Chapitre 45 - Enfin
Il ferma la porte de son pied alors que ses bras étaient toujours occupés à la tenir aussi près que possible. Ils commencèrent à marcher de manière instable mais quand ils s'écrasèrent sur le mur derrière lui, il décida que ça suffisait.
Glissant une main sous chacune de ses cuisses, il la souleva d'un mouvement. Elle sourit contre sa bouche et passa ses jambes autour de ses hanches. Le reste du trajet se fit sans peine, mis à part quelques arrêts dans le couloir pour donner un peu plus d'attention à l'autre.
Quand il sentit ses genoux buter contre le lit, il la coucha doucement sur le matelas. Elle laissa tomber ses jambes de sa taille et il se pressa tout contre elle, supportant son poids d'une main. Dans une tentative désespérée d'être encore plus proche de lui, elle poussa ses hanches contre les siennes et ils grognèrent simultanément.
Malheureusement, ce fut leur grognement qui les ramena à la réalité. Il se rejeta en arrière et la regarda, tous deux à bout de souffle.
« Seel… »
Il couvrit doucement sa bouche de la main.
« Temperance… jusqu'à ce que nous ayons parlé… restes-en à 'Booth', d'accord ? »
Ses yeux étaient tristes mais elle acquiesça. Il se retira d'elle et s'assit alors qu'elle faisait de même. Ils ne pouvaient pas se regarder. La pièce était silencieuse, sauf leurs souffles toujours laborieux. Elle savait qu'elle devait commencer mais, pour une fois, elle n'y avait pas réfléchi. Tout plan possible s'était échappé de son esprit à l'instant où elle l'avait vu.
Comme s'il avait senti sa lutte intérieure, il attrapa sa main. La vague de réconfort qu'elle ressentit à ce geste familier la fit soupirer et un petit sourire apparut sur son visage. Il remarqua le soupir et le sourire et cela le fit sourire en retour.
Ils restèrent silencieux quelques minutes avant qu'elle ne ressente une étrange fatigue s'installer en elle. Incapable de s'en empêcher, elle posa doucement sa tête sur son épaule. Il se tendit un instant avant de se lever et de s'éloigner.
Convaincue qu'il s'éloignait d'elle, elle laissa tomber sa tête et sentit les larmes remplir doucement ses yeux.
Quand elle entendit l'armoire s'ouvrir et se refermer, elle leva les yeux pour le voir lui tendre un pantalon de survêtement et un large T-shirt, ainsi qu'une serviette. Elle le regarda, perplexe.
« Tu es trempée. Je ne veux pas que tu tombes malade. »
Elle l'avait oublié, en fait.
Elle attrapa les vêtements et il indiqua la cuisine.
« Je vais faire du café… viens quand tu seras prête et nous parlerons. »
Il la laissa et elle prit un moment pour penser en se changeant. Les mots de son père lui revinrent.
Ne rationalise pas… écoute ton cœur.
Mais que dit mon cœur ?
Il dit que tu l'aimes et que tu avais peur, mais plus maintenant… il dit que tu veux être avec lui et faire partie de sa vie et l'avoir dans la tienne… il dit que tu veux qu'il soit ta famille.
Super… maintenant je dois juste lui dire.
Elle se dirigea vers la cuisine, où il se tenait dos à elle. Elle n'était pas sûre qu'il l'ait entendue, elle prit donc le temps de le regarder. Regarder n'était pas suffisant… peut-être que ce serait plus facile de parler si elle ne voyait pas ses yeux. Elle était toujours distraite par ses yeux. Avançant doucement elle posa une main sur son dos. Il se raidit un instant. Il ne l'avait donc pas entendue. Il commença à se retourner.
« Non… reste comme ça… s'il te plaît… »
Il resta tendu mais obéit. Elle posa sa tête entre ses omoplates et laissa ses mains descendre vers ses hanches.
« J'avais peur, See… Booth… J'étais terrifiée. Je suis désolée de m'être enfuie comme ça mais je ne savais pas quoi faire d'autre… c'était comme un réflexe. »
Elle hésita mais quand elle le sentit pendre une de ses mains sur ses hanches et la lever, elle fut rassurée.
« Personne n'est jamais resté pour moi… ils se sont toujours dit que finalement j'étais trop froide, ou trop détachée… ou sans cœur… »
« Tu n'es pas sans cœur. »
« Chh… laisse-moi finir… s'il te plaît… »
Il resta silencieux.
« Malgré ce que tu dis… il y a des gens qui pensent que je suis tout cela… et ça les a fait me quitter. Je ne fais pas confiance aux gens… pas facilement… et ensuite tu es arrivé dans ma vie. »
« Tu étais arrogant… et tu ne respectais ni notre travail ni moi… mais on est passé outre… et quelqu'un avec qui je ne pensais pas avoir la moindre affinité est devenu mon meilleur ami… et l'homme dont je suis tombée amoureuse… »
Elle le sentit prendre son autre main et l'approcher de lui. Elle l'étreignit fortement.
« Je t'aime, Booth… et je ne voulais pas te faire mal… »
Plusieurs secondes passèrent, aussi longues que des minutes.
« Je peux me retourner maintenant ? »
« Pourquoi ? »
« Parce que si je ne t'embrasse pas dans les 10 prochaines secondes je pourrais prendre feu spontanément. »
Elle rit et relâcha sa prise. Il se retourna et la reprit dans ses bras une nouvelle fois. Son baiser était plein de besoin, de désir et d'amour. Elle le lui rendit avec une ferveur égale. Il brisa le baiser, un sourire énorme apparaissant sur son visage et les yeux brillant plus qu'elle ne les avait jamais vus. Elle avança et l'embrassa, et elle vit ses yeux passer de brillants à sombres de désir alors qu'elle l'approfondissait.
Elle le tira par le devant de son T-shirt et commença à marcher à reculons. Il sourit et suivit. Dans le couloir leurs mains et leurs lèvres se mirent en action. Les mains traçaient un chemin sur leur peau exposée petit à petit, et des baisers suivaient le chemin créé. C'était comme s'ils faisaient un plan l'un de l'autre pour le futur. Et il y aurait un futur.
Ce fut elle qui tomba sur le lit cette fois et elle se tourna pour l'avoir en dessous. Son T-shirt avait disparu quelque part dans le couloir et elle posait des baisers gourmands sur son torse. Elle l'entendait grogner. Elle traça une ligne de baisers vers son oreille et s'arrêta.
« Suis-je autorisée à t'appeler 'Seeley', maintenant ? »
« Dieu… s'il te plaît… »
Elle gloussa contre son sternum.
« Seeley… »
« Bones… »
« Mmm… je pense que ça m'a manqué de ne pas t'entendre dire ça… »
« Et ça m'a manqué de ne pas le dire… »
« Et… »
Il la fit taire d'un baiser avant de les faire basculer pour qu'elle se retrouve en dessous.
« Plus d'interruptions, Bones. Plus de paroles. On a attendu assez longtemps. »
Elle sourit et le ramena vers elle pour achever enfin ce qu'ils avaient commencé pratiquement depuis qu'ils s'étaient rencontrés.
Ce fut plusieurs heures plus tard qu'ils s'allongèrent dans les bras de l'autre, physiquement épuisés, mais au comble du bonheur. Maintenant, dans le silence qui les entourait, Temperance se retrouva à penser à quelque chose que son père avait dit.
Elle posa ses bras sur son torse et mit sa tête dessus, en le regardant. Il sourit et écarta les cheveux de son visage.
« Qu'est-ce qu'il y a, Bones ? »
« Rien… j'ai seulement… mon père… »
Il gloussa.
« Un peu bizarre de penser à ton père… surtout en ce moment particulier, tu ne crois pas ? »
Même si ses mots étaient taquins, ses yeux étaient prudents.
« Mon père était avec moi ces derniers jours… il s'occupait de moi, si tu peux croire ça… le premier soir… après t'avoir vu… il a dit… que tu étais brisé… »
Son sourire faiblit.
« Je l'étais, Bones… sans toi… je l'étais… »
Elle se blottit encore plus près de lui et enfouit sa tête dans le creux de son cou.
« Je suis tellement désolée, Seeley… pour tout ça… »
« Oh, Bones… je comprends… je t'ai pressée… c'était trop tôt… et tu avais peur que je t'abandonne… »
Elle s'éloigna soudain et le regarda dans les yeux.
« Non… enfin, si… en quelque sorte… mais tu ne comprends pas… tu n'as pas… et ce n'est pas… ce n'est pas ce qui m'a poussée à fuir ! »
Il la regarda, perplexe.
« Alors… c'était quoi ? Si ce n'est pas ce qui t'a fait fuir… qu'est-ce qui l'a fait? »
« Je ne l'ai pas dit à mon père… mais c'était la pensée que je n'aimerai rien autant que passer le reste de ma vie mariée avec toi. J'ai passé tellement de temps seule que je ne suis pas sûre de pouvoir partager ma vie avec quelqu'un… Tu mérites tant et je ne suis pas sûre de pouvoir être tout ce que tu as besoin ou tout ce que tu veux. Et j'avais peur de dépendre encore plus de toi. Te perdre maintenant me détruirait… mais je vivrai encore. Si je te perdais alors que nous sommes mariés… ça me tuerait, Seeley. Alors, tu as à moitié raison. J'ai peur que tu partes… mais j'avais encore plus peur de ne pas être suffisante pour toi… »
Il la regardait avec un mélange de choc et d'admiration.
« Bones… il n'y a personne au monde qui serait plus parfaite pour moi. Il n'y a personne au monde avec qui je préfèrerai passer le reste de ma vie. Et je te jure… jamais… au moins de mon plein gré… je ne te quitterai. C'est pour de bon, Bones. Je parle de 'pour toujours' là. »
Elle baissa les yeux.
« 'Pour toujours' c'est long, Seeley. »
Il lui fit lever la tête.
« Oui, ça l'est… et tu n'as pas idée à quel point je suis heureux à l'idée de rester avec toi pour toujours. »
Un sourire apparut sur son visage.
Il l'embrassa de nouveau, doucement et tendrement. Elle se blottit dans ses bras et soupira. Il ne pouvait se souvenir de la dernière fois où il avait été si heureux.
« Oui, au fait. »
« Hein ? »
Elle leva les yeux vers lui, les yeux espiègles mais le sourire chaleureux.
« Je crois que tu m'as posé une question il y a quelques jours, à laquelle je n'avais pas encore répondu. Je viens de le faire. »
Son visage ne fut que perplexité pendant 3 secondes avant que ses yeux ne prennent la taille de soucoupes et qu'il ne bascule de nouveau sur elle.
Correction… il ne pouvait se rappeler la dernière fois où il avait été aussi heureux.
