait-il pour contrer Sauron ? Un an ? Dix ans ? Ce n'était qu'une question de temps avait que quelque chose de monstrueux n'arrive. Elle espérait juste que les évènements futurs ne seraient pas aussi atroces que ceux passés.

Flash back :

L'Ultime Alliance des Elfes et des Hommes avait permis aux derniers peuples libres de la Terre du Milieu de mener une grande armée devant les Portes du Mordor. Les orques sortaient sans cesse du sol éventré de la Terre Noire, désespérant les vaillants combattants qui ne voyaient pas d'issue favorable à l'attaque. Soudain les lourdes Portes s'ouvrirent, révélant un immense soldat dont le visage était dissimulé par un imposant masque de fer. Celui-ci tenait une lourde massue ornée de piques. Tous purent remarquer qu'il portait à son majeur l'Anneau de pouvoir. Sauron avança lentement vers ses adversaires, suivis de près par deux Nazguls qui maintenaient solidement prisonnières deux petites filles inconscientes vêtues de robes blanches noircies par les cendres du Volcan. À cette vue, le Seigneur Elrond faillit lâcher son épée reconnaissant avec stupeur deux de ses filles. Mais que faisaient-elles là ? Pourquoi n'étaient-elles pas en sécurité à Imladris là où les avait laissées ? Comment diable Sauron avait-il pu les arracher à l'un des derniers havres de paix résistant à son invasion ? Pourquoi le destin lui affligeait-il ce nouveau coup alors qu'il venait à peine de lui prendre son épouse ?

Reprenant ses esprits, il observa attentive ses enfants qui avaient l'air mal en point : du sang s'écoulait lentement de leurs fronts, collant leurs cheveux emmêlés. Elles semblaient souffrir de multiples bleus et coupures plus ou moins visibles sous les lambeaux de tissus. L'une d'entre elle émergea de sa torpeur et se mit à se débattre en appelant sa sœur qui se réveilla avec difficulté. Réalisant que face à leur ravisseur se tenait l'armée de leur père, elles redoublèrent d'effort dans leurs tentative pour se libérer de leurs geôliers. Voyant leurs pitoyables efforts, Sauron laissa échapper un rire sinistre et s'avança dans l'armée adverse, abaissant de puissants coups avec son arme sur les soldats qui furent éjectés trois mètres plus loin. Le Seigneur de la Terre Noire approchait dangereusement de l'endroit où le Seigneur Elrond se trouvait. Aliana le remarqua et hurla à Sauron de s'arrêter. Celui-ci n'y prêtant aucune attention, elle cessa de se débattre et baissa la tête pour se concentrer. Elle fit appel à toute son énergie magique, priant pour que cela suffise, et releva la tête brusquement pour fixer le Seigneur ennemi. Comprenant ce que sa grande sœur essayait de faire, Aliania fit de même pour lui venir en aide. Ensemble, elles parvinrent à faire dévier la trajectoire de Sauron qui parti sur l'armée des Hommes du Gondor. Furieux, celui-ci redoubla d'ardeur dans ces coups, faisant hurler de douleur ses adversaires. Le roi des Hommes fut projeté violemment contre un rochet qui lui brisa la nuque. Son fils Isildur se jeta à ses côtés pour lui venir en aide. Sauron allait l'abattre à son tour quand le jeune Prince ramassa de justesse l'épée brisée de son père et lui trancha les doigts. Privé de la puissance de l'Anneau Unique, le Seigneur Noir fut vaincu ce jour là. Ses combattants se dispersèrent dans les crevasses de la terre ou demandèrent grâce aux gagnants.

Alors que tous se réjouissaient de cette incroyable victoire, Elrond se précipita vers ses filles qui étaient tombées à genoux, épuisées par l'effort qu'un tel déploiement de magie avait coûté. Avant qu'il ne puisse les rejoindre, un des Nazguls surgit de nulle part et poignarda l'enfant la plus proche de lui. La petite fille ne cria pas, le souffle coupé par la souffrance et se laissa glisser sur le sol ensanglanté. Sa sœur haleta sous la douleur et tenta de se rapprocher d'Aliania en rampant tout en pressant sa propre plaie. Le Nazgul allait revenir à la charge si un soldat ne lui avait pas balancé une torche dessus se faisant s'embraser et fuir. Le Seigneur Elrond s'agenouilla près de la victime et la retourna lentement sur le dos afin d'examiner sa blessure. L'ouverture ne semblait pas vraiment importante et le sang ne suintait pas trop. Cependant, cela ne rassurait pas pour autant son père qui savait que les lames des Nazguls étaient trempées dans du poison. Après avoir vérifié qu'il ne restait pas d'éclat dans le ventre de sa fille, le Seigneur Elrond banda sommairement la plaie et la souleva pour l'emmener loin du champ de bataille. Un compagnon d'arme porta également Aliana qui gémissait de douleur. Une immense tente avait été dressée par des guérisseurs à quelques kilomètres des Portes Noires. Les blessés affluaient de toute part, attendant patiemment que quelqu'un les soigne. Les jumelles furent allongées sur une couverture, lavées et bandées. Malgré la fatigue, leur père ne les quitta pas de la nuit, veillant à chacune de leurs paroles délirantes dues à la forte fièvre qui s'était emparée d'elles. Leurs teints étaient extrêmement pâles et rappelaient ceux des malheureux tombés au combat. À contrecœur, le Seigneur des Elfes délégua la veillée au soldat qui avait amené l'aînée jusqu'ici pour prêter main forte aux autres guérisseurs débordés. Les jumelles ouvrirent les yeux avec peine plusieurs heures plus tard. Aliania ne sentait pas au meilleur de sa forme mais au moins elle était vivante. C'était la première fois qu'elle avait été poignardée et se jura de ne plus permettre à aucune créature de l'approcher d'aussi près. Ça n'aurait pas du être permis de souffrir à ce point.

- Comment Sauron a-t-il pu vous faire venir à lui ? demanda son père.

Les jumelles froncèrent les sourcils en réfléchissant. Elles ne se souvenaient pas de grand-chose. Elles s'étaient endormies dans l'une des cours d'Imladris pour se réveiller au cœur de la Tour Sombre de Sauron le Perfide. Durant plusieurs jours, elles avaient subi diverses tortures gratuites. À leur grande incompréhension, personne n'avait cherché à leur soutirer des informations. Sauron s'était contenté de s'amuser avec elles. Les jumelles turent ces détails à leur père pour ne pas lui affliger une peine plus grande. C'était déjà suffisamment difficile pour lui de savoir que ses princesses avaient assisté à un massacre, pas besoin d'en rajouter une couche. Les petites elfes aimaient tellement leur père qu'elles feraient tout pour le protéger. Depuis le départ de leur mère, elle n'aimait pas le voir tout le temps triste. Bien sûr, elles aussi étaient extrêmement affligées par cette tragique perte mais elles s'estimaient chanceuses d'être quatre pour surmonter cette épreuve. Le Seigneur Elrond n'avait personne pour soulager sa peine. C'est probablement pour cela que ses filles avaient accepté assez facilement qu'il se remarie par la suite. Enfin... Alana et Alania car depuis l'enlèvement d'Aliana, Aliania avait été tellement mal que son père l'avait fait éloigner de la cité elfique. À partir de ce moment là, la relation de confiance entre le père et la fille fut irrémédiablement brisée.

Fin du flash-back.

Soledad soupira. Oui vraiment, elle espérait que leur avenir finirait mieux que leur passé s'est déroulé. Si ça ne serait pas le cas, ça ne lui donnerait vraiment pas envie de poursuivre sa destinée.

- Assez de pessimisme pour ce soir ! Pour l'instant la vie est belle ! Enfin, presque... se dit-elle en voyant le Maître des Potions s'avancer dans sa direction. Puis-je espérer que vous venez parler à la plante qui se trouve derrière moi ? feint l'élève pleine d'espoir.

- Je ne suis pas du genre à parler aux plantes, grinça Rogue entre ses dents.

- Pourtant, vous devriez les adorer vu la quantité que vous massacrez pour mettre dans vos potions, rétorqua narquoisement Soledad qui commença à s'éloigner.

- Pas si vite Mademoiselle Lopès !

- Quoi encore ?

- Désormais, je vous déconseille fortement de me tourner le dos, fit-il d'une voix doucereuse.

- Serait-ce une menace ? se moqua l'elfe avec un sourire goguenard.

- Un avertissement, rectifia Rogue en tournant les talons.

La jeune fille haussa les épaules pas le moins du monde intimidée par le professeur tyrannique. Après quelques siècles de combats acharnés, ce n'était sûrement pas un professeur qui allait lui faire peur, non mais ! L'elfe se dirige a vers les toilettes pour se rafraichir et effacer la fatigue qui commençait à se faire sentir. Tout en se concentrant sur les paroles d'une chanson pour ne pas se focaliser sur les sensations à distance que lui envoyait involontairement sa grande sœur, Soledad s'installa contre le mur de pierre et se remit à ressasser. Quelques minutes plus tard, elle laissa échapper un petit rire sans joie et leva pour aller s'asseoir dans une salle de classe. Elle s'empara d'un parchemin et d'une plume et se mit à écrire jusqu'à l'aube.

De son côté, Alana avait fini par se raisonner et se présenter à ses ascendants royaux. La Dame Galadriel ne sembla pas étonnée de la voir et l'accueillie avec joie. Elle et son époux avait toujours eu énormément d'affection pour Alana et Alania qui étaient à leurs yeux la promesse d'une descendance honorable. Mélangeant grâce et puissance, elles masquaient la déception des chemins empruntés par leurs deux autres sœurs. Certes, Alana suivait Aliania quasiment partout et pour tout, mais elle n'en restait pas moins fidèle et respectueuse envers son peuple.

- J'imagine que vous m'avez vu arriver ? supposa-t-elle.

- Le miroir révèle beaucoup de choses... répondit énigmatiquement sa grand-mère.

- Mon père m'envoie quérir conseils et renseignements auprès de vous. Je n'ai que très peu de temps. Pouvons-nous nous parler en privé ?

La Reine et le Seigneur Celeborn lui firent signe de les suivre dans un endroit moins exposé. Alana leur relata tous les signes qui agitaient la Terre du Milieu et les craintes que cela amenait. Les dirigeants de la Lothlorien écoutèrent gravement ses dires sans pour autant paraitre vraiment stupéfaits.

- Votre manque de réaction me faire dire que vous aussi avez pressenti ces évènements, déclara leur petite-fille. Avez-vous d'autres éléments à apporter ?

- Nos gardiens n'ont pas quitté nos frontières depuis bien des lunes. Cependant, nombreux sont ceux qui ont perçu un malaise non identifiable à l'orée de la forêt d'Or. Nul n'a pu en déterminer la cause.

- Que devons-nous faire ? s'enquit la jeune elfe.

- Que voulez-vous faire ? demanda Celeborn. Que pouvons-nous faire sans certitude ?

- Sans certitude ? répèta lentement Alana. Sauf votre respect Seigneur Celeborn, que vous faut-il de plus comme preuves ? Comptez-vous attendre que Sauron retrouve son anneau ? Que les orcs tuent votre peuple et brûlent votre royaume ? s'emporta légèrement la jeune fille.

Elle respira un bon coup et repris plus posément :

- J'ai été envoyée ici pour établir un plan d'action concret en accord avec nos deux royaumes. En ces temps troublés, quelles politiques allez-vous adopter ?

- Nos frontières sont déjà bien gardées. À part refuser le passage aux étrangers, je ne vois pas ce que nous pourrions faire.

- En cas de besoin, seriez-vous prête à recourir au pouvoir des anneaux elfiques ? demanda-t-elle peu optimiste quant à la réponse.

- Leur puissance n'est plus, esquiva Celeborn.

- Pardon ? s'étonna la jeune fille.

- À l'origine, Sauron l'imposteur avait offert trois anneaux aux elfes...

- Je suis au courant, le coupa Alana pressée.

- L'un d'entre eux fut perdu. Sans lui, notre pouvoir ne pourra lutter contre l'Unique.

- C'est ce que vous croyez... murmura la jeune fille.

- Personne ne sait où le troisième est. Votre mère en était la gardienne et il semblerait qu'elle ait enfouie à jamais avec elle le lieu de sa cachette.

Alana ne savait si elle devait dire la vérité. En effet, sa mère était la dernière gardienne connue de cette bague. Mais son secret n'avait pas été oublié dans sa tombe comme les autres porteurs semblaient le croire... Optant pour taire ce détail, elle reprit :

- Sachez que les elfes peuvent s'appuyer sur d'autres forces que celles des anneaux. Mes sœurs et moi-même n'avons pas besoin de ces objets pour pouvoir défendre le royaume.

- Si Sauron fait réellement son grand retour, rien ne certifie que vos pouvoirs seront efficaces contre lui.

- Nous verrons bien, soupira la Princesse. En attendant, je ne serai que trop vous conseiller de rassembler votre ancienne armée et de former au combat le maximum d'elfe. Mieux vaut prévenir que guérir, enchaîna-t-elle rapidement en anticipant la réplique de son grand-père.

- Nous sommes des êtres pacifiques.

- Être pacifique ne doit pas signifier être passif et victime de guerre, fit-elle d'un ton docte. Quand bien même la guerre ne viendrait pas jusqu'à vos portes, laisseriez-vous les peuples des Hommes et des Nains se défendre seuls ? sourcilla l'elfe.

- Leurs destinées ne nous concernent nullement, déclara froidement le Seigneur Celeborn.

- Votre réponse me choque ! En fin de compte, Aliania n'a peut-être pas tout à fait tort lorsqu'elle dit que vous êtes bien loin d'être aussi nobles et respectables que comme vous glorifient les chants d'antan.

Ne désirant plus s'attarder dans ce lieu qu'elle allait finir par trouver oppressant, elle tourna vivement les talons et se ruant vers la sortie faisant voler sa longue robe vert émeraude. Furieuse, ses pas la menèrent en moins d'une heure hors des frontières de la forêt d'Or. Sans se changer, elle traversa le portail pour atterrir en plein dans la Grande Salle.

Soledad rejoignit sa chambre l'aube et rangea le rouleau de parchemin qui était déjà bien rempli dans sa malle. Après une rapide douche, elle s'installa dans la Salle Commune pour attendre les élèves qui ne tardèrent pas à se réveiller pour commencer une nouvelle semaine de cours. Quand Harry fut prêt à descendre dans la Grande Salle, Soledad le suivit en espérant que sa sœur n'allait pas tarder à revenir.

Lorsque tous les élèves furent installés, le Directeur se leva et demanda le silence. Les étudiants se turent, étonnés par cette annonce matinale, et attendirent que le Professeur Dumbledore reprenne la parole. Hermione remarqua que Soledad – enfin si c'était bien elle – n'avait pas l'air tout à fait à son aise et ne cessa de se tortiller sur son banc. Cette attitude semblait bien surprenante venant d'elle.

- Chers élèves, j'ai une annonce importante à vous faire. Nous avons parmi nous cette année deux personnes un peu particulières... Leurs faits et gestes étaient singulièrement peu orthodoxes et quelque peu perturbants, je me dois de lever le voile sur certains mystères afin de faire cesser les quiproquos... Peut-être que certains d'entre vous se doutent de qui je veux parler.

Le silence dans la salle était total. Harry fronça les sourcils et se tourna vers sa voisine da table qui n'était autre que Soledad. Au même moment, Hermione fixa la jeune fille qui ne semblait pas le moins du monde perturbé par cette annonce énigmatique.

- Mesdemoiselles Lopès, veuillez-vous lever je voue prie, ordonna le Directeur.

Soledad soupira profondément : sa sœur était en retard. Elle se leva et s'apprêta à justifia l'absence de sa sœur lorsque le portail s'ouvrit pour laisser passer une Marie adulte plus que furieuse :

- Mais quelle bande de sales égoïstes ! ragea-t-elle avant de réaliser la situation.

- Mais quelle entrée ! railla sa petite sœur qui s'était elle aussi métamorphosée. Justement, tu tombes à pique, on a failli t'attendre.

- Ils sont au courant ? s'enquit-elle en regardant les regards exorbités de surprise et les bouches stupidement grandes ouvertes tournées vers la créature de rêve. Question conne vu la tête qu'ils font, se répondit-elle à elle-même.

- Comme vous pouvez le constater, les sœurs Lopès ne sont pas de véritables premières années, reprit Dumbledore calmement.

- Ouais, on a légèrement passé l'âge pour ça, renchérit Soledad. Au fait, pendant que j'y pense, vous voulez toujours nous épouser maintenant qu'on est plus grande ? s'esclaffa-t-elle en s'adressant aux jumeaux Weasley.

Ces derniers avaient l'air d'avoir été stupéfixiés.

- Pas de réponse, tant pis ? enchaîna Marie qui essayait de se calmer. Des questions peut-être ? s'enquit-elle en parcourant les rangs du regard.

- Jouons au jeu du « J'anticipe les questions ».

- Ok. Qui êtes-vous ? commença Marie.

- Pour vous, nous sommes Marie et Soledad Lopès. Pas besoin de vous embrouiller la tête avec nos véritables prénoms.

- Quel âge avez-vous ?

- On va dire seize ans pour Poudlard.

- Qu'est-ce que vous faites là ?

- Excellente question dont nous n'avons toujours pas la réponse. Quelqu'un nous a envoyé ici – on ne sait pas qui – pour accomplir une mission – on ne sait pas laquelle.

- Pourquoi nous révéler tout ça ?

- Pour ne plus avoir à se justifier de nos absences et les légitimer sans que cela se répercute sur les Gryffondor.

- Sur quoi n'avez-vous pas menti ? les interrompit Hermione.

- Euh... nous sommes vraiment des jumelles sorcières...

- ... qui avons un caractère de merde mais qu'on assume...

- ...et qui ne se laissent pas marcher sur les pieds par qui que ce soit !

- Pourquoi nous avoir caché tout ça ? demanda Harry qui se sentait trahit.

- Honnêtement ? C'était plus sûr pour vous tous. Vous êtes bien en sécurité ici à Poudlard, inconscients des dangers qui pourront vous guetter à la sortie. Seulement nous qui sommes des sorcières aguerries depuis bien plus longtemps que vous, nous savons que le Mal existe et n'attend qu'une chose : vous attrapez et vous détruire. Depuis toujours, nous luttons contre lui.

- On ne pouvait plus dissimuler notre véritable identité. À peine un mois s'est écoulé depuis la rentrée et déjà on s'est mis tous les profs à dos ainsi qu'une partie des élèves. On doit rester ici même si on a beaucoup de choses à faire ailleurs.

- Où ça ? demanda Percy.

- On ne répondra pas à cette question, c'est trop personnel, fit Marie en rejetant ses longs cheveux en arrière.

- Wow, tu as vu ses oreilles ! s'émerveilla Parvati peu discrètement en direction de Lavande.

- Ah oui, petit détail : nous sommes aussi des elfes, d'où les oreilles pointues et le fait que nous ne clignions normalement pas les yeux, fit-elle avec un air entendu vers Hermione qui venait de faire le rapprochement avec sa frayeur d'il y a quelques nuits.

- Des hybrides : merveilleux ! cracha Malefoy à voix haute. Quand mon père saura quelle racaille est admise ici...

- Si notre présence pose un quelconque problème à ton paternel, nous nous ferons un plaisir de nous expliquer avec lui...la prévint Marie.

- Et même de lui montrer que sang-mêlé ne rime pas avec infériorité...

Les jumelles se détournèrent du petit blondinet prétentieux pour voir si d'autres élèves souhaitaient intervenir.

- Je vous demanderai à tous de ne pas ennuyer ces demoiselles à l'avenir avec des questions intrusives. Désormais, elles sont autorisées à ne pas aller en cours lorsque cela leur sera nécessaire mais ne sont pas dispensées de leurs statuts d'étudiantes. Autrement dit, elles continueront à assister à la classe des Premières Années et à répondre jusqu'à un certain point au règlement de Poudlard.

- Fred, il entend quoi par « jusqu'à un certain point » ? s'interrogea Georges.

- Georges, je me suis posé exactement la même question, lui répondit son jumeau.

- Je ne sais pas, ne vous inquiétez pas, on testera leurs limites pour le découvrir, leur confia discrètement Soledad en souriant malicieusement.

- Cool ! firent les frères Weasley en chœur.

- Je vous conseille de vous empresser de finir votre petit déjeuner, les cours ne vont pas tarder à commencer, acheva Dumbledore.

La plupart des élèves se dirigèrent lentement vers la sortie non sans dévisager une dernière fois les jumelles avec de grands yeux.

- Allez, circulez ! Y'a plus rien à voir, oust, du vent ! les morigéna Marie irritée d'être la cible des voyeurs.

Soledad l'entraina dans un endroit plus calme pour lui demander pourquoi elle était aussi énervée de si bon matin. Après que son aînée lui ait expliqué la position de leurs ancêtres de la Lothlorien, la jeune fille soupira en déclarant que cela ne l'étonnait point.

Le premier cours de la semaine étant celui des potions se déroula dans un silence de mort religieux. Rogue foudroyait des yeux les sœurs Lopès mais ne pouvait leur adresser aucune remarque désobligeante étant donné qu'elles préparaient la potion demandée à la perfection sans échanger un seul mot. Si seulement il savait à quel point cette dernière constatation était fausse... Les jumelles communiquaient tellement par la pensée qu'il était étonnant de ne pas voir de la fumée émaner de leurs têtes.

À l'intercours, les élèves remontèrent dans leurs dortoirs respectifs pour prendre les affaires pour le cours suivant. Marie fouilla dans leur malle commune et tomba sur un parchemin noirci par l'écriture de sa petite sœur.

- Qu'est-ce que c'est que ça ? l'interrogea-t-elle tout en commençant à lire l'écrit.

- Ça quoi ? s'enquit la concernée en revenant de la salle de bain. Oh non laisse ! C'est rien ! s'exclama la jeune en tentant de reprendre son bien. Donne le moi tout de suite !

Marie esquiva le geste et continua à lire le papier fronçant les sourcils, son cœur se serrant au fil de la lecture.

- C'est quoi cette liste ? murmura-t-elle à nouveau en regardant sa sœur droit dans les yeux qui, gênée, détourna son regard.


Qu'avez-vous pensé du chapitre 10 ?

Que peut bien contenir ce mystérieux parchemin ?

Dans l'espoir d'avoir la joie de lire vos commentaires... je vous souhaite une bonne semaine !