Chapitre 42 – Elle a dit QUOI?
Presque toute l'activité dans le restaurant avait cessé pour regarder la scène qui se jouait. Ce n'était pas tous les jours qu'ils voyaient un beau jeune homme plier un genou et faire une demande en mariage à une belle jeune femme. Presque toutes les femmes ne purent s'empêcher de soupirer.
Cependant, ce moment de conte de fées se termina quand le visage de la jeune femme passa du choc à la peur avant qu'elle ne sorte en trombe du restaurant.
L'expression sur le visage du jeune homme était un mélange de chagrin et de haine de lui-même. Il se leva doucement et revint à la table. Il laissa tomber quelques billets et partit, la tête basse et le cœur en miettes.
Le restaurant resta silencieux pendant quelques secondes après qu'il soit parti avant de revenir lentement à la vie. Le calme resta, cependant, comme si la pièce en entier pleurait la fin de l'amour.
Je l'ai trop pressée… à quoi je pensais ? Je l'ai perdue… Dieu, qu'est-ce que j'ai fait ?
Seeley erra pendant 2 heures avant de se décider à rentrer chez lui.
Son esprit était centré autour d'elle : sa peur, ses larmes, sa fuite. Alors qu'il arrivait à son complexe d'appartements il serra les poings sur le volant avec colère. Il voulait rentrer, s'écrouler dans son lit et se réveiller demain en sachant que c'était simplement un terrible cauchemar.
Il monta doucement les escaliers et se retrouva trop tôt devant sa porte. Ouvrant la porte, il fut accueilli par la vue de Vivian sur le canapé, regardant la télé, dos à lui.
Elle l'entendit entrer mais ne se retourna pas en prenant la parole.
« Hey, frangin. Tu sais, je ne m'attendais pas vraiment à ce que tu reviennes ce soir. J'espère vraiment que tu n'as pas coupé court au rendez-vous à cause de moi. »
Il ne put lui répondre. Il se dirigea simplement vers sa chambre, jeta sa veste et s'écroula sur son lit. Il s'appuya sur les oreillers et ferma les yeux, espérant que son image allait partir.
« Seeley ? »
Il l'entendit à côté de son lit et s'asseoir à côté de lui. Elle posa une main sur son bras.
« Seeley… qu'est-ce qui se passe ? »
Soudain, il ne voulait pas du réconfort de sa sœur. Il roula sur le ventre pour s'éloigner d'elle, sa tête faisant face au mur.
« Pas maintenant, Vivian… laisse tomber. »
Cela ne la dissuada pas. Elle fit courir sa main en cercles dans son dos.
« Je ne peux pas, Seeley… tu vas mal… je le sens plus que je ne le vois. C'est comme… quand tu es revenu du Kosovo… comme si quelque chose en toi était mort… ou mourant. Qu'est-ce qui s'est passé ? »
Il se figea. Elle était toujours capable de lire en lui.
« Je lui ai demandé… de m'épouser… »
Il entendit son souffle se couper.
« Seeley… »
« Elle a fui… »
« Oh, Dieu, Seeley… je suis désolée… »
Il se tourna vers elle et vit la douleur et la sincérité dans ses yeux.
Il fut empêché d'en dire plus par un grand bruit à sa porte. Vivian se tourna vers le couloir.
« Qu'est-ce c'est que ça ? »
Elle allait se diriger vers le bruit, mais elle avait à peine atteint la porte de la chambre que retentit un bruit sur lequel on ne pouvait se tromper, celui de la porte qui s'ouvrait violemment.
Seeley s'était levé du lit en une fraction de seconde, sa tristesse momentanément supprimée à la vue de sa sœur sur le seuil d'une porte ouverte, une cible parfaite pour quiconque venait d'entrer. Il l'attrapa et la mit derrière lui.
« Enferme-toi dans la salle de bains. Allez. »
Elle semblait vouloir protester mais un cri se fit entendre du living-room.
« Booth, sale fils de pute ! Qu'est-ce que vous lui avez fait ?! »
Seeley se figea alors que Max Keenan apparaissait. Vivian était toujours derrière son frère, alors quand Max mit un coup de poing dans la mâchoire de son frère en le faisant tomber à la renverse, elle fut entraînée par son poids. Son cri de douleur sembla stopper l'attaque de l'homme.
« Qu'est-ce… ? »
Seeley se dégagea de sa soeur et la souleva. Elle grimaça quand sa tête fut soulevée du sol et il fut soulagé de ne voir aucun signe de blessure. Il la coucha doucement sur la couette et vérifia si elle n'avait aucune blessure.
« Vivi… tu as mal ailleurs ? »
« Seulement… seulement ma tête… je l'ai heurtée en tombant. Tu es… lourd, Seeley. »
Il rit faiblement.
Les yeux de Vivian regardèrent par-dessus son épaule et se remplirent de peur.
« Seeley ! »
Max l'attrapa avant qu'il ait pu réagir et le retourna avant de lui lancer son poing dans l'estomac, amenant Seeley sur les genoux.
« C'est à cause d'elle que tu as brisé le cœur de ma petite fille ?! Cette fille a à peine 20 ans !! Tu es dingue, fils de pute ! »
Il le frappa dans la poitrine mais Seeley était trop sous le choc pour bouger. Tout ce qu'il avait entendu était 'tu as brisé le cœur de ma petite fille'. Vivian, au contraire, avait tout entendu.
« Vous êtes fou ?! Je suis sa soeur!! Sa soeur!! Et vous avez tout faux, mon vieux! Votre fille a brisé le cœur de mon frère !! Pas l'inverse ! »
« Je l'ai vue! Je voulais lui parler et elle est arrive en larmes! J'ai essayé de lui faire dire ce qui n'allait pas, mais elle a continué à dire son nom et elle m'a jeté dehors ! »
« Parce qu'il l'a demandée en mariage, merde ! Il l'a demandée en mariage et elle a fui ! »
«… quoi ? »
« Je lui ai demandé de m'épouser… »
Max se tourna vers l'homme au sol et Vivian regarda son frère avec inquiétude. Sa tête lui faisait encore trop mal pour bouger.
« Ca va, frangin ? »
« Ouais… je pense… juste quelques bleus… »
« Ce n'est pas ce que je voulais dire en fait… »
Il tourna des yeux pleins de peine vers sa sœur et elle resta silencieuse. Seeley se tourna vers Max.
« Je l'aime… tellement que c'en est incroyable… et je sais qu'elle m'aime… elle me l'a dit… »
Max sursauta, surpris.
« Elle l'a vraiment dit ? »
Il hocha la tête.
« Mais… elle a encore peur ? »
« Elle a probablement peur que je l'abandonne… et elle a une bonne raison pour le croire. Toutes ses expériences lui ont appris que personne ne restait très longtemps auprès d'elle… »
Max se prit la tête dans les mains et soupira tristement.
« C'est ma faute… je l'ai abandonnée… »
« C'est pas seulement vous… mais Max… même si elle ne veut pas m'épouser… j'ai besoin qu'elle sache que je ne la quitterai pas… jamais. »
Les deux hommes se regardèrent.
« Vous l'aimez vraiment ? »
« Oui, monsieur. Vraiment. »
Il hocha la tête et se leva.
« Je vais lui parler. Je vais faire tout ce qui est possible pour réparer ça. »
Il se dirigea vers la porte et Seeley s'allongea sur le lit, avec la tête dans les oreillers. Sur le seuil, Max se retourna.
« Oh, et… euh… je suis désolé de tout ça. »
Le frère et la sœur répondirent en même temps.
« Vous l'aimez aussi. »
Il gloussa.
« Oui… oui, je l'aime. »
Et il était parti.
Vivian tourna la tête vers son frère alors qu'ils entendaient la porte se fermer.
« C'était son père ? »
« Ouais… »
« Euh… tu sais… mis à part le fait qu'on soit tous les 2 blessés… je l'aime bien. »
« Ouais… moi aussi. »
