Chapitre 56 – Tu voudras bien chanter?

Les jours suivants passèrent très vite pour tout le monde. Vivian avait été plus qu'heureuse d'accepter l'offre de son frère pour son appartement. Une fois que tout a été réglé avec son propriétaire, ils avaient tous aidé à déménager ses affaires chez Temperance. La plupart des meubles était restée avec Vivian, cependant. Elle, Temperance et Angela avaient acheté quelques petites choses à ses goûts. Elle avait choisi de laisser la chambre de Parker comme elle l'était, au cas où il voudrait lui rendre visite quelques fois.

Le reste de ses affaires en Espagne arrivèrent et en seulement 2 jours elle avait presque complètement emménagé dans l'appartement de son frère et il avait emménagé chez Temperance.

Pendant leur première nuit à l'appartement, Seeley et Temperance avaient 'baptisé' presque chaque pièce. Plusieurs heures plus tard ils étaient couchés dans 'leur' lit. Son bras était enlacé autour de sa taille et leurs doigts étaient entrelacés. Elle regardait leurs mains quand elle réalisa quelque chose.

« Seeley ? »

« Ouais? »

« Qu'est-ce qu'on va faire pour les alliances? »

« Qu'est-ce que tu veux dire ? »

« Eh bien… j'ai déjà la bague de ta grand-mère… et je l'adore… mais… »

« Tu ne veux pas nécessairement les alliances traditionnelles de mariage. »

« Pas… nécessairement. »

« Crois-le ou non, je pense que j'ai résolu ce problème. »

Elle se tourna pour lui sourire.

« Eh bien, tu es un vrai 'trouveur de solutions', hein ? »

« Je suppose que oui. »

« A quoi pensais-tu ? »

« Eh bien… je me suis dit que tu voudrais quelque chose d'original, alors j'ai commencé à chercher sur internet et j'ai trouvé quelque chose. Tu sais que tu es irlandaise ? »

Elle leva un sourcil.

« Oui, Seeley. Je le savais. Qu'est-ce que ça a à voir avec les alliances? »

« As-tu déjà entendu parler de la bague de claddagh ? »

« Hum… non. »

Il sourit.

« C'est une première »

« Explique ! »

Il chercha dans le meuble à côté de lui et en sortit une petite boîte. Il en sortit un anneau et le lui tendit. L'anneau était en argent et elle regarda avec attention les 2 mains tenant un cœur avec une couronne au dessus.

« C'est une tradition irlandaise. Ils échangent ça en signe de dévotion… les mains représentent l'amitié, la couronne représente la loyauté… et le cœur… eh bien, tu sais… porte-le le cœur pointant vers toi. Ca veut dire que tu appartiens à quelqu'un. Comme ça. »

Elle leva les yeux pour le voir porter un anneau similaire à celui dans sa main. Il était plus large et fait pour un homme mais c'était le même anneau. Elle vit la partie inférieure du cœur pointer vers le reste de sa main et les pointes de la couronne vers l'extérieur.

Elle regarda la bague un moment avant de la glisser à sa main droite, le cœur pointant vers l'intérieur.

Il lui sourit avant d'entrelacer de nouveau leurs doigts.

« Ils sont parfaits, Seeley. Merci. »

« De rien, Bones. »

« Oh, allez, qu'est-ce qu'elle a dit? »

« Quand ?

« Ne joue pas les imbéciles, ça ne te va pas. Quand tu lui as montré les anneaux, qu'est-ce qu'elle a dit ? »

Il sourit.

« Elle les adore. »

Vivian lui rendit son sourire.

« Je ne savais pas quoi penser quand tu m'en as parlé la première fois, mais je comprends mieux maintenant. Ce qu'il y a entre vous est plus grand et mieux que tout ce que j'ai vu. »

« Merci, frangine. »

« De rien, frangin. »

« Je n'arrive pas à croire que tu aies repeint mes murs. »

« Ce sont mes murs maintenant, Seeley. Et pardonne-moi, mais je préfère quelque chose de moins… vert… »

« Mais marron ? Tu es sérieuse ? »

« Très. »

Il secoua la tête et peignit une autre partie de mur. Ils avaient installé les meubles qu'elle gardait. Ils étaient allés acheter un nouveau lit et comptaient le monter une fois la peinture sèche.

Il l'entendit allumer la radio. Les dernières heures s'étaient passées avec des histoires de ce qu'ils avaient manqué dans la vie de l'autre. Il apprit que sa sœur avait développé une étrange affection pour la musique country.

C'est trois accords et la vérité, frangin. C'est tout, avait-elle dit.

Elle lui avait mis quelques chansons de plusieurs CD et il avait été surpris de voir qu'il aimait assez quand il était focalisé dessus. En général les chansons étaient douces, avec un message à propos de l'amour et, occasionnellement, la perte. Il se retrouva à danser sur la plupart des chansons les plus rapides.

Il l'entendit chanter une chanson qu'il avait reconnue comme étant des Dixie Chicks. Pour quelqu'un né à Philadelphie, il était un peu surpris de voir que sa sœur adoptait un certain nasillement quand elle chantait. Il s'arrêta pour écouter les paroles et il sourit. La chanson lui rappelait Bones et lui-même.

Lyin' next to you in the dark
I can feel your beating heart
You've been here beside me

Through the test of time
We've both had our share of doubts
Waited out those ole storm clouds
Boy, it's nights like this that I know why
Lovers like you and me will never say die

'Cause there's a long line of folks givin' up on love
So many hearts get broken in the push and shove
I'll believe in you for the rest of my life
Baby, lovers like you and me will never say die

Tears of joy and tears of pain
Tears say more than words explain
There's no need for words here tonight
We've both felt each others power
A tender touch in the wee small hours
Is strong enough to hold us for a lifetime
Lovers like you and me will never say die

'Cause there's a long line of folks givin' up on love
So many hearts get broken in the push and shove
I'll believe in you for the rest of my life
Baby, lovers like you and me will never say die

Oh, lovers like you and me

Will never say die

(Chanson en écoute sur .com)

Elle fredonna la musique de fin et il la regarda alors qu'une idée se formait dans son esprit.

« Hey, Viv ? »

« Ouais, Seel ? »

Elle se tourna pour lui faire face et il vit les traces de peinture sur sa joue et le sourire détendu sur son visage. Il ne pouvait se rappeler la dernière fois qu'il l'avait vue si bien.

« Tu penses que tu pourrais faire quelque chose pour moi ? »

Elle pencha la tête à son ton sérieux et le regarda avec curiosité.

« N'importe quoi, frangin. Tu le sais. »

« Tu penses que tu pourrais chanter au mariage? »

Ses yeux se remplirent de surprise.

« Tu es sérieux ? »

« Absolument. »

Elle était vraiment perplexe et cela le fit presque rire.

« Je ne te demande pas de chanter tout le long, Vivi. Juste quelques chansons. Celles que tu veux, et une que je veux en particulier. »

« Hum… bien sûr, Seeley. Je peux demander pourquoi ? »

« Parce que ça voudrait dire beaucoup pour moi. »

Il ne s'expliqua pas plus et elle sembla l'accepter.

« Très bien… laquelle as-tu en tête ? »

« Notre première danse. »

Ses yeux s'agrandirent encore et sa bouche s'ouvrit.

« Oh… Seeley… je ne sais pas. Tu… voudrais plutôt un pro pour ça. »

« Ca voudra dire beaucoup plus pour Bones et moi si c'est toi. »

Elle le regarda un long moment.

« Dieu, tu es sérieux. »

« Je le suis, Vivi. »

Elle baissa les yeux un instant et il surprit une pointe de peur dans ses yeux. Il allait parler quand elle releva les yeux, une nouvelle détermination dans les yeux et un petit sourire tiraillant sa bouche.

« Très bien. Si c'est ce que vous voulez. »

Il sourit et la souleva de terre. Il l'embrassa bruyamment sur la joue et elle le poussa.

« Hey, OK. Par terre, par terre. Tu vas me mettre encore plus de peinture. »

Ils se remirent au travail avec de grands sourires.