Chapitre 34 – Les mots dits dans la colère

Avec des cris de surprise Zach et Vivian sursautèrent et se retrouvèrent tous deux étalés par terre. Se massant l'arrière de la tête, qui s'était cogné contre la table de salon, Vivian leva les yeux vers son frère avec un mélange de choc et de colère.

« Seeley ?! Qu'est-ce qui ne va pas chez toi ?!?! »

Son frère continuait à la regarder avec des yeux pleins de colère. Il semblait presque possédé. Quand il parla, cependant, sa voix était basse et contrôlée avec une certaine fureur retenue.

« Zach. Dehors. Maintenant. »

« Attends… tu ne peux pas me regarder comme ça alors je t'ai surpris dans la même position il n'y a pas 2 jours. »

« Zach. Dehors. MAINTENANT. »

Zach voyait que Vivian était à quelques secondes de crier, il se leva donc prestement.

« Vivian… c'est bon… ne faites pas ça à cause de moi. »

Elle se retourna pour le regarder, quelque chose comme de la tristesse et une certaine peur mettant bataille dans ses yeux.

« Tu pars… »

« ZACH ! »

« UNE SECONDE! »

Les yeux de Booth et ceux de Vivian reflétèrent le choc qu'ils ressentirent. Zach ressentit une pointe de surprise. Est-ce qu'il avait vraiment fait ça ? Se retournant vers Vivian il se mit entre elle et Booth, qui était encore trop surpris pour bouger.

« Je ne veux pas partir… mais je ne veux pas que vous vous disputiez à propos de ça. Ca n'en vaut pas la peine. »

« Zach… »

« Ca ne change rien. Je te le promets. Je te vois au labo, d'accord? On pourrait aller manger quelque part? »

Un sourire apparut lentement sur son visage.

« Ouais… OK. »

Il lui sourit pour la rassurer.

« OK. »

Il se tourna et dépassa l'agent. Sa mâchoire tombait légèrement.

« Au revoir, Agent Booth. »

Il ferma la porte derrière lui et enfin laissa ses jambes céder alors qu'il glissait sur le mur pour s'asseoir sur le sol dans le couloir.

De là il entendit les cris commencer. Autant pour le fait de ne pas se disputer… Il se leva lentement et sortit du bâtiment.

« SEELEY BOOTH, QU'EST-CE QUI NE VA PAS CHEZ TOI?!?!?! »

« QU'ATTENDAIS-TU EXACTEMENT DE MOI ALORS QUE JE RENTRE ET QUE JE VOUS TROUVE ENDORMIS SUR LE CANAPE ?!?!?! »

« J'ATTENDAIS QUE TU SOIS UN PEU RATIONNEL ET QUE TU TE RENDES COMPTE QUE 1) JE NE COUCHERAI JAMAIS AVEC UN GARS QUE JE VIENS DE RENCONTRER ET 2) JE NE COUCHERAI JAMAIS AVEC UN GARS SUR LE CANAPE DE MON FRERE ALORS QU'IL PEUT RENTRER N'IMPORTE QUAND !!!!!!!!!!!!!!!!!!! TU AS VRAIMENT UNE SI PIETRE OPINION DE MOI ?!?!?! »

« CE N'EST PAS DE TOI QUE JE M'INQUIETE !!!!!! »

« TU T'INQUIETAIS A PROPOS DE ZACH ?!?! TU PLAISANTES ?!?!?! »

Ils se tenaient face à face, criant assez fort pour réveiller les morts.

Vivian ne se souvenait pas de la dernière fois qu'ils avaient crié l'un sur l'autre comme ça. Elle ne pouvait croire qu'il était aussi stupide. Seeley savait qu'il réagissait de façon excessive, mais il ne pouvait pas s'en empêcher. Entrer chez lui et découvrir sa sœur endormie dans les bras de Zach avait coupé tout contact entre sa bouche et son cerveau.

Vivian était trop en colère pour penser… elle laissa son frère au milieu de la pièce et rassembla les quelques affaires qu'elle avait dispersé dans l'appartement ces derniers jours. Les jetant dans son sac, elle mit ce dernier sur son épaule et sortit de la pièce en trombe.

« Où tu vas ?! »

« Ailleurs qu'ici avec toi. »

Il lui attrapa le bras alors qu'elle passait près de lui.

« Tu ne pars pas. »

Toute la rage qu'elle avait réussi à réfréner jusque là explosa en cet instant. Sans réfléchir une seule fraction de seconde elle pivota et gifla son frère, fort. Ils semblèrent tous deux se figer sur place. Le visage de Seeley était tourné et sa joue commençait à rougir. Les yeux de Vivian s'étaient remplis de larmes. La main avec laquelle elle l'avait frappé la piquait et elle la leva pour couvrir sa bouche.

« Oh Dieu… »

Elle se libéra de sa prise et s'éloigna avec horreur. Peu importe à quel point ils s'étaient disputés… elle ne l'avait jamais giflé… elle ne l'avait jamais frappé. Même la manière dont elle l'avait coincé contre le mur du labo quelques jours plus tôt avait été inhabituelle. Elle sortit en courant. Il ne la rappela pas.

Dehors, même le climat sembla ressentir sa peine, parce qu'au moment où ses pieds touchèrent l'asphalte la petite bruine se transforma en une averse… cachant ses larmes à tout le monde sauf à l'homme en haut, qui en versait également.