Chapitre 6 – Comment as-tu pu?
Booth se tourna au son de son nom et vit une jeune femme qui marchait vers lui. Il était certain à ce moment que sa mâchoire était tombée sur le sol.
« Vivi ?! »
Quand elle fut à quelques mètres elle démarra un sprint. Il fut pris par l'énorme sourire sur son visage et l'excitation quand elle avait crié son nom. Il aurait dû suspecter quelque chose immédiatement mais il était trop heureux de la voir. Il aurait vraiment dû suspecter quelque chose.
Il fit deux pas en avant le temps qu'elle l'atteigne et qu'elle prenne sa main…
… et qu'elle la torde dans son dos et le pousse contre le mur.
« SEELEY BOOTH JE VAIS TE BOTTER LE CUL D'ICI A PHILADELPHIA !!! »
« How !! Vivi lâche-moi ! »
« NON!!! TU ES FOU!!! DIEU, JE VAIS TE TUER!!! »
« Vivi ?! De quoi tu parles ?!? »
« LA FERME !! DIEU !!! JE NE PEUX PAS LE CROIRE!!! »
« Vivi… »
« NON !!! LA FERME!!! SI TU RESTES AUSSI AVEUGLE DANS LES 5 PROCHAINES MINUTES JE VAIS T'ENTERRER SI PROFONDEMENT DANS LA TERRE QUE LA CHALEUR DU NOYAU VA TE CRAMER LE CUL!!!»
Booth choisit avec sagesse de rester silencieux. Il savait qu'il pourrait facilement se retourner sur sa sœur mais il savait aussi qu'elle était plus en colère qu'il ne l'avait jamais vue et qu'elle se battrait. Alors pour leur épargner à tous deux une douleur physique inutile il resta silencieux.
Elle se mit sur la pointe des pieds et s'approcha de son oreille. Il se prépara à plus de cris mais fut surpris quand il entendit sa voix pleine de larmes.
« Comment as-tu pu, Seeley ? Comment as-tu pu ne pas me le dire ? Comment as-tu pu me laisser rentrer à la maison et découvrir ce qui t'est arrivé ? »
Elle le relâcha et s'éloigna. Il prit cela comme un signal qu'il pouvait se tourner pour lui faire face et il ressentit une profonde culpabilité. Sa petite sœur était devant lui avec les yeux pleins de larmes. Elle n'avait presque jamais pleuré. Tout le temps qu'il avait passé avec elle quand elle grandissait, elle n'avait presque jamais pleuré. Tout ce qu'elle avait traversé lui avait donné une certaine résistance.
« Vivi… »
« Je n'ai pas fini. Tu as toujours été la seule famille nécessaire pour moi, Seeley. Tu sais comment est ma relation avec maman et papa. Toi et moi connaissons mes… problèmes… avec les gens. Alors comment as-tu pu penser que c'était normal de ne pas me dire quelque chose comme ça ? Quelque chose comme la seule personne au monde qui veut tout dire pour moi a failli mourir ?! Comment as-tu pu penser que c'était normal ?! »
Sa voix avait monté en un cri et ses larmes coulaient. Seeley ne pouvait pas rester comme ça. Il s'approcha d'elle et la prit dans ses bras. Elle essaya de le repousser mais il insista et elle tomba dans ses bras et commença à sangloter sur sa poitrine.
« Comment as-tu pu ? » sanglota-t-elle. « Comment as-tu pu presque mourir et ne pas me le dire ? »
« Je suis désolé, Vivi… Je suis tellement désolé. Je ne voulais pas que tu t'inquiètes. Tu t'en étais enfin sortie et je ne voulais pas que tu reviennes seulement pour moi. »
Elle le regarda, les yeux rouges.
« Je me fiche de ce qui se passe ici, Seeley. J'aurais fait avec si on avait eu besoin de moi ici. Et on avait besoin de moi ici. »
Il la ramena contre lui et elle posa sa tête contre son épaule droite ; il remarqua qu'elle avait son oreille droite sur son cœur et il ne put s'empêcher de la serrer encore plus fort.
« J'ai eu tort, Vivi. J'aurais dû te le dire et j'en suis désolé. »
Elle renifla.
« Bien sûr que j'ai raison. J'ai toujours raison. »
Il rit dans ses cheveux.
« Bien sûr. »
Regardant au-dessus de la tête de sa sœur il vit que tout mouvement dans le labo avait stoppé pour voir la scène qui se jouait. Angela et Hodgins regardaient et il aurait juré qu'il y avait des larmes dans les yeux d'Angela. Zach, sur la plate-forme, avait l'air d'analyser comme il le ferait d'un os et là d'où venait Vivian, il vit Brennan et Sully qui les regardaient. Sully avait un petit sourire compréhensif sur le visage mais il n'arrivait pas à lire le regard de Brennan. Sa bouche était tordue, mais pas de désapprobation. Pour lui ça ressemblait à de la tristesse.
Vivian essuyait le reste de ses larmes, mais il savait que pleurer en public était encore pire pour elle que de pleurer en privé. Passant un bras autour de ses épaules, il la mena à la porte par laquelle elle était entrée, sachant exactement où ils pouvaient aller pour parler.
Alors qu'ils dépassaient Brennan il sentit sa main lui serrer le bras. Il se tourna pour la regarder rapidement et elle lui fit un signe de la tête et un petit sourire.
Ils parcoururent les couloirs du Jeffersonian jusqu'à ce qu'ils arrivent à la porte les menant dans les jardins. S'il y avait une chose qu'il était sûr que sa sœur aimait plus que tout, c'était être dehors dans un jardin. Il l'avait appris quand elle avait 2 ans et qu'il l'avait emmenée au parc. Ils avaient traversé le jardin botanique et elle l'avait aimé immédiatement. Ils avaient passé l'après-midi là. Il la vit le souffle coupé en voyant le paysage.
« Seeley… »
« Tu vois… je m'en souviens. »
Il la guida vers un banc à côté de rosiers.
« Dis-moi ce qui s'est passé, Vivi. Tu n'étais pas supposée rentrer à la maison avant 3 mois encore.»
Elle poussa un soupir de frustration.
« Je sais. Crois-moi, je sais. Mais apparemment c'est le prix à payer pour avoir tellement bien travaillé que tout mon travail était terminé et que ce n'était plus nécessaire de rester. »
« Quoi ? »
« Ouais… Mon travail était terminé. Il n'y avait plus de raison pour moi de rester.»
« C'est super, Vivi. »
« Je suppose… sauf que ça voulait dire que je devais revenir 3 mois plus tôt. »
« Pourquoi tu ne m'as pas appelé ? »
« Je voulais te faire une surprise. Imagine ma surprise quand je parlais à papa et maman dans la voiture de retour de l'aéroport et qu'ils m'ont parlé de toi et de toutes les choses qui t'étaient arrivées. Comme… subir l'explosion du frigo du Dr Brennan par exemple. »
Il baissa la tête. Il sentit sa main sur sa joue, le tournant pour lui faire face.
« Je ne suis plus en colère, Seeley. Je l'étais, mais je ne le suis plus. J'étais inquiète. J'ai pris le premier vol en partance hier soir. J'étais tellement en colère ensuite. J'ai pris un taxi pour le Hoover parce que je pensais que tu travaillais et comme tu n'étais pas là… j'ai commencé à crier. J'ai fait peur au bleu, Murphy. Il m'a emmenée en salle d'interrogatoire et c'est là que Sully et le Dr Brennan m'ont trouvée. »
Il ne put s'empêcher de glousser.
« Je vois ça. »
Elle rit à son tour.
« C'était une vue assez effrayante. »
Ils glissèrent dans un silence confortable. Soudain elle leva les yeux vers lui.
« Alors… je pense qu'il y a autre chose dont nous devons parler. »
« Ah oui ? Comme quoi ? »
« Comme le fait que ta partenaire sort avec Sully… alors que c'est toi qui est amoureux d'elle. »
