House clopina jusqu'à la tombe devant laquelle Meï s'était laissée tomber. Au fur et à mesure qu'il approchait, il l'entendit pleurer. Il grimaça et s'assit à ses côtés.
_ Lai...Laissez moi...
_ Non. répliqua-t-il calmement.
_ Allez vous occuper de votre femme.
_ Non.
_ Je vous en supplie, laissez moi seule.
_ Je ne vous ai pas encore remercié pour votre hospitalité. Vous ne saviez pas qui nous étions et nous avez aidé sans rechigner.
_ Mais c'est tout à fait normal. dit-elle entre deux reniflements.
_ D'où connaissiez-vous mon père?
_ Je suis vraiment désolée...
_ Humpf.
_ De... De quoi est-il mort?
_ Pourquoi cela vous intéresse-t-il?
Meï leva la tête vers le ciel et soupira.
_ Il y a un mois... Des hommes sont venus au village et ont enlevé des enfants...
House se crispa.
_ Ils... Ils...
Le diagnosticien lui posa une main hésitante sur l'épaule. Elle inspira profondément puis reprit.
_ Ils n'ont pas voulu des femmes mûres...
_ Votre père, qui était de passage une semaine après, a décidé de partir à leur recherche. Il... Il m'a promis qu'il me ramènerait ma Zimi...
House sentit son pouls s'accélérer.
_ Je suis si égoïste! Je pleure de frustration alors que votre père à sûrement donné sa vie pour elle!
Elle tourna vers lui des yeux embués de larmes. De quoi est-il mort?
_ Crise cardiaque. mentit House.
_ Oh...
_ Je le vois mal partir en croisade. Il a sûrement prévenu l'ambassade américaine et les associations des droits de l'homme. Je suis sûr qu'il a fait passer le message, et qu'on recherche activement votre enfant.
Elle lui fit un triste sourire.
_ Je suis idiote...
_ Non! M'enfin si mais... Nous le sommes tous en quelque sorte. Regardez comment j'ai réagit tout à l'heure.
_ On perd vite ses moyens quand un être cher est en danger.
_ Oui, c'est sûrement ça...
_ Dieu est sévère avec moi... Je ne sais pas si je tiendrais.
_ Dans ce cas là... Je crois qu'il a oublié sa loupe sur sa table de malheurs. Du coup, ils ne cessent de s'abattre sur vous. Faudrait peut être lui passer un coup de fil et le lui signaler.
_ Aux premiers abords, on pourrait vous prendre pour votre père. Mais vous êtes différents.
_ Je suis heureux de vous l'entendre dire.
_ Comment arrivez-vous à être malheureux alors que la femme que vous aimez est toujours en vie, elle!?
House, qui avait commencer à se relever, se figea en plein geste. Meï venait d'employé un ton qui lui fit froid dans le dos.
_ J'ai perdu mon mari et ma fille!
_ Votre fille n'est pas morte...
_ Vous n'en savez rien!
_ Meï...
_ Non! Ne me demandez pas d'être patiente et d'espérer! Je n'es plus foie en rien...
_ Dieu ne serait pas heureux de vous entendre dire ça...
_ Alors qu'il me foudroie sur place... Au moins, je ne souffrirai plus.
House se redressa complètement et épousseta ses vêtements.
_ Dès que Cuddy se sentira mieux nous partirons.
_ Comment êtes vous arrivés jusqu'ici et dans cet état?
_ Accident de voiture.
_ Ce n'est pas ce que vous m'aviez dit quand vous déliriez presque.
_ Et je disais quoi au juste? J'ai fait popo dans mon pot?!
_ Vous disiez que vous étiez pourchassés par des militaires et qu'ils s'étaient attaqués à vous.
_ Oui! Ils ont causé notre accident. Et comme je ne veux pas vous créer des problèmes, je ferai le plus vite possible pour fuir ces lieux!
_ Pas la peine. Restez aussi longtemps que vous le voudrez. Votre femme doit se reposer...
_ Si les militaires...
_ Eh bien qu'ils viennent! J'ai des comptes à régler avec eux!
_ Comment ça? demanda House faussement surpris.
_ Les militaires qui vous coursent sont sûrement ceux qui m'ont enlevé ma fille.
_ Les militaires?!
_ Une poignée d'entre eux ont mis sur place un trafic de mineurs... L'armée n'est bien sûr pas au courant.
_ Je vois. Et vous savez qui est le chef?
Meï lui jeta un regard surpris.
_ Pourquoi cela vous intéresse-t-il?
_ Simple curiosité.
_ Votre curiosité peut attendre. Allez voir si elle va bien.
House poussa un soupir de frustration et s'éloigna.
Quand il entra à l'intérieur, il retrouva Cuddy, assise sur le lit.
_ Mais qu'est-ce que!? Je t'ai dit de te reposer! Pas d'essayer de te lever!
Il avança vers elle, sourcils froncés.
_ Je vais mieux. dit-elle avec un sourire.
Il se planta devant elle et prit une mine sévère.
_ Tu as failli mourir.
Cuddy croisa les bras autour de son cou.
_ Oui mais mon docteur m'a sauvé.
_ Il reste encore des traces de poison, tu n'es pas...
Elle le fit taire en l'embrassant. House frissonna de plaisir au contact de ses lèvres.
_ ... Sortie d'affaires... finit-il quand elle rompit le baiser.
_ J'ai envie de toi.
Le diagnosticien ouvrit grand les yeux.
_ Tu as repris de l'opium?
Elle glissa les doigts dans ses cheveux.
_ Très bien très bien. souffla House qui sentait le désir monter en lui. Mais d'abord, on finit avec les résidus de poison tu veux bien?
Elle hocha la tête et lui sourit.
_ Tu as déjà bu de la liqueur de Dakin?
_ Quoi? s'étrangla-t-elle.
_ Tout d'un coup là... Je sens que tu n'as plus envie de moi.

***

House entraîna Cuddy derrière la chute d'eau et vérifia que personne ne les avait suivit.
_ Je vais mieux je t'assure.
_ Deux jours ne sont pas suffisants pour récupérer.
_ Surtout après m'avoir fait ingurgiter de la liqueur de Dakin! répliqua Cuddy, mains sur les hanches.
House lui fit un sourire innocent. Il déplia la serviette et la posa au sol.
_ J'aime cet endroit. J'y allais m'y réfugier quand... il se gratta la gorge et lui fit signe de s'asseoir. Nous sommes en sécurité ici. Et si les militaires se pointent chez Meï, elle n'aura pas de problèmes.
Cuddy ne dit rien, l'observant avec attention. Elle avait compris que cet endroit lui tenait à cœur, que c'était son petit monde à lui... Elle se doutait bien aussi que ce lieu faisait ressurgir des souvenirs douloureux. Elle savait aussi qu'il ne voudrait pas en parler et insister aggraverait les choses.
_ Pourquoi avoir menti à Meï à propos de ton père?
_ Pour lui éviter d'être le moins impliqué possible et pour qu'elle garde espoir.
Il s'allongea et fixa le plafond rocheux.
_ Ce n'est pas ton genre.
_ Apparemment, j'ai changé.
_ Tu n'as pas changé... Tu... Tu veux la sauver!
Elle se pencha au dessus de lui. Il fronça les sourcils face à son sourire victorieux. Il avait horreur quand elle faisait ça... Quand elle lisait en lui comme dans un livre ouvert.
_ Bien sûr que non! Je suis resté pour trouver les assassins de mon père.
_ Oui mais quand tu les retrouveras, tu retrouveras sûrement Zimi.
_ Pas forcément, à l'heure qu'il est, cette petite est morte ou déjà vendu.
Cuddy se mordit la lèvre inférieure.
_ Tu mens.
_ N'importe qu...
_ Tu ne m'as pas tout dit...
_ Moins tu en sauras et mieux ce sera.
_ Ce n'est pas comme ça que les choses fonctionnent!
_ Tu n'as pas envie de moi là?
_ J'ai surtout envie de t'étrangler!
House se redressa en soupirant.
_ Cette femme me tue. chuchota-t-il de façon à ce qu'elle entende.
Elle le fusilla du regard et lui tourna le dos.
_ Et elle fait la gueule maintenant!
_ Je ne t'ai pas suivi pour que tu me trimballes comme un sac à patate, mais pour t'aider.
_ TRÈS BIEN! Oui! Si je peux, je la sauverais...
Cuddy se tourna vers lui en ouvrant la bouche mais il la devança.
_ Et je ne fais pas ça pour mon père mais pour Meï! Ce nigaud s'est foutu dans la merde et en est mort. Son obsession pour la droiture et la vérité l'ont mené très loin... Six pieds sous terre!
_ Obsession pour la vérité hein?
_ Oui.
_ Tiens donc, ça me rappelle vaguement quelqu'un...
_ Wilson? Tu as encore consommé de l'opium c'est ça?
_ Arrête de faire l'idiot!
_ Toujours pas envie de moi?
Cuddy soupira.
_ Tu as raison, j'ai besoin de repos.
Elle se coucha sur la serviette en lui donnant son dos. House sourit. Cette vue sur son postérieur ne lui était pas insupportable.
_ Et regarde ailleurs!
Il sursauta et éclata de rire.
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_ Pourquoi se priver des belles choses que nous offre la nature? il pencha la tête sur le côté. Et les choses dénudées sont les plus belles.
_ Il fait plutôt froid non?
_ J'avoue oui. il retira une épaisse couverture du sac qu'ils avaient apporté et couvrit Cuddy.
_ Tu restais des jours entiers là?
_ Ouais. Il m'est même arrivé d'y rester une nuit. Quand je suis rentré... Mon père à sortit sa plus belle ceinture pour l'occasion...
Cuddy se tourna vers lui. Le diagnosticien fut alors pris d'un petit rire.
_ Depuis que je suis ici, je ne rencontre que des personnes qui l'idolâtrent. Ils ne savent pas à quelle pourriture ils avaient à faire.
_ Ne dit pas ça.
House s'allongea et planta son regard dans le sien.
_ Tu ne sais pas ce que c'est d'être entrainé de pays en pays, de se sentir seul et en plus... De se faire battre par un père qui ne supporte aucun dérapage ou mensonge...
_ House...
_ Ne me dis pas que tu es désolée. C'est du passé de toute façon.
_ Tu te sens toujours aussi seul.
_ Bien sûr que non. répliqua-t-il en fixant le sol.
Cuddy lui posa une main sur la joue et le força à la regarder dans les yeux.
_ Je suis là. Wilson est là... Tu n'es plus tout seul depuis longtemps.
_ Je suis seul quand je vais aux toilettes.
_ House!
_ L'atmosphère devenait lourde.
_ On ne masque pas sa gêne par une parole aussi déplacée!
_ Ah ben si la preuve!
Cuddy éclata de rire.
_ Tu n'as en rien changé. déclara-t-elle en rapprochant son visage du sien.
_ Les gens ne changent pas.
Leurs lèvres s'effleurèrent, se cherchèrent puis se trouvèrent. Leur baiser, d'abord tendre devint vite passionné. Comme si leur vie en dépendait. Ils s'enlacèrent ainsi, avec fougue et passion. House se débarrassa vite des vêtements de Cuddy qui gémissait de plaisir sous ses caresses. Elle s'agrippa à lui et l'embrassa de plus belle. Essoufflés, ils cessèrent un instant de s'embrasser et en profitèrent pour se regarder dans les yeux. Cuddy se noya dans ce bleu profond qu'elle désirait tant voir s'illuminer un jour. House fit remonter ses mains le long de ses hanches, puis de son dos. Elle sentit un frisson de plaisir la parcourir. Elle lui glissa alors à l'oreille :
_ J'ai envie de toi.
House lui captura les lèvres avec un sourire. Il se coucha sur elle et fit remonter la couverture sur eux. Une passion dévorante les consumait depuis longtemps. Et là, à l'abri des regards... A l'abri du monde... Ils pouvaient enfin se retrouver et partager cette passion qu'ils avaient l'un pour l'autre. Cette passion refoulée depuis des années et qui n'avait cessée de croître en eux. Leurs soupirs et leur râles de plaisir allant s'écraser sur cette paroi d'eau qui leur procurait cette intimité dont ils avaient tant souhaité.
Moment magique. Rêve intense. Folie...

TBC...

TBC...