Chapitre 46 – THERAPIE!
« C'était une super idée… le regarder couler est une expérience incroyablement amusante. »
« Tu vois, je te l'avais dit. Après ton expérience traumatisante avec 'Roméo et Juliette', c'était le traitement idéal. J'ai été chanceuse de trouver une annonce pour une projection spéciale de 'Titanic', hein ? »
« Très chanceuse. »
Ils avaient atteint la porte de l'appartement de son frère et elle se tourna vers lui, leurs mains entrelacées.
« Tu sais… je t'aurais bien invité… mais je ne suis pas très sûre de Seeley en ce moment… »
« Ce n'est probablement pas une bonne idée. »
« Ouais. »
« C'est bon, je comprends. »
Elle sourit et l'attira vers elle.
« Tu es un ange, tu le sais ? »
« J'ai la nette impression que tu le penses. »
Elle leva la tête pour l'embrasser doucement et ça dégénéra vite. C'était la première fois qu'ils s'embrassaient depuis leur premier baiser et toute l'innocence du 'premier baiser' avait disparu de l'équation. Avec une audace dont il ne se serait jamais cru capable, Zach la pressa contre la porte et elle enlaça ses bras autour de sa nuque.
Au premier contact de leur langue, ils sursautèrent tous deux et il réprima un grognement… elle ne le fit pas et cela ne fit que le stimuler plus encore. Après quelques minutes, le besoin d'oxygène apparut dans leur cerveau embrumé et ils se séparèrent.
« Wow… »
« Ouais… »
« Maintenant je devrais vraiment entrer… »
« Pourquoi ? »
« Parce que, Dieu m'en préserve, mon frère pourrait ouvrir la porte et nous voir… je ne pense pas que je pourrais l'empêcher de te tuer. »
« Bon point. »
« Je te vois demain ? »
« Déjeuner? »
Elle sourit mystérieusement.
« Nous verrons si nous avons le temps… »
Elle l'embrassa rapidement avant d'entrer dans l'appartement, le laissant à l'extérieur avec des yeux ébahis.
Elle gloussa et se tourna vers le living-room, s'attendant à voir son frère sur le canapé.
Tout ce qu'elle vit fut une chaise renversée, un vase brisé et les photos du couloir qui étaient toutes penchées. Ses yeux s'emplirent de peur alors qu'elle avançait. Elle s'arrêta presque immédiatement alors qu'elle voyait un morceau de tissu sur le sol. Tout instinct de conservation disparut alors qu'elle se précipitait pour voir ce que c'était.
Son T-shirt… oh, Dieu… oh non oh non oh nooonnn…
Elle allait crier le nom de son frère mais elle l'entendit grogner dans sa chambre.
Elle attrapa sa batte de base-ball qu'il gardait dans le couloir et courut vers sa chambre, se préparant à attaquer.
Ce qu'elle y découvrit la fit se figer, et elle cria.
Le couple était trop occupé à fêter à célébrer leur engagement pour les bruits d'une porte qui se fermait, les bruits de pas, puis de pas précipités. Ils entendirent, en revanche, le cri de terreur venant de la porte maintenant ouverte.
Leurs têtes se levèrent d'un coup vers le seuil pour voir Vivian qui reculait, les mains sur les yeux. Ils la regardèrent avec horreur alors qu'elle se prenait les pieds dans le pantalon de Booth et tombait durement sur le sol. Cela ne l'arrêta pourtant pas, et elle rampa hors de la chambre aussi vite qu'elle pouvait. Ils l'entendirent se remettre sur ses pieds dans le couloir et courir vers sa chambre, claquant la porte derrière elle. Même de leur position ils purent l'entendre.
« EW EW EW EW EWWWWWWWWW!!!!!! »
Ils se tournèrent l'un vers l'autre et ne purent s'en empêcher. Ils éclatèrent de rire.
« Oh mon Dieu… s'il te plaît… dis moi que ce n'est pas arrivé… »
« Tu veux dire… ta sœur… nous surprenant… en train de… en train de… »
Ils riaient tellement que des larmes coulaient sur leurs joues.
« JE PEUX VOUS ENTENDRE ET CE N'EST PAS DROLE !!!!!!!!!!!!!! C'EST DINGUE !!!!!!!! DIEU !!!! JE VAIS AVOIR BESOIN D'UNE THERAPIE!!!!!!!!!!!!!!!! »
Ils sortirent du lit et s'habillèrent, riant encore. Ils s'approchèrent de sa porte et Seeley frappa doucement en réprimant un sourire.
« Ne pense même pas à entrer dans cette pièce, Seeley Booth. »
« Vivi, allez… »
« Est-ce que tu as la moindre idée du temps que ça va me prendre pour m'enlever l'image de mon frère en plein orgasme de la tête ? Hein ?! »
Temperance éclata de rire alors que Seeley rougissait.
« Vous allez payer la psy, vous m'entendez ? Tous les deux. Ca va prendre des années. Dieu, je voudrais m'enlever les yeux avec des fourchettes. »
« Vivi, tu exagères. »
La porte s'ouvrit et elle fut devant eux, le visage pâle mais les yeux emplis de feu.
« Ah ouais ? Comment tu penses que tu serais si tu nous avais surpris Zach et moi dans la même situation ? »
« QUOI ?! »
« Ouais ! C'est bien ce que je pensais! »
Elle le dépassa et s'avança dans le couloir en maugréant. La mâchoire de Seeley était toujours ouverte et Temperance gloussa. Elle lui referma la bouche et sourit.
« Elle n'a pas tort, tu sais. »
Il se tourna vers elle.
« Ce n'est pas la même chose ! Elle est... et il est… c'est totalement différent ! »
Et il courut derrière sa sœur. Temperance rit de nouveau.
« Dans quelle famille suis-je tombée ? »
Elle s'avança dans le couloir et s'arrêta à l'entrée de la cuisine où Vivian fouillait dans les placards alors que Seeley s'écriait.
« Depuis quand Zach et toi sortez ensemble d'ailleurs ?! »
« Depuis 3 jours en fait… Dieu, dis-moi que tu as quelque chose de plus aiguisé ici qu'une fourchette… s'il te plaît s'il te plaît s'il te plaît… »
« Tu n'as rien dit ! »
« Bien sûr que non ! Tu étais dans un état épouvantable et je ne voulais pas te bouleverser encore plus ! »
Elle se redressa en face de l'un des placards, une brochette à la main, et se tourna vers Temperance avec un petit sourire.
« C'est bon de vous revoir, Tempe. »
« Toi aussi, Vivian. »
Seeley lui prit la brochette de la main et la secoua comme une mère supérieure secouerait une règle devant un élève dissipé.
« Tu es trop jeune pour sortir avec Zach. »
« Il y a le même nombre d'année entre Zach et moi qu'entre toi et Tempe ! »
« C'est différent ! »
« Seeley, tu me l'as dit ! Tu m'as dit que le gars qui se tiendrait devant toi, que tu n'éloignerais pas de ta petite sœur devrait en valoir la peine! C'est le cas, Seeley ! il en vaut la peine ! »
Il la regarda avec des yeux qui avaient perdu un peu d'intensité. Ils semblaient s'affronter, aucun ne voulant céder, jusqu'à ce que Seeley ne soupire.
« Il te rend heureuse ? »
Elle hocha la tête avec ferveur.
« Oui, Seeley… et il se fait beaucoup de souci pour moi. Il est… »
Il fronça les sourcils.
« Il est quoi ? »
Elle détourna le regard et un air triste envahit son visage.
« Il est… la première personne dont je sens que j'ai besoin… à part toi, bien sûr… »
Il la regarda un moment avant de sourire, presque tristement. Il leva les bras et l'enlaça.
« Alors je vais surmonter ça, frangine. »
« Vraiment ? »
« Ouais… mais donne-moi quelques semaines pour m'y faire… »
« OK… mais ne pense pas que parce que tu acceptes ça je vais oublier ce que j'ai vu. »
« Bon sang… »
Elle s'écarta de son frère et sauta sur un tabouret, leur souriant.
« Je suppose que j'ai surpris une partie de jambes en l'air effrénée, donc je suppose aussi que tout va bien entre vous maintenant, non ? »
Seeley se tourna vers Temperance et sourit. Elle s'approcha de lui et il la prit dans ses bras.
« Plus que 'bien' en fait. »
Vivian regardait leur sourire avec suspicion.
« Vous avez l'air trop heureux… ça me fait peur. »
Seeley regarda Temperance.
« Tu lui dit ou je le fais ? »
« Je pense que tu devrais le faire, Bones. »
Vivian sautillait sur son siège. Elle détestait les surprises et son frère le savait.
« Dites-moi, dites-moi ?! Qu'est-ce qui se passe ? »
Temperance sourit à Vivian, ses yeux s'embuant.
« Vivian, est-ce que ça te dérangerait d'avoir une belle-sœur ? »
Pour la seconde fois ce soir-là, Vivian Booth hurla.
