Chapitre 10- Observation
Même alors qu'ils étaient encore à quelques mètres de la porte de Booth, Temperance pouvait déjà sentir les heures d'effort dans la cuisine de quelqu'un qui savait clairement ce qu'il faisait.
« Wow… »
« Quoi ? Tout va bien? »
« C'est seulement… ça sent si bon. »
Il rit.
« Oui… elle a un don. »
Il ouvrit la porte et ils s'arrêtèrent un moment pour humer l'air. Il y avait au moins une centaine de senteurs différentes qui flottaient dans l'appartement.
« Oh non… »
« Quoi ? »
« Il y a définitivement plus que des lasagnes et de la tarte… Vivi! »
« Hey frangin! J'espère que vous avez faim! »
Vivian contourna le coin de la cuisine, souriant.
« Je m'ennuyais et tu avais tout ça dans ton frigo et tes placards qui allait être gâché alors maintenant tu as 3 casseroles, 2 tourtes et un tas de chili dans ton congélateur. Oh, et j'ai fait un gratin de macaronis, celui que Parker aime tant. En plus des restes de lasagnes que tu auras. »
Booth lança à Brennan un regard qui disait 'vous voyez ?'
Il s'approcha de sa soeur avec un sourire.
« Tu essaies de me faire grossir, frangine. »
Elle l'enlaça de ses bras et l'étreignit.
« Tu parles oui. »
Elle se tourna pour voir Temperance, qui se tenait dans l'entrée et les regardait.
« Dr Brennan ! Je suis contente que vous soyez venue. J'espère que vous avez faim. »
« Très. Et tu n'as pas besoin de continuer à m'appeler 'Dr Brennan'. »
Elle rit.
« Désolée, qu'est-ce que vous préférez ? »
« Tu peux m'appeler 'Temperance' ou 'Tempe', je suppose. »
« J'aime bien 'Tempe'. Je suppose que je vais laisser 'Bones' à mon grand frère, hein ? »
Booth les regarda rire et ne put s'empêcher de sentir son cœur fondre. C'était les 2 femmes les plus importantes de sa vie qui riaient. Oui… ce sont mes femmes… Il avait admis il y a un certain temps ce que Bones signifiait pour lui. Mais il n'était pas prêt à ce que quelqu'un d'autre le sache… sauf, apparemment, Vivi. Il ne voulait pas penser à ce que sa sœur avait planifié, mais il savait qu'une fois qu'elle avait commencé quelque chose, elle devenait une force avec laquelle il fallait compter.
Il s'approcha et les enlaça toutes les deux.
« Allez, mesdames. Allons manger avant que ça ne sente plus aussi bon. »
Vivian lui donna un coup dans la poitrine et se dirigea vers la cuisine, Booth et Brennan derrière elle.
« Je suis vexée. Tu sais que mes plats sentent aussi bon même après avoir été réchauffés. »
« Ouais, eh bien, on va voir si Bones veut prendre chez elle tout ce que tu as fait en trop. Je ne pourrais pas manger tout ça en un mois. »
« Divisez les comme vous voulez, mais je sais que tu aimes mes lasagnes, donc j'en ai fait plus. »
« Il y a de la tarte ? »
« Tu ne la sens pas ? »
« Je sens un million de choses, Viv. »
« Oui, il y a de la tarte. »
« Et du pain à l'ail ? »
« Est-ce que tu as vraiment besoin de poser cette question ? »
« Je vérifiais juste. »
« Oui, il y a du pain à l'ail. »
« Bien. »
Temperance regardait l'interaction avec fascination. En dépit de la différence d'âge, ils agissaient comme s'il n'y avait pas de temps entre eux. Elle les regardait bouger autour de la cuisine, ne se trouvant jamais sur le chemin l'un de l'autre. Booth avait les mains au-dessus de la tête de Vivian et prenait des assiettes et des verres d'un placard alors qu'elle coupait le pain à l'ail. A chaque fois que Booth tendait la main il lui donnait un petit coup dans les côtes et elle sursautait et le menaçait avec le couteau, ce qui le faisait rire. Elle aimait voir un sourire sur le visage de son ami après avoir vu la douleur présente depuis si longtemps. Oui… mon ami… pas simplement mon partenaire.
« Bones ? »
Elle sortit de sa transe pour voir Booth qui la regardait, une expression de curiosité sur le visage.
« Désolée. J'étais dans mes pensées. »
« Tout va bien? »
« Tout va très bien. Ca… sent vraiment bon, Vivian. »
« Merci. J'aime cuisiner et j'aime la nourriture. Et j'aime cuisine pour les gens qui aiment la nourriture. Par chance, ce n'est pas un problème avec Seeley pour grand frère. Mais on dirait que je vais devoir venir plus souvent, parce que l'état de cette cuisine m'inquiète.
« Hey ! Il n'y a rien de mal avec ma cuisine. »
« Elle est dans un abominable état d'abandon. Tu vis de plats à emporter ? »
« Pas tout le temps ! »
« Seeley… »
« Juste quelquefois ! »
« Seeley Booth… »
« OK… très bien… la plupart du temps. Mais, vraiment, seulement pour le dîner. Et seulement quand nous travaillons tard. »
« Ce qui, j'en suis sûre, est la plupart des soirs. »
« Pas tous… »
« Oui c'est d'accord alors… plus de visites, plus de nourriture. Tu ne peux pas me critiquer de te rendre gros quand tu te nourris de plats à emporter. »
« Tu prévois de rester dans les environs ? »
Elle se tourna vers Temperance avec un grand sourire.
« Je l'espère. »
« Je vais me renseigner à propos de ces internats demain. »
« Whoa, whoa, whoa. On revient en arrière. Tu prévois de rester? Et vous allez chercher un internat pour elle? Je ne sais pas si j'aime l'idée de vous deux conspirant derrière mon dos. »
Les yeux de Vivian devinrent suspicieux.
« Tu… ne veux pas que je reste. »
Cela ressemblait moins à une question qu'à une constatation. Booth réagit immédiatement.
« Non… non, Vivi, tu sais que ce n'est pas ça. Tu sais que j'aimerais que tu restes. Mais tu n'es revenue de ce côté de l'Atlantique que depuis 2 jours et à D.C. depuis 1 jours seulement. Je ne m'attendais pas à ce que tu fasses des projets si tôt. Mais je suppose que, sachant que c'est toi, j'aurais dû savoir que tu avais quelque chose en tête avant même que l'avion ne touche le sol. »
Elle était encore incertaine.
« Eh bien… je pensais étudier à l'American University. Mais ensuite le Dr Bren… Tempe… a dit qu'elle pourrait peut-être me recommander pour un internat au Jeffersonian. »
(NdT : l'American University est une fac de Washington)
« Je pense que c'est une super idée. »
« Vraiment ?
Booth voyait la nervosité dans les yeux de sa sœur et il se sentit coupable. Il se jura qu'il ne serait plus jamais la cause de ce regard. Il n'allait jamais lui laisser croire une seconde qu'il ne voulait pas d'elle. S'approchant d'elle il la prit dans ses bras.
« Vraiment. »
Temperance regarda Vivian se laisser aller dans l'étreinte de son frère avec hésitation mais insista jusqu'à ce qu'elle abandonne et se détende dans ses bras. Le visage ne montrait que de la détermination, elle reconnaissait le visage qu' il avait quand ils étaient sur une affaire. Elle regarda Vivian s'éloigner des bras de Booth avec un petit sourire triste. Booth leva la main et tira légèrement sur sa tresse, et toute tristesse s'envola quand elle le tapa. Regardant Brennan au-dessus de sa tête, il lui sourit.
« Allez. On va manger. »
