Disclaimer : les personnages de Gundam Wing ne sont pas à moi.
Genre : comédie ? Je ne suis pas certaine.
Autre chose : Bonne lecture.
Chapitre 10) Obligation
Duo fixe Heero avec des yeux écarquillés par une terreur sans nom.
Il n'avait pas pensé que "cela" pouvait se produire.
Mais les mots du japonais sont très clairs et son regard inflexible prouvent qu'il ne se laissera pas fléchir.
Bon gré mal gré il devra en passer par là.
Une sueur glacée commence à courir le long de l'échine du corps de Duo.
Réléna s'était bien gardée de lui parler de "cela".
La traitresse.
Elle devait pourtant savoir...
- Dépêche toi. Ordonne Heero en lui tendant l'objet qui est en cet instant le symbole même de la torture qui l'attend. Le rendez-vous est à 10 h et il est déjà presque 9 h.
Duo saisit à contre coeur la chose.
La porte à sa bouche.
Avalle une gorgée.
Le liquide est à température ambiante.
Sans aucune saveur.
De l'eau toute simple quoi.
- Tu dois la vider entièrement. Poursuit Heero impitoyable.
Duo fait la moue et fronce les sourcils, écarte la bouteille de sa bouche.
- Mais il y a plus d'un litre !
- C'est mieux pour l'échographie. Réplique Heero.
Argument imparable.
Duo avalle deux autres gorgées puis repose la bouteille.
- Je ne peux pas y mettre un peu de sirop ?
- Ne fais pas l'enfant.
Duo n'en boude que plus.
Il n'a aucune envie de vider cette maudite bouteille.
Il n'a jamais aimé boire de l'eau sans rien.
C'est peut être bon pour l'organisme, mais ce n'est pas bon à boire.
Surtout sur L2 ou la seule qu'il pouvait boire avait toujours un arrière goût des plus désagréable.
L'eau c'est la vie OK, mais sur L2 vivre n'était pas une partie de plaisir.
L'eau est vitale mais il n'aime pas.
Un point c'est tout.
Heero observe discrètement son épouse qui fixe d'un regard noir la malheureuse bouteille d'eau minérale.
L'heure tourne et s'il ne se décide pas à intervenir ils ne seront jamais à l'heure au rendez-vous.
Il soupire et se résoud à aller chercher une bouteille d'eau aromatisée.
- Fraise, citron, poire ou cassis ? Demande t'il.
Duo surpris se tourne vers lui.
- Hein ?
- Quel parfum pour l'eau ?
Le visage de son épouse s'éclaire.
- Citron !
- Très bien.
Quelques minutes plus tard la bouteille est presque vide et Duo a l'impression qu'il est si plein d'eau qu'elle clapote au ras de sa gorge, sensation pas vraiment agréable, mais il passe pourtant sans discuter la robe proposée par Heero et le suit en direction de la voiture.
Le trajet est court mais pas vraiment confortable, cela ne fait qu'une demie heure qu'il a commencé à boire et déjà le liquide absorbé demande à ressortir.
Serrant les dents Duo entre en compagnie d'Heero dans le cabinet du génicologue.
Ils constatent sur le champs qu'hormis Heero il n'y a pas d'hommes dans la salle d'attente.
Le japonais sent un léger frisson le parcourir lorsque les regards de toutes les femmes présentes convergent vers lui. Il esquisse un sourire et s'emparre d'un magazine sans même le regarder, disparaît derrière.
Duo sourit lui aussi et constate avec frayeur l'expansion démentielle de certains abdomens.
" J'espère que je ne vais pas ressembler à cela."
Il a envie de demander combien de bébés ces femmes sont censées mettre au monde, parce qu'il lui semble peu probable qu'il n'y ait qu'un seul enfant dans ces ventres rebondits. Mais il préfère opter pour la sécurité et se réfugie dans un silence aussi prudent que souriant. Catégorie "idiot du village qui veut se montrer sympathique".
Puis il note que Heero est en train de feuilleter un numéro de "Neuf mois" et contemple avec fascination l'air concentré du japonais plongé dans l'étude d'un article sur l'accouchement sans douleur. Une étude vraiment approfondie si l'on considère que cela fait bien trois fois qu'il repasse sur le même paragraphe.
Le temps passe lentement, trop lentement, rythmé par les bavardages des autres femmes qui ont fort heureusement décidé de ne pas se préoccuper de la nouvelle venue et de son "si concerné" époux qui pousse le dévouement jusqu'à se documenter sérieusement.
Parce que ne pas se préoccuper de quelqu'un ne signifie pas pour autant ne pas parler d'elle ou de lui. Duo en fait la surprenante constatation. A moins qu'ils ne soient classés dans la catégorie "incapables de percevoir ce qu'il se dit à un mètre de distance". Ce qui n'est hélas pas son cas.
Heero tourne enfin la page, sans avoir lu autre chose que le paragraphe signalé un peu plus tôt et débute la lecture d'un autre article traitant des laits maternisés qui semble lui aussi retenir toute son attention. De plus plus en plus septique Duo commence à se tortiller sur sa chaise. Les seules choses qui semblent progresser sont l'heure sur l'horloge murale et son envie croissante de se rendre aux toilettes.
10 h 18 : Une assistante en blouse blanche avec un sourire de publicité fait son apparition et informe la salle d'une voix faussement désolée que le docteur "Machin chose" aura du retard.
La porte s'est à peine refermée derrière elle qu'un murmure court dans la pièce.
Duo entend avec consternation que " Le docteur "Machin chose" est toujours en retard", "Pensez-vous, ils sont tous toujours en retard".
Et son envie d'aller aux WC n'en augmente que plus.
Il n'est visiblement pas le seul, plusieurs femmes lorgnent avec envie sur la porte peinte en rouge (comme pour les narguer) qui s'orne du sigle pour l'instant honni.
10 h 25 : La tension devient presque palpable, Duo se demande laquelle des femmes présentes sera la première à céder à la pression, comme dans un vieux film où des cow-boys s'affrontent en duel. Il espère seulement ne pas être celle-ci. Les regards se font plus durs, les conversations s'essouflent, les femmes se surveillent du coin de l'oeil, cherchant à déterminer qui sera la première à entrer dans le cabinet, donc la personne à haïr en priorité.
Heero n'en finit pas d'étudier la liste des différents laits maternisés disponibles sur le marché, mais Duo le connait suffisement pour savoir qu'il est aussi tendu que toutes les femmes présentes et qu'il regrette sans doute de ne pas avoir pris son arme.
"Au fait, est-ce qu'il est vraiment sorti sans elle ?"
Cette question le distrait un moment de son envie d'uriner et il lorgne en direction du japonais afin de déterminer si oui ou non il est venu sans armes. Heero lui lance un regard noir qu'il préfère ignorer.
" Après tout, c'est à cause de toi qu'on est ici mon vieux."
Il ne parvient pas à savoir si oui et cela l'agace.
10 h 45 : Duo est sur le point de capituler et de se précipiter vers la porte rouge lorsque la blouse blanche au sourire certifié refait surface. Le docteur "Machin chose" n'est pas fou, il attend en sécurité dans son bureau.
Les regards se tournent tous vers elle, les respirations se bloquent.
Pour qui va sonner l'heure de la délivrance ?
Duo espère de tout son coeur que le docteur n'a pas un second temps de retard.
Puis le nom tomba comme un couperet fleuri.
- Madame Yuy, si vous voulez bien me suivre, le docteur va vous recevoir.
Duo se lève d'un bond, remarquant avec une satisfaction quelque peu perverse qu'il n'était pas fait mention d'Heero dont la présence ne pouvait pourtant pas passer inaperçue. Il a également une pensée reconnaissante à l'encontre de Réléna dont la notoriété est sans doute pour beaucoup dans le fait qu'on les fasse passer en premier alors qu'ils sont arrivés après les autres.
Heero repose vivement son magazine et suit le mouvement, visiblement peu désireux de rester dans la salle d'attente. Surtout considérant les regards de plus en plus sombres des femmes lésées dans leur bon droit.
La porte est à peine refermée que le bruit d'une nouvelle discussion leur parvient, visiblement animée.
Duo n'a pas besoin de comprendre ce que ces dames sont en train de dire pour savoir qu'une part des propos les prennent pour cible.
"Il faudra peut être éviter de revenir en même temps qu'elles."
La blouse blanche ouvre la porte d'une étroite cabine.
- Vous pouvez vous déshabiller ici, le docteur vous attend.
La cabine est tout juste suffisante pour une seule personne, mais Heero trouve le moyen de s'y glisser aussi ce qui rend l'opération "retirer ses habits" des plus malaisée.
Après quelques contorsions Duo parvient tout de même à se débarasser de sa robe sans pour autant envoyer son coude dans le ventre de son compagnon (ce n'est pourtant pas l'envie qui lui manque de le faire, ne ce fut-ce que pour lui faire regretter d'être entré) et se retrouve en culotte et en soutien gorge (piochés dans la si peu excitante provision de Réléna).
Comme dans une comédie bien rodée et minutée la porte donnant sur le cabinet du médecin s'ouvre à la seconde même ou il termine d'accrocher sa robe à la patère prévue à cet effet. Heero et lui s'extirpent le plus gracieusement possible de la cabine et se retrouvent dans la salle d'examen.
- Madame et Monsieur Yuy, enchanté de faire votre connaissance. Déclare le pratricien d'un ton suave.
Duo se contente d'un sourire aussi large que peu sincère, n'ayant guère envie de commencer une conversation mondaine dans un tel lieu et une telle tenue.
Il se sent mal à l'aise, il a froid et sa vessie lui donne l'impression d'être sur le point d'exploser.
- Installez-vous. Continue le médecin, visiblement déçu que sa tentative de discussion ne soit pas suivie.
Duo grimpe aussi rapidement que possible sur la couchette recouverte de papier blanc et attend avec un peu d'inquiètude la suite des événements.
L'homme met en marche un appareil, procède à quelques réglages et, après avoir ouvert un tiroir et en avoir sorti un tube blanc recouvre l'abdomen de Duo d'un gel transparent et bleuté qui lui semble affreusement froid.
Mais ce n'est que le début de l'épreuve, Duo a à peine le temps de surmonter cette première agression que le médecin lui colle sur le ventre un autre objet qu'il enfonce avec délectation dans la chair rebondie. La vessie malmenée par le geste envoie des signaux de détresse et Duo se retient de coller sa main en travers de la figure du médecin pour lui apprendre à se montrer plus délicat. Il se retient avec courage tandis que l'homme poursuit son examen en appuyant de plus en plus fort.
Sur l'écran du moniteur se dessine une masse mouvante et imprécise qui semble fortement réjouir le médecin.
- Votre bébé est magnifique. Assure l'homme.
Duo fronce les sourcils, il a beau essayer, il a du mal à reconnaître un bébé dans l'image qu'il distingue du coin de l'oeil, l'écran n'étant pas vraiment placé pour lui permettre de voir.
Mais l'homme a l'air d'être si content qu'il s'efforce de se montrer lui aussi réjouit.
Heero quand à lui se contente de fixer l'écran sans dire mot ni montrer la moindre émotion.
Finalement l'homme tend une serviette de papier à Duo pour qu'il s'essuie le ventre.
- Je vais préparer les tirages de votre échographie. Voulez-vous connaître le sexe ?
- Non. Répond sans tarder Heero.
Duo n'ose pas le contredire, mais il aurait bien aimé savoir quand à lui.
Il s'essuie le ventre en soupirant puis se redresse et, avant même de passer ses habits se précipite vers une autre porte rouge qui semble n'attendre que lui. Le soulagement est aussi rapide qu'intense, il ressort un peu plus léger et s'habille en un tour de main. Cette fois il a la cabine pour lui tout seul, Heero ayant accompagné le médecin.
Une fois dans la voiture il ne peut se retenir de regarder le cliché, mais s'il distingue vaguement la forme du bébé, il ne parvient pas à déterminer de quel sexe il peut bien être.
"Tant pis..." Songe t'il en posant ses deux mains sur son ventre.
Il lui tarde que le bébé commence à bouger dans son ventre.
Il lui semble que ce n'est qu'à ce moment qu'il pourra être certain de ne pas être en train de rêver.
Même si son ventre qui est déjà joliment arrondi lui prouve tous les matins que cela est réel.
