Bonjour à tous !
Vous allez enfin avoir la suite ^^ Je suis de plus en plus longue à poster mais mon travail me prend beaucoup de temps.
J'espère que vous allez tous bien et que vous apprécierez ce chapitre !
Je tiens à remercier les lecteurs qui me suivent et plus particulièrement ceux qui prennent le temps de me laisser un commentaire.
Bonne lecture !
PS : j'ai édité le chapitre car les tirets des dialogues n'apparaissaient pas...
Chapitre 25 – À l'aube de la bataille
- Tiens tiens Potter, comme c'est étonnant de vous trouver ici ! ricana Severus Rogue. Suivez-moi dans mon bureau ! ordonna-t-il sèchement.
Le cœur battant la chamade, l'adolescent n'eut d'autres choix que de lui obéir. Durant le trajet menant aux cachots, il réfléchit à toute vitesse sur sa défense. Le Maître des Potions avait un don étonnant pour le cerner, surtout lorsqu'il faisait des bêtises comme aujourd'hui. Il devait jouer les innocents, même si cela le poussait à dire que Malefoy avait dû être sujet à des visions hallucinatoires. D'ailleurs, cette excuse arriva rapidement dans la conversation car le professeur lui raconta l'aventure rapportée par son élève préféré et ses accusations. Le Serpentard coinça rapidement le Gryffondor : s'il allait interroger Neville Londubat sur sa soi-disant présence permanente dans la Salle Commune, il était certain que cet empoté n'oserait pas le couvrir. Histoire de pousser le garçon dans ses retranchements, il lui tint un discours très déplaisant sur son arrogant de père James Potter. Évidemment, Harry répondit à la provocation ! Il ne supportait pas que Rogue critique son père, d'autant plus que ce dernier lui avait sauvé sa misérable vie ! Dumbledore le lui avait confié lors d'un de ces nombreux séjours à l'infirmerie. Il rappela ce fait dérangeant à son professeur dans le but de lui faire clore son clapet. Malheureusement pour lui, le Directeur de Poudlard ne lui avait pas expliqué les circonstances exactes de ce soi-disant acte héroïque et cela, Rogue le comprit rapidement et tourna la réplique à son avantage. Il s'empressa de rabaisser le fils de son ennemi d'enfance en lui apprenant que son père n'avait fait que sauver sa peau en déjouant à la dernière seconde une blague désopilante que lui avait réservée les deux crétins que lui servaient d'amis. Les choses se gâtèrent lorsque la terreur des cachots ordonna au jeune garçon de vider ses poches. N'ayant pas d'échappatoires possibles, il s'exécuta de mauvaise grâce et disposa les sacs de farces et attrapes de chez Zonko ainsi que la carte du Maraudeur désactivée. Bien qu'il trouve suspect qu'il possède dans ses poches des produits d'une enseigne du village, son attention se porta davantage sur le morceau de parchemin vierge. Par divers procédés magiques, il tenta de trouver la véritable fonction de ce papier. Soudain, une main invisible se mit à écrire sur le parchemin et vu la tête que fit Rogue, cela ne devait pas lui plaire. Effectivement, Messieurs Lunard, Queudver, Patmol et Cornedrue, les créateurs de la carte du Maraudeur, s'adressèrent à Rogue :
- Mr Lunard présente ses respects au professeur Rogue et lui demande de bien vouloir cesser de mettre son énorme nez dans les affaires d'autrui. Mr Cornedrue approuve Mr Lunard et voudrait ajouter que le professeur Rogue est un horrible crétin. Mr Patmol voudrait faire part de son ébahissement à la pensée qu'un tel imbécile ait pu devenir professeur. Mr Queudver souhaite le bonjour au professeur Rogue et lui conseille de se laver les cheveux, s'il veut cesser de ressembler à un tas d'ordures.
Harry eut la sensation qu'un bloc de glace lui tomba dans l'estomac. Dans un sens, il aurait bien aimé rire face à la réaction des Maraudeurs ; néanmoins, le regard assassin de Rogue lui fit rapidement passer l'envie. D'ailleurs, celui-ci se leva brusquement et appela Remus Lupin à travers les flammes vertes de la cheminée. Un instant plus tard, le lycanthrope fit timidement son apparition en se renseignant sur le motif de sa convocation. Rogue lui expliqua rageusement la situation et exigea de l'expert en magie noire d'examiner le parchemin et d'en déterminer la provenance. En contemplant le message des Maraudeurs, Lupin blêmit légèrement et nia le caractère malfaisant de l'objet en plaidant plutôt pour un but farceur. Visiblement, le Maître des Potions n'en crut pas un mot mais ce fut à ce moment-là que Ron débarqua à bout de souffle pour jurer qu'il était l'auteur de ces cadeaux. Le Professeur de Défense Contre les Forces du Mal sauta sur l'occasion pour sortir les deux Gryffondor des griffes de son collège acariâtre en prétextant vouloir leur parler de leur dernier travail.
Dès qu'ils furent certains d'être suffisamment éloignés, le Professeur échangea son expression sympathique contre un visage inhabituel marqué par la colère. Il déclara connaitre l'existence de cette carte et fit remarquer qu'elle n'avait rien à faire dans les mains d'un élève, en particulier lorsqu'un évadé fou dangereux cherchait à rentrer à tout prix dans le château. Harry fut particulièrement vexé lorsque son professeur préféré lui lança impitoyablement que ses parents ne s'étaient pas sacrifiés pour qu'il risque sa vie pour un simple paquet de friandises. Ce fut très mal-à-l'aise que les deux amis retournèrent dans leur Salle Commune. Leur malaise s'accentua encore plus lorsqu'ils croisèrent Hermione, les yeux embués de larmes, qui leur annonça que Hagrid avait perdu le procès et que Buck allait être mis à mort. À ces mots, Ron réagit vivement et promit avec véhémence de préparer avec elle la défense pour faire appel. L'adolescente craqua et s'effondra en pleurs dans les bras du rouquin en s'excusant pour la mort de Croûtard ; le jeune Weasley vira au cramoisi et admit que de toute façon, son rat était vieux et que son heure aurait sonné tôt ou tard.
Le lendemain, ils profitèrent du cours de Soins aux Créatures Magiques pour assurer leur soutien à Hagrid et lui promettre de monter la défense de Buck pour faire appel en justice. Malgré leurs promesses, le garde-chasse ne put s'empêcher d'éclater en sanglots en plein cours devant les regards impitoyables des Serpentard. D'ailleurs, dès que la leçon s'acheva, Malefoy en profita pour se moquer durement de leur professeur. À fleur de peau, Hermione s'approcha à vive allure du jeune homme et le gifla de toutes ses forces en l'insultant. Choqués et incrédules, ses deux camarades regardèrent la scène sans respirer. Lorsque la jeune sorcière sortit sa baguette, Ron la stoppa en lui disant que cela ne servait à rien de risquer son renvoi de Poudlard pour un crétin pareil. Extrêmement vexé d'avoir été humilié de la sorte, le Serpentard prit la fuite en jurant de se venger. La jeune fille ordonna alors à Harry d'une voix forte qu'il avait intérêt à battre Malefoy au prochain match de Quidditch sinon elle ne s'en remettrait pas. Puis elle partit, laissant ses deux camarades dubitatifs : jamais ils ne l'avait vue agir de la sorte. À croire que durant un bref instant, Soledad l'avait possédée ! En parlant d'elle, cela faisait un moment qu'ils ne l'avaient pas vue – hormis l'autre jour en coup de vent dans la Salle Commune – et s'interrogeaient sur la raison de cette absence prolongée. Ils étaient loin de se douter qu'elle était cloîtrée à l'infirmerie…
Se refusant d'assommer son élève comme le lui avait conseillé Anabellissë, Madame Pomfresh avait instauré une sorte de bulle de protection autour du lit de Soledad. Elle ne pouvait pas en sortir et personne ne pouvait l'approcher non plus. Ces dernières heures, l'infirmière ainsi que le Directeur s'étaient relayés pour tenter de la faire parler mais ils s'étaient heurtés à un mur. La jeune femme ne comptait pas leur décrocher un mot bien qu'intérieurement, elle fulminait. Dans son esprit, elle analysait les barrières magiques avec attention. Elle avait retrouvé ses forces vitales et se sentait prête à s'évader. Dès qu'elle put, elle tenta d'appeler télépathiquement un couteau qui trainait sur un plateau-repas. Celui-ci s'envola vers elle mais percuta la barrière et retomba sur le sol avec fracas. Avec hâte, la guerrière ordonna au couvert de se dissimuler sous le matelas voisin avant que la soignante ne comprenne sa stratégie. Suspicieuse, cette dernière avait accouru en entendant le bruit de métal mais n'était pas parvenue à en comprendre son origine. Elle lança un regard interrogatif à sa patiente qui fit genre de ne pas le voir. Deux heures plus tard, lorsque vint le temps d'appliquer une crème cicatrisante, elle profita de la brève seconde d'affaissement du bouclier pour appeler le couteau à elle et le planquer sous son oreiller. Sans broncher, elle laissa l'infirmière lui badigeonner généreusement les avant-bras. La jeune suicidaire n'aurait pas eu le temps de s'enfuir durant le court instant où la soignante avait abaissé le champ magique. Néanmoins, elle avait un plan pour la forcer à la laisser partir. Ce type de plan, on peut dire qu'il n'y avait qu'elle qui pouvait l'envisager tellement il était malsain… Cette nuit, dès qu'elle serait certaine que personne hormis l'infirmière ne traîne à proximité de la pièce, elle menacerait de se tailler les veines à nouveau si on ne la libérait pas sur le champ. Madame Pomfresh serait coincée : avec le bouclier, elle ne pouvait pas intervenir. Elle allait être obligée de lui obéir et de la laisser partir. Quelques heures s'écoulèrent encore avant que l'elfe ne mette son plan à exécution. Vers trois heures du matin, elle fit léviter les lits avoisinants et les laissa retomber simultanément dans un grand fracas. Quinze secondes plus tard, ce fut une infirmière en alerte qui débarqua dans la pièce, la baguette brandie. Son regard se posa sur le seul lit occupé, celui de la patiente la plus récalcitrante qu'il lui avait été donné d'avoir. Immédiatement, elle vit la lame posée très précisément sur la carotide de sa patiente. Celle-ci sourit d'un air mauvais et haussa d'un sourcil provocateur. Le message n'aurait pas pu être plus clair !
- Miss Lopès, arrêtez, ne faites pas ça ! s'épouvanta la soignante. Posez ce couteau et discutons !
Mais évidemment, la guerrière ne lâcha pas la lame. Au contraire, elle commença à enfoncer lentement mais sûrement la pointe sur sa gorge qui ne tarda pas à saigner. Affolée, Madame Pomfresh abaissa le bouclier en catastrophe pour stopper son élève avant qu'elle ne commette l'irréparable. Soledad sauta sur l'occasion pour bousculer sa geôlière qui perdit l'équilibre et courut vers la porte qui n'était pas verrouillée. Comme l'avait spécifiée Ana plus tôt, elle était championne pour s'enfuir. La jeune femme fila comme une flèche à l'extérieur. Le calme nocturne avait quelque chose d'apaisant mais malgré cela, l'elfe se sentait agitée. À l'aide de son haut de pyjama, elle épongea rapidement le sang chaud qui s'écoulait de son cou. Fallait vraiment qu'elle se change ! Vêtue ainsi, elle avait trop l'apparence d'une folle évadée de l'asile – ce qui n'était pas si loin de la vérité à bien y penser. Ayant perdu assez de temps, elle franchit le portail pour retrouver sa grande sœur en priant pour qu'elle soit restée cachée sous les terres des Rohirrim.
Soledad ne savait pas exactement combien de temps s'était écoulé depuis son dernier passage. Elle avait essayé de calculer mais s'était embrouillée dans ses comptes. Rapidement, elle entra dans la planque et fut surprise de trouver Aliana – toujours voilée – en train de discuter avec Nùméo.
- Tu en as mis du temps ! Mais quel est cet accoutrement ? Pourquoi tu saignes au cou ? Tu as rencontré un vampire ? s'alarma la compagne d'Arthélius.
- Laisse tomber, grogna-t-elle en l'entraînant dans sa chambre. Comment tu te sens ?
- J'ai connu pire, éluda-t-elle en dévisageant sa sœur de façon suspicieuse. Pourquoi as-tu été aussi longue ? Qu'est-ce qu'il t'est arrivé ?
- Désolée, un contretemps, tu sais ce que c'est... esquiva la guerrière en évitant de croiser son regard. Je n'ai pas pu trouver la plante nécessaire pour la potion. Tu ne veux vraiment pas aller faire une visite de contrôle dans un hôpital terrien ? J'ai quelques connaissances sûres et...
- Non ! la coupa-t-elle âprement. Tant pis, j'vais attendre que ça passe tout seul.
- Et pour l'accouchement, tu comptes faire comment ? répliqua l'elfe derechef.
La future mère haussa un sourcil provocateur en défiant son interlocutrice. Le message était très clair et ne plut pas du tout à la sorcière qui ne se gêna pas pour le lui signaler :
- J'espère que tu plaisantes ! Il est hors de question que je fasse ça ! Je ne connais rien du tout aux bébés ! Au pire, je peux te tenir la main mais ça s'arrête là ! s'affola-t-elle.
- Figures-toi que pour ce qui est du soutien moral, je demanderais bien ça au père mais c'est un peu compliqué pour le moment ! Il n'y a que toi qui puisses m'aider à mettre au monde cet enfant, rajouta-t-elle gravement.
- Et s'il y a un problème, hein ? Genre le bébé ne respire pas, il devient bleu ou que sais-je encore !
- Tu sais que logiquement, ça devrait être à toi de me rassurer et pas l'inverse, lui notifia sa sœur en grinçant des dents.
- Sois réaliste deux minutes : gérer une armée et soigner des soldats, ça c'est dans mes cordes. Mais je ne suis pas une accoucheuse ! Je ne suis pas médecin !
- Tu sais réanimer les gens...
- Oui les gens ! Pas les nourrissons qui viennent de naître ! C'est complètement différent Aliana, tu ne peux pas me demander une chose pareille.
- Des générations de femmes ont accouché sans encombre avant moi et elles n'avaient pas de guérisseurs à leurs côtés.
- Alors premièrement, je te signale qu'une part non négligeable de ces femmes sont probablement mortes en couche. Deuxièmement, ceux qui les ont aidées à donner la vie n'étaient sûrement pas paniqués à l'idée de tenir un gosse ! Aliana réveille-toi ! Je n'ai pas la moindre fibre d'instinct maternel en moi !
- Ça, c'est ce que tu crois. Mais ce n'est pas l'avis de tous...
- Cite-moi une seule personne que je rigole.
- Par exemple, tout le monde s'accorde à dire que tu fais preuve d'une grande patience avec les jeunes recrues pour leur apprendre à se battre et...
- Non mais tu t'entends ? Alors ça, c'est une superbe preuve que je ne suis pas faite pour être mère. J'apprends à des gamins à prendre les armes et je les prépare à mourir ! Tu crois sérieusement que c'est ce qu'une bonne mère ferait avec ses enfants ?
- Tu les prépares à se défendre, ce n'est pas la même chose, rectifia Aliana qui se dit qu'elle n'avait pas choisi le meilleur exemple. Bref.
- Nomme une seule personne en qui tu as confiance, exigea soudain Aliania.
- Pourquoi cela ?
- Parce que je ne peux pas veiller uniquement sur toi. Des missions m'attendent et je ne veux pas te laisser seule ici. Il faut qu'une seconde personne de confiance qui nous aide.
- Et bien... une fois qu'on enlève Arthélius et Elyane, il ne reste pas grand monde...
- Et si je demandais à Anàrion ? lui proposa-t-elle pleine d'espoir, consciente que cette proposition serait réalisable.
- Non !
- Aliana, je suis fatiguée et pressée alors je t'en supplie, accepte cette solution qui me soulagerait grandement ! Tu n'as qu'à changer d'apparence pour qu'il ne te reconnaisse pas ! argua-t-elle.
La jeune femme hésitait. D'un côté, elle savait qu'elle ne pouvait plus rester seule : si des malaises la reprenaient, elle aurait besoin d'assistance. Sa sœur ne pouvait pas rester les dix prochaines semaines à ses côtés en permanence et cela, elle pouvait le concevoir. D'un autre côté, rester avec une autre personne la mettait mal à l'aise. Certes, sa métamorphose la protègerait mais ce que passerait-il si celle-ci venait à dysfonctionner ? Serait-elle en capacité à se défendre en cas de danger ? Au fur et à mesure que sa grossesse avançait, elle se sentait progressivement faiblir. Ses pouvoirs étaient de plus en plus aléatoires : un coup, elle cassait tout ce qui se trouvait autour d'elle et un autre coup, elle réussissait à peine à soulever un caillou avec son esprit. L'autre jour, elle avait voulu conjurer un feu et s'était retrouvée au milieu d'une épaisse fumée noire sans sentir la moindre chaleur d'une flamme ! C'était à se demander si l'enfant qu'elle portait était bien le fruit d'un puissant démon et d'une sorcière-elfe ! A priori, elle s'était plutôt attendue à devoir maîtriser un surplus de pouvoirs provenant du fœtus et non galérer à maintenir ses défenses magiques en place. Comme quoi on ne peut jamais être sûr de rien... En constatant qu'Aliania avait véritablement l'air épuisée et fébrile, elle se résigna et accepta sa requête à contrecœur, en priant pour que le sortilège de métamorphose ne la lâcha pas en public.
Ce fut soulagée qu'Aliania laissa son invitée temporairement dans la chambre des supérieurs. Il ne lui restait plus qu'à trouver Anàrion et le convaincre de prendre discrètement soin d'une inconnue enceinte... Mais avant, la jeune femme devait prendre des dispositions : si jamais Arthélius venait à découvrir la vérité, elle devrait l'affronter pour de bon afin de l'empêcher de récupérer sa famille. En aucun cas, il ne pouvait approcher son héritier. Celui-ci devrait grandir parmi les forces de la Lumière ou à défaut parmi les simples mortels loin de toute magie. N'en ayant pas encore parlé avec la mère, l'elfe ne pouvait pas prévoir avec exactitude l'avenir de ce petit être. Malgré cette incertitude, elle se devait d'être prévoyante et d'envisager le pire. En cas d'affrontement avec Arthélius, Aliania devra être au maximum de ses capacités magiques... Elle ne pouvait pas se permettre de perdre ce combat, c'est pourquoi elle devait se tenir prête à récupérer l'héritage légué par sa défunte sœur...
L'elfe émit un long sifflement et attendit. Avec un peu de chance, Noctius l'entendrait et viendrait. Quelques dizaines de secondes plus tard, elle le vit arriver au galop depuis Fangorn. Réprimant un frisson, la sorcière le félicita d'avoir fait aussi vite et lui demanda de prendre la route pour Édoras. Elle devait voir Eowyn pour récupérer la pierre de lune qui abritait une partie des pouvoirs d'Alana. Le Château d'Or de Méduseld se trouvait au sommet d'une colline entouré par des habitations de chaume. Il semblait difficile à croire que ce peuple avait connu des jours resplendissants il y a quelques décennies à peine. L'emprise de Saroumane sur le roi Théoden avait causé des préjudices aux Rohirrim. La sorcière espérait que ce peuple résisterait à l'ennemi malgré l'état dramatique de son seigneur. Peut-être que les affaires allaient-elles mieux pour eux depuis sa dernière visite ? Était-il possible que le jeune Théodred ait réagi et reprit les rennes du royaume en déclin ? Tout espoir était permis...
La chevauchée avec Noctius lui prit plusieurs heures. La demeure du Roi Théoden se trouvait assez éloignée de Fangorn et cela lui convenait très bien ! Elle ne tenait absolument pas à retourner sous ces arbres... Lorsque la jeune femme arriva au village, elle fut surprise de le trouver complètement désert ! Des tas d'objets diverses jonchaient les rues comme si les maisons avaient été victimes de brigands. En observant mieux, Aliania se fit la réflexion que les lieux ne semblaient pas avoir subi d'autres dommages tels des incendies ou des éboulements. Aussi elle émit l'hypothèse que quelque chose avait poussé les habitants et la famille royale à s'exiler. Mais où pouvait bien fuir un village entier ? Il ne pouvait y avoir qu'une seule réponse logique. Il allait sûrement se réfugier au Gouffre de Helm. Cette forteresse avait à plusieurs reprises sauvé les Rohirrim dans le passé. Elle se trouvait sur le flanc de la montagne et était mieux adaptée en cas d'attaque massive. Ne perdant pas plus de temps, l'elfe repartit au galop en direction de Helm en espérant qu'Eowyn avait emporté avec elle la pierre de lune. À la lumière du jour, elle n'éprouva aucune difficulté à pister les traces des villageois. De temps à autre, elle trouvait une bûche de bois, un vêtement ou encore une pomme tombés d'un baluchon ou d'un chariot. De plus, les empreintes de sabots et de pas étaient assez marquées dans le sol : l'herbe tassée était révélatrice du nombre de fuyards ainsi que de la direction empruntée. La sorcière finit par apercevoir le peuple dans le lointain. Ses yeux d'elfe balaya la foule et repéra les trois chasseurs de la Communauté. Néanmoins, elle ne discernait pas où se situait Gandalf. Pourtant, il était vivant ! Elle l'avait brièvement aperçu à son réveil lorsque Legolas l'avait sortie de Fangorn. Il n'y avait pas eu de retrouvailles car elle avait pris la poudre d'escampette mais elle n'avait pas halluciné. Le magicien n'avait pas succombé face au Balrog de Morgoth, son sentiment s'était avéré juste ! Alors où pouvait-il bien être maintenant ? Il était forcément passé par Méduseld pour libérer Théoden de l'emprise de son ancien supérieur Saroumane.
Aliania rattrapa la foule qui la dévisagea étonnée. À croire que ces gens n'avaient jamais vu une femme armée à cheval ! En fait, à la réflexion, cela était fort probable : au Rohan comme dans la quasi-totalité de la Terre du Milieu, la guerre relevait du domaine des hommes. La cavalière alla en tête de file pour saluer le Roi. Elle fut stoppée par une voix féminine :
- Ménilda ? s'étonna la Dame Eowyn qui l'avait reconnue. Est-ce bien vous ?
- Ménilda ? Voilà une identité dont je n'avais pas connaissance, intervint Aragorn qui marchait à côté de la sœur de Théotred tout en tenant Arod par la bride.
- À ma dernière visite, je me suis fait passée pour la fille du rôdeur Asturion, lui expliqua-t-elle brièvement en elfique. Et non, celui-là n'existe pas non plus, rajouta-t-elle avec un sourire désabusé.
- Vous vous connaissez ? poursuivit Eowyn un peu perdue.
- Entre rôdeurs, on se connait tous, plaisanta l'elfe. Vous allez vous réfugier au Gouffre de Helm ?
- Mon oncle a donné cet ordre suite à l'intervention du Magicien. Nous avons plié bagage aussi vite que possible. Les femmes et les enfants ne sont pas préparés à un tel voyage. Il parait que la guerre vient sur nous. Il y a quelques jours, nous avons été alertés par deux enfants rescapés d'un village incendié par des brigands des montagnes. Vous qui prétendez lutter contre l'ennemi, quelles nouvelles en avez-vous ?
- Je vais aller saluer votre oncle, esquiva la sorcière qui ne tenait pas à s'étendre sur les raisons du pourquoi elle n'avait pas réellement de nouvelles de la guerre en cours.
Le Roi Théoden ne s'attendait pas à avoir de la visite en pleine exode aussi fronça-t-il les sourcils en voyant la jeune cavalière. Il avait la sensation de la connaitre mais ne parvenait pas à mettre un nom sur son visage...
- Nous nous sommes déjà rencontrés, n'est-ce pas ?
- À ma dernière visite, vous m'avez catégorisé parmi la racaille et m'avez ouvertement dit que je n'étais pas la bienvenue. Je suis ravie de voir que vous avez été débarrassé de la mainmise de Saroumane et des conseils venimeux de son serviteur.
- Vous me voyiez navré de cet accueil. Sombres étaient mes pensées ces derniers temps...
- Je ne vous en tiens pas rigueur, vous n'étiez pas vous-même. L'importance est que vous ayez retrouvé votre volonté propre et que vous ayez pris conscience du danger qui vous guette. Vous rappelez-vous de moi désormais ? retenta-t-elle curieuse de tester sa mémoire de vieil homme.
- Serait-ce vous qui avez combattu au côté de mon père et du Seigneur Aragorn ? s'enquit-il à mi-voix.
- Exactement. Heureuse de constater que vos souvenirs sont toujours vivaces !
- Aliania ? les interrompit une voix plus que familière.
Le Prince de la Forêt Noire, monté sur Hasufeld, s'était rapproché des deux interlocuteurs. Il dévisagea la jeune femme avec attention alors que celle-ci s'est tue à son approche. Elle prédisait sans aucune peine qu'il voulait lui parler, notamment de ce qu'il s'était passé dans Fangorn. Soupirant bruyamment, elle lui demanda ce qu'il lui voulait sur un ton exaspéré.
- Il est nécessaire que nous parlions, tu sais pertinemment pourquoi, lui rétorqua-t-il en lui faisant signe de la suivre.
- Qu'est-ce que tu veux ? rechigna-t-elle en s'éloignant du groupe.
- Te connaissant, tu vas esquiver mes interrogations. Alors avant de recevoir un mystérieux appel de détresse pour t'aider à partir comme si ce n'était pas une fuite, je veux que tu m'écoutes attentivement et que cette conversation ne se transforme pas en monologue. Pouvons-nous nous accorder là-dessus ?
- Si ça te fait plaisir, persiffla la sorcière pas du tout impressionnée par la façon dont il parvenait à la cerner.
- Que t'est-il arrivé dans cette forêt Aliania ? la questionna-t-il sans détour.
- Wow, tu as décidé d'adopter le mode direct sans préambule ? se moqua-t-elle ouvertement. Décidément, c'est la révolution chez les Elfes en ce moment ! D'abord Anabellissë, ensuite toi ? Finalement, tout espoir n'est peut-être pas perdu.
- Ça ne répond pas à ma question, continua-t-il sans se laisser déstabiliser par la tentative de diversion manifeste de son ancienne compagne.
- Et Gandalf, il est à nouveau porté disparu ? s'instruit la sorcière effrontée.
- Aliania ! la houspilla-t-il sévèrement.
- Quoi ? Ce n'était qu'une simple question, s'offusqua-t-elle innocemment avant de reprendre plus sérieusement. Arrête, tu sais que je suis trop forte à ce jeu-là. Si je ne veux pas parler de quelque chose, tu sais parfaitement que je ne dirais rien. D'ailleurs, il n'y a pas mal de méchants qui veulent ma peau juste pour tenter de prouver qu'ils peuvent me faire révéler des choses sous la torture. Je n'ai jamais trahi les miens, peu importe la façon dont ils ont essayé de s'y prendre. Alors ce n'est certainement pas toi avec tes gentilles phrases qui vont me pousser à bout !
- Il est toujours plaisant d'être comparé à un démon Aliania. Sache que je n'ai jamais cherché à te nuire ! lâcha-t-il fâché avant de repartir en avant en guise d'éclaireur.
- Ça été encore plus facile que je ne le pensais, jugea-t-elle mentalement en mettant de côté le bref sentiment de culpabilité qui était apparu dans son cœur.
La jeune femme allait rejoindre la Dame du Rohan lorsque plusieurs cavaliers apparurent dans le lointain. Ses yeux perçants repérèrent rapidement leur identité. Les éclaireurs les avaient également vu et pointaient leurs armes dans leur direction. La guerrière leur ordonna d'abaisser leurs arcs et épées puis partit à leur rencontre.
- Alors comme ça, on déserte son poste ? nargua Aliania en les accostant. Qu'est-ce que vous faites là les gars ?
- Aliania, articula Anàrion incrédule. Mais Anabellissë m'avait dit que... que tu n'étais pas en Terre du Milieu.
- Il faut croire que si. Où vous rendez-vous ?
- Dans l'ancienne cachette sous les terres des Rohirrim. Nous devons rapporter les rapports de mission à la Reine Prestya.
- Et pourrais-je savoir pourquoi ? s'instruit-elle méfiante et blasée par cet ordre incongru.
- Il n'est pas dans les habitudes de la Reine de se justifier...
- Concrètement, vous êtes tous les quatre sous mon commandement – enfin sous celui de Alania par délégation – donc vous n'avez pas à obéir à Prestya. Je te l'ai déjà dit plusieurs fois Anàrion ! lui rappela-t-elle agacée.
- C'est plus aisé pour toi de tenir ce discours. Tu n'es jamais là, tu n'imagines même pas ce que nous risquons si l'envie lui prenait de nous nuire.
- Je remettrai les choses au clair avec elle quitte à devoir lui enfoncer mon poing dans la gueule pour lui faire rentrer le concept dans sa minuscule tête. En attendant, ça tombe très bien que tu sois là. Je souhaitais te parler de quelque chose d'urgent. En solo, rajouta-t-elle en s'isolant des trois autres soldats.
- Je dois également te parler. Mais je t'écoute, l'invita-t-il à commencer, conscient que le sujet qu'il allait aborder allait la bloquer ensuite.
- J'ai une mission pour toi. J'aimerais que tu prennes soin d'une personne. Je ne peux pas demeurer avec elle en permanence mais il faut que quelqu'un de confiance reste à ses côtés.
- Que me caches-tu ? Pourquoi cette personne a-t-elle besoin de protection ? se renseigna l'homme qui connaissait assez la sorcière pour savoir qu'elle ne déléguait quasiment jamais ce type de tâche.
- Cette personne est enceinte pour ne rien te cacher. Il est extrêmement important que le père ainsi que le reste du monde l'ignore. L'enfant devra naître dans le plus grand secret. Je ne vois que toi pour les protéger. Personne ne doit être au courant de son identité.
- En tant que gardien, aurais-je l'honneur de savoir sur qui je dois veiller avec tant d'ardeur ? sourcilla son ami suspicieux.
- La personne refuse catégoriquement de révéler son nom et nous allons recourir à la magie pour transformer son visage ; cependant, je pense qu'il est vital que tu aies conscience de l'enjeu. C'est pourquoi je vais te donner un indice. Cette femme porte un enfant dont l'héritage pourrait faire basculer l'équilibre des forces en notre défaveur. Comprends-tu maintenant pourquoi il est primordial d'être discret sur la question ?
- Avant d'accepter ou de refuser ton ordre de mission, laisse-moi t'exposer le fond de ma pensée Aliania, décréta l'homme en calculant ses mots. Tu es incroyable ! Tu disparais durant des mois et lorsque nous nous rencontrons, la première chose que tu trouves à faire, c'est de me confier une tâche que même-toi tu ne te sens pas capable d'assurer. Pourquoi ne peut-on pas retrouver notre relation d'avant ? Désormais, tout n'est qu'affaires de combats ou de désastres en perspective ! Oui nous allons entrer en guerre sous peu mais est-ce une raison pour passer outre notre amitié ? Tu es très occupée et cela, je peux le concevoir. Je suis dérouté et déçu par ton attitude Aliania. Depuis qu'Alana est partie, tu n'as plus de temps à consacrer à tes proches. J'ai la très nette sensation que tu te moques de nous, de ce qui pourrait nous arriver. Nous passons toujours en dernier sur ta liste. Anabellissë est venue me trouver juste avant notre départ d'Imladris. Elle m'a fait part de ses inquiétudes et de sa colère envers toi. Je suis complètement perdu, je ne te comprends plus. Elle m'a dit que tu avais tenté de te tuer sans raison apparente. Je ne sais que penser... Qu'as-tu à me répondre face à ce fait ?
- Qu'elle a fait une mauvaise interprétation de la situation, intervint lentement l'elfe. Et je ne me moque pas de vous ! se défendit-elle affectée par ce discours très clair de son meilleur ami.
- Ne t'es-tu pas tranché les veines récemment ? insista-t-il en l'obligeant à capter son regard.
- Si, admit-elle à mi-voix, mais ce n'était pas ce que tu crois ! J'ai juste... C'était seulement un moyen de... Je te jure que je n'avais pas prémédité cet acte ! C'est arriver comme ça...
- Je ne vais pas me contenter d'explications aussi décousues, la prévint-il doucement pour la pousser à poursuivre.
- Peu importe, je suis là en pleine forme et je n'ai pas l'intention de vous abandonner, éluda-t-elle rapidement. Tout va bien !
- Je suis ton plus proche ami, si tu refuses de me parler, c'est qu'il y a forcément un problème.
- Ça me fait mal d'en parler alors je préfère me taire et passer à autre chose, marmonna-t-elle en grinçant des dents.
- Ne laisse pas ta souffrance t'envahir et te paralyser. Tu ne t'en sortiras jamais de la sorte. Si tu ne veux pas te confier à moi, c'est ton droit mais trouve alors la bonne personne sans tarder !
- Si je te dis pourquoi j'ai fait ça, tu protégeras la femme enceinte ? négocia-t-elle tout en se maudissant déjà de cette proposition que l'homme s'empressa d'accepter. Tu te souviens du jour où je me suis enfuie de la Cité d'Argent et qu'un rôdeur m'a ramené bien amochée ? Jusqu'à présent, j'ignorais ce qu'il m'était arrivée et, je ne sais pas pourquoi, je me suis souvenue d'un coup les raisons de ses blessures. C'était atroce comme réminiscence, ça m'a fait perd la tête et je me suis ouvert les poignets. Mais je n'étais pas réellement consciente de ce que je faisais. Je n'avais pas l'intention d'y passer, je t'en fais la promesse.
- De quelle nature ont pu être ces échos du passé pour qu'il te fasse perdre le sens de la réalité ? murmura-t-il plus pour lui-même.
- Anàrion, la personne que tu as accepté de protéger t'attend justement là où tu te rendais. Elle est dans la pièce réservée aux supérieurs. Elle n'est pas en état de faire de longs trajets à cheval. Par contre, je peux m'arranger pour la rapatrier magiquement au campement principal si cela peut t'arranger.
Les deux amis convinrent ainsi les choses et rejoignirent le peuple des Rohirrim. Anàrion et les trois autres guerriers – Thibault, Anastase et Tristan – décidèrent de les accompagner jusqu'au gouffre de Helm. Les routes étaient dangereuses ces temps-ci et ces personnes ne savaient pas se défendre pour la plupart. En cas d'attaque à découvert, ils risquaient gros. Anàrion irait rejoindre sa mystérieuse protégée dès que les villageois seraient cloisonnés derrière les hautes murailles de la forteresse. La fatigue se fit sentir chez les gens du peuple : la plupart trainaient des pieds et avaient le dos courbé. Les parents portaient tant bien que mal leurs enfants somnolents tandis que les autres supportaient le poids de leurs biens les plus précieux. Aliania repéra deux gamins sur un cheval bien trop grand pour eux. Le plus grand ne devait pas avoir plus d'une douzaine d'années et maintenait une petite fille de quatre ans sa cadette en équilibre sur la monture. On lisait aisément son épuisement dans ses yeux et sa posture. L'elfe chercha leurs parents des yeux mais personne ne semblait se préoccuper d'eux. Eowyn, qui avait surpris son regard, lui expliqua qu'il s'agissait de deux enfants qu'elle avait mentionnés précédemment, ceux qui avaient réussi à fuir leur village pillé et à alerter Edoras des actes malveillants des hommes des montagnes. Leurs parents n'avaient probablement pas survécu. La sorcière soupira discrètement : encore de pauvres orphelins qui allaient grandir sans leurs géniteurs ! Quoique… Encore faudrait-il que le peuple survive à la guerre qui s'annonçait meurtrière. Pour l'instant, ce n'était que des brigands qui les avaient attaqués. Mais lorsque les immondices de Sauron et de son pantin Saroumane s'abattront, les peuples libres trouveront-ils les forces nécessaires pour leur résister ? Ils auront besoin d'aide… Aliania savait que les mois d'entraînement de ses soldats allaient enfin servir une cause qui sera reconnue par l'ensemble des peuples libres. Leurs interventions étaient trop souvent méconnues des gens extérieurs et la magie était perçue d'un mauvais œil. Bien sûr, la lignée de Protectrices pourrait se contenter de sortir leurs épées du fourreau et de trancher quelques têtes mais cela ne serait pas suffisamment efficace. Un jour viendra où leurs puissances respectives devront se déchaîner pour n'en faire qu'une, brutale et destructrice. Leur union pourrait faire toute la différence durant l'ultime bataille, à condition qu'elles mettent leurs différends de côté à temps...
Des lamentations de douleur et de terreur la sortirent brusquement de ses pensées. Elle vit Aragorn revenir en courant vers le Roi Théoden en hurlant que les wargs les attaquaient ! Le peuple qui venait d'assimiler l'information commença à paniquer et s'agita. Eowyn reçut l'ordre de mener les gens en sécurité au Gouffre en faisant un détour tandis que tous les hommes à cheval s'élancèrent à la rencontre des loups des montagnes. Ces derniers étaient montés par d'immondes gobelins qui poussaient des cris horripilants. Aliania ordonna à ses quatre soldats de défendre au maximum les Rohirrim qui n'avaient a priori aucune adresse à l'art du combat. Une attaque des wargs ne l'effrayait pas vraiment habituellement mais étant donné le type de guerriers qui devait assurer la défense de tout un peuple en fuite... Ce n'était pas gagné. Les gobelins étaient faciles à maîtriser une fois qu'ils étaient sans monture. Aussi l'elfe conseilla d'abattre en priorité les loups car rapides étaient leurs foulées et acérés s'avéraient leurs crocs. Anàrion n'eut pas besoin de ses conseils pour tuer en un simple coup d'épée un des attaquants qui avait approché sa gueule dégoulinante de bave d'un peu trop près. La rencontre entre les deux partis avait été violente. Dès le premier contact, plusieurs cavaliers avaient été jetés à terre et mordus profondément dans leurs chairs. La sorcière vit du coin d'un œil Gimli glisser du cheval qu'il partageait avec Legolas. Intérieurement, elle sourit : ce nain avait décidemment de bonnes raisons d'être rebuté par les montures. En même temps, les nains n'étaient pas connus pour leur adresse à dos de cheval mais pour leurs féroces coups de haches ainsi que leur vaillance au combat. Le fils de Gloïn s'était rapidement relevé et abattait vivement son outil tranchant sur toutes les créatures qu'il croisait. Malheureusement pour lui, l'une de ses victimes trépassa en l'écrasant de tout son poids. Aliania se concentra sur ce qu'il se passait autour d'elle, ne souhaitant pas que Noctius soit blessé ou pire encore. À tour de bras, elle croisa le fer avec habilité et tua aisément un grand nombre de wargs. Elle laissait les gobelins à terre aux Rohirrim car il s'agissait de proies plus faciles. Dans la cohue générale, la jeune femme vit un soldat être traîné à grande vitesse sur le sol, le pied coincé dans l'étrier d'un loup des montagnes. Le gobelin qui était assis dessus se battait contre l'homme pourtant en fâcheuse posture. Ils passèrent devant et elle vit avec horreur qu'il s'agissait d'Aragorn et qu'ils fonçaient droit en direction de la falaise. Réagissant immédiatement, elle se lança à leur poursuite en ordonnant à Noctius de galoper comme si sa vie en dépendait. L'étalon élança ses robustes pattes pour tenter d'obéir à sa cavalière. À quinze mètres du précipice, le rôdeur parvint à jeter à terre son ennemi et essaya de se redresser sans succès. Tentant le tout pour le tout, l'elfe sauta sur le dos du warg pour tenter de l'arrêter. Néanmoins, le vide se trouvait beaucoup trop proche. Deux secondes à peine après, ils basculèrent tous dans l'abîme sous les hennissements alarmants de Noctius qui s'était stoppé juste à temps…
Albus Dumbledore fut réveillé en pleine nuit par une Madame Pomfresh agitée. Il finit par comprendre que Soledad Lopès avait réussi à déjouer sa surveillance en rusant pour fuir. Il fut choqué d'apprendre la façon dont elle avait acté pour forcer la collègue a abaissé le bouclier protecteur. Décidemment, la jeune femme était vraiment extrémiste dans ses faits et gestes. Il l'allait devoir lui parler d'une façon ou d'une autre et le plus tôt sera le mieux. L'infirmière lui confia sa crainte d'apprendre que son élève recommence sa tentative de suicide maintenant qu'elle avait le champ libre mais le Directeur lui fit judicieusement remarquer que si telle avait été son attention, elle l'aurait fait dès que le couteau était entré en sa possession.
Anabellissë revint quelques heures après à Poudlard et fut furieuse d'apprendre ce qu'il s'était passé. Elle ne rejoignait que partiellement l'avis de Dumbledore sur l'hypothétique rechute de sa sœur car elle se doutait que si Soledad tenait vraiment à mourir, elle n'aurait pas refait une tentative dans une infirmerie ! Aussi elle prit son mal en patience et attendit pour voir si son amie réapparaissait ou pas. Dans sa tête, Ana ne pouvait s'empêcher de penser qui si jamais la sorcière n'était plus dans l'optique de se tuer, c'était elle qui allait la massacrer. L'elfe avait atteint son seuil de tolérance avec sa sœur adoptive.
Lorsque les rares wargs survivants s'échappèrent en courant, les Rohirrim purent enfin souffler et constater les pertes subies. Plus de la moitié d'entre eux étaient à terre et une partie des chevaux étaient blessés. Gimli et Legolas se retrouvèrent et échangèrent rapidement le nombre de leurs victimes respectives. A priori, l'elfe avait gagné – de peu certes – mais cela suffit pour rendre le nain grognon. Anàrion repéra dans le carnage les trois hommes qui l'avaient secondé depuis Imladris. Comme c'était à prévoir, ils ne souffraient que de quelques coupures superficielles. En revanche, il ne vit pas son amie et se mit à l'appeler. Entendant ses clameurs, le Prince de la Forêt Noire fit un tour sur lui-même à la recherche de son ancienne compagne mais aussi du rôdeur. Après plusieurs appels, il devint évident qu'ils n'étaient pas ici à moins que... Et s'ils faisaient partie des cavaliers tombés ? Le cœur battant douloureusement, l'elfe aperçut Noctius qui s'agitait sans raison apparente vers le rebord de la falaise. Juste à côté se trouvait un gobelin agonisant qui ricanait. Il le saisit fermement par ses vêtements et l'interrogea sur les causes de son jubilation manifeste. Celui-ci avoua que les personnes qu'ils cherchaient ne reviendraient pas, qu'ils avaient basculé dans le vide. Voyant qu'ils ne le croyaient, la créature ouvrit sa paume de main qui accueillait le pendentif elfique qu'Aragorn tenait d'Arwen puis, il s'étouffa dans son sang le sourire sadique aux lèvres. Les compagnons de route se précipitèrent vers l'abîme et la prospectèrent d'un regard angoissé. Legolas repéra immédiatement le corps inanimé de la femme qu'il aimait allongé sur une minuscule corniche en contrebas. Il hurla son nom mais ne reçut pas de réponse. Cependant, la silhouette remua légèrement en gémissant.
L'impression d'avoir reçu une massue sur la tête n'était qu'un doux euphémisme pour décrire ce qu'elle ressentait actuellement. En plus du martèlement qui lui vrillait les tempes, elle sentit tous son corps courbaturé et endolori. Quelqu'un cria son nom. Elle ouvrit péniblement les yeux et fut aveuglée par la lumière du jour. L'elfe se redressa avec précaution en serrant des dents, retenant ainsi des plaintes de douleur. En passant ses doigts sur son crâne, elle sentit un liquide chaud les tâcher. Super ! Ça promettait une longue migraine carabinée pour les prochains jours ! Elle avait encore fait une sacrée chute et avait échappé aux flots de peu ! Une chance qu'elle se soit agrippée à la paroi rocheuse de justesse et que cela ait pu ralentir sa descente...
- Aragorn ! réalisa-t-elle horrifiée en constatant que son ami n'était pas sur la corniche. ARAGORN ! se mit-elle à hurler en se penchant dangereusement vers le bas.
- Aliania, reste collée à la paroi, nous cherchons un moyen pour te remonter ! l'interpella Anàrion qui courut chercher de quoi fabriquer une corde.
Mais la jeune femme se passa de cordage. L'escalade ne la dérangeait pas bien qu'elle préférait en faire lorsqu'il n'y avait pas une rivière juste en dessous d'elle. Elle s'agrippa à la roche occultant le fait que cela lui égratignait désagréablement les paumes de mains. L'ascension fut plus ardue que ce qu'elle avait prévu dans son esprit. Les prises n'étaient pas idéales et son esprit embrumé n'améliorait pas les choses. Prise d'un violent étourdissement, elle sentit ses extrémités s'engourdir et son corps la lâcher. Heureusement, deux mains l'attrapèrent à temps et la remontèrent sur la terre ferme au moment où elle sombrait dans une semi-inconscience. Après avoir lancé un regard compatissant aux compagnons endeuillés, Théoden ordonna aux hommes valides de soutenir les blessés et de se remettre en route pour le Gouffre de Helm. Aliania reprit rapidement conscience de ce qu'il se passait autour d'elle et rejeta d'un mouvement d'humeur l'aide proposée par son ancien amant :
- J'sais encore comment monter à cheval toute seule ! argua-t-elle les mâchoires crispées.
- Ne sois pas stupide, tu tiens à peine debout ! Cela relève déjà du miracle que le choc ne t'ait pas tué. Cette chute aura pu t'être fatale ! protesta Legolas qui fut approuvé par Anàrion d'un hochement de tête.
- Non, toi ne sois pas stupide ! répliqua-t-elle nauséeuse. Il en faut bien plus que ça pour m'achever, se mit-elle à ricaner amèrement. Et donne-le-moi ! ajouta-t-elle en désignant d'une main légèrement tremblante le collier d'Arwen que l'elfe tenait toujours entre ses doigts.
Le Prince n'insista pas sachant pertinemment qu'il ne parviendrait pas à la raisonner et lui tendit le pendentif le cœur lourd. Il avait du mal à croire que le Dùnedain avait péri ainsi... Cela avait été tellement brutal ! Il ne l'avait même pas vu basculer dans le vide. Y avait-il une moindre chance pour qu'il ait survécu à cette terrible chute ? Quand bien même le choc n'aurait pas été fatal, quelle était la probabilité pour qu'il ne se soit pas noyé ? Outre sa peine, l'elfe blond s'inquiétait pour la fille du Seigneur Elrond. Non seulement son état de santé semblait alarmant, mais aussi son quasi manque de réaction face à la perte de son ami. Aragorn entretenait depuis toujours des rapports privilégiés avec la jeune femme. Il savait lui parler et l'aider comme peu de gens parvenaient à le faire. Bon confident, elle lui livrait beaucoup de choses importantes car il ne se positionnait jamais comme juge et possédait un don pour la rassurer et la faire rire. Legolas se demanda si elle avait bien réalisé ce qu'il s'était produit ou si elle était encore trop sonnée pour saisir la tragique information. À moins qu'elle ne soit dans le déni comme pour Gandalf ? Remarque, elle avait eu raison sur ce coup-là alors serait-il une seule seconde concevable de garder espoir ? Aliania disait souvent que tant qu'elle ne voyait pas de dépouille, il y avait toujours un espoir de retrouver des disparus. Puisse-t-elle avoir raison pour son ami...
Les survivants de l'attaque chevauchèrent le plus rapidement possible en direction de la forteresse. Gimli reniflait de temps à autre lamentablement tandis que Legolas, qui se trouvait sur la croupe devant lui, surveillait du coin de l'œil la sorcière. La tête de cette dernière dodelinait au rythme du galop de son étalon qui la sentait s'affaisser peu à peu sur son dos. À un moment, elle se redressa en sursaut : elle s'était sentie tomber et s'était ressaisie juste à temps ! Cela ne pouvait plus durer, son crâne lui donnait l'impression d'être sur le point d'exploser et ses nausées s'accentuaient d'heure en heure. Elle dit rapidement à Anàrion d'accompagner le reste de la troupe jusqu'à destination et qu'elle les rejoindrait là-bas plus tard. Sans laisser le temps aux autres de l'interroger sur ses intentions, elle se volatilisa sous leurs yeux ébahis.
Bien que cela ne lui plaise pas énormément, Soledad se sentit obligée de retourner à Poudlard. Il fallait bien l'avouer, les potions de ces sorciers étaient assez efficaces et elle devait boire un filtre anti-migraine de toute urgence. Si au passage elle chopait de la crème cicatrisante, elle ne ferait pas la fine bouche non plus. Elle n'en était pas à son premier traumatisme crânien mais là, elle n'avait vraiment pas le temps d'attendre que ses vertiges passent d'eux-mêmes.
Pendant ce temps, les Gryffondor venaient d'entrer dans la pénombre de la salle de Divination. Aujourd'hui, le Professeur Trelawney les informa que les signes du destin l'avaient informée que les prochains examens porteront sur les boules de cristal. Hermione, qui était réellement déchaînée ces derniers temps, se moqua ouvertement d'elle en faisant remarquer à ses camarades que sa prédiction était nulle étant donné qu'elle seule décidait des sujets d'examens ! Ana ne put s'empêcher d'approuver la jeune fille. La voyante se rendait ridicule. Quant à Harry, il fut soulagée de ne plus à avoir à lire dans les lignes de la main et ainsi la voir s'évanouir à moitié en examinant sa soi-disant minuscule ligne de vie. Rapidement, les élèves se trouvèrent à fixer bêtement dans des boules de cristal où était enfermée de la fumée blanchâtre, tentant ainsi de décrypter des signes du destin. Selon Ronald Weasley, le message était clair : il y aurait beaucoup de brouillard cette nuit ! Cette remarque effrontée déplut au professeur qui se penchant sur leur sphère. Quasiment instantanément, elle commença à déplore le futur du Survivant en gémissant que le Sinistros le surveillait. Hermione se leva brusquement et balança d'un geste exaspéré l'objet à terre en démontrant à la voyante combien elle trouvait son cours et ses prédictions burlesques. Ana se retint de faire pareil. Après tout, elle ne tenait pas à devenir aussi insolente que Soledad aux yeux des sorciers de ce monde.
Soledad passa les portes de l'infirmerie en grinçant des dents. D'un regard vitreux, elle distingua l'infirmière qui sursauta en la reconnaissant. Faut dire que la soignante avait de bonnes raisons de ne pas s'être attendue à sa visite étant donné leur dernier échange.
- Miss Lopès ! s'exclama-t-elle en s'approchant vivement. Mais que vous est-il encore arrivé !
- J'suis peut-être tombée d'une falaise, maugréa-t-elle en se massant le crâne qui se remit à suinter du sang.
- Je vous demande pardon ? balbutia son interlocutrice choquée.
- Bon ok, je l'avoue, je suis bel et bien tombée d'une falaise ! lâcha-t-elle en s'affalant d'un coup sur le lit le plus proche.
- Mais que vous est-il passé par la tête ? murmura la médicomage ahurie.
- Mais ce n'est pas ce que vous croyez ! s'insurgea la jeune femme face au regard de la soignante qui en disait long sur son opinion. Si je m'étais vraiment jetée dans le vide et que j'avais survécu, vous pensez réellement que je viendrais vous réclamer des soins ? J'veux juste une potion contre le mal de tête et tant qu'à faire que vous me refermiez le crâne. Je suis pressée et je n'ai pas de temps à perdre !
- Vous allez commencer par prendre ce flacon, lui dit-elle en lui tendant un filtre qui lui sembla familier.
- Ce n'est pas ce que je vous ai demandé, je n'ai pas besoin d'une potion calmante ! s'écria-t-elle. Arrêter de me prendre pour ce que je ne suis pas et filez moi une putain de potion contre la migraine ! articula-t-elle en se tenait les tempes entre deux mains tremblantes.
Madame Pomfresh finit par céder à sa requête sans pour autant tenter de lui administrer une potion de sommeil sans rêve comme elle l'avait envisagée au départ. En quelques minutes, les vertiges et la douleur de la jeune femme cessèrent. D'un mouvement de baguette, la médicomage lui referma le crâne après avoir bien désinfecté la plaie et en profita pour lui nettoyer les cheveux salies par du sang coagulé et de la terre. Elle l'incita à prendre une potion de nutrition qui ne fut pas inutile. L'infirmière s'interrogeait sérieusement sur la fréquence et la nature de l'alimentation de cette élève. Soledad avait beau se défendre que son teint pâle était du à son appartenance elfique, il n'en restait pas moins vrai que ses examens démontraient de sérieuses carences nutritives. Maintenant qu'elle se sentait plus tanguer, Soledad fit rapidement le point dans sa tête : la rencontre avec Anàrion, l'attaque des wargs et... la chute d'Aragorn ! Elle fit tourner entre ses doigts le pendentif elfique qu'Arwen avait offert en gage d'amour à son bien-aimé. Elle ne parvenait pas à croire qu'elle le tenait dans sa main alors qu'elle ne l'avait jamais vu quitter le cou de son ami.
- Non... non, murmura-t-elle désespérée. Pas lui ! lâcha-t-elle avant d'ouvrir un portail et de repartir pour le Gouffre de Helm.
- Mais revenez ! lui hurla Madame Pomfresh lassée des allées et venues de cette élève particulière.
Les survivants de l'attaque de wargs avaient rejoint la forteresse des Rohirrim. Derrière les hautes murailles, une quantité de villageois avait trouvé refuge suite aux pillages de leurs villages. La Dame Eowyn avait donné des directives pour préparer et stocker des provisions dans les cavernes qui se situaient à l'arrière du Gouffre. Cela avait été avec une émotion contenue que Gimli avait du lui annoncer le trépas d'Aragorn. Tous avaient remarqué combien le rôdeur ne laissait pas indifférente la fille du Rohan.
Aliania apparut au milieu de la foule qui ne la remarqua même pas tellement elle était affairée à sa tâche. Elle déambula parmi les villageois en quête de visages familiers. L'elfe ne tarda pas à repérer Anastase qui était en train d'aiguiser une lame grossièrement forgée.
- Ne me dis pas que toutes les épées recensées ici sont comme ça, l'interpella la sorcière qui se doutait de la réponse.
- Alors je ne te le dis pas, rétorqua-t-il avec l'esquisse d'un sourire. Comment ça va ?
- Bah je ne te vois pas en double et je ne pisse plus le sang alors on peut dire que ça va ! fit-elle négligemment. Où est le Roi ?
- Je crois qu'il est par là-bas, l'informa-t-il en lui désignant un étage supérieur.
- Et Anàrion ?
- Peut-être que tu le trouveras vers le bastion au premier niveau. Il me semble qu'il repère les lieux.
La sorcière-elfe se rendit vers le Roi Théoden. Elle le trouva en pleine conversation avec Hama, le premier garde de la Maison du Roi. Il la dévisagea avec étonnement. Il faut dire qu'elle s'était volatilisée peu de temps après sa chute et qu'elle n'était pas en très bon état à ce moment-là. Il ne devait pas s'être écoulé plus de quelques heures depuis et pourtant, l'elfe semblait quasiment guérie si ce n'était les quelques contusions visibles sur ses membres dénudés.
- Et ouais, j'suis vivante, plaisanta-t-elle d'une voix morne. Bon, quelles nouvelles ? En avez-vous de Saroumane et de ses sbires décérébrés ?
- Des éclaireurs ont été dépêchés, l'informa le Souverain en la dévisageant toujours étrangement.
- Vous pouvez arrêter de me regarder comme si j'étais devenue un cadavre ambulant ? C'est gênant ! railla-t-elle acerbe avant de tourner les talons et de sortir.
Alors qu'elle descendait les marches à bon rythme sans vraiment prêter attention à ce qui l'entourait, elle percuta quelqu'un.
- Hey ! Mais vous ne pouviez pas regarder où vous... commença-t-elle énervée avant de se stopper net. Aragorn ! s'exclama-t-elle surprise le cœur sur la main avant de se jeter dans ses bras les yeux humides. Tu es vivant ! Mais comment ?
- Oui je suis vivant. Toi aussi à ce que je vois, lui sourit-il en lui rendant son étreinte.
- Je ne suis pas tombée dans l'eau, frissonna la jeune femme sans le lâcher. Contrairement à toi... ajouta-t-elle en se reculant pour le regarder.
Le Rôdeur était visiblement épuisé. Cheveux emmêlés, regard terne et ensommeillé, vêtements souillés, le rescapé faisait peur à voir.
- Tu as une mine affreuse ! fit-elle mine horrifiée.
- Non mais t'es-tu regardée dernièrement ? répliqua-t-il derechef. Il est d'ailleurs surprenant que Legolas m'ait accueilli avec le même compliment.
- J'ai quelque chose pour toi, lui dit-elle en lui tendant l'Evenstar. Arwen a besoin de toi, ne l'oublie jamais... lui murmura-t-elle en elfique en accrochant le collier autour du cou de son ami.
- Rim hennaid,la remercia-t-il reconnaissant avant de soupirer gravement.
- Qu'y-a-t-il ? souffla-t-elle en fronçant des sourcils.
- Saroumane a révélé son armée d'orcs qui se dirige rapidement vers nous, déclara-t-il sombrement.
- Allez, donne un chiffre, l'incita la guerrière dans une grimace tout en redoutant la réponse.
- Je l'estimerais à dix mille...
- On n'est pas dans la merde... grommela la jeune fille en s'asseyant lourdement sur une marche lissée par les années.
- Je vais prévenir le Roi Théoden.
- Fais donc ! Il va t'adorer ! ironisa la sorcière blasée. Anàrion ! héla-t-elle le concerné qui vint vers elle. Il faut que tu repartes tout de suite !
- Qu'y-a-t-il de si urgent ?
- Faut que tu rejoignes tu-sais-qui tu sais-où avant de te faire bloquer par une armée d'orcs. File ! lui ordonna-t-elle en se relevant avec vigueur.
- Quelle armée ?
- Celle de Saroumane ! Hâte-toi, je ne te veux pas sur cet affront ! le pressa-t-elle alerte. Les hommes qui ont fait la route avec toi restent ici. Tu passeras inaperçu seul. Sois toutefois prudent, les wargs ne sont jamais très loin…
Le soldat se plia à ses ordres bien qu'il les désapprouvait. Partir alors qu'une grande bataille s'annonçait n'était guère tolérable pour lui, d'autant plus que les forces militaires en ces lieux s'avéraient quasi inexistantes. Mais il n'avait pas le choix. Sa supérieure lui avait confié une délicate mission qu'il avait acceptée cédant sous ses supplications. Son approbation était aussi due à sa curiosité : depuis qu'Aliania lui avait communiqué la nature de sa requête, il s'interrogeait sur l'identité de la femme enceinte. C'était bien la première fois que son amie lui donne une mission de ce type et vu son insistance, il s'agissait d'un enjeu réellement important. Aussi se mit-il en route à toute hâte en direction des plaines du Rohan.
Après s'être assurée du départ de son confident, Aliania se mit à chercher la Dame du Rohan. Avec toutes ces péripéties, elle avait failli oublier la raison première de sa venue ! Il lui fallait récupérer la pierre de lune contenant les pouvoirs de son aînée dans l'éventualité où Arthélius passe à l'offensive. Les villageois finirent par lui indiquer que la nièce du roi rassemblait des provisions et dirigeait le stockage dans les premières cavernes. Ce fut ainsi qu'elle trouva la jeune femme qui lui tournait le dos :
- Eowyn ? l'appela-t-elle en lui posant une main sur l'épaule.
- Menilda ! s'exclama l'intéressée en se retournant vivement. Mon oncle m'a dit qu'il vous croyait morte !
- Non, j'suis bien vivante, éluda-t-elle fatiguée de se répéter. Je dois récupérer la bague, l'avez-vous sur vous ? s'enquit-elle en priant pour que le bijou ne soit pas resté au château d'Or de Méduseld.
- Oui bien sûr, la voilà ! répondit-elle surprise. Je ne l'ai point quittée depuis que vous me l'aviez confiée. J'en ai pris grand soin telle était votre requête, ajouta-t-elle sérieusement.
- Parfait, j'ai raison de dire que vous êtes aussi digne de confiance que vos ancêtres, lui sourit l'elfe en mettant l'objet à une chaîne d'argent attachée autour de son cou. Je dois m'absenter quelques heures, je serai de retour avant les orcs ! affirma-t-elle en tournant les talons.
- De quels orcs parlez-vous ? se récria la jeune femme aux cheveux d'or.
- Vous le saurez bien assez tôt ! lui répliqua derechef l'elfe avant de retourner à la surface et franchir le portail pour l'école de Magie.
Lorsque la sorcière elfe débarqua dans la Tour Gryffondor, elle fut étonnée de la trouver pleine à craquer malgré l'heure tardive. De toute évidence, les élèves avaient quelque chose d'important à fêter et l'elfe ne mit pas longtemps à deviner de quoi il s'agissait. Sur une table positionnée au milieu de la Salle Commune trônait une énorme coupe platinée. Celle-ci représentait un vif d'or. Si on ajoutait à cela le fait que les étudiants hurlaient tels des admirateurs hystériques en sautillant autour de l'équipe de sportive, on ne pouvait plus douter un seul instant de l'identité des vainqueurs de la Coupe annuelle de Quidditch. Soledad grinça les dents en maugréant. Cela allait être coton d'aborder son protégé en toute discrétion et elle n'avait pas le loisir d'attendre que les groupies se calment. Tant pis, elle était bonne pour un bain de foule. Elle se fraya tant bien que mal un chemin parmi les élèves agités.
- Harry ! l'interpella-t-elle lorsqu'elle fut suffisamment près. HARRY ! insista-t-elle en voyant que le jeune homme ne l'avait pas entendue.
- Sol ? On a gagné ! J'ai attrapé le vif d'or sous le nez de Malefoy ! T'aurais vu sa tête ! débita le Survivant euphorique.
- Génial Harry, répondit-elle s ans conviction. Maintenant, concentre-toi deux minutes sur ce que je vais te demander. J'dois reprendre le bracelet que je t'avais donné l'année dernière.
- Quel bracelet ? s'enquit le sportif perplexe, légèrement éméché par un abus de bièraubeurre.
- Viens là, on ne s'entend pas dans ce vacarme ! m'incita-t-elle en lui saisissant le bras fermement pour l'entraîner dans sa chambre.
- Lâche-le ! intervint Anabellissë qui n'appréciait pas de voir la guerrière brusquer ainsi un élève sans raison apparente. Alors maintenant tu t'en prends aux jeunes ? l'agressa-t-elle durement le regard froid.
- Ce n'est rien, commença à la défendre le principal concerné. On est juste en train de discu...
- Ce n'est pas rien ! vociféra l'elfe pourtant réputée pour son calme à toute épreuve. Je ne tolèrerai pas qu'elle ait de pareils gestes envers toi.
- C'est quoi ton problème Ana ? se renseigna la sorcière abasourdie par l'ardeur manifeste de sa sœur adoptive.
- Je ne veux pas que tu t'approches des élèves tant que tu n'améliores pas ton comportement ! cracha-t-elle révélant ainsi ses véritables pensées à son égard.
- Attends, répète le moi en face, je n'ai pas du bien entendre... grogna sourdement la jeune femme sur la défensive tandis que certains étudiants commençaient à regarder d'un air inquiet leur discussion houleuse.
- Tu m'as très bien entendue. Tant que tu n'es pas stabilisée émotionnellement parlant, tu ne côtoies pas de mineurs, lui reformula-t-elle toujours aussi tranchante.
- Je n'en crois pas mes oreilles ! s'insurgea Soledad outrée. Qu'est-ce qu'il te prend de me dire ça ? Harry, rapporte-moi le bracelet que tu as récupéré dans la salle de classe où était stocké le Miroir de Risèd lors de ta première année. C'est urgent ! lui ordonna-t-elle sans quitter des yeux sa congénère.
Le Gryffondor s'exécuta déboussolé. Pourquoi Ana assaillait-elle de la sorte Soledad ? A priori, elle n'avait rien fait de mal. Il faut dire que cela faisait un moment qu'il n'avait pas vu sa protectrice. Mais quand même, il ne comprenait pas les raisons de ce conflit. Pas plus qu'il ne saisissait pourquoi l'elfe avait un besoin urgent d'une babiole brillante alors qu'elle avait une sainte horreur des ornements de soirée ! Quoiqu'il en soit, il s'empressa d'aller dénicher le bijou dissimulé au fond de sa grande malle. Pendant ce temps, les deux jeunes femmes poursuivaient leurs amabilités :
- Selon toi, tu n'as aucun problème qui mérite d'être relevé ? Ta façon de quitter l'infirmerie était banal ? Tout comme les raisons qui t'ont menée là-bas ? Tu es un danger pour ton entourage Aliania !
- Si je suis si dangereuse, alors pourquoi me provoques-tu ? N'as-tu donc pas peur de moi ? railla-t-elle amère.
- Je n'ai pas peur pour moi, j'ai peur pour toi et ceux qui t'entourent, rectifia Ana solidement ancrée sur ses positions.
- Pendant que j'y pense, ne t'avise plus jamais à répandre des rumeurs sur moi à Imladris. Cela vaut pour tous les autres lieux.
- Je n'ai fait que dire la vérité, tu as essayé de te...
- TAIS-TOI ! la coupa brutalement la guerrière qui avait épuisé toute patience. TU TE TAIS ! Je m'apprête à livrer bataille et n'ai pas de temps à perdre avec tes mouvements d'humeur Ana ! Je me fous pas mal de ce que tu penses de moi en ce moment. J'ai d'autres choses à penser de bien plus urgent ! lui hurla-t-elle dessus en arrachant presque des mains d'un Harry tétanisé le pendentif.
Elle sortit furibonde de la salle désormais silencieuse et consternée. Elle ne parvenait pas à croire qu'une telle scène venait de se produire. Ana – sa douce et frêle sœur d'adoption – venait de lui faire un scandale devant ses protégés ! Elle ne pouvait pas laisser passer un tel affront ! Mais pour l'heure, elle devait se concentrer sur la bataille du Gouffre de Helm ainsi que s'affairer à rassembler les éclats de pierres de lune. Arthélius ne serait pas long à passer à l'attaque, elle le sentait...
Verdict ? ^^
Merci d'avoir lu !
Il ne me reste qu'une seule chose à vous dire : JOYEUSES FÊTES DE FIN D'ANNÉE !
A bientôt ! :D
