Bien le bonjour (ou bonsoir) amis lecteurs. Quelques petites choses à mettre au clair : à votre grande surprise (et à la mienne aussi, d'ailleurs) vous constaterez que ceci est un nouveau chapitre et non une annonce de hiatus.
Pourquoi avoir mis si longtemps avant de publier la suite ? Parce que ... licornes ! Année compliquée (comme chaque année en fait), parce que la vie s'impose à moi plus souvent que je ne le voudrais, contrairement à l'inspiration. Mais bref, on s'en tape. Sur ce je vous souhaite tout de même une bonne lecture, j'ajouterai sûrement quelques autres explications en bas de page. ;)
Des si et des mais
Chapitre 5
« Aïe ! »
Dépité, Ron ramassa le livre qui venait de tomber, juste après un rebond sur sa tête, lui octroyant au passage une jolie bosse à la pointe du crâne. ''Dossier Gandalf : changement de statut et d'habilitation à la magie. Surveillance demandée - URGENT'', de quel sordide rapport s'agissait-il encore ?
Sa sieste, bien que salvatrice, fut un peu trop longue au goût de ses maîtres de stage. Ce pourquoi, après un retard de seulement dix minutes, les dix minutes lui ayant servi à se laver rapidement, il se retrouva à triller et classer les archives. Il soupira, quelle vie palpitante ! Il posa le dossier dans le carton volant ''urgent'', qui flottait en l'air en compagnie de ses trois autres congénères ''classé'', ''poubelle'' et ''divers''. Le dernier,le plus rempli, correspondait aux dossiers encore non classés mais dont tout le monde se fichait, ou bien n'appartenant pas à ce service du ministère de la magie.
Il se demandait quand Hermione reviendrait et quelle serait sa décision. Le voilà bien, à avoir pour petite amie une fille qui pense trop, qui veut être libre. Pourquoi n'était-il pas sorti avec une des jumelles à l'époque ? Voire mieux, les deux !
Malgré la fiole achetée à la boutique, il conservait de cette nuit de beuverie un mal de crâne lancinant. Et il n'en avait pas oublié ses problèmes pour autant. Journée merdique d'une vie merdique. Nouveau soupir
Il entendit un bruit de talons dans les couloirs, puis la voix plus qu'enjouée de Finnigan. Ok, Finnigan était en train de draguer une fille, qui avait l'air passablement gonflée vu son manque de réaction à une blague particulièrement lourde sur la longueur de sa jupe. L'irlandais se montrait étonnement balourd aujourd'hui. D'habitude, son humour était moins gras, surtout quand il s'attaquait à une proie fraiche. Cette jeune femme ne devait pas lui être étrangère. Peut être une amie sur qui il n'avait jamais pu mettre le grappin ? Curieux de voir le prochain vent qu'allait se prendre son collègue de travail (qui, au passage, n'avait certainement pas obtenu ce poste grâce à son dur labeur), il descendit de son échelle et tendit l'oreille, camouflé derrière les étagères.
« ... et les talons, c'est pour qu'on t'appelle « jolies jambes » quand on te voit ? Va pas me dire que ce n'est pas de la provocation !
- Mais tu vas arrêter ce cirque et tu vas me dire dans quel service se trouve Nevil oui ?! T'es chiant, faut te mettre sous doloris pour obtenir un renseignement aussi simple ou t'as juste envie d'emmerder ton monde ?
- Oula, ton séjour en France a déteint sur ton vocabulaire jeune fille.
- Finnigan ...
- Okay okay, il se trouve dans le bureau du recensement des créatures et plantes magiques. Mais on m'a dit qu'il ne s'était pas pointé ce matin. Il a du se prendre une bonne biture ! En même temps tu m'étonnes, j'aurais fait la même chose à sa place. C'est qu'elle doit lui taper sur le sifflard la Luna, ça doit pas être drôle tous les jours de vivre avec un phénomène pareil.
- Au cas où tu l'aurais oublié, je te rappelle que c'est aussi mon amie.
- Ouais mais bon, à moi tu peux bien me l'avouer, aller !
- Finnigan ...
- Roooooh ça va, je déconne !
- ...
- Hey, t'es toujours en froid avec Ron ? Parce que l'gonz, ça fait des semaines qu'il parle de toi sans relâche.
- Qui est Ron ?
- Ben Ron Weasley, ton chéri ! Me dis pas que tu l'as oublié ?
- ... ah si ! Je dois lui remettre quelque chose de la part d'Harry ! Tu saurais où il se trouve ?
- Ah ouais, ça va si mal que ça ? Il doit être en train de ranger des documents, ce blaireau est arrivé en retard et s'est fait bizuter. Mais fait gaffe, les patrons l'ont à l'oeil en ce moment, c'est pas le moment pour faire des cochonneries entre deux piles de papier, si tu vois ce que je veux dire. »
Ron entendit le son d'une gifle – et d'une bonne, vu l'état de colère dans lequel devait être Hermione – et décida de remonter sur l'échelle histoire de se donner un peu de contenance. Il fit mine de feuilleter un dossier « Voyage dans le temps : nouveau dispositif portatif aperçu piloté par un criminel notoire à noeud papillon. » et prêta l'oreille à un léger raclement de gorge. Il se tourna et vit une jeune fille d'une beauté effarente. Les longs cheveux bruns lissés, de jolies talons noirs contrastant avec une jupe chaire et un treillis gris, un air hautain et circonspect au visage. Son Hermione. Mais qu'est ce que les français avaient fait de son Hermione ? Il se retrouvait pantois, désarmé devant cette mine si familière le jaugeant comme pour une première rencontre.
« Vous êtes bien Ron Weasley, un ami d'Harry et Drago ?
- Oui, le tien aussi d'ailleurs.
- Ca m'étonnerait fortement. Je m'en serais souvenu si j'avais eu un ami de votre sorte répliqua-t-elle d'un ton acerbe.
- Hum hum, c'est pour ?
- Un problème. Nous avons eu un petit soucis de ... crocodiles.
- ... Pardon ?
- C'est une longue histoire. Harry vous demande que, lorsque le dossier passera par votre service d'effacer nos noms ainsi que celui de Luna Lovegood et de Drago Malefoy.
- ... oui, j'imagine que je peux faire ça. Supprimer les preuves d'une affaire récente au prix d'y laisser ma carrière et mon casier judiciaire.
- Merci, je pense qu'il vous en sera reconnaissant.
- Je l'espère !
...
Autre chose ? ; s'enquit-il, plein d'espoir.
Ah oui, vous connaitriez Neville Londubat ?
Hermione, on reste tous ensemble depuis Poudlard
Bizarre, mais votre visage ne m'évoque rien, et cessez de m'appeler par mon prénom, je ne vous connais pas et c'est impoli. Bref, si vous le croisez, dite lui d'envoyer expressément une lettre à sa petite amie, histoire qu'elle arrête d'envoyer des bestioles bizarres et carnivores par la poste. Nous lui en serions tous, moi inclus, très reconnaissant.
Okay, je lui passerai un coup de fil.
Merci
Mais Hermione, tu es sûre que tu ne me reconnais pas ? »
Elle s'apprêtait à partir et se retourna. Elle le dévisagea de la tête au pied, sondant sa mémoire. Ce type lui disait quelque chose, mais plus elle essayait de le cerner, plus ses sentiments devenaient confus à son égard. Elle ressentait un mélange paradoxal de colère et de complicité. Ce gars lui avait peut être fait un coup tordu, allez savoir ! Dans tous les cas, elle ne prit même pas le temps de répondre à sa question et reprit son chemin vers la sortie. Si elle n'accélérait pas le rythme, elle allait se retrouver très en retard à son rendez vous. Elle ne prit même pas conscience du bruit de l'échelle sur lequel se tenait son interlocuteur lorsqu'il tomba à la renverse.
Ron de son côté, une fois étalé sur le sol, telle une vulgaire crêpes humaine, resta les yeux dans le vague pendant de longues minutes. « Et meeeeeerde, soit elle préfère m'ignorer, soit j'ai du formuler un souhait l'autre soir. »
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.
"Moony, je crois qu'on va avoir un problème"
Sur cette exclamation, Remus leva son nez du grimoire des créatures fantastiques; au chapitre "génies et souhaits". Cette phrase, bien que trop familière de la part d'un maraudeur, avait toujours un effet instantané. Avec le temps, il avait remarquer que ces quelques mots et surtout leurs conséquences avaient engendré un réflexe très peu commun : il se mettait aux aguets, repérait (si ce n'était pas déjà fait) les ouvertures de la pièce et les possibles cachettes. Chose tout aussi étrange mais très intéressante à noter, suivant la profondeur et l'intensité de la voie de Sirius, il pouvait battre le record de sprint dans la seconde tout comme paraître aussi stoïque que ces muscles malmenés par la montée de stress pouvaient le lui permettre. Bref, cette phrase rimait avec danger immédiat.
Il mit un millième de seconde à analyser la voix de l'habituel fauteur de troubles : timbre assez grave, quoique légèrement sec, une pointe de tranquillité et de flegme typiquement anglais. C'était donc une magnitude 6 sur l'échelle de Padfoot (le 7 représentant un devoir supplémentaire par Mac Gonagall et le 1 équivalent à une invasion mangemort suivie d'un nouveau retour de voldemort; ou d'une fouille des dortoirs des gryffondors par mamy MacGo, selon l'époque). Pas de quoi se ruer vers la sortie de secours. Notre loup garou se contenta donc d'arquer un sourcil et d'émettre un simple :
"Ah ?
- L'utilisation de toute magie de souhaits ou de génies est passible de plusieurs années à Azkaban.
- Sans rire ! Une créature magique aux pouvoirs potentiellement infinis dont l'existence entière se résume à exaucer plus ou moins mesquinement les voeux d'à peu près tout le monde et n'importe qui. J'aurais pourtant cru à l'annonce que c'était parfaitement sécurisé et légal !
- Mais les voeux peuvent être potentiellement brisés si tous les consommateurs décident ensemble de briser la bouteille du génie; poursuivi le brun, imperturbable dans son analyse des textes de lois.
- Comment ça tous les consommateurs ?
Intérieurement, malgré le pétrin qui s'annonçait, Black souriait. Après toutes ces années, faire perdre le contrôle de soi à Remus était toujours aussi facile et, il faut bien le dire, follement amusant.
- Un génie peut exaucer plusieurs voeux, pour peu que tous les participants soient dans la même pièce.
Les deux sourcils de son collègue avaient rejoint le plafond depuis longtemps, les pupilles commençaient à se dilater. Il pouvait d'ici entendre le sonore "et merde !" émis par le cerveau habituellement si brillant du lycan. Bien, on était à un 5 sur l'échelle de Moony, panique modérée. Gagné !
- Et je présume que l'on n'a pas d'autres moyens de contacter ces andouilles que par hiboux express ?
- Et oui !
- Et je présume encore que tu ne t'en es pas chargé et que tu vas me laisser se plaisir.
- As tu songé un instant à ne pas les prévenir ? Ca serait plus marrant; fit le chien d'un sourire carnassier.
- Bien sûr, on va attendre qu'ils meurent tous un par un, comme ça si l'un d'entre eux a voulu la domination du monde par des plantes carnivores pour les cent prochaines années, le voeu sera définitivement bloqué. Et puis quoi encore ?"
Sur ce, Lupin enfila la vieille veste rafraichie et le chapeau sans âge qui lui servait en partie de costume avant de quitter la librairie au léger pas de course en direction du service postal sorcier. Accoudé à la fenêtre, Sirius l'observa trottiner un moment en songeant qu'après la matinée qu'ils avaient passés, la marche sportive et nonchalante de son compagnon tenait du miracle.
Voilà la fin d'un petit chapitre qui a mis, quoi, un an avant d'être pondu ? En tout cas, il me paraît important de préciser que le rythme de publication va continuer d'être aléatoire (qui a dit anarchique ? Non, c'pas vrai, c'est une dictature ici ! Le dictat de la plume et de la paresse !).
Je ne sais pas si je finirai l'histoire, à vrai dire je ne sais même pas si je la continuerai. La seule chose que je peux assurer c'est que le prochain chapitre est déjà quasi intégralement écrit, donc pas de quoi fouetter un chat (non, pas toi, Potter !). Sur ce à la prochaine. ;)
