NdT: Merci pour toutes les reviews. Je ne réponds pas, mais ça me fait très plaisir. Donc merci à tous...
Chapitre 43 – L'étreinte d'un père
Elle n'avait rien vu de ce qui se passait autour d'elle depuis qu'elle était sortie du restaurant. Ses larmes tombaient sans qu'elle s'en rende compte et elle ne faisait rien pour les arrêter. Elle courait aussi vite que ses chaussures le lui permettaient et enfin elle ralentit pour marcher.
Elle n'était pas sûre du temps pendant lequel elle avait marché mais elle se retrouva dans le Lafayette Park. S'appuyant contre un arbre, elle essaya de reprendre son souffle. Elle ne savait pas si la douleur dans sa poitrine était pour elle-même ou pour l'homme qu'elle avait abandonné après lui avoir brisé le cœur.
Le regard qu'il avait eu quand elle était partie lui disait qu'il ne la suivrait pas.
Elle chercha dans son petit sac et en sortit son téléphone. Elle hésita quelques secondes à appeler Angela, mais décida du contraire, parce qu'Angela poserait des questions. Elle décida d'appeler un taxi.
Il arriva quelques minutes plus tard et elle monta, le visage toujours plein de chagrin. Le chauffeur la regarda d'un air curieux mais resta sagement la bouche fermée. Elle passa le trajet à regarder dehors, essayant de ne pas penser à son visage.
Alors qu'elle arrivait à son appartement, tout sembla la dépasser et elle jeta plus d'argent que nécessaire au chauffeur avant de courir chez elle. Elle était à la moitié des escaliers quand le premier sanglot lui échappa. Ils se succédèrent en vagues alors qu'elle atteignait la porte. Elle s'emmêla avec ses clés et enfin réussit à ouvrir la porte. Elle s'était appuyée lourdement dessus et s'écroula au sol.
« Chérie ? Chérie! Qu'est-ce qui s'est passé? »
Elle leva des yeux pleins de larmes pour voir son père devant elle.
Il fut à côté d'elle en un instant.
« Ma chérie, qu'est-ce qu'il y a ? »
Elle sanglota et tomba dans les bras de son père.
« Oh, bébé… dis-moi ce qui s'est passé. »
« Booth » dit-elle d'une voix étranglée.
« Il va bien ? Il t'a fait du mal ? Ma chérie, tu dois me dire ce qui s'est passé. »
« Je… Je ne peux pas… il … Seeley… »
Elle s'éloigna de lui.
« Laisse-moi… s'il te plaît… laisse-moi… je ne… je ne peux pas… »
« Je ne fais pas te laisser comme ça, ma chérie. »
« S'il te plaît ! s'il te plaît vas-t-en ! »
« Ma chérie… »
« Non ! Vas-t-en, c'est tout ! »
Elle le repoussa ; il ne résista pas, choqué, et elle claqua la porte derrière lui avant de s'écrouler au sol une fois de plus en un tas sanglotant.
Elle avait réussi à se ressaisir assez longtemps pour prendre une douche et elle pleura encore là, mais l'eau lava ses larmes. Elle mit un de ses pyjamas les plus confortables et grimpa sur son lit. Elle serra les couvertures autour d'elle et se laissa couler dans les draps et sa tristesse.
Une bonne heure avait passé depuis qu'elle avait poussé son père dehors.
Elle se rejouait le moment encore et encore. Elle sentait ses bras autour d'elle alors qu'ils dansaient. Elle entendait sa voix, lui disant qu'il l'aimait et qu'il mourrait pour elle. Elle le voyait sourire et s'agenouiller devant elle, avec rien d'autre que de l'amour et du bonheur sur le visage. Et elle avait tout gâché. Elle avait ôté la lumière dans ses yeux.
« Chérie… »
Elle sursauta au son de sa voix.
« Papa, s'il te plaît… je t'ai demandé de partir… »
« Chérie, je veux que tu m'écoutes et je ne partirai pas, peu importe combien de fois tu me le demanderas. »
« Papa… je ne veux pas en parler… »
« Je sais ce qui s'est passé, ma chérie… il me l'a dit. »
Elle se tourna vers son père, les yeux grands ouverts.
« Tu lui as parlé ? »
« Oui… chez lui… je… me suis un peu emporté d'abord… »
Elle s'assit brusquement.
« Qu'est-ce que tu as fait ? »
« Je pensais qu'il t'avait fait du mal, chérie ! Qu'est-ce que j'étais supposé faire ? »
« Oh non… »
« Ca va aller… quelques bleus… et la fille va bien aussi. »
« Tu l'as blessée aussi ?! »
« Je ne l'avais pas vue… quand il est tombé, elle était derrière lui. »
« Papa ! »
Il prit son visage dans sa main et la força à le regarder.
« Ma chérie… pourquoi tu t'es enfuie ? »
Elle se figea.
« Papa… je ne veux pas en parler… »
Il s'avança de son côté et lui prit la main.
« Chérie… je vais être un peu dur parce que je veux que tu comprennes. C'est un homme brisé maintenant, mon bébé. Il a demandé à la femme qu'il aime de l'épouser et elle a fui. Je sais que je suis en partie responsable de ça. Si ce n'est pas complètement. »
« Non… ce n'est pas… »
« Chérie… nous savons tous les deux que c'est vrai. »
Elle baissa les yeux vers les draps.
« J'ai peur, papa. J'ai tellement peur. »
« Oh, ma chérie, je sais. Mais tu n'as pas à avoir peur… pas avec lui. »
« Il va m'abandonner… tout le monde m'abandonne. »
« Il ne le fera pas. »
« Tu n'en sais rien. »
« Si. Je l'ai vu dans ses yeux il n'y a pas une demi-heure. Ca le tue… de ne pas être avec toi. Il est effrayé de t'avoir fait fuir pour toujours. La seule raison pour laquelle il n'est pas là lui-même c'est qu'il pense t'avoir fait du mal. »
Elle enfouit son visage dans ses mains. Qu'est-ce que j'ai fait ?
« Chérie… vas lui parler. »
« Je ne peux pas… Je lui ai fait tellement mal. Je ne peux pas. »
« Chérie… »
« Non… papa, s'il te plaît… s'il te plaît, je ne peux pas. »
Les larmes recommençaient à prendre le dessus et son père la prit dans sas bras une fois de plus, essayant de la calmer.
« OK… OK, ma chérie. Pas ce soir… pas demain non plus si tu ne veux pas… mais bientôt, d'accord ? »
Elle n'eut pas la force de lui répondre, elle hocha donc la tête et, pour la première fois de sa vie, elle pleura jusqu'à s'endormir dans les bras de son père.
