"Elle voit le dégoût passer sur le visage de son frère, fronçant son nez et plissant ses yeux.
Maintenant si tu as finis, ça serait bien que tu sortes, je dois être en forme pour demain soir. Deux en un soir, c'est éreintant, ajoute-t-elle."
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Dhyn doit faire preuve de beaucoup de sang-froid pour ne pas se jeter sur elle et l'assaillir de coups. Il a énormément de mal à garder son masque en place et ne pas lui cracher à la figure tout le dégoût qu'elle lui inspire. Sa sœur, sa jumelle, qui au Quatre était si naturelle et respectueuse envers elle-même, fricote avec non pas un, mais deux tributs de carrière ennemis. Il ne sait plus ce qui est réel ou non, il ne sait plus lorsqu'elle joue et lorsqu'elle est elle-même. Les deux se confondent. Il n'arrive plus à la comprendre ou à identifier ses humeurs. C'est un brouillard épais dans lequel il s'obstine à plisser des yeux pour voir plus loin. Il a parlé avec Finnick et ce dernier sait ce qu'il se passe, c'est sûr. Leur mentor et Lyne se sont beaucoup rapprochés. Une pensée saugrenue le frappe, mais il préfère l'effacer immédiatement. Penser que Lyne et Finnick ne font pas que discuter ensemble lui est insupportable. Pourtant le vainqueur ne s'inquiète pas le moins du monde pour sa tribut femelle tandis que celle-ci manque des repas et affiche un air plus que soucieux à la moitié des repas. Et s'il s'en fichait complètement? Et si Lyne était en danger à cause de ce carrière et que Finnick ne faisait rien pour l'aider? Un élan de colère s'empare de lui. Lorsqu'il a parlé au mentor, ce dernier lui a conseillé de paraître distant et détaché de Lyne, mais et si ce n'était que pour se l'approprier plus facilement?
Dhyn se tourne et frappe violemment dans la porte. Sa sœur sursaute et se met à lui crier dessus. Il a fait un trou dans la porte. Il sent deux fortes pressions sur son bras. Lyne le tire pour l'écarter assez loin de la porte afin de pouvoir l'ouvrir. Il n'entend rien à ce qu'elle lui dit, voyant juste ses lèvres bouger et se retrousser sur ses dents, voyant juste ce trait de fureur passer dans ses prunelles furibondes. Ce trait si caractéristique des mauvais jours de Lyne. Ces jours assez fréquents où elle ne pêche rien ou voit les chalutiers naviguer là où les dorades, thons jaunes et merlan se faufilent paisiblement tandis qu'elle ne récolte que de petites proies.
Lyne le pousse à l'extérieur de sa chambre et ferme la porte même si cela ne servait plus à grand chose avec ce trou béant en plein milieu. Dhyn ne patiente pas plus avant de retrouver sa chambre. Similaire à celle de Lyne, il ôte d'un mouvement souple et rapide son t-shirt d'entraînement qu'il balance négligemment à travers la pièce, trop remonté pour prendre le temps de le plier. Il entre dans la salle d'eau en claquant des talons et s'appuie sur le rebord de l'évier de ses deux mains pour éviter de casser quoique se soit d'autre. Il toise les yeux en amande verts qui lui font face dans le miroir, et les haït de tant ressembler à ceux de sa sœur. Il a l'impression de l'avoir en face de lui, furieuse et déçue. Pourquoi serait-elle furieuse contre lui? Furieuse qu'il ne voit rien à propos d'elle et ce carrière? Déçue qu'il la juge aussi sévèrement? Déçue qu'il la laisse ainsi tomber aussi vite? Qu'il ne sache pas la protéger de ce garçon vil et vicieux? Qu'il ne soit pas auprès d'elle pour l'aider? Et s'il s'était trompé sur toute la ligne? Et si Lyne ne souhaitait pas se donner à ces garçons? Cette pensée tord ses entrailles. Il la blâme alors qu'elle veut peut-être seulement se protéger. Il prend sa tête entre ses mains, serrant sa masse de cheveux entre ses longs doigts, cachant partiellement son visage pour ne pas affronter ces yeux accusateurs plus longtemps.
Les larmes roulent si vite sur ses joues qu'elles laissent à peine une traînée humide. Son masque d'impassibilité et de froideur tombe en milles morceaux, laissant place à un visage crispé par le chagrin, et rouge d'émotions plus ou moins nobles. Il ne sait pas exactement ce qu'il ressent. C'est un mélange de colère, de honte, de déception et de peur. Mais cette palette n'est pas seulement tournée vers Lyne, mais aussi vers ces deux tributs, vers Finnick, et surtout, vers lui-même. Il s'agit tout de même de sa sœur. Il se doit de la protéger, étant le seul membre de sa famille à ses côtés. Mais la voir ainsi avec ces deux garçons, effrontée et aguicheuse, ça le fait trembler de rage. Lyne est une jolie fille, vraiment très jolie. Ses frères et lui l'ont toujours sut. Dhyn s'en est réellement rendu compte à ses treize ans, à l'enterrement de leur mère.
Ce jour-là, Lyne ne pleurait pas. Elle avait tout simplement revêtue une robe courte noire sans manches. Ses cheveux étaient coiffés en arrière, lâches et soyeux. Dhyn lui, avait le visage rouge à cause de ses pleurs. Il ne cessait de renifler et n'avait plus de mouchoirs sous la main. Il était le seul de sa famille à pleurer. Il avait l'impression de déshonorer son père en se montrant si faible comparé à Lyne, qui elle, ne versait pas une larme. C'est alors qu'elle s'était avancée vers lui, avait essuyé ses larmes avec un mouchoir, l'avait regardé droit dans les yeux en le prenant par les épaules, puis lui avait chuchoté ces mots. Ces mots qu'il n'oubliera jamais.
- Que tu pleures ou que tu ris, ce n'est pas ça qui importe. Ce qui importe, c'est que tu l'aimais. Chaque larmes que tu verses est un baiser que tu lui offres, alors maintenant, pleures autant que tu le veux Dhyn, fais-le pour moi, parce-que moi ça me fait tellement mal que j'en suis incapable. Tu es plus fort parce-que tu ressens, pas parce-que tu contrôles.
Elle avait ensuite déposé un baiser sur une de ses larmes, avant de lui sourire et de retourner à sa place.
Dhyn n'a jamais vu sa sœur avec un tel regard, profond, intense, sensible et réconfortant. Ce regard a représenté tout ce qui fait d'elle ce qu'elle est. Une fille aimante, juste, compatissante et protectrice. Ce jour-là, Dhyn s'est juré qu'il ne la verrait jamais pleurer, et que si c'était le cas, c'était son devoir de lui rendre la pareille. Ses frères et lui se sont mit d'accord pour la protéger quelques temps, juste le temps qu'elle se remette de cette perte, mais lui, n'a jamais cessé de la protéger, il n'a jamais cessé de veiller sur elle. Jusqu'à aujourd'hui.
Il serre les dents si fort qu'il en a mal aux molaires, mais peu lui importe, Lyne doit probablement endurer pire que ça et il l'a balayée du revers de la main comme un sale égoïste. Il sent une nouvelle vague de colère grimper en lui. Il doit se calmer dans l'immédiat.
Il retire son short, son caleçon et ses chaussettes, puis entre dans la douche. Il active le jet d'eau froide et garde les poings serrés contre le mur pour ne pas changer la température. L'eau se faufile à travers sa masse capillaire, trempant peu à peu son visage, depuis les contours jusqu'au centre. Il laisse la température glaciale jusqu'à ce qu'il tremble de froid, étant sûr et certain d'avoir enfermé la colère au fond de ses entrailles. Puis il met une température tiède qu'il accueille avec une mine d'extase non feinte. Il se réchauffe quelques instants, puis se savonne le corps au gel de douche aux fragrances de fraises. Il shampouine généreusement ses cheveux avant de se rincer. Il attrape la serviette douce et chaude posée sur un porte-serviette à portée de main, et se sèche avant de poser le pied au sol. Il n'apprécie pas que ce sol fasse le travail à sa place. La sortie de douche est toujours son entraînement au patinage artistique de la journée. Il s'élance sur le tapis de bain puis s'élance une seconde fois hors de la salle de bain, le tout en essayant de pas glisser à cause de l'humidité sur ce sol immaculé et poli. Il retourne dans la chambre, enfile un caleçon propre et se jette à moitié sur le lit à ressorts. L'oreiller est un peu trop mou à son goût, mais le matelas fait un bien fou à son dos après les entraînements intenses de la journée. Les yeux de Lyne ne cessent de lui revenir en tête. Ce trait de fureur qu'il a toujours détesté voir passer dans ses yeux, est apparut à cause de lui. Il veut tant se lever et aller s'excuser, mais Finnick l'a presque supplié d'être distant avec elle. Pourquoi? Pas la moindre idée. Mais vu l'allure d'ordinaire si fière du vainqueur, s'abaisser à ce genre de courbettes doit signifier que sa demande est vraiment, mais alors vraiment importante. Dhyn a cédé, mais cela a éveillé ses soupçons. Il n'arrête pas de surveiller sa sœur depuis ce jour-là. C'est ainsi qu'il a assisté à toute la scène avec le brun du Un. S'il avait put se frotter à elle, il l'aurait fait avec un désir non dissimulé.
Rien que de repenser à cette scène, Dhyn sent de nouveau la colère grimper en lui. Et puis ce blond du Deux qui a réussi à la faire pleurer. Sa mâchoire se serre et se relâche frénétiquement, tic nerveux qui indique son degré de colère. Il doit faire quelque chose qui le calmera pour un bon moment ou aller frapper les responsables de ses tourments. Mais il vaut mieux pour lui qu'il opte pour la première option, il a déjà décroché son droit pour le blond et n'en a pas apprécié la réponse. Il s'est retrouvé avec un bel œil au beurre noir et une douleur piquante à la joue. Il décide de sortir s'aérer. Ça ne vaut pas l'air marin du Quatre, mais c'est mieux que l'air conditionné de l'appartement.
Il bondit de son lit, ouvre sa porte et se dirige discrètement vers les portes vitrées menant au balcon. Une silhouette fine se détache sur le panorama illuminé du Capitole. Lyne est assise sur le rebord du balcon, les pieds dans le vide et le regard au loin. Dhyn s'arrête. Il ne pensait pas la trouver là à cette heure-ci, il pensait qu'elle avait besoin de repos pour... il arrête cette songerie et ferme fort les yeux pour la chasser. Il soupire bruyamment et sa sœur se retourne, surprise. Elle pense y trouver Finnick, mais n'y voit que son frère. Il est une fois de plus soucieux. Le pli de son sourcil se fait de plus en plus récurrent ces derniers temps. Elle se détourne doucement, ne sachant pas si elle est toujours en colère contre lui, ou si elle regrette sa réaction. Mais étant donné qu'elle est venue se réfugier sur ce balcon pour échapper aux tourments de son demi sommeil, elle songe qu'elle doit plutôt le regretter. Elle voulut s'excuser, mais son jumeau la devança.
- Écoutes Lyne, je tiens à m'excuser pour ma réaction de tout à l'heure. Je suis un vrai con ces derniers temps, avoue-t-il en gardant les yeux rivés au sol.
- Non ce n'est pas de ta façon, le rassure Lyne en descendant du rebord pour se mettre face à lui. Il y a tellement de choses dont j'aimerais te parler, mais si je le fais, je risque de te faire du mal, et toi tu vois tout ce qu'il se passe mais ne comprends pas. Tu ne peux pas savoir dans quel état ça me met de te cacher ça, de te mentir, mais j'y suis obligée, pour te protéger.
- Pourquoi? Je ne comprends pas ce qui t'oblige à me mentir. C'est Finnick?
- Non! S'écrie-t-elle avant de faire un pas vers son frère pour ne pas recommencer. Non. Finnick m'aide au contraire. Sans lui, je me serais déjà probablement jetée de ce balcon.
- Il y a un champ de force rétro-propulseur, tu ne peux pas tomber, la corrige son frère.
Un demi sourire filtre sur les lèvres de la fille.
- Ce que je veux dire, c'est que toute cette histoire est entrain de me rendre complètement dingue, mais le pire de tout, ce n'est pas lui ou... ou ce qu'il... ce qu'il propose, c'est que tu m'en veux alors que j'essaie par tous les moyens de nous protéger, de te protéger. Et je te vois te renfermer, t'éloigner, sans pouvoir y faire quoique se soit parce-que tu ne me fais plus confiance. C'est ça le pire. Le pire ce n'est pas la torture des autres, c'est la tienne Dhyn. Tu l'ignores mais c'est toi qui me mets dans cet état.
Le garçon ne répond pas tout de suite, essayant de digérer tout ce qu'elle vient de lui dire. Leur relation est bien pire que ce qu'il l'imaginait. Il est la cause de ses pleurs, alors qu'il s'est juré de ne plus jamais la voir ainsi, quelle ironie. Dhyn s'adosse au mur et se laisse glisser jusqu'à atteindre le sol. Comment a-t-il fait pour en arriver à ça? Arriver à faire souffrir sa propre jumelle avec ses réactions égoïstes et insensibles? Lyne s'accroupit face à lui, les yeux brillants, et lui prend les mains.
- Dhyn, je sais que tu veux me protéger, comme tu l'as toujours fait. Et je te dois tant, c'est en partie grâce à toi que je suis la fille que tu as toujours connu jusqu'à présent, mais ici, je ne peux plus être cette fille. Ici, c'est à mon tour de te protéger, car il n'y a que moi qui peut le faire. Alors je t'en prie Dhyn, n'essaie plus de retrouver cette fille, car elle est planquée bien au fond de moi, en sécurité. Elle risque d'être marquée à jamais par ce que je m'apprête à faire, mais pour survivre, j'y suis obligée. Tu me connais mieux que quiconque, tu sais qui je suis, tu es mon phare, alors s'il te plaît, ne t'éteins pas. Parce-que c'est ce que tu es entrain de faire. Tu t'éteins. Et si tu t'éteins, je me perdrais dans ce personnage et ne me retrouverais jamais vraiment.
Quelques larmes se sont échappées de ses yeux. Lyne les attrape avec ses lèvres, retrouvant le goût salé si familier qui lui rappelait son District.
- Alors dis-moi une chose. Une seule, et unique chose, fait-il en la fixant dans les yeux, est-ce que tu comptes faire quoique se soit avec ces garçons? Et tu sais très bien de quoi je parle, l'avertit-il en anticipant son contournement de question.
Lyne ravale sa salive. Comment répondre? Elle-même ne sait pas. Si elle compte faire quelque chose, non. Si elle doit faire quelque chose, oui. Là est toute la différence. Mais il ne lui a pas posé cette question, et elle ne veut pas l'orienter dessus, ne voulant pas déclencher sa colère. Comment lui dire? Comment lui annoncer que si elle veut le sauver, elle doit le faire, mais que si elle le fait, elle les condamne? Elle a perdu son masque si durement assemblé et Dhyn peut à nouveau lire en elle. Il voit l'anxiété, la peur, la honte et la détresse la déchirer. Elle-même n'a pas la réponse à sa question. Alors c'est ça. C'est ça depuis le début. C'est ce qui la tourmente depuis le début. Dhyn déglutit et la prend dans ses bras, ne souhaitant pas la forcer à lui mentir une fois de plus. Elle accueille l'étreinte de son frère avec un demi soulagement. Elle sait qu'il a comprit, mais elle le remercie profondément de l'écouter et de ne pas chercher à en savoir plus. Tout avouer à son frère est la sensation la plus agréable qu'il lui ait été donné de ressentir. Elle reste un moment contre lui, appréciant la chaleur de son corps et la force sécurisante de ses bras. Puis il brise le silence.
- Alors, cette soirée? C'était pour quoi au final?
Elle le foudroie du regard. Le balcon est probablement truffé de micros et lui, il en parle à voix haute comme s'il ne s'agissait que du bœuf bourguignon de grand-mère. Elle roule des yeux et se lève. Il la suit jusqu'à sa chambre où elle allume la douche pour masquer leur conversation.
- Idiot il ne faut pas en parler n'importe où, lui explique-t-elle une fois sûre de l'insonorisation de la pièce.
- Tu m'as dit que c'est pour énerver Snow, mais comment tu veux faire ça avec une soirée?
- Rien de plus facile, en réunissant les tributs. Tout le monde a accepté. On se réunit, on le fait savoir, et on s'amuse ensemble. Pour le Capitole ça ne signifiera rien d'autre qu'une bonne soirée entre jeune gens, mais pour tout le reste de Panem, ça aura un tout autre sens.
- Tu sais ce à quoi ça ressemble?
- Une rébellion?
- Exactement, et je ne sais pas si c'est une bonne idée.
- Ça ne paraît jamais être une bonne idée jusqu'à ce qu'on soit libres et débarrassés des contraintes, réplique la fille.
- Lyne... la faute pourrait retomber sur n'importe qui.
- Mais qu'est-ce que tu veux qu'il fasse? On est déjà morts de toute façon, alors il ne peut pas faire grand chose de plus. Il nous punit déjà assez d'être nés en nous infligeant les Hunger Games, qu'est-ce que tu veux qu'il fasse de pire?
- Tuer nos proches, répond doucement le garçon en lui lançant un regard profond.
- Et pour quelle excuse? Et comment couvrirait-il le meurtre?
- Lyne, il s'agit du Président Snow, il peut faire tout ce qu'il veut.
- Pas s'il a le peuple contre lui. Il faut arrêter de hocher la tête et tendre le bras en attendant la flagellation, il faut agir un peu maintenant. Être moissonnée avec toi m'a ouvert les yeux. Je mourrai probablement dans ces Jeux, alors si je peux faire quelque chose pour activer un peu les choses, je le ferai, peu importe si je dois le payer de ma vie. De toute façon, je suis déjà enterrée, il ne manque plus qu'à tirer la balle. Et que se soit Snow qui la tire ou Cato, peu importe, tant que ça aura soulevé Panem.
Dhyn ne répond pas, ne comprenant pas tout à fait les motivations de Lyne. Elle risque sa propre vie et celles de leurs frères pour un semblant de rébellion dont elle ne sait même pas si ça allait fonctionner. Il se contente de hocher la tête, ne souhaitant pas débattre sur ce point avec elle, voyant parfaitement que c'était inutile. Il passe son bras autour des épaules de Lyne, et un bâillement lui échappe. Il retourne se coucher tandis que Lyne éteint la douche. Elle se glisse sous ses draps, et peut enfin dormir sans être tourmentée, et ce, depuis la Moisson. Elle accueille à bras ouverts le sommeil reposant et serein qui l'enveloppe peu à peu, la plongeant dans un état d'incapacité physique. Elle a l'impression de se fondre dans un nuage chaud, et d'être recouverte d'une couette lourde et gigantesque qui l'enveloppe pour la mettre à l'abri de tous dangers. Ses pensées vagabondent sans rapports directs à droite à gauche, suivant un fil logique assez difficile à comprendre. Au fur et à mesure, ses pensées se font plus sombres, plus vagues et brouillées. Les ténèbres la tirent vers eux, l'empêchant de continuer à rêver consciemment. Puis elle cède enfin, tombant dans un tourbillon obscur où elle se perd jusqu'à ce que la voix de Noomi se fasse entendre, claire, douce, et sucrée.
