Chapitre 8 - Tartes et âmes sœurs
« Je ne peux pas croire que tu aies fait ça. J'ai juste… tu… je ne peux pas croire que tu aies fait ça!»
« Bien sûr que tu peux. C'est exactement ce que j'ai fait. Tu es juste en colère parce que tu n'as pas réussi à t'en rendre compte à temps pour m'arrêter. »
Seeley croisa les bras sur sa poitrine et la regarda. Elle s'arrêta et se tourna vers son frère, un grand sourire sur le visage.
« Allez, grand frère. Tu sais que tu es content. Je cuisine… Tout ce que tu veux. Dis moi. »
« Tes lasagnes ? »
« Comme tu veux. »
Son regard perdit un peu de son intensité et elle sut qu'elle avait gagné.
« Je ferai de la tarte… »
Le sourire qui lui fit était tout ce dont elle avait besoin et elle sut qu'elle était pardonnée.
« Tu fais de bonnes tartes… »
« Je sais. »
« Aux pommes ? »
Elle lui sourit doucement.
« Si tu veux. »
« Aux pommes. »
« Ok, alors. Je vais avoir besoin de tes clés. »
« Quoi ? Pourquoi ? »
« Je n'ai pas de voiture. Et si tu veux de la tarte et des lasagnes alors je vais avoir besoin d'aller dans une épicerie parce que je suis sûre que tu n'as pas ce dont j'ai besoin. »
Il grommelait en sortant les clés de sa poche.
« Il y a intérêt à ce qu'il y ait aussi du pain à l'ail si je te donne les clés de ma voiture de fonction.»
« Bien sûr. Apporte ton appétit… et le Dr Brennan. »
Elle sautilla jusqu'à la voiture alors que Booth repartait vers le Jeffersonian.
« Hey, Bones, on doit prendre votre voiture pour aller sur la scène de crime. J'ai donné les clés de la mienne à Viv. »
« Pas de problème, Booth. Mais vous savez que cela veut dire que je conduis. »
Elle prit son manteau et le dépassa vers la porte en jouant avec ses clés.
« Je suis testé, hein ? C'est un test ? »
Vivian bougeait dans la cuisine de son frère avec la grâce d'une danseuse. Elle se sentait vraiment chez elle dans les cuisines. Elle avait souvent dû cuisiner depuis qu'elle était en âge. Sauf quand Seeley était là. Il prenait toujours soin d'elle. Quand Seeley était parti, son coeur s'était brisé. Elle se souvenait de l'avoir haï quand elle avait découvert qu'il était parti. Elle se souvenait de cette conversation, mieux qu'elle ne l'admettrait jamais.
Flashback
Elle courait de la chambre de son frère dans la sienne, claquant la porte derrière elle. Elle se jeta sur son lit de frustration et enfouit son visage dans son oreiller. Elle savait qu'elle agissait comme un enfant gâté, mais elle était tellement en colère. Elle avait seulement 9 ans ! Comment pouvait-il la laisser comme ça ? Comment pouvait-il la laisser avec eux?
Alors que sa colère la quittait, la tristesse apparaissait. Il était parti. Il pouvait…
« Non !... Non, je ne vais pas y penser ! Il va revenir! Il a promis qu'il le ferait! »
Aussi fort qu'elle essayait de les combattre elle sentit les larmes venir et enfin elle céda. Elle pressa son visage dans son oreiller et sanglota. Elle pleura tellement qu'elle n'entendit pas la porte s'ouvrir ou les pas s'approcher de son lit. Il ne sut qu'il était là que quand le lit s'abaissa sous son poids. Elle se tourna pour regarder son grand frère, son héros, son meilleur ami et fut choquée de voir des larmes dans ses yeux. Il leva la main et la fit courir dans ses cheveux.
« Ca va, petit munchkin ? »
(NdT : petits personnages du Magicien d'Oz)
Elle n'allait pas lui mentir, il lui avait dit qu'elle pouvait toujours lui dire n'importe quoi et elle le fit.
« Non… »
Il expira longuement.
« Je sais… »
« Non… tu ne sais pas. Seeley, ne pars pas… s'il te plaît, ne pars pas… je ne veux pas que tu partes. »
Elle rampa sur les genoux de son frère et attrapa son T-shirt.
« S'il te plaît, Seeley. S'il te plaît, reste. Et si… tu ne revenais pas ? »
Ses bras l'enlacèrent, il la souleva et la fit s'asseoir sur la chaise à bascule dans le coin de sa chambre. Il la fit se balancer.
« Oh, Vivi… ça n'arrivera pas. Je reviendrai. Je te le promets. »
« Mais tu ne peux pas le savoir. »
« Je pense que si, Vivi. »
« Comment ? »
« Tu te souviens de cette histoire à propos des gens… comment tout le monde a une personne qui est son âme sœur et que rien ne peut les séparer une fois qu'ils se sont trouvés ? »
Elle hocha la tête contre son épaule.
« Eh bien, c'est toi et moi, Vivi. »
« Je pensais que c'était pour les gens amoureux. »
« Pas forcément. Ca peut être des amis, et ça peut être des frères et sœurs aussi. »
« Vraiment ? »
« Ouais. »
« OK. »
« Tu vas aller bien maintenant? »
« Je pense. »
« Bien… parce que tu sais que je n'aime pas quand tu es en colère après moi. »
« Je sais. Je suis désolée. »
« Moi aussi, Vivi. »
« Je t'aime, Seeley. »
« Je t'aime aussi, Vivi. »
Elle s'enfouit de nouveau et il continua à la balancer jusqu'à ce qu'ils s'endorment.
Le matin suivant elle se réveilla dans son lit et il était parti.
End Flashback
Six mois étaient passés avant qu'elle ne revoie son frère. Et ensuite encore 8. Puis une année. Et puis… enfin… il était revenu et il leur avait annoncé qu'il rejoignait le FBI, mais au moins elle allait le voir plus souvent. Mais il était différent quand il était revenu. Il arrivait à le cacher assez pour que ses parents ne voient rien, mais elle l'avait vu. Elle voyait qu'à chaque fois il avait la tête ailleurs. Quelque part où elle ne pouvait pas le rejoindre.
Elle se débarrassa de ces souvenirs et se focalisa sur la tâche devant elle : aider son grand frère à faire que la femme qu'il aimait réalise qu'elle l'aimait aussi et qu'ils vivent heureux pour toujours. Voilà. Assez simple.
