Comme le titre l'indique, c'est l'heure du retour !
Cela fait déjà Noël que je n'ai rien publié mais entre les partiels et mes autres obligations, j'ai eu du mal à boucler ce chapitre (pour changer me direz-vous...).

Merci à tous les lecteurs qui me suivent, en particulier ceux qui m'ont laissé des reviews (je vous assure que cela fait chaud au coeur !)

Bonne lecture !


Chapitre 17 – Le retour

Les rumeurs allaient bon train à Imladris ces derniers jours. Un bruit courait qu'un mystérieux cavalier errait sur les terres et secourait les personnes en danger. Personne n'était parvenu à découvrir son identité. Aragorn était la dernière personne à l'avoir rencontré à Amon Sùl lorsque celui-ci avait affronté les Spectres de l'Anneau pour défendre les quatre hobbits. Ces derniers avaient réussi à atteindre Foncombe avec leur guide – à l'exception de Frodon Saquet qui avait été ramené à cheval par la Dame Arwen en urgence – en quelques jours. Le Seigneur Elrond avait déployé toute la magie elfique dont il était capable pour soigner le porteur de l'Unique et chasser les ténèbres qui menaçaient de l'emporter. À son réveil, il avait trouvé avec bonheur Gandalf à son chevet.

Celui-ci était parvenu à Fondcombe à dos d'aigle peu de temps après l'arrivée des voyageurs dans un état de fatigue avancé. Alania l'avait accueilli et mené à son père. La discussion qui s'était ensuivie ne fut pas joyeuse…

Ainsi, vous nous avez envoyé l'Unique et son porteur ! C'est un mal qui ne peut être gardé secret en ce sanctuaire Gandalf. Je ne peux garantir la sécurité de mon peuple avec un pareil poids !

Une guerre s'annonce et elle sera incontournable pour la Terre du Milieu.

Les Elfes ne possèdent plus leur puissance d'antan. Nous ne pourrons pas repousser indéfiniment les assauts envoyés par Sauron ! Et d'après vos dires, Saroumane nous a trahis, la liste de nos alliés s'amenuise…

Il y a d'autres peuples en ce monde…

De qui voulez-vous parler Gandalf ? Des Nains ? Ils se cachent sous la montagne et n'ont cure des problèmes des autres.

C'est donc sur les Hommes que nous devons compter.

Les Hommes ? dédaigna le Seigneur Elrond. C'est de leur faute si nous en sommes là aujourd'hui. Isildur a choisi délibérément de conserver l'Anneau pour lui-même. Cela a mené à la perte de sa lignée. Désormais, les Hommes sont tous dispersés et sans chef. Il ne reste aucune force chez eux.

Je ne suis pas d'accord sur ce point avec vous Père, intervint Alania pour la première fois. Une personne peut les réunifier, vous le savez, vous avez participé à son éducation…

Il s'est détourné de cette voie il y a fort longtemps, il a opté pour l'exil.

Le futur de l'Anneau concerne tous les peuples libres. Son sort doit dépendre d'une décision commune ! Réunissons les hauts dirigeants de chaque race et concertons-les, exigea sa fille.

Je suis le dirigeant de cette cité, c'est à moi d'en décider ma fille, la rappela-t-il à l'ordre.

Je parle en tant que commandante des armées des Protectrices, non en tant que fille d'Elrond Père. J'ai le devoir de penser et d'agir en tant que telle.

Et bien soit, céda son père dans le fond fier de la voir s'affirmer. Dans deux semaines, un grand Conseil aura lieu ici même. Je vais faire quérir les représentants.

Durant ces deux semaines, les hobbits découvrirent l'univers splendide des Elfes. Frodon fut heureux de retrouver son oncle Bilbon et passa des heures à lui raconter ses aventures. Au fur et à mesure, les messagers revinrent suivis de près par les représentants des différents peuples. Les Nains avaient envoyé Gloïn – un vieil ami de Bilbo – et son fils Gimli les Elfes de la Forêt Noire étaient représentés par Legolas, le fils du Roi Thranduil tandis que Boromir apportait la parole des Hommes du Gondor. Alania siégerait auprès de son père et sa tante. Aragorn assisterait au Conseil en tant que chef des Rôdeurs. Gandalf symboliserait les Istaris. Quant au Rohan, il n'avait point répondu à l'invitation.

Le jour venu, tous se réunirent dans une salle circulaire à ciel ouvert. L'ambiance n'était pas réellement tendue mais une certaine gêne flottait entre les différentes races. Même les deux hommes se lançaient des regards méfiants avant même que la réunion ne commence…

Étrangers des terres lointaines, amis de toujours, vous vous êtes réunis pour répondre à la menace du Mordor. Notre destin sera lié aux décisions qui devront être prises lors de ce Conseil, commença Elrond.

Durant de longues heures, chacun narra leurs histoires sociétales et rapporta tous les éléments troublants apparus ces dernières années. Plusieurs fois, ils se coupèrent la parole pour apporter leurs visions personnelles sur d'anciennes querelles. Autant dire que l'ambiance était explosive. Au bout d'un moment, Léïa se leva :

Messieurs, je comprends absolument votre besoin d'établir clairement les choses à propos de tous les conflits qui se perpétuent entre nos différents peuples. Néanmoins, nous vous avons réunis dans un but précis. À partir de maintenir, c'est de cela dont nous devons parler et… fit-elle avant de s'interrompre les yeux fixés vers la porte d'entrée.

Sur le seuil se tenait une silhouette encapuchonnée. Immobile, elle contemplait l'assemblée sans dire un mot.

Qui êtes-vous et que faites-vous à cette assemblée où vous n'avez pas été convié ? s'enquit le Seigneur Elrond en alerte.

Seigneur Elrond, il s'agit du cavalier mystère, murmura Aragorn qui reconnut la cape noire boueuse et déchirée.

Veuillez dévoiler votre visage ou j'appelle mes gardes !

Après une minute de duel silencieux, l'inconnue ôta lentement sa capuche en leur jetant un regard noir.

Sans aucune difficulté, Hermione avait persuadé Gilderoy Lockhart de lui signer l'autorisation pour emprunter le livre à la Réserve. La recette s'avérait extrêmement complexe et longue à mettre en œuvre. Les Gryffondors allaient devoir dérober un tas d'ingrédients dans le placard de Rogue : cela ne s'annonçait pas sans risques. La préparation de la potion s'étendrait théoriquement sur un mois ce qui laissait tout le temps à Malefoy de poursuivre ses attaques. Ron suggéra à Harry de faire tomber son homologue de son balai durant le prochain match. Son ami lui répondit à peine, perdu dans ses pensées. Au fond de sa poche, ses doigts jouaient machinalement avec un bracelet qu'il avait trouvé là où l'apparition onirique de Soledad le lui avait dit. Désormais, il était certain qu'il n'avait pas rêvé et se posait mille questions à propos de son amie disparue. Il aurait aimé partager sa réflexion avec ses camarades mais il se rappelait de sa promesse faite pour garder le secret. Il ne pouvait décemment pas trahir sa protectrice – celle qu'il considérait secrètement comme une grande sœur veillant sur lui – même s'il avait une confiance totale entre Ron et Hermione.

Le jour venu, les trois quart des supporters en délire encourageaient les Gryffondors qui n'en menaient pas large face aux nouveaux balais des Serpentards. Ils allaient tellement vite que les autres ne voyaient que des trainées d'argent passer devant eux. De plus, un saleté de cognard s'acharnait sur Harry depuis le début du match. Autant dire que dans ces conditions, les Rouges et Or étaient mal partis.

Est-ce que c'est normal que la balle en noir aille toujours sur Harry ? se renseigna Ana inquiète.

Non, pas vraiment ! répondit Ron. Il a du être ensorcelé ! SALES TRICHEURS ! lança-t-il en direction de la maison adverse.

Ron, le tempéra Hermione, je suis quasiment sûre qu'aucun élève ne l'école n'aurait su faire ça.

Un professeur alors ?

Si tu penses au Professeur Rogue, je te rappelle quand même que c'est lui qui a tenté de sauver Harry durant le match de l'an dernier. Pourquoi essaierait-il de l'assassiner maintenant ?

Peut-être qu'il est lunatique…pensa l'elfe en ne quittant pas des yeux son protégé.

Soudain, un miracle se produit : l'attrapeur de Gryffondor, après avoir reçu le Cognard endiablé sur son avant-bras probablement désormais brisé, s'empara du Vif d'Or en assurant ainsi la victoire de son équipe ! Il atterrit en catastrophe sous les acclamations de triomphe des supporters et esquiva tant bien que mal la balle qui continuait à le persécuter malgré l'arrêt du match. Heureusement, Hermione réussit à le faire exploser en plein vol.

Harry ! s'écria-t-elle paniquée, tu n'as rien ?

Je crois que je me suis cassé le bras, gémit-il.

Montres-moi, lui ordonna l'elfe en saisissant doucement le membre blessé. Ah oui… jolie fracture.

Tu as une vision aux rayons X ? grogna-t-il.

Je ne sais pas de quoi tu parles. Je sens que ton os n'est pas à la bonne place.

Laissez-moi régler ce problème, s'incrusta Lockhart qui ne manquait pas une occasion pour se mettre en avant.

Non pas vous ! s'offusqua l'Attrapeur.

Pauvre garçon, il ne sait plus ce qu'il dit !

C'est drôle, moi je le trouvais plutôt cohérent jusqu'à ce que vous arriviez, grogna Anabellissë en lui jetant un regard prononcé.

Harry regardait Hagrid d'un air gêné mais le demi-géant se contenta de hausser les épaules, dépité. Alors, ce qui devait arriver arriva : au lieu de lui ressouder l'os, le professeur le lui ôta…

Ah oui, ça peut arriver de temps en temps, déclara-t-il joyeusement en gardant son insupportable souriant éclatant. Vous devriez peut-être passer à l'infirmerie, simple suggestion Potter… L'importance, c'est que les os ne sont plus cassés !

Simple suggestion ? répétèrent Ron et Ana incrédules.

Cassés ? Il n'y a plus un seul os ! tempêta le garde-chasse.

Le Gryffondor passa la nuit auprès de Madame Pomfresh qui était furieuse des dégâts qu'avait causés Lochkart.

- Un incapable ! avait-elle marmonné entre ses dents.

Le lendemain matin, Harry sortit de l'infirmerie et s'empressa de retrouver ses amis pour leur faire part de la folle nuit qu'il avait passé : son bras le faisant atrocement souffrir, il n'avait pas fermé l'œil et avait reçu la visite de Dobby, l'elfe de maison qui avait empêché le passage menant au Poudlard Express de s'ouvrir à la rentrée scolaire. La créature lui avait avoué involontairement que le cognard aurait dû l'inciter à partir loin de l'école où il allait se dérouler à nouveau des choses terrifiantes. Leur conversation avait été interrompue par l'arrivée des professeurs MgGonagall et Dumbledore qui avait amené un Gryffondor de première année pétrifié derrière son appareil photo. Il s'agissait de Colin Grivey, un garçon légèrement hystérico-fanatique du Survivant. Croyant Harry endormi, ils ne prirent pas la précaution d'échanger dans une autre pièce. Dumbledore confirma les craintes de McGonagall : la Chambre des Secrets avait bien été ouverte de nouveau.

- De nouveau ? s'interrogea Hermione assisse devant un chaudron bouillonnant en écoutant Harry raconter sa nuit de souffrances et de surprises à l'infirmerie.

- Ça veut dire qu'elle a déjà été ouverte ? rajouta Ron perplexe.

- Brillante déduction Ronald, narguèrent Hermione et Harry.

- Faudrait savoir ce qu'il s'est passé exactement et quand, décréta Ana qui était occupée à s'entraîner à lancer un sort de métamorphose.

- Je parie que c'est Lucius Malefoy qui l'a ouvert la première fois et qu'il a chargé son fils de recommencer ! s'insurgea le rouquin. Au fait, dis à Dobby que sa manière de vouloir te protéger va finir par te coûter la vie...

- Je lui ai déjà soumis la remarque, grogna le Survivant.

Le lundi matin, tous les élèves étaient au courant de la pétrification de Colin Grivey. Les premières années n'osaient plus se déplacer seuls dans le château de peur d'être à leur tour attaqués. Ginny Weasley semblait au bord de la crise de nerfs et ses frères jumeaux n'arrangèrent rien lorsqu'ils tentèrent de l'amuser en lui sautant dessus affublés de peaux de bêtes. Leur grand frère Percy les menaça de prévenir leur mère s'ils ne cessaient pas immédiatement leurs idioties. Anabellissë essayait de son côté de rassurer Neville qui craignait d'être la prochaine victime. Ses camarades lui firent remarquer que seuls les enfants issus de familles moldus étaient ciblés et qu'il venait d'une vieille et longue lignée de sorciers. Cela ne l'apaisait pas des masses car il prétendait que les cracmols étaient aussi visés.

- Mais Neville, tu n'es pas un cracmol ! protesta Harry.

- J'en suis presque un ! Pendant longtemps, ma grand-mère pensait que j'en étais un parce que ma magie ne se manifestait pas et que j'étais d'une maladresse maladive ! D'ailleurs, ça n'a pas changé...

- Neville, tu es un sorcier issu d'une famille sorcière. Peu importe que tes pouvoirs aient mis du temps à apparaitre. Tu serais un cracmol, tu n'aurais jamais été invité à Poudlard. Ton seul problème, c'est que tu n'as pas confiance en toi ! fit l'elfe déterminée. Bon les amis, ce n'est pas le tout, mais on a potion dans quinze minutes ! dit-elle en se levant.

Les Gryffondors se rendirent donc dans les cachots. Hermione avait demandé aux garçons de créer une diversion afin qu'elle puisse dérober des ingrédients dans la réserve de Rogue. Ce n'était pas une tâche extrêmement difficile... Le cours du jour consistait à concocter une potion d'Enflure. Discrètement, Harry jeta un pétard dans le chaudron de Goyle qui explosa, éclaboussant au passage un tiers des élèves paniqués qui virent leurs membres doubler de volume. Sans perdre son légendaire calme froid, Rogue prévint que le responsable sera renvoyé tout en fixant Harry d'un regard glacial.

- Rogue ne regardait absolument pas de ton côté lorsque tu as fait exploser le chaudron, lui assura Ana sûre d'elle. Il ne pourra rien prouver.

- Avec lui, je m'attends à tout...

- L'essentiel est que dans quinze jours, le polynectar sera près. Malefoy reste pour Noël avec Crabbe et Goyle. On agira à ce moment là.

- Oui, ça marche, acquiescèrent-ils.

Une semaine plus tard, un troupeau d'élèves surexcités étaient plantés devant le tableau d'affichage. Une pancarte informait les élèves de l'ouverture d'un club de duel qui leur permettrait d'apprendre les bases pour se défendre d'une éventuelle agression.

Au plus grand plaisir des demoiselles, ce fut Gilderoy Lockhart qui monta sur l'estrade. Ana fit exception et se joignit aux soupirs exaspérés des garçons... d'autant plus que son assistant se trouva être le Professeur Rogue.

- Un imposteur hypocrite contre une chauve-souris agressive, ça promet ! marmonna Dean qui fit rire son entourage masculin.

- Faites qu'ils s'entretuent, pria Ron.

Le vœu du plus jeune des Weasley risquait d'être en partie exaucé puisque le Professeur Rogue envoya paître d'un simple mouvement de baguette son collègue sous les applaudissements de sa maison et les cris épouvantés des filles.

- Très réussie comme démonstration de défense, applaudit ironiquement l'elfe en retenant un sourire narquois. Ça, c'est du grand art !

Adoptant son éternel sourire, Lochkart remonta tant bien que mal sur la scène et expliqua qu'il avait fait exprès afin de montrer l'efficacité du sort que son homologue lui avait lancé. Il invita les élèves à se mettre en duo afin de tester leurs aptitudes. Rogue obligea Harry à se battre avec Drago. Évidemment, l'ordre de désarmer son adversaire s'était transformé chez eux en un combat plus sérieux et particulièrement déloyal. Les professeurs durent mettre fin au duel avant que l'un d'entre eux blesse sérieusement l'autre.

- Et si vous commenciez par leur apprendre les contre sorts avant de leur demander de se défendre ? suggéra Ana à l'oreille du professeur de Défense Contre les Forces du Mal.

- Harry ! Monsieur Malefoy ! Placez-vous l'un en face de l'autre je vous prie. Harry, faites la même chose que moi et tout se passera bien, souffla-t-il en lui montrant de maladroits gestes et en laissant tomber sa baguette. Bon courage !

- Mais attendez... je dois faire quoi ? Lâcher ma baguette ? s'exclama le garçon perplexe.

- Non mais je ne le crois pas ! Il va le laisser affronter Malefoy comme ça alors que l'autre a reçu toutes les informations pour gagner ! s'exclama Ana écœurée.

À ce moment, le Serpentard fit sortir un serpent de sa baguette qui s'arqua sur l'estrade.

- Aïe... une chance qu'Aliania ne soit pas là, elle qui déteste tant ces bestioles... pensa intérieurement l'elfe. Oh oh, ça se corse...

Le reptile faisait désormais face à Justin Finch-Fletchley et montrait ses crochets, prêt à attaquer. Harry s'avança vers lui en émettant des sifflements bizarroïdes. Ce geste eut pour effet de faire hésiter le serpent qui tourna son agressivité vers le Gryffondor. Puis soudainement, il sembla se calmer et s'enroula sur lui-même. Ce fut à ce moment là que Severus Rogue fit disparaitre le serpent en dévisageait Harry comme il ne l'avait encore jamais vu. Ce dernier fit un sourire à Justin qui le regarda mi en colère, mi-effrayé.

- À quoi tu joues Potter ! s'exclama-t-il.

- Viens, on s'en va, le tira Ron par la manche. Viens je te dis !

- Harry, pourquoi tu ne nous as jamais dit que tu parlais aux serpents ? demanda Hermione dès qu'ils furent à l'abri des oreilles indiscrètes.

- Cela ne m'est arrivé qu'une fois ! Un jour, j'ai lâché un python sur mon cousin Dudley, mais je ne l'ai fait qu'une fois ! Et alors ? Je suis sûr que tout le monde peut le faire.

- Non Harry, protesta son ami très sérieusement. Tu es un fourchelangue ! Tu as poussé le serpent à attaquer Justin !

- Ne dis pas n'importe quoi, je lui ai demandé de ne pas l'approcher !

- Parce que c'est ce que tu lui as dis ?

- Comme si tu ne m'avais pas entendu !

- Harry, on t'a entendu parler avec des sifflements.

- Quoi, j'aurais parlé une autre langue ? demanda-t-il choqué.

- Oui... et maintenant, tout le monde doit penser que tu es l'héritier de Serpentards. Salazar Serpentard était un fourchelangue.

- Mais c'est faux ! Et je n'ai voulu agresser personne.

- Nous, on le sait. Va t'expliquer avec Justin, lui conseilla sa meilleure amie d'un air compatissant.

Le lendemain, le Survivant profita de l'annulation du cours de Botanique pour chercher le Pouffesouffle. Ses camarades refusèrent de lui indiquer le lieu de sa cachette et lui demandèrent de se tenir loin de lui. Agacé, Harry s'en alla d'un pas vif. Il était tellement furieux qu'il ne prit pas garde où il mettait les pieds et trébucha sur quelque chose. Un corps. Celui de Justin, pétrifié. Au dessus de lui flottait Nick Quasi Sans Tête figé. Paniqué, Harry regardait tout autour de lui cherchant il ne savait quoi. Peeves, qui avait un don pour arriver au bon moment, fit son apparition et, sans une once de réflexion, hurla au meurtre. Ces cris alertèrent toutes les classes qui sortirent des salles apeurés. C'était le chaos total. Le professeur McGonagall ramena le calme et ordonna sèchement à Harry de le suivre dans le bureau directorial...

Tous les regards étaient figés sur le visage désormais dévoilé du cavalier mystère qui les toisa à tour de rôle.

Aliania ? articula sa jeune sœur stupéfaite en esquivant un mouvement pour l'approcher.

La sorcière recula d'un pas en la voyant venir vers elle. Elle ne désirait pas de contact physique. Elle s'était forcée à venir pour participer au Conseil. Il n'avait jamais été question de renouer le contact avec sa famille… Sans demander la permission à qui que ce soit, elle s'installa confortablement sur un siège et attendit que la réunion reprenne.

Qui est-ce exactement ? demanda Boromir en alternant son regard entre Alania et Aliania.

Voici Aliania, c'est une de mes grandes sœurs, se ressaisit la jumelle. Je suggère que nous reprenions nos discussions après le repas de midi qui ne devrait pas tarder à être servi. Nous reprendrons sur les coups de quatorze heures.

La plupart des intervenants se dirigèrent vers la Grande Salle à Manger tandis que les autres se tournèrent vers la nouvelle arrivante qui soupira ostensiblement. Les questions allaient affluer, elle le sentait gros comme un château ! Personne n'osait se lancer… Elle les comprenait, elle n'était pas connue pour sa patience mais pour son caractère imprévisible. La moindre question de travers pouvait la faire sortir de ses gongs.

Nous sommes heureux de te revoir ma fille, se lança son père en la fixant droit dans les yeux, du moins tenta-t-il car elle détourna volontairement le regard. Comment vas-tu ?

Bonne question dans le fond, pensa-t-elle. Comment vais-je ? Ni bien, ni mal, je dirais. Je traque le Mal sans relâche depuis des mois pour oublier. Est-ce que ça fonctionne ? En quelque sorte oui… monologua-t-elle intérieurement pensive.

Est-ce que ça va ? insista sa sœur. Où est-ce que tu étais passée ? Qu'as-tu fait durant tout ce temps ?

Laissez-la respirer, les stoppa sa tante. Nous aurons tout le temps de discuter plus tard.

Mais cela fait des mois que…

Justement, la coupa-t-elle, nous ne sommes pas à quelques heures près. Allons déjeuner. Aliania, tu es libre de nous suivre tout comme de ne pas venir. C'est toi qui décide. La disposition des lieux n'a pas changé depuis des décennies.

Bien qu'elle ne veuille pas l'avouer, la guerrière était reconnaissante de l'attitude de sa tante. Au moins avait-elle compris qu'elle ne désirait pas être assaillie de questions et qu'elle préférait éviter les bains de foule pour le moment. Sa tante lança un regard d'avertissement à ceux qui n'avaient pas l'air décidé à lui emboîter le pas qui n'eurent d'autre choix que de partir se restaurer.

La jeune fille opta pour faire un rapide tour des lieux pour reprendre ses marques. Cela lui faisant mal de contempler ce paysage qui lui rappelait tellement d'éléments du passé, passé qu'elle désirait tant bannir à jamais de sa mémoire… Malheureusement, cela s'avérait quasiment impossible. Où qu'elle aille, il y aurait toujours quelque chose qui déclencherait un déferlement de vagues de souvenirs. De loin, elle observa le campement de son armée : tout semblait calme, trop calme même. Lorsqu'Alana et elle géraient les entrainements, il y avait de la vie et des anecdotes à revendre ! Désormais, le camp semblait morose… Aucun cri ni bruits de fer ne s'en échappaient, pas même une once de chant. Heureusement que la guerrière percevait les soldats à distance sinon elle aurait pu croire la cité déserte. Prenant son courage à deux mains, elle se redirigea vers la Salle du Conseil. Sur le chemin, elle rencontra une grande partie des représentants qui l'a dévisageaient avec curiosité, peine ou crainte. Le plus dur pour elle fut de croiser les yeux azurés de celui qui avait toujours été là pour elle. Le Prince Legolas tentait d'afficher un air neutre même si ses amis proches pouvaient aisément y déceler son émoi. Il ne savait pas quelle attitude adoptée avec celle qu'il aimait mais qui l'avait fait souffrir. Sa mère Naraclya avait tenté de le consoler en lui expliquant que la rupture ne provenait pas de lui mais des évènements douloureux qui s'étaient produits dans la vie de sa compagne. Au fond de lui, Legolas le savait fort bien mais cela n'atténuait pas pour autant sa douleur. Durant son absence, il s'était rongé les sangs sans savoir si la jeune femme était toujours en vie, si elle allait « bien », si elle allait un jour revenir parmi eux. En entendant parler du mystérieux cavalier, il s'était surpris à espérer que ce soit elle, que malgré son malheur elle poursuivait sa tâche et qu'elle n'avait pas basculé de l'autre côté. Il aurait donc dû être soulagé de découvrir que ses espoirs n'avaient pas été vains. Or, il n'arrivait pas à identifier clairement ses propres sentiments.

La séance va reprendre, les informa le Seigneur Elrond en les invitant à reprendre leurs places.

Une fois réinstallés, tous attendirent que le Maître des lieux reprenne la parole.

Je vous ai convié ici dans un but précis. Montrez leur l'Anneau Frodon.

Le hobbit s'exécuta visiblement à contrecœur. L'objet exerçait déjà une certaine emprise sur lui… Les représentants observèrent avec crainte le cercle doré. L'attitude du Gondorien attira l'œil d'Aliania. Il le regardait avec avidité et fut le premier à rompre le silence :

Cet anneau est un don, un don fait aux ennemis du Mordor, murmura-t-il pour lui-même avant de s'adresser à l'assemblée. Pourquoi ne pas s'en servir ? Depuis longtemps mon père, l'Intendant du Gondor, a tenu à distance les forces du Mordor. C'est grâce au sang de mon peuple que vos terres sont encore en sécurité !

L'elfe jeta un regard en coin à son ami Aragorn qui se retenait de sortir une réplique mordante. Quel arrogant ce Boromir ! Il osait s'attribuer tout le mérite des vaillants rôdeurs qui se battaient nuits et jours pour maintenir un semblant de paix entre l'obscurité et la lumière. Sans parler des Protectrices…

Donnez au Gondor l'arme de notre ennemi et laissons-nous l'utiliser contre lui !

On ne peut le contrôler, personne ne le peut ! le coupa l'homme fermement. L'Anneau Unique ne répond qu'à Sauron, il n'a pas d'autres maîtres !

Et qu'est-ce que qu'un rôdeur connait à ces choses-là ? se moqua ouvertement le Gondorien dédaigneusement.

Savez-vous ce qu'est un rôdeur au moins ? intervint Aliania qui ne supportait pas qu'un être aussi arrogant insulte d'admirables guerriers.

De la racaille, des vagabonds…

Une telle culture chez un fils d'Intendant frise le ridicule, le rabroua-t-elle. Les rôdeurs vivent certes comme des vagabonds aux yeux des ignorants mais leurs actions sont bien plus louables. Ils sont des Dùnedains, les descendants de la lignée de Numénor, vous savez, ces rois qui ont bâti et dirigé la Cité que vous gardez, le nargua-t-elle en le fusillant du regard.

Cette race est au bord de l'extinction, elle ne vaut même pas la peine que vous la représentiez ! poursuivit néanmoins Boromir en toisant Aragorn.

Ce n'est pas un simple rôdeur ! se leva Legolas furieux. C'est Aragorn, fils d'Arathorn. Vous lui devez serment d'allégeance.

Aragorn ? s'étonna le querelleur, le descendant d'Isildur ? rigola-t-il légèrement.

L'héritier du trône du Gondor, révèla le fils de Thranduil avec fierté.

L'intéressé demanda en elfique à son fidèle ami de se rasseoir.

Il faudra bien que tu acceptes un jour ou l'autre ton titre Aragorn… lui souffla télépathiquement l'ancienne cavalière mystère.

L'homme ne montra aucun signe prouvant qu'il l'avait entendu. Pendant ce temps, l'autre humain continuait son discours :

Le Gondor n'a pas de roi, il n'en n'a pas besoin.

Comment être sûr qu'il s'agisse bien de son anneau ? demanda Gloïn. Après tout, il a été perdu il y a des siècles !

Il n'y a aucun doute la dessus, expliqua Gandalf, j'ai testé l'objet en le jetant dans le feu et des inscriptions se sont dévoilées.

Lesquelles ?

En Parler Noir est inscrit « Un Anneau pour les gouverner tous. Un Anneau pour les trouver. Un Anneau pour les amener tous, et dans les ténèbres les lier ».

De plus, les neufs Nazgùls sont sortis pour traquer son porteur. Les orcs ressurgissent de plus en plus des ténèbres. Tout indique qu'il s'agit vraiment de l'Unique.

J'ai traqué durant des semaines son précédent porteur, une créature nommée Gollum. J'ai fini par la capturer et elle a confirmé mes craintes, ajouta le roi en exil. Je l'ai laissé la garde des Elfes de la Forêt Noire.

Hélas ! s'exclama Legolas. J'apporte de mauvaises nouvelles ! Il a profité d'une attaque de gobelins pour s'enfuir !

Voilà certes une bien mauvaise nouvelle en effet, soupira le traqueur dépité.

Le Seigneur Elrond reprit en écartant la possibilité d'user des pouvoirs de l'Anneau qui s'avérerait trop risqué. Le nain Gimli proposa donc naturellement de le détruire et sans préavis, abattit sa hache dessus ce qui eut pour effet de le projeter en arrière.

Si détruire l'Unique était aussi simple que cela, nous l'aurions déjà fait, lui expliqua Alania en l'aidant à se relever. Il existe un seul moyen de s'en débarrasser : le jeter au cœur de la Montagne du Destin car c'est là où il est né.

La vrai question est qui va s'en charger, rajouta la Dame Léïa.

Un silence de plomb s'abattit sur le Conseil. On ne pouvait pas dire que les volontaires se bousculaient au portillon… Pour la plupart, le Mordor appartenait plus aux légendes terrifiantes qu'à une réalité proche.

On n'entre pas si facilement dans le Mordor, argumenta Boromir. Ses portes noires ne sont pas que gardées par des orcs. En ce lieu, il y a un mal qui ne dort jamais. L'air qu'on y respire n'est que vapeur empoisonnée, c'est de la folie…

Vous y êtes allé peut-être ? l'interrompit la guerrière.

Ma Cité est bien plus à sa portée que la vôtre.

Et alors ?

Alors je sais mieux que vous ce qu'il en est, jeune Dame. Je ne comprends d'ailleurs pas le pourquoi de la présence de trois femmes à ce Conseil. La guerre est réservée aux hommes.

Dès que nous serons hors de ces murs, je vous ferai une petite démonstration de ce que vaut une femme en dehors de la cuisine, sale misogyne ! s'énerva-t-elle. Quant au Mordor, j'y suis déjà allée.

Oh vraiment ? persiffla-t-il. Je ne voudrais pas manquer de respecter à une Dame, alors je vais taire le fond de ma pensée.

Vous l'exposez pourtant fort bien depuis tout à l'heure ! Ce qui me fait mourir de rire, c'est que vous craignez d'entrer sur les Terres Noires à cause de la toxicité des lieux mais vous ne redoutez pas de manipuler l'Anneau de Sauron ? Logique implacable, souligna-t-elle durement.

L'un de vous doit mener cet objet de malédiction dans l'abîme flamboyant de l'Orodruin, conclut le Seigneur d'Imladris désireux de couper court à leur échange..

Oui ! Détruisons-le ! Qu'arriverait-il quand Sauron récupéra son Anneau ? approuva le Prince elfique.

J'aimerais mieux mourir que de voir l'Anneau dans les mains d'un Elfe ! s'insurgea Gimli en provoquant ainsi la fureur de tous les partis présents.

Les Nains accusèrent les Oreilles Pointues de ne se soucier que de leurs grandes personnes. Évidemment, ceux-ci renvoyèrent le compliment à leurs ennemis. Aliania signala au passage que Thranduil aurait dû porter secours aux Nains lorsque leur Cité d'Érébor avait été attaquée par le dragon Smaug mais que de leur côté, les Nains n'avaient pas non plus secouru les siens en de nombreuses occasions. Gandalf s'évertuait à exposer à Boromir ses quatre vérités. Au bout de dix minutes d'échauffement, une petite voix s'éleva et plongea la scène dans un grand silence.

Je vais le faire ! déclara Frodon. Je vais porter l'Anneau en Mordor bien que… je ne connaisse pas le moyen, termina-t-il gêné de voir tous ces regards ébahis bloqués sur lui.

Je vais vous aider à porter ce fardeau Frodon Saquet, le secourut le Magicien en lui posant une main réconfortante sur l'épaule.

Si par ma vie ou ma mort je peux vous protéger, je le ferai, promit le fils d'Arathorn. Mon épée est vôtre.

Mon arc est vôtre, offrit l'elfe blond.

Et ma hache ! s'enquit Gimli peu enclin à reculer devant le danger.

Le Gondor se joindra à votre quête puisque telle est la volonté du Conseil, déclara le Gondorien.

Les Protectrices contribueront également à votre quête, jeune Frodon Saquet, annonça Alania.

Ah oui, tu pars avec eux ? sourcilla sa grande sœur surprise.

L'aide peut venir d'une autre manière, lui glissa-t-elle.

Après avoir soupiré et lancé un regard sceptique à sa benjamine, elle prit la parole :

Je vais vous accompagner autant que mes autres missions me le permettront, déclara-t-elle avant de quitter la pièce d'un pas vif.

Elle ne vit pas les trois autres hobbits surgirent des plantes vertes pour s'incruster de force dans le groupe. Le Conseil prit fin sur la création de la Communauté de l'Anneau. Léïa, Alania Legolas et Gandalf décidèrent d'un commun accord de se mettre en quête d'Aliania. Ils devaient lui parler même si la discussion s'annonçait difficile. Ils la trouvèrent assisse en équilibre sur le rebord d'une fenêtre, les genoux repliés sur sa poitrine, le regard perdu dans le lointain.

Pouvons-nous te parler ? la tira sa tante de ses pensées.

Parler ? Puisque la Nature nous a dotés de voix, oui. Me parler ? Non, répliqua-t-elle.

Pourquoi es-tu autant sur la défensive ? Personne ne t'a agressé…

Je suis revenue juste pour le boulot ! cracha-t-elle. Compris ?

Alors c'est donc ça ? lâcha sa petite sœur qui sentait la pression monter en elle. Tu es juste passée récupérer un ordre de mission !

Je n'ai aucune autre raison de revenir ici.

Nous n'avons rien fait pour mériter cette double-peine : d'abord, Alana est partie puis tu nous as affligé le même mal ! Tu as disparu pendant des mois ! Personne ne savait où tu étais et ce que tu faisais ! Tu aurais pu être morte au fond d'un fossé et personne ne l'aurait jamais su ! Tu n'as vraiment pensé qu'à toi sur ce coup là, vociféra sa petite sœur qui relâcha toute la tension accumulée.

Tu as fini ? lui rétorqua-t-elle simplement sans même la regarder.

NON ! As-tu la moindre idée de ce que j'ai dû endurer depuis que tu t'es barrée ? Tu m'as laissée assurer seule le commandement de l'armée ! J'étais terrorisée en permanence et je ne pouvais le dire à personne ! Et toi pendant ce temps-là, qu'est-ce que tu foutais ? Rien !

Alors d'abord, je ne me suis pas tournée les pouces ces derniers temps, mais ça à la limite, ce ne sont pas tes affaires Alania. Ensuite, tu dis que tu avais la trouille de gérer l'armée ? Mais c'est ton devoir autant que le mien ! Ce n'est pas parce que je suis née une heure avant toi que je dois me taper toutes les hautes responsabilités en permanence ! T'avais besoin de l'aide de ta grande sœur ? Tu n'avais qu'à appeler Aliana ! Elle n'a pas disparu à ce que je sache. Et ne me ressors pas l'excuse débile que c'est un démon ! L'un d'entre vous s'est-il soucié de comment elle allait ? Cela m'étonnerait. Tu t'es reposée sur nous bien trop longtemps Alania, maintenant il va falloir assumer un autre rôle que médiatrice ! Une guerre arrive et il y aura pas de pourparlers possibles, mets-toi bien ça dans le crâne !

Ne me parles pas sur ce…

J'en ai ras le bol de me réveiller tous les jours et de me demander quelle personne je vais encore voir se faire massacrer sans pouvoir la sauver ! J'en ai marre de savoir que vous comptez tous sur moi pour régler le moindre de vos problèmes ! J'en ai plus qu'assez d'être celle qui s'en prend plein la gueule dès que quelque chose foire ! J'en peux plus de vivre cette vie-là ! Alors ouais, pour une fois j'ai pensé qu'à moi et je me suis barrée ! Si tu n'es pas foutue de comprendre ça, je ne peux rien pour toi !

Nous sommes conscients que rien n'est facile dans votre vie, mais s'enfuir comme vous l'avez fait était vraiment une attitude irresponsable, commença Gandalf.

C'est vous qui osez me parler d'irresponsabilité ? Elle est bien bonne celle-là ! Pendant soixante ans, l'Anneau était sous votre nez et vous n'avez rien fait ! C'était plus intéressant de parcourir les terres à droite et à gauche et de fumer de l'herbe à pipe de la Comté plutôt que de voir les signes !

Mes actes ne sont pas le sujet de cette discussion…

Qu'est-ce que je disais tout à l'heure ? Dès que quelque chose ne va pas, faut obligatoirement que ça se rapporte à ma personne !

Chérie… tenta Legolas désespérément sans savoir quoi dire.

On n'est plus ensemble, alors ne m'appelles pas comme ça !

C'EST PARCE QUE TU NE M'AS PAS LAISSÉ LE CHOIX ! explosa-t-il soudainement sous le regard surpris de la jeune elfe. Nous formions un couple toi et moi, tu te souviens ? Tu as pris une décision pour nous deux qui ne me convient pas ! Tu avais besoin de temps pour réfléchir ? Très bien, ce n'était pas un problème ! Du temps, j'aurais pu t'en donner, nous avions l'éternité devant nous ! Il suffisait de me le dire ! Pas besoin de me briser le cœur pour cela ! Tu m'as blessé et je t'en veux. Tu n'es pas la seule à souffrir dans l'histoire Aliania.

Qu'est-ce que tu attends de moi ? Que je te dise que je suis désolée ? Quand bien même je te le dirais, ça changerait quoi dans le fond ? Rien du tout ! Je ne compte pas présenter d'excuses à qui que ce soit.

Comme cela est étonnant ! lâcha une voix qu'elle haïssait plus que tout. Que se passe-t-il encore avec toi Aliania ? Qu'as-tu encore fait pour que tous te réclament des comptes de la sorte ?

Tous se retournèrent pour contempler la Reine Prestya qui abordait un teint pâle mais hautain. Le Seigneur Elrond lui offrait un bras en guise d'appui pour la rassurer dans une démarche quelque peu chancelante.

Par tous les Valars, tu es réveillée ! s'écria Alania en courant embrasser sa tante.

Manquait plus qu'elle ! grogna à voix haute l'autre jumelle. Faut vraiment que je pense à purifier mon karma…

Oui, je me suis réveillée… pour constater que rien n'a changé : c'est toujours la même personne qui cherche querelle aux autres, remarqua-t-elle en fusillant du regard sa nièce. Où est ta sœur ? Je dois m'entretenir avec elle.

Personne ne l'a mise au courant ? gémit la plus jeune des deux.

Au courant de quoi ? Aliania, je réglerai tes problèmes de discipline plus tard. Avant, dis-moi où se trouve Alana. Si tu es là, c'est qu'elle ne doit pas être loin.

Bien sûr, répondit-elle d'un ton mauvais. À trois cent mètres de l'entrée de derrière, sur la droite, troisième rangée.

Elle a été fleurir la tombe de sa mère ?

Je dirais plus qu'elle est avec elle…

Que veux-tu dire par là ?

Aliania… l'avertit son père, maitrises toi, ta tante est encore fragile.

Je veux dire que son cadavre est en train de se décomposer aux côtés de notre mère, espèce d'idiote ! hurla-t-elle en ignorant délibérément l'avertissement de son père.

MENTEUSE !

Sale TRAITRESSE ! lui rétorqua-t-elle. C'est de TA FAUTE ! Fallait pas couper notre lien espèce de…

Elle n'eut pas l'occasion de finir sa phrase. Sous le choc, sa tante la gifla. Durant quelques secondes, tous restèrent figés, se demandant comment les choses allaient finir. Aliania redressa lentement la tête. Le souffle saccadé, le regard obscurci par la haine, elle regarda sa tante avant de se ruer sur elle.

Oh mais ça devient une habitude ! s'écria Léïa en se servant de ses pouvoirs pour les séparer.

Elle m'a frappée ! Je n'allais pas me laisser faire quand même ! s'insurgea sa nièce.

Comment oses-tu lever la main sur moi ? Tu n'es qu'une…

Tais-toi ! l'interrompit sa sœur en se plaçant entre les deux adversaires.

Je te demande pardon ? fit sa sœur interloquée.

Pour une fois, tais-toi ! Je suis très heureuse de te voir à nouveau en pleine forme mais pour l'amour des Valars, ne t'avises pas de parler de choses dont tu n'as pas notion ! Il s'est passé beaucoup de choses ces derniers mois ! Je sais que tu viens d'apprendre brutalement le départ d'Alana mais arrêtes de t'en prendre à Aliania à la moindre occasion ! Tu n'as pas la moindre idée de ce qu'elle vient d'endurer alors laisses-la tranquille ! Et Aliania, tu restes là, je n'ai pas terminé ! exigea-t-elle en la voyant s'éloigner.

Sans se retourner, elle leur adressa un geste rageur et quitta le balcon. Ce n'est pas parce que sa tante prenait pour une fois sa défense avec vigueur qu'elle allait accepter de rester prendre le thé tranquillement avec eux ! Elle avait dit ce qu'elle avait à dire et maintenant, elle était déterminée à ne plus leur adresser la parole. Évidemment, la rumeur de son retour s'était propagée et les gens commençaient à venir lui parler. Elle les ignorait délibérément et faisait semblant de ne pas les voir. Découragés, les personnes lui tournaient autour en cherchant de quelle manière la faire réagir. Aragorn et Elrond observait la scène de loin sans échanger un seul mot.

Soudain, un soldat arriva et fonça sans hésitation vers la Princesse :

- Ah tu es là ! Je t'ai cherché partout. Faut que m'aide pour le cours de danse des nouvelles recrues parce que là, je suis à deux doigts de couper des têtes ! s'exclama Anàrion en s'adressant à son amie comme s'ils s'étaient quittés la veille.

La jeune fille se retourna vers lui et haussa d'un sourcil mi-interrogateur, mi-blasé.

- Bon, tu viens ou pas ? Tu vas prendre racine là ! la boosta-t-il.

Il savait qu'elle s'était murée dans le mutisme après le coup d'éclat avec sa tante Prestya et avait une petite idée de comment la faire réagir. Il savait pertinemment que plus on chercherait à lui parler sentiment, plus elle ferait la sourde oreille. Autant agir comme si rien n'avait changé, comme s'il n'y avait pas un trou de presque un an dans leur amitié. C'était son unique chance d'entrer en communication avec elle.

- Allez ! Faut vraiment que tu expliques aux filles les rudiments pour la prochaine épreuve ! Elles vont réussir à me rendre fou si ça continue ! Je suis prêt à abandonner toute fierté et à me mettre à genou, la supplia-t-il théâtralement.

- Wow, à ce point-là ? lâcha-t-elle amusée.

- Mais je ne suis pas professeur de danse ! Elles ne comprennent rien à ce que je leur demande de faire !

- Parce que tu n'as aucune patience pour chorégraphier, rétorqua-t-elle.

- C'est pour ça que tu vas t'en charger ! répliqua-t-il du tac au tac.

- C'est un ordre ? fit-elle en faisant mime d'être offusquée.

- Plutôt une faveur : ton savoir pour le salut de mon âme ! pria-t-il.

- Décidément, je ne peux rien te refuser… grogna-t-elle.

- Au fait, elles sont dans la deuxième caverne après la cuisine générale, l'informa-t-il de façon pratique.

- Dis à Alania de s'en charger, c'est son travail maintenant.

- Mais tu viens de dire que tu ne pouvais rien me refuser !

- Tu as sérieusement cru que j'allais donner un cours maintenant ? l'apostropha-t-elle. Tu rêves ! J'vais me coucher !

- Quoi, tu as eu une longue journée ? fit-il semblant de s'étonner.

Elle lui lança un regard acerbe avec un air qui paraissait vouloir dire « tu me cherches ou quoi ? » et quitta les lieux. Le Seigneur Elrond s'approcha du guerrier et demanda d'une voix lasse :

- Comment avez-vous réussi à la faire parler sans qu'elle vous agresse ?

- Des années d'entraînement sans doute mon Seigneur, soupira-t-il en s'inclinant. Néanmoins, si je peux me permettre un conseil, attendez qu'elle vienne vous parler. Tout au moins pour les sujets délicats…

- Y-a-t-il un seul sujet qui ne soit pas délicat avec elle ?

- Avec tout le respect que je vous dois Seigneur Elrond, il me semble difficile de trouver une réponse pour vous. Votre fille a si mal que tout peut la faire entrer dans une ire noire. Elle masque sa peine par de la haine et celle-ci s'exprime particulièrement avec les membres familiaux.

- Comment pourrais-je l'aider dans ses conditions ?

- Laissez la venir à vous, accusez les coups qu'elle vous envoie et ne la jugez pas, conseilla-t-il.

- Une fois encore, je vous la confie Anàrion... murmura le Seigneur Elrond peiné. Faites votre possible pour qu'elle aille mieux...

- Je fais le serment de faire mon possible pour que tel soit le cas Monseigneur.

Heureusement que tu es le petit protégé de Dumbledore ! lâcha Ron une fois que Harry lui ai raconté son entretien avec le Directeur qui ne le croyait pas coupable des agressions.

Comment aurait-il pu croire cela Ronald ? le rabroua Ana d'un ton sévère. Personne en deuxième année n'a les capacités de pétrifier quelqu'un, et encore moins un fantôme !

Oui et personne parmi les élèves n'est supposé parler la langue des serpents, railla le rouquin, pourtant Harry l'a fait !

Cela ne veut pas dire pour autant qu'il a attaqué les nés-moldus ! contre-attaqua-t-elle avec force.

Le château était quasiment désert. Le peu d'élèves qui devaient passer les fêtes de fin d'année à Poudlard s'étaient précipités vers le train lorsqu'ils avaient appris ce qu'il était arrivé à Justin et Nick. En somme, il ne restait que les quatre Gryffondors, le trio de Serpentard et un ou deux élèves des autres maisons. Le matin de Noël, les garçons furent réveillés par une Hermione ravie de leur apprendre que le polynectar était prêt. Surexcités et légèrement inquiets, le trio s'enferma dans les toilettes de Mimi pour boire la potion achevée avec des cheveux des futurs usurpés. Ron et Harry, qui se retrouvèrent avec les apparences de Crabbe et Goyle, partirent sans Hermione qui avait refusé de se montrer.

Leur escapade leur apporta des réponses assez inattendues. Non seulement Malefoy niait être l'héritier de Serpentard mais il ne croyait pas non plus que Potter le soit. Son père lui avait juste appris que la première fois que la Chambre avait été ouverte cinquante ans plus tôt, une sang-de-bourbe était morte et que le responsable avait fini à Azkaban, la prison pour sorciers. Malefoy n'avait qu'une espérance pour cette nouvelle année : que Granger soit la prochaine victime.

Au retour dans les toilettes, ils avaient repris leur forme originelle et eurent la mauvaise surprise de trouver Hermione métamorphosé en chat… Elle s'était trompée d'ingrédient : au lieu de prélever un cheveu sur Milicent Bulstrode sur sa robe lors du club de duel, elle avait dû mettre un poil de félin. Comble du malheur, le polynectar n'est pas conseillé pour les transformations animales. Les garçons durent la conduire à l'infirmerie pour régler ce petit problème de poil. La bonne fortune fut que Madame Pomfresh leur assura qu'elle retrouvera sa forme normale mais que cela pourrait prendre quelques semaines. Durant son séjour à l'infirmerie, Hermione exigeait des garçons qu'ils lui apportent ses devoirs afin qu'elle reste au même niveau que le reste de la classe. Un soir après avoir accompli leur tâche quotidienne, Harry et Ron passèrent dans un couloir inondé d'où émanait une odeur nauséabonde. Comme par hasard, c'était celui qui menait aux toilettes abandonnées des filles ! Ils entendirent Mimi geindre. Non sans se dire qu'ils étaient sadiques, ils décidèrent d'aller voir ce qu'il lui arrivait. Elle était en train de pleurer à moitié plongée dans l'une des cuvettes défoncées et ne se rendit compte de la présence des deux Gryffondors que lorsqu'ils la saluèrent. Le spectre gémissait que quelqu'un avait essayé de l'assommer avec un objet et était rentré dans une colère hystérique lorsque Harry lui avait remarqué que cela n'avait pas pu lui faire mal. Remarque pertinente mais fortement mal reçue par la jeune fille lui plongea en criant dans la fosse septique, éclaboussant ses interlocuteurs écœurés au passage. Le Survivant récupéra le projectile sous le lavabo : un livre mouillé vide qui portait juste le nom de T. E. Jedusor. Ron apprit à son ami que ce gars là lui était familier puisque Rusard l'avait forcé à récurer durant une retenue un écusson à son nom pour « service rendu à l'école » cinquante ans plus tôt.

Au mois de février, Hermione put retourner à la Tour Gryffondore. Les garçons en profitèrent pour raconter à la jeune fille la découverte du mystérieux journal. Soudain, son regard s'éclaira et elle déclara d'un ton surexcité qu'il avait probablement un lien avec la première ouverture de la Chambre des Secrets étant donné que les dates concordaient. Ana qui les écoutait de loin se dit qu'il était temps qu'elle ait une petite discussion avec Albus Dumbledore à propos du passé qui ressurgissait. Le lendemain, l'elfe se rendit à son bureau où elle fut immédiatement reçue.

- Alors Anabellissë, vous cherchez à esquiver le cours de botanique ? engagea-t-il la conversation sur un ton léger.

- Vous connaissez l'emploi du temps de chaque classe ? rétorqua-t-elle amusée.

- À ce que je vois, vous êtes aussi du genre détourner la conversation lorsque ça vous arrange.

- Non, pas vraiment. Cela est plutôt votre genre, contra-t-elle. Mais je ne suis pas venue ici pour une gentille joute verbale.

- Je vous écoute.

- Racontez-moi ce que vous savez à propos de la Chambre des Secrets.

- J'ai ouïe dire que le Professeur Binns avait explicité à votre classe la légende de la Chambre.

- J'apprécierai d'avoir la version officieuse. Je sais de source sûre que cet endroit existe réellement et que la malédiction s'est réalisée il y a environ un demi-siècle.

- Comment le savez-vous ?

- Excusez-moi mais je ne peux pas divulguer mes sources. Je suis persuadée que vous pouvez comprendre ce point de vue. Que s'est-il passé il y a cinquante ans ? Qui était le responsable ? Y-a-t-il un rapport avec T. E. Jedusor ?

- Que savez-vous sur lui ?

- Juste qu'il a reçu une médaille pour service rendu à Poudlard il y a cinquante ans. Son nom me dit vaguement quelque chose mais je n'arrive pas à me souvenir pourquoi.

- Cet ancien élève a effectivement rendu un grand service à Poudlard en arrêtant le soi-disant responsable.

- « Soi-disant responsable » ? Responsable de quoi ?

- À l'époque, je n'étais un simple enseignant. Il y a eu une série d'agressions similaires à celles d'aujourd'hui. Un jour, une jeune fille a été retrouvée morte, assassinée par le monstre légendaire. Jedusor, alors préfet en chef, a réussi à trouver le coupable présumé. Celui-ci a été renvoyé de l'école et il n'y a plus eu de problèmes depuis.

- C'est horrible... Comment est-elle décédée ? Quelle est l'identité de l'agresseur ?

- Personne n'a su trouver comment elle est morte. Aucune blessure visible, aucune suspicion d'un sort mortel. Son trépas reste un mystère. Quant à la personne renvoyée, je suis absolument certain qu'elle avait été accusée à tort. J'ai une confiance totale en elle.

- Je ne comprends pas...

- Rubeus Hagrid n'aurait jamais fait du mal à qui que ce soit.

- C'était Hagrid ! Je veux dire... pourquoi les accusations se sont portées sur lui ?

- Il a toujours eu un penchant pour les créatures que les gens percevaient comme inamicales.

Anabellissë retient un petit rire. Effectivement, l'épisode du dragon de l'année dernière était une preuve irréfutable. Néanmoins, elle ne le pensait pas capable de tuer quelqu'un. Il a toujours affiché ses idées plus que tolérantes envers les nés-moldus.

- Il avait l'apparence du coupable idéal j'imagine... Quel dommage que les gens soient tellement portés sur les apparences !

- Comme vous dites, soupira le Directeur pensif.

Après une Saint-Valentin désastreuse – Lockhart ayant eu l'idée grandiose d'organiser des nains porteurs de messages personnels à cette occasion – les élèves regagnèrent leurs dortoirs éreintés. Harry était monté dans sa chambre tandis que les autres s'amusaient dans la salle commune. Une heure plus tard, Ana eut un pressentiment bizarre. Intriguée, elle monta discrètement dans le dortoir des garçons de deuxième année. Elle fut surprise de voir la chambre vide. Peut-être avait-il à faire dans la salle de bain ?

- Harry ? l'appela-t-elle. Est-ce que tout va bien ?

Elle n'obtint pas de réponse. Son regard tomba sur le carnet vierge trouvé dans les toilettes de Mimi Geignarde. Une plume et un encrier reposait juste à côté. L'elfe feuilleta l'objet en réfléchissant à ce qu'il pouvait révéler d'important. Soudain, les pages se mirent à tourner d'elles-mêmes et une lueur éblouissante en sortit. Elle le lâcha sous la surprise et s'écarta à temps pour laisser Harry s'affaler sur sa chaise, le souffle court.

- Harry ! Mais qu'est-ce qu'il s'est passé ? Est-ce que tu viens de... sortir du journal ? s'empressa-t-elle de le solliciter.

- C'était Hagrid, murmura-t-il hébété. C'est lui qui a ouvert la Chambre des Secrets la dernière fois.

- Non, je ne pense pas. Pourquoi crois-tu cela ? Qui te l'a dit ?

- Je l'ai vu, Tom Jedusor – le préfet en chef de l'époque qui tenait ce journal – m'a montré ses souvenirs.

Pendant de nombreuses semaines, le trio des Rouges et Or hésitèrent à parler au garde-chasse de leur découverte. Ils avaient convenu d'un compromis : ils iraient interroger leur ami que s'il y avait une nouvelle agression. Après tout, les vacances de Pâques approchaient à grands pas et rien de nouveau ne s'était produit. Un soir, le Survivant eut la mauvaise surprise de trouver sa chambre sens dessus-dessous et de constater que quelqu'un lui avait dérobé le carnet de Jedusor.

- Ron, est-ce que tu as parlé à ta sœur ces derniers temps ? se renseigna Ana à la fin du repas alors qu'ils s'apprêtaient à se rendre au match de quidditch opposant Gryffondor et Poufflesouffle.

- Non, pourquoi ? s'étonna le rouquin.

- Tu ne la trouves pas bizarre en ce moment ?

- Ginny bizarre ? rigola-t-il. Mais attends, c'est une fille ! Évidemment qu'elle est bizarre.

- Je suis sérieuse Ronald, il y a quelque chose qui cloche chez elle ! Elle...

- La voix ! les interrompit Harry agité. Je l'entends à nouveau, pas vous ?

- Non, pas vraiment... déclara doucement l'elfe pensive.

Le regard d'Hermione s'éclaira d'un coup et elle les informa qu'elle fonçait à la bibliothèque pour vérifier une théorie avant de partir en courant.

- Vraiment cinglée... marmonna Ron tout en fixant son ami d'un regard inquiet. Prêt Harry ?

- Pas vraiment mais tant pis.

Le match allait être mis en route lorsque le Professeur McGonagall s'avança vers les deux équipes en criant qu'il était annulé et que tous les élèves devaient se rendre immédiatement que leurs Salles Communes respectives où des informations leur seront donnés. Elle ordonna à voix basse à Harry de la suivre qui se demandait bien ce qu'il avait bien pu encore faire de mal. Ana et Ron leur emboitèrent le pas sous l'œil approbateur de la vieille sorcière. Celle-ci les guida jusqu'à l'infirmerie et les informa d'une voix inhabituellement douce qu'ils risquaient d'avoir un choc. Sous les yeux horrifiés des deux garçons et de l'elfe, le professeur tira le rideau qui dissimulait le corps stupéfixié d'Hermione...

- Nous avons retrouvé un petit miroir à ses pieds dans la bibliothèque. Savez-vous quelque chose ? s'enquit-elle calmement.

- Non Professeur, elle nous a juste dit qu'elle devait aller à la bibliothèque avant le match, répondit l'elfe à la place des jeunes garçons muets de consternation. Il n'y avait personne d'autre dans le secteur ?

- Pénélope Deauclaire, une préfète de cinquième année, a elle-aussi subi le même sort au même endroit. Si nous ne trouvons pas rapidement le coupable, il va falloir fermer l'école. En attendant, un couvre-feu est instauré dès dix-huit heures et chaque déplacement d'intercours doit être fait avec un professeur.

L'ensemble des élèves avaient été informés des nouvelles dispositions. L'ambiance était tendue, les premières années sursautaient au moindre bruit. Même les jumeaux Weasley respectaient le silence pesant qui régnait dans la salle commune. Ana avait convaincu les professeurs de la laisser participer aux rondes de gardes nocturnes. Rongés par le doute, les deux garçons sortirent discrètement à l'aide de la cape d'invisibilité d'Harry et se rendirent chez Hagrid qui les accueillit tout en étant sur ses gardes. Ils eurent à peine le temps de s'installer pour boire le thé que quelqu'un frappa à la porte. Hagrid ordonna précipitamment aux élèves de se cacher sous la cape et de ne pas faire de bruit. La porte s'ouvrit sur Albus Dumbledore qui était accompagné de Cornélius Fudge, le Ministre de la Magie en personne. Celui-ci, très mal à l'aise, expliqua au garde-chasse qu'étant donné ses antécédents judiciaires, le Ministère se devait d'agir et qu'il n'avait d'autre choix que de l'envoyer à Azkaban. L'accusé, malgré le soutien manifeste du Directeur, dut exécuter les instructions injustes. À ce moment, une nouvelle personne manifesta sa présence sur le seuil. Les cheveux longs d'un blond blanchâtre, les yeux bleus aciers, Lucius Malefoy venait de faire son entrée. Et comme une mauvaise nouvelle n'arrivait jamais seule, l'homme annonça au Directeur qu'il était dès à présent relevé de ses fonctions sur un vote unanime du conseil d'administration. Avant de quitter la cabane, Dumbledore affirma mystérieusement qu'une aide serait toujours apportée à Poudlard pour quiconque en ferait la demande. Quant à Hagrid, il déclara qu'il fallait suivre la piste des araignées. La porte se referma sur les deux garçons aberrés par la scène qui venait de se produire. En un quart d'heure, ils avaient perdu le soutien d'Hagrid et la protection de Dumbledore. Désormais, l'héritier de Serpentard avait carte blanche pour achever sa besogne.

Alania devait passer voir comment avançait les entrainements pour l'épreuve qui devait avoir lieu dans une semaine. La Princesse aux yeux cernés n'avait qu'une hâte : se reposer. Malheureusement, cela lui était impossible. Malgré le fait que sa grande sœur soit revenue quelques jours auparavant, toutes les responsabilités restaient sur ses épaules. En effet, Aliania n'était qu'une ombre qui se mouvait en rasant les murs. Depuis leurs retrouvailles mouvementées, la guerrière n'avait plus émis un seul signe pouvant montrer qu'elle se sentait un tant soit peu concernée par ceux qui l'entouraient. Cela faisait bien deux jours que la petite sœur ignorait où se terrait sa sœur. Peut-être était-elle réellement repartie en vadrouille ? Si tel était le cas, Alania se jura de ne pas la louper à leur prochaine rencontre...

De la musique et des cris déchiraient le calme diurne et semblaient venir d'une caverne isolée. L'elfe trouva cela étrange car personne n'avait du recharger les batteries de l'étrange appareil capable d'émettre un tel volume sonore. Les gens de la Terre appelaient cela la technologie... Alania ne se sentait que peu à l'aise face à ces machines. Elle connaissait un minimum les nouvelles technologies terriennes mais n'avait pas souvent l'occasion d'en user.

- Ces idiots vont réveiller toutes les personnes de l'armée ! grinça-t-elle entre ses dents. Encore une chose à régler avant d'aller se coucher !

Elle entra dans la grotte d'un pas déterminé. Non seulement les enceintes crachaient une musique agressive qui aurait rendu sourd n'importe quel elfe normalement constitué, mais des rayons lumineux leur auraient arraché également la vue ! L'ambiance était à son apogée : une quinzaine de personnes se trémoussaient et hurlaient comme s'ils étaient atteints d'une soudaine folie. La Princesse les observa quelques secondes avant de remarquer qu'elle avait devant les yeux tous les marginaux de l'armée de sa grande sœur... La majorité des soldats les regardaient d'un mauvais œil tellement leurs attitudes et tenues étaient réputées grossières. Aliania les avaient toujours acceptés dans ses rangs malgré la méfiance des autres dirigeants. Elle aimait d'ailleurs souvent les côtoyer dès qu'elle voulait montrer à quel point elle désapprouvait les idées dites rigides – voire racistes – des autres commandants.

Les pensées de la jeune fille d'Elrond se figèrent face à la vue qui s'offrait à elle : au milieu de la grotte se déhanchait d'une manière extrêmement subjective une femme vêtue en cuir noir. Des hommes la collaient de manière lascive tandis qu'elle buvait à outrance dans une bouteille quasiment vide. Deux soldats baladaient leurs mains sur le corps en transe de la guerrière qui ne les repoussaient pas. Écœurée par un tel spectacle de débauche, Alania hésitait entre intervenir pour secourir cette pauvre fille qui devait être tellement alcoolisée qu'elle devait être inconsciente de ses actes ou partir en faisant comme si elle n'avait rien vu. Après tout, ils étaient tous adultes et stopper à elle seule une fête où tous les gens semblaient ivres morts n'était sans doute pas la meilleure idée du siècle. La Protectrice allait opter pour cette deuxième option lorsqu'elle aperçut le visage de la femme déchainée.

- ALIANIA ! s'égosilla-t-elle outrée par sa découverte.

Son aînée n'était a priori pas disposée à l'écouter puisqu'elle ne fit même pas un signe pour lui prouver qu'elle avait discerné sa présence. Remarque, elle ne l'avait peut-être réellement pas remarqué… Parce que vu la façon dont elle laissait ces hommes la toucher, il y avait peu de chance qu'elle soit du même avis si elle était sobre.

ALIANIA ! retenta-t-elle en la tira sèchement par le bras cette fois-ci.

Oh ! Tu as un problème ? l'apostropha l'un des gars titubant.

Hey attends, intervint son pote, je crois que j'ai trop bu, je vois double ! réalisa-t-il avant de laisser éclater un rire tonitruant.

Oui Messieurs, vous avez effectivement trop forcé sur la bouteille… Soyez raisonnables – enfin autant que soit possible dans votre situation – et allez-vous coucher ! Lâchez ma sœur avant que je ne me fâche ! menaça-t-elle.

Autant dire que sa menace n'avait pas fait grand effet sur les gaillards qui l'ignorèrent et reportèrent leurs attentions vicieuses sur leur chef. Agacée, elle retentait de faire réagir son aînée :

Oh ! Tu fais quoi là ! Allez, sors de là ! Je commence à me lasser de ton attitude puérile Aliania !

Lâches-moi et retournes te coucher, t'es trop petite ! déclara-t-elle d'une voix pâteuse en lui tirant la langue.

Quelle grâce ! s'écœura-t-elle. De toute évidence, je suis bien plus adulte et mature que toi en ce moment donc pour une fois, tu vas m'obé…

Elle s'interrompit et ferma les yeux pour ne pas profiter du spectacle pitoyable : un des combattants commençait à lécher le cou d'Aliania tandis que son copain faisant pareil de l'autre côté. L'elfe gloussait et se frottait contre eux sans retenu. Laissant échapper un bruit de répulsion, Alania sortit précipitamment dans la caverne pour aller chercher de l'aide. Elle ne pouvait tout de même pas laisser son idiote de sœur continuer comme ça ! Mais à qui pouvait-elle bien faire appel ? L'humiliation de recourir à une aide extérieure était à son comble ! Elle n'était même pas capable de retenir un minimum sa grande sœur dans ses frasques… il fallait qu'elle aille chercher quelqu'un pour l'obliger à sortir de force de ce lieu de débauche manifeste. Seulement, elle tenait à protéger un minimum leur réputation… La chance fit qu'elle croisa Aragorn qui déambulait sur une terrasse.

Dame Alania ? Pourquoi n'êtes-vous pas dans vos quartiers à cette heure avancée de la nuit ? s'enquit-il surpris.

Des affaires à régler avec l'armée…

Rien de grave j'espère.

Non, enfin… commença-t-elle ennuyée.

Qui y-a-t-il ?

J'ai eu la mauvaise surprise de trouver ma chère grande sœur dans une situation particulièrement gênante…

J'ai peur de ne pas comprendre gente Dame.

Elle est devenue folle ! Encore plus que d'habitude, souligna-t-elle exaspérée. Je l'ai laissée dans l'une des cavernes où les choses pourraient mal tourner si on ne l'empêche pas de continuer sur cette voie !

Que va-t-il se passer dans ce cas-là ? intervint le Prince Legolas surgissant de la pénombre.

Oh, vous étiez là…

Quelque chose à dire sur Aliania ? poursuivit-il d'un ton calme malgré les yeux qui se plissaient légèrement.

Ce n'est peut-être pas indispensable que vous soyez témoin de cela Prince Legolas… marmonna-t-elle en détournant le regard.

J'insiste noble Dame.

Oh et puis zut ! Vous ne serez pas de trop pour la raisonner ! lâcha-t-elle fatiguée. Ne prenez pas son attitude pour vous Legolas, elle est intenable. Je n'ai pas réussi à la faire sortir de la réception de fripons où elle est actuellement…

Allons la chercher alors, soupira-t-il en se retenant de serrer les points.

La Princesse les mena vers l'endroit où l'ambiance semblait encore s'être accentuée.

Et moi qui pensais que cela ne pouvait pas être pire, gémit Alania en fixant son double coincée contre la paroi et le torse nu d'un des soldats de tout à l'heure.

Les deux corps à moitié dénudés s'échauffaient sous les applaudissements barbares de l'assemblée environnante. Complètement ivre, la fille se laissait palper par les mains plus qu'entreprenantes du type qui ne cachait pas ses attentions futures proches

ECARTEZ-VOUS D'ELLE ! exigea son ancien amant hors de lui en empoignant le dragueur indésirable.

Le rôdeur se chargea de maintenir le gars saoul à une distance raisonnable de l'ex couple qui commençait à s'expliquer vivement :

Qu'est-ce que tu FOUS là toi ! Pourquoi faut toujours que quelqu'un m'empêche de m'amuser ? Vous me saouler les gars !

Ce n'est pas nous qui t'enivrons au point que tu t'abaisses à de telles immondices !

Quelles immondices ? rigola-t-elle en prenant appui sur ses genoux. Je m'abaisse pas, au contraire je plaaaaaaaane ! Wow ! Hey les gars, on s'en reprend une ou quoi ? s'adressa-t-elle à la bande de mecs hilares.

Tu es vraiment au sommet de ta gloire Aliania… grogna-t-il en la tirant vers la sortie.

Tu plaisantes ? J'ai à peine commencé ! gloussa-t-elle en luttant pour retourner au centre de la piste improvisée de danse. Oh mais fous moi la paix à la fin !

Non.

Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ? Toi aussi tu veux profiter de la fête ? C'est trop bête pour toi, t'as plus le… le… privilège pour… pour jouer avec moi !

Elle commençait à perdre ses mots délirants et son regard devenait de plus en plus vitreux. Ses genoux flanchaient et se maintenaient avec peine.

Je ne veux même pas répondre à une telle ineptie, répliqua sourdement le Prince. Heureusement qu'Alana n'est pas là pour voir ça !

Espèce de salaud ! l'insulta-t-elle en se ruant maladroitement sur lui. T'as pas le droit de parler d'elle, t'as pas le droit ! hurla-t-elle d'une voix suraigüe.

Tu crois qu'elle apprécierait de te voir dans cet état ? continua-t-il sur sa lancée.

Qu'est-ce que j'en sais ! T'es idiot ou quoi ? Elle est plus là pour le dire !

Depuis quand prétends-tu ignorer ce qu'aurait dit ta sœur ? sourcilla-t-il. Vous qui clamiez partout que vous étiez si liées…

Legolas, ça suffit ! le coupa Aragorn qui n'appréciait pas vraiment l'attitude brutale de son ami sans pour autant cautionner celle de la sorcière. Ramenons là juste dans sa chambre.

J'vais nulle part avec vous les gars ! dit-elle en leur échappant par surprise.

La jeune fille grimpa sur un rempart qui donnait sur un vide impressionnant. Se redressant en chancelant, elle toisa les deux hommes d'un regard noir.

Aliania, descends immédiatement de là ! l'avertit le blond.

Pourquoiiiii ? demanda-t-elle d'une voix incroyablement traînante et enfantine.

C'est dangereux, tu risques de tomber !

N'importe quoi ! Regardes ce que j'arrive à faire ! le provoqua-t-elle.

Elle se fit en position préparatoire d'une pirouette.

Arrête ! Ne fais pas ça ! paniqua son ex amant.

J'vais pas tomber ! affirma-t-elle en s'élançant.

Certes, la figure fut accomplie avec moins de grâce et de dextérité que de coutume, mais elle réussit quand même à garder l'équilibre. Elle enchaîna avec une roue en avant et compliqua la tâche déjà ardue en poursuivant avec deux en arrière. Malheureusement, son pied glissa du mauvais côté de la barrière à la réception. Déséquilibrée, elle commença à basculer vers les profondeurs des ténèbres lorsque quatre puissantes mains la rattrapèrent.

Non mais ce n'est pas vrai ! Tu es infernale, je t'avais dit que c'était dangereux !

On t'a jamais dit de ne jamais… jamais essayer de raisonner une… personne bourrée ? rétorqua l'imprudente en rigolant.

Le cas ne s'est pas vraiment présenté jusqu'à présent, maugréa-t-il.

Au moins, elle admet qu'elle est bourrée, souffla le roi en exil.

Pas suffisamment pour ne pas entendre ou comprendre ce que vous dites, notifia la Princesse. Et j'suis pas que bourrée, rigola-t-elle, c'est trop cool ces petites pilules !

Qu'est-ce que tu as pris ? réagit sa petite sœur soudainement. Aliania, dis-nous ce que tu as pris !

J'sais pas mais tu devrais essayer, ça te décoincerai !

Elle a pris de la drogue, souffla-t-elle, mélangée à de grandes doses d'alcool, cela peut être dangereux…

À quel point ?

Mortel.

Des conneries ouais ! Je ne me suis jamais sentie… aussi… bien… réussit-elle à sortir avant de se mettre à vomir sous les yeux rebutés de ses proches.

Après deux minutes de nausées, elle tenta de se redresser, tituba et s'effondra sur le sol rocailleux, pâle comme la mort.

Elle dort, les rassura le rôdeur, le réveil risque d'être pénible demain…

C'est tout ce qu'elle mérite, lâcha la benjamine amère.

Elle est malheureuse…

Et alors ? Elle n'est pas la seule à souffrir ! Ce n'est pas pour autant que l'on fait n'importe quoi ! Sur ce, je rentre dans mes quartiers ! Je vous souhaite bien le bonsoir Messieurs !

Décidemment, tout va bien chez la fratrie des Protectrices ! conclut sombrement Aragorn qui, une fois avoir couvert l'évanouie de sa cape, la porta dans ses bras tout en s'inquiétant de sa légèreté maladive.

Sentant que ses amis étaient fâchés contre elle, il l'emmena délibérément seul dans ses appartements. Sa chambre était restée dans le même état qu'à son départ. Les débris jonchaient toujours le sol tandis que les voilages des fenêtres se soulevaient légèrement sous la brise nocturne. Le rôdeur déposa délicatement la jeune fille sur le lit où trônait un monticule de vêtements froissés. Durant un bref instant, il hésita : devait-il la laisser tel quel ou bien devait-il profiter de ce moment d'inconscience pour s'assurer qu'elle allait bien – du moins physiquement parlant ? Un de ses avant-bras glissa de dessus la cape et attira le regard du Dunedain. Des marques violacées commençaient à apparaitre ainsi que des cicatrices plus ou moins anciennes. L'homme n'hésita plus une seule seconde et examina ses blessures. Il ne connaissait pas grand-chose à la magie mais il se doutait qu'elle avait recouru à cet art pour dissimuler ces marques. Cela l'inquiétait vraiment. Tous savaient que la Princesse avait tendance à se murer dans le silence lorsqu'elle se sentait mal mais personne ne devait se douter quelle autre manière elle avait trouvé pour se soulager. Car Aragorn en était certain : ces traces avaient été faites volontairement. Il savait pertinemment comment Aliania pouvait se montrer violente dans ses convictions et gestes et était persuadé qu'elle avait retourné cette mauvaise énergie contre elle-même à défaut de n'avoir pu l'exulter ailleurs. Sortant de ses sombres réflexions, il se hâta d'aller quérir les plantes et bandages nécessaires aux soins. Heureusement que les couloirs étaient déserts, cela lui évita les questions indiscrètes. Dès son retour, il constata que la sorcière avait changé de position et commençait à s'agiter dans son sommeil en gémissant. Tentant de l'apaiser, il lui caressa les cheveux en chantonnant en elfique. Lorsqu'elle fut un peu calmée, il nettoya les plaies de son bras et les recouvrit d'un cataplasme. Il soupira en voyant la proéminence anormalement marquée des os de son amie. Elle n'avait pas du beaucoup se sustenter ces derniers mois elle n'avait jamais eu un gros appétit mais au moins elle faisait des efforts quand sa grande sœur lui disait de s'alimenter. Désormais, la tâche risquait de s'avérer ardue.

La malade était visiblement repartie dans de mauvais songes. Son visage crispé et sa respiration haletante mêlée à des gémissements faisait de la peine au rôdeur. Il se doutait que ce genre de cauchemars devait probablement être récurrent chez l'elfe et que personne n'avait été là pour la tirer de ses angoisses. Pas étonnant qu'elle avait en permanence l'air éreintée. Elle se mit à se débattre sur son lit en criant. Aragorn la secoua en l'appelant pour qu'elle se réveille mais rien n'y fit. Il la redressa alors pour la serrer de force contre lui en la berçant. Après quelques minutes de lutte, elle s'arrêta de bouger et repris son souffle avec peine en retenant ses larmes. Ils restèrent ainsi immobiles jusqu'à ce qu'elle brise le silence :

Qu'est-ce que tu fais là ? souffla-t-elle désorientée.

Comment tu te sens ?

Nauséeuse… grogna-t-elle en passant une main sur son front.

C'est là qu'elle se rendit compte que l'homme avait soigné ses entailles. À la fois furieuse et gênée, elle se réinstalla allongée sur le lit en affichant un regard noir.

Tu peux partir… marmonna-t-elle.

Je ne le pense pas, répliqua-t-il doucement.

Ce n'était pas vraiment une suggestion, lui fit-elle remarquer en haussant d'un timbre de voix.

Alors je te rappellerai simplement que je ne suis pas un de tes soldats et que par conséquent, je n'ai pas réellement à obéir à tes exigences Aliania, déclara-t-il toujours sur le même ton.

Même si tu es dans ma chambre ? bouda-t-elle.

Tu appelles ça une chambre ? arqua-t-il des sourcils. Il me semblait pourtant que les Elfes aimaient l'ordre et la propreté.

Attends… tu viens de me faire une remarque sur une tâche ménagère ? s'outra-t-elle.

Cela te déplait ? Alors imagine ce que d'autres personnes ont pu ressentir avec tes propos de cette nuit ! lui dit-il sévèrement.

Cette nuit ? s'enquit-elle nageant en pleine confusion.

À ton avis, pourquoi tu te sens nauséeuse ?

Parce que je couvre une mauvaise grippe ? répliqua-t-elle ironiquement pour gagner du temps.

Faire la fête pour relâcher la pression est une chose mais perdre sa dignité en est une autre.

Tu n'as pas à me juger Aragorn ! s'offusqua-t-elle de sa franchise dérangeante.

Et toi à me parler comme si je ne représentais rien pour toi. Nous nous sommes toujours portés une amitié respectueuse et j'apprécierais grandement que cela continue. Somme nous d'accord sur ce point-là ?

Tout change… soupira-t-elle sans réellement répondre à la précédente question en affichant une mine triste.

Tu parles d'Alana ? demanda le Dunedain en savant exactement que c'était le cas.

La jeune fille ne répondit pas mais son silence était éloquent. Elle se coucha sur le côté en tournant délibérément le dos au guérisseur qui se lova dans un fauteuil miraculeusement survivant de la précédente colère de l'habitante des lieux. Il comptait attendre le temps nécessaire pour qu'elle parle, même si cela prendrait des heures. Il sentait qu'elle allait lâcher un écho de son mal-être. Si cela n'avait pas été le cas, elle l'aurait déjà chassé de force de la pièce. Au bout d'une éternité, elle murmura à moitié endormie :

Je trouve qu'elle a eu plus de chance...

En quoi a-t-elle eu plus de chance ? sourcilla-t-il étonné.

Elle est morte et cela de manière définitive, expliqua-t-elle doucement.

Il frissonna face à une telle déclaration et les sous-entendus qui allaient avec.

Je ne comprends toujours pas en quoi mourir pour de bon est une chance, tenta-t-il pour confirmer ses soupçons.

Elle au moins est en paix et elle n'est pas seule, lâcha-t-elle d'un ton détaché.

Toi non plus tu n'es pas seule, nous sommes tous là pour toi ! souligna l'homme attentif aux paroles de son amie.

C'est faux... ceux qui ne me détestent pas m'ignorent ou cherchent à m'évincer. Je ne suis plus rien sans elle...

Ce n'est pas vrai ! Tu es essentielle pour beaucoup de monde. N'oublies-pas que tu es LA raison de vivre de Legolas. En te laissant dépérir, tu l'entraînes lui aussi dans un profond gouffre de ténèbres et de souffrances. Il faut de tu réagisses ! Nous savons tous combien tu as mal, et nous faisons tout pour t'épauler dans cette terrible épreuve. Pourquoi rejettes-tu notre soutien ? Je commence à penser sérieusement que tu te complais dans le malheur

Dans quoi d'autres pourrais-je bien me complaire ? Je ne connais que ça ! La souffrance, la haine, la guerre et la mort ! Tous les gens que j'aimais m'ont quitté les uns après les autres ! En quoi cela est-il juste pour moi ? Qu'est-ce que j'ai donc fait pour mériter ça : Pourquoi le destin s'acharne-t-il contre moi ? À quoi ça sert de continuer à vivre ? Le monde se porterait bien mieux si j'étais partie à sa place. C'était elle la meilleure, elle allait enfin être heureuse en fondant une famille... acheva-t-elle d'une voix épuisée sur le point de se rendormir.

De qui parlais-tu lorsque tu disais que des gens cherchaient à t'évincer ? l'interrogea-t-il conscient que cette question serait probablement ma dernière avant qu'elle replonge dans un repos bienfaiteur.

Saroumane, ce traître, il l'a aidée à nous briser... chuchota-t-elle avant sombrer dans un sommeil qu'elle espérait réparateur, laissant ainsi son veilleur dans une intense réflexion.

Pourquoi Saroumane aurait aidé quelqu'un à les briser ? songea-t-il. Est-ce qu'elle fait référence à la rupture de leurs liens magiques ? Ou juste au trépas de l'aînée de la sororité ? Comment savait-elle que le Magicien Blanc était responsable ? Quelle preuve pouvait-elle fournir ? Jusqu'où la traitrise de cet Istari s'étendait-elle ?

Dans ses pensées oniriques, l'elfe ressassait des brides de conversations passées et des morceaux de rêves récurrents. Elle revivait particulièrement l'instant où elle avait surpris la veille ses tantes échanger assez vivement :

Qu'est-ce que tu sous-entends Prestya par « tout pacte a un prix à payer » ? avait demandé froidement sa sœur.

J'ai simplement répondu à ta question qui était – je te le rappelle – « pourquoi es-tu restée dans le coma sans raison apparente ».

Qu'as-tu fait comme pacte pour avoir accepté de rester en retrait durant presque un an ?

J'ai accompli mon devoir pour la sécurité du Royaume…

Je te prie de développer … grinça-t-elle des dents. Est-ce que cela à un rapport avec les accusations apparemment fondées d'Aliania à propos de la rupture des liens de leur sororité ?

Avec deux autres personnes, nous avons convenus qu'il était plus sage d'embrayer cette menace…

Une menace ! explosa son interlocutrice outrée. C'est vrai que les séparer a été vraiment positif Prestya !

Est-ce que tu me reproches la mort d'Alana ? demanda dangereusement l'inculpée.

Je pense que tu as grandement facilité la tâche aux forces du Mal en les séparant ! Désunir leurs liens était une bêtise !

Au moins, elles ne sont pas toutes mortes ! souligna-t-elle sur la défensive. C'est quand même bien que le lien n'existe plus !

Sans ce lien, elles sont moins fortes ! Et à cause de cela, Aliania n'a pas eu suffisamment d'énergie pour ramener sa sœur...

Il est fort probable qu'elle soit décédée sur le coup Léïa. Leurs pouvoirs n'auraient rien changé à...

C'est grâce à cette pensée que tu arrives à dormir la nuit ? lança-t-elle écœurée. La vérité est que ta jalousie envers tes propres nièces t'a menée à pactiser avec le Diable ! s'emporta sa jeune sœur.

Pas avec le Diable...

Saroumane est un traitre ! Gandalf nous en a fourni la preuve ! Comment as-tu pu passer un contrat avec lui ? Et sans m'en faire part en plus !

Je ne pouvais pas deviner ses attentions à l'époque, se justifia-t-elle.

Admettons ! Tu as parlé de deux personnes alors puisqu'on est aux aveux, de qui s'agit-il ?

Ça n'a pas vraiment d'importance.

J'insiste, j'en ai assez des mauvaises surprises, déclara-t-elle d'un ton fortement menaçant.

Un démon, murmura-t-elle.

PARDON ? s'époumona sa sœur furieuse.

Aliania n'avait pas eu besoin d'en entendre plus : Saroumane et un mystérieux démon allaient bientôt rejoindre sa tante sur la liste des personnes à éliminer...


Qu'avez-vous pensé de ce retour ? Est-ce que vous comprenez/adhérer aux diverses réactions des personnages ?

Merci d'être passé et on se dit au chapitre 18 ! ;)