" - Disons que tu me surprends par tes nombreux talents insoupçonnés, fait-il d'une voix lointaine."

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Elle sourit, heureuse du compliment. Elle le regarde attentivement, laissant ses yeux vaguer sur le visage du garçon. Il a l'air pensif, et soucieux tiens. Le voilà le pli entre ses sourcils. Il est si prit par ses réflexions qu'il ne remarque même pas que Lyne le dévisage. À quoi peut-il bien penser? Il s'est soudain éloigné d'elle, plongeant dans ses pensées sans raison apparente. Elle repense à la conversation et se rend compte qu'il s'est mit à rêvasser lors de sa dernière réplique:«Disons que tu me surprends par tes nombreux talents insoupçonnés». Quel rapport peut-il y avoir entre cette réplique et son air soucieux? «tu me surprends». Ces mots résonnent dans sa tête. Après quelques minutes à songer, elle abandonne. Cato est incompréhensible, alors autant ne pas se torturer les méninges à propos de ses songeries.

Elle regarde la pièce et voit que les carrières sont tout de même à part, ils ne se mêlent pas à la foule. Elle voit tout d'abord Glimmer, qui se détache de l'obscurité de la pièce avec ses longs cheveux blonds ondulés et sa robe brillante dorée. À bretelles épaisses, le décolleté plongeant en V, s'arrêtant aux mi-cuisses, cintrée. Lyne ne sait pas de quel tissu elle est faite, mais les éclats dorés reflétant la moindre source de lumière la rendent immanquable. Elle est perchée sur des talons beiges à plate-forme et ne marche pas trop. Marvel a opté pour du clair lui aussi, portant un pantalon de costume crème avec une chemise blanche cintrée en soie, et un nœud papillon beige aux contours dorés. Il a des chaussures beiges vernies au bout en fer doré pour le style. Clove quant à elle est très sombre. Un jean noir taille haute, un top court noir à bretelles fines ajouré, des escarpins pointus vernis noirs. Elle a attaché ses longs cheveux noirs en une queue de cheval mi-haute et a dressé une coque sur son crâne.

Lyne va rejoindre son frère, qui discute toujours avec Peeta. Elle ne prête pas attention à leur conversation, préférant regarder les tributs. La plupart sont détendus et joyeux, mis à part les carrières. Ils font visiblement vite confiance. Dans l'arène elle aura probablement de l'aide de leur part si elle le demande, surtout des Huit ou Sept qui l'ont bien appréciée. Elle les regarde discuter, sourire, rire, s'amuser. Comment va-t-elle faire pour tous les tuer? Comment va-t-elle faire pour s'en sortir vivante? De toute façon elle ne pourra pas, Dhyn doit rentrer, alors même pas la peine de penser à en sortir vivante. Elle doit juste le protéger jusqu'à la fin des Jeux, puis lui laisser la victoire en se suicidant. Lyne sait très bien qu'il ne la laissera pas faire, mais autant ne pas penser à ce moment-là, car il faut déjà survivre pour y penser. Et vu que son frère a l'épée de Damoclès au-dessus de la nuque et que seule Lyne peut la retenir, ça ne sera pas du gâteau. Rien que de repenser au dilemme des Jeux, Lyne sent son sourire rétrécir et son regard se froncer. Elle s'amuse de sa situation. Les autres concurrents se font du soucis pour leur survie, se demandant uniquement comment ils pourront affronter tous les adversaires et ne pas mourir de faim ou de froid, mais elle, se demande surtout si elle doit coucher ou non avec le carrière pour sauver la peau de son frère. Tellement ce problème lui importe, elle ne prend même pas le temps de réfléchir à ses propres chances de survie comme tout le monde. C'est dérisoire. Elle ne veut pas survivre sans Dhyn. Elle ne pourra pas retourner au Quatre sans lui. Rien que de l'imaginer, une boule creuse son ventre. Comment survivra-t-elle sans lui? Plus personne ne la regardera jamais de la même façon. Elle ne rentrera jamais chez elle. Elle ne reverra jamais son père et ses frères.

Elle pense à Dylan, qui doit supporter de voir deux membres de sa famille aux Jeux. Lyne a toujours redouté que cela lui arrive à elle, mais savoir que cela se produit pour son frère, ça lui fait mal au cœur. Dylan... lui et ses yeux noisettes. Lyne l'a toujours trouvé très mature pour son âge. Il aidait à la pêche, observant silencieusement Lyne faire lorsqu'elle l'amenait en secret avec elle sur le lac oublié. Elle se rappelle qu'il aimait particulièrement nouer les filets. Elle avait remarqué qu'il était assez doué avec un trident, quelque chose qu'elle avait planifié de développer. Quelque chose qu'elle ne pourra plus lui apprendre. Lyne se laisse tomber sur une chaise libre et regarde les tributs s'amuser. Ils s'amusent ensembles mais Panem n'est pas au courant. Elle doit trouver un moyen de le montrer à tout le monde. Elle se lève, empoigne la bouteille de Bourbon, va augmenter le volume de la musique, puis se dirige sur la terrasse en ouvrant toutes les portes et fenêtres pour libérer le son de la fête.

Afin d'attirer encore plus l'attention, elle se met à hurler de joie, buvant au goulot pour se donner contenance. Quelques instants après, elle entend un brouhaha provenant du pied du centre des tributs. Elle se penche par-dessus la rambarde et voit une bonne vingtaine de personnes qui lèvent la tête pour comprendre ce qu'il se passe. Lyne lève la bouteille en leur direction et clame de nouveau son ivresse fictive. Elle les entend rire. Elle doit leur montrer qu'elle ne s'amuse pas seule. Elle retourne à l'intérieur et appelle les autres, sachant que certains comprendront son intention. Ils se penchent tous par-dessus la rambarde de la terrasse et exclament tous ensembles leur joie. Cato l'attrape par l'épaule et la tire en arrière.

- Mais qu'est-ce que tu fais, tu veux tous nous faire tuer ou quoi? Rugit-il.

- C'est en option, ironise-t-elle, mais c'est surtout pour nous montrer à tout Panem.

Il prend quelques secondes pour analyser sa réponse, puis serre la mâchoire.

- En fait ta soirée, c'est juste une mascarade, tu te fous que l'on s'amuse, crache-t-il en reculant d'un pas.

- Non, on doit être unis. Et le bonheur est le meilleur moyen pour ça, explique-t-elle en avançant d'un pas.

Il va répliquer, mais l'arrivée inopinée d'un hélicoptère de journalisme le stoppe. Les tributs s'époumonent en levant les bras en direction de l'hélicoptère, certains se serrant dans leurs bras, d'autres partageant des verres. Lyne se tourne vers Cato et lui lance un regard d'excuses. Elle se retourne et avance pour rejoindre les autres tributs, souhaitant se fondre dans la masse pour créer l'unisson, mais une pression autour de son poignet l'en empêche. Elle fait volte-face et est attirée en avant. Sa tête tourne à cause des quelques verres qu'elle a prit cul sec, et elle ne voit pas qui l'enlace. Elle sent juste une main glisser de sa hanche jusqu'à ses reins. Elle se retrouve collée à un corps imposant, et elle devine sans difficulté à qui il appartient. Elle ferme les yeux, une main sur son torse, et l'autre toujours prisonnière de sa poigne.

Après quelques secondes à reprendre ses esprits, elle ouvre les yeux et lève la tête pour interroger Cato du regard, mais à peine a-t-elle levé les yeux, qu'il fond sur elle en agrippant sa nuque. Elle sent ses lèvres pleines s'écraser contre les siennes.

Des picotements envahissent ses joues. Elle perçoit les mains du garçon courir sur son dos nu, la collant davantage à lui. Elle a l'impression que son bas ventre s'entortille sur lui-même. Cato fait glisser ses mains jusqu'aux cuisses nues de Lyne, les saisit, et la soulève contre lui, ne décrochant pas leurs lèvres. Inconsciemment, elle entrouvre les lèvres, laissant l'accès libre au Deux. Il approfondit son baiser, mêlant leurs langues, caressant les lèvres de Lyne des siennes. Il remonte ses mains jusqu'aux fesses de la fille et la tire vers lui, les rapprochant encore davantage. Lyne sent des frissons la parcourir. Son souffle est court, entrecoupé des baisers du garçon, ses joues sont brûlantes et probablement écarlates. Elle voit la lumière que les journalistes braquent sur eux depuis l'hélicoptère, ne manquant pas une miette de la scène.

Cato quitte ses lèvres pour faire couler ses baisers jusqu'à son cou. Seigneur. Lyne garde ses lèvres entrouvertes et penche instinctivement la tête pour laisser l'espace au garçon. Un voile chaud et confortable l'enveloppe, la détendant et lui faisant tout oublier autour d'elle. Les frissons ne cessent plus d'arpenter sa peau chaude, créant un contraste entre sa chaleur corporelle et l'air environnant. Des papillons se promènent dans son bas-ventre, provoquant une sensation étrange. Lyne sent les mains de Cato se presser puis se relâcher sur ses fesses, bougeant par moments en de douces caresses. Ses baisers remontent près de son oreille, et elle entend son souffle long et profond. Ses inspirations appuient sur la poitrine de la fille. Elle ne s'est même pas rendue compte qu'elle a enroulé ses bras autour du cou de Cato, agrippant doucement ses cheveux courts et raides. Il fait glisser ses lèvres en de petites pressions le long de sa mâchoire, et revient sur ses lèvres, les attrapant avidement. Elle sent sa langue entrer sans invitation, la caressant sauvagement. Les poignes de ses mains se font plus dures, plus pressantes. Lyne pousse malgré elle un gémissement, sentant les lèvres de Cato s'étirer en un sourire contre les siennes. Il attrape sa lèvre inférieur avec les dents. Elle ouvre les yeux pour le fixer, poussant un nouveau gémissement mais de protestation cette fois-ci. Un sourire habille ses lèvres. Elle n'a pas le temps devoir plus, qu'il colle de nouveau leurs bouches. Il fait coulisser un de ses avant-bras contre les fesses de Lyne, libérant son autre main qui vient happer la nuque de la fille et la presser contre lui.

Lyne manque d'air, la chaleur bloque ses pores et son pouls bat si vite qu'elle a du mal à reprendre sa respiration. Sa poitrine se soulève et s'abaisse à la cadence d'un marathonien, l'obligeant à rompre leurs baisers pour ne pas faiblir. Elle doit s'humecter les lèvres pour retrouver un peu de salive, l'ayant toute épuisée. Elle ne savait même pas qu'une bouche pouvait sécher à cause de baisers. Cato n'a apparemment pas le même problème, car pendant qu'elle se réapprovisionne, lui redescend sur son cou fin et sensible. Elle plonge une nouvelle fois son nez contre la nuque du garçon, humant son odeur de cannelle. Son cœur palpite.

Elle meurt d'envie de goûter à sa peau, de ressentir sa douceur, sa chaleur. Il fait grimper ses doigts à travers les mèches rassemblées de Lyne, agrippant ses racines et lui arrachant un grognement. Il tire ses cheveux en arrière et pose ses lèvres au creux de sa gorge, remontant langoureusement sa trachée, atteignant son menton et réquisitionnant sa bouche. Lyne le laisse faire, appréciant la maîtrise. Son baiser la fait vaciller. Elle perd ses moyens et devient impuissante. Les muscles de ses jambes faiblissent sous le manque d'oxygène et elle retrouve le sol, maintenue droite grâce aux prises fermes du garçon. Quelques instants après, il sépare leurs lèvres, gardant Lyne contre lui, et l'observe attentivement. Elle a déjà vu ce regard. Mais elle n'a aucune idée d'où.

Cato la maintient en équilibre jusqu'à ce qu'elle reprenne pied, puis desserre un peu leur étreinte. L'hélicoptère fait un demi-cercle et s'éloigne. Lyne frissonne mais est brûlante. Elle s'est sentie si faible durant ce moment, impuissante, soumise. Tout ce qu'elle n'aime pas. Malgré tout, elle a apprécié plus qu'elle l'aurait imaginé. Comment peut-on ressentir ça rien qu'avec des mains et des lèvres? Ses boyaux lui donnent l'impression d'être emmêlés et palpitants.

Le Deux dessine doucement un sourire sur ses lèvres expertes, et se penche vers elle.

- Au moins, tu auras montré quelque chose d'intéressant à tout Panem, déclare-t-il en caressant les cuisses nues de la fille.

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Voilà la suite, j'espère que ça vous a plu. Donnez-moi vos avis, dîtes-moi ce que vous pensez de la relation Cato/Lyne. La surprise est pour très bientôt, je suis impatiente de découvrir vos réactions :). Bon, eh bien à bientôt pour le chapitre suivant! C.