Disclaimer : les personnages de GW ne sont pas à moi, je ne fais que les emprunter un peu.
Personnages : Wufei, Quatre, Trowa, Duo et Heero mais aussi Réléna et Hilde. Plus quelques autres.
Commentaire : enfin la révélation !
GW ne sont pas à moi Chapitre 12) Altération
La Terre - AC 204 - 15 décembre
Duo prend une profonde inspiration.
Ce jour serait un jour important.
Le jour où ils iraient acheter des affaires pour le bébé.
Peut être avait il tort, mais il ne voulait pas attendre le dernier mois pour acheter tout ce dont aurait besoin leur enfant.
Il laisse échapper un soupir et baisse la tête.
Il avait de plus en plus de mal à voir en cet enfant le bébé de Réléna et d'Heero.
Depuis le temps qu'il occupait le corps de la jeune femme, qu'il sentait l'enfant en lui, qu'il percevait ses mouvements, il finissait par se sentir pleinement mère.
Les premiers temps il n'avait eu aucun mal à se dissocier de Réléna.
Mais, au premier mouvement du bébé les choses avaient changé.
Tout d'abord il n'avait pas compris.
Que lui arrivait il ?
Il avait porté les mains à son ventre, inquiet puis s'était rué sur son plus fidèle allié : l'ordinateur et sa connection internet qui avait réponse à tout.
La réponse l'avait fait se sentir idiot.
Tellement ignorant aussi.
Tout d'abord il n'avait su comment réagir, puis, il avait pris goût à ces frémissements presque imperceptibles au début puis de plus en plus remarquables.
Désormais il lui arrivait de parler et même de chantonner à mi voix lorsque l'enfant s'agitait.
Et ce jour il comptait bien le passer à trouver le meilleur pour l'enfant.
Et que Heero vienne avec lui.
Bien entendu, il aurait pu passer commande sur Internet, mais il voulait voir de ses yeux les produits et pouvoir s'assurer qu'ils étaient de bonne qualité.
Heero rejoind son épouse à contre coeur.
Depuis la fête à laquelle ils ont été menés de force Wufei et lui il ne peut plus considérer l'enfant à naître comme une notion abstraite.
Il l'a senti vivre et bouger sous sa main.
Il a pris soudain conscience de sa réalité.
Bien entendu, il ne doutait pas de son existence, mais il n'avait pas réalisé vraiment qu'il était vraiment là, à l'abri du ventre de son épouse.
Son enfant.
Celui de Réléna aussi.
Il se demande quel genre de père il pourra bien être.
Lui qui n'avait eu d'autre modèle de père qu'Odin.
Il ne pourrait certainement pas donner à cet enfant l'enfance que lui même avait eu.
Quand bien même il en aurait l'intention, ce qui n'était pas le cas, que Réléna s'y opposerait bec et ongles.
Pour une fois son épouse ne s'est pas glissée dans une de ses tenues extravagantes mais a passé une jupe culotte jaune d'or et une tunique blanche.
Duo s'efforce de sourire à son époux malgré son air froid et lointain.
Heero est ainsi depuis la fête.
Depuis qu'il a senti l'enfant bouger sous sa main et Duo regrette de l'avoir ainsi forcé à admettre que l'enfant n'était pas un rêve mais une réalité.
Ils se rendent en silence dans une galerie marchande et Duo oublie très vite le silence presque hostile de son compagnon pour ne plus penser qu'à l'enfant et à ce dont il aura besoin.
Il a passé des heures sur Internet afin de déterminer avzec précision les articles indispensables et de ne pas faire d'erreur. Il sait donc ce qu'il veut et guide Heero de boutique en boutique.
Ils ont déjà trouvé les vêtements dont il révait, dans toutes les couleurs possibles à l'exception du bleu et du rose. Heero les bras chargés de paquets regarde son épouse avec un peu plus d'indulgence.
Il pensait que ce serait une véritable corvée, mais elle semble si heureuse.
Elle lui sourit même parfois et, il s'efforce de lui rendre son sourire.
Elle est jeune encore.
Elle est mère.
Elle va lui donner un enfant, probablement le seul qu'il aura jamais.
Elle est son épouse et cela est sa faute autant que la sienne.
Il ne veut pas gâcher cette journée dont elle parle depuis si longtemps.
Même si elle lui donne presque le tournis.
Soudain, Duo s'élance, dans une vitrine à quelques mètres d'eux il vient d'appercevoir des berceaux et il est impatient de les examiner.
Bien entendu il n'est pas question pour lui de faire dormir l'enfant dans un tel objet, mais il a tout de même envie de les regarder.
Pris par son impatience et ses envies il ne réalise pas qu'Heero encombré par les achats précédents peine à le suivre et que la foule les sépare, le masquant à la vue de son époux.
Mais s'il n'en a pas conscience et si Heero ne le voit plus, d'autres yeux eux l'ont remarqué et ne le quittent pas.
- Vise un peu la gonzesse. Laisse tomber une voix moqueuse.
- J'vise plus son sac à main mon pote.
- C'est vrai qu'il a l'air assez lourd.
- Ouais, on devrait l'aider en la délestant d'un tel poids, dans son état, ce n'est pas raisonnable.
- Tu l'as dit.
Les deux voyous échangent un regard entendu et se dirigent d'un pas décidé en direction de leur future victime.
Duo ne les voit pas venir, trop occupé à détailler un berceau de bois et d'osier teinté en acajou et orné de tissus jaune à fleurs.
Heero lui les remarque au même instant qu'il repére enfin son épouse mais il est trop loin pour la prévenir ou pour lui venir en aide.
Furieux de sa propre impuissance il fait des pieds et des mains pour la rejoindre, espérant sans vraiment y croire pouvoir y parvenir avant que les deux autres ne l'atteignent. Mais la foule ne veut pas le laisser passer et il a beau faire personne ne semble tenir compte de ses demandes.
Impuissant il ne peut que se débattre de son mieux pour avancer et observer ce qu'il se passe au loin.
Duo se tend soudain, dans le reflet de la vitrine il vient de distinguer les deux voyous qui approchent et leurs sourires lui font comprendre qu'ils mijotent un mauvais coup et qu'il en est la cible.
Il se laisse aller à sourire.
"Approchez mes mignons, je vais vous montrer de quoi est capable une femme enceinte."
Il attend qu'ils soient à sa portée et passe à l'action.
Un premier coup asséné avec précision fracture le nez du voyou le plus proche qui se recule instinctivement et porte les mains à son apendice ensanglanté.
L'autre larron n'a pas le temps de réaliser qu'il est à son tour frappé et s'effondre à genoux sur le sol, le souffle coupé par un coup à la gorge.
Duo se prépare à porter une seconde attaque lorsqu'il sent une troisième personne derrière lui. Il se retourne et découvre Heero figé à quelques pas.
Le visage du métis exprime l'ébahissement le plus complet.
Un désarroi tel que Duo se sent rougir.
- Heero... je...
Il s'interrompt.
Que pourait il bien dire ?
Rien.
Les deux voyous choisissent la fuite et les deux autres ne leur accordent plus aucune attention, pétrifiés l'un et l'autre par ce qu'il vient de se passer.
Heero a du mal à croire ce qu'il vient de voir.
Cette rapidité de réaction.
Cette précision dans les attaques.
Aucune femme enceinte normale n'aurait pu l'avoir.
Pas même Réléna.
"Surtout pas Réléna."
Réléna détestait la violence et le combat.
Elle avait appris à se servir d'une arme mais disait que la violence physique lui faisait horreur.
Elle n'aurait jamais pu agir de la sorte.
Se défendre ainsi.
Si vite.
Sans une hésitation.
Mais il sait qui se bat ainsi.
Il l'a déjà vu utiliser ce genre d'attaque.
Il ne peut plus se leurrer.
Le type de L2 disait la vérité.
Duo et Réléna ont échangé leurs corps.
Il vit avec Duo depuis des mois et il n'a pas su le démasquer.
Il ne sait plus que faire ni que penser.
Son épouse l'a trahi.
Son meilleur ami aussi.
Celui dont il était amoureux.
Réléna ne voulait plus de lui alors elle s'est débarassée de son corps, de leur enfant et de lui en les échangeant contre celui de Duo et contre Hilde qui sans doute n'en sait pas plus que lui à ce sujet.
Et Duo...
Duo s'est prêté à cette trahison.
Duo a pris le corps de Réléna et se fait passer pour elle depuis septembre.
Duo lui a menti.
Lui qui affirmait ne jamais mentir.
Blessé, désorienté, il se recule, prêt à fuir, mais Duo le retient. Noue ses bras autour de sa taille.
- Heero ! Non ! Je t'en prie !
Heero se fige.
C'est le corps de Réléna.
Mais ce n'est pas Réléna.
C'est sa voix.
Mais ce n'est pas elle.
C'est Duo sans l'être.
Il n'ose pas repousser la jeune femme de peur de la blesser.
S'il n'y avait pas l'enfant il le ferait sans hésiter.
Mais le bébé est innocent des crimes de sa mère et du natté.
- Rentrons. Dit il froidement.
Duo le laisse aller et le suit docilement, la tête baissée, vivante image du remords.
Heero grince des dents.
Il ne veut pas se laisser attendrir.
Il est la seule victime s'il omet le bébé.
Il range les affaires dans le coffre de la voiture et claque celui-ci aussi fort qu'il le peut, pour passer sa frustration. Duo sursaute.
- Monte dans la voiture. Ordonne Heero toujours aussi froidement.
L'ex natté lui obéit sans un mot.
Ils regagnent leur maison dans un silence pesant et s'enferment dans leur chambre.
- Comment as tu osé me faire cela ? Accuse Heero.
Duo ne répond pas.
Il voudrait avouer que c'est uniquement par amour qu'il s'est prêté à cet échange, mais comment Heero pourrait il le croire ?
Lui qu'ils ont trompé pendant des mois.
- Tu as mis la vie de mon enfant en danger pour satisfaire je ne sais quelle envie perverse. Poursuit Heero.
Duo se sent blèmir.
- Non ! Ce n'est pas vrai, ni Réléna ni moi n'avons voulu faire du mal au bébé.
Heero laisse échapper un rire grinçant.
- Réléna ? Elle n'en a rien à faire de cet enfant. Si elle s'en préocuppait, elle serait ici, avec moi en train de se comporter en bonne épouse et en bonne mère.
Il s'avance et saisit Duo par les poignets.
- Et toi, qu'espérais tu ? Coucher avec moi ? T'envoyer en l'air avec un autre homme ? Ah non, pardon, j'oubliais, tu es une femme maintenant. Ce n'est pas la même chose je présume.
Il a un sourire mauvais.
- Dis moi, tu m'as bien dit que l'enfant ne risquait rien si on faisait l'amour ?
Pétrifié Duo sent les mains du métis laisser ses poignets pour agripper ses habits.
Comprenant soudain où veut en venir Heero il se débat et se recule.
- Non !
Il tente de gagner la porte mais Heero le pousse contre un mur et place ses mains de chaque côté de sa tête.
- Laisse moi assouvir mes désirs, laisse moi me délivrer de toi... Souffle t'il.
- Non ! Répète Duo plus fort, mais la bouche d'Heero vient le baillonner.
Quatre que Duo avait convié à venir leur rendre visite afin d'admirer leurs achats se gare sur le parvis de la maison lorsque la détresse de Duo et le désespoir d'Heero le frappent de plein fouet.
Il se précipite dans leur chambre et repousse Heero loin de Duo. Ce dernier s'agrippe à lui en pleurant.
Heero rétablit son équilibre d'un mouvement souple et pose un regard agacé sur Quatre.
- Tu étais au courant n'est-ce pas ? C'est pour cela que tu m'as tenu des propos aussi étranges le jour de notre diner.
- Non, je ne savais rien avant de venir chez vous, mais j'ai compris quand Duo m'a appelé par le surnom qu'il m'avait trouvé.
- Et tu n'as pas jugé bon de me le dire ?
- Ce n'était pas à moi de le faire.
Quatre repousse doucement Duo et le force à avancer vers Heero.
- Heero, même s'il n'est pas Réléna, il n'en est pas moins dans son corps et ce corps abrite un enfant. Alors, par pitié, faites au mieux pour lui.
Duo résiste, il ne veut pas retourner entre les mains du métis. Ce dernier fronce les sourcils.
Les yeux de Réléna.
Mais pas ses larmes.
Celles de Duo.
La souffrance de Duo.
Sa peur.
Et il en est la cause.
Lui qui avait rêvé de l'aimer et d'être aimé de lui.
Il sent son coeur se serrer.
Quatre perçoit cette évolution et embrasse doucement la joue de Duo.
- Garde confiance et si rien ne s'arrange, viens me rejoindre, je prendrais soin de toi.
Duo tente de le retenir, paniqué.
- Non ! Ne me laisse pas seul avec lui !
- Il le faut Len. déclare Quatre fermement.
Il se dirige vers la porte mais marque un temps d'arret près d'Heero.
- Je te les confie, mais prends garde, si tu leur fais le moindre mal ma colère sera terrible.
Heero ne prends pas la peine de répondre et Quatre s'en va en espérant n'être pas en train de faire une grave erreur.
Heero fixe en silence la jeune femme qui lui rend son regard, les pupilles dilatées par la crainte.
Il sent encore son coeur lui faire mal.
Il a envie de la prendre entre ses bras, mais il ne veut pas le faire, il a envie de lui dire qu'il l'aime, mais la douleur de la trahison persiste et le paralyse.
Duo baisse les yeux.
- Je suis désolé Heero. Je ne voulais pas te faire de mal.
- Pourquoi as tu fait cela ?
- Je t'aime.
- Tu m'aimes ?
- Oui... je t'ai toujours aimé Heero.
- Tu as une drôle façon d'aimer. Cingle Heero.
Ses yeux bleus s'emplissent de larmes.
- Tu es parti sans rien dire, tu m'as abandonné...
Il tourne le dos à Duo et ce dernier voit ses épaules s'affaisser.
- Heero...
- Tais toi ! Je ne veux plus entendre de mensonges.
Cette fois Duo s'emporte à son tour, il contourne Heero et se plante devant lui les poings sur les hanches.
- Comment oses tu me parler de la sorte ? Même si tu ne veux pas le croire je t'aime ! Je t'aime assez pour devenir une femme enceinte de toi. Pour devenir celle qui t'a arraché à moi !
- Hein ?
- Oui, tu as bien entendu.
- Réléna ne m'a pas arraché à toi, tu es parti...
- C'est exact. Parce que je savais qu'elle était le choix le plus raisonnable pour toi. Parce que je pensais qu'elle t'aimait vraiment et qu'elle saurait te rendre heureux.
- Tu t'es marié avec Hilde.
- Vrai aussi, mais que croyais tu ? Que j'allais rester seul ? Que j'allais passer le reste de ma vie à regretter ce choix ?
Duo secoue la tête.
- Je ne voulais pas finir ma vie seul... Hilde a su me convaincre...
"Comme Réléna m'a convaincu."
Duo se dirige vers la porte et sort de la chambre.
Il n'a plus la force de rester dans la même pièce qu'Heero. Même si le japonais prend cela pour une fuite ou un aveu de culpabilité, peu importe. Il a besoin d'être seul.
Pour oublier quelques instants qu'il a vu pleurer Heero.
Qu'il a fait pleurer Heero.
Mais ce dernier ne l'entend pas ainsi et le retient, plaque son visage contre son dos.
- Len, je t'en prie, ne me laisse pas toi aussi.
Duo se raidit.
Les mains qui le retiennent sont chaudes et rassurantes.
La voix d'Heero exprime toute son angoisse.
Un sentiment qu'il partage.
Malgré son envie d'être seul il pose ses mains sur celles d'Heero.
- C'est promis Heero, je ne t'abandonnerais jamais.
Il entend un soupir puis Heero se presse plus encore contre lui.
- Je suis désolé Duo, je ne voulais pas te faire peur... je... je ne sais pas ce qu'il m'a pris.
- N'y pense plus.
