Disclaimer : les personnages de GW ne sont pas à moi, je ne fais que les emprunter un peu.

Personnages : Wufei, Quatre, Trowa, Duo et Heero mais aussi Réléna et Hilde. Plus quelques autres.

Commentaire : Le massacre continue, âmes sensibles s'abstenir.


Chapitre 14 bis) Destruction 2

La Terre - AC 205 - 14 février- Siège des preventers.

S'il y a bien une chose que Wufei Chang déteste c'est être dérangé.

S'il y a une autre chose qu'il n'aime pas c'est devoir faire du classement de dossiers.

Malheureusement, à force de repousser jour après jour le moment fatidique du classement, on finit par se retrouver face à une pile énorme de dossiers à classer.

Ce qui lui était arrivé ce jour là.

Bien sur, il avait tenté de nier l'existence de la chose.

Mais quand la chose en question s'était effondrée, manquant ensevelir Lady Une sous sa masse il était devenu clair qu'il n'avait plus d'autre choix que de classer.

Le regard pour le moins réprobateur de sa supérieure était un encouragement des plus convaincants.

Et puis il s'était dit qu'il en allait de son honneur, sans vraiment y croire, mais bon…

Il est donc en train de tenter de s'y retrouver dans le fatras des documents renversés.

Comme quoi attendre n'est pas la meilleure des choses à faire.

Il ne soupire pas.

Ce n'est pas digne de lui.

La fierté avant tout.

Et puis il se produit ce qu'il déteste le plus : la sonnerie de son appareil de communication vient le déranger.

En plein milieu de ce maudit rangement.

Comme si cela n'était pas déjà suffisamment pénible.

Il laisse sonner un moment.

Mais l'importun s'obstine.

Fortement contrarié il répond enfin.

- Oui ?

A l'autre bout de la ligne Len retient son souffle.

Parce qu'il a de plus en plus mal.

Et parce que le ton de son interlocuteur est tout sauf aimable.

Wufei s'irrite rapidement de ce silence.

- Je ne sais pas qui vous êtes ni ce que vous voulez, mais si vous ne vous décidez pas à répondre je raccroche. Laisse t'il tomber froidement.

- Non ! Panique Len.

Wufei se crispe.

Il a sans peine reconnu la voix.

Perçu la panique.

Deviné qu'elle était synonyme de problèmes.

- Maxwell, qu'est-ce que tu as fait ?

- J'ai mal…

- Où ?

- Mon ventre…

Len s'interrompt.

Quelque chose coule le long de ses jambes.

Il pousse un léger glapissement.

- Quoi encore ? s'alarme Wufei.

- J'ai fait pipi dans ma culotte… balbutie Len d'un ton de plus en plus égaré.

Wufei s'empourpre fortement.

- Tu te moques de moi ! rugit il

Len éclate en sanglots et raccroche.

Wufei hésite un instant puis décide qu'il vaut mieux aller voir.

Il abandonne sans trop de regrets les dossiers éparpillés et fonce vers la résidence.

Il est accueillit par Pagan qui semble tomber des nues lorsqu'il lui fait part de l'appel qu'il a reçu.

- Madame se repose dans ses appartements.

- Je vais aller voir.

- Je ne suis pas certain que… risque Pagan.

Le regard noir de Wufei le fige sur place.

Pétrifié il regarde le chinois se diriger à grands pas vers les appartements en question.

La porte de la chambre ouverte Wufei comprend qu'il a eu raison de venir.

La 'jeune femme' est recroquevillée dans un coin, tremblante de douleur.

Il y a du sang sur sa robe et sur le sol.

Le préventer ne perd pas plus de temps, il la soulève entre ses bras et se précipite vers l'entrée.

- Appelez les urgences !

Pagan toujours pétrifié reste immobile.

- Bougez vous ! Crie le chinois.

Le vieil homme se précipite enfin sur l'appareil de communication le plus proche.

Il compose le numéro des urgences d'une main tremblante.

Bégaye une explication.

Raccroche.

- Ils seront là dans une vingtaine de minutes…

Wufei baisse les yeux sur le visage livide de la jeune femme inconsciente.

- Trop long, je vais la mener moi-même.

- Mais que dois-je leur dire ?

- Dites qu'elle est déjà partie.

Wufei n'attend pas de réponse et se dirige vers son véhicule d'un pas rapide.

Il s'en veut d'avoir été si dur.

« Si j'avais su… »

La peur lui serre le cœur.

Et si elle allait mourir elle aussi ?

Si ça se répétait ?

Comme avec Meiran…

Il n'avait pas su comprendre que son épouse était mortellement touchée.

Il installe avec précaution la jeune femme.

Puis fonce vers les urgences.

Priant pour que cela n'arrive pas encore une fois.

Pour Len.

Pour Réléna.

Pour l'enfant.

Pour Heero.

Pour lui.

Il n'est pas encore garé que des urgentistes se précipitent vers son véhicule avec un brancard.

Visiblement Pagan a quand même réussi à les prévenir.

Wufei les regarde emporter la jeune femme inconsciente puis va garer le véhicule sur le parking visiteurs et appuie sa nuque du dossier, ferme les yeux.

La peur descend sur lui comme un voile.

Intense.

Paralysante.

D'autant plus qu'il sait qu'il ne peut rien faire.
Rien sinon attendre et espérer.

Il lui faut un long moment pour se reprendre et aller enfin dans le bâtiment.

La préposée à l'accueil écoute ses explications, tapote sur son clavier dans un agaçant cliquetis d'ongles soignés et secoue la tête avec une moue exaspérante.

- La patiente est encore dans la salle d'intervention d'urgence monsieur.

Wufei garde le silence et s'éloigne.

Il n'a pas la force de s'emporter.

A moins que ce ne soit le poids d'une culpabilité nouvelle.

Il s'assoit dans un coin de l'accueil et attend.

Les yeux dans le vide.

Il lui semble encore entendre la voix de Maxwell.

« - Je savais que tu n'étais pas très ouvert d'esprit Chang Wu Fei, mais là c'est vraiment le pompon. Alors, laisse moi te dire une bonne chose : je ne mesure pas ce que je suis à la paire de couilles que j'ai ou non. Pas d'avantage à mon nom ou à la taille et la couleur de mes cheveux. Je suis toujours le même, et j'emmerde ceux qui sont trop limités pour accepter que je puisse changer. Oui, je suis dans le corps de Réléna et elle est dans le mien et je le vis très bien. J'ai choisi de devenir une femme comme tu dis. Pas parce que j'ai des tendances transformistes mais parce que j'aime Heero. Si tu es trop coincé du cul pour ne pas le supporter tu peux bien aller te faire foutre. »

Et il regrette de ne pas avoir su se montrer à la hauteur.

Duo… non, Len, avait raison, il était trop coincé pour accepter.

C'était une erreur.

En tant qu'ami il aurait du.

Il serre les dents.

« Je ne referai pas cette erreur… je te le promets Len. »

Les minutes, puis les heures coulent, sans que personne ne vienne lui donner de nouvelles.

Il attend.

Il ne peut faire que cela.

La Terre - AC 205 - 14 février- Résidence des Darlian Peacecraft Yuy.

Heero Yuy rentre chez lui après une longue, pénible et fructueuse mission.

Satisfait d'avoir accompli son devoir avec brio.

Impatient de retrouver son épouse.

De vivre avec 'elle' la soirée de Saint Valentin tant attendue.

Pas que cela le branche au plus haut point.

Mais Len avait l'air si heureux de cette soirée à venir.

Et puis ce serait une occasion de mieux se connaître.

De prendre un nouveau départ.

Cette pensée lui arrache un sourire.

Mais il n'a pas encore passé la porte qu'il se heurte à Pagan.

Le vieil homme est visiblement bouleversé.

Heero le considère avec surprise puis avec inquiétude.

- Madame a été menée à l'hôpital par monsieur Chang. Explique Pagan

Le soldat parfait réussit à prendre le dessus.

- Quand ? Pourquoi ?

- Voila déjà plusieurs heures. Madame saignait.

- Le bébé ?

- J'en ai peur monsieur.

- K'so.

Heero fait volte face, plantant là le vieillard.

Il remonte dans son véhicule.

Démarre en trombe.

Parcourt la distance entre la résidence et l'hôpital en un temps record.

Heureusement pour les forces de la loi, il n'y a personne pour tenter de l'arrêter.

Il sort de son véhicule qu'il a garé dans le premier emplacement venu et fonce vers les urgences.

- Où est mon épouse ! Lance t'il sans réfléchir.

Exit le soldat parfait.

Il n'y a plus qu'un homme face aux personnes présentes.

Un époux.

Un futur père.

Bouleversé.

Les personnes présentes en ont vu d'autres.

Le premier moment de surprise passé tous reprennent leur activité première.

A la vive contrariété d'Heero.

Il envisage un moment de faire usage de son arme.

Heureusement Wufei sorti de sa torpeur par le cri comprend ce qu'il est tenté de faire et le rejoint rapidement.

- Non !

Il empêche Heero de dégainer et se rapproche pour lui parler à l'oreille.

- Reprends toi, on est dans un hôpital.

- Où est Len ? demande Heero d'une voix tendue.

- Encore en salle d'opération.

- Son état est grave ?

- Je ne sais pas.

Wufei oblige Heero à s'asseoir.

Ils attendent encore un long moment.

Puis un médecin fait son apparition et parle à mi voix avec l'agent d'accueil qui a un vague geste de la main pour les indiquer.

Wufei sent un frisson désagréable le parcourir.

Il a un très mauvais pressentiment.

Puis le médecin se rapproche.

Lentement, comme à regret.

Se lance dans un discours d'explication sur les soins apportés.

Wufei et Heero écoutent en silence.

Partageant la même pensée.

« Pas de doute, c'est mauvais signe. »

Puis comme les explications s'éternisent Heero lève la main.

- Comment va-t-elle ? demande t'il lorsque le médecin daigne se taire.

Le praticien outré qu'on ose l'interrompre ne répond pas sur le champs.

Wufei bloque les bras d'Heero sans en avoir l'air.

On est jamais trop prudent.

Même si contre le soldat parfait il n'a que peu de chance de faire le poids.

- Répondez lui s'il vous plait. Soupire t'il tandis que le silence se prolonge.

Le médecin se décide enfin.

- Comme je l'expliquais, nous avons fait notre maximum. Malheureusement, la mère a succombé à une importante perte sanguine. L'enfant lui est hors de danger.

Le silence retombe.

Le médecin repart.

Il a d'autres patients à soigner.

D'autres proches à voir.

Il n'a pas fait dix pas qu'il a déjà oublié les deux hommes.

Les mots se fraient un chemin dans l'esprit d'Heero.

Il réalise enfin.

Il est père.

Il est veuf.

Len n'est plus.


On ne tue pas l'auteur, il a encore deux chapitres et une conclusion à écrire.

Merci.