Bonsoir/Bonjour !

Après un long mois d'absence, je peux enfin vous présenter le 11ème chapitre de cette histoire.
J'espère vraiment qu'il vous plaira (j'admets avoir quelque peu peiné à l'écrire)...

Vous allez enfin découvrir ce qu'est cette mystérieuse liste ;)

Bonne lecture !


Chapitre 11 – Entraînement et visite inattendue.

À l'intercours, les élèves remontèrent dans leurs dortoirs respectifs pour prendre les affaires pour le cours suivant. Marie fouilla dans leur malle commune et tomba sur un parchemin noirci par l'écriture de sa petite sœur.

- Qu'est-ce que c'est que ça ? l'interrogea-t-elle tout en commençant à lire l'écrit.

- Ça quoi ? s'enquit la concernée en revenant de la salle de bain. Oh non laisse ! C'est rien ! s'exclama la jeune en tentant de reprendre son bien. Donne le moi tout de suite !

Marie esquiva le geste et continua à lire le papier fronçant les sourcils, son cœur se serrant au fil de la lecture.

- C'est quoi cette liste ? murmura-t-elle à nouveau en regardant sa sœur droit dans les yeux qui, gênée, détourna son regard.

- Oh, je te parle Sol ! Qu'est-ce que c'est que cette liste ? répéta Marie un peu plus fort.

- Puisque je te dis que ce n'est rien ! s'énerva Soledad. Fous-la au feu !

- Je ne pense pas que ça soit rien ma chérie. Tu n'as pas pris la peine de dresser une liste pareille juste pour passer le temps... Ce sont des choses qui te tiennent à cœur...

- N'importe quoi ! Ce sont juste des trucs qui pour la plupart ne se réaliseront jamais alors à quoi bon en parler ?

Marie commença à lire à voix haute :

- 1) Découvrir la raison de notre venue à Poudlard,

2) Réunir l'Armée sous une seule bannière,

3) Découvrir d'où me viennent ces cauchemars

5) Convaincre Aragorn de reprendre son trône

6) Venger Maman

8) Être admise au Conseil

9) Arrêter de se faire du mal

12) Retrouver Aliana

13) Faire la paix ou vaincre Prestya (au choix)

25) Fonder une famille

30) Être heureuse

Et encore, j'ai sauté des lignes, la liste est longue... pourquoi es-tu persuadée que ces choses ne se réaliseront jamais ? lui demanda Marie les yeux remplis de larmes.

- Parce que c'est la vérité ! cria Soledad à bout tout en tentant de cacher la vague d'émotions qui menaçait de déferler sur elle. Sur ce putain de papier, j'ai marqué pleins d'éléments en vrac qui devraient être fait avant de mourir ! Et plus je complétais cette liste, plus je me suis dis que je n'en verrais jamais le bout ! Les années passent, les galères s'accumulent et rien n'est résolu, au contraire ! Et MERDE, pourquoi je te dis tout ça d'abord, fait chier ! hurla la jeune fille en s'enfuyant en claquant la porte.

Abasourdie, sa grande sœur ne bougea pas d'un cil. Elle ne s'était pas attendue à ce que sa jumelle réagisse aussi violemment. Certes, elle avait horreur de parler sentiment, mais de là à exploser pour une liste... En y réfléchissant bien, ce n'était pas qu'un simple inventaire d'actions à faire ou d'objectifs à atteindre. La majorité des souhaits semblaient effectivement incompatibles avec leur mode de vie ou du moins non accessibles actuellement. Certains mots faisaient mal à Marie qui ne cessait de relire les objectifs « retrouver Aliana », « venger Maman » et « être heureuse ». Soledad n'avait jamais caché son désir de retrouver sa grande sœur mais cela semblait tellement impossible ! Comment ce vœu pourrait-il se réaliser alors que la situation est telle qu'elle est au jour d'aujourd'hui ? Quant à celui de venger leur mère, Alana était sidérée ! Bien sûr, elle avait la haine contre celui qui avait assassiné leur mère mais sans souvenir précis, comment pouvait-elle espérer se venger ? De toute manière, celui qui leur avait ôté la personne la plus précieuse à leurs yeux devait probablement être mort depuis des siècles. La liste était ponctuée par des mots à la fois si simples et si complexes : être heureuse. Alana était consciente que sa petite sœur n'avait pas une vie facile mais elle espérait néanmoins qu'elle lui convenait un minimum. Vu ces derniers mots, ce n'était pas le cas... « Arrêter de se faire du mal », qu'entendait-elle par là ? Vraiment, ce rouleau de parchemin causait bien du souci à l'elfe. Devait-elle la rattraper pour essayer de lui en parler ou bien devait-elle faire comme si rien ne s'était produit ? En optant pour le second choix, Marie prenait le chemin de la facilité. Tans pis, elle en était consciente mais répugnait trop de faire souffrir sa sœur. Cependant, elle se promit de veiller à ce que cette fameuse liste rétrécisse dans les années à venir.

Alana rangea le parchemin dans le coffre et descendit en cours. Évidemment, elle était en retard et à son grand étonnement, sa sœur était là, assise à côté d'Harry. La jeune fille avait un air impassible et fixait le tableau noir sans le voir. Le Professeur McGonagall fit signe à Alana de s'installer en silence à côté de Ron. Durant tout le cours, la jeune fille ne cessa de jeter des regards inquiets à sa petite sœur qui semblait perdue dans ses pensées. D'un accord tacite et silencieux, elles ne reparlèrent plus jamais de cette liste même si cela tenait Marie à cœur.

Les jours passaient et se ressemblaient sans se ressembler. Fait paradoxal ? En résumé, les jours semblaient les mêmes concernant les cours mais étaient parfois ponctués par des petits incidents causés par les jumelles. Par exemple, Rogue n'avait que moyennement apprécié qu'un illustre inconnu vienne appeler les jumelles à l'aide en débarquant en plein milieu de son cours de potion, renversant sur son passage une multitude de fioles dont le contenu s'était mis à fumer et grésiller au contact du sol. Le mois d'octobre passa assez rapidement pour les sœurs Lopès qui alternaient entre le cours à Poudlard et leurs missions en Terre du Milieu. Dumbledore avait annoncé qu'un festin serait donné pour le soir d'Halloween. Les élèves étaient surexcités à cette idée. Contrairement à eux, les jumelles se montraient indifférentes à la nouvelle.

- Vous n'aimez pas Halloween ? s'étonna Ron. C'est pourtant une super fête où on mange plein de bonbons !

- Pas vraiment... grogna Marie.

- Rassures-moi Ronald, Halloween n'est pas juste l'occasion de t'empiffrer ? Tu sais au moins la véritable signification du 31 octobre ?

- Bah, c'est... c'est la fête des morts, non ? balbutia le garçon.

- Bravo ! railla Marie. Pour un sorcier, savoir qu'Halloween est la fête des morts, quel exploit !

- Traditionnellement, Halloween est le seul jour où les forces du mal ne doivent pas attaquer les forces du bien.

- Bah, c'est plutôt cool pour vous, non ? s'enquit Harry sans comprendre.

- Sauf que cette tradition est de moins en moins bien respectée... déclara sombrement Soledad. Ça doit faire un siècle qu'on n'a pas eu la paix à Halloween, je ne vois pas pourquoi demain dérogerait à la règle.

- Remarque, tant que ça reste des attaques de démons, ça va...

- Tu penses à quoi là chérie ?

- Tu te rappelles des Halloween passés à Haddonfield dans l'Illinois dans les années 70 ?

- Évitons les sujets qui craignent... grimaça sa sœur.

- Qu'est-ce qu'il s'est passé ? demanda Ron curieux.

- Crois-moi, tu n'as pas envie de le savoir, trancha net Marie. Trop flippant pour les gosses.

Le rouquin fut vexé par la réponse et s'éloigna en maugréant, entrainant Harry avec lui au passage. Hermione prit la parole :

- Est-ce que ça a un rapport avec le tueur fou d'Halloween ?

- Pardon ?

- J'ai lu un livre là-dessus. Comment est-ce qu'il s'appelait déjà ? Myers ?

À ce nom, les jumelles grimacèrent.

- Faut vraiment que quelqu'un surveille tes lectures Hermione ! Quelle idée de lire ça à ton âge !

- Vous avez rencontré Michael Myers ! s'exclama la jeune fille en écarquillant les yeux. Et vous vous en êtes sorties ? Wow !

- Bon, tu ne devrais pas aller te coucher ? Il se fait tard Hermione !

- Vous ne venez pas ?

- Non, on a un truc à faire... bonne nuit !

Lorsqu'elles arrivèrent à Imladris, le soleil venait à peine de se lever, plongeant ainsi l'horizon dans une douce lumière rosée. Elles décidèrent de faire une petite inspection rapide des lieux. En passant près de l'armurerie, elles entendirent des bruits de voix ce qui les intrigua vu l'heure matinale.

- Monseigneur, nous vous avons forgé de nouvelles armes pour que vous puissiez vous entraîner mieux, déclara un des meilleurs forgerons.

- Les armes ne suffissent pas pour parfaire des techniques de combat, intervient Aliania.

- Bien qu'elles puissent aider, compléta sa grande sœur.

- Où étiez-vous passées ces dernières semaines gentes dames ? fit Aragorn en guise de salut. Je ne vous ai point aperçu.

- Peut-être parce que toi-même, tu n'étais pas présent à Imladris Estel, répliqua Aliania avec un sourire goguenard. Ça s'est bien passé cette mission de reconnaissance ? Qu'avez-vous découvert ?

- Une réunion avec le Seigneur Elrond est prévue à onze heures pour relater nos découvertes. Est-ce que vous y serez ?

- Il y a des chances... maugréa Aliania. Qui est convié ?

- Vos deux frères, Gandalf, Glorfindel, Haldir...

- Haldir est là ? s'étonnèrent les jumelles.

- Il est arrivé il y a peu.

- Okay... bon, au moins l'une d'entre nous va y aller, continua Aliania en jetant un regard entendu à sa sœur.

Alana soupira face à l'insinuation de sa sœur mais hocha la tête. Cependant, elle objecta :

- Qu'est-ce que tu vas faire en attendant ?

- Je ne sais pas encore. Pourquoi pas dormir ou faire la fête ? Ouais, les deux me tentent bien !

- Si tu vas faire la fête sans moi, c'est même pas la peine de revenir, la taquina sa grande sœur.

- Sinon quoi ? s'enquit Aliania d'un ton enfantin.

- J'te boude, rétorqua sa sœur en lui tirant la langue. Et t'auras pas de citrouille pour Halloween !

Aragorn ne put s'empêcher de sourire en voyant la scène. Il admirait l'apparente insouciance des jumelles même s'il ne doutait à aucun moment de leur sérieux concernant leur rôle de protectrices. Il pensait avoir vu le meilleur mais aussi le pire dont elles étaient capables. Il avait déjà été témoin de leur grandeur d'âme et de leur puissance magique. L'homme admirait ces femmes qui avaient su s'imposer parmi les plus valeureux guerriers de tous les temps. Toutefois, il comprenait les réticences du Seigneur Elrond face à leur mode de vie. En tant que père, il avait le devoir de protéger ses filles et non le contraire. À sa place, lui non plus n'aurait pas aimé voir ses propres enfants, la chair de son sang, se mettre en danger quotidiennement, même si cela aurait été pour une noble cause. Si jamais il leur arrivait malheur, sa promise Arwen aurait énormément de peine. Or, assurer son bien-être et sa sécurité était ce qu'il y avait de plus important à ses yeux.

- En attendant, je te propose d'entrainer notre futur beau-frère ! rigola Alana.

- Ouais, bonne idée ! On parle de toi Aragorn, lui fit-elle avec un clin d'œil en voyant qu'il n'avait pas réagi.

- Arc ? Épée ?

- Corps à corps ? enchaina la jeune fille tout sourire. Non, je rigole ! s'empressa-t-elle d'ajouter en voyant le haussement de sourcil de l'homme. Quoique... on finira par ça.

- Cela me gênerait de devoir vous frapper.

- T'inquiètes pas pour ça pour nous faire mal, faudrait encore que tu réussisses à nous atteindre, le nargua-t-elle en esquiva un coup qu'Aragorn fit semblant de lui envoyer. Tu vois ? Même pas effleuré !

À ce moment, Aragorn saisit une des épées que le forgeron lui avait préparée et se rua sur la jeune fille qui réagit au quart de tour. Évitant la lame, elle s'empara d'une seconde arme et contrecarra aisément l'attaque. En quelques mouvements nets et précis, elle réussit à faire reculer son adversaire de trois mètres, l'obligeant ainsi à se retrouver coincé contre le mur de pierre.

- Déjà vaincu ? plaisanta-t-elle.

- Non mais ce n'était pas loyal, intervient sa grande sœur.

- Quoi ? Qu'est-ce qui n'était pas loyal ? s'étonna son double. C'est lui qui m'a attaqué sans prévenir.

- N'est-ce pas le principe d'une attaque ? répliqua le rôdeur.

- Si tu veux parler « principe », laisse-moi te rappeler qu'en principe, tu n'es pas censé te retrouver piéger en trente secondes chronos. Pour un rôdeur réputé, ça le fait moyen !

- Bon, vous vous entrainez sérieusement cette fois ? Cinq, quatre, trois, deux, un... ALLEZ-Y ! cria Alana. Je fais l'arbitrage.

- Arbitrage neutre, bien sûr ! s'exclama Aragorn qui parait mieux les coups que la première attaque.

- Vive la confiance ! Ne la laisse pas te bloquer contre le mur une nouvelle fois ! Arranges-toi pour qu'elle se retrouve coincée à son tour ! Bouge tes pieds ! N'hésites pas à lui faire perdre l'équilibre en lui donnant un coup de pied latéral !

- Tu as confondu « arbitre » et « coach » ? s'agaça Aliania qui redoubla de vigilance devant l'efficacité des gestes de son frère d'armes.

- Non mais toi, tu n'as pas besoin d'être conseillée chérie ! Tu te débrouilles à merveille.

- Aragorn ne se débrouille pas si mal que ça avec une épée ! La preuve, je ne l'ai toujours pas maitrisé.

- Sûrement parce que tu retiens tes coups ! admit-il tout en restant concentré.

- Oh ! Si peu...

- Ceci dit, c'est gentil de ta part, je tiens à rester en vie encore quelques années !

- Si on t'entraîne depuis que tu es enfant, ce n'est pas juste pour que tu aies l'air baraqué ! ironisa la combattante.

- Arwen devrait nous remercier...

À ce compliment, le rôdeur ne put s'empêcher de rougir légèrement. Il est vrai que ce genre de remarques n'était guère entendu en Terre du Milieu. La bienséance voulait qu'une femme ne s'extasie pas publiquement sur un homme, encore moins si celle-ci le lui disait ouvertement. Malgré la légère gêne, Aragorn continua de se défendre comme si de rien n'était.

Au bout d'une trentaine de minutes, il déclara forfait en reconnaissant qu'Aliania avait gagné, une fois de plus. Satisfaite, elle lui proposa de décocher quelques flèches. La plupart atteignit la cible visée sans trop de mal.

- Bon, corsons légèrement l'exercice. Cible mouvante maintenant.

- Comment comptez-vous faire ?

- Tu vois ça ? fit Alana en lui agitant une pomme sous les yeux qu'elle venait de cueillir.

- Nous la jetons en l'air et essayons de la transpercer au vol ? supposa Aragorn.

- Ah non, ça c'est le troisième test ! expliqua la cadette. La difficulté intermédiaire est que l'une d'entre nous tienne la pomme et la fasse bouger à vitesse modérée.

- Il est hors de question que je vous prenne pour cible ! protesta l'homme en laissant tomber son arc.

- Ce n'est pas moi que tu vas viser mais la pomme ! répliqua Aliania. Chérie, montres-lui.

Sa sœur acquiesça, ramassa l'arc et le banda dès que la cible fut positionnée à une distance raisonnable. Aliania maintenait le fruit en équilibre sur sa paume de main droite et formait un demi-arc de cercle au dessus de sa tête.

- À ce stade, ce n'est plus de la confiance, c'est de la folie... maugréa le Numénorien. Comment peux-tu être sûre qu'elle ne va pas rater l'objectif et te blesser avec une flèche perdue ? lui cria-t-il.

- Parce que si j'en reçois une, elle-aussi !

- Je t'assure que ça donne un excellent motif de concentration, renchérit l'ainée. Et puis... je ne rate que très rarement la cible ! s'exclama-t-elle lorsqu'elle décocha le tir qui atterrit en plein milieu de la pomme.

- Une chance pour moi ! ironisa la jeune fille en s'essuyant les mains sur son pantalon. Qui veut de la compote ? proposa-t-elle hilare. Wow, tu l'as vraiment pas ratée la pauvre pomme ! Qu'est-ce qu'elle t'a fait ?

- Ah ah ah...

- Je réitère mon refus de tirer si l'une de vous se trouve à moins de trois mètres de l'objectif, se prononça Aragorn.

Aliania soupira puis ses yeux s'illuminèrent.

- Oh toi, tu as une idée ! remarqua sa sœur. Annonce la couleur.

- Il y a des jours où je me demande si on se rappelle qu'on est des sorcières...

Elle fit léviter la pomme au loin et lui fit décrire un dessin en forme de huit dans les airs.

- Tu n'as plus d'excuses, vas-y, on te regarde !

L'homme s'exécuta. Après quelques instants de concentration, il décocha le projectile qui alla se planter... dans un mur orné d'une gravure ancienne. Le viseur grinça des dents : le Seigneur Elrond n'allait sûrement pas apprécier de constater l'éraflure sur la peinture de la fresque.

- T'inquiètes pas mon grand, si quelqu'un le remarque, nous dirons qu'un démon nous a attaqué, le rassura Aliania en lui donnant une tape amicale sur l'épaule.

- Je soutiendrai cette version, renchérit une voix féminine.

Tous trois se retournèrent pour faire face à la Dame Arwen. Vêtue d'une longue robe rouge qui faisait ressortir sa peau pâle, elle se tenait au milieu de l'escalier qui connectait l'armurerie ouverte à l'une des cours extérieures. Ses yeux fixés sur l'homme scintillaient de bonheur. Ses sœurs ne purent se retenir de sourire face à son regard émerveillé. On pouvait lire en lui tout l'amour qu'elle lui portait. C'était un amour si pur et sincère que, peut importe ce que l'avenir leur réservait, ils le vivraient ensemble jusqu'à ce que la mort emporte le Dùnedain en exil. Aragorn n'était en effet pas un être immortel. Sa mère Gilraen était une humaine qui, après la mort prématurée de son mari Arathor II, s'était réfugiée à Fondcombe sous la protection d'Elrond pour que son fils puisse grandir en sécurité. Arathor II, qui était le quinzième chef des Dùnedain du Nord, fut tué par une flèche d'orc dans l'œil lors d'une patrouille avec Elladan et Elrohir peu de temps après la naissance de son fils unique. Perçus comme des vagabonds par les peuples de la Comté et du Pays de Bree, les Dùnedain sont désormais extrêmement peu nombreux. Suite à la destruction du Royaume d'Arnor par le roi Sorcier d'Angmar – le chef des Nazgùls – les survivants s'enfuirent et se cachèrent, voilant ainsi leurs véritables identités aux yeux du monde. Une faible minorité avait conscience de leur valeur. Les jumelles et leur famille en faisaient partie. Le Seigneur Elrond avait depuis la première défaite de Sauron conservé à l'abri les fragments de l'épée d'Elendil. Nommée Narsil, elle était célèbre pour avoir été celle qui permis à Isildur, le fils du Roi, de trancher le doigt où l'anneau de pouvoir se trouvait. Son propriétaire n'était autre que l'ancêtre d'Aragorn. Celui-ci, dernier de sa ligné, se détourna volontairement de son destin devant le mener au trône du Gondor. Il opta pour l'exil, laissant de ce fait ses droits et devoirs à la charge de l'Intendant du Gondor Denethor. Aliania respectait énormément cet homme qu'elle admirait pour son courage et sa grande aptitude à rester maître de soi en toutes circonstances. Il était un homme noble profondément bon et généreux. Dans son cœur, l'elfe avait toujours senti qu'il serait amené à faire de grandes choses à condition qu'il embrasse sa destinée royale. En tant que Rôdeur, c'était déjà un combattant hors pair en tant que Roi, elle était persuadée qu'il pourrait faire des miracles pour les Hommes.

- Hey ! Interdiction formelle de déconcentrer l'élève ! protesta Alana tout en faisant un grand sourire à sa plus jeune sœur.

- Trop tard, on a perdu son attention, constata Aliania en fixant l'homme qui dévisageait rêveusement sa bien-aimée. Oh ! le rappela-t-elle à la réalité en claquant des doigts. Tu fais l'exercice trois et après, tu seras libre comme l'air.

- Quel est-il ?

Les jumelles se regardèrent puis levèrent les yeux au ciel, lui répétant ce qu'elles lui avaient expliqué avant l'interruption. Alana jeta une pomme haut dans les airs et hurla à Aragorn de l'embrocher. Une flèche transperça bel et bien le fruit, mais ce ne fut pas celle du Dùnedain. Tous quatre tournèrent la tête d'un même mouvement vers la provenance du projectile. Aliania rencontra un regard azur qu'elle ne connaissait que trop bien. Sans attendre, elle se précipita dans les bras de son prince.

- Mais que fais-tu ici ? Ne devais-tu pas jouer les messagers ?

- J'ai accompli mon devoir et mon père m'a envoyé vous porter nouvelles et requêtes.

- Avez-vous fait bon voyage Prince Legolas, s'enquit Alana qui s'était r approchée du couple.

- La route fut longue mais je n'ai pas fait de mauvaises rencontres. À dire vrai, nulle âme ne s'est postée en travers de ma route, qu'elles soient humaines ou animales d'ailleurs.

- Quelles requêtes ? le pressa sa promise qui avait perçu une lueur étrange dans son regard.

Le jeune Prince de la Forêt Noire soupira avant de répondre :

- Je suis venu en hâte pour quérir le Seigneur Elrond. Accompagnée de fidèles amis, ma mère est allée en visite chez de lointains cousins. Une embuscade a eu lieu sur le chemin du retour. J'ignore qui a mené cette attaque mais qui que ce soit, il a réussi à tuer trois elfes et à blesser ma mère.

- Naraclya... murmura Aliania inquiète. Comment va-t-elle ?

- Nos guérisseurs ne parviennent pas à la guérir. Une flèche empoissonnée l'a atteinte à l'épaule. Lentement, elle a sombré dans une sorte de cauchemar éveillé.

- Depuis combien de temps ? se renseigna Aragorn.

- Cela doit faire trois semaines au moins ! J'ai perdu beaucoup de temps sur la route. Je ne sais même pas si elle est encore en vie... fit-il en se détournant du groupe pour cacher sa peur et sa peine.

- Avez-vous une idée du type de poison employé ? poursuivit l'homme.

- Hélas non ! Nous les elfes de la forêt n'avons que peu de connaissances en cette matière là. C'est pourquoi je viens supplier le Seigneur d'Imladris d'intervenir.

- Ça m'étonnerait qu'il fasse le déplacement... la distance à parcourir est trop grande, il n'acceptera jamais de quitter la cité, surtout en ces temps troublés, pensa Aliania.

Sa sœur ne lui répondit pas. Elle saisit néanmoins la main de celui qu'elle considérait comme son beau-frère et l'entraina vers les parties communes des appartements royaux. Tout en appelant son père, elle se pressa de tirer rideaux et portes à la volée pour le trouver. Alerté par les cris d'une de ses filles, le Seigneur Elrond sortit de son office en affichant un air grave.

- Que se passe-t-il ma fille ? lui demanda-t-il avant de remarquer la présence inattendue du Prince de la Forêt Noire qui paraissait troublé.

Les jumelles lui expliquèrent rapidement la situation. Le sage elfe prit un air affligé avant de répondre qu'il ne pouvait malheureusement pas accéder à cette requête. Bien qu'elle s'attendait à ce refus, Aliania sentit la colère monter en elle et le fit savoir à son géniteur :

- Comment pouvez-vous oser refuser d'apporter votre aide ? La Dame Naraclya oscille entre la vie et la mort et vous ne comptez pas agir ! Pourquoi cela ?

- Mon devoir est de veiller sur Imladris...

- Et alors ? C'est à vous qu'a été confié le don de guérison ! Qu'est-ce qui vous permet de choisir quelle vie sauver ou ne pas sauver ? D'autant plus quand le fils de la personne à soigner a parcouru la moitié de la Terre du Milieu pour vous implorer de sauver celle qui l'a mis au monde ? Dois-je vous rappeler ce que représente ce fils pour moi ? Ne portez-vous donc plus aucune amitié pour le Roi Thranduil ?

- Aliania, calmes-toi ! lui intima fortement sa tante Léïa qui venait d'apparaitre sur le pas d'une porte suivie de près par sa sœur Prestya.

- Non, je n'en n'ai pas l'intention ! Oubliez-vous l'un des principaux devoirs des elfes ? Protéger, soigner et faire œuvrer la Paix ! Ce sont des jolis mots qui perdent tout leur sens s'ils ne sont pas appliqués... Léïa, c'est toi qui m'as toujours enseigné que l'on ne devait jamais abandonner l'un des nôtres ! Serait-ce un principe trop dur à respecter ? Entre eux qui ne veulent pas défendre les peuples menacés et lui qui refuse de soigner une personne blessée, ne soyez pas étonnés de voir que je vous déteste de plus en plus !

- Puisque tu nous déteste tant, nous ne te retenons pas ici ! lâcha impitoyablement Prestya. Tu es libre de partir, la porte est grande ouverte ! Je ne peux plus tolérer ton attitude impertinente Aliania !

- Parce que c'est de l'impertinence de dire la vérité ? railla-t-elle. Puis si tu ne peux plus me supporter, tu n'as qu'à jarter toi-même ! fit-elle en poussant sa tante contre le mur.

Choquée, sa famille resta figée quelques secondes mais voyant que la jeune elfe allait continuer à frapper Prestya, Aragorn se rua sur elle et la ceintura du mieux qu'il put. Alana se plaça devant sa petite sœur qui se débattait pour échapper à l'emprise du roi en exil. La jeune fille tenta de calmer son double mais sans succès. Le prince Legolas avait rejoint son ami mortel pour maintenir l'elfe en furie à une distance raisonnable de sa tante qui venait de se relever avec l'aide du Seigneur Elrond. Ce dernier prit la parole en parlant d'une voix autoritaire :

- Mes fils vont immédiatement partir avec vous Prince Legolas pour tenter de sauver votre mère. Je ne peux pas faire de meilleure offre. Quant à toi ma fille, tu viens de franchir une limite que je ne peux accepter sous mon toit. Je t'interdis de revenir à Imladris durant le prochain mois et j'exige que tu présentes de sincères excuses envers la Dame Prestya.

- Je suis bannie, c'est ça ? s'exclama-t-elle à mi chemin entre amusement amère et le dégoût. Très bien ! J'men fous de toute façon ! Quant à l'histoire de présenter des excuses, vous pouvez toujours courir ! cria-t-elle en se libérant des bras de deux hommes.

Elle tenta à nouveau de se jeter sur sa tante afin de pouvoir décharger un peu de la colère qui l'animait mais elle se sentit projetée violemment contre une colonne : Gandalf le Gris venait d'arriver et brandissait son bâton magique vers son ancienne élève. Atterrissant brutalement contre la pierre, Aliania sentit son crâne s'ouvrir et s'écroula au sol. Elle tenta de se relever mais la tête lui tourna. Par conséquent, elle se contenta de s'appuyer sur ses coudes et de fixer le magicien avec un regard rempli de haine.

- Je ne vous ai rien demandé à vous ! l'insulta-t-elle. Ce n'était pas très gentil de faire ça...

- Il n'y avait malheureusement pas d'autres moyens pour vous maitriser, j'en suis navré.

- Dites ça à ma sœur, lui rétorqua-t-elle sèchement en voyant sa grande sœur retenir des larmes de douleur en se tenant la tête.

Arwen s'était agenouillée près d'elle et épongeait la plaie avec son mouchoir en dentelle. La jeune princesse avait elle-aussi l'air bouleversée par l'incident et ne savait que faire pour que les choses ne s'enveniment pas davantage. Aliania réussit enfin à se redresser et recula brusquement lorsqu'Aragorn esquiva un pas dans sa direction, probablement pour soigner sa blessure.

- N'approche pas ! lui interdit-elle avec hargne.

- Vous saignez...

- Ouais et ça, tu vas me le payer espèce de grosse c... ! commença-t-elle en faisant apparaitre une boule de feu qu'elle lança sur Prestya.

Voyant le danger, Alana poussa de justesse sa tante à terre avant de faire face à sa jumelle :

- Maintenant ÇA SUFFIT ! Tu arrêtes ça tout de suite ! Tu es folle ou quoi ! Comme si tu n'avais pas assez d'emmerdes comme ça, il faut aussi que tu essayes d'assassiner Prestya, devant témoins en plus ! Et puis d'abord, comment ça se fait que tu lances du feu ? lui demanda-t-elle en réalisant que cela ne faisait pas partie de ses attributs magiques.

- Cherches et tu trouveras ! Oh puis merde, ce n'est pas avec toi que j'ai un problème alors on ne va quand même pas s'embrouiller pour rien !

- « S'embrouiller pour rien ? ». Je te ferais remarquer qu'il y a eu une tentative de meurtre là !

- Tout de suite les grands mots !

- Tu appelles ça comment alors ?

- Une engueulade royale ? ironisa Aliania avec un sourire satisfait. Bon, ce n'est pas le tout mais pendant qu'il y en a qui s'amusent à bannir les gens de leur propre maison, y'en a d'autres qui attendent... où sont mes frères ?

- Nous nous en occupons, déclara froidement Léïa. Tu as entendu ton père ? Dehors !

- Tu approuves cette décision ? fit la jeune elfe en masquant sa surprise et sa peine d'être ainsi traitée par l'un des rares membres de sa famille qu'elle respectait.

Sa tante ne répondit pas et afficha une expression impassible. Bien sûr qu'elle n'approuvait pas – du moins pas entièrement – la décision du chef d'Imladris. Cependant, elle ne pouvait pas donner raison à sa nièce pour cette fois. Son attitude incontrôlée pesait lourd dans la balance. Ce n'était pas la première fois que sa nièce s'en prenait physiquement à Prestya et cela devait cesser une bonne fois pour toute. La bannir temporairement d'Imladris n'était toutefois sûrement pas la bonne solution. La connaissant bien, c'était plutôt une sorte de récompense cachée.

- Ok... C'est pas grave, je vais aller chez Aliana. Elle au moins sera contente de me voir !

- Il n'est pas questions que tu ailles chez un démon ! s'insurgea Prestya qui s'était remise du choc.

- Je ne t'ai pas demandé la permission. Je n'ai pas à t'obéir !

- Si tu le dois. Ta mère – et donc ma sœur – nous a confié votre garde si jamais il lui arrivait malheur...

- Et tu crois que ça te donne le droit de me contrôler à ta guise ! répliqua Aliania en riant ouvertement. Mais si tu tenais tellement à être une bonne tutrice, il aurait fallu que tu accomplisses correctement tes obligations depuis le début ! Ce n'est pas trois mille ans et quelques après qu'il faut faire preuve d'autorité. Au cas où si tu n'aurais pas remarqué, je suis un esprit libre ! Je n'obéis qu'à mes propres règles et rien ni personne ne pourra me forcer à faire ce que je n'ai pas envie de faire. Si j'ai envie de voir ma grande sœur, je la vois, un point c'est tout. Oh et pendant que j'y suis : ne t'avise plus jamais à attaquer de quelques manières que ce soient Aliana. Oui, je suis au courant que tu as donné l'ordre de la tuer. Garde bien en tête que si tu cherches à assassiner l'une d'entre nous, tu cherches à détruire d'un seul coup les quatre sœurs sorcières les plus puissantes... es-tu prête à porter cette responsabilité ?

Cette tirade eut pour résultat de laisser bouche bée l'assemblée toute entière. Fière de son effet, Aliania sortit du palais la tête haute et alla se poster vers un mur haut perché qui plongeait sur le côté ouest de la cité. Au loin, elle pouvait percevoir une multitude de tentes qui abritaient les soldats de son armée. Être bannie de Fondcombe ne voulait pas dire qu'elle ne pouvait pas résider parmi ceux et celles qu'elle considérait comme ses amis. Ses frères d'arme lui étaient loyaux et elle avait conscience qu'ils étaient fiers de se battre à ses côtés. Ces derniers la suivaient dans ses choix de bataille qu'ils trouvaient justes. Elle n'était pas comme la plupart des chefs qui se contentaient de donner leurs ordres depuis leurs trônes et qui ne connaissaient rien aux techniques de combat. Au contraire, Aliania savait se battre mieux que personne et enseignait avec patience son art aux nouvelles recrues. Elle était toujours la première à entrer dans la bataille et la dernière à rendre les armes. La vie de ses soldats comptait énormément à ses yeux : chaque perte était inestimable et irremplaçable. Bien qu'ils étaient très nombreux, elle connaissait quasi chaque combattant au moins de vue et les traitait comme ses égaux.

Son armé était très hétérogène. On y trouvait des elfes qui approuvaient son choix de vie, des humains qui se battaient de génération en génération à ses côtés par tradition et loyauté, des sorciers ou encore d'autres créatures mystiques qui s'étaient destinées à œuvrer pour le Bien. Cette union était certes puissante, mais elle pourrait l'être davantage si elle s'unissait harmonieusement avec ceux qui combattaient sous les ordres du Seigneur Elrond, de Léïa et Prestya. La jeune princesse soupira en percevant un imperceptible bruit d'un mouvement léger dans son dos.

- Pas encore assez discret pour un rôdeur... dit-elle à Aragorn sans se retourner.

- Difficile de tromper les oreilles pointues d'une elfe, répondit-il d'un ton docte.

À ces mots, elle allait répliquer quelque chose mais grinça des dents en sentant un tissu humide être poser sur sa tête.

- Laisse, ce n'est pas grave comme blessure, je t'assure que je ne sens rien du tout, protesta-t-elle en se mettant debout.

- La plaie saigne encore et je sais parfaitement que si je ne te soigne pas, tu ne le feras pas de ton côté...

- Je cicatrice vite.

- J'en suis persuadé.

- Vas donc rejoindre Arwen, elle n'avait pas l'air d'aller très bien.

- À quoi t'attendais-tu ? rétorqua le rôdeur en plantant son regard dans le sien. Comment pourrait-elle se sentir bien en voyant sa famille se battre comme des vagabonds ? Est-ce si difficile de te contenir ?

- Ça se voit que tu ne côtoies pas Prestya depuis des millénaires ! s'offusqua-t-elle les prunelles brillantes de colère. Tu ne sais pas ce que c'est de devoir toujours s'assurer que... que... oh puis zut ! Oublies ce que je viens de te dire, lâcha-t-elle en s'éloignant.

- Où est-ce que tu vas aller ? fit-il en la rejoignant à grandes enjambées.

- Ici et ailleurs. Surtout ailleurs en fait.

- Sois prudente...

- Je le suis toujours !

Aliania quitta la cité sans se retourner, laissant derrière elle l'homme soucieux.

Toujours énervée, la sorcière rentra à Poudlard à la nuit tombée. Une délicieuse odeur de citrouille embaumait le Hall d'entrée. Vu les bruits métalliques et les rires qui émanaient de la Grande Salle, Soledad en déduisit que le festin d'Halloween avait commencé. Tout en se motivant mentalement, elle franchit les portes pour se glisser auprès de ses protégés Gryffondor qui l'accueillirent avec de grands sourires.

- Pudding ? lui proposa Ron.

- Je te file ma part, lui proposa-t-elle écoeurée par la vue et l'odeur des différents plats.

- Euh Sol ? l'interpella timidement Harry.

- Oui ?

- Est-ce que c'est du sang ? lui fit-il en désignant sa tête.

- Je me suis déguisée pour l'occasion... Quoi ? Ce n'est pas une tradition ici de se déguiser en trucs dégueux ou osés pour la fête des morts ?

- C'est juste que la blessure est super réaliste, réagit Dean.

- Tu m'étonnes... pensa narquoisement l'elfe.

- UN TROLL DANS LES CACHOTS ! UN TROLL DANS LES CACHOTS !

Le Professeur Quirrell venait de faire une entrée fracassante dans la Grande Salle, figeant l'ensemble des personnes présentes dans un silence de stupéfaction. Puis il s'évanouit, déclenchant ainsi une vague de panique hystérique parmi les élèves. Le Professeur Dumbledore réclama le silence et ordonna aux Préfets de reconduire les élèves dans leurs Salles Communes respectives. Quant aux professeurs, ils avaient pour consigne de l'accompagner dans les cachots. Aliania les suivit sans hésiter après avoir lancé une remarque cinglante à ses camarades :

- Qu'est-ce que je disais ! Pas moyen d'être tranquille pour Halloween !

Mais arrivés dans les entrailles du château, les enseignants réalisèrent que la créature était montée à l'étage. Vingt minutes plus tard, Soledad perçut des cris lointains. Elle courut dans cette direction suivie de loin par les Professeurs Quirrell et McGonagall. Lorsqu'elle s'arrêta devant les toilettes des filles en dérapant sur un éclat de bois mouillé, elle vit Harry, Ron et Hermione debout près du corps assommé de l'immonde troll. À la fois surprise et soulagée, elle leur dit :

- Qu'est-ce que vous n'avez pas compris dans la phrase « allez dans vos salles communes immédiatement » ?

Ce fut à ce moment là que les deux Professeurs arrivèrent à leur tour, suivis de près par Severus Rogue. La Directrice des Gryffondor, qui avait commencé à les sermonner pour leur attitude irresponsable, finit par les récompenser pour leur exploit insolent. Mais Soledad écouta à peine ses dires, trop occupée à fixer la jambe ensanglantée du Professeur Rogue qui s'empressa de rabattre sa cape sur sa blessure lorsqu'il surprit son regard inquisiteur. Ce détail n'avait pas l'air d'avoir échappé au Survivant non plus.

En retournant à la tour Gryffondor, Harry et Soledad échangèrent des regards entendus. L'attitude de Rogue était vraiment étrange et ils le soupçonnaient d'avoir tenté de forcer le passage gardé par le chien à trois têtes.

- Reste plus qu'à découvrir ce qui se trouve derrière cette fameuse trappe...

- Bonne nuit les jeunes ! leur souhaita Soledad avant de redescendre les marches de la tour.

Elle avait besoin de prendre l'air pour réfléchir à tous les évènements qui venait de se produire dernièrement. D'abord, elle avait fait la stupide erreur d'inscrire ses pensées et désirs sur un fichu morceau de papier non scellé que son aînée avait découvert en moins de deux. Bien qu'elle n'ait pas réabordé le sujet, la sorcière était sûre que sa sœur n'allait pas lâcher si aisément l'affaire. Ensuite, la visite surprise de son bien-aimé n'avait eu pour autre but que de lui apprendre une bien mauvaise nouvelle. Naraclya était une grande Dame parmi les siens et Soledad l'appréciait plus que la plupart de ses congénères, d'autant plus qu'elle avait mis au monde et élevé un fils formidable. Si jamais elle venait à s'éteindre à cause du refus de se déplacer de son père, la jeune elfe lui en voudrait à mort. Elle donnerait tout au monde pour que Legolas ne perde pas cette flamme dans son regard et que son cœur ne s'assombrisse pas face à cette blessure si profonde que le destin pourrait lui infliger. Oh oui, Soledad savait très bien combien il était difficile de se remettre du trépas d'un être cher, en particulier quand celui-ci était parti d'une façon violente et inattendue. Au fond d'elle, elle se maudissait : pourquoi avait-il fallu qu'un fois de plus qu'elle perde le contrôle de ses nerfs et qu'elle s'en prenne physiquement à sa tante. Depuis aussi loin qu'elle se souvienne, il y avait toujours eu cette guerre interne dans leur famille. Plus le temps passait, plus les disputes devenaient violentes. Fait logique en fin de compte : plus les désaccords s'accumulaient, plus ils devenaient difficiles à surmonter.

La jeune fille avait laissé ses pas la porter vers la forêt interdite. Sans vraiment s'en rendre compte, elle s'enfonça dans le bois sombre regorgeant de dangers inconnus. Mais cela lui était égal. Rien de ce qui devait peupler cet espace ne pouvait l'effrayer, elle était trop blasée pour ça. Sans vouloir paraitre prétentieuse, Soledad pensait avoir déjà affronté suffisamment de monstres et d'horreurs en tout genre pour être en capacité d'affirmer que rien ni personne ne pouvait la terroriser. Au contraire, elle avait tendance à rechercher le danger. Suicidaire ? Pas exactement. Disons juste que ça donnait un peu de piment à sa vie. Sa vision fut attirée par une masse informe claire qui se découpait dans l'obscurité des arbres. Soledad tendit l'oreille et entendit des bruits qu'elle ne parvenait pas à identifier. Elle s'approcha silencieusement et découvrit un animal blessé. Regardant de plus près, elle constata avec étonnement qu'il s'agissait d'une licorne. Bien qu'elle soit familiarisée avec toutes sortes de créatures magiques, les licornes appartenaient quand même à la catégorie des animaux légendaires qui s'étaient éteints. Tout doucement, elle s'agenouilla de l'animal en lui murmurant des paroles réconfortantes en elfique. Quoi qu'elle en pense, l'elfique avait d'étonnantes capacités apaisantes sur les personnes et bêtes agitées. La créature se laissa aborder sans montrer une farouche opposition. Elle avait l'air très faible et peinait à redresser la tête. L'elfe déchira le gilet qu'elle portait et pressa en douceur la blessure d'où s'écoulait lentement le sang argenté de la licorne.

- Attends-moi là ma belle, je reviens tout de suite, je vais juste chercher le nécessaire pour te soigner, lui murmura-t-elle en la caressant.

Elle se dépêcha de franchir le portail pour aller chercher de l'eau et de l'athélas, une plante qui assainissait les plaies et favorisait grandement la cicatrisation. Son absence fut tellement brève qu'elle se demanda si la créature l'avait remarquée. Elle nettoya la plaie qui ressemblait fortement à une morsure : la chair était déchirée par endroit comme si des crocs avaient tenté de l'arracher. Après avoir fait chauffer de l'eau grâce à une boule de feu – pouvoir qu'elle empruntait à sa sœur Aliana sans qu'elle le sache – elle fit macérer les feuilles d'athélas dedans. Avec le morceau de gilet qu'il lui restait, elle finit de nettoyer la plaie et improvisa une sorte de cataplasme. Au bout de quelques heures de veille, la licorne se mit sur ses quatre pattes avec hésitation. Constatant qu'elle tenait debout, elle fit quelques pas vers l'elfe qui s'était adossée contre un arbre. Elles se dévisagèrent quelques instants avant que l'animal ne rompe le contact visuel. Elle tourna la tête et ramassa entre ses dents deux de ses crins qui s'étaient accrochés à des branches épineuses. Elle alla les déposer sur les genoux de sa sauveuse qui la remercia. Puis, sans signe avant-coureur, elle disparut dans les ténèbres des fourrés.

- Tu es gentille mais qu'est-ce que tu veux que je fasse de deux crins de licorne ma belle ? marmonna l'elfe avant de reprendre le chemin du château dont ses habitants ne devraient pas tarder à s'éveiller.


Bah oui quoi, c'est vrai ! Elle est bien gentille Madame la licorne ; mais qu'est-ce que Soledad peut bien faire avec 2 crins ? (je suis sûre que les fans d'Harry Potter peuvent trouver ! ^^).

N'hésitez surtout pas à vous jeter sur vos claviers pour me faire part de vos impressions ;) Merci !

PS : de sombres évènements approchent lentement mais sûrement... commencez à économiser pour acheter des tonnes de mouchoirs... (non, non, mon histoire ne sera pas du tout un drame^^').

A très bientôt j'espère !