Chapitre 17 – Etape 1

Vivian conduisait la voiture de son frère vers le premier endroit où pouvait être le docteur disparu. Elle avait l'impression qu'elle allait la trouver là à cause du nombre de fois où l'endroit était apparu dans les histoires de son frère.

Alors qu'elle se garait devant le Royal Diner elle ne put retenir le sourire satisfait sur son visage. Là, 4 voitures devant la sienne, il y avait une voiture de sport familière. Elle retint in extremis l'envie de taper dans ses mains. Elle ne lisait pas les livres de Nancy Drew juste pour le plaisir quand elle était enfant, après tout.

(NdT : Nancy Drew est le nom original de l'héroïne de la série de livres « Alice… » écrite par Caroline Quine – par exemple « Alice détective », « Alice au bal masqué »,…)

Entrant dans le diner, sa vision périphérique repéra tout de suite sa cible, assise seule à une table dans le coin, regardant un mug de café. Vivian ne lança pas un regard dans sa direction, mais alla s'asseoir directement au comptoir. Quand la serveuse se tourna vers elle, elle s'assura de parler très clairement et un peu plus fort que nécessaire, mais pas assez fort pour que ce soit inhabituel.

« Bonjour, une part de tarte aux pommes, s'il vous plaît. »

La serveuse eut l'air un peu perplexe.

« De la tarte ? Si tôt le matin ? »

« J'ai entendu dire qu'elle était bonne et je ne sais pas encore combien de temps je vais rester dans le coin donc j'ai pensé que je pourrais profiter de l'occasion maintenant. »

« Ca vient. » Et elle disparut.

« Vivian ? »

Elle fit un petit sourire avant de le faire disparaître et de se tourner, un regard de surprise feinte placé avec soin.

« Tempe ! Je ne vous avais pas vue ! Je pensais que vous seriez au labo. »

« Pas encore… je… prends simplement un café. »

« Oh… ça vous dérange si je me joins à vous ? »

« Pas du tout. »

La serveuse revint et lui tendit la tarte, qui l'apporta à la table de Temperance. Temperance regardait de nouveau son mug et Vivian en profita pour l'observer. Ses épaules étaient un peu affalées. Elle semblait très différente de la fière et confiante femme qu'elle avait vue la veille. Elle ne pouvait s'empêcher de remarquer que sa posture était similaire à celle de son frère ce matin. Beaucoup trop têtus… tous les deux…

« Dr Brennan… Temperance… j'aimerais m'excuser pour ce qui s'est passé hier soir. Je ne voulais pas m'enfuir comme ça. »

« Non… Vivian, je comprends complètement. Tu n'as pas à t'excuser. »

« Est-ce que Seeley… allait bien ? Quand je suis partie ? Il semblait bizarre ce matin. Il essayait de faire croire qu'il allait bien… mais je le connais. Quelque chose n'allait pas. »

« Oh… Je pense… il était peut-être un peu mal. Mais… »

« Il se sent coupable, non? »

Elle sembla un peu surprise avant que son visage ne reflète une certaine tristesse.

« Je pense que oui. »

Vivian secoua la tête tristement.

« Il fait ça… il prend tout le poids du monde sur ses épaules. Comme s'il avait quelque chose à prouver. Il a fait ses preuves au moins un millier de fois. J'espère juste que j'arriverais à le lui montrer. »

« Tu l'aimes vraiment n'est-ce pas ? »

Vivian sourit à la femme qui la regardait avec un air si émerveillé.

« Il représente le monde pour moi. Ce n'était pas seulement la relation typique frère / sœur. Il était mon frère, oui. Mais il était aussi ma mère et mon père et toute la famille dont j'avais besoin. La seule famille don't j'avais besoin. Je l'ai détesté une seule fois dans notre relation… mais ça a rapidement passé et je le regrette maintenant. »

« Tu l'as détesté ? »

Elle acquiesça.

« Oui… quand il m'a annoncé qu'il partait pour les Rangers. J'étais dévastée. Je pensais qu'il m'abandonnait. Je pensais qu'il n'allait pas revenir. J'ai tellement sûre que je ne le reverrai jamais. Mais il est revenu et il m'a parlé et il a tout réparé… Je regrette ce bref moment de haine… parce que le matin suivant quand je me suis réveillée, il était parti. Nous nous étions déjà dit 'au revoir' à notre manière… mais je me suis détestée d'avoir été si en colère avant qu'il parte.

Temperance semblait écouter son histoire avec beaucoup d'attention. Maintenant… on va voir où ça nous mène…

« Je ne dis pas que nous n'avons pas eu nos petites disputes. Surtout quand j'ai vieilli. Il était déjà à D.C. mais on communiquait régulièrement et il venait souvent. J'ai pris quelquefois le train pendant les week-ends ou les vacances. Il pouvait être si sur-protecteur. Je ne vais même pas commencer à énumérer le nombre de garçons à qui il a fait peur quand j'étais adolescente… Il a toujours dit qu'il ne pouvait pas rester là alors que les hormones débridées d'ados venaient ternir l'image de sa 'petite sœur'. Mais je suis sûre que vous savez de quoi je parle. Avec la sur-protection, je veux dire. »

Le fantôme d'un sourire apparut sur le visage de Temperance et son esprit sembla glisser vers des souvenirs de situations similaires.

« Oui… je me souviens une fois… j'avais rencontré quelqu'un en ligne et on s'est vus. Quand Booth l'a découvert… il a un peu… »

« Défendu son territoire ? » offrit-elle.

« Oui, exactement. Quelqu'un a essayé de me tuer et il a emmené David en salle d'interrogatoire en tant que suspect possible. Il l'a cuit pendant 10 minutes avec des questions qui n'avaient pas grand-chose à voir avec l'affaire. »

« Hummm… je pense que vous vouliez dire 'cuisiné' … et pas 'cuit'.

« Oh… Je suppose que ça a plus de sens. »

Elles rirent. Elle a attrapé l'appât… il est temps de remonter la ligne… pourquoi j'utilise des métaphores de pêche, moi ?

« Bien sûr… j'ai toujours su qu'il le faisait parce qu'il m'aimait… il voulait me protéger. Il m'a dit une fois qu'il voulait seulement s'assurer que je trouve quelqu'un qui en vaille la peine. Il a dit que je le reconnaîtrai parce que quand Seeley essaierait de lui faire peur il ne fuirait pas, mais se dresserait contre mon mâle alpha de frère et que c'est comme ça que je saurai que c'est lui. »

Le regard de Temperance se fit pensif.

« Si grandir avec lui comme frère a instillé quelque chose en moi, ce sont de très grandes exigences en termes d'amour. Si je pouvais trouver quelqu'un moitié moins merveilleux que mon grand frère, je pourrais me considérer comme heureuse. La femme qui sera avec lui sera la femme la plus chanceuse du monde d'après moi. Mais… je ne suis pas très objective je suppose. »

Elles restèrent silencieuses et Temperance regardait par la fenêtre, plongée dans ses pensées, donc Vivian se plongea dans sa tarte.

« OK… wow. »

« Qu'est-ce qui ne va pas ? »

« Rien… Dieu… Je dois m'excuser auprès de Seeley. »

« Pourquoi ? »

« Cette tarte est géniale. »

Temperance rit, et le son fit sourire Vivian. Cette femme était parfaite pour son frère et qu'elle soit damnée si elle les laissait gâcher cette chance. Elle poussa la tarte au milieu de la table et tendit une fourchette à Temperance.

« Je ne pense pas que je devrais finir ça seule, ou alors je vais être là toute la journée à en commander sans arrêt. Vous partagez avec moi ? »

Temperance hésita une seconde, Vivian lui fit donc le sourire le plus charmeur qu'elle put et elle en fut récompensée quand Temperance prit la fourchette et un petit morceau de tarte.

« C'est ce que mon frère me dit toujours. »

« Quoi ? »

« Rien ne soulage une mauvaise journée comme une part de tarte. »

Temperance lui sourit chaleureusement et Vivian fit une petite danse de la victoire intérieure. Elle s'assura que Temperance était complètement absorbée par sa tarte et prit son téléphone dans sa poche pour envoyer discrètement un texto.

Au Jeffersonian, Angela Montenegro entendit le son familier de son téléphone lui dire que quelqu'un lui avait envoyé un message et elle l'ouvrit pour voir 2 lettres qui la firent sourire.

'GO'