Bonsoir les ami(e)s !
Comment ça va depuis le temps ? Je vous poste enfin la suite (je m'étais donné jusqu'à hier pour poster mais vu que c'était mon anniversaire, je n'avais pas fini la relecture ^^).
Bonne lecture !
Chapitre 18 – Descente dans la Chambre des Secrets.
Le Professeur McGonagall allait se rendre à son bureau pour corriger des copies lorsqu'elle entendit des bruits de sanglots étouffés. Le couvre-feu était depuis longtemps passé et aucun élève n'était autorisé à trainer dans les couloirs. Elle poussa doucement la porte entrouverte menant à un cloître et trouva une silhouette recroquevillée dos au mur, la tête posée sur les genoux. Elle devina sans peine l'identité de la personne :
Anabellissë ? Que vous arrive-t-il ?
La jeune femme sursauta et ne répondit rien. Elle ne s'attendant pas à voir quelqu'un.
Est-ce que quelqu'un vous a fait du mal ? s'inquiéta-t-elle du silence anormal de l'elfe.
Non, murmura-t-elle sans pour autant s'arrêter de pleurer.
Ne restez pas par terre, vous allez prendre froid ! Venez dans mon bureau, l'invita sa Directrice de Maison.
Ce n'est pas la peine, protesta la jeune femme en tentant de stopper son flot de larmes. Ce n'est rien…
Je ne pense pas que cela soit rien. Vous n'êtes pas une élève sensible Anabellissë.
Qu'en savez-vous ? Vous ne me connaissez pas...
Il n'est guère prudent de rester seule la nuit dans le château, détourna de sujet la vieille femme.
Je ne risque rien.
Comment le savez-vous ?
Je ne sais même pas moi-même qui sont mes parents biologiques, alors je ne vois pas comment l'agresseur pourrait décréter que je me positionne sur sa liste de victimes potentielles, expliqua-t-elle avant de refondre en larmes sous le regard désemparé du professeur.
Vous ne voulez vraiment pas me dire ce qui vous peine ? demanda-t-elle doucement.
C'est juste que... qu'elles me manquent ! Alana et Aliania me manquent... j'aimerais tellement savoir ce qu'elle devient. Je ne sais pas... je ne comprends pas...
Qu'est-ce que vous ne comprenez pas ?
J'ai reçu une lettre ce midi. Elle était en réalité adressée à Al... à Soledad. Je ne comprends pas pourquoi l'expéditeur de ce courrier l'invite chez elle comme s'il avait eu des nouvelles récentes d'elle.
Un sorcier a demandé à votre amie de venir chez lui ? s'étonna Minerva McGonagall perplexe.
Oui, ça veut forcément signifier que cette Marie Peterson a vu Soledad récemment. Pourquoi est-ce qu'elle n'est pas revenue à Poudlard ? Je me sens perdue, avoua-t-elle en soupirant.
Rien ne prouve qu'elle ait vu Soledad ces derniers mois...
Dans ce cas, comment se fait-il que cette Marie ait envoyé ce courrier à mon nom ? Cela veut obligatoirement dire que Soledad sait que je suis en mission dans votre école ! C'est vraiment blessant qu'elle aille parler à de parfaits inconnus et qu'elle ne daigne même pas nous faire un signe attestant qu'elle est en vie ! se confia l'elfe à bout de nerfs.
Un ange passa. Le Professeur McGonagall ne savait pas quoi dire pour réconforter son élève. Concrètement, il n'y avait rien à dire. Anabellissë n'était pas une gamine à qui on pouvait mentir pour la rassurer. Elle avait en face d'elle une adulte qui avait vécu déjà beaucoup d'épreuves – bien qu'elle soit très discrète sur son passé – et qui ne supportait plus de vivre sans ses amies qu'elle considérait pleinement comme ses piliers. L'elfe était en deuil et le fait d'apprendre que l'une de ses amies survivante l'ignorait volontairement ne pouvait que lui porter un coup au cœur.
Allez-vous rentrer chez vous durant les vacances de Pâques ?
Non, je ne peux pas.
Pourquoi cela ?
Je ne peux pas abandonner mon poste, répondit-elle simplement en essuyant ses larmes d'un revers de main.
L'école sera peut-être fermée d'ici là, soupira sombrement l'enseignante.
Tant que Dumbledore veille, il est peu probable que cela arrive, tempéra l'elfe.
Seulement voilà, bien qu'elles l'ignorent encore, Dumbledore ne serait plus à la direction de l'établissement à l'aube.
Plusieurs heures après qu'elle se soit rendormie dans sa chambre dévastée, Aliania se réveilla avec une affreuse migraine. Avait-elle reçu un coup sur la tête ? Ou bien la cause était-elle plus d'ordre festif ? Rassemblant avec peine ses souvenirs, elle se revit aller dans la caverne avec des bouteilles d'alcool et l'accueil enthousiaste de ses compagnons d'armes.
Ouais, j'ai peut-être la gueule de bois…se maudit-elle intérieurement. La journée va être dure. J'espère au moins que ça en valait la peine. Pourquoi ai-je fait ça ? Ah oui… Prestya et son pote Saroumane. Comment les faire disparaitre en faisant passer cela pour un malheureux accident ? Faut aussi trouver à quel démon elle s'est alliée cette pourriture.
Elle stoppa son monologue intérieur en s'étirant. Elle vit alors les pansements d'Athélas autour de ses bras. Bizarre. Elle n'avait pas le souvenir de s'être soignée et de toute manière, elle n'usait jamais de cette plante sur ses blessures par pur principe anti-elfe. Le problème était qu'il n'y avait que deux personnes présentes à Fondcombe qui avaient le pouvoir de soigner grâce à cette plante. Elle pria au fond d'elle-même pour que son père n'ait pas été son guérisseur. Au moins, Aragorn ne lui prendrait pas la tête à ce propos !
Après s'être préparée, elle sortit sous le soleil éblouissant – du moins lui sembla-t-il – d'un midi hivernal. En ce 21 décembre 3018, la température ne devait pas dépasser les vingt-deux degrés malgré les rayons lumineux célestes qui illuminaient la cité elfique. Les invités d'Imladris s'apprêtaient à passer à table où un festin les attendait néanmoins, certains d'entre eux affichaient des mines fatiguées et fermées. Aragorn, Legolas et Alania se jetaient des regards mornes en coin tout en tentant de s'intéresser à ceux que les entouraient.
Aliania n'avait aucune envie de se joindre à l'assemblée. Il avait été convenu que la Communauté de l'Anneau partirait dans quatre jours en direction du Mordor. Tous appréhendaient ce voyage mais par pour les mêmes raisons. Les hobbits ne savaient pas vraiment dans quel pétrin ils s'étaient engagés, quant aux autres, ils le savaient que trop bien. Pour la jeune femme, les choses étaient quelque peu différentes. Elle redoutait les prochains mois non pas pour la dangerosité de la quête mais pour la vie en collectivité. Cohabiter avec d'autres personnes, et qui plus est avec des hommes dont trois trop proches d'elle, n'était pas une perspective particulièrement réjouissante. Qu'importe, elle irait avec eux et lorsqu'elle ne les supporterait plus, elle s'éclipserait. Après tout, d'autres protégés auraient aussi besoin d'aide. Elle ne pouvait pas abandonner ses autres missions sous prétexte qu'elle s'était engagée sur un énième poste. Ce n'était pas parce qu'il s'agissait de son monde d'origine qu'elle devait négliger ses premiers protégés. Depuis un an, on ne pouvait pas dire qu'elle ait été à la hauteur de son rôle de Protectrice. Elle brassait ses sombres pensées en boucle et ne parvenait pas à entrapercevoir la lumière. Seul son séjour chez les Peterson l'avait aidée un court moment à sortir temporairement de son cauchemar. C'est peut-être cela qu'il lui fallait : une longue pause loin de toute trace de magie et de combat. Autant dire que cela paraissait impossible. Même si elle souhaitait se faire discrète, il y aurait toujours quelqu'un pour l'attendre dans le coin sombre d'une ruelle…
Les bruits de sabots claquant sur les dalles se firent soudainement entendre. L'elfe se retourna pour apercevoir une escorte de rôdeurs franchir de seuil principal à vive allure, les traits marqués par la lassitude et l'inquiétude. Elle reconnut la plupart d'entre eux et se précipita vers Halbarad qui maintenait une silhouette affalée contre lui.
Qu'est-ce qui s'est passé ? exigea de savoir la jeune femme en l'aidant à faire descendre de monture le blessé.
Dame Aliania ? s'étonna-t-il de la voir.
Elle ne prit pas le temps de répondre. La couverture recouvrant le faible corps venait de glisser pour révéler le visage pâle de sa cousine Lenya.
Nous avons été pris dans une embuscade d'orques ! expliqua-t-il. La Dame Lenya a reçu une flèche dans l'épaule. Je crains qu'elle ne soit empoisonnée. Elle a également reçu une lame sous une côte mais la plaie n'est pas trop profonde. Nous sommes revenus aussi vite que possible. Je suis désolé, j'ai failli à mon devoir de protection, s'inclina-t-il.
Vous avez fait ce que vous aviez à faire Halbarad, l'empêcha Aliania de poursuivre son mea culpa. Lenya a toujours été consciente des risques et les a acceptés. Y-a-t-il eu d'autres blessés ?
Ceux qui ne sont pas morts ont été conduits au camp le plus proche. Il nous a semblé préférable de ramener votre cousine à Imladris.
Je m'en occupe. Lenya, est-ce que tu m'entends ? Serre-moi la main si c'est le cas ? Ouvre les yeux ! Allez, un petit effort !
Mais la jeune fille n'esquiva aucun mouvement de conscience et sa respiration devenait irrégulière.
Depuis combien de temps est-elle inconsciente ?
Elle est restée éveillée deux heures environ. Il a du s'écouler une heure depuis.
L'attaque était proche de nos frontières alors, maugréa-t-elle pour elle. Amenez-la dans la première chambre de guérison, ordonna-t-elle. Je vais chercher de l'aide, les informa-t-elle avant de courir vers la salle de réception.
Elle fit une entrée remarquée avec sa tenue et ses mains tâchées de sang. Tous la dévisageaient comme si elle était une folle furieuse évadée de l'asile. Elle s'adressa rapidement à son père :
C'est Lenya, lâcha-t-elle avant de repartir vers la salle où les rôdeurs avaient dû l'amener.
Le Seigneur Elrond arriva rapidement suivi des deux tantes royales. Aliania avait déjà commencé à nettoyer les zones meurtries et avait ordonné aux soignants de préparer l'athélas. Le Seigneur Elrond brisa en deux la flèche avant de la retira de l'épaule de la fille de Léïa. Silencieusement, le père et la fille pansèrent les blessures tout en surveillant les signes vitaux de Lenya.
C'est du poison noir, déclara le Seigneur de la Cité. Je ne connais pas d'antidote adapté…
Je m'en charge ! assura Aliania en rassemblant les plantes nécessaires à la préparation de la décoction. Prestya, l'appela-t-elle en serrant des dents, rends-toi utile : va chercher de la poudre d'érable.
Je n'ai pas à te servir et puis d'abord, où veux-tu que je trouve cela ?
Tu es censée avoir plus d'expérience en magie que moi alors ne me fait pas halluciner une fois de plus en me disant que tu n'es pas capable de rapporter une simple poudre d'érable ! s'énerva sa nièce sans même daigner la regarder.
Je ne suis pas la seule sorcière dans la pièce…
Mais merde à la fin ! explosa son interlocutrice. On est trois magiciennes mais y'en a qu'une qui n'est pas encore occupée ! Léïa va rester au chevet de sa fille le temps que nous fassions la potion. On n'a pas de temps à perdre pour des conneries pareilles ! Si tu ne veux pas l'aider, sors !
De mauvaise grâce, la Reine Prestya s'exécuta sous le regard larmoyant de sa sœur.
Ça va aller ma chérie, tu es à la maison, nous allons bien nous occuper de toi… murmura sa mère en lui caressant doucement les cheveux.
L'antidote devrait être prêt dans quelques heures… indiqua Aliania à voix basse.
Elle ne tiendra pas aussi longtemps, répliqua son père anxieux.
Là-dessus, l'elfe était plutôt d'accord avec son père même si elle ne voulait pas l'avouer. Réfléchissant à toute vitesse, elle n'envisageait qu'une possibilité pour être certaine de la survie de sa cousine. Cela allait encore lui retomber dessus mais peu importe, sa cousine méritait de vivre à n'importe quel prix.
Tu sais faire l'antidote ? demanda-t-elle à sa tante.
Je n'en suis pas certaine…
Les instructions sont dans l'un des recueils que tenait ma mère, ajouta-t-elle rapidement. Trouve-le et prépare la potion. Au pire, contacte Anabellissë à Poudlard, elle saura où quérir de l'aide.
Mais pourquoi est-ce que tu ne t'en occupes pas ? balbutia sa tante déconcertée.
Je vais m'assurer que tu ne perdes pas ton statut de mère, fit-elle énigmatiquement avant de se couper la paume de main et de mêler son sang à celui de la malade.
Mais que fais-tu ? s'écrièrent ses proches horrifiés.
Mon devoir, grommela-t-elle en les projetant contre le mur pour les empêcher de l'arrêter.
Elle entama une psalmodie en serrant la main ensanglantée de sa cousine dans la sienne.
Oh Esprit, entends mon appel
Contre le destin, je me rebelle
Épargnez la vie de cette enfant
Et que le poison imprègne mon sang
ALIANIA NON ! s'époumona sa tante en comprenant ses attentions.
Mais il était trop tard : une lueur argentée sortit des plaies de Lenya et s'immisça dans celle de la sorcière qui émit un sourire satisfait. Elle lâcha la main de sa cousine et rampa pour se coller contre le mur. Déjà, elle ressentait les effets de la toxine s'engouffrer dans tous ses membres. Il ne faudrait pas longtemps avant que la fièvre et les délires ne l'emportent dans un état de semi-conscience. En attendant, elle allait devoir supporter les remontrances de ses proches pour son attitude qui sera probablement jugée comme irresponsable. Tant pis, le jeu en valait la chandelle. La respiration de sa cousine était redevenue profonde et régulière et sa peau se recolorait déjà dans de jolies teintes rosées. Elle était tirée d'affaire.
Tu n'aurais jamais du te sacrifier ! la morigéna sa tante en se penchant vers la guerrière.
Quel sacrifice ? rétorqua Aliania. Ce n'est que du poison, j'ai survécu à pire. Faites l'antidote et on n'en parlera plus. En attendant, je vais peut-être faire une petite sieste, souffla-t-elle en clignant difficilement des yeux.
Il ne faut pas que tu t'endormes ! l'avertit Léïa en la secouant fermement.
Oh lâches-moi Léïa ! Je n'en suis pas à mon premier empoisonnement…
Qu'est-ce que tu as aux bras ? demanda-t-elle d'une voix suspicieuse en voyant les pansements.
Rien ! Allez, ne me saoule pas et va faire la potion, grogna-t-elle hargneusement de mauvaise humeur.
Tu es vraiment pénible quand tu t'y mets Aliania, la gronda sa tante.
Avoue que tu fais exprès de bien prendre ton temps pour que les possibilités que je crève deviennent réelles, rétorqua-t-elle.
Je te défends de prétendre que je souhaite ta mort. Je t'aime, je n'ai jamais voulu te faire du mal !
La guerrière ferma les yeux et se concentra sur les paroles d'une ancienne chanson d'un artiste terrien afin d'éviter les paroles de sa tante. Celle-ci continuait de lui parler mais elle ne l'écoutait plus. Son père la souleva et l'installa dans un fauteuil sans qu'elle s'en rende compte. Son esprit s'évadait bien loin de Fondcombe pour se retrouver une nouvelle fois prisonnier d'une forêt sombre et angoissante…
Ne trouvant pas les fameux recueils de sa défunte sœur, Léïa confia à Elrond la surveillance de sa fille et de sa nièce avant de prendre le passage la menant vers Anabellissë. Elle se heurta à un champ de force et atterrit devant un portail en fer forgé. Elle n'eut pas à attendre longtemps avant qu'une personne d'un certain âge vienne à sa rencontre. La vieille femme portait une robe écossaise et tenait sa baguette devant elle.
Qui êtes-vous ? demanda-t-elle méfiante.
Je suis Léïa et je viens chercher Anabellissë. Je sais qu'elle se trouve ici. Il faut que je lui parle maintenant, c'est de la plus haute importance !
Je ne peux pas vous laisser entrer dans l'enceinte de l'école. Attendez-moi ici, décréta Minerva McGonagall qui était depuis peu à la tête de l'établissement.
Dépêchez-vous, grogna l'elfe entre ses dents. Le temps presse, une vie est en jeu.
Dix minutes plus tard, la sorcière revint accompagnée d'Anabellissë qui se demandait bien la raison de la venue d'une des reines d'Imladris sur Terre.
Léïa ? Que se passe-t-il ? s'empressa de se renseigner sa nièce adoptive.
Quelqu'un a reçu une flèche empoisonnée d'orques. L'antidote se trouvait dans un carnet de ma sœur mais je ne le trouve pas. Il paraitrait que tu sauras créer la potion.
Qui vous a dit cela ? Et qui est blessé ?
Peu importe il faut se hâter ! esquiva la Reine en se disant intérieurement qu'il fallait mieux qu'Ana ignore le retour catastrophique d'Aliania.
Je ne suis pas certaine de parvenir à trouver un antidote. Est-ce que tu as un extrait du poison ?
Oui, voilà la flèche...
Je vais essayer... Je te rapporterai la fiole dès que possible.
Peut-être que je ferais mieux de venir la récupérer, commença l'altesse.
Y-a-t-il quelque chose que je devrais savoir Léïa ? la coupa-t-elle en elfique. Que se passe-t-il en Terre du Milieu ces derniers mois ?
Le temps s'écoule inexorablement sans que les choses changent, déclara-t-elle calmement.
Dans ce cas, je ne vois aucune raison qui m'empêcherait de faire une halte à Imladris. Mes racines me manquent... À bientôt ! répliqua-t-elle en tournant les talons.
Est-ce que tout va bien Anabellissë ? s'enquit la Directrice.
J'ai une potion à préparer et je ne sais pas vraiment comment l'élaborer...
Demandez à Severus Rogue !
Il va se faire un plaisir de m'aider, railla-t-elle nerveusement.
Pourquoi personne ne perçoit-il ses bons côtés ? soupira sa collègue lassée.
Sans doute parce qu'il les cache très profondément depuis trop longtemps, répondit l'elfe machinalement.
Elle s'enferma dans la salle de classe devant un chaudron qui ne tarda pas à bouillonner. Malheureusement, elle avait beau essayer plusieurs formules, le contenu finissait soit par brûler, soit par exploser. Au cinquième échec, Severus Rogue fit son apparition en affichant une mine écœurée.
Par Merlin ! Qu'est-ce c'est que cette abomination ? grogna-t-il en jetant un regard noir furieux.
Un antidote, maugréa l'elfe exaspérée.
J'aurais juré que cela ressemblait plus à une tentative d'empoisonnement, persiffla-t-il moqueur.
Ça va ! Tout le monde sait ici que le Maître de potions, c'est vous ! Alors au lieu de vous moquer de moi, retroussez vos manches et concoctez l'antidote de ce poison ! Une vie est en jeu.
Vous ressemblez bien plus aux sœurs Lopès que vous ne le pensez Miss ! Sous vos airs de Miss Parfaite Intouchable, vous êtes en réalité d'une perfidie…
Ce n'est pas parce que vous avez un problème avec mes sœurs que je dois prendre pour elles ! rétorqua-t-elle. Je commence à en avoir assez de votre méchanceté gratuite. J'ai toujours été correcte avec vous alors j'apprécierai que vous en fassiez de même. Maintenant, si vous êtes juste venu pour me rebaisser, vous pouvez trouver une autre victime ! déclara-t-elle froidement en le regardant droit dans les yeux.
Qui diable a été assez stupide pour jouer avec une vieille flèche empoisonnée ? s'enquit-il d'un ton glacial en commençant à examiner l'objet d'un regard expert.
Chez moi, on ne joue pas avec des fléchettes mais on tue avec, dit Ana. Ne me regardez pas comme ça, c'est vrai !
Vous essayiez de me faire croire qu'il est courant de se faire empaler dans votre monde ? Je comprends mieux maintenant pourquoi vous ne voulez plus quitter le nôtre !
Une petite démonstration peut-être ? menaça l'elfe qui commençait vraiment à perdre son calme légendaire.
Je ne voudrais pas vous empaler maintenant, ça ferait trop de paperasse administrative… dit-il d'une voix faussement ennuyée.
Je n'envisageais pas les choses dans ce sens, souligna-t-elle.
Estimez-vous heureuse que j'accepte de rattraper votre travail lamentable ! rétorqua-t-il d'un ton acide en versant une pincée de sel qui acheva le filtre.
Fallait juste rajouter une pincée de sel ? Ça, n'importe qui aurait pu le trouver, marmonna-t-elle vexée.
Et encore, vous auriez rattrapé correctement les cours de première année, vous auriez su qu'il suffit d'un simple bézoard pour neutraliser la plupart des toxines.
Nous n'avons pas les mêmes valeurs… maugréa-t-elle en remplissant plusieurs fioles avant de courir ouvrir un passage vers sa cité.
Surtout ne me remerciez pas ! Et ne rangez pas le désordre que vous avez fait dans ma salle de classe ! vociféra le Maître des cachots furieux.
L'elfe venait de passer devant la cabane désormais vide du garde-chasse lorsqu'elle aperçut Harry et Ron sortir de la Forêt Interdite dans une boîte métallique bleue toute cabossée qui les éjecta violemment sur le sol.
Mais qu'est-ce que vous faites dehors à cette heure-ci les garçons ! les gronda-t-elle. Vous allez bien ? s'inquiéta-t-elle en voyant le rouquin rendre son dîner sur les plants d'Hagrid.
Suivre les araignées ! Si Hagrid sort d'Azkaban, je le tue ! s'insurgea-t-il en s'essuyant la bouche.
On a au moins appris une chose : il n'a jamais ouvert la Chambre des Secrets !
Bon, retournez dans la Salle Commune, je vous rejoins dès que possible ! leur ordonna-t-elle. Et ne faites pas de détour !
Elle franchit le portail et faillit rentrer en collision avec le Reine Prestya :
Et bien ! En voilà des manières ! s'indigna sa tante adoptive.
Désolée, je maîtrise mal les portails… Bien le bonjour à vous ma Reine, sourcilla Ana.
Je sens comme une once d'ironie dans ses propos…
À force d'entendre que je suis insolente, je vais finir par le croire, lâcha-t-elle rapidement. J'apporte une potion à votre sœur. Où est-elle ?
Je vais lui amener, j'allais me rendre à la maison de guérison de toute façon.
Parfait, je ne peux m'attarder. Au revoir, s'inclina-t-elle avant de repartir vers l'école de magie.
On a rencontré Aragog, l'araignée soupçonnée d'avoir agressé les nés-moldus il y a cinquante ans. Elle nous a appris que ce n'était pas Hagrid le responsable des attaques et que les créatures elles-mêmes redoutaient le monstre de la Chambre. Ah oui, il nous a aussi dit qu'une fille était morte dans les toilettes !
T'imagines si elle y est toujours, posa l'elfe comme hypothèse.
Attends, tu veux parler de…
Mimi Geignarde ! firent-ils en chœur.
Allons la voir et discrètement si possible.
Pas ce soir, les raisonna l'elfe. C'est trop risqué. On essayera dans la semaine.
Quelques jours plus tard, les élèves subirent un nouveau choc : non pas qu'il y ait eu une nouvelle attaque, mais le Professeur McGonagall leur annonça que les examens commenceraient début juin malgré les circonstances. Néanmoins, elle leur apprit également que les filtres de mandragore étaient quasiment achevés et que les victimes pourraient sûrement dénoncer l'identité de l'héritier de Serpentard. Ginny vint s'asseoir le regard hagard vers son frère qui la dévisagea.
Ça ne va pas Gin ? Tu as vu quelque chose de suspect qui concerne la Chambre des Secrets ?
Elle s'apprêtait à lui répondre lorsque Percy les interrompit et la chassa sans ménagement sous les protestations indignées de Ron. Furieux, celui-ci quitta la table suivit du Survivant. Ana maudit intérieurement le Préfet en Chef qui avait empêché la jeune Weasley de se confier. Cela faisait des semaines qu'elle se conduisait étrangement et elle avait l'air de savoir quelque chose sur les évènements de cette année. Décidée, elle se mit en quête de la première année.
Pendant ce temps-là, les deux Gryffondors voulaient se rendre dans les toilettes des filles du deuxième étage lorsqu'ils rencontrèrent leur Directrice de Maison qui s'apprêtait à leur faire payer leur escapade. Pris d'un élan de génie, Harry prétendit qu'ils se rendaient à l'infirmerie pour voir Hermione qui leur manquait énormément. Il n'aurait pas pu trouver meilleure excuse aux yeux de la vieille femme. Leur visite n'allait pas être une perte de temps étant donné qu'ils étaient sur le point de découvrir la raison qui avait poussé leur amie à se précipiter à la bibliothèque…
Léïa se chargea d'administrer le filtre à sa nièce qui avait considérablement pâli et qui divaguait depuis plusieurs heures. Une chance qu'elle avait plus de résistance que la moyenne ! D'un côté, Léïa était consciente qu'Aliania avait agi de la sorte pour une cause honorable mais d'un autre côté, elle s'inquiétait de la facilité qu'elle avait à se mettre en danger systématiquement. Entre un esprit de sacrifice et un esprit de suicidaire, il n'avait qu'un pas et celui-ci avait déjà été franchi plus d'une fois.
La sorcière papillonna des paupières et grimaça lorsqu'elle fut aveuglée par la douce lumière du jour. Elle se redressa sur ses coudes puis s'étira en baillant.
N'as-tu pas assez dormi ces dernières heures ? la nargua sa tante en guise de bonjour.
Trop justement, je n'ai pas l'habitude de dormir aussi longtemps.
Tu n'aurais pas dû faire cela Aliania….
J'aurais dû laisser ta fille mourir ? rétorqua-t-elle vivement. On sait tous ici que j'étais la seule à pouvoir survivre suffisamment longtemps !
Tu n'avais aucune certitude !
Et alors ?
Ne tiens-tu donc plus à la vie ? murmura-t-elle choquée.
Ça serait si étonnant que ça ? répliqua sa nièce hargneuse en se levant.
Aliania…
C'est bon, fiche moi la paix ! Occupes toi donc de tes affaires !
Ton état fait partie de mes affaires. Tu es ma nièce, je suis responsable de toi.
Par l'instant, tu es surtout responsable de l'épreuve qui va bientôt commencer alors qu'est-ce que tu fais encore là ? contre-attaqua la guerrière.
Il nous manque le rôle principal. Lenya n'est pas encore remise de l'attaque.
Je ne veux pas dénigrer le talent de ta fille mais c'était stupide de ne pas lui avoir prévu une doublure, fit remarquer l'elfe acerbe.
Ça pourrait être toi…
La jeune femme éclata d'un rire sans joie et notifia à sa tante qu'il était hors de questions qu'elle joue les remplaçantes. Elle n'était revenue que pour la bataille contre Sauron et se contrefichait des foutues épreuves qu'on leur imposait. Ils n'avaient qu'à se débrouiller tout seul pour une fois ! Par contre, elle n'allait pas se gêner pour épier le résultat à distance.
En fin d'après-midi, la sorcière se positionna bien à l'abri dans un arbre qui surplombait la scène improvisée. Le spectacle avait lieu dans la vallée d'Imladris ce qui était fort étonnant. Habituellement, les lieux étaient choisis loin de toute habitation (du moins en Terre du Milieu car il était déjà arrivé que des épreuves se déroulent sur la planète Terre). Comme elle s'y attendait, le test fut un désastre. La plupart étaient des débutants et ne semblaient même pas savoir quel rôle jouer. Les plus anciens peinaient à remonter le niveau général. Lenya avait les larmes aux yeux dans les tribunes. Prenant pitié, elle descendit discrètement et alla s'asseoir près d'elle.
C'est un massacre… gémit-elle consternée.
Ça, je ne te le fais pas dire, admit sa cousine avec un sourire narquois.
C'est de ma faute.
N'importe quoi ! répondit son interlocutrice avec conviction. Les accidents, ça arrive tous les jours – surtout ici – tu n'as rien à te reprocher. Normalement, tu aurais dû avoir une doublure dans l'éventualité où il t'arriverait quelque chose. Prestya s'est plantée une fois de plus.
Pourquoi tu t'en prends toujours à elle ?
Pourquoi elle s'en prend toujours à moi ? rétorqua-t-elle lasse.
Vous n'avez jamais songé à faire la paix toutes les deux ?
J'ai beau chercher mais je ne vois pas comment cela pourrait être envisageable. Tu n'es peut-être pas au courant, mais elle a gravement trahi ma sororité il n'y a pas si longtemps. Et les conséquences ont été funestes !
Tu ne peux pas savoir si cela a joué sur ce qui s'est passé, murmura-t-elle.
Je n'ai pas l'intention de me fâcher avec toi alors changeons de sujet, veux-tu ? déclara-t-elle sur un ton qui n'admettait pas de réplique.
Au fait, merci de m'avoir sauvé la vie !
Tu plaisantes, ce n'était rien. Ta mère m'a déjà fait tout un discours là-dessus.
Mais qu'est-ce qu'il fait ! s'exclama-t-elle en regardant un des danseurs être à contre temps sur la musique. Hey mais je vais prendre sa place ! décida-t-elle en esquivant un mouvement pour se lever.
Tu ne peux pas, rassois-toi Lenya ! ordonna fermement sa cousine.
Mais pourquoi ? protesta l'adolescente.
Parce que tu ne peux même pas lever le bras pour l'instant, expliqua-t-elle en lui désignant son épaule bandée. Et de toute façon, une fois qu'une épreuve est commencée, personne n'a le droit d'intervenir sauf cas très exceptionnel. La nullité d'un candidat ne compte pas…
Quelles sont ces exceptions ? se renseigna-t-elle curieuse.
C'est plus si quelqu'un se blesse gravement ou pire… éluda-t-elle. Oula ! Je ne veux même pas regarder la suite, lâcha-t-elle en se cachant les yeux après avoir vu une fille glisser lors d'une pirouette simple.
Il parait que tu pars avec le reste de la Communauté demain ? souffla Lenya. Tu es sûre de toi ?
Pourquoi est-ce que je ne serai pas sûre ? fit Aliania perplexe.
Je t'imagine mal vivre entourée d'hommes… Je veux dire, tu fuis tout le monde depuis… enfin tu vois ? Comment tu vas supporter la vie en groupe ? Surtout qu'il y a Leg…
J'ai dit que j'allais participer à cette quête, la coupa-t-elle abruptement. Ça ne veut pas dire que je vais rester collée à eux. Je me fous de qui y participe.
Si tu le dis, céda sa cousine qui savait qu'au fond elle avait visé juste.
J'vais faire mon sac, à plus !
Elle se dirigea vers sa chambre en essayant d'effacer de sa mémoire la vision de l'épreuve chaotique. Au détour d'un couloir, elle fut stoppée par une voix de femme provenant de derrière elle :
Ainsi, les rumeurs étaient donc vraies ? sortit-elle calmement.
Quelles rumeurs ? demanda froidement Aliania sans se retourner tout en sachant très bien à qui elle avait affaire.
Tu es de retour.
Ça fait un moment, grogna-t-elle en faisant face à son interlocutrice.
Trop sympa de ta part de m'avoir donné des nouvelles, grommela Aliana.
Son aînée se tenait droite devant elle, les poings serrés et le visage fermé. La connaissant bien, la sorcière pouvait affirmer que sa sœur était en train de se contenir pour ne pas déverser sa rage.
Qu'est-ce que tu veux ? demanda simplement la cadette d'un ton indifférent.
Qu'est-ce que je veux ? répéta-t-elle dangereusement. J'apprends que ma petite sœur qui a disparu du jour au lendemain refait surface l'air de rien et tu oses me demander ce que je veux ?
Comment l'as-tu su d'ailleurs ?
Ce qui est génial avec une rumeur, c'est qu'elle contient souvent une part de vérité avec quelques enjolivements et que personne n'est capable de déterminer d'où elle est partie.
C'était quoi les enjolivements ?
Oh, que tu étais devenue totalement muette et que tu ne voulais plus te battre. Un tissu de conneries en somme, décréta-t-elle en toisant son double. Comme si tu étais du genre à fermer ta gueule et à adopter une attitude pacifique !
Si tu le dis…
Attends… c'est vrai ? s'enquit Aliana ahurie.
J'ai l'air muette là ? s'agaça-t-elle. En plus, je suis à deux doigts de m'énerver et de me défouler sur toi !
Qu'est-ce qu'il t'est arrivé ? murmura-t-elle ne comprenant pas sa sœur.
La version officielle est que ma jumelle a été assassinée et que j'ai fui la réalité !
Et la version officieuse ?
T'as qu'à créer la tienne, l'agressa-t-elle en essayant de poursuivre sa route.
Aliana ne l'entendit pas de cette oreille et l'attrapa par le bras pour la stopper brutalement. Durant plusieurs secondes, leurs regards s'affrontèrent furieusement.
Lâche-moi, ordonna Aliania avec force.
Pourquoi es-tu si méchante avec moi ? Qu'est-ce que je t'ai fait ? Pourquoi tu t'en prends à moi ? enchaîna son aînée sans lui obéir.
Je me prendrai à quiconque me soûlera !
Ok, je te soûle. Et je peux savoir pourquoi ?
Parce que.
Alors ça, c'est de la grande explication ! la félicita ironiquement son double en l'applaudissant.
La Terre ne tourne pas autour de ta personne Aliana !
Heureuse de l'apprendre. Quoique… j'avais plutôt l'impression que tout gravitait autour de toi ces derniers temps ! ragea-t-elle. Y'en a que pour toi ! Tous ne parlent que de toi : où est-ce qu'elle est partie ? Comment va-t-elle ? La reverra-t-on un jour ? Qu'est-ce qu'on va devenir sans notre Protectrice ? Dois-je continuer la liste des lamentations ?
Sa sœur se contenta de l'incendier du regard. Mais qu'est-ce qui lui prenait de lui sortir ça ?
Au fait, si tu te poses la question, moi ça va ! Je me suis amusée comme une folle cette année ! Je n'ai fait que côtoyer des démons pendant un an et…
En même temps, qui côtoierais-tu d'autre ? argua l'elfe de mauvaise humeur. Ce sont des potes, non ? Tu es même hautement placée dans leur hiérarchie grâce à ton chéri. Ça ne doit pas être trop compliqué à gérer comme position !
Au moment même où les mots franchirent ses lèvres, la sorcière se gifla mentalement. Mais qu'est-ce que lui prenait de dire des ignominies pareilles ? Elle n'en pensait pas un mot en plus ! C'était plus fort qu'elle : il fallait absolument qu'elle cible à la perfection le talon d'Achille des gens et qu'elle s'acharne dessus même si elle n'en avait pas réellement envie… En voyant le visage choqué de sa sœur, elle se mordit les lèvres et culpabilisa. Jusqu'à présent, elle s'était toujours battue pour faire accepter son aînée aux yeux de la Lumière et voilà qu'en une seule stupide phrase, elle venait de basculer du côté des préjugés destructeurs.
J'en reviens pas de ce que tu viens de me dire, souffla Aliana en reculant d'un pas.
Aliana… je suis désolée, murmura-t-elle sincèrement. Je ne sais pas ce qu'il m'a pris je ne comprends pas ce qu'il m'arrive ! dit-il d'un ton rempli de larmes.
Cela eut pour effet de radoucir l'expression de son aînée qui la serra dans ses bras sans hésiter. Celle-ci se laissa faire, soulagée que sa sœur ne lui tienne pas rigueur de son erreur.
Ma chérie, je sais que tu te sens perdue et seule… Tu as de la peine et de la colère. Je sais aussi que tu veux venger notre sœur et que c'est l'unique pensée de ton esprit pour l'instant, lui confia-t-il à voix basse en lui caressant tendrement les cheveux.
Si tu savais comme ça fait mal… avoua sa cadette dans un sanglot étouffé.
Je sais…
Prestya a recouru à l'aide de deux autres personnes pour rompre nos liens gémellaires, lui apprit-elle toujours avachie contre son double. Ils vont tous payer !
Qui ça ? se renseigna Aliana tout en se crispant à l'annonce de cette nouvelle.
Saroumane, commença-t-elle avant d'être interrompue par son interlocutrice offusquée :
Oh le bâtard ! Et après il ose dire que je suis maléfique ! Et c'est qui le deuxième ?
Je ne connais pas son nom, je sais juste qu'il s'agit d'un démon. D'ailleurs, je comptais sur toi pour mener l'enquête là-dessus, avoua sa sœur qui n'avait pu s'empêcher d'esquisser l'ombre d'un sourire face à la réaction de sa jumelle.
Dès que j'aurai mis la main dessus, il va regretter d'être venu au monde cette ordure ! jura-t-elle en serrant des dents.
Un silence étrangement paisible s'abattit sur les deux guerrières. Elles s'étaient assisses à même le sol et écoutaient discrètement le bruit de l'épreuve au loin.
C'est un massacre, tu ne trouves pas ? s'enquit la compagne d'Arthélius en grimaçant.
Et encore, tu n'as pas eu un visuel ma belle ! lâcha sa cadette avec un sourire désabusé.
Vivement que tu reprennes pour remonter le niveau.
Ce n'est pas dans mes projets, signala la jeune fille calmement.
Comment ça ? s'étonna-t-elle.
Je suis revenue pour une raison bien précise.
Venger Alana ?
Ça, c'est ce que je cherche à faire depuis le début… Une guerre contre le Mordor se prépare et je veux en être. Je refuse que cette pourriture refasse surface.
Là-dessus, on est bien d'accord, maugréa son double. J'ai ouï dire que les Neuf étaient à nouveau sortis. Est-ce vrai ?
Oui, j'ai eu l'occasion de les enflammer…
Ils cherchent l'Unique ?
Ce n'est pas un scoop.
Et tu sais où il est ? s'étrangla Aliana surprise.
Pourquoi cette question ? Tu t'es toujours moquée de ce pouvoir.
Moi oui ! Qu'en ferais-je ?
Par contre, Arthélius se verrait bien avec je suppose ? se méfia l'elfe.
Non ! protesta sa compagne.
Tant mieux parce que si tel était le cas, j'aurais eu du mal à justifier que je ne veuille toujours pas l'éliminer. Désolée ma chérie, mais c'est toujours la même rengaine…
On a un accord, il tient toujours n'est-ce pas ?
De mon côté, il tient toujours. Je ne touche pas à Arthélius tant qu'il ne s'en prend pas aux miens.
Ça ne te dirait pas de venir à la maison ? demanda-t-elle d'un ton enjoué.
Franchement, ça m'aurait bien tenté mais je dois préparer mon sac de voyage.
Tu repars ?
Oui et pas toute seule cette fois. Avec d'autres personnes, nous devons accomplir une quête.
Quelle quête ?
Tu es intelligente, je suis sûre que tu connais la réponse au fond de toi, lui fit-elle dans un clin d'œil.
Ça a un rapport direct avec la guerre contre Sauron ?
Aliania afficha un mystérieux sourire et s'éloigna en haussant les épaules. Personne ne pourrait l'accuser d'avoir informé « l'ennemi » de leur mission. Et Aliana ne pourrait pas non plus dire qu'elle n'avait pas saisi de quoi il en retournait.
Tôt le lendemain, les dix membres de la Communauté de l'Anneau étaient prêts à partir vers l'inconnu. Sam et Frodon affichaient un air inquiet tandis que Pippin et Merry les observaient perplexes. La sorcière doutait fortement qu'ils sachent ce qu'il les attendait. Après tout, ils ne connaissaient rien du monde – du moins au-delà des minuscules frontières de la Comté – et étaient loin d'imaginer quelles épreuves ils allaient devoir surmonter. Gimli fixait d'un œil mauvais Legolas qui faisaient ses adieux à ses amis. Boromir se demandait si ces deux-là réussiront à faire plus d'une journée de marche sans s'étriper. Quant à Aragorn, son visage fermé dissimulait un cœur lourd : à quelques mètres de lui se tenait Arwen. Elle-aussi affichait un air triste et angoissé. À l'instar des hobbits, la Princesse d'Imladris avait tout à fait conscience du danger mortel de cette quête. Il était quasiment impossible que tous en reviennent sains et saufs. Après que Gandalf ait échangé quelques mots avec Elrond, il se tourna vers Frodon et lui demanda d'annoncer le départ en tant que porteur de l'Unique. Les hommes soupirèrent et mirent doucement en mouvement.
Aliania ! héla Léïa hésitante.
Quoi ? expira-t-elle en roulant des yeux.
Promets nous d'être prudente… supplia-t-elle en obligeant sa sœur Prestya a demeurer à côté d'elle.
La sorcière ricana. Ses tantes qui tentaient de jouer leurs rôles de… tantes. Quoi de plus normal en somme ? Sauf que rien n'avait jamais été normal dans leur famille.
Tâche de ne pas entacher notre honneur en dehors des frontières de ce pays, lâcha froidement Prestya. Ne te fais pas remarquer, exigea-t-elle.
Au lieu de l'insulter et de prouver à sa tante qu'elle ne savait pas se maitriser, la guerrière afficha un grand sourire hypocrite avant de déclarer :
Je te remercie pour ses encouragements si agréables et te confie avec joie et sérénité la protection d'Imladris. D'ailleurs, reste bien au sein de ses frontières. Qui sait ce qu'il pourrait arriver en dehors de cette cité ? Les vrais champs de batailles sont tellement chaotiques… Une flèche est si vite perdue… Il serait extrêmement malheureux qu'une des grandes figures des Âges Anciens disparaissent tragiquement il en reste déjà si peu, conclut-elle d'un air faussement peiné.
C'est une menace ?
Si tu le prends comme telle, j'en suis ravie. Ça signifie que tu as peur de moi. Remarque, je le comprends. Je n'aimerais pas d'avoir comme ennemie.
Elle se retourna vers sa plus jeune sœur, la fixa quelques secondes avant que celle-ci n'ouvre la bouche :
Bonne chance…
Bonne chance à toi-aussi. Après tout, c'est toi qui va devoir rattraper tous les dérapages.
Mais Léïa reste là pour…
Tu es la représentante de la sororité des Protectrices. Il est de ton devoir de prendre des décisions, de les faire appliquer et de lutter contre les influences extérieures.
Je ne m'en sens pas capable, avoue-t-elle gênée.
Tu l'es, décréta son aînée avec fermeté. Tu l'ignores juste. Fais toi confiance autant que tu nous as fait confiance à Alana et moi ces derniers siècles, lui intima-t-elle en elfique dans l'ombre d'un sourire.
Qui te dit que j'avais confiance en vous ? rétorqua-t-elle.
Échangeant un dernier sourire complice, Aliania jeta son sac sur son dos, rattrapa le reste des hommes et leur passa devant la tête haute avec une démarche assurée.
Ana avait fini par rattraper Ginny avant qu'elle ne s'enferme dans sa chambre. Elle avait toujours l'air apeurée et sur le point de fondre en larmes.
Qu'est-ce qu'il ne va pas Ginny ? lui demanda doucement l'elfe en l'incitant à s'asseoir sur son lit.
J'en suis pas sûre, gémit-elle en lançant des regards effrayés autour d'elle.
Il n'y a que toi et moi dans cette pièce, de quoi as-tu peur ?
Je n'en sais rien, je ne sais plus, murmura-t-elle perdue avant de se mettre à pleurer.
Essayes de me dire ce qu'il se passe dans ta tête Ginny, tu te sentiras mieux après…
J'ai comme… comme des absences. Je… ne me souviens pas de certains moments de la journée.
D'accord ma chérie, la berça l'elfe d'une voix douce, depuis quand as-tu ces absences ?
Je ne sais pas, sanglota-t-elle. Je suis un monstre !
Pourquoi dis-tu cela ? Les monstres, ça me connait et je peux t'assurer que tu ne ressembles à aucun d'entre eux, plaisanta-t-elle.
Laisses moi tranquille s'il te plait, je veux être seule ! l'agressa la rouquine qui apparemment ne s'était pas laissée dérider par la blague.
Comme tu veux ma belle, je suis là si tu veux me parler. À n'importe quelle heure du jour ou de la nuit…
À l'infirmerie, les deux garçons venaient de trouver dans la main pétrifiée de leur amie une page d'un livre arrachée parlant des basilics. Ils comprirent rapidement qu'il s'agissait du monstre de la Chambre. Tout concordait ! Le basilic est un serpent géant qui effraie les araignées. Son regard est mortel mais étant donné que personne ne l'avait regardé directement dans les yeux, les victimes avaient juste été pétrifiées. La jeune fille avait même griffonné à a hâte qu'il se déplaçait via les tuyaux de canalisation de l'école. Ron arriva à la déduction que l'entrée de la Chambre devait se trouver dans les toilettes où avait été tuée Mimi Geignarde. Ils décidèrent d'aller prévenir la Directrice lorsque sa voix retentit magiquement dans l'ensemble du château :
Les élèves doivent immédiatement regagner leurs dortoirs et y rester jusqu'à nouvel ordre. Les professeurs sont attendus de toute urgence au deuxième étage.
Tu crois qu'il y a eu une nouvelle agression ? gémit Ron anxieux.
Allons voir ! choisit Harry en se précipitant vers le lieu de rencontre.
Arrivés sur place, ils se cachèrent derrière des statues et attendirent que Minerva McGonagall informe l'équipe de professeurs et Anabellissë des derniers évènements. Le visage sombre, elle déclara que le pire venait de se produire et que Ginny Weasley avait été emmené dans la Chambre des Secrets par le monstre. La nouvelle en choqua plus d'un et Ron fut au bord de l'évanouissement.
Mais c'est impossible ! Je viens de laisser Ginny dans sa chambre ! Comment aurait-elle pu disparaitre ?
Le fait est que l'héritier vient de laisser un nouveau message et la jeune Weasley est introuvable.
Quel message ?
« Son cadavre pourrira à jamais dans la Chambre »…
À ce moment, Lockhart fit son entrée avec son insupportable sourire charmeur. Il l'effaça vite lorsque ses collègues lui expliquèrent la situation et firent mine d'exiger – pour se débarrasser de lui – qu'il intervienne enfin. Le Professeur de Défense contre les Forces du Mal retourna dans son bureau pour se préparer. Les deux Gryffondors se précipitèrent à sa suite pour l'informer de ce qu'il l'attendait. Ana, qui les avait suivis, ne s'étonna guère de voir le professeur en train de se faire la malle sous les yeux offusqués des élèves.
- Vous allez quelque part ? intervint le Survivant d'un air peu amène.
- Oui, une urgence... commença Lockhart en fermant son sac.
- Mais ma sœur ? protesta Ron outré.
- Oui, c'est malheureux...
- Malheureux ? rajouta l'elfe d'une voix froide qui ne lui était guère familière. Je suis curieuse : de quelle nature est votre soi-disant urgence ?
- Cela ne vous regarde pas... marmonna-t-il.
- Du moment que cela joue sur la vie d'une élève, si, ça me regarde ! rétorqua Ana.
- Je n'ai jamais accepté un poste où il était dit que je devrais affronter un monstre, maugréa-t-il.
- Vous prenez la fuite ! soutint Harry en se plaçant devant la porte du bureau pour lui barrer le passage. Après tout ce que vous avez raconté dans vos livres...
- Ses livres ? le coupa l'elfe moqueuse. C'est juste du baratin ! Il n'a jamais vu une seule des créatures recensées dans ce tissu de mensonge. Usurpateur va ! Vous ne savez strictement rien faire, vous êtes pathétique !
- Puisque vous en parlez, il y a un sortilège que je réussis à tous les coups, répliqua-t-il en brandissant sa baguette vers elle.
Il n'avait cependant pas prévu dans son plan de repli que les deux autres Gryffondors prendraient la défense de leur amie. Grâce à un magnifique reflexe, Harry lui déroba sa baguette et le menaça avec.
- Quand bien même je le voudrais, j'ignore où est la chambre, pâlit-il.
- Vous avez de la chance, nous savons exactement où se trouve l'entrée de la Chambre des Secrets, fit Ron durement.
Le trio obligea le professeur a lui suivre dans les toilettes des filles. Mimi sembla ravie d'avoir un nouveau visiteur et l'aspergea avec de l'eau des cabinets en guise de bienvenue.
Une chance que plus personne n'utilise ces toilettes, souligna Ron qui ne put s'empêcher de se réjouir à la vue de Lockhart écœuré de voir ses cheveux dégoulinants.
Si tu veux mon avis, c'est loin d'être son principal problème, précisa son ami en observant de plus près un lavabo défectueux. C'est là, souffla-t-il. Regardez le serpent sur le robinet…
Dis quelque chose en Fourchelangue Harry, lui conseilla Ana.
Après plusieurs tentatives infructueuses, le Gryffondor parvint enfin à émettre un sifflement qui n'avait rien d'humain. Les lavabos s'écartèrent pour laisser place à un tunnel qui s'enfonçait dans les profondeurs du sol. L'elfe grimaça : comme tout elfe qui se respectait, elle redoutait les endroits sombres et exigus. Ils obligèrent le faux professeur à descendre en premier. Après avoir respiré un grand coup, Ana sauta dans le conduit et faillit atterrir sur Ron tellement l'arrivée fut brutale.
Si quelque chose bouge, fermez immédiatement les yeux, exigea le brun.
Pourquoi cela ? se renseigna l'elfe qui ignorait encore l'identité du monstre de Serpentard.
Le monstre est un basilic, un reptile géant qui tue quiconque croise son regard…
Pardon ? fit-elle en espérant avoir mal entendu.
On ne t'avait pas prévenue ? sortit innocemment son protégé tentant une pointe d'humour pour détendre l'atmosphère.
Non, je m'en serais souvenu si cela avait été le cas ! stressa-t-elle soudainement.
Elle était à deux doigts de faire demi-tour. Elle ne se sentait pas prête à ce genre d'affront. Dans le fond, elle n'avait rien d'une guerrière et aspirait à une vie tranquille à Imladris. Puis elle se souvint de tout ce qu'elle avait déjà affronté malgré elle avec succès.
Oui mais Aliania ou ses sœurs étaient là pour te sauver la face, lui dit une petite voix dans sa tête.
Certes, mais tu es capable de gérer ce qu'il va se produire, sinon tu n'aurais jamais décidé de prendre la relève… la contredit une autre voix intérieure.
Si seulement Aliania pouvait être là… elle saurait quoi faire !
Vraiment ? Il s'agit quand même d'un serpent géant. Elle a beau être courageuse et puissante, elle pourrait facilement paniquer face à une telle bêbête…
Ses propres pensées la firent rire. Il n'était en effet pas inenvisageable que son amie devienne hystérique face à un serpent. Autant une armée entière ne l'effrayait pas, autant une simple couleuvre pouvait la faire hurler de terreur. Heureusement pour elle, beaucoup ignorait cette faiblesse.
Flash-back
Anàrion, Alana, Aliania et Anabellissë était tranquillement assis dans l'herbe autour d'un repas improvisé. Le soleil brillait de mille feux et faisait étinceler l'eau claire d'une rivière. Au loin, ils pouvaient entendre le bruit apaisant de la cascade qui se mêlait aux chants d'oiseaux. Les quatre amis riaient de bon cœur, insouciants et heureux.
Ma chérie, tu peux me passer une pomme ? demanda Alana à sa petite sœur.
Flemmarde va ! Tu ne peux pas te bouger ?
Non, tu es plus près ! gémit-elle d'une voix faussement plaintive.
L'elfe allait tendre sa main en direction du panier à trois mètres derrière elle lorsque son amie l'interpella :
On a dit pas de magie ! protesta-t-elle. Tu ne te souviens pas du concept « balade entre amis normaux » ?
Je me demande qui a eu une idée aussi saugrenue, maugréa-t-elle en se levant pour aller chercher le fruit.
C'est toi ! rétorquèrent hilares ses compagnons.
Mais pourquoi j'ai dit ça ? rigola-t-elle avec eux. Je ne devais pas avoir les idées bien cl… ARGHHHHHHHHHHHHHH ! hurla-t-elle avant de se précipiter derrière Anàrion qui s'était levé précipitamment.
Qu'est-ce qu'il te prend ? Tu m'as fait peur ! fit Alana avec une main posée sur son cœur.
Y'a une bestiole ! cria-t-elle hystérique.
Quoi ? Tu as peur d'une petite araignée ? se moqua ouvertement Ana en la dévisageant avec des yeux ronds.
Rien à foutre des araignées ! continua-t-elle à hurler en se cachant derrière l'homme perplexe. Y'a un serpent au pied de l'arbre ! Fais le partir ! lui ordonna-t-elle paniquée.
Mais ce n'est qu'une couleuvre ! la rassura-t-il en se retenant de rigoler face à la réaction excessive de celle qui prétendait n'avoir peur de rien ni personne. Je suis sûr qu'elle a eu plus peur que toi.
Tu es sûr qu'elle est partie ? grogna-t-elle en observant de loin l'arbre.
Promis ! certifia-t-il en jetant un regard d'avertissement aux deux jeunes femmes mortes de rire.
Le premier qui raconte cet épisode à qui que ce soit aura signé son arrêt de mort, marmonna néanmoins distinctement la sorcière vexée.
Fin du flash-back.
Les trois élèves et le professeur se retrouvèrent face à une immense forme immobile. S'approchant avec précaution, Harry constata qu'il s'agissait d'une ancienne peau de serpent enroulée sur elle-même.
Wow, elle doit faire au moins six mètres ! murmura le rouquin impressionné.
Ce constat suffit pour que Lockhart tourne de l'œil sous le regard blasé des Gryffondors. C'est à ce moment-là que Ron fit une erreur monumentale : il incita le professeur à se redresser en l'apostrophant avec la pointe de sa baguette. L'imposteur en profita pour s'en emparer et lancer son sortilège préféré : le sort d'amnésie. Il n'avait cependant pas prévu que la baguette cassée se retourne contre lui. Le choc fut tel qu'il fut projeté contre l'une des parois qui se fissura. Harry eut le temps de s'éloigner et de se cacher sous la mue. Heureusement pour Ron, Ana l'avait écarté de force de l'endroit où le passage venait de s'ébouler, assommant au passage Gilderoy Lochkart.
Harry ! hurlèrent-il. Tu n'as rien ?
Non ça va, et vous ?
On a juste Lochkart d'assommer mais ce n'est pas grave, résuma Ron.
Et on n'a plus de baguette, compléta l'elfe en constatant qu'elle avait perdu sa sienne dans sa chute. De toute façon, le plafond est trop instable, on ne peut pas se frayer un passage avec un sort !
Je vais chercher Ginny, essayez de libérer un espace pour qu'on puisse passer. Si jamais je ne suis pas revenu dans une heure… se stoppa-t-il.
Harry, sois prudent ! le supplia l'elfe. On va chercher de l'aide.
À tout à l'heure ! lança-t-il le cœur noué.
Ana essayait de déblayer des pierres mais la tâche s'avérait impossible. Non seulement les blocs étaient trop lourds, mais aussi trop branlants. Elle risquait de tout faire s'écrouler… Elle avait réussi à libérer un espace d'une trentaine de centimètres de diamètre mais elle ne pouvait pas se hisser par là.
Ron, restes ici et essaies de faire de la place. Je vais remonter le passage et chercher Dumbledore.
Comment tu veux remonter le tunnel ?
Je ne suis pas mauvaise en escalade, le rassura-t-elle avec un faible sourire. N'hésite pas à refrapper cet idiot si jamais il se réveille….
Je croyais que tu étais contre la violence…
Il y a des cas où elle s'avère nécessaire. Mais ne te sens pas obligé d'appliquer cette doctrine Ron… À tout à l'heure.
Avec aisance, elle s'agrippa aux parois lisses du tunnel et entreprit son ascension sous le regard inquiet du jeune Weasley. Heureusement que les elfes possédaient une incroyable agilité et une certaine légèreté – la preuve étant qu'ils pouvaient marcher sur la neige s'ans s'enfoncer dedans – fort pratique dans ce genre de situations aériennes. Une fois à la surface, elle se précipita vers le bureau du Directeur avant de se rendre compte que de toute manière, il ne pouvait pas y être. Se maudissant, elle fit demi-tour pour se rendre à la volière envoyer un courrier en urgence. Sur son chemin, elle croisa le vol d'un étrange volatile rouge et or qui tenait dans son bec un vieux morceau de tissu rapiécé. Cela c'était passé tellement vite que la jeune femme crut avoir halluciné. Reprenant sa course, elle griffonna un rapide signal de détresse et chargea Hedwige, la chouette blanche de Harry, de trouver Albus Dumbledore. Ensuite, elle courut jusqu'au bureau de sa Directrice de Maison pour l'avertir des derniers évènements. Frappant à la porte, elle fut rapidement invitée à rentrer et se retrouva devant les parents Weasley. La mère était effondrée dans les bras de son mari qui retenant lui-aussi à grande peine ses larmes. Voyant l'elfe avec des vêtements sales et déchirés, Minerva McGonagall se leva et lui proposa un siège.
Professeur, je dois vous parler en privé.
Je suis actuellement occupée, répondit-elle ennuyée. Je suis avec Monsieur et Madame Weasley…
Oui, je l'ai bien remarqué. C'est vraiment urgent, ça concerne la Chambre des Secrets !
Est-ce que vous savez quelque chose ?
Vous avez des nouvelles de ma Ginny ? intervint la mère désespérée
Pas exactement. Mais je sais comment se rendre là-bas et ce qui s'y cache.
Mais comment savez-vous… balbutia son professeur.
Peu importe, on n'a pas le temps pour les détails ! Lochkart est descendu dans la Chambre avec deux Gryffondors pour tenter de retrouver Ginny.
Qui ça ? s'alarma-t-elle.
Harry et Ron, en jetant un regard gêné lorsqu'elle vit Mrs Weasley au bord de l'évanouissement.
Et vous n'avez pas jugé bon de les en empêcher ! s'emporta la Directrice Adjointe. À quoi pouviez-vous bien penser ?
Le temps ne joue pas en notre faveur Professeur, se défendit-elle. À chaque minute que nous perdons en paroles inutiles, les chances de retrouver vos élèves s'amenuisent. J'ai envoyé un hibou à Dumbledore mais je ne sais pas s'il va le recevoir. Il y a eu un éboulement dans le passage : Ron et Lochkart – qui au passage est amnésique – sont restés coincés tandis que Harry essaye de trouver Ginny. Le basilic ne doit probablement pas être loin !
Le basilic ! Oh Merlin ! s'épouvantèrent les adultes.
À ce moment précis, la porte du bureau s'ouvrit pour laisser place à celui que tous espérait : Albus Dumbledore. Sans laisser le temps aux autres de se ressaisir, Ana s'empressa de lui raconter sommairement l'urgence. Des nouveaux coups retentirent. Sur le seuil se tenaient quatre silhouettes couvertes de poussières et de sang.
GINNY ! s'écria Molly Weasley en se jetant sur elle. Tu es vivante ! Oh mes chéris, vous me l'avez ramené ! Comment avez-vous fait ?
J'attends vos explications, rajouta Minerva McGonagall d'une voix faible.
Harry, est-ce que tu es blessé ? s'alarma l'elfe en se saisissant du bras estropié du Survivant.
Non, je n'ai rien. Fumseck m'a soigné, la tranquillisa-t-elle.
Fumseck ? C'est l'oiseau que j'ai croisé dans le couloir ! comprit Ana soulagée.
Alors les élèves racontèrent tout : la façon dont ils avaient découvert le journal de Jédusor, les révélations d'Hermione à propos du basilic, leurs déductions sur la mort de Mimi et leur descente dans la Chambre. Harry raconta ensuite comment Jédusor était sorti du journal et avait sournoisement manipulé Ginny pour accomplir son œuvre. Le Gryffondor avait combattu le serpent géant grâce à Fumseck qui lui avait crevé les yeux et apporté le Choixpeau Magique dont était sortie l'épée de Goddric Gryffondor. Ana suggéra d'emmener la jeune rouquine à l'infirmerie car celle-ci avait besoin de se reposer en toute tranquillité. Ses parents l'accompagnèrent, laissant Harry seul avec Dumbledore.
Le lendemain à midi, tout Poudlard était au courant du sauvetage miraculeux de Ginny Weasley. Cependant, plusieurs rumeurs le plus aberrantes les unes que les autres sur les circonstances de celui-ci allaient bon train. Peu importe les ragots, les élèves fêtaient l'évènement. La joie redoubla lorsque les portes de la Grande Salle s'ouvrirent pour laisser place aux victimes pétrifiées qui étaient revenues à la vie suite à l'administration du filtre de Mandragore. Un peu plus tard, ce fut au tour de Hagrid de faire une entrée triomphale sous les applaudissements enthousiasmes des élèves.
Alors les jeunes, vous avez passé une bonne année ? s'enquit Ana tout sourire.
Plutôt pas mal, répondit Ron sur un ton détaché. Un monstre dégommé, une sœur et une amie sauvées et des examens annulés ! Que demander de plus ?
Quoi ? Ils ont annulé les examens ? s'offusqua Hermione effarée.
Hermione, tu es probablement la seule fille de toute l'Histoire de Poudlard a regretté une annulation d'examens ! lâcha Harry en rigolant.
Vous avez prévu des choses pour cet été ? demanda Neville.
Pas vraiment, répondirent les Weasley, à part dormir, jouer au Quidditch, dormir, dormir et manger !
Quel programme ironisa l'elfe. Et toi Harry ?
Je vais rester chez mon oncle et ma tante, y'a que ça à faire…
Et toi Hermione ?
Je vais voyager avec mes parents. Ils ont prévu d'aller en France du côté de Dijon ! Et toi Ana ?
Bonne question… Je vais rentrer chez moi et reprendre ma petite vie paisible, esquiva-t-elle. En tout cas, passez de bonnes vacances et surtout, pas d'imprudences !
Promis ! lui jugèrent-ils.
L'elfe les quitta et adressa un signe de la main à la table professorale qui avait été avertie de son départ légèrement anticipée. Elle avait hâte de revoir ses proches !
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