Bonjour !

J'espère que vous avez fait (ou allez faire) une bonne rentrée ! Vous allez dans quelle classe/formation ?

Voici le chapitre 13 de Puisqu'il faut continuer à vivre. Les choses vont se gâter progressivement... mais je ne vous en dis pas plus, à vous de la découvrir !

Bonne lecture !


Chapitre 13 - Pactes

Soledad avait pris congé du Directeur et du fabriquant de baguette pour se rendre dans son dortoir. Son regard se posa sur l'emploi du temps des premières années de Gryffondor et elle découvrit qu'ils avaient cours de métamorphoses dans un quart d'heure. Elle n'avait rien à faire de mieux que de s'y rendre. Si elle ne s'occupait pas, elle allait cogiter sur la disparition d'Anàrion jusqu'à péter un plomb et cela, ce n'était pas nécessaire. Redescendant à toute allure les escaliers, la jeune elfe arriva juste à temps au début du cours. Le Professeur McGonagall masqua sa surprise de la voir ici et fit comme si de ne rien n'était. Les élèves devaient transformer un dé à coudre en assiette. Une fois de plus, Soledad se demanda à quoi cela pouvait bien servir... malgré cela, elle jeta sans grande conviction le sort une première fois. Évidemment, rien ne produisit. Hermione réussit la mutation au bout du troisième essai ce qui fit gagner cinq points à leur maison. Haussant le sourcil, Soledad refit une tentative en y mettant un peu plus de cœur. Quitte à avoir une baguette, autant apprendre à s'en servir un minimum. Cette fois-ci, le sort fonctionna pour faire apparaitre une magnifique assiette où des arcs de cercle s'entrelaçaient. Le Professeur McGonagall lui accorda dix points pour le côté artistique. Quant à Ron et Harry, aucun des deux ne parvint à un résultat ce qui leur valut des exercices supplémentaires pour le prochain cours.

L'heure du midi arriva rapidement et tous se rendirent dans la Grande Salle. Le repas se passa dans la bonne humeur jusqu'à ce qu'un cri strident déchira l'atmosphère. Se retournant vivement vers sa provenance, Soledad analysa la scène une seconde avant de se précipiter lorsqu'elle entendit une voix connue hurler son prénom. Son aînée venait d'apparaitre vers la porte et tenait dans ses bras un corps ensanglanté.

- ALIANIA ! l'appela sa sœur en maintenant droit la tête de l'homme inconscient.

- Ce n'est pas possible ! Où est-ce que tu l'as trouvé ? Mais qu'est-ce qu'il lui est arrivé ? s'alarma-t-elle tout en commençant à examiner l'état inquiétant de son meilleur ami.

Ses vêtements déchirés dévoilaient son corps couvert d'ecchymoses et de coupures en tout genre dont certaines suintaient encore. L'homme avait le visage pâle et les cheveux mi-longs emmêlés et collés par du sang coagulé.

Consciente d'un troupeau d'élèves commençaient à se former autour d'eux, la jeune elfe les repoussa dans la Grande Salle puis scella temporairement les portes pour être tranquille. Une chance qu'aucun professeur n'avait eu le temps que parvenir jusqu'au Hall... elle n'aurait pas supporté leurs réactions horrifiées.

- Anàrion, le stimula Soledad en lui passant une main sur la joue, est-ce que tu m'entends ?

- Je ne pense pas qu'il puisse d'entendre, intervint Aliana tout en faisant un point de compression à la hanche pour stopper le flot d'hémoglobine qui s'écoulait de sa jambe. J'ai fini par le localiser dans un quartier mal famé londonien et quand je l'ai récupéré, il était déjà dans cet état là. Je suis venue directement ici. C'est à toi de t'en occuper maintenant, j'ai un vieux compte à régler avec ceux qui lui ont fait ça... sourit-elle d'un air mauvais.

- Qui sont-ils ? l'interrogea sa benjamine en grinçant des dents.

- Ni plus ni moins qu'un groupe de démons qui tentent de se faire un nom, éluda Aliana. Je vais les y aider... leurs congénères vont se souvenir d'eux comme ceux qui auraient mieux fait de ne pas s'attaquer la mauvaise personne ! fit-elle avant de les abandonner.

- Putain ! grogna-t-elle entre ses dents en se dépêchant d'appuyer à son tour de tout son poids sur la veine principale de l'aine afin que le blessé ne se vide pas de son sang.

Étant seule, elle se décida à poser un garrot pour pouvoir s'occuper du reste des blessures. D'après ses palpations, il semblait avoir plusieurs fractures et une luxation de l'épaule. Elle prit son pouls et se pencha sur son thorax pour constater que le rythme cardiaque n'était guère vaillant. Expirant un grand coup, elle se redressa et monta lentement ses deux mains – les paumes tournées vers le ciel – pour faire léviter le corps de son ami et le mena à l'infirmerie. Elle ne pouvait pas le ramener en Terre du Milieu par crainte que le trajet lui soit fatal.

Madame Pomfresh s'empressa de lui indiquer où déposer Anàrion sans poser de questions et commença à l'examiner.

- Je pense qu'il a deux côtes cassées, l'épaule droite luxée et la cheville foulée. Il a aussi une importante hémorragie au niveau de la cuisse – sans doute un coup de couteau – c'est pour ça que je lui ai posé un garrot il y a moins de vingt minutes. Il faut d'abord stopper le saignement puis réduire les fractures ainsi que lui remboîter l'épaule, énuméra l'elfe d'une traite. Ses pulsations cardiaques sont plus faibles que la normale, il a besoin d'un régulateur !

- Mademoiselle Lopès, je suis une médicomage qualifiée, Ne vous inquiétez pas, je me charge de le soigner. Repassez plus tard je vous prie.

- Non ! Je ne vais le laisser seul dans un lieu qu'il ne connait pas. Je reste, déclara-t-elle sur un ton qui n'admettait une réplique.

L'infirmière acquiesça et, après avoir refermé grossièrement la plaie par magie, appela avec sa baguette diverses fioles de potions qu'elle administra au blessé.

- Je lui ai donné une fiole de régénération sanguine et un calmant qui devrait réguler son rythme cardiaque. Celle-ci est une potion cicatrisante et celle là est du Poussos.

- Poussos ?

- Cela permet de réparer les os.

- Ah ok... faudrait que j'apprenne à faire ces potions, ça nous serait utile au quotidien, murmura-t-elle pour elle-même. Et pour son épaule, on lui remet en place manuellement ?

- Manuellement ?

- Je suppose que pour vous, c'est de la manière moldue que je parle. Vu qu'il est inconscient, faut être deux pour remboîter l'os. Vous prenez un drap et vous l'attachez comme ça (elle fit le geste en même temps) et vous tirez vers vous de toutes vos forces pendant que je tire de mon côté vers le bon axe...

À ce moment, le « crac » se fit entendre et le membre de la victime reprit un angle normal. Cependant, ce soin désagréable a du le tirer de son inconscience car il poussa un grognement et son beau visage se tordit de douleur. Soledad l'appela doucement en lui caressant les cheveux. L'homme ouvrit péniblement les yeux vers elle.

- Aliania ?

- Je suis là Anàrion. Tu es en sécurité ici. Comment te sens-tu ?

- J'ai bien cru que cette fois ci je n'allais pas m'en sortir...

- N'y pense plus, ceux qui t'ont fait ça ne doivent plus être de ce monde à l'heure qu'il est. Aliana s'en sera assuré.

- Aliana ?

- C'est elle qui t'a retrouvé. Je n'arrivais pas à te localiser alors je lui ai demandé de l'aide.

- Oh...

Il s'arrêta un instant et observa le lieu dans lequel il se trouvait.

- Euh, pourquoi est-ce que je me trouve dans un lit qui est lui-même au beau milieu d'un champ de ruines ?

- Tu es dans l'infirmerie de l'école de sorcellerie Poudlard, fronça-t-elle des sourcils, tu n'es pas dans un tas de ruines !

- En réalité, les moldus ne peuvent pas voir le château tel qu'il est authentiquement. Il s'agit d'un système de protection pour protéger notre secret, expliqua Madame Pomfresh.

- Les quoi ?

- Les moldus. C'est comme ça que les sorciers appellent les gens sans pouvoirs magiques. Dans ce monde, la sorcellerie est encore plus mal vue qu'en Terre du Milieu. Mais ne t'inquiète pas, il n'y a pas de démons ici tu ne risques plus rien. Rendors-toi, tu en as grand besoin. Lorsque tu seras en état, je te raccompagnerai à Fondcombe et tu reprendras ta place d'intendant.

- Je te jure que je ne voulais pas déserter mon poste, Prestya m'a obligé à...

- Je sais... sois tranquille, elle ne recommencera pas. Et si jamais elle essaie, sache que tu n'as pas à lui obéir. Je lui ferais rappeler nos accords...

- Alana n'est pas avec toi ? lui demanda-t-il pour dériver vers un sujet moins dangereux.

- Non, répondit-elle simplement en esquivant un petit sourire.

- Quoi de neuf sinon ?

- Pas grand-chose... ah si ! J'ai un nouveau titre ! lui dit-elle sur un ton mystérieux.

- Ah oui ? Lequel ?

- Devines !

- Commandante en chef des armées elfiques ? Reine de Fondcombe ? tenta-t-il sans grande conviction.

- Rien de tout cela – au passage, pour être Reine de Fondcombe, il faudrait qu'il n'y ait plus personne de la génération du dessus – c'est un titre plus personnelle. J'ai hérité du rang de belle-sœur !

- NON ! Aliana s'est remise avec son démon de copain ? s'étonna-t-il.

- NON ! lui rétorqua-t-elle du même ton. Elle a toujours été avec, ils ne se sont jamais séparés – enfin pas que je sache... – bref, je te parle de mon autre aînée Alana. Lendiwëll lui a demandé sa main et elle a dit « oui ».

- C'est une bonne nouvelle ça ! s'enthousiasma-t-il avant de rajouter : tu ne trouves pas ?

- Bien sûr que si ! Pourquoi tu dis ça ? protesta Soledad avec un peu trop de virulence pour que cela soit la stricte vérité aux yeux de son meilleur ami.

- Je te connais trop ma belle... et je sais aussi que même si tu sais que j'ai raison, tu ne voudras pas en parler, du moins pas maintenant, donc je te laisse tranquille avec ça. Pour l'instant... rajouta-t-elle dans un murmure.

- N'importe quoi, tu as du prendre un sacré coup sur la tête toi ! le taquina-t-elle en lui adressant un dernier sourire avant de se lever et faillir percuter le Professeur Dumbledore en sortant de la pièce.

- Pour faire court, l'animation surprise en fin de repas est bel et bien de ma faute, Aliana a retrouvé Anàrion – l'homme que je tentais de localiser l'autre jour – et l'a amené ici pour que je le soigne. Il dort pour l'instant mais je vous promets qu'il rentrera chez lui dès qu'il sera en état pour le faire, déclara-t-elle d'une traite. Des questions ? fit-elle en reprenant son souffle.

- Tout cela me semble limpide pour un si court récapitulatif, dit tranquillement le vieil homme. Toutefois, si la situation devait se reproduire, faites en sorte que cela ne se fasse pas devant les élèves...

- Aliana n'a pas fait exprès d'apparaitre au moment du repas, le hasard a mal fait les choses. Puis faut pas dramatiser, les gosses n'ont rien vu – à part la gamine qui a crié – j'ai immédiatement fermé la porte !

- Où allez-vous ?

- Mais en cours bien sûr, lui répliqua-t-elle malicieusement avant de l'abandonner à l'entrée de l'infirmerie.

Le jeune elfe rejoignit sa classe dans les cachots où le Professeur Rogue était déjà en train de dispenser son cours. Grinçant des dents, elle alla s'asseoir discrètement à côté de Neville. À croire que le maître des lieux avait des yeux derrière la tête...

- Mademoiselle Lopès, vous êtes trop aimable de bien vouloir nous honorer de votre présence ! fit-il d'un ton froid.

- Pour quelqu'un qui prétend ne pas pouvoir me saquer, je trouve que vous m'accordez un peu trop d'importance. Vous ne flasheriez pas légèrement sur moi par hasard ? l'affronta-t-elle en se penchant par-dessus la table, laissant ainsi deviner ses formes au travers de son tee-shirt.

Tandis que les élèves s'étaient tous figés, Severus Rogue blêmit encore plus que de coutume quand il était en colère. Ses yeux foudroyèrent l'insolente jeune fille et sa main se resserra sur sa baguette, faisant ainsi blanchir ses jointures.

- Faites pas cette tête là ! J'ai dit « légèrement » ! Cela ne veut pas dire que vous seriez prêt à mourir pour moi, le nargua-t-elle. Puis bon, je reconnais que je ne pourrais pas vous en vouloir... ça manque d'adulte canon dans le coin.

- ÇA SUFFIT ! Espèce de maudite elfe mal-élevée et arrogante !

- Je n'ai pas fait une entrée fracassante et malgré ça, vous n'avez pas pu vous empêcher de faire notifier à toute la classe mon retard. Pour information, j'étais à l'infirmerie pour sauver la vie de quelqu'un et le Directeur est parfaitement au courant. S'il autorise Marie et moi à aller et venir en cours comme nous le faisons actuellement, c'est qu'il a une bonne raison. Va vraiment falloir que vous arrêtiez de me faire des remarques à tout bout de champ parce qu'au cas où vous n'auriez pas remarqué, quand on me cherche, on me trouve !

- Peut importe ce que Monsieur de Directeur a dit ! Je refuse de donner la classe à une petite merdeuse comme vous qui n'a aucune notion du respect et de la décence ! cracha-t-il en perdant le peu de calme qu'il lui restait.

- Quel vocabulaire ! Je vous répondrais bien quelque chose mais malheureusement pour moi, il y a trop d'oreilles innocentes qui nous écoutent. Alors, vous le donnez ce cours ou quoi !

- Sortez !

- Non, je veux m'assurer que vous ne vous défouliez pas sur les Gryffondors...fit-elle d'un air dégagé en croisant bras et jambes sur sa chaise.

Quitte à se faire traiter de « petite merdeuse », autant donner une image concrète de la situation. Soledad sentait fort bien que le Professeur Rogue n'était pas du genre à laisser passer un affront même s'il devait tenir tête des heures et des heures pour faire céder l'autre. Malheureusement pour lui, son adversaire n'était pas n'importe quel petit élève effronté né de la dernière pluie. Avec plus de trois millénaires d'existence, Soledad pouvait se vanter d'avoir eu affaire à une sacrée quantité de défis et des joutes verbales et de les avoir pour ainsi dire quasiment tous remportés. Même si quelqu'un la défiait sur du long terme, elle avait la certitude de l'emporter car contrairement à l'autre, elle n'avait pas à compter les années de vie qui lui restaient.

Le cours s'acheva dans une froideur mortelle qui n'avait rien à voir avec la température des cachots. Toutefois, aucun point ne fut ôté aux rouge et or. Neville n'avait pas fait exploser son chaudron grâce à sa coéquipière qui lui avait expliqué discrètement comment réussir la potion. C'est devant un professeur fou de rage qu'il déposa une fiole remplie d'un bel échantillon couleur ambre de Filtre Régénérateur.

- Si avec ça tu n'as pas un optimal Neville ! s'esclaffa Soledad en lui décoiffant les cheveux d'un geste affectueux. Tu as vu la tête qu'il a faite ! C'était trop drôle ! Allez, à bientôt les jeunes ! fit-elle avant de disparaitre au détour d'un couloir sombre.

Harry la rattrapa pour lui demander si elle comptait venir demain pour son premier match de quidditch contre Serpentard. L'elfe lui assura qu'elle ferait tout pour venir et lui souhaita bonne chance.

Pendant ce temps là, Alana s'était précipitée à la demeure royale pour annoncer son futur mariage avec Lendiwëll. Son père, Alania et sa tante Léïa s'étaient montrés ravis et l'avaient félicitée pour cette heureuse officialisation. Quant à son autre tante, celle-ci n'avait pas fait des bonds de bonheur en raison du choix du mari. Elle ne supportait pas l'idée de voir entrer dans sa famille un elfe qui n'avait pas une seule goutte de sang royal. Peut importe. Alana n'attendait nullement l'approbation de Prestya à ce niveau là. Seul l'avis de son géniteur et de ses sœurs comptait véritablement à ses yeux.

Tandis que des messagers étaient envoyés apporter la bonne nouvelle dans toutes les contrées amies, les femmes du royaume parlaient préparatifs. Arwen et Alania eurent la lourde tâche de confectionner la robe de mariée tandis que les tantes devaient s'occuper de celles des demoiselles d'honneur. Les elfes des cuisines commencèrent à lister les différents plats à confectionner et les jardiniers imaginaient déjà comment fleurir la tonnelle. La fameuse date fut fixée au 1er juin de l'année en cours. Cela leur laissait plusieurs mois pour préparer une cérémonie parfaite.

Le lendemain de l'annonce, Alana se leva tôt pour chercher sa tante Prestya. En effet, elle voulait lui demander conseil sur la manière de mettre en place le sortilège du chevalier pour protéger la pierre philosophale. Elle eut beau ratisser en long, large et travers Fondcombe, elle ne le trouva pas. Elle finit par croiser un de ses sujets qui lui apprit que la Dame Prestya venait de partir en mission et qu'elle ne serait pas de retour avant plusieurs jours. Cela étonna sa nièce qui n'avait plus l'habitude de voir sa tante aller sur le terrain. Depuis des siècles, elle préférait commander à distance et c'était d'ailleurs pour ça qu'Anàrion n'était pas à son poste. À cette pensée, la jeune Princesse réalisa qu'elle n'avait pas encore eu de nouvelles de son ami et cela raviva son inquiétude. Elle se concentra pour contacter mentalement Aliania.

- Tu m'entends ma puce ? s'enquit-elle.

- Oui.

- Des nouvelles d'Anàrion ?

- Oui désolée, j'avais oublié de te prévenir. Aliana l'a récupéré et il est en ce moment même à l'infirmerie de Poudlard. Il devrait bientôt être suffisamment en forme pour te rejoindre.

- C'est sympa de prévenir ! la réprimanda-t-elle doucement pour la forme.

- Tu as avancé sur le sortilège de protection ?

- Je pense savoir comment faire mais j'aurais voulu vérifier la théorie avec Prestya. Malheureusement, elle vient de partir pour plusieurs jours en mission je-ne-sais-où.

- Ouais bah bon débarras ! Tu ne peux pas vérifier ça avec Léïa ?

- Elle est moins spécialisée dans ce domaine...

- Ça fera l'affaire, t'inquiètes pas. Je suis sûre que le sort va marcher sans qu'il soit validé par quelqu'un d'autre. Tu viens l'installer ?

La jeune femme franchit le portail pour arriver devant sa sœur et poursuivre leur conversation le plus naturellement du monde :

- Ok, je vais voir Dumbledore pour le mettre en place. Tu m'accompagnes ?

- Non, je retourne voir Anàrion. Rejoins-nous là-bas si tu veux.

Les jumelles partirent chacune de leur côté pour accomplir leurs tâches tandis qu'à un monde de là, quelqu'un s'apprêtait à faire une énorme bêtise qui n'allait pas être sans conséquences...

Prestya avait mis dans son sac de voyage tous les ingrédients nécessaires pour invoquer une personne. Elle ne pouvait pas se permettre de faire ce qu'elle s'apprêtait à accomplir à Fondcombe. Personne ne comprenait son choix, pas même sa propre sœur. Pourtant, elle était persuadée que ce qu'elle tentait de réaliser serait une bénédiction pour la famille. Depuis des années, elle cherchait le moyen de rompre le lien magique qui unissait ses nièces entre elles afin de les libérer de ce qu'elle percevait comme une malédiction. Sans cette union, Prestya pourrait enfin détruire Aliana sans risquer la vie des jumelles et reprendre un minimum de contrôle sur Alana. Après maintes et maintes recherches, la Reine pensait enfin avoir trouvé la manière de briser cette attache : tout n'était qu'une question de puissance et de pouvoir. À elle seule, toutes ses tentatives étaient vouées à l'échec. C'est pourquoi elle avait décidé de fuir Fondcombe pour aller quérir de l'aide à l'extérieur même si cela allait à l'encontre de tous ses principes.

Elle s'installa à l'abri d'une forêt sombre et alluma un feu de camp. Après avoir pris une grande inspiration, elle mélangea différentes herbes dans un bol en mortier et récita une incantation :

- Forces de la magie blanche, je vous en prie

Aidez-moi à me sortir de la détresse qui m'envahit

Faites apparaître le plus puissant de l'autre camp

Afin que le nôtre en sorte gagnant

Un tourbillon d'herbes et de feuilles se matérialisa devant elle pour faire apparaitre une silhouette tout d'abord informe qui se transforma en une personne. L'étranger était vêtu de sombres habits et tenait une boule de feu entre ses doigts, visiblement bien décidé à faire payer le prix à celui qui a eu l'audace de l'invoquer. Il arrêta son geste net dès qu'il reconnut la sorcière :

- VOUS ! s'insurgea-t-il furieux.

- On se connait ? sourcilla Prestya qui ne se souvenait pas avoir déjà croisé ce démon.

- Ouais, ça on peut le dire ! La dernière fois que nos chemins se sont croisés, c'était en novembre 589 du Troisième Âge !

- Quelle mémoire... vous aurais-je mis en débandade ?

- Prends garde à qui tu parles sorcière !

- Nous n'avons pas élevé les porcs ensemble alors je ne vous permets pas de tutoyer ma personne ! déclara-t-elle froidement.

- Votre personne ? ricana-t-il. Vous osez m'invoquer et vous pensez que je vais rester courtois ? Aliana m'a toujours dit que vous étiez insupportable je commence à comprendre pourquoi !

- Qu'est-ce que cette... qu'est-ce qu'Aliana vient faire là dedans ? se reprit-elle.

- Et en plus elle a la mémoire courte... maugréa le sorcier. Mon nom est Arthélius, ça ne vous évoque toujours rien ?

Soudain, Prestya eut un flash : Arthélius était (ou avait été, elle ne savait pas) le compagnon d'Aliana. Lors de leur dernière rencontre, elle s'était battue avec lui car il protégeait sa fiancée de son assaut.

- Si, je me souviens maintenant. J'ai fait des recherches sur vous ! Votre réputation est épouvantable ! Vous ne devez votre immortalité qu'à une sorcière-elfe que vous avez torturé et massacré et...

- Oh ! Si on y va par là, combien de mes sujets ont péri sous les coups de votre saleté de famille ?

- Mais c'est normal ! Vous êtes dans le camp des méchants !

- Heureusement pour moi ! ricana-t-il. Faire le mal, c'est mon crédo. Je n'aurais jamais pu supporter devoir faire le bien : sauver des innocents, être gentil et attentionné, faire passer ses intérêts après ceux des autres, énuméra-t-il dédaigneusement. Très peu pour moi !

- Je n'ai pas appelé un démon pour échanger des civilités, le coupa-t-elle. J'ai un marché à vous proposer.

Arthélius haussa le sourcil en la toisant du regard. La puissante Prestya des Elfes, femme qui criait haut et fort combien elle était intègre, voulait pactiser avec un démon ? Il était tout ouï !

- Quel est-il ?

La Reine avait longtemps hésité sur la manière d'aborder le sujet avec un adversaire. Ce qu'elle s'apprêtait à accomplir pouvait tourner à l'avantage des êtres maléfiques, temporairement du moins – le temps que ses nièces s'habituent au changement et donc revoit leur manière de fonctionner. Ce qu'elle n'avait pas prévu, c'est que le destin mette Arthélius sur sa route. Au final, cela tombait bien car en présentant correctement les choses, elle devrait pouvoir le convaincre de l'aider tout en servant ses propres intérêts.

- Cela doit être difficile pour vous de devoir partager Aliana avec ses sœurs, commença-t-elle.

L'homme ne répondit rien mais son regard ne pouvait pas tromper : il approuvait ces propos.

- Leurs destinées ont beau être totalement opposées, elles sont toujours reliées les unes aux autres. Aliana et Aliania ne se sépareront jamais sauf si nous faisons en sorte que le lien magique qui les unit ne soit plus que du passé. N'est-ce pas horrible pour vous de voir une de vos proches souffrir de chacune des blessures que vos semblables infligent aux trois autres sœurs ? Supportez-vous qu'Aliania apparaisse dans votre vie dès que l'envie lui prend de voir sa sœur ?

- Bien sûr que je déteste voir Aliana saigner à chaque fois qu'une de ses sœurs est blessée, grogna-t-il. Quant au deuxième point, accrochez-vous bien car ma réponse risque de vous surprendre : je tolère Aliania bien plus que ce que mon rang le permet. J'irais même jusqu'à dire que j'ai un certain respect pour elle. Certes elle défend des valeurs contraires aux miennes. Néanmoins, elle sait faire la part des choses et fait des concessions. Parfois, j'ai la sensation qu'elle est plus bienvenue chez nous que chez vous... Votre comportement n'est pas très sympathique avec elle finalement, vous n'êtes peut-être pas dans le bon camp, fit-il vicieusement.

Prestya soupira et pria le ciel pour garder son calme. C'était le monde à l'envers : le « beau-frère maléfique » qui appréciait la « gentille belle-sœur ». N'importe quoi !

- Vous savez qu'Aliana a trois fois plus de chance de se faire tuer en étant reliée de la sorte aux trois autres ? Et oui, si l'une meurt, les autres suivent. C'est la dure réalité actuelle. C'est pourquoi je veux rompre ces liens à tout prix.

- Si vous faites ça, plus rien ne vous empêchera de descendre ma compagne...

- Elle est toujours avec lui, pensa-t-elle dégoûtée. Il y a de plus en plus d'attaques violentes depuis ces derniers siècles. Plus d'une fois, Alana, Aliania et Alania sont passées près de la mort. Le risque est bien plus grand pour votre amie de mourir à cause du lien qu'à cause d'une attaque contre elle-même.

Arthélius réfléchit quelques instants. Dans le fond, son interlocutrice n'avait pas tort. Le risque était bien plus grand avec leur union magique. La défaire protégerait sa fiancée. En plus, même si le lien magique était brisé, leur relation resterait inchangée puisqu'elles pourraient continuer à se voir comme avant.

- Comment faire pour rompre le lien ? s'enquit-il décidé.

- Je pense avoir trouvé un moyen mais je n'ai pas la certitude que cela fonctionne. Chacune d'entre elles devra boire une potion qui mélange essences du bien et du mal. C'est là que vous intervenez. J'ai besoin du sang de l'ennemi le plus puissant possible et mon invocation vous a fait apparaitre.

- Donc je suis le plus puissant ? notifia-t-il avec un sourire charmeur.

La Reine leva les yeux au ciel un bref instant. Ces démons étaient décidément infernaux !

- Êtes-vous disposé à m'aider ou bien dois-je vous tuer ? Parce que, soyons réalistes, je ne peux pas vous laisser partir après vous avoir fait part de mes intentions sans avoir la certitude que vous tairez à jamais cet accord.

- Comme si vous pouviez me tuer ! ricana le démon. Mais soit, j'accepte le marché. Uniquement pour protéger Aliana. Ne considérez pas ce don comme un cadeau. Je n'exige qu'une seule chose en retour.

- Laquelle ? se renseigna la Reine en pinçant les lèvres.

- Oh, ce n'est rien de très compliqué. Au moment où je le choisirai, vous tomberez dans un profond sommeil pour une durée limitée.

- Quelle est cette étrange requête ! Pourquoi ? Qu'est-ce que cela vous apportera-t-il ? À quoi cela rime-t-il ? s'énerva-t-elle.

- Un petit coma prémédité n'est guère cher payé pour le service que je m'apprête à vous rendre... c'est une condition non négociable.

Prestya savait qu'elle était bloquée. Sans ce sang, elle ne pourrait jamais achever cette potion qui lui avait pris des années de recherches. Le lien entre les sœurs ne pouvait perdurer plus longtemps. Depuis plus de trois millénaires, il leur permettait des partager la moindre de leurs pensées et faussaient leurs jugements, les mettant ainsi constamment en danger. Elle accepta, priant pour le prix à payer ne soit pas trop élevé.

Il fit apparaitre un petit poignard ciselé qu'il pressa contre sa ligne de vie faisant ainsi s'écouler lentement le sang que l'elfe récolta dans un grand flacon. Elle espérait que ce précieux liquide donné volontairement apporterait la touche finale à sa potion.

Marie avait finalement réussi à mettre en place le sortilège de protection qui se trouvait entre l'échiquier de McGonagall et l'énigme de Rogue. Cela n'avait pas été une tâche aisée mais après quelques heures de persévérance (et trois minutes de crise de nerf fatale), le chevalier en armure était apparu, prêt à bloquer le passage à quiconque qui ne donnerait pas le bon mot de passe (à savoir « lerya imnë lahta ! », soit « laissez-moi passer !» en elfique). Suite à cela, la jeune fille gagna l'infirmerie pour voir son meilleur ami. Lorsqu'elle entra dans le lieu de soin, elle le trouva en train de caresser les cheveux de sa sœur qui s'était endormie.

- Aiya ! le salua-t-elle.

- Comment ça va ? s'enquit le jeune homme à voix basse.

- Bien, c'est à toi qu'il faut poser la question. Tes agresseurs n'ont pas l'air de t'avoir loupé mon pauvre ami ! compatit-elle sur le même ton.

- Peu importe, Aliana m'a sauvé, c'est tout ce qui compte. Au fait, toutes mes félicitations Madame ! Il y en a enfin l'une d'entre vous qui se jette à l'eau ! lui fit-il en un clin d'œil.

- Hantalë ! le remercia-t-elle chaudement. J'ai hâte d'être enfin unie officiellement à Lendiwëll. Cela rendra les choses tellement plus faciles.

- C'est une façon de voir les choses, grogna Soledad qui venait d'émerger.

- Pourquoi tu dis ça ? s'étonna son aînée.

- Disons que les choses seront plus faciles dans le sens où vous n'aurez plus à vous cacher des regards indiscrets. Par contre, je doute que notre mode de fonctionnement restera inchangé... murmura-t-elle entre ses dents, regrettant cet aveu au moment même où il avait franchi ses lèvres.

Elle avait confié ses craintes à Anàrion qui avait tenté de la rassurer : oui, sa sœur allait créer un lien officiel avec un autre que sa cadette mais non, cela n'allait pas signifier qu'elle allait la délaisser. Le guerrier adorait les sœurs Lopès mais était légèrement plus proche de Soledad. Après tout, c'est elle qu'il avait rencontré la première. De ce fait, il cernait parfaitement les craintes et les douleurs de sa meilleure amie vis-à-vis du mariage de sa jumelle. Dans son esprit, Soledad avait toujours cru qu'à cause de leur mission de protectrices, elle et ses sœurs ne pourraient jamais se permettre de vivre pleinement heureuse auprès de leurs compagnons respectifs. C'est pourquoi elle tenait tant à protéger leur lien gémellaire qui serait le seul suffisamment puissant pour résister aux risques du métier. Anàrion devinait qu'une certaine jalousie inconsciente naissait face à cette union maritale. Soledad avait toujours eu sa grande sœur pour elle toute seule. Elle avait beau dire que le cœur de son double est assez grand pour accueillir deux personnes et qu'elle respectait ses choix, elle n'en restait pas moins jalouse. En résumé, la peur de perdre l'exclusivité de sa sœur remplissait son esprit.

- Notre mode de fonctionnement ? Rien ne va changer ma chérie, me marier ne va pas changer beaucoup notre quotidien. Mon devoir de protectrice passera toujours avant tout le reste et je serai toujours là pour toi. Lendiwëll a parfaitement conscience que nous ne pourrons pas vivre ensemble comme un couple marié le doit, que je ne pourrais pas être présente à ses côtés autant qu'il le faudrait et que j'ai toujours besoin de mes sœurs à mes côtés.

- Si tu le dis, c'est que ça doit être vrai, répondit Soledad désireuse de changer de sujet. Maintenant que la protection du garde armé est activée, ça ne te dirait pas d'aller vers un match de Quidditch ? Il aura lieu demain.

- Pourquoi pas ? Si rien ne nous retient, on pourra y aller.

- Harry va être ravi ! Il commence à stresser le pauvre... Tu voudras nous accompagner Anàrion ?

- C'est quoi le qui-dit-quoi ?

- Le quidditch, répéta Marie qui se chargea de lui expliquer grosso modo en quoi consistait le jeu.

Le jeune homme décréta qu'il se rendrait au stade si son état lui permettrait.

Les tribunes étaient remplies de fans déchainés. Les Pouffsouffle et Serdaigle encourageaient l'équipe Gryffondor qui jouait contre les Serpentard. Les jumelles partageaient l'enthousiasme de leurs camarades et scandaient avec eux des chants de supporters. Olivier Dubois avait réellement bien entraîné ses équipiers qui agissaient en parfaite synchronisation. Tout d'un coup, Harry se lança à toute vitesse dans la direction opposée en se penchant sur son Nimbus 2000. Les élèves commencèrent à jubiler quand tout d'un coup, son balai se mit à faire de larges embardées l'obligeant ainsi à se cramponner pour ne pas tomber. Malheureusement, ses efforts se montrèrent vains car un violent à-coup le projeta dans le vide. Le garçon se rattrapa de justesse au manche et tenta de remonter dessus. Soledad et Marie grincèrent des dents : leur protégé se trouvait dans une situation délicate.

- Faites quelque chose ! Il va tomber ! cria Hermione d'une voix suraigüe.

- Oh, on n'est pas Joséphine Ange Gardien ! Suffit pas de claquer des doigts pour obtenir tout ce que l'on veut, répliqua Marie tout en cherchant une solution.

- C'est Rogue ! capta la jeune Gryffondor. Il jette un sort au balai de Harry ! Je m'en occupe !

Elle se précipita dans la tribune adverse où le Maître des potions fixait Harry en marmonnant des formules. Ce qui étonnait Soledad, c'est qu'aucun des autres enseignants n'avaient remarqué le manège de Rogue – pas même Quirrell qui était situé juste à côté de lui. Heureusement, Hermione réussit à mettre le feu à la cape du professeur qui perdit le contact visuel. Le jeune attrapeur parvient à se hisser sur son balai et fonça en direction de son Némésis afin de capturer le Vif d'Or. Après six secondes de suspense insoutenable, les Rouge et Or se levèrent pour acclamer la victoire de leur champion. L'euphorie était à son paroxysme ! Le trio et les jumelles se dépêchèrent se rejoindre leur camarade sur le terrain pour le féliciter.

Tandis que les élèves allaient fêter joyeusement leur réussite dans la Salle Commune, les sœurs se rendirent à l'infirmerie pour aller tenir compagnie à Anàrion. Ce dernier aurait vraiment aimé assister au match, mais son corps lui avait fait douloureusement savoir qu'il en était hors de question. Malgré cela, le jeune homme avait du mal à tenir en place. Tout comme ses amies, il préférait l'action à l'oisiveté et rester alité n'était pas dans ses habitudes. Il gérait la douleur et se sentait maintenant prêt à rentrer à Fondcombe, d'autant plus qu'il en avait assez de contempler un château en ruines... Comme disait Madame Pomfresh, cela prouvait au moins combien les sortilèges repousse-moldus sont efficaces.

Le lendemain matin, Anàrion fit ses adieux à la médicomage et franchit le portail à l'aide des deux sœurs qui le confièrent à leur guérisseur personnel, à savoir le Seigneur Elrond. Celui-ci ne fit aucune remarque à ses filles et s'occupa du blessé sans poser de questions.

Le temps passait et une certaine routine s'était installée : entrainements de l'armée, répétitions pour une prochaine épreuve, apprentissage de l'art des baguettes à Poudlard, renforcement des liens avec les élèves de l'école, etc.

Le mois de décembre arriva sans même que les élèves s'en rendent compte. La plupart des élèves rentraient chez eux pour les fêtes de Noël ce qui rendit le château quasiment désert. Avant de partir, Hermione avait confié une mission à Ron et à Harry : découvrir qui est Nicolas Flamel. Effectivement, Hagrid avait fait une bourde et avait laissé échapper que ce qui était caché sous la trappe ne concernait que le Professeur Dumbledore et un certain Nicolas Flamel. Depuis, le trio d'or cherchait à résoudre le mystère avec encore plus d'ardeur. Les jumelles avaient feint l'ignorance sur ce sujet mais pressentaient que le secret de la pierre n'allait bientôt plus en être un pour eux.

Le matin de Noël, les rares élèves restants eurent la joie de découvrir un tas de petits paquets au pied de leurs lits. Même les sœurs Lopès reçurent des cadeaux du trio d'or qui se résumèrent à des quantités de confiseries. Marie apprécia plus le cadeau que sa sœur qui ne courrait pas après ce genre de sucreries. Néanmoins, la cadette estima que le geste était très gentil. L'expression « ce n'est pas tous les jours Noël » était véridique pour elle. Lorsque l'on a un certain âge, on ne prend plus la peine de fêter grand-chose. À quoi bon ? C'est bien du temps perdu et de l'argent jeté par les fenêtres. Ce n'est pas parce que qu'on est fille de roi que l'on est immensément riche. Enfin... Soledad – qui suite à ses frasques avait été privé d'une grosse partie de la fortune royale – préférait dire qu'elle était riche même si cela ne pouvait pas se compter en pièces d'or.

Harry avait reçu un drôle de cadeau : une cape d'invisibilité. Le paquet ne portait aucune étiquette indiquant l'identité de son expéditeur hormis un petit mot plié en quatre : « Ton père m'a laissé ça avant de mourir. Il est temps que tu en hérites. Fais-en bon usage. Très joyeux noël ! ». Le trio se demandait bien qui avait pu transmettre à Harry un objet aussi rare. Les jumelles penchaient secrètement pour le Professeur Dumbledore qui était une personne très mystérieuse et éminemment bien plus concerné par le sort de garçon-qui-a-survécu qu'il ne pourrait publiquement l'admettre. La journée se déroula agréablement. Un manteau de neige recouvrait Poudlard. La quasi-totalité des élèves s'étaient précipités dehors pour faire des batailles avec des boules de neige ensorcelées. Un combat hilarant avait eu lieu entre les jumeaux Weasley et les sœurs Lopès. Au bout de compte, ce furent trempés et à bout de souffle qu'ils se dirigèrent vers la Grande Salle. Le repas de Noël fut succulent et ce furent les estomacs bien remplis que les élèves allèrent se coucher.

Avant de se coucher, Harry eut l'idée de profiter de l'absence de la majorité de ses congénères pour inaugurer son précieux cadeau. Il se revêtit de sa cape et alla dans la Réserve de la bibliothèque où étaient rangés les ouvrages nécessitant l'accord d'un professeur pour les lire. Sur le chemin du retour, il faillit rentrer en collision avec les Professeurs Rogue et Quirrell qui avaient l'air de se disputer. Le Maître des Potions avait agrippé le Professeur de Défense Contre les Forces du Mal et le maintenait contre le mur en lui rappelant méchamment qu'il le surveillait. Harry étouffa une exclamation mais cela dut mettre la puce à l'oreille de Rogue car celui-ci se retourna pour écouter. Ne voyant rien, il retourna à son affaire.

Le jeune Gryffondor en profita pour s'éloigner le plus possible des deux hommes et emprunta des couloirs qu'il ne connaissait pas. Soudain, il arriva dans une pièce où était stocké un miroir. Enlevant sa cape, il contempla son reflet qui se modifia peu à peu : derrière lui apparaissaient deux personnes qui lui souriaient. Après s'être vivement retourné pour constater qu'il était vraiment seul dans la pièce, Harry observa attentivement l'étrange reflet. Puis il comprit : c'étaient ses parents. L'homme pourrait être lui dans quelques années et la femme possédait un regard verdoyant qui ne lui était que trop familier. Progressivement, d'autres personnes apparurent en arrière-plan. Il s'agissait probablement des autres membres de sa famille. Se perdant dans le regard de ses parents, il resta là-bas jusqu'à l'aube et revint d'ailleurs toutes les nuits de la semaine...

Un soir, il décida de montrer à Ron et aux jumelles sa découverte afin de leur présenter ses parents. Ron se positionna en face du miroir et se vit plus âgé en pleine heure de gloire : préfêt-en-chef, capitaine de l'équipe de quidditch Gryffondor, tenant la Coupe des Quatre Maisons.

- Tu crois que ce miroir montre l'avenir ? demanda-t-il à Harry plein d'espoir.

- C'est impossible, lui répondit tristement le garçon, mes parents sont morts...

- Et vous les filles, qu'est-ce que vous voyez ?

Marie s'avança à son tour et vit son futur époux apparaitre à ses côtés. Il lui sourit puis posa doucement sa main sur son ventre. C'est alors qu'elle remarqua que celui-ci était bien arrondi et ne pouvait signifier que la venue prochaine d'un ou d'une héritière. Ne voulant pas rappeler à sa sœur son union prchaine, elle mentit :

- Je me vois passer un après-midi tranquillement avec mes sœurs au bord d'un lac. À ton tour Sol ! fit-elle en cédant sa place.

La jeune fille se contempla en compagnie de ses quatre sœurs qui se tenaient la main visiblement heureuses d'être ensemble. En arrière-plan, elle vit une forme blanche se découper qui s'éclaircit pour faire apparaitre leur mère.

- Je... je me vois triompher d'une bataille, fit-elle rapidement. Je ne pense pas que cet objet montre l'avenir. Ce que voit Harry en est la preuve... dit-elle doucement en posant sa main sur l'épaule de son protégé en signe de réconfort. Venez, on retourne se coucher.

Harry ne voulut pas quitter ses parents. Soledad proposa à Marie de rentrer avec Ron et qu'elle le rejoindrait plus tard avec le Gryffonfor. Une fois seule, Soledad observa un moment le jeune garçon et perçut la peine qui se dégageait de lui. Sans réfléchir davantage, elle le serra dans ses bras en lui promettant que même si ses parents n'étaient pas là physiquement, elle était sûre qu'ils veillaient sur lui de là-haut.

Son instinct lui soufflait que quelque chose clochait. Elle sentait comme une présence dans la pièce mais ce n'était pas une de ces présences stressantes ou menaçantes qu'elle percevait habituellement. Elle tourna la tête vers le fond de la pièce pour voir apparaitre le Professeur Dumbledore.

- Bonsoir mes enfants !

Harry sursauta et se retourna en direction de la voix, commençant à balbutier des excuses pour justifier sa présence ici.

- Je constate que comme beaucoup d'autres avant vous, vous avez découvert le bonheur de contempler le miroir de Risèd.

Le Directeur leur fit comprendre que ce miroir magique révélait le plus profond de leur désir et qu'il n'était pas bon de rester plonger dans son reflet trop longtemps. L'objet serait déplacé le lendemain pour ne plus jamais être retrouvé.

- Et vous Professeur ? Qu'est-ce que vous voyez dans ce miroir ? osa Harry.

- Je me vois avec une bonne paire de chaussettes à la main ! Je ne sais pas pourquoi, les gens s'obstinent toujours à m'offrir des livres pour Noël alors qu'en réalité, je préfèrerais des chaussettes en laine pour me tenir chaud l'hiver, répondit-il malicieusement.

Le lendemain, une mauvaise nouvelle tomba. Rogue comptait arbitrer le prochain match de quidditch opposant Gryffondor à Poufsouffle. Autant dire que cela ne jouait pas en faveur de l'équipe des Rouges et Or, encore moins pour leur attrapeur qui s'était retrouvé en fâcheuse posture la dernière fois à cause du balai ensorcelé par le Maître des Potions.

Neville, qui venait de subir une attaque de Drago Malefoy, prit un chocogrenouille pour se remettre de ses émotions et proposa la carte de Dumbledore à Harry qui le collectionnait. Le Survivant allait la jeter quand il tiqua sur la phrase: « Il travailla en étroite collaboration avec l'alchimiste Nicolas Flamel et on lui doit la découverte des propriétés du sang de dragon ».

- J'ai trouvé ! s'exclama-t-il surexcité. Nicolas Flamel ! Je l'ai trouvé !

Hermione réagit à son tour et courut dans sa chambre chercher un livre. Une lueur d'agacement et de triomphe luisait dans ses yeux. La réponse était sous ses yeux depuis le début ! Monsieur Flamel était le seul homme à avoir créé la pierre philosophale ! Celle-ci transformait le métal en or et permettait de produire un élixir rendant immortel.

Cette découverte fit fantasmer les garçons un moment : ils imaginaient tout ce qu'ils feraient avec un tel élément...

L'arrivée éminente du match les ramena à la réalité. Avec appréhension, Harry se rendit dans les vestiaires et fut soulager d'entendre un des frères Weasley annoncer que Dumbledore assistait au match. Rogue n'oserait jamais être (trop) impartial avec eux ! C'est d'ailleurs un arbitre furieux qui entra sur le terrain de jeu à grandes enjambées. Le match fut bref, c'est le cas de la dire : Harry attrapa le Vif d'Or en cinq minutes chrono ce qui plaça son équipe en tête du championnat !

En retournant à la tour Gryffondor, Ron, Hermione et les jumelles eurent la surprise d'être pris à part par Harry qui leur narra un fait étrange dont il avait été témoin en sortant des vestiaires : Rogue menaçant Quirrell pour qu'il lui révèle comment passer devant Touffu et comment contourner les autres sortilèges. Le jeune garçon leur rapporta également que Rogue savait qu'ils avaient découvert le secret de la trappe.

Prestya chevauchait maintenant avec célérité en direction de l'Isengard. Pour que son plan réussisse, il lui fallait s'allier avec celui qu'elle considérait comme le plus puissant de leur camp. Saroumane le Multicolore avait toujours été le magicien le plus important dans l'Ordre des Anciens. Il était le supérieur de Gandalf le Gris et était réputé pour sa grande sagesse. La Reine, forte en arguments, ne doutait pas le convaincre de la nécessité de son projet. Au loin, elle aperçut le haut de la tour d'Orthanc où demeurait Saroumane. En entrant dans le domaine, elle ressentit un certain malaise comme si une présence sournoise la guettait tapie dans l'ombre. Elle se ressaisit, son inconscient devait probablement lui jouer des tours : peut-être qu'au fond d'elle-même culpabilisait-elle un peu de manigancer contre ses nièces... Le Maître des lieux, bâton magique à la main, semblait avoir prévu son arrivée car il l'attendait sur le seuil de la grande arche du jardin.

- Il y a fort longtemps qu'un grand de votre peuple ne s'est pas déplacé jusqu'en Isengard, déclara Saroumane en guise de salutation. Que me vaut le... plaisir de votre visite ? s'enquit-il un peu froidement.

- Salut à vous, oh grand Maître Saroumane ! Il y a en effet fort longtemps que nos chemins ne se sont pas croisés. Je viens à vous dans l'espoir que vous m'aideriez à une mission extrêmement complexe et délicate.

- Je vous écoute.

- Je crains pour la sécurité de la Terre du Milieu. Mes nièces sont, comme vous le savez, liées magiquement de façon vitale. Si l'une venait à être mortellement blessée, elle entraînerait vers la mort ses autres sœurs. Cela fait des siècles que je cherche un moyen efficace de les séparer définitivement – pour le bien de tous évidemment. Je pense avoir enfin mis en place une potion équilibrant les puissances sanguines des deux camps qui permettrait de rompre leurs liens. Cependant, je pense qu'un sortilège assurerait le caractère irrévocable de cette séparation. Je suis convaincue que vous-aussi vous redoutez qu'un tel lien ne fasse au final plus de mal que de bien. C'est pourquoi je viens quérir votre collaboration pour lancer la formule.

- J'accepte, répondit-il simplement.

Prestya était quelque peu sidérée. Jamais elle n'aurait cru pouvoir convaincre l'ancien mentor d'Aliania aussi rapidement. Elle avait préparé une quantité d'arguments et était prête à débattre toute la nuit s'il l'aurait fallu. Aveuglée par le sentiment d'atteindre enfin son but, elle poursuivit sans se poser de questions supplémentaires, sans savoir qu'elle accélérait ainsi la mise en œuvre du plan secret du mage pour gouverner la Terre du Milieu...


J'espère que ce chapitre va vous tenir en haleine jusqu'au prochain qui s'annonce fort en émotions...
Merci aux futurs posteurs de reviews.

Bonne semaine et à bientôt pour la suite !