Bonjour !
Je vous présente enfin la suite des aventures des soeurs Lopès.
Ce chapitre est un peu plus long que d'habitude, j'espère qu'il vous plaira.
Bonne lecture !
Chapitre 12 – La demande.
- On a reçu les résultats !
Marie venait de faire irruption dans la chambre des Gryffondor aux aurores.
- Les résultats ? répéta sa sœur en baillant, pas encore tout à fait réveillée.
- De la dernière épreuve. Tu les as impressionnés...
- Impressionné de combien de points ? se renseigna-t-elle d'une voix morne.
- Ce n'était pas des points cette fois, c'était...
- Qu'est-ce qu'il se passe ? grogna Lavande qui s'agita dans son lit. C'est déjà l'heure ?
- Presque... c'est six heures.
- Quoi six heures ! Mais vous êtes folles de vous lever aussi tôt ! pleurnicha-t-elle en rabattant son oreille sur sa tête.
- Pour se lever, faudrait encore s'être couché... répliqua Marie. Bien dormie au fait ?
- Une demi-heure, c'est bien, non ? ironisa sa petite sœur.
- Bah tu as fait quoi cette nuit ? s'étonna son double.
- Soigner une licorne et toi ? répondit-elle du tac au tac.
Elles échangèrent donc les dernières nouvelles dans une langue qu'elles s'étaient inventées étant enfant afin que les élèves ne puissent pas suivre leur conversation. L'épreuve musicale avait été un succès total et elles avaient gagné une fiole qui contenait un élixir de force. Marie avait assisté à la réunion et avait appris que d'étranges oiseaux survolaient les terres stériles de l'ouest comme si ils étaient à la recherche de quelque chose. Elladan et Elrohrir étaient partis avec Legolas en direction de la Forêt Noire pour tenter de secourir Naraclya. Soledad priait pour qu'ils y parviennent... Marie confia à sa sœur qu'elle avait trouvé Gandalf étrange.
- Étrange, dis-tu ? On parle bien de Gandalf ? railla sa petite sœur.
- Étrange dans le sens où il nous cache quelque chose. Il ne s'est guère prononcé sur les derniers évènements en date mais semblait être plongé dans une grande réflexion. Le connaissant, il sait quelque chose mais il ne nous en fera pas part tant qu'il sera dans le doute.
- Bon... j'irais peut-être le faire parler.
- Aliania, ne t'avise pas d'employer la force pour cela ! la prévient-elle d'une voix sévère.
- Pfff, tu sais très bien que je ne vais pas brutaliser un vieillard !
- Sol...
- Non mais sérieusement ! Quand il m'a envoyé boulé dans le mur l'autre fois, est-ce que je lui ai rendu la pareille ?
- Heureusement que non !
- Bref, si je le croise, je l'interrogerais.
- Il a quitté Imladris sans dire où il se rendait.
- Ok... changement de sujet : tu veux un crin de licorne ?
- Euh... pour quoi faire ?
- C'était un cadeau, je n'allais pas refuser ! Après, à quoi ça va nous servir ? J'en sais rien.
Elles descendirent dans la Grande Salle prendre leur petit-déjeuner. Marie entendit Ron parler d'un troll qui s'était introduit à Poudlard. Soledad lui raconta l'histoire en concluant par un « je leur avais dit qu'on ne pouvait pas être tranquille pour Halloween ». Elle lui confia également ses doutes vis-à-vis de Rogue et de sa blessure à la jambe. Toutes deux en déduisirent que le professeur de Potions avait fait entrer le troll dans le but de faire diversion le temps de se faufiler sous la trappe. Il était grand temps pour elles de chercher à savoir ce qu'il se passait dans cette école.
Elles décidèrent d'aller voir le Professeur Dumbledore dans son bureau. Arrivées à la statue du Phénix, elles lui demandèrent de les laisser passer. Le Directeur parut surpris de leur visite et les invita à s'assoir. Il entama la discussion par une note d'humour :
- Je ne vous ai pourtant pas convoqué mesdemoiselles, qu'est-ce qui peut bien vous amener de si bonne heure ?
- Ça vous épate, hein ? fit Soledad avec un haussement de sourcil provocateur.
- J'avoue que vous m'avez habitué à attendre à chaque précédente convocation.
- Cette fois, c'est nous qui venons de notre propre gré vous poser des questions, déclara Marie sans détour.
- Je vous écoute.
- Qu'est-ce qui est caché sous la trappe gardée par le chien à trois têtes ?
- Je vous demande pardon ?
- Ne tentez pas de gagner du temps pour trouver une excuse. Nous savons que Poudlard sert de cachette. Notre question est de savoir ce que c'est.
- Poudlard renferme bien des secrets... beaucoup restent encore à découvrir. Pas plus tard que la semaine dernière, je me baladais tranquillement au septième étage quand je suis tombé sur une porte que je n'avais encore jamais remarquée. Quand je l'ai ouverte, je me suis retrouvé dans une charmante pièce cosy avec une immense bibliothèque. Cela tombait bien car je n'avais plus de nouveaux livres à lire pour me distraire le soir, termina-t-il avec un sourire poli.
Les jumelles se regardèrent et se retinrent de sourire. Décidément, le vieux sorcier avait décidé de faire dans l'humour et dans l'esquive. Très bien. Elles allaient pouvoir s'amuser un peu.
- Cool votre vie ! On commandera la même pour Noël ! ironisèrent-elles en cœur.
- Vous n'allez quand même pas nous faire croire que vous n'êtes pas au courant de ce secret là ?
- D'autant plus que le chien se trouve dans le couloir interdit du troisième étage...
- Et vu qu'il est interdit de s'y aventurer, vous vous y êtes précipité ? releva le Directeur d'un ton calme.
- Même pas ! Pas nous en tout cas. Par contre, certains de vos premières années y sont allés – par accident bien sûr – et maintenant, ils se posent autant de questions que nous.
- De qui s'agit-il ?
- On n'est pas des balances et nous ne parlons pas sous la torture, provoqua Soledad.
- Je me doutais bien que vous protégeriez vos petits camarades... soupira-t-il.
- Ce n'est pas tant pour les protéger mais pour le principe, précisa Marie. Bref, il y a quoi sous cette trappe ?
- Vous n'allez pas lâcher l'affaire ?
- Non. Qui sait ? C'est peut-être pour ça qu'on a été envoyé ici !
Albus Dumbledore ne répondit pas. Il pesait le pour et le contre. D'un côté, il sentait qu'il pouvait faire confiance aux sœurs Lopès. Sans vraiment savoir pourquoi, il avait l'impression de les connaitre, comme si il les avait déjà rencontrées. Pourtant cela semblait impossible, si tel était le cas, il s'en serait souvenu ! D'un autre côté, en quoi serait-il légitime de les informer de ce secret ?
- Les autres profs sont au courant, n'est-ce pas ? s'enquit Marie en brisant le silence.
- Rogue l'est en tout cas ! fit remarquer Soledad.
- Pourquoi pensez-vous que le Professeur Rogue est-il plus au courant que ses collègues ?
- Lorsque le troll est entré dans l'école, il n'est pas venu avec nous dans les cachots. Quand les jeunes Gryffondor ont abattu la bestiole, il est arrivé en boitant. J'ai très bien vu sa jambe, il saignait et ça faisait drôlement penser à une morsure d'animal !
- Et alors ?
- Faut pas être un géni de sorcier pour capter qu'il a essayé de passer devant le chien !
- On pense que si Rogue s'intéresse à ce qui est caché en dessous de la trappe, c'est que le jeu en vaut la chandelle Professeur. Après tout, il fait déjà suffisamment suspect comme enseignant alors je ne pense pas qu'il prenne le risque de se faire mal voir pour rien.
- En quoi est-il suspect à vos yeux ?
- Ce type est un fanatique de magie noire ! Rassurez-moi, vous l'avez quand même remarqué ? Il terrorise ses élèves et humilie par-dessus tout les Gryffondor. Ça ne m'étonnerait même pas si vous nous annonciez qu'il était pote avec Voldemort !
- Severus... Severus Rogue a effectivement un passé commun avec Lord Voldemort. Il était l'un de ses mangemorts mais s'est rallié à notre cause suite à un certain évènement...
- Et vous lui avez confié un poste de professeur après ça ?! s'indigna Soledad. C'est la vieillesse qui vous fait perde la tête ou quoi !
- Sol ! Je t'avais déjà demandé de ne pas agresser les personnes au dessus d'un certain âge ! la réprimanda sévèrement Marie.
- Mais je ne l'ai pas agressé ! Je lui ai juste fait remarquer un fait évident...
- Sol... soupira sa sœur exaspérée. Tu es infernale.
- Bon, qu'est-ce qui vous prouve que Rogue est bel et bien de notre côté ? D'ailleurs, êtes-vous à cent pour cent sûr que Voldemort est bien... mort ?
- En doutez-vous Mademoiselle Lopès ?
- C'est une question à la fois simple et basique. On a déjà rencontré plusieurs gars maléfiques qui se sont fait passer pour des cadavres avant de retrouver leurs forces et leurs pouvoirs... Comment un bébé comme Harry a-t-il pu anéantir le mage qui a aliéné votre communauté et s'en sortir qu'avec une simple cicatrice ?
- À cela je ne peux répondre que par des théories plus improbables les unes que les autres.
- Du genre ?
- Quand j'aurai des preuves, je le ferai savoir au principal concerné en premier.
- Et vous Professeur, pensez-vous personnellement que Voldemort ne refera jamais surface ? l'interrogea doucement Marie.
- Je trouve que le proverbe moldu est très adéquat pour vous répondre : « il ne faut jamais dire jamais ».
- Pensez-vous que s'il faisait son grand come-back, il s'en prendrait à Harry ?
- Je le crains en effet... par volonté de vengeance, il risque fortement de s'en prendre au jeune Harry. Sans parler des quelques serviteurs qui sont, malgré le temps passé, restés fidèles à Voldemort.
- Et c'est là que Rogue entre en scène ! s'exclama Soledad triomphante.
Marie ne put retenir un petit rire. Celle-là... toujours quelque chose à dire même si il ne faudrait pas !
- Le Professeur Rogue a mon entière confiance, déclara le Directeur sur un ton qui n'admettait aucune réplique.
- Bon... admettons. Qu'est-ce qu'il faisait dans la même pièce que le chien alors ?
- Rien ne prouve qu'il y était.
- Et rien ne prouve qu'il n'y était pas ! Comment s'est-il blessé hier soir ? Qui a fait rentrer le troll ? En plus, la bêbête est passée par les cachots, lieu où comme par hasard vit et enseigne le suspect !
Soledad commençait à perdre patience et tortillait nerveusement le cadeau que lui avait fait la licorne la nuit passée. Dumbledore le remarqua :
- Où avez-vous trouvé ce crin ? Il appartient à une licorne si je ne m'abuse ?
- Ouais, j'ai en soigné une dans la forêt cette nuit. La pauvre, c'est horrible comme elle a du souffrir... À l'aube, elle était quasi rétablie et m'offert deux de ces crins. Alors maintenant, la question existentielle : à quoi cela peut-il bien nous servir ?
Dumbledore eut un léger sourire et répondit énigmatiquement :
- Qu'est-ce que vous différencie grandement de nous ?
- Nos oreilles pointues ? Notre origine ? Notre puissance ? énuméra Soledad.
- Les baguettes... murmura Marie qui venait de comprendre. Les crins de licorne constituent le cœur de vos baguettes magiques.
- Exactement. Je pense qu'il est important que vous en possédiez chacune une même si vous n'en voyez pas l'utilité. Ici à Poudlard, je peux vous couvrir. Mais lorsque votre existence traversera les limites de l'école, j'aurai plus de difficulté à vous faire accepter. En maniant une baguette, vous gagneriez une légitimité certaine auprès de la communauté sorcière.
- Comment les fabrique-t-on ?
- Je vais contacter le meilleur fabricant de baguettes, Monsieur Ollivander. Je suis persuadé qu'il sera ravi de vous créer des baguettes.
- On ne peut pas les acheter tout simplement ?
- Étant donné vos pouvoirs, je suis plutôt d'avis à les créer spécialement pour vous. Il lui faudra réfléchir à quel bois choisir et à sa taille.
- Le bois et l'élément central doivent concorder avec notre identité, notre personnalité ?
- C'est généralement comme cela que les baguettes choisissent leurs maîtres.
- La licorne est parfaite pour toi, fit Soledad amusée. Et prends du mallorn, ça ira bien avec !
- Voila un bois que je ne connaissais pas, souligna Dumbledore.
- Normal, il s'agit d'un arbre qui ne pousse qu'en Lorién, une forêt de notre monde originel, expliqua Marie. Pour Sol, je propose un ventricule de dragon et du bois dur comme du chêne !
- Je vais faire comme si je n'avais pas compris l'insinuation chérie. Bon, pour en revenir au chien...
- Le chien cache quelque chose qui ne concerne pas l'école. Je ne peux vous révéler ce secret sans l'accord de son propriétaire.
- Propriétaire qui est ? tenta Marie.
- Si je vous le dis, vous ne tarderez pas à trouver la réponse à votre question, sourit malicieusement le Directeur.
- Bon, un point pour vous, admit Marie. Nous n'allons pas entrer dans la confidence.
- Juste pour aujourd'hui, précisa Soledad qui détestait être mise en échec. On finira bien par savoir que vous le vouliez ou non.
Elles prirent congé du vieux Professeur. Ce qu'elles ignoraient, c'est que ce dernier comptait bel et bien convaincre le porteur du secret de leur en parler. Après tout, il avait un point en commun : l'immortalité.
- On est censé avoir quel cours ? se renseigna Soledad.
- Euh... Histoire de la Magie je crois.
- Oula, bon bah non c'est bon, je vais trouver autre chose à faire...
- Tu m'étonnes... au moins quand Gandalf nous enseignait l'Histoire de la Terre du Milieu, c'était moins soporifique !
- Avec Saroumane, c'était... chiant. J'écoutais beaucoup plus Léïa, elle savait rendre les choses intéressantes. Bref, je vais aller chercher du mallorn pour les baguettes.
- Ok. Je vais aller voir comment se passe l'entraînement des nouvelles recrues.
- Quel campement ?
- Le principal, tu me rejoins là-bas ?
- Si tu veux, je ne vais pas traîner en Lorién de toute façon... je ne tiens absolument pas à voir les seigneurs de ce lieu.
- À toute à l'heure !
Aliania apparut à l'orée de la forêt de la Dame surnommée l'Étoile du matin. Évidemment, les mallorns se trouvaient au cœur du royaume elfique. Soupirant, elle entra d'un pas décidé sous l'ombre des branches. Au bout de quelques minutes, elle s'arrêta et attendit que les gardiens se montrent avec leurs arcs bandés prêts à tirer. Effectivement, ces derniers révélèrent leur présence mais abaissèrent leurs armes en reconnaissant l'intruse. Parmi eux se trouvait Lendiwëll qui ne fit pas un mouvement pouvant trahir sa surprise. Pourtant, il avait conscience que la Dame Aliania ne se rendait que rarement et à contrecœur en ces bois. Elle ordonna qu'ils la laissent passer et sentit que les gardiens éprouvaient une certaine réticence.
- Ma Dame, permettez-moi de vous accompagner, intervint son pseudo beau-frère en s'inclinant, lui apportant aussi une aide inattendue.
- Mais bien volontiers, accepta-t-elle sentant qu'il voulait lui parler.
Ils s'éloignèrent sous les regards suspicieux de ses congénères. Après avoir marché un bon kilomètre, il s'arrêta, hésitant.
- Qui y a-t-il Lendiwëll ? Vous vouliez me parler ? l'encouragea l'elfe.
- Oui, ma Dame. Je ne sais toutefois comment aborder le sujet avec vous...
- Allez-y, soyez franc, je préfère la vérité aux non-dits.
- Vous savez combien j'aime votre sœur Alana elle est la douceur et la bonté même. Je tiens énormément à elle et je crois savoir que nos sentiments sont réciproques.
Aliania acquiesça sans l'interrompre.
- Il y a quelques jours, j'ai reçu un message de la part de votre père, le Seigneur Elrond. Quelle ne fut ma stupéfaction en voyant qui m'écrivait en personne !
La jeune fille imaginait bien en effet qu'elle avait pu être la réaction du gardien. Les grands Seigneurs ne s'adressaient pour ainsi dire jamais à des simples soldats.
- J'imagine... que vous a-t-il dit ?
- Il m'a confirmé ce que votre aînée m'avait appris. Il approuve totalement notre relation et nous donne sa bénédiction pour sa longévité. Il m'a également fait part d'une étrange chose.
- Quelle est-elle ?
- Le Seigneur Elrond a déclaré que ce n'était pas à lui que je devais m'adresser mais à vous pour réaliser mon plus grand désir...
- Il y en a qui ont un don pour les énigmes, marmonna Aliania. Vous savez de quoi il voulait parler ?
À ses mots et au grand étonnement de son interlocutrice, Lendiwëll s'agenouilla devant elle en lui prenant la main et demanda d'une voix teintée d'émotion :
- Dame Aliania, j'ai l'immense privilège de vous demander à genou la main de votre sœur Alana.
La jeune fille se figea. Elle s'était attendue à beaucoup de choses mais pas à ça. Elle dévisagea l'homme qui était incliné devant elle et partit alors dans un fou rire incontrôlable.
- Je suis... désolée ! tenta-t-elle de dire entre deux crises de rire. C'est juste que...que je ne m'attendais pas à ça. Et par pitié, relevez-vous, vous n'avez pas... pas à vous incliner devant moi !
Reprenant son sérieux, elle observa son visage marqué par l'incrédulité sans doute due à sa réaction et l'anxiété de ne pas avoir eu de réponse.
- Mon cher Lendiwëll, je suis extrêmement touchée que vous me demandiez cette permission. Je vous apprécie beaucoup et je sais qu'Alana et vous êtes fait pour vous unir à jamais. Ce n'est toutefois pas à moi de vous donner sa main... Je considère que ma sœur est totalement libre de ses actes et que par conséquent, c'est à elle et à elle seule de répondre.
- Ne serait-ce pas un engagement que vous pourriez percevoir comme nuisible pour votre fratrie ? s'enquit l'elfe gêné.
Aliania réfléchit un instant avant de répondre très sérieusement :
- Lendiwëll, écoutez-moi bien : je n'ai en aucune façon le droit de priver ma sœur de l'union à l'homme qu'elle aime. Son bonheur est ce qu'elle a de plus précieux pour moi et si celui-ci peut être possible grâce à votre mariage, alors je m'interdis de me mettre entre vous deux. Ce sera à Alana de décider de comment elle va poursuivre sa vie. Et puis... son cœur est bien assez grand pour que nous ayons tous les deux une place suffisante, conclut-elle dans un sourire rassurant.
- Merci noble Dame, fit-il le cœur plus léger. Je ne sais comment vous remercier...
- J'ai bien une petite idée, souligna-t-elle avec un sourire mystérieux.
- Que voulez-vous que je fasse ?
- J'ai besoin de deux branches de mallorn. C'est pour cette raison que je suis venue ici. Pourriez-vous aller en chercher ? Je ne désire point m'approcher de la demeure de Galadriel... surtout que si jamais je suis surprise en train de casser un arbre, je vais encore subir son courroux...
- Bien entendu ! Mais ce service, je vous l'aurais rendu sans que je considère cela comme une faveur ! N'y a t-il rien d'autre que je puisse faire ? l'implora-t-il.
- Je n'ai nulle autre requête à vous présenter si ce n'est que de continuer à rendre ma sœur heureuse. Maintenant, je vous prie d'aller chercher ces morceaux de bois car je dois rejoindre Imladris au plus vite pour former de nouveaux combattants. Alana y est déjà et risque d'y rester encore quelques temps, l'informa-t-elle avec un clin d'œil.
Lendiwëll partit en courant exécuter sa mission tandis qu'Aliania s'assit contre un tronc d'arbre. Elle attendit moins de deux heures son retour et se retint de lui faire remarquer que l'amour lui donnait des ailes. Après l'avoir remercié, elle se remit en route vers la sortie de la forêt pour pouvoir prendre le passage pour Poudlard.
Soledad n'avait aucune idée du laps de temps qui s'était écoulé depuis leur entretien avec Dumbledore. Certainement pas plus de quelques heures. Les couloirs étaient déserts et ce fut donc sans difficulté qu'elle confia à la statue du Phénix le bois et les crins de licorne. Sans s'attarder, elle rejoignit sa sœur en Terre du Milieu.
Alana était bien occupée depuis quelques heures. Depuis son dernier passage, les équipes défensives avaient été modifiées à cause des récentes attaques qui avaient décimé les rangs. Ces modifications n'étaient pas inhabituelles mais demandaient une grande organisation de la part des chefs. Or, les chefs en question n'étaient autre que les jumelles qui n'étaient que peu présentes ces derniers temps. Les soldats la sollicitaient de toute part :
- Dame Alana, qui doit se charger de prévenir la famille Molina de la disparition de leur fils ?
- Les nouvelles recrues ne sont pas équipées. Fabrique-t-on encore d'autres armes ou leur donne-t-on celles qui appartenaient à ceux qui sont tombés ?
- Hey Al ! Tu n'as pas vu ma sœur. Je ne la trouve nulle part...
- Princesse, puis-je avoir une permission de trois jours ?
Les questions fusaient à une telle vitesse qu'Alana ne pouvaient point y répondre. Sentant la migraine pointer le bout de son nez, elle soupira et alla s'isoler dans un coin réservé aux supérieurs hiérarchiques. Adossée contre un mur, elle se massa les tempes et priant pour que sa sœur arrive sous peu. Aliania était plus dans son élément parmi l'armé que parmi la haute société. Elle savait gérer cette masse de muscles sans se laisser déborder. Comme si elle avait entendue la prière silencieuse de sa grande sœur, Aliania pénétra dans l'immense cours où s'activait un bataillon d'hommes qui accapara immédiatement son attention. Assaillie à son tour par une avalanche de questions sans fin, elle leva les mains face à elle en ordonnant fortement le silence :
- OH ! Laissez-moi arriver ! L'un de vous a-t-il quelque chose à me dire ou à me demander qui nécessite un entretien illico ? Il y a-t-il le moindre risque qu'une apocalypse se déclenche dans la minute ?
Les soldats se regardèrent et baissèrent les yeux, conscients qu'ils ne s'étaient pas montrés des plus patients et des plus polis avec leur chef.
- Bon, je résume : pas d'apocalypse sur le feu ni d'armée ennemie à notre porte. Donc... relax les gars ! Avant de vous répondre, je veux voir ma sœur. Où est-elle ?
- Elle s'est isolée dans l'atrium des chefs, elle... elle n'avait pas l'air en grande forme, avoua un gardien.
- Si elle a subi vos assauts en continu depuis des heures, je peux comprendre son envie de s'isoler ! railla la jeune elfe. Sérieusement Messieurs, nous avons délégué certaines de nos fonctions à des gens expérimentés quand nous ne sommes pas disponibles. Allez donc les harceler eux ! lança-t-elle en tournant les talons.
- Mais Dame Aliania, malgré tout le respect que nous vous devons, il n'y a plus personnes pour tenir ce rôle...
- Comme ça ? s'arrêta-t-elle net.
- Les derniers élus sont soient portés disparus, soient morts.
- QUOI ! Mais c'était Anàrion qui subordonnait tout le monde ! s'affola-t-elle. Est-ce qu'il est m... ?
- Le Seigneur Anàrion a du partir en mission sur ordre de votre tante – la Reine Prestya – et depuis, nous n'avons plus eu de nouvelles.
- Où est-ce que cette pét... où est-ce que qu'elle l'a envoyé ? se reprit-elle à temps.
Insulter devant les soldats sa tante n'était sans doute pas la chose la plus intelligente à faire. Leur mésentente n'était pas un secret d'État mais quand même... elle se devait d'adopter une attitude plus mature devant ses hommes.
- Nous l'ignorons gente Dame.
- Mais de quel droit elle envoie l'un de mes hommes accomplir une de ses missions ? Ça ne va pas se passer comme ça ! rugit l'elfe en allant retrouver sa sœur.
Elle la trouva somnolente contre un mur et ce fut sans pitié qu'elle hurla son mécontentement, réveillant ainsi brutalement son aînée :
- Tu es au courant que Prestya a ordonné à Anàrion de partir en mission – et au passage de déserter son poste d'Intendant de notre armée – sans même nous prévenir ?! Mais pour qui elle se prend à la fin !
- Sans doute pour la Reine... oh mais attends, elle l'est ! ironisa sombrement Alana.
- Elle a l'obligation de non-ingérence envers notre armée ! lui rappela sa cadette hors d'elle. En plus, fallait qu'elle choisisse Anàrion ! Elle savait très bien que ça m'énerverait à mort.
- Justement, ne lui fait pas ce plaisir, rétorqua-t-elle avant d'ajouter en soupirant : bon ok, je vais lui parler ! Toi, occupes-toi de l'armée, je sature des gros bras...
- Ce sont pourtant de braves gars ! rigola sa petite sœur. D'ailleurs, faut que je retourne même de l'ordre dans les bataillons. Ils ont l'air chaotique ! Et faut aussi que je forme les nouvelles recrues.
- Heureusement que tu aimes bien former les jeunes ! Plutôt étonnant quand on connait ton degré de patience... souligna Alana avec un sourire.
- Je suis extrêmement motivée quand il s'agit de se battre chérie. À chacun ses hobbies.
- Je me suis occupée des plusieurs cours d'herbologie et de potions ces derniers jours je te laisse l'art du combat !
Pendant ce temps à Poudlard, le Professeur Dumbledore faisait les cent pas dans son bureau. Il venait de confier les éléments fournis par les jumelles pour la construction de leurs baguettes magiques à Monsieur Ollivander, l'unique spécialiste en la matière d'Angleterre. Celui s'était montré enthousiasme à l'idée de créer des baguettes à base d'un bois inconnu et était impatient d'en voir les effets sous les doigts de leurs futures propriétaires.
Le Directeur continuait à user le tapis richement brodé de son bureau jusqu'à ce que quelqu'un frappa à la porte. Il alla ouvrir pour faire face à deux personnes dont il était difficile de donner un âge. Les invités n'avaient en effet pas un physique s'apparentant à celui d'un vieillard mais on pouvait lire dans leurs regards le poids des années.
- Mon très cher Nicolas, ma très chère Pernelle, je vous en prie, asseyez-vous ! Je vous remercie de bien avoir voulu vous donner la peine de venir jusqu'ici.
- Mais c'est tout naturel Albus, tout naturel, répéta l'homme qui s'était installé avec son épouse face à son hôte. Mais éclairez-nous donc sur cette invitation... il y a-t-il un problème avec l'objet que nous vous avons confié ? s'inquiéta-t-il.
- Rassurez-vous, il est toujours bien en sécurité là où nous l'avons mis avec les professeurs. Toutefois, nous avons accueillis deux élèves assez inhabituelles cette année au sein de notre établissement. Or il se trouve qu'elles se doutent de quelque chose et que j'aimerais qu'elles soient au courant de notre petit secret.
Le Professeur Dumbledore expliqua alors au mystérieux couple le strict minimum à propos des jumelles Lopès et en quoi il serait nécessaire de leur révéler la vérité sur ce que cache la trappe. Au bout d'une heure, le couple accepta la requête sous prétexte que « de toute façon, des êtres immortels ne pouvaient pas être en quête de ce qu'ils possédaient déjà ». Il demanda néanmoins à rencontrer lui-même les sœurs pour leur expliquer la situation.
Alana entra dans les appartements de son tante Prestya sans annoncer son arrivée au préalable. Elle la trouva en compagnie de son père qui était en train de lui bander l'avant-bras.
- Qu'est-ce qui t'est arrivé ? fit-elle en guise de bonjour.
- Depuis quand entres-tu dans mes quartiers sans frapper ? sourcilla sa tante d'un air sévère.
- Depuis quand prends-tu nos soldats pour tes serviteurs ? répliqua la jeune elfe sans prêter attention à la précédente remarque.
- De quoi tu parles ? demanda innocemment la Reine.
Pendant ce temps, le Seigneur Elrond n'avait pas pipé mot. Il voyait que sa fille aînée était en colère et venait réclamer des comptes à sa tante. Ayant fini le soin, il décida de se retirer en prétextant un autre blessé à voir et quitta la pièce, bien décidé à avertir Léïa qu'il risquait d'y avoir un nouvel éclat si elle ne venait pas servir de médiateur.
- Anàrion.
- Oh lui ? J'avais besoin d'un soldat expérimenté pour une mission de reconnaissance...
- Il a fallu que tu te serves dans nos hommes ? Ne me fais pas croire qu'il n'y avait personne parmi tes soldats qui pouvait accomplir cette mission ! Pourquoi lui ?
- Il connait très bien les moindres recoins de la Terre du Milieu et est aussi doué en espionnage qu'en combat. Je sais combien il est sérieux et a le sens du devoir.
- J'y crois pas... où est-ce que tu l'as envoyé ? demanda l'elfe sur un ton menaçant.
- Tu n'as pas besoin de le savoir, il devrait bientôt être de retour.
À ces mots, sa nièce explosa :
- Comment peux-tu être aussi odieuse ? Tu ne veux pas perdre tes soldats donc tu envoies les nôtres à la place ! Tu ne t'es même pas demandé une seule seconde si Anàrion pouvait déserter sans problème son poste ? Ou bien tu savais très bien qu'il gérait une grande partie de notre armée pendant notre absence et que ça serait l'anarchie pour nous s'il venait à disparaitre ? En plus, tu sais parfaitement qu'il s'agit de notre plus fidèle ami et ça, tu ne peux pas le supporter !
- Qu'est-ce que se passe encore ? demanda Léïa qui venait d'entrer en trombe. Alana, c'est toi qui hurle ? s'étonna-t-elle.
- OUI C'EST MOI ! Je suis obligée d'hurler pour prouver à ta sœur que je suis toujours là !
- Comment ça ?
- ELLE n'a PAS l'air de capter qu'avec Aliania, on est toujours les dirigeantes de notre armée et qu'elle n'a pas à intervenir dans nos affaires ! Ce n'est pas parce que nous ne somme pas toujours présentes que nous avons démissionné de nos fonctions ! Si notre fratrie venait à disparaitre avant votre fratrie, alors là vous récupéreriez l'intégralité des forces armées. Malheureusement pour toi Prestya, nous sommes loin d'être un pied dans la tombe alors arrêtes d'abuser de ton pouvoir !
- As-tu perdu l'esprit ? murmura Prestya, mi-abasourdie et mi-énervée, n'ayant pas habitude de se faire remettre à sa place par sa nièce Alana.
- Dis-moi où est Anàrion et j'envisagerais peut-être l'option de fermer les yeux sur ce qu'il s'est passé.
- Je l'avais envoyé en Angleterre du côté de Londres afin qu'il puisse élucider une vague de meurtres. Il devait trouver les démons responsables de ces massacres et si possible les tuer.
- J'y crois pas ! Donc si je résume, tu lui as fait déserté son poste de coordinateur et décisionnaire pour l'envoyer dans une mission concernant des sorciers – alors que lui-même n'a aucun pouvoir magique – dans une ville moderne qu'il ne connait que très peu ! Tu es vraiment prête à tout pour tenter de fragiliser notre organisation...
- Pourquoi est-ce que ta sœur et toi semblez penser que je veux vous nuire à la moindre occasion ?
La jeune fille ne répondit pas et sortit de la pièce furibonde en claquant la porte, laissant derrière elle deux reines bouche bée.
- Aliania ? la contacta-t-elle mentalement.
- Oui ? répondit immédiatement celle-ci.
- Anàrion a été envoyé quelque part à Londres pour trouver des démons assassins je n'ai toujours pas capté pourquoi elle l'a choisit si ce n'est pour nous énerver...
- Comme c'est étonnant... maugréa Aliania. Attends... il est seul dans Londres à chasser des démons ! Mais il va se faire tuer ! Faut qu'on le retrouve !
- Oui mais comment ?
- Je m'en charge. Peux-tu terminer d'expliquer aux nouvelles recrues comment on tire à l'arc ? Il reste la partie pratique mais je n'ai pas le temps de leur faire appliquer les concepts.
- Pas de problème ! Tiens-moi au courant de l'avancée de tes recherches !
- Yep !
Soledad se précipita dans le Grand Hall de Poudlard et courut dans les dédales des couloirs sombres de l'école. À une intersection, elle faillit rentrer en collision avec une forme sombre : le Professeur Rogue. Celui-ci semblait furieux d'avoir du éviter de justesse la jeune elfe.
- Faites attention à ce que vous faites ! grogna-t-il en levant la baguette vers elle.
- Et vous abaissez votre baguette ! rétorqua-t-elle.
- Qu'est-ce qui vous prends de courir comme si le diable était à vos trousses ?
- Si le diable était à mes trousses comme vous le dites, je lui ferais face pour lui faire avaler sa fourche ! Bon, puisque vous êtes là, rendez-vous utile : vous avez une carte de Londres et de son agglomération ?
Le Maître des potions la dévisagea comme si elle était devenue folle – mais encore plus de d'habitude – avant de lui cracher à la figure :
- En voila une étrange requête ! Mais pourquoi devrais-je en être étonné ? Après tout, tout ce qui émane de vous n'est que folie et bizarrerie, dit-il d'un air méprisant.
- Vous avez fini de dresser mon portrait ou bien je m'applique à faire le votre ? s'énerva-t-elle. Et en public, ajouta-t-elle en lui adressant un sourire mauvais.
- Bonsoir mes enfants, les interrompit une voix un peu chevrotante.
Les deux interlocuteurs se retournèrent vers le Directeur en haussant le sourcil, n'appréciant guère ce qualificatif.
- J'ose espérer que vous n'êtes pas en train de vous chamailler une fois de plus ?
- Du tout ! répliqua l'élève. Je lui demandais une carte de Londres et il s'est contenté de se payer de ma tête... n'est-ce que pas là une attitude que l'on pourrait qualifier d'odieuse ou de désagréable ? railla-t-elle en fixant le Professeur Rogue.
Ignorant sa dernière remarque, le Professeur Dumbledore leva une main apaisante vers son collègue et répondit à Soledad :
- Je dois avoir une carte dans mon bureau, si vous voulez bien me suivre...
La jeune fille lança un dernier regard noir au Maître des potions et suivit le Directeur. Arrivés dans le bureau, il l'invita à s'asseoir et fouilla dans une de ses armoires vitrées. Quelques secondes plus tard, il lui tendit une carte routière londonienne.
- Wow, vous avez vraiment tout dans votre bureau, c'est impressionnant. Je ne pensais pas trouver une carte routière moldue chez un aussi grand magicien.
- Ce n'est pas parce que je suis un puissant magicien que je ne m'intéresse nullement aux pratiques moldues, déclara-t-il calmement. Au contraire, j'adore découvrir leurs techniques. Je trouve fascinant la manière dont ils se débrouillent sans magie au quotidien. La question que je me pose actuellement est : pourquoi avez-vous besoin de cette carte ?
Soledad hésita un instant avant de répondre. Lui expliquer sa requête la forçait à révéler des éléments de sa vie privée. Peu importe après tout, il l'aidait, elle pouvait bien lui répondre :
- Je dois retrouver une personne... d'après le peu d'informations que j'ai, elle serait à Londres ou en périphérie.
- Comment comptez-vous faire pour la trouver ?
- Avec une méthode ancestrale : un pendule.
- Comment cela fonctionne-t-il ? se renseigna Dumbledore visiblement curieux.
- Je vais vous montrer, répondit-elle avec un sourire sincère.
Elle déplia la carte et la posa bien à plat sur la table. Elle détacha un collier en cristal en forme aiguisée qui était caché son tee-shirt.
- Vous prenez un pendule – de préférence en cristal de roche – et un objet appartenant à la personne que vous voulez rechercher. En tenant d'une main les objets, faites tournoyer le cristal au dessus de la carte en pensant bien fort à ce que vous voulez trouver.
Elle mit en application ses explications en pressant dans sa main un bracelet de force qu'Anàrion lui avait offert à son retour de son séjour en France. Le cristal décrivait de larges cercles au dessus du morceau de papier sans vouloir se concentrer sur un endroit précis. Les minutes passaient et la patience de l'elfe s'amenuisait. Exaspérée, elle posa le collier et fit craquer son cou pour se détendre.
- Bon, là ça marche pas mais généralement, c'est assez efficace, lâcha-t-elle dans un soupir.
- D'après vous, pourquoi cela ne fonctionne-t-il pas ?
- Il peut y avoir pas mal de raisons... le secteur de recherche n'est peut-être pas assez étendu ou alors une puissance magique brouille le signal. Ou alors...
- Ou alors ? demanda-t-il calmement.
- Ou alors la personne n'est plus de ce monde. Mais ça ne peut pas être ça, je ne veux pas, pas lui... grinça-t-elle en serrant les dents. Il est forcément vivant...
- Il ? releva le vieux professeur.
- Mon meilleur ami, Anàrion. Quelqu'un (elle appuya bien sur ce mot) s'est permis de l'envoyer chasser un groupe de démons meurtriers C'est un excellent soldat mais ce n'est pas un magicien. C'était totalement irresponsable de l'envoyer tuer des démons seul. Je dois le retrouver avant qu'il ne se fasse tuer.
- Connaissez-vous un autre moyen de le repérer ? s'enquit le vieil homme.
- Pourquoi ne pas tenter une incantation ? Mais sans recourir à son sang, cela risque de se montrer inefficace, réfléchit-elle à voix haute. En fait, c'est ça qu'on devrait mettre en place ! s'exclama-t-elle avant de se rappeler qu'elle n'était pas toute seule.
- Je vous demande pardon ? l'interrogea poliment le Professeur Dumbledore.
- Oh, euh... je me disais qu'il serait pratique d'avoir un échantillon de sang de chaque soldat pour pouvoir ensuite les retrouver en cas de disparition. Bref, je vais essayer autre chose. Il me faudrait du laurier, de la sauge, du romarin, de la lavande et... une jeune pousse de bambou.
- Je peux aisément vous procurer les premiers ingrédients. En revanche, je ne pense pas avoir de bambous à Poudlard... ce n'est pas un ingrédient très utilisé.
- C'est en Afrique que j'ai appris à en user en potions et incantations, lui dit-elle. J'imagine que je peux prendre du saule en compensation.
- Si vous pensez au Saule Cogneur du parc, laissez moi vous souhaiter bonne chance pour récupérer ne serait-ce qu'une brindille... l'avertit-il.
- Comme si un arbre allait gagner contre moi... railla-t-elle. D'ailleurs, quelle drôle d'idée de planter un arbre qui cogne tout ce qui l'approche de trop près dans le parc d'une école.
- Chaque élément de Poudlard possède sa propre histoire, déclara énigmatiquement le vieux professeur avec un petit sourire nostalgique.
- Et je suis sûre que vous me la raconterez un jour, rajouta-t-elle. En attendant, je remercie le ciel de m'avoir octroyé un pouvoir qui s'appelle la télékinésie ! railla-t-elle. Très pratique dans ce genre de cas...
- En parlant de pouvoir, vos baguettes vous seront livrées dans quelques heures. Monsieur Ollivander semble ravi de vous en fabriquer et a hâte de voir leurs réactions.
- Leurs réactions ?
- En temps normal, c'est la baguette qui choisit son maître et non l'inverse. Le fait de vous les construire sur mesure peut donner lieu à d'étranges phénomènes. Avec un peu de chance, elles vous obéiront... autrement, il faudra faire preuve d'autorité avec elles. Mais pour cela, je vous fais confiance, fit-il avec un léger clin d'œil. Vous viendrez les récupérer dans mon bureau demain juste avant le début des cours. Par ailleurs, j'ai des amis qui souhaitent vous rencontrer.
- Et pourquoi cela ? s'enquit l'elfe méfiante.
- Il se trouve que ces personnes ont un rapport direct avec ce qui est caché sous la trappe et qu'ils sont d'accords pour vous mettre dans la confidence à condition de vous le dire en face à face.
- Ah... okay, pourquoi pas. Mais que savent-ils de nous exactement ?
- Rien de plus ni de moins que ce que savent déjà les élèves, la rassura-t-il.
Soledad prit congé du Directeur après avoir récupéré les herbes nécessaires pour l'incantation de localisation. Elle se rendit au Saule Cogneur qui déchaîna ses branches à son approche. Sans perdre de temps, l'elfe fit venir à elle une des extrémités de l'arbre et l'arracha d'un coup sec. Furieux, celui-ci se tordit encore plus pour tenter de la frapper. Malheureusement pour lui, Soledad ne lui laissa pas l'occasion de l'approcher et tourna les talons pour s'installer près du lac.
Étalant la carte dans l'herbe, elle mélangea les aromates et broya le tout jusqu'à ce qu'il ne reste qu'une fine poudre. Elle la prit dans sa main et la laissa lentement s'échapper en la répartissant sur le papier tout en psalmodiant :
- J'en appelle à la Déesse de tout ce qui est égaré
Aidez-moi avant qu'il ne soit trop tard
À retrouver grâce à vos fabuleux pouvoirs
La personne qui mobilise toutes mes pensées...
Rien ne se produisit. La jeune fille ne se découragea pas et refit une tentative qui se révéla elle-aussi infructueuse. Elle opta alors pour une autre tactique : si elle parvenait à localiser les démons, alors peut-être pourrait-elle retrouver Anàrion.
- Sang des innocents, viens me guider
Montre-moi où se cache le mal
Afin que je puisse vous venger
En leur jetant un sort fatal
Wow, je ne suis vraiment plus habituée à créer des sorts en direct... maugréa-t-elle pour elle-même.
Soudain, la carte se remplit de points rouges à une allure folle. Rapidement, l'espace fut saturé et le papier s'embrasa, obligeant ainsi la jeune fille à se relever en urgence.
- Y'a une convention de démons en ville ou quoi ! grogna-t-elle en s'époussetant les bras recouverts de cendre. ALIANA ! hurla-t-elle.
Sa grande sœur se matérialisa quasiment instantanément devant elle en s'écriant :
- Je ne suis pas sourde ! Qu'est-ce qui te prends de m'appeler comme ça ? Tout va bien ?
- Non, tout ne va pas bien figures-toi ! Anàrion a disparu depuis plusieurs jours – en faites, depuis plusieurs semaines vu le décalage temporel – et je ne parviens pas à le localiser ! Il te reste des contacts sur Londres ?
- Possible... question : qu'est-ce qu'il foutrait à Londres ?
- Réponse : demande à Prestya, La-sans-gêne-qui-pique-les-soldats-des-autres-pour-son-propre-compte, lâcha Soledad qui lui résuma ensuite la situation.
Aliana lui promit de mener discrètement une enquête auprès de vieilles connaissances et de la tenir au courant si elle avait vent de quelque chose. Soledad repartit en Terre du Milieu pour continuer l'entraînement de l'armée.
- Alors ? se renseigna Alana dès qu'elle vit sa sœur. Tu l'as retrouvé ?
- Non, mais je ne lâche pas l'affaire, t'inquiètes pas, tenta-t-elle de la rassurer.
- Aliania ! les interrompit une voix masculine.
L'elfe se retourna pour faire face à son frère Elladan. Étonnée de le voir ici, elle s'exclama :
- Elladan ! Mais qu'est-ce que tu fais ici ? Tu n'es pas allé en Forêt Noire ?
- J'en reviens justement et le Prince Legolas m'a chargé de t'apporter un message.
À ces mots, il lui tendit une enveloppe scellée par un cachet de cire verte. Elle le contempla un instant tentant de lire dans ses yeux le sort de Naraclya. N'y décelant aucune douleur, elle inspira et rompit le sceau.
Ma très chère Dame,
Comme j'aurais aimé pouvoir te parler en personne. Malheureusement, des affaires me retiennent au Royaume.
Je tiens à t'exprimer ma gratitude pour m'avoir envoyé les Seigneurs Ellandan et Elrohir. Leur don en médecine a permis de sauver la Reine Naraclya. Je ne pourrais jamais assez remercier ta famille pour cela. Ma mère a d'ailleurs réclamé ta présence à son réveil. J'ignore pourquoi mais si tu peux, n'hésites pas à venir en Forêt Noire. Tu y seras toujours la bienvenue.
J'espère te revoir bientôt dans de meilleures circonstances.
Bien à toi,
Ton Prince.
Soulagée de cette nouvelle, elle sauta dans les bras de son frère à sa grande stupeur. Réalisant ce qu'elle venait de faire, elle relâcha son étreinte en rougissant :
- Excuses-moi... maugréa-t-elle. C'est l'émotion. Je veux dire, se reprit-elle, c'est une excellente chose que vous ayez pu sauver la Reine Naraclya.
- Il aurait été incorrect de ne rien tenter, expliqua-t-il dans un sourire. Qui est cet elfe ? demanda-t-il en lui désignant discrètement un nouvel arrivant.
Aliania se retourna pour constater que l'elfe en question n'était autre que Lendiwëll. Consciente de la raison de sa venue, son cœur se mit à battre plus fort. Elle se dirigea vers sa grande sœur qui n'avait pas encore remarqué la présence de son homme afin de la prévenir. Dire que la jeune fille fut surprise était un euphémisme. Elle se précipita dans ses bras, se moquant éperdument de devenir le centre de l'attention des soldats présents. À la connaissance d'Aliania, il n'avait jamais quitté la Lorièn en dehors de ses missions de gardien. La jeune fille regardait à distance leurs retrouvailles en compagnie de son frère.
- Que me vaut l'honneur de ta venue ? fit Alana tout sourire.
- Dame Alana, j'ai quelque chose d'extrêmement important à te dire, lui dit-il en plongeant son regard dans le sien.
Il lui prit la main et s'agenouilla devant elle. Alana ouvrit grand les yeux face à cette attitude improbable. Mais que lui prenait-il ? Pourquoi diable s'inclinait-il devant elle ? Il n'allait tout de même pas... si ?
- Mon amour, depuis que je t'ai rencontré, je ne vis plus que pour toi. Toutes mes pensées sont dirigées vers toi, tu es mon monde, mon univers, ma1 soleil. Je ne peux plus supporter de vivre loin de toi. J'ai traversé la moitié de la Terre du Milieu en une semaine tellement j'avais hâte de te poser la question : Alana, tu es la femme de ma vie, je t'aime et je veux poursuivre ma route avec toi. Me feras-tu l'immense honneur de devenir ma femme ?
La jeune elfe resta figée quelques secondes. Avait-elle bien entendu ? Non, c'était impossible ! Aucune personne saine d'esprit n'aurait osé lui demander sa main ! Pas en sachant les contraintes que son rôle de protectrice imposerait pour une vie maritale... Pourtant, la fameuse requête lui était présentée par un elfe on ne peut plus sérieux. Leur amour était fort et sincère ce pouvait-il qu'il puisse surmonter toutes les épreuves que le destin leur enverrait ?
Voyant que sa sœur était immobile et que son promis attendait calmement – en apparence tout au moins – Aliania surgit dans son esprit pour la faire réagir :
- Tu comptes lui répondre un jour ? l'encouragea-t-elle. Tu veux que l'homme de ta vie frôle l'infarctus ou quoi ? ironisa-t-elle pour la détendre.
Alors, tout se joua alors en une seconde dans l'esprit d'Alana : bien sûr qu'il était l'homme de sa vie et évidemment qu'elle voulait devenir officiellement sa femme aux yeux de tous ! Prenant une grande inspiration, elle l'incita à se redresser.
- C'est toi qui me fais un immense honneur en me demandant d'être ta femme mon amour ! Par tous les Eldar, bien sûr que je veux le l'être ! s'écria-t-elle avant de se jeter à son cou.
Le couple s'embrassa fou de joie. Aliania observait la scène en affichant un sourire rayonnant mais au fond d'elle, les pensées se bousculaient. Au moins l'une d'entre elles allait connaitre le vrai bonheur. Elle était heureuse pour sa jumelle car, comme elle l'avait notifié à son futur beau-frère, son bonheur passait avant tout le reste, même à ses dépends. Malgré ce beau discours, Aliania priait du fond de son cœur pour ne pas être mise à l'écart vis-à-vis de cette union bénie. Lendiwëll lui avait certifié que ce mariage ne bouleverserait pas les liens fraternels mais il ne pourrait en être autrement s'il voulait ne pas en souffrir lui-même...
La jeune fille fut tirée de sa réflexion par un effroyable bruit de détonation. Elle se précipita vers sa provenance – en l'occurrence la pseudo-cuisine – pour constater que la pièce n'était plus qu'un tas de gravas. Au milieu des décombres était étendue une adolescente inconsciente.
- Amy ! s'exclama Alana qui avait rejoint sa sœur.
Elle s'accroupit pour tâter le pouls de la victime. Soulagée d'en trouver un, elle tapota les jours de la blessée en l'appelant.
- Qu'est-ce qui s'est passé ? gémit-elle en se réveillant.
- Ça, c'est à toi de nous le dire, ironisa Aliania en remarquant le reste d'un chaudron explosé. Pourquoi notre cuisine s'est-elle transformée en champ de bataille ?
- Je ne comprends pas, je préparais une potion explosive et tout à coup : boom !
- Je ne sais pas si tu as bien suivi le cours au moment où j'ai expliqué qu'il ne fallait en aucun cas mélanger de la poudre de pierre de lune avec des morceaux de piments rouges ! Si tu as le malheur de mêler les deux ensemble au même moment, la potion – comme tu viens de le constater – explose instantanément. Tu en prends note pour la prochaine fois Amy ? la réprimanda-t-elle en l'aida à se relever.
- Oui, désolée... en même temps, ça arrive à tout le monde de faire des erreurs... maugréa-t-elle toute penaude.
- La prochaine fois, arranges-toi pour ne pas en faire qui pourr aient s'avérer fatales... Dans le fond, on s'en fout des dégâts matériels, c'est plus pour toi et ceux qui t'entourent que je dis ça ! rajouta Aliania.
Elles abandonnèrent la jeune fille en lui laissant le soin de remettre en état la pièce. Alana prit congé de son futur époux en lui promettant de le retrouver en Lorien au plus vite tandis qu'Aliania donnait de dernières instructions à un groupe d'hommes.
De retour à l'école de magie, elles se dirigèrent vers le bureau directorial – l'une d'entre elles affichant un sourire béat. Elles furent reçues immédiatement par Albus Dumbledore ainsi que par un couple. Après que les présentations furent faites, les jumelles entrèrent dans le vif du sujet.
- Alors comme ça, vous vouliez nous rencontrer ? fit Soledad, voyant que sa sœur ne semblait pas suffisamment présente pour mener une conversation.
- Oui, comme Albus, nous pensons que vous devriez connaitre notre secret. Vous êtes des sorcières très inhabituelles Mesdemoiselles Lopès, et il semblait que nous avons un point commun...
- Et pourrait-on savoir lequel ?
- Tout comme vous, nous avons connu plus d'hivers que ce que notre apparence laisserait penser... je suis né en 1326 et mon épouse Pernelle me suit de près.
- Wow, de quel peuple descendez-vous pour bénéficier d'une telle longévité de vie ? s'intéressa Marie.
- Nous sommes de simples sorciers. Cependant, nous avons en notre possession un objet qui nous permet d'allonger notre temps d'existence. C'est ce qui est caché sous la trappe.
- De quoi s'agit-il ? creusa Soledad intriguée.
- De la Pierre Philosophale, répondit Nicolas Flamel. Elle est issue d'une savante alchimie et permet la préparation d'un philtre qui rend quasiment immortel.
- Quasiment ? releva Marie.
- Elle nous procure la longévité éternelle mais pas l'immunité. Si une maladie fatale nous frappait ou si nous recevions une blessure mortelle, la pierre ne nous serait d'aucun secours.
- Comme nous en faites, souffla discrètement Soledad à son double qui acquiesça d'un léger hochement de tête.
- Vous l'avez confié au Professeur Dumbledore parce que ... ?
- Un telle pierre déclenche bien des envies et des jalousies, soupira Madame Pernelle, et il nous faut donc être prudent. Si jamais elle venait à tomber entre de mauvaises mains, les conséquences pourraient être terribles...
- Vous faites référence à quelqu'un de précis ? demanda Soledad pas dupe.
Le silence qui suivit fut éloquent. Évidemment que l'hypothétique menace de Voldemort flottait dans leurs esprits.
- Je vois... reprit-elle. Voldemort.
Le couple grimaça en entendant le nom maudit mais se retinrent de faire une quelconque remarque.
- Il est certain qu'un tel objet entre ses mains serait dangereux... réfléchit la jeune fille à voix haute. Quels sont les moyens de protection mises en œuvre actuellement ?
- Chaque professeur a mis sa pierre à l'édifice, expliqua le Directeur. Vous avez entendu parler du chien à trois têtes qui appartient à notre garde-chasse Rubeus Hagrid. Sous la trappe, un filet du Diable posé par Madame Chourave barre la route. Il y a également un un échiquier géant animé par Minerva, un champ de clefs volantes, un jeu d'énigme et potions. Je suis moi-même en train d'élaborer un barrage final, acheva le vieil homme.
- Ok... avec Al... Marie, on va pouvoir rajouter un piège. Qu'en penses-tu ? Marie !
La jeune fille cligna des paupières et rougit en se rendant compte que tous la fixaient et semblaient attendre une réponse de sa part.
- Oh désolée, j'étais ailleurs...
- Ça, on avait remarqué ! se moqua sa jumelle. Restes avec nous quelques minutes encore et après, je te laisserai rêvasser chérie. Pour protéger la pierre, on pourrait placer un pseudo chevalier en armure grâce à un sortilège. Un combat à l'épée, ça pourrait donner du fil à retordre à un éventuel voleur. Quasiment plus personne ne sait se battre au fer de nos jours.
- Oui, ça serait pas mal. Faut que je bosse la formule et que je fasse des tests, fit-elle en adoptant un grand sourire.
- Mais t'arrêtes de sourire comme ça ! rigola Soledad. Tu vas finir par rester bloquée dans cette position !
- Qu'est-ce qui vous met de si excellente humeur ? s'enquit le Professeur Dumbledore.
- Oh rien, éluda Marie en tentant de gommer sa joie sans succès.
À ce moment, la cheminée cracha des flammes vertes où apparut la tête d'un homme.
- Oh mille excuses si je vous dérange, fit-il comme si c'était tout à fait normal de parler dans un âtre verdoyant.
- Monsieur Ollivander ! Je ne m'attendais pas à ce que vous ayez fini aussi tôt ! Mais venez donc nous rejoindre, je vous en prie ! l'invita le Directeur.
Prenant congé de son hôte, les Flamel quittèrent Poudlard tandis que le fabriquant de baguettes fit son entrée via la cheminée. À peine les présentations furent terminées que le fabriquant tendit aux jumelles deux boitiers. Elles les ouvrirent simultanément pour trouver deux baguettes identiques.
- Taillées dans du mallorn sur 23,5 centimètres, le cœur contenant un crin de licorne, murmura l'homme. Allez-y, faites le geste ! s'impatienta-t-il.
- Le geste ? fit Marie sans comprendre.
Mais sa sœur avait saisit de quoi il parlait. Harry lui avait raconté sa rencontre en détail avec ce sorcier et notamment l'attitude étrange dont il avait fait preuve à son égard. Elle saisit pour la première fois de sa vie sa baguette et donna un coup sec avec. Une bourrasque d'air s'engouffra dans la pièce bien qu'aucune fenêtre ne soit ouverte et une lueur rougeoyante émana de la sorcière. Les papiers qui trônaient sur le bureau décrivaient des cercles comme si des minis tornades s'étaient formées dans l'espace clos. Soudain, un bruit de tonnerre assourdissant retentit puis tout redevint calme, laissant les témoins de la scène stupéfaits.
- Ok... fit Soledad en brisant le silence qui s'était abattu. C'était... bizarre.
- Et bah dis donc... ça fait bien du barouf venant d'une baguette construite avec les éléments plus que pacifiques, fit remarquer sa sœur. Heureusement que ce n'était pas « ventricule de dragon » et « bois de chêne ». T'imagine ce que ça aurait pu donner ? ajouta-t-elle avec un haussement de sourcil prononcé.
- Saisis donc la tienne pour qu'on compare les effets, s'impatienta Soledad. Allez !
Marie s'empara du morceau de bois dorée et, contrairement à ce qui venait de se produire avec son double, une légère brise souleva ses cheveux bouclés et une douce lumière platinée les fit luire.
- Y'a pas de doute, je suis beaucoup moins théâtrale que toi dans le genre, déclara l'elfe avant d'éclater de rire. Bon, ce n'est pas que je ne suis pas bien avec vous, mais je dois aller annoncer... un truc à quelqu'un, éluda-t-elle avant de se volatiliser le visage marqué par un sourire éclatant.
1 ma soleil : pour les Elfes, le soleil est féminin.
Je ne sais pas quand je pourrai publier la suite étant donné quelle n'est pas encore écrite ! ^^
Cependant, certaines scènes futures sont déjà créées (et devraient appartenir aux chapitres 14 ou 15).
Comme d'habitude, je vous laisse la parole : à vous la critique littéraire ! (ne vous battez pas surtout, il y a de la place pour tout le monde !) )
Merci et à bientôt !
