Chapitre 38 – Tu m'étouffes!

« Seeeeeeeley… allez… s'il te plaît… tu m'étouffes. »

« Arrête de geindre et fais avec. Je suis là pour t'étouffer. »

« Mais allez. Deux semaines ? C'est trop… et énervant… et je suis à 5 secondes de me rentrer la tête dans un mur. »

« Eh bien, si tu fais ça, tu vas encore te blesser et je vais devoir t'étouffer encore plus… »

« Seeeeeeeeeeeeeeeley !!!! S'il te plaît !!! Sors, vas travailler, fais quelque chose d'autre que rester ici à t'occuper de moi 24h/24 et 7j/7 pour les 2 prochaines semaines. S'il te plaît, s'il te plaît, s'il te plaît. »

« Ca va, Vivi. Qu'est-ce qu'il y a de mal à ce que je veuille passer du temps avec ma sœur préférée? »

« Quand tu as une petite amie comme Temperance et que tu ne l'as pas vue depuis 2 semaines… »

« Elle est là presque tous les jours ! »

« Non… je veux dire quand tu ne l'as pas vue … comme dans… 'se bécoter sur le canapé comme 2 ados excités'… pendant 2 semaines, alors il y a quelque chose qui ne va pas avec toi, qui mérite que tu passes un scanner ! »

« Vivi ! »

« Emmène-la dîner ! Emmène-la danser! Emmène-la faire un tour et dès que vous trouvez un parking vide vous passez sur la banquette arrière. S'il te plaît… je t'en prie. Si tu m'aimes tu le fais. »

Il la regarda, la bouche ouverte.

« Tu… tu es… tu es quelque chose, tu le sais ? »

« Bien sûr… maintenant appelle-la ! »

Elle lui lança le téléphone et, malgré son état de choc, il l'attrapa.

« Mais qu'est-ce que tu vas faire toute la soirée ? »

Elle sourit avec espièglerie.

« Eh bien… je suis sûre que ça ne dérangerait pas Zach de venir me tenir compagnie un moment. »

Il la regarda d'un air suspicieux.

« Tu avais tout prévu, hein ? »

« Eh bien… j'ai peut-être appelé Zach pour savoir si Tempe travaillait sur quelque chose en particulier… ce qu'elle ne fait pas… et je lui ai peut-être demandé s'il était occupé cette semaine… ce qu'il n'est pas. »

« Vivi… »

« S'il te plaît, Seeley. Sors ce soir et je te promets que je serai la patiente parfaite pour le reste de ton règne comme mon docteur auto-déclaré. »

Il chercha une échappatoire. Ce n'était pas qu'il ne mourait pas d'envie de voir Bones… parce qu'il en mourait d'envie… mais la pensée de laisser Vivian le gênait.

« Elle ne quittera pas ses os… »

« Oh, pour toi elle le fera. »

« Comment le sais-tu ? »

« Parce que quand elle est ici, elle a le même regard que toi quand tu regardes les Phillies. »

(NdT : équipe de base-ball de Philadelphie)

« Ce n'est pas vrai ! »

« Oh mon Dieu, si, c'est vrai. Le même regard 'intense, obsédé, prêt à bondir'. Ca me donne la chair de poule, mais en même temps c'est plutôt drôle. Tu es son 'Ryan Howard'. Maintenant appelle-la et réclame ton dû. »

(NdT : Ryan Howard est un joueur des Phillies)

« Quoi ? »

« Elle m'a parlé du marché que vous avez fait hier soir. Je crois que les termes de cet accord disaient que tu l'emmènerais dîner… dans une petite robe noire. »

Il se figea. Il avait oublié…

« Je suppose… qu'une nuit… ne fera pas de mal. »

Elle sourit.

« Excellent. Maintenant vas et abandonne-toi à tes tendances de mâle alpha et fais-lui perdre la tête. »

« Tu es très persuasive, petite sœur. »

« Et tu es très têtu, grand frère. »

« Hey ! »

« Désolée, je pensais que nous avions un concours de lapalissades. »

Elle lui prit le téléphone des mains et commença à composer un numéro.

« Qu'est-ce que tu fais ? »

Elle l'ignora. Il entendit la sonnerie s'arrêter mais la voix à l'autre bout du fil était trop basse pour qu'il l'entende.

« Bonjour, je voudrais confirmer une réservation pour 20h ce soir. »

« Vivi » siffla-t-il.

Elle lui sourit doucement.

« La réservation est au nom de 'Seeley'. »

Elle s'arrêta avant de sourire de nouveau.

« Merci. »

Elle coupa et lui lança de nouveau le téléphone.

« Tu peux l'appeler maintenant, je ne vais pas le faire à ta place. »

« Tu avais fait la réservation avant de m'en parler ?! »

« Je l'avais fait presque chaque soir de cette semaine. Sauf qu'à chaque fois j'ai utilisé un nom différent pour ne pas les énerver. »

Il s'éloigna, grommelant en composant le numéro.

« Diabolique… manipulatrice… »

Elle gloussa.

« C'est bien vrai ! »

Elle se réinstalla sur le canapé et attrapa son téléphone portable. Elle attendit une fois de plus qu'on lui réponde.

« Oui, bonjour, je voulais juste confirmer une réservation. Mais je voulais m'assurer que la piste de danse serait ouverte ce soir. »

Elle avait baissé la voix pour que son frère ne l'entende pas. Elle attendit un instant, avant qu'un sourire éclatant n'apparaisse sur son visage.

« Parfait. Merci encore. »

Elle mit ses pieds sur la table de salon.

Je suis trop forte…