Bonjour à tous !

Joyeux Noël ! J'espère que vous avez passé de bonnes fêtes et que Papa Noël a été généreux avec vous ;)

Bonne lecture !


Chapitre 16 – Errance

À leur retour au château, le professeur McGonagall signifia à Ron et à Harry leurs retenues respectives pour leur remarquable arrivée en début d'année. Le rouquin écopa de la corvée de nettoyage sous la direction de Rusard tandis que le Survivant fut chargé d'aider Lockhart à répondre à ses admirateurs.

- Quelle ingrate tâche, pensa Ana dégoûtée à l'idée que quelqu'un puisse perdre son temps à écouter une personne se vanter d'exploits immérités. Bon courage ! l'encouragea-t-elle à voix haute avant de rejoindre la Tour Gryffondore.

Hermione la suivit. Les filles se calèrent au fond des fauteuils près de la cheminée et parlèrent des cours. Hermione était ravie de constater que l'elfe partageait son savoir sans montrer signe de lassitude face à sa multitude de questions. Non pas que les jumelles n'étaient pas patientes avec elle, mais elles étaient souvent pressées... En plus, leur amie n'hésitait pas à lui raconter comment s'organisait leur monde alors que les jumelles restaient assez discrètes vis-à-vis de cela. Plus Hermione écoutait, plus elle se sentait émerveillée par l'univers féérique des elfes.

- Votre monde semble tellement magique, s'extasia-t-elle. Enfin, magique dans le sens merveilleusement beau et hors du commun, rectifia-t-elle.

- C'est vrai que cela n'a rien à voir avec la Terre. Mais ne te leurres pas. Chaque monde a connu, connait ou connaitra des périodes de conflits et de souffrances. Pour vous, la période de règne de Voldemort n'a apparemment pas été une ère facile à vivre – la preuve étant que même une décennie après sa disparition, peu osent encore prononcer son nom – mais je suis prête à parier que ce sorcier n'est ni le premier, ni le dernier à mal tourner. Je vais te dire un secret Hermione : les conflits sont ce qui fait avancer le monde. Sans combat, la société stagne. Bien sûr, je ne suis pas pour la guerre. Les elfes fuient la colère et l'agressivité le plus possible. Néanmoins, si à une certaine époque nous ne nous étions pas battus, alors nous aurions cessé d'exister. De tout temps, une personne se croit toujours plus fort que les autres et cherche à dominer le monde. Pour garder un minimum de sérénité, il faut se confronter à cet imposteur et le vaincre, finit l'elfe d'un ton docte.

- Et comment fait-on lorsque cette personne ne peut être vaincue ? demanda timidement la jeune fille.

- Tu fais référence à Voldemort ?

La Gryffondore acquiesça en serrant des dents.

- Ce n'est pas parce que son esprit a survécu une fois qu'il n'est pas mortel. Il a du trouver une parade temporaire. Personne ne sait pourquoi un bébé a pu détruire le mage noir le plus puissant de l'époque. Pour ma part, j'imagine qu'il y a là-dessous une histoire de malédiction ou de prophétie. C'est souvent le cas d'ailleurs, se dit-elle pour elle-même. La famille Potter est apparemment très ancienne. Qui sait quel sortilège un ancêtre a pu lancer sur sa lignée ? De toute manière, même si ce Lord arrive à faire son grand retour, je peux t'assurer qu'il ne pourra pas regagner la même puissance d'autrefois. Ton peuple ne refera pas deux fois la même erreur, j'y veillerai personnellement, lui promit-elle avec un sourire bienveillant.

- Vraiment ?

- Je t'assure que personne n'a la capacité de survivre indéfiniment. Pas même les gens de mon espèce, murmura-t-elle en pensant brutalement à Alana.

- Désolée, souffla Hermione en voyant l'émotion dans les yeux d'Ana.

- Ne le sois pas. Ma période de deuil n'est pas encore achevée mais je suis assez solide pour parler de mon amie.

- Vous étiez très proches ? se risqua la jeune fille curieuse.

- Oui... Oh bien sûr personne ne pouvait prétendre être aussi proche d'elle qu'Aliania, mais nous étions comme des sœurs. Leur père m'a recueillie quand je n'étais encore qu'une enfant. Il m'a élevé et aimé comme sa propre fille. J'ai grandi durant des millénaires auprès des jumelles. Alors oui, je pense pouvoir certifier que nous étions très proches.

- J'ignorais que tu étais leur sœur adoptive. Est-ce que... tu as des nouvelles de Soledad ?

- Non, soupira-t-elle. Et comme je l'ai dis à Dumbledore, je n'en aurais pas tant qu'elle n'aura pas décidé d'en donner. Je suppose que tu as du remarquer que quand Soledad veut quelque chose, elle l'obtient toujours d'une manière où d'une autre.

- Ça, c'est sûr ! s'exclama Hermione.

Elle se mit à lui raconter toutes les péripéties qu'il y avait eues entre elle et les professeurs. À l'évocation de ces souvenirs, Ana ne put s'empêcher de rire. Ron, qui était rentré depuis une petite demi-heure en s'écroulant dans un fauteuil, émit un ronflement sonore.

- Il est tard ma belle, tu devrais aller te coucher.

- Mais Harry n'est pas encore revenu ! protesta-t-elle.

- Je vais l'attendre, ne t'inquiètes pas pour lui. Bonne nuit !

La Gryffondore secoua le rouquin pour l'inviter à rejoindre lui aussi le dortoir.

Au alentour de minuit, la porte de la Salle Commune s'ouvrit pour laisser place à un Harry anxieux. Il fut surprit de trouver encore quelqu'un debout à une heure aussi tardive.

- Est-ce que ça va Harry ?

- Oui, oui. Pourquoi tu n'es pas encore couchée ?

- J'ai promis à Hermione de t'attendre. C'est le seul moyen que j'ai trouvé pour qu'elle aille dormir. Tu es sûr que ça va ? Tu as l'air... inquiet.

- Il s'est passé un drôle de truc avec Lockhart.

- Ah bon ?

- J'ai du m'endormir, esquiva-t-il.

- Dis toujours, l'encouragea l'elfe.

- Pendant que je répondais aux admirateurs du prof, j'ai cru entendre une voix.

- Une voix ? Qu'est-ce qu'elle te disait ?

- Tu ne me crois pas fou ?

- Bien sûr que non, alors qu'est-ce que tu as entendu ?

- C'était une voix du genre... caverneuse. Elle parlait de sang... et de tuer.

Ana réfléchit une minute. Il était possible que le garçon se soit simplement assoupi tout comme il était envisageable qu'il s'agisse de quelque chose de plus réel. Faute d'avoir d'autres informations, elle décida de ne pas l'inquiéter :

- Si jamais cela se reproduit, on cherchera à savoir d'où cela provient mon chéri, lui dit-elle d'une voix apaisante. Allez, vas te mettre au lit sinon tu risques d'avoir du mal à te lever demain.

Arwen Undomiel était assisse dans un fauteuil en osier blanc dans l'un des jardins privés de la famille royale. Pensive, elle ressassait tous les évènements majeurs qui s'étaient déroulés lors de ces derniers mois. Ces proches faisaient tout pour la divertir de ses sombres pensées mais les cicatrices qu'elle gardait de l'attaque ne l'aidaient pas à oublier... Comment ne plus penser un seul instant que l'une de ses grandes sœurs était partie rejoindre les Valars ? Qu'une autre avait perdu sa joie naturelle de vivre ? Qu'une autre s'était exilée on ne sait où ? Sans parler du fait qu'elle n'avait plus aucune nouvelle de sa plus grande sœur. Elle ne l'avait pas vraiment connue car son enlèvement avait eu lieu lorsqu'elle habitait chez sa grand-mère Galadriel. Malgré cette méconnaissance, elle était inquiète de ne pas savoir comment Aliana allait. De l'état de santé de ses sœurs pouvaient dépendre tant de choses... L'elfe aimerait tellement que son homme soit à ses côtés en ce moment. Hélas ! Ces affaires de rôdeur le retenaient au loin dans des terres inhabitées. Fondcombe lui paraissait bien désert en ce moment : entre Léïa et Alania qui tentaient de gérer tant bien que mal leurs armées respectives sans l'aide des commandantes habituelles, le coma de Prestya et l'absence d'Anabellissë, son cercle de proches s'était considérablement rétréci.

Un mouvement dans l'horizon attira son attention : une minuscule tâche se mouvait lentement en direction de la cité. Au bout de quelques minutes, elle identifia l'inconnu sans trop de peine. Il s'agissait du hobbit Bilbon Saquet de la Comté. Cela faisait quelques décennies qu'il n'avait plus remis les pieds à Imladris. Sa venue allait sûrement faire plaisir à son père qui adorait bavarder avec cet étrange petit homme.

Un peu plus tard dans la soirée, le Seigneur Elrond informa ses proches que leur invité allait rester à Imladris pour une durée indéterminée et il leur demanda de lui réserver un bon accueil. Le hobbit, qui était un grand ami de Gandalf le Gris, animait les soirées des elfes en racontant à mainte reprise le récit de ses aventures. Il s'avérait également être un grand poète et passait des heures à composer avec Aragorn qu'il affectionnait particulièrement. Un jour, il raconta à Alania sa rencontre avec une vile créature du nom de Gollum et évoqua ainsi la trouvaille de son plus grand trésor : un anneau d'or lisse. La Princesse tendit l'oreille : la façon dont le hobbit parlait de cette bague l'intriguait grandement. La manière dont le semi-homme semblait être lié à cet objet l'inquiétait même... Avec tous les remous qui émanaient du Mordor, se pouvait-il que cet objet soit celui dont tout le monde redoute l'apparition ? Ne s'agissait-il pas de l'Unique ?

- Bilbon, Gandalf s'est-il intéressé à cet anneau ?

- Bien sûr qu'il s'y est intéressé ! Ce n'est pas qu'un stupide morceau d'or décoratif ! Il est si extraordinaire, si... précieux, dit-il sur un ton avide qui mis mal à l'aise son interlocutrice.

- Et aujourd'hui, où est cet anneau ? se renseigna-t-elle anxieuse.

- Je l'ai laissé à mon neveu, lâcha-t-il écœuré. Sur ordre de ce Gandalf, celui qui se mêle toujours de ce qui ne le regarde pas, dit-il de plus en plus rapidement et en haussant le ton, il veut me le VOLER !

- Calmez-vous Bilbon, lui conseilla l'elfe en voyant que tous commençaient à s'intéresser à leur conversation. Personne ne cherche à vous voler quoi que ce soit, soyez tranquille. Si Gandalf vous a conseillé de transmettre cet anneau à votre neveu, c'est qu'il avait de bonnes raisons. Aucun de ses actes ne fut jamais fait en vain, le rassura-t-elle.

Elle prit congé du semi-homme et alla confier sa découverte et ses doutes à sa tante Léïa.

- Je crois savoir où se trouve l'Unique, lui fit-elle à mi-voix pour ne pas attirer l'attention des sous-commandants qui s'affairaient autour d'elles.

Sa tante l'emmena à l'écart et lui demanda de s'expliquer.

- Es-tu sûre de tes propos ?

- Je n'ai pas de certitude mais admets que la description et les conséquences sur son porteur ressemblent fortement à l'histoire de Bilbon !

- Sans voir cet objet, nous ne pouvons pas avoir de preuves.

- Et si j'allais dans la Comté voir ce qu'il en est ?

- Cela éveillerait trop de soupçons si une elfe arrivait dans ce pays. Les hobbits nous considèrent comme des êtres de légendes. Attirer l'attention sur nous serait dangereux. Seul Gandalf peut y aller sans trop de risques.

- Très bien. Sais-tu où est Gandalf ? demanda-t-elle sceptique.

- Personne ne sait jamais où il est...

- C'est bien ce que je me disais ! Je ne connais qu'une seule personne qui soit apte à le trouver dans ses conditions et malheureusement pour nous, cette personne ne nous a plus donné signe de vie depuis des mois ! s'énerva-t-elle.

Depuis la mort de sa sœur, Alania perdait plus facilement son calme légendaire. Elle se retrouvait à la tête d'une partie de l'armée alors que rien ne l'avait préparée à cela. Ses grandes sœurs s'étaient toujours chargées de la partie guerrière du pouvoir. L'elfe, qui avait du endosser du jour au lendemain le commandement, manquait cruellement de confiance en elle et ne pouvait en parler à personne. Elle ne se sentait pas à la hauteur de la tâche qui lui avait été conférée de droit et donnerait tout pour retrouver sa place de médiatrice royale. Malheureusement, tous les rôles reposaient désormais sur ses épaules. Elle aurait aimé savoir ce que devenait Aliania – d'abord pour s'assurer qu'elle s'en sortait « bien » – mais aussi pour pouvoir se dire que bientôt, celle-ci reprendrait sa place de chef et que tout irait pour le mieux. Sauf que bien sûr, il y avait peu de chance pour qu'Aliania décide de revenir parmi eux : la perte de son double avait été le coup suprême qui ferait qu'elle ne se relèverait pas.

- Désolée, se reprit-elle. Je vais quand même essayer de trouver le Magicien Blanc.

- Tu ne peux pas quitter Fondcombe chérie, tout le monde compte sur ta présence ici.

- Oui, j'ai cru remarqué, marmonna-t-elle. Mais il faut bien faire quelque chose ! Imagine que c'est bel et bien l'Unique, comment est-ce qu'un simple hobbit pourrait lutter contre les serviteurs de Sauron ? Il finira par le retrouver, le tuer et récupérer tout son pouvoir d'antan.

- Avec un peu de chance, Gandalf reviendra bientôt ici.

- Il y a des fois où je trouve que tu te voiles un peu la face comme ta sœur, lâcha-t-elle impitoyablement.

- Et moi je trouve que tu adoptes de plus en plus le comportement impétueux de ta sœur, répliqua-t-elle furieuse.

- Et j'en suis fière ! rétorqua-t-elle avant de partir la tête haute.

Elle devait absolument agir maintenant. Soudain, elle eut une idée : contacter sa sœur par magie ce n'était pas parce que leur lien fantastique n'existait plus qu'elle ne pouvait pas la joindre grâce à un envoûtement. Elle s'enferma dans sa chambre, plaça un cercle de bougies blanches et s'assit en tailleur au milieu. Après maintes psalmodies, elle répéta trois fois le message qu'elle voulait transmettre à sa sœur en espérant qu'elle le recevrait.

Le froid glacial s'engouffrait sous la couverture dans laquelle une silhouette était emmitouflée. Le feu de camp venait de mourir et l'aube était encore loin. Frissonnant dans son sommeil, l'individu s'agitait de plus en plus. De la sueur coulait sur son visage crispé et faisait coller ses longs cheveux bouclés sur son front. Des hurlements de loups retentirent dans le lointain, rendant ainsi l'atmosphère encore plus lugubre que ce que la pleine lune dévoilait déjà. La personne se réveilla en sursaut le cœur battant à mille à l'heure. Cela faisait plusieurs semaines qu'elle n'avait pas pu faire une nuit complète sans faire de cauchemars et la fatigue commençait à se faire cruellement sentir. Elle essayait rageusement les larmes de harassement qui avaient commencé à couler sur ses joues rougies par l'air austère.

Aliania se recroquevilla contre un arbre et observa les environs. Elle s'était réfugiée en haut d'une colline afin d'avoir un point de vue suffisant large pour surveiller de loin la venue d'éventuels ennemis. Jusqu'à présent, elle n'avait eu à repousser qu'une meute de loups affamés. L'elfe en cavale pouvait apercevoir la cité du Rohan qui se dessinait dans l'aube naissance. Avec un peu de motivation, elle atteindrait le château d'Or de Meduseld rapidement et emprunterait au roi l'un de ses meilleurs chevaux afin de pouvoir parcourir librement la Terre du Milieu en un rien de temps. La sorcière se remit à somnoler lorsqu'elle crut entendre une voix. Elle rouvrit les yeux et tendit l'oreille :

- L'Unique serait dans la Comté... L'Unique serait dans la Comté... lui souffla une voix familière dans sa tête.

- Alania ? l'interrogea-t-elle interloquée. C'est toi ?

Elle n'obtint pas de réponse. Cependant, elle doutait que cela soit le fruit de son imagination aussi se pressa-t-elle de reprendre sa route. Plus vite elle trouverait une monture, plus vite elle pourrait chevaucher jusqu'au pays des semis-hommes. Elle marcha durant encore plusieurs heures avant d'arriver à l'entrée du village. Elle fut stoppée par une troupe de cavaliers qui s'apprêtait à sortir. Leur meneur s'avança vivement vers elle et la menaça avec sa lance.

- Halte ! Qui êtes-vous et que faites-vous ici ? l'interrogea-t-il d'une voix autoritaire.

- Quel accueil ! répliqua l'elfe en dévoilant son visage en faisant glisser la capuche de sa cape noire. Théodred, fils du roi Théoden, c'est ça ?

- Ne m'obligez pas à me répéter femme !

- Je suis venue voir votre père et j'apprécierai grandement que vous baissiez d'un ton lorsque vous vous adressez à moi. De mes plus lointains souvenirs, je ne me rappelle pas avoir déjà reçu un pareil accueil sur ces terres ! Votre père saura me reconnaitre.

- Mon père est souffrant et ne reçoit pas de visiteurs, trancha le Prince. Je n'ai toujours pas saisi votre nom.

- Je suis Ménilda, fille d'un rôdeur du nord connu sous le nom d'Asturion, mentit-elle délibérément. J'ai fait une longue route et je suis sûre que le Roi fera une exception pour moi. Si son état de santé est réellement grave, je peux faire appel à mes aptitudes de guérisseuse. Conduisez-moi à lui.

- Suivez-moi, céda-t-il en donnant ordre à ses cavaliers de l'attendre.

Il fit faire demi-tour à son étalon et prit la direction du palais au pas. La sorcière observait du coin de l'œil les villageois moroses qui la dévisageaient. L'ambiance tendue qui régnait en ces lieux la surprit. Il y a encore quelques décennies, ce village était prospère et respirait la joie de vivre alors qu'aujourd'hui, tous les habitants semblaient méfiants ou tristes.

Les gardes s'effacèrent pour laisser entrer leur Prince et son invitée. Avachi sur son trône, le roi Théoden les regardait s'avancer d'un œil inexpressif. L'elfe en exil n'aurait jamais pensé trouver ce Seigneur dans un tel état de dépendance. À côté de lui se tenait un homme qui soufflait de viles paroles au suzerain qui, contrairement à ce qu'il devait s'imaginer, n'échappaient pas à l'ouïe fine de la rôdeuse.

- Depuis quand sa Majesté recourt-elle à un conseiller ? fit-elle en guise de salut.

- Qu'est-ce qu'une rôdeuse vient faire dans ma demeure ? répondit-il d'une voix chevrotante.

- Je répondrai à cette question une fois que la langue de vipère sera sortie, décréta-t-elle avec assurance.

- Vous n'avez pas à donner d'ordres à qui que ce soit en ces lieux.

- Je ne me serai pas permis cette exigence si je vous avais senti en réel possession de votre libre arbitre. Une force maléfique est à l'œuvre et vous n'avez pas l'air de la percevoir. Théoden, nous avons toujours été en bons termes jusqu'à présent, ne vous souvenez-vous de rien ?

- Je ne fréquente pas la racaille de votre genre.

- Excellence réponse mon Seigneur, persiffla son conseiller avant de poursuivre à voix haute : le roi Théoden n'a que faire de votre visite. Retournez à vos activités sournoises dont n'ont cure les hautes personnes de ce monde !

N'ayant pas de temps à perdre, la guerrière fixa le Roi droit dans les yeux pour tenter de décrypter le fond sa pensée. Ce qu'elle vit la troubla : elle avait la sensation qu'une autre âme habitait ce corps prématurément vieilli.

- Je reviendrai ! jura-t-elle à l'assemblée avant de tourner les talons écœurée par ce qu'il venait de se passer.

Elle quitta la salle du trône sans accorder un regard supplémentaire aux gardes qui la contemplaient bizarrement.

- Je ne m'attendais pas à trouver le Roi dans cet état, avoua-t-elle à Théotred. Il n'est pas souffrant ! Quelqu'un exerce une emprise sur lui et son conseiller le pervertit plus qu'il ne le guide...

- Un certain Mithrandir est venu il y a quelques jours. Tout comme vous, il n'a pas été très bien reçu.

- Le Magicien est passé ici et il n'a rien tenté pour libérer votre père ? s'étonna la rôdeuse.

- Il s'est contenté de réquisitionner le meilleur de nos chevaux et est parti à grande allure.

- Il devait avoir ses raisons come toujours, pensa-t-elle amère d'apprendre que son ancien mentor avait pris connaissance de la situation mas qu'il n'avait daigné agir.

Voyant le regard voilé du Prince, elle allait dire quelque chose quand une jeune femme blonde fit son apparition.

- Théotred, qui est-ce ?

- Eowyn, je te présente Ménilda, une fille de rôdeur. Elle est venue voir le Roi.

- Eowyn ? Vous êtes cousins, non ? tenta de se rappeler l'elfe.

- En effet. Rare se font les visites en ces temps troublés. Quel est l'objet de votre visite ?

- Comme vous venez de le dire vous-même, quelque chose est à l'œuvre. Je dois tenter de rassembler des informations à ce sujet mais pour y parvenir, il me faut vous emprunter un cheval.

- Nous ne donnons pas nos chevaux à ceux qui ne sont pas des nôtres.

- Il s'agirait plus d'un prêt qu'un don, plaida-t-elle. Certes, je ne suis pas une femme du Rohan mais ma quête servira à tous les peuples libres de la Terre du Milieu. Ne vous leurrez pas, l'Ombre s'étend de jour en jour sur cette terre et finira par obscurcir complètement votre royaume. Je suis bien plus expérimentée en la matière que vous ne le pensez.

- Admettons que je vous fasse confiance, le Roi refusera votre requête.

- Je ne veux pas remuer le couteau dans la plaie mais le Roi n'est pas en toute possession de ses moyens. Dans ses conditions, c'est à son héritier que les décisions reviennent.

Le Prince ne répondit que par un acquiescement songeur.

- Mes cavaliers m'attendent. Eowyn vous conduira aux écuries, finit-il en se dirigeant vers la sortie.

- Théotred ! le rappela Aliania. Faites attention à vous. Des orques rôdent au-delà des plaines et des montagnes.

- Ce ne sont que de vulgaires créatures inintelligentes.

- Il ne faut jamais sous-estimer l'ennemi, déclara son interlocutrice d'un ton docte. N'ayez crainte, vous n'êtes pas seul à vous préoccuper des ténèbres grandissantes. Gardez espoir, je vais revenir dès que possible et trouverai une solution pour libérer votre Roi.

Les deux femmes descendirent dans les écuries où Aliania put admirer de magnifiques montures. L'une d'entre elles se mit à piaffer à son passage. Ses yeux onyx, qui brillaient dans la demi-obscurité, étaient à moitié dissimulés sous une crinière noire légèrement ondulée assortie à sa robe soyeuse. L'elfe l'identifia comme appartenant à la race des frisons. Ces chevaux étaient réputés pour leur physique robuste et leur intelligence développée. En général, ils ne se montraient pas particulièrement endurants à cause de leur grosse masse musculaire. La guerrière aurait souhaité trouver un cheval plus résistant à la course mais son expérience lui avait appris qu'il valait mieux posséder une monture avec laquelle la cavalière sent des affinités plutôt que monter un étalon puissant mais inaffectif.

- Tu veux bien devenir mon compagnon de route ? lui murmura-t-elle au creux de l'oreille tout en lui caressant son chanfrein où une petite tache blanche perçait la noirceur de la robe.

- Il s'appelle Noctius.

- Noctius ? Tu me plais bien, tu sais ? On va faire une sacrée équipe : la Princesse de la Nuit voyageant avec un magnifique étalon qui lui ressemble, qu'en dis-tu ? lui demanda-t-elle en elfique.

L'animal hennit de contentement.

- Il semble vous avoir adopté, admit la fille d'Eomund impressionnée par l'aura qui émanait de la rôdeuse.

- Je crois que je m'en sors mieux avec les équidés qu'avec les humains, concéda l'elfe en souriant légèrement. Je dois y aller mais avant, je souhaiterais vous confier quelque chose...

Flash back :

Depuis plusieurs heures, Aliania avait quitté sa cité natale et prit la direction de la trouée du Rohan. La route allait lui prendre probablement quelques semaines et elle priait pour ne pas croiser âmes qui vivent – amies ou ennemies – car elle désirait s'isoler du reste du monde. Une chance pour elle qu'elle connaissait toutes les astuces possibles et inimaginables pour voyager inaperçue. Le plus gros danger consistait à ne pas se laisser surprendre par un ennemi durant les courtes périodes de sommeil qu'elle s'accordait. À force de marcher à un rythme soutenu, la Princesse avait fini par se calmer mais n'arrivait pas à se sortir de la tête la vision de la foule amassée autour du cercueil de son double. Les images de sa rupture brutale avec Legolas lui revinrent aussi à l'esprit. Elle se dégoûtait elle-même : comment avait-elle pu oser infliger sa décision d'une manière aussi ignoble à l'homme qui avait toujours été là pour elle ? Encore une belle erreur qu'elle allait trainer toute sa vie ! Quoique... une fois sa vengeance achevée, elle ne voyait qu'une seule issue possible : la mort. Elle n'allait pas trainer ce sentiment de culpabilité trop longtemps.

Épuisée, elle s'affaissa contre un mur de vieilles ruines et sortir un amas de bijoux de son sac. Elle n'avait pas oublié les boules de lumière qui l'avait frappée durant les funérailles... En ce moment même, elle les sentait s'agiter en elle comme un trop plein d'énergie qui ne demandait qu'à sortir. Lorsqu'une sorcière mourrait, la légende disait que ses dons étaient transmis à la génération suivante. N'ayant toutefois pas eu le temps de mettre au monde un héritier, Alana avait du conférer sa puissance à celle qu'elle considérait comme sa successeuse la plus légitime. C'était tellement ironique dans le fond ! Des quatre sœurs, Aliania se considérait comme celle qui avait le moins besoin de pouvoirs magiques. Elle recourait à ses dons que lorsqu'elle n'avait pas le choix et préférait se battre au corps à corps. Pour faire simple, elle ne comptait pas conserver ce surplus de pouvoirs pour pouvait s'avérer dangereux en plus d'être inutile. C'est pourquoi elle avait pensé à prendre quatre bijoux de famille dans lesquels elle allait enfermer secrètement les dons de sa jumelle.

Détachez-moi désormais de ces dons

Dont je refuse pleinement la transmission

Mettez-les temporairement en sommeil

Jusqu'à ce que je réclame leur réveil

Par quatre fois je récite cette formule

Divisez-les dans ces pierres de lune

Peu à peu, la sorcière sentit ses dernières forces l'abandonner. Elle ferma les yeux et respira profondément pour rester consciente. Les pierres de lune incrustées dans les différentes parures s'illuminèrent intensément puis reprirent progressivement leur couleur quasi transparente. Satisfaite, l'elfe les rangea au fond de son bagage et s'endormit en réfléchissant à de bons lieux de cachettes pour les déposer.

Fin du flash-back

- Que souhaitez-vous me confier ? s'étonna la Dame aux cheveux d'Or.

- Un objet que je préfère ne pas transporter avec moi pour le long voyage qui m'attend, dit-elle en lui mettant un des bijoux ensorcelés dans la paume de la main.

- Une bague ? fit-elle perplexe. Ce n'est pourtant pas un fardeau trop lourd. Pourquoi me la confier à moi ? Vous ne me connaissez même pas !

- J'ai connu suffisamment de vos ancêtres pour savoir que vous êtes digne de confiance.

- Mes ancêtres ? Mais c'est impossible ! balbutia-t-elle.

- Je dois vraiment y aller ! esquiva son interlocutrice. Ne parlez à personne de ce cadeau. Gardez le juste avec vous. Je reviendrai un jour le récupérer. Adieu.

Elle partit au galop sur le dos de Noctius qui était ravi de déployer ses membres au grand jour. L'air qui fouettait le visage de la jeune fille était vivifiant. Elle devait se rendre dans la Comté afin d'élucider le mystérieux message que sa petite sœur lui avait transmis. Cette partie de la Terre du Milieu lui était quasiment inconnue. Elle savait que cette contrée abritait le peuple des petits gens appelés des hobbits. Il y a quelques années, l'un des leurs avait été réquisitionné par une équipe de nains et Gandalf pour une quête improbable. Depuis la réussite de sa mission, Bilbon était devenu célèbre chez les elfes et les nains. C'était une curieuse personne qui faisait beaucoup sourire les jumelles de part ses accès de bougonnerie et sa capacité à raconter des histoires extraordinaires. Aliania se demandait bien ce qu'il avait pu devenir. Peut-être le croiserait-elle lorsqu'elle arriverait dans son pays...

Soudainement, elle ressentit une violente douleur dans le bas du ventre.

- Oh non, ça ne va pas recommencer ! grogna-t-elle en se repliant sur elle-même.

Elle ne voulait pas s'arrêter, le temps lui manquait trop. Serrant les dents, elle se força à penser à autre chose. Elle commençait vraiment à se lasser de ressentir cette douleur qui se faisait de plus en plus présente. Entre ses cauchemars et ses crises, elle s'épuisant plus vite que d'ordinaire et ses capacités au combat risquaient de s'en trouver affectées.

Les jours passaient dans une monotonie extrême : chevauchées dans l'air glacé à travers des plaines et des vallons déserts phases de repos entrecoupées par des cauchemars d'agressions et d'attaques des crises de douleurs comme si elle se faisait poignarder. La nuit était une nouvelle fois tombée et l'elfe hésitait à allumer un feu de camp. Elle se sentait mal : les plaies qu'elle s'infligeait plus par habitude que par réelle nécessité mettaient de plus en plus de temps à cicatriser et suintaient en quasi continuité. Néanmoins, son malaise ne provenait pas que de cela. Son instinct d'elfe lui soufflait qu'un mal rôdait sournoisement autour d'elle. D'un coup, elle eut l'impression que quelqu'un lui ouvrait le ventre ! Au même moment, des cris stridents retentirent dans le contrebas de la vallée. Un sentiment de peur envahit la voyageuse. Elle ne connaissait que trop bien cet horrible son et aurait tout donné pour ne plus l'avoir à le réentendre un jour. Cela faisait plus de trois mille ans qu'un pareil son n'avait pas été produit. Ils étaient de nouveau sortis. Ils étaient à la recherche de quelque chose et cet objet ne pouvait être que ce que leur maître désire récupérer le plus au monde. Les Nazgùls avaient du recevoir l'ordre de Sauron lui-même de pister l'Anneau de Pouvoir et de le lui ramener au plus vite.

- L'unique serait dans la Comté, résonna une nouvelle fois dans son esprit la voix de sa sœur.

Il n'y avait vraiment plus de temps à perdre ! Elle devait agir maintenant. Oh, elle se doutait bien qu'elle ne parviendrait pas à les arrêter, mais elle devait au moins tenter de les ralentir à tout prix. Elle se sentait stupide : les douleurs abdominales qu'elle éprouvait depuis la dernière attaque de Fondcombe correspondait exactement à l'endroit où le chef des Nazgùls, le Roi-Sorcier d'Angmar, l'avait poignardée durant la défaite du Seigneur des Ténèbres. Même localisation, même sensation. Tout concordait et elle n'avait même pas été capable de reconnaitre les signes.

- Quelle idiote ! se maudit intérieurement l'elfe en se ruant au galop dans leur direction.

Elle tira son épée qui s'illuminant en violet, preuve infaillible qu'elle allait avoir affaire à l'un ou plusieurs Serviteurs de l'Anneau. Elle rabattit sa capuche sur son visage : il était hors de questions que l'un d'entre eux l'identifie.

La Protectrice se trouvait à environ trois cent mètres de ses cibles. À priori, les trois Nazgùls n'avaient toujours pas remarqué sa présence, ce que la cavalière trouva étonnant.

- Ils ont ramolli du cerveau ou quoi ? Faut pas avoir une ouïe d'elfe pour capter qu'un autre cheval les suit... Ah bah apparemment si, maugréa-t-elle intérieurement. Noctius, tu es prêt à la rencontre ? lui demanda-t-elle.

Elle espérait qu'en approchant plus près des spectres, son étalon ne serait pas pris de panique. Peu d'êtres vivants – animal et humain – restaient stoïques face à l'attrait maléfique qui se dégageait de ces anciens rois corrompus. À son grand soulagement, Noctius approuva d'un magnifique hennissement sonore.

- Alors là, s'ils ne se retournent pas, c'est qu'ils sont devenus sourds !

De toute évidence, ce n'était pas le cas puisqu'ils lui firent volte-face en brandissant leurs épées simultanément.

- Qui ose se mettre en travers de notre chemin ! menaça l'un d'entre eux.

L'elfe ne dit rien mais les dévisagea d'un regard rempli de haine.

- Pauvre fou muet, tu te condamnes de ton propre chef à une mort atroce, poursuivit-il en s'avançant vers elle avec sa lame.

Au moment où il allait la transpercer, elle réagit au quart de tour en parant l'attaque avec la propre lame violette. Cela surprit la créature des ténèbres : non seulement il ne s'attendait pas à une riposte, mais en plus il n'avait probablement pas affaire à n'importe qui, ce genre d'épée étant rare.

- Au nom du Seigneur de la Terre Noire, dévoilez votre identité ! ordonna-t-il.

- Pas la peine, l'épée parle d'elle-même pauvre tâche ! se retint de répliquer la mystérieuse cavalière. Vous n'avez rien à faire sur ces terres, retournez vous cacher au plus profond du Mordor ! déclara-t-elle télépathiquement d'une voix claire et autoritaire.

- Vous osez défier ouvertement Sauron le Maléfique ? Votre audace n'est pas du courage mais de la folie pure ! rigola-t-il.

- Il n'y a aucun courage ou folie dans mes actes. Qu'aurais-je à craindre de la part d'un mort ? Je ne pensais pas vous revoir un jour les gars, fit-elle d'un air dégagé. Ça n'a pas l'air d'être la grande forme pour vous. Cela fait un moment que je vous suis, vous n'aviez rien capté... c'est triste, termina-t-elle avec une voix faussement peinée.

Ce discours mental déstabilisa ses adversaires qui eurent une seconde d'hésitation. Il n'en fallut pas plus pour la sorcière pour conjurer une boule de feu sur le spectre le plus proche qui s'embrasa à son impact. Au fond d'elle, Aliania fut soulagée de le voir tomber de sa monture et s'éloigner, suivit de ses deux congères. Le pauvre cheval, apeuré mais sauf, s'enfuit dans la nuit en hennissant.

Sans prendre le temps de se réjouir de ce premier affront réussi, elle repartit au galop en direction de l'Isengard qu'elle espérait pouvoir emprunter comme raccourci sécurisé. Saroumane devait bien veiller du haut de sa tour sur ses propres frontières...

- Les amis, nous sommes cordialement invités à nous rendre à l'anniversaire de Nick-quasi-sans-tête. Il fête ses cinq cent ans de mort et souhaiterait que nous disions à ses invités combien nous le trouvons terrifiant, dit Harry à ses deux meilleurs amis et à Ana.

- C'est génial ! s'enthousiasma la Gryffondore. Il n'y pas beaucoup de vivants qui peuvent se vanter d'assister à un tel évènement !

- Qu'est-ce qu'on a fait pour mériter cette extrême honneur ? grimaça Ron.

- Disons que grâce à Nick, j'ai réussi à ne pas me faire coller une fois de plus par Rusard – j'avais mis de la boue dans le couloir vu que je sortais de mon entrainement de Quidditch – et pour le remercier, il m'a demandé cette faveur.

- Donc concrètement, c'est plus une obligation pour toi que pour nous, fit remarquer l'elfe qui n'était pas très heureuse à l'idée d'être entourée de spectres le temps d'une soirée.

- Certes mais vous n'allez quand même pas me laisser y aller tout seul ! s'offusqua-t-il vexé.

- Y'a des jours où je me dis que les longues soirées à écouter la Reine se vanter me manque, grommela Ana en soupirant. On va t'accompagner Harry.

Le soir même, ils se rendirent dans les cachots d'où s'échappait des sons atroces.

- Et vive la musique ! gémirent Ana et Ron.

Nick les invita à entrer. L'ambiance était assez... spéciale. Des dizaines de fantômes flottaient au dessus du sol dans une pièce décorée avec goût – du moins si on aimait le morbide – et le buffet regorgeait d'aliments moisis. Les humains frissonnèrent : ils auraient pu se retrouver dehors sous la neige, ils n'auraient guère senti de différence.

- Je saisis mieux le sens de « chaleur humaine » maintenant, déclara Ron en claquant des dents.

- Oh non, venez part là, vite ! s'agita Hermione.

- Qu'est-ce qu'il y a ? Tu as vu un mort ou quoi ? ironisa Harry.

- Mimi Geignarde...

- Oh... comprit Ana. Tu as raison, on va l'éviter.

- Pourquoi ? se renseignèrent les garçons étonnés.

- C'est le fantôme qui hante les toilettes des filles du deuxième étage. Personne ne s'y rend plus parce qu'elle pleure tout le temps et qu'elle inonde à chaque fois les lieux en plongeant des les canalisations, leur expliqua leur amie.

- J'ai entendu ce que vous venez de dire, les interrompit Peeves, l'esprit frappeur de Poudlard. Et je vais TOUT lui dire !

- Ne faites pas...

- MIMIIIIIIIIIIIIIIIIIII ! hurla-t-il.

- Enflure, pensa l'elfe en voyant sa camarade devenir toute rouge.

- Quoi ? demanda Mimi d'un ton boudeur.

- On disait simplement que tu avais l'air en forme ce soir... commença la jeune fille.

- Menteuse ! Tu crois que je ne sais pas ce que vous dites tous derrière mon dos ? pleurnicha-t-elle. Je vous déteste ! lança-t-elle avant de s'enfuir sous les quolibets lancés par Peeves.

- C'est vrai qu'elle était dans un de ses bons jours, compatit Ana en souriant à Hermione.

Les rires furent stoppés net par l'arrivée très remarquée du club des chasseurs sans tête. Tous les applaudirent mais les humains arrêtèrent en voyant l'air pincé de leur hôte.

- Je suppose que c'est à eux que l'on doit vanter le côté terrifiant de Nick ? souffla Ana au Survivant.

- Nick ! rugit-il. Comment vas-tu ? Ta tête tient toujours ? Ma parole, mais il y a des vivants, ici ! s'exclama Sir Patrick en voyant les élèves. Alors, pas trop déçu de ne pas être rentré dans le club ? le nargua-t-il.

Harry se décida à intervenir à ce moment là en disant combien il trouvait Nick effrayant. Bizarrement, le nouvel invité trouva cette idée risible et en déduisit que c'était probablement l'hôte qui lui avait soufflé cette idée. Là-dessus s'enchaîna une partie de lancer de tête qui fit fuir les vivants écœurés.

Alors qu'ils se dirigeaient vers le banquet de la Grande Salle, Harry se figea d'un coup.

- Qu'y-a-t-il Harry ? lui demanda Ana en voyant son trouble.

- La voix... chut ! Vous l'entendez ?

- Mais quelle voix ? s'inquiéta Hermione.

- Elle se déplace ! lança-t-il avant de se précipiter en direction du premier étage.

Ses amis le suivirent en se demanda si leur camarade n'avait pas des hallucinations sonores... Toutefois, Ana qui avait l'ouïe ultra développée crut percevoir des sortes de sifflements. Mais ce n'était pas une voix...

- Il va y avoir un meurtre ! s'écria soudain le garçon angoissé tout en continuant sa poursuite jusqu'au deuxième étage.

Ils arrivèrent essoufflés dans un couloir désertique. Ron s'apprêtait à dire tout haut ce que tous pensaient tout bas lorsqu'Hermione poussa un hurlement. Ils suivirent son regard et se figèrent à la vue qui s'offrait à eux. En rouge vif était marquée une inscription qui donnait la chair de poule : LA CHAMBRE DES SECRETS A ÉTÉ OUVERTE. ENNEMIS DE L'HÉRITIER, PRENEZ GARDE.

- C'est du sang, déclara Ana calmement en touchant l'inscription encore humide. Oh non...

Sous le message était suspendu un chat par la queue.

- Pauvre bête, déplora l'elfe qui ne supportait pas que l'on maltraite les animaux.

- C'est Miss Teigne ! gémit Hermione terrorisée. Oh mon Dieu...Il ne faut surtout pas qu'on reste ici !

Malheureusement pour eux, c'était un peu tard pour s'en rendre compte. Le festin d'Halloween avait du prendre fin car des dizaines d'élèves joyeux et hilares arrivèrent sur les lieux des deux côtés du couloir.

- C'est ce qu'on appelle se faire encercler... pensa l'elfe.

L'atmosphère chaleureuse et conviviale qui se dégageait du groupe retomba d'un coup. Tous les regards faisaient des allers-retours épouvantés entre le spectacle affligeant du mur et le quatuor. Une voix éleva alors, rompant le silence pesant :

- Ennemis de l'héritier, prenez garde ! Bientôt, ce sera le tour des Sangs-de-Bourbe !

- De quoi tu parles Malefoy ? Je ne comprends pas que tu puisses afficher un air aussi satisfait en ce moment, notifia Ana.

Il ne prit pas la peine de répondre car le concierge arrivait déjà, comme s'il avait un sixième sens pour sentir lorsque quelque chose dysfonctionnait dans l'attitude des élèves.

- Qu'est-ce qu'il se passe encore avec vous Potter ! s'énerva-t-il. Toujours dans les mauvais... commença-t-il avant d'écarquiller les yeux en voyant sa chatte pendue. Vous avez... vous avez tué ma chatte ! Je vais vous tuer ! enragea-t-il en se ruant sur le deuxième année.

Anabellissë s'interposa entre eux. Il était hors de questions que quelqu'un frappe un enfant, d'autant plus que celui-ci n'était coupable de rien. Heureusement pour elle, Dumbledore arriva à ce moment-là et empêcha Rusard d'aller au bout de sa pensée meurtrière. Il récupéra Miss Teigne et ordonna aux professeurs et au quatuor de le suivre dans le bureau le plus proche. Après un examen minutieux, le Directeur déclara que l'animal était simplement pétrifié et qu'elle s'en remettrait très bien une fois un filtre à base de mandragore administré. Sans grande surprise, Gilderoy Lockhart s'empressa de dire qu'il en tirait les mêmes conclusions et qu'il était fort déplorable qu'il n'eut pas été là pour empêcher ce malheureux accident. Ana ne put s'empêcher de pousser un petit soupir exaspéré qui n'échappa pas à sa directrice de maison. Mais contrairement à son habitude, elle ignora ce qu'elle aurait pu prendre comme de l'insolence de la part d'une élève. La question qui se posait était de savoir ce qu'il s'était passé dans ce couloir. Les professeurs semblaient vraiment soucieux à la vue du mystérieux avertissement. Rusard était toujours persuadé qu'Harry y était pour quelque chose. C'est alors que le Professeur Rogue soumit l'idée que le garçon se trouvait juste au moment endroit au mauvais moment.

- Rogue qui prend la défense d'Harry ? Grande première ! s'étonna l'elfe.

- Pour ma part, je ne me souviens pas d'avoir vu Potter pour le diner, poursuivit le Maître des Potions. Il y a là de quoi éveiller des soupçons...

- Ah oui, je ne disais aussi... Harry n'a rien à voir avec cette histoire, certifia la jeune femme en s'adressant directement à Dumbledore. Nous venions de quitter la réception de Sir Saint-Nicolas lorsque nous nous sommes retrouvés face à cette scène.

- Pourquoi ne pas avoir rejoint la Grande Salle pour dîner ? Ce n'est pas avec la nourriture des fantômes que vous vous êtes rassasiés ! contre-argumenta Rogue, peu désireux de lâcher l'affaire.

- Justement, une pareille vue nous a coupé l'appétit, rétorqua-t-elle fermement. Nous retournions à la tour Gryffondore.

- Innocent tant que nous n'avons pas preuve du contraire, conclut Dumbledore sous l'œil furibond de Rusard et Rogue.

Aliania se trouvait encore à une dizaine de kilomètres à vol d'oiseau de l'Isengard lorsqu'elle perçut au loin des bruits de combat. Déviant sa trajectoire, elle s'élança en direction de la forêt de Fangorn. À l'orée se battait une compagnie de rôdeurs contre des cavaliers wargs. À première vue, les hommes paraissaient en bien mauvaise posture. Non seulement ils étaient en infériorité numérique mais aussi semblaient tous épuisés au point de rendre bientôt les armes. S'assurant que son capuchon était bien rabattu sur son visage, la sorcière se rua en direction de l'ennemi le plus proche, lui déroba son épée et la retourna contre lui. L'effet de surprise joua en sa faveur car elle eut le temps de mettre à terre quatre adversaires avant que les derniers cavaliers décident de se jeter simultanément sur elle. La diversion qu'elle offrait permit aux rôdeurs de reprendre l'avantage et de terrasser le restant de la troupe. Cependant, une des créatures se précipita sauvagement sur l'elfe et la fit tomber de sa monture. Un rôdeur l'acheva avant de venir s'assurer que la mystérieuse cavalière allait bien. La jeune fille, qui avait chu sur une pierre, se sentait légèrement sonnée. Elle se redressa en position assisse tout en tenant fermement sa capuche afin que personne ne tente de le lui ôter.

- Vous allez bien ? demanda son sauveur.

- Halbarad, qui est-ce ? s'enquit une voix féminine.

- Lenya ! comprit intérieurement l'elfe.

- Je l'ignore Dame Lenya. Elle refuse que je l'approche.

- Je vais essayer...

Tandis que sa cousine adoptive approchait, Aliania leva la main pour lui dire que tout allait bien. Elle se leva et partit voir Noctius. Grâce au ciel, celui-ci n'avait rien. Lenya s'était figée face au geste de l'inconnue. En montrant sa main, elle avait fait apparaitre une partie de son bras et le bracelet clouté en cuir noir qu'elle portait était étrangement familier à la demoiselle. Saisie d'un doute, elle se rapprocha une nouvelle fois de la cavalière en hésitant :

- Est-ce que nous nous sommes déjà rencontrées ?

L'inconnue secoua vivement la tête.

- Votre bracelet... Je ne pense pas me tromper en disant que vous êtes Al...

L'elfe ne laissa pas le temps à sa cousine d'achever sa phrase. Il était hors de questions qu'elle vende la mèche. Elle lui plaqua une main sur la bouche et lui dit télépathiquement :

- Ne me trahis pas et garde ce collier caché.

Après avoir lu l'approbation dans les yeux peinés de son parent, elle glissa discrètement l'objet dans l'une de ses poches et repartit à vive allure, laissant les rôdeurs stupéfaits derrière elle. La rumeur de cette étrange rencontre allait probablement arriver tôt ou tard aux oreilles de ses proches et elle espérait vraiment que sa cousine taise sa véritable identité. Elle ne voulait pas à avoir rendre des comptes à qui que ce soit. Il lui restait désormais plus que deux bracelets ensorcelés à confier. Elle se demandait si cet objet ne devrait pas quitter la Terre du Milieu pour plus de sécurité... Cela signifiait retourner sur Terre. Des centaines de protégés (ou de personnes qui l'avaient été) seraient aptes à garder son secret et à dissimuler la pierre de lune. Elle hésitait : devait-elle faire appel à un être magique ou non ? À quelqu'un de puissant ou au contraire à quelqu'un ne n'éveillerait jamais les soupçons ? Il lui fallait faire vite. Les choses s'accéléraient en ces lieux et elle ne pouvait se permettre de trop traîner ailleurs. Néanmoins, parcourir ces terres avec un tel fardeau frisait le suicide : si l'ennemi venait à s'emparer d'une partie des pouvoirs de sa sœur, la situation s'envenimerait grandement. Sa décision était prise : elle devait se rendre à Londres. Elle libéra son cheval en lui demandant de l'attendre en se cachant dans la forêt jusqu'à son retour.

Le portail s'ouvrit dans une impasse à l'aspect peu engageant : des amoncèlements d'ordures se détérioraient le long des murs lézardés, dégageant ainsi une odeur digne d'avoir le pouvoir de réveiller un mort. La nuit noire sans étoiles accentuait l'ambiance glauque des lieux. Décidemment, elle avait le chic pour atterrir dans des endroits pourris !

- Question de karma sans doute, se maudit-elle en se dirigeant vers une rue qu'elle espérait plus animée. On pourrait croire que revenir au XXIème siècle signifierait atterrir dans un lieu où l'hygiène règne, mais non... Même en Terre du Milieu, on fait plus d'efforts sur la propreté des rues !

Ses pensées furent interrompues par des hurlements de femme.

- Encore ! Pourquoi je tombe toujours sur des drames ? Enfoiré de karma... grogna-t-elle en se précipitant vers la provenance des cris de détresse.

Une femme noire aux cheveux sombres nattés d'une trentaine d'années était encerclée par trois hommes qui riaient bruyamment face à son désarroi.

- Alors sale black ! Donnes nous ton sac et on te laissera partir ! fit l'un d'eux en lui plaçant un canif sous la gorge.

- À moins que tu préfères nous tenir compagnie ce soir, poursuivit l'autre truand.

- Ouais, ça pourrait être sympa de faire plus amples connaissances si tu vois ce que je veux dire...

Écœurée par le dernier sous-entendu, Soledad se manifesta :

- C'est pathétique d'avoir recours à une pareille tentative de drague les gars ! Vous faites pitié, vraiment pitié, renchérit-elle d'un air blasé.

- Dégages de là toi si tu ne veux pas subir le même sort !

- Je ne peux pas ! Contrairement à vous, j'ai une âme et une conscience qui me poussent à rester et à vous faire payer vos actes ignobles !

- T'as un problème la môme ? l'agressa le mec armé qui s'avança vers elle pour l'attraper.

- Oui et je viens de t'en faire part crétin ! cria-t-elle en lui saisissant brusquement le bras.

Rapidement, elle lui brisa l'articulation du coude pour lui faire lâcher le couteau. L'homme s'effondra en hurlant de douleur tandis que ses deux acolytes vinrent à la rescousse. Ils auraient mieux fait de s'abstenir car en quelques secondes, ils finirent assommés contre le mur, à demi ensevelis sous les sacs poubelles éventrés.

- C'était vraiment trop simple, soupira la jeune fille qui se serait bien défoulée plus longtemps. Est-ce que ça va ? demanda-t-elle à la victime.

La femme était en état de choc et fixait son avant-bras ensanglanté en pleurant. L'elfe déchira un morceau de sa cape pour lui faire un pansement. Apeurée, la femme s'éloigna le plus possible.

- Ne vous inquiétez pas, je vais juste bander votre plaie, lui dit-elle d'une voix apaisante en dévoilant son visage. Je peux ?

Après une minute d'hésitation, elle accepta tout en restant sur ses gardes. Doucement, Soledad entoura l'avant-bras avec le tissu tout en lui souriant pour la rassurer.

- La blessure n'est pas trop profonde, vous ne devriez même pas avoir de cicatrice, tenta-t-elle de dédramatiser. Ce n'est pas de chance d'être tomber sur trois mecs qui cumulent les statuts de voleurs et racistes ! plaisanta-t-elle. Tout ça dans une même soirée, ce n'est pas vraiment le top...

Lâchant un rire nerveux, l'inconnue acquiesça en se relevant.

- Merci, murmura-t-elle. Vous auriez pu y rester...

- Je suis bien plus forte que ce que mon apparence laisse penser. Comment vous vous appelez ?

- Marie, Marie Peterson. Et vous ?

À l'annonce de prénom, la sorcière reçut comme un couteau dans le cœur. Marie avait beau être un prénom courant, il fallait qu'elle tombe sur une victime portant le même prénom que sa sœur ! Tout était dans le karma vraiment...

- Soledad.

- Soledad comment ?

- Juste Soledad. Je vais vous raccompagner jusqu'à chez vous, c'est plus prudent.

- Ma fille... réalisa Marie.

- Votre fille ? Elle était avec vous au moment de l'agression ? s'inquiéta la guerrière qui n'avait perçu aucune présence d'enfant.

- Non, je... j'étais sortie pour aller la chercher chez une de ses amies. Elle doit m'attendre depuis un moment maintenant...

- Allons la récupérer alors !

- Qu'est-ce qu'on fait d'eux ?

- Vous voulez alerter la police et porter plainte ?

- Non, je ne préférerais pas... dit-elle en se remettant à pleurer.

- On ne peut pas les laisser là comme ça, réfléchit la sorcière à voix haute. Ils risqueraient de recommencer avec une autre personne... Je vais prévenir anonymement la police. Comme ça, ils auront une enquête sur le dos et vous, vous serez tranquille. Ils ne connaissent pas votre identité. Aucun risque de représailles. Ça vous convient comme plan ?

Marie hocha la tête. Une fois l'appel passé à l'aide d'un portable trouvé dans l'une des poches des malfaiteurs, les deux filles se hâtèrent de rejoindre un quartier plus serein pour récupérer Mélissa, une adorable petite fille de six ans.

Pendant ce temps-là, la vie continuait à Poudlard. Les élèves et professeurs étaient tous soucieux. Tous ? Tous excepté Malefoy et sa bande de Serpentards qui semblaient se délecter dans l'ambiance de peur régnant dans l'école. En cours d'Histoire de la Magie, Hermione osa poser la question que tous avaient en tête :

- Professeur Binns, pouvez-vous nous parler de la Chambre des Secrets s'il vous plait ?

- Il s'agit une légende absurde qui n'a aucun rapport avec l'Histoire de la Magie.

- Professeur, intervint Ana, cela nous ferait très plaisir d'apprendre de nouveaux éléments sur l'Histoire de Poudlard.

Face à l'intérêt manifeste de l'ensemble des élèves – ce qui n'avait jamais du arriver au cours de sa longue carrière – le professeur céda :

- Il y a plus de mille ans, quatre imminents sorciers de l'époque se sont réunis pour fonder une école où tous les jeunes sorciers pourraient apprendre à user de leurs pouvoirs. L'un des fondateurs divergeait sur le mode de sélection des apprentis.

- Devine lequel, souffla Ron.

- Salazar Serpentard désirait être plus sélectif sur l'entrée en formation des sorciers. Il pensait que le savoir magique était uniquement réservé aux familles dites de sang pur et que les nés-moldus devaient être écartés. Après une énième dispute, il quitta l'école. La suite de l'histoire se base sur des suppositions idiotes. La légende dit qu'avant de quitter l'école, Salazar Serpentard aurait installé une salle secrète où il aurait enfermé un monstre que seul son héritier aurait le pouvoir de lâcher sur les enfants de moldus. Tout ceci est naturellement ridicule ! Il va de soi que l'école a été fouillée d'innombrables fois et que rien n'a été découvert !

Les élèves restèrent sceptiques face au déni évident de leur professeur. Eux n'étaient pas aussi persuadés que lui de l'inexistence de cette fameuse Chambre des Secrets... Des rumeurs courraient bon train sur l'identité possible de l'héritier. Comme par hasard, de nombreux élèves penchaient pour Harry Potter. Tout ça parce qu'il avait eu la malchance de trouver Miss Teigne crochetée à un mur ensanglanté... Ana avait plutôt pour idée que les Malefoy avaient plus de chance d'être les héritiers de ce tordu que les Potter. Elle en avait fait part à ses amis qui avaient trouvé l'hypothèse intéressante. Hermione, en temps qu'élève studieuse, proposa un plan pour valider cette théorie. Grâce à la potion du polynectar, ils pourraient prendre l'apparence des amis de Malefoy et le faire parler. Le gros problème était juste de réussir à concocter cette potion : non seulement la recette se trouvait bien en sécurité dans la Réserve (endroit accessible que sur autorisation d'un enseignant), mais en plus ils risquaient l'expulsion si jamais ils étaient découverts. L'autorisation ne serait sans doute pas si compliquée que cela à obtenir avec Gilderoy Lockhart. Hermione n'aurait qu'à jouer les fans admiratives et prétendre vouloir se cultiver davantage pour sa culture personnelle...

Marie avait insisté pour que Soledad dîne avec sa famille le soir. La jeune fille avait fini par accepter bien qu'un tel geste amical la gênait. Elle n'avait pas côtoyé beaucoup de monde ces derniers mois et avait perdu l'habitude des us et coutumes sociétales – non pas qu'elle ait toujours été hyper sociable – mais quand même... Rien que le fait de parler à voix haute lui procurait une sensation bizarre. Au fur et à mesure que la jeune femme préparait le souper, Mélissa racontait sa superbe journée passée à l'anniversaire de son amie.

- Il y avait un énorme gâteau avec plein de chantilly et de smarties ! raconta-t-elle enthousiaste. Il y avait aussi un clown qui faisait des animaux avec des ballons de toutes les couleurs ! C'était trop marrant ! J'ai eu une girafe avec un long cou Maman, je te jure ! Sauf que Noémie l'a fait éclater en tombant dessus. Tu vas fière de moi Maman parce que j'ai même pas pleuré, continua-t-elle sans reprendre son souffle.

L'attitude candide de la fillette plongeait Soledad en plein spleen. Elle était pleine de joie de vivre, grandissait apparemment dans un foyer chaleureux et aimant. Comme elle aurait voulu connaitre de genre d'enfance ! Enfin... cela ne servait à rien de penser de cette manière. Personne ne pouvait changer le passé sinon cela fait longtemps qu'il aurait été modifié.

- Et vous, vous avez fait quoi cet après-midi ?

- Oh... commença sa maman ennuyée. Rien de spécial...

- On a fait du shopping, la secourut Soledad.

- Vous avez acheté quoi ?

- Je te trouve bien curieuse toi aujourd'hui ! s'exclama sa mère. Allez ! File te laver les mains, Papa ne va pas tarder à arriver. On passera directement à table.

Mélissa obéit avec le sourire et se rendit dans la salle de bain en chantonnant.

- Elle est adorable ! s'attendrit la sorcière.

- Et épuisante aussi, vous pouvez le dire ! Toujours quelque chose à raconter !

- C'est de son âge, profitez en bien car ça sera pire à l'adolescence, plaisanta-t-elle.

À ce moment, la porte d'entrée claqua :

- Chérie, je suis rentré ! Alors, où sont mes deux princesses ? cria la père.

- Je suis dans la cuisine mon cœur et nous avons une invitée ce soir ! lui répondit-elle de bonne humeur.

Après l'avoir embrassé, un homme baraqué, lui-aussi à la peau foncée serra la main de Soledad.

- Bonsoir, je suis Hachim. Bienvenu chez nous ! l'accueillit-il avec un grand sourire.

- Bonsoir, je m'appelle Soledad, merci pour l'accueil. Je suis ravie de vous rencontrer.

- Tu ne m'avais pas dit qu'on aurait une jeune demoiselle à dîner ce soir ?

- Ce n'était pas prévu, Soledad... m'a été d'un grand secours ce soir.

- Comment ça ?

- Trois fripouilles ont essayé de me dépouiller dans une ruelle mais heureusement, Soledad a réussi à les mettre hors jeu à temps, avoua-t-elle en pressa son bras meurtri.

- Ce sont eux qui t'ont blessé ?

- Ce n'est pas grave mon amour, ne t'inquiètes pas, tout va bien.

- Je devrais quand même appeler un médicoma... un médecin pour vérifier que tu ailles bien.

- Cela ne devrait pas être nécessaire. La plaie est peu profonde et a été désinfectée dans les règles de l'art. Soyez sans crainte.

- Et bien, quelle aventure ! Une chance que vous ayez pu vous défendre ! Comment avez-vous fait contre ces trois gaillards ? Vous êtes adepte des sports martiaux ou quoi ?

- On peut dire ça comme ça, esquiva-t-elle tout en se notifiant que le gars était à deux doigts de dire le mot « médicomage ».

- Passons à table ! dit Marie. Mélisse, viens manger !

- J'arrive ! Coucou Papa !

- Coucou ma chérie ! Comment c'était cet anniversaire ?

- Trop trop bien ! J'veux le même pour moi !

- On verra ma belle, ce n'est que dans... deux petits mois. Ah oui, ça se rapproche ! lui fit-elle dans un clin d'œil.

- Vous voulez de la salade en entrée ? Il y a des tomates et du maïs à rajouter si vous le désirez.

- Merci, juste la salade sans sauce.

- C'est pas bon sans sauce, gémit la petite !

- Question de goût et d'habitude Mélissa. Là d'où je viens, nous ne mettons pas trop de sauce dans les plats.

- Pourquoi ça ?

- J'imagine que ça appartient à notre culture depuis des millénaires...

- J'n'aimerais pas venir manger chez toi ! protesta l'enfant innocemment.

- Mélisse ! la réprimandèrent en chœur ses parents.

Soledad éclata de rire. Dieu que cette petite l'amusait !

- Et à part la sauce, tu aimes quoi ?

- Les bonbons !

- Comme toutes les petites filles de ton âge. Tu préfères lesquels ?

- Les fraises tagadas et les patacitrouilles ! expliqua-t-elle sous le regard gêné de ses parents qui se demandaient jusqu'à quel moment leur invité allait se douter de quelque chose sur leur véritable nature.

- Hey ! Moi aussi, j'aime bien les patacitrouilles ! s'exclama Soledad pour faire comprendre aux parents qu'elle avait compris ce qu'ils étaient dans le fond. Par contre, je déteste les dragées surprises de Berties Crochus...

- Une fois, j'en ai eu un au jus de chaussettes. Depuis, j'en mange plus.

- Ma pauvre ! Ça ne devait vraiment pas être bon.

La discussion dura pendant tout le repas dans une ambiance très chaleureuse. L'elfe oublia ses problèmes pour la première fois depuis des mois. Son rôle de guerrière était loin, très loin dans son esprit et dans son cœur. Elle profitait à fond de ce moment qui, une fois n'est pas coutume, n'avait rien d'anormal et de violent. Lorsque Mélissa commença à bailler, ses parents l'envoyèrent se mettre au lit.

- Je devrais prendre congé...

- Oh non ! Pourquoi ?

- J'ai déjà suffisamment abusé de votre hospitalité.

- Vous serez toujours la bienvenue dans la famille Peterson. Nous avons une dette immense envers vous.

- Il n'y a aucune dette ! s'offusqua la sorcière. Je n'ai pas pour habitude de considérer l'aide que j'apporte aux personnes comme telle.

- Cela vous arrive souvent de sauver les gens ? s'étonna le mari.

- Cela est déjà arrivé plusieurs fois. Je me suis juste trouvée au bon endroit au bon moment, fit-elle en toute modestie.

- Il est tard, restez pour la nuit. Personne ne vous attend, n'est-ce pas ?

- Non, personne ne m'attend... murmura-t-elle.

- Chérie, montres lui la chambre d'ami, je vais vérifier que la puce s'est bien couchée.

- Pas de problèmes. Viens Soledad. Euh pardon, venez, rectifia-t-elle.

- On peut se tutoyer, c'est beaucoup plus sympa, sourit la guerrière. Et le canapé m'ira très bien. Je dors m'importe où.

- La chambre d'ami est là pour ça ! Faut bien l'utiliser de temps en temps quand même ! protesta gentiment Marie.

Après s'être souhaité une bonne nuit, les trois nouveaux amis entrèrent chacun dans leurs chambres respectives. La pièce où se trouvait l'elfe était assez petite mais cela lui convenait parfaitement. Elle avait l'habitude de dormir à même le sol dans des endroits glauques, alors elle n'allait pas se plaindre d'être hébergée dans un endroit calme et chaud ! S'allongeant sur le drap, elle se mit à repenser au déroulement de sa journée. C'est là qu'elle réalisa qu'elle s'était bien éloignée de sa mission première : confier l'avant-dernière pierre à son protégé Harry. Soupirant, elle se releva sans bruit et quitta la maison après s'être assurée que tous ses hôtes dormaient profondément. Elle rouvrit un portail pour Pré-au-Lard. Après avoir parcouru les quelques centaines de mètres qui séparait le village de l'enceinte de l'école, elle s'arrêta aux grilles de fer forgé. Les larmes lui montèrent automatiquement aux yeux : le souvenir de son arrivée avec sa jumelle était encore assez vivace dans son esprit. Elle se rappelait bien de ce moment :

« C'est quoi encore ce château ? »

« Qu'est-ce que tu veux y faire ? C'est notre destin de toute façon, alors autant le prendre avec le sourire ».

Le prendre avec le sourire... Dieu que sa sœur pouvait être optimiste ! Voilà où ça l'a menée... Peut-être que si elles ne s'étaient pas éparpillées sur différentes missions, elles auraient pu stopper l'attaque avant qu'elle prenne une tournure irrémédiable... Peut-être que si elles étaient restées uniquement à leur poste à Imladris, Alana aurait eu plus de chance de ne pas basculer dans le vide et de ne pas finir ainsi écrasée sur un rochet abrupt dans le lit de la rivière...

Assez de pensées sinistres ! Elle secoua vivement la tête et se concentra : son passage devait passer inaperçu. Normalement, personne ne le baladait dans les couloirs à trois heures du matin – hormis Rusard et Rogue, les deux paranos de service – mais elle devait malgré tout se montrer prudente car les tableaux, eux par contre, ne faisaient que somnoler d'un sommeil léger. Telle une ombre, elle se faufila à travers les couloirs sombres et grimpa jusqu'en haut de la Tour Gryffondore. Elle se retrouva face au portrait de la Grosse Dame qui ronflait. Sans donner le mot de passe, il lui était impossible d'entrer. Agacée, elle se mit à réfléchir à toute vitesse. Néanmoins, elle n'eut pas le loisir de s'attarder car elle perçut du bruit derrière la toile. Elle se hâta de redescendre la première cage d'escaliers pour éviter de se retrouver nez à nez avec la personne somnambule. Où pourrait-elle cacher l'objet afin que son protégé la trouve ? Elle repensa à la salle de classe vide où avait été abandonné le Miroir de Riséd l'an dernier. Peu de gens penseraient à fouiller dans cette partie du château... Il lui suffirait de lui envoyer un message onirique cette nuit pour qu'il vienne récupérer le bracelet au plus vite. Décidée, elle se dirigea vers la salle en pressant le pas. La nuit avançait et son but n'était pas encore atteint. Miraculeusement, elle parvient à destination et glissa l'objet ensorcelé dans le fond d'un casier de table. Elle s'assit contre le mur et ferma les yeux. Cela faisait longtemps qu'elle n'était pas entrée en contact de cette manière avec l'un de ces protégés. Se concentrant, elle visualisa le visage du Survivant et laissa son esprit chercher le sien pour les lier...

Harry avait le sommeil agité ces derniers temps. Il rêvait sans cesse de la voix cauchemardesque qu'il était le seul à entendre, du message obscure incrusté sur le mur du couloir en face des toilettes des filles et des regards suspicieux que ses camarades lui portaient. Aussi fut il étonné de voir cet enchainement se transformer : il vit l'une des jumelles lui parler sans saisir ses paroles. Soudain, le son lui arriva aux oreilles.

- Harry, rends-toi dans la pièce où avait été stocké le Miroir de Riséd avant Noël dernier. J'ai dissimulé un bracelet sous l'une des tables. Récupères le et gardes le cacher. Je compte sur toi ! Au revoir...

- Sol c'est toi ? Attends ! lui cria-t-il lorsqu'il l'a vit disparaître dans de la brume. SOL ! Reviens !

Le garçon se réveilla en sursaut. Avait-il simplement rêvé ou bien avait-il réellement vu l'une des sœurs Lopès ? Les paroles mystérieuses l'intriguaient au plus haut point. Comment aurait-il pu penser à cela si cela n'était pas réel ? Pour s'ôter du doute qui le rongeait, il décida qu'il se rendrait durant la journée vérifier la validité de cette apparition... En attendant, il lui restait une bonne heure avant de devoir se lever pour affronter les regards soupçonneux des autres élèves. Autant en profiter !

La guerrière s' apprêtait à regagner l'extérieur lorsqu'elle crut déceler une présence. Elle se précipita derrière une statue et attendit que la personne passe son chemin. Une silhouette féminine d'adulte apparut un rayon de lune éclaira son visage marqué par l'inquiétude. Soledad retient un cri de surprise : Anabellissë ! Mais que faisait-elle à Poudlard ? Se pouvait-il...oui, se pouvait-il qu'elle les remplace ? Elle connaissait théoriquement bien ce monde puisqu'elle lui en avait souvent parlé lorsqu'elles se croisaient à Imladris. Mais de là à venir ici ? C'était très étonnant. Au moins, une personne de confiance restait sur cette mission, cela était une bonne chose. La sorcière priait pour que son amie ne réalise pas que c'était sa présence qu'elle pressentait...

Ana avait ressenti une sensation bizarre cette nuit-là. Elle se leva et sortit hors de la tour pour tenter de découvrir d'où provenait cette gêne. Elle perçut une ombre se faufiler au détour d'un couloir et décida de la pister. Qui pouvait bien trainer dans le château à une heure aussi matinale ? Au bout de dix minutes, elle s'arrêta interdite devant une statue. Son impression étrange se transformait en émotion contradictoire : d'un côté, elle était inquiète de se sentir épier mais d'un autre, elle avait la sensation que la présence était familière, rassurante. Sans réfléchir, elle se mit à appeler son amie :

- Aliania ? Est-ce que c'est toi ? Aliania ?

Voyant qu'elle s'approchait dangereusement de sa cachette, Soledad fit bouger légèrement une statue au bout du passage afin de lancer son amie sur une fausse piste. Cela fonctionna à merveille puisque l'elfe se précipita là-bas en l'appelant. La guerrière en profita pour prendre la fuite et retourner chez les Peterson. Pendant ce temps-là, la jeune Gryffondore continua sa recherche avec émoi. Des bruits de pas la firent se retourner avec vigueur. Elle lâcha un soupir frustré lorsqu'elle reconnut le Professeur Dumbledore.

- Professeur Dumbledore, le salua-t-elle.

- Anabellissë ? Vous allez bien ?

- Oui, je vais bien, merci. Pourquoi cette question ?

- Je vous ai entendu appeler Aliania alors je me demandais si...

- Non, ça va ! le coupa-t-elle brusquement. Euh, excusez-moi, se reprit-elle en réalisant combien elle avait été malpolie, je veux dire... j'ai cru sentir sa présence... murmura-t-elle. J'ai du rêver, tout simplement.

En voyant l'air troublé de son élève, il lui proposa d'aller en parler dans son bureau. La jeune fille préféra décliner l'offre en prétextant un besoin d'aller prendre l'air et s'éclipsa.

Le lendemain matin, Soledad fut tirée de son léger sommeil par les cris surexcités de Mélissa. Elle se leva, s'habilla et se rendit à la cuisine où toute la petite famille l'attendait pour déjeuner. L'odeur du pain grillé lui fila la nausée, elle avait déjà trop mangé hier soir et pensait faire la diète pendant un ou deux jours minimum.

- Ce n'est pas Mélissa qui t'a réveillé au moins ? s'inquièta Marie.

- Non, t'inquiètes pas, je ne suis pas une grosse dormeuse de toute façon, lui assura son invitée tout sourire.

- T'as bien dormi ? demanda l'enfant en lui sautant au cou.

- Mélisse ! firent ses parents en cœur. Laisses la tranquille enfin !

- Oui ma belle ! lui répondit l'elfe en lui rendant son câlin. Et toi ? Tu as la forme dès le matin !

- Oui, oui, oui, ouiiiiii ! couina-t-elle.

- Allez chérie, vas prendre ton sac, je t'emmène à l'école, lui dit son père. Je vais direct au boulot après, je ne sais pas si je vais te revoir après Soledad.

- Non, je vais partir, j'ai plein de choses à faire qui commencent à urger. Tu travailles où au fait ?

- Au Ministère de la Magie. Et toi ?

- Je fais beaucoup de missions en intérim... Quel département ?

- Département des mystères, c'est tout ce que je peux te dire, dit-il en lui adressant un clin d'œil.

- Ok, le nom parle de lui-même. À bientôt !

- Salut !

- Tu reviendras, dis Sol, tu vas revenir ? la supplia la petite.

- Bien sûr, allez ! Amuses toi bien à l'école la puce.

Le père et la fille quittèrent la maison. Soledad en profita pour confier la dernière pierre à Marie en lui demandant de n'en parler à personne. Bien que celle-ci trouva la requête atypique, elle accepta de bon cœur.

- Comment pourrai-je te joindre ? se renseigna-t-elle.

- Bonne question... envoie un courrier à Anabellissë. Elle est élève à Poudlard à Gryffondor. Elle me transmettra tes messages si nécessaire.

- Qui est-ce ?

- Une amie. Je dois y aller. Merci pour votre accueil, j'en demandais pas tant. Au revoir !

Aliania se rendit en quelques jours dans la Comté et entendit des rumeurs comme quoi Frodon Saquet, un jeune hobbit un peu dérangé, avait quitté précipitamment le pays juste après qu'un vieux magicien lui ait rendu visite. Elle rebroussa chemin et se mit à la recherche de ce voyageur. Elle fit halte à Bree, un village d'hommes simples qui vivaient sans se soucier des Grandes Gens, et apprit qu'une attaque avait eu lieu il y a deux jours. Attaque menée par des cavaliers noirs terrifiants... Ils auraient mis à sac une des chambres de l'auberge du Poney Fringuant où étaient logés quatre hobbits et un « mauvais homme ». Redoublant l'allure, elle prit le chemin dans la forêt et pista les infimes traces laissées par les voyageurs. Sans cheval, la tâche était assez malaisée. Malgré cela, elle ne se découragea pas et suivit la piste avec attention. Elle se demandait qui était l'homme qui les accompagnait même si elle se doutait qu'il s'agissait d'un rôdeur. Seul l'un d'entre eux est aussi doué pour brouiller les pistes. Une chance pour eux, un inconvénient pour elle. Durant plusieurs jours, elle courut à travers bois et plaines jusqu'à ce qu'elle put apercevoir l'ancienne tour de garde d'Amon Sûl – appelée plus communément Mont Venteux – où des lueurs étranges émanaient. Un feu de camp éclairait une partie de la tour.

- Pas discrets ces hobbits, pensa-t-elle. C'est étonnant que le rôdeur les ait autorisé à allumer un feu !

À ce moment, ces cris stridents retentirent dans le lointain. Ce son, elle le reconnaitrait entre mille ! Des Nazgùls approchaient.

- Vraiment pas discrets ! grogna-t-elle. Mais quels idiots !

Elle rabattit sa cape sur son visage et se rua vers la tour. Mais que faisait le rôdeur bon sang ? Les cavaliers avaient atteint le bas de la tour et s'engageaient dans les escaliers. La jeune fille se hâta de les poursuivre. Lorsqu'elle arriva en haut de la tour, elle vit trois hobbits acculés dans un coin tandis que l'un de leurs ennemis pointait son épée au sol dans le vide... Aliania l'attaqua en premier. Il retira son épée de sa cible – cible qui réapparut en ôter un anneau de son doigt en hurlant – et para l'attaque avec habilité. Tous se ruèrent sur elle pour l'éliminer. Elle ne se laissa pas faire et les fit s'éloigner des hobbits. Une minute plus tard, un homme poussa un cri de guerre et vint l'aider en enflammant l'ombre la plus proche. À tour de rôle, les attaquants prirent feu et s'enfuirent sans demander leurs restes. L'homme se tourna d'abord vers la jeune femme :

- Qui êtes-vous ! Dévoilez votre visage !

Au lieu de lui répondre, elle s'approchait du hobbit poignardé à l'épaule et observa sa blessure. Bien qu'elle ne soit pas profonde, elle était inquiétante... Elle montra au rôdeur – qui n'était autre qu'Aragorn – la lame empoisonnée qui tomba en poussière dans un souffle de vent. Elle traça le symbole d'Imladris dans la poussière avant de se relever et de leur faire signe de se hâter. Les cris des spectres se faisaient entendre à nouveau. Aliania serra fortement sa main sur l'épaule de rôdeur, lui montra le signe et désigna les hobbits. Le message ne pouvait pas être plus clair... Puis elle se remit en chasse afin de permettre une fuite plus sûre à ses nouveaux protégés. Avec un peu de chance, son ami parviendra à les amener en vie jusqu'à Fondcombe. D'ici là, elle se devait de partir en avant ouvrir la route...


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Merci à vous chers lecteurs et à très bientôt j'espère :D