Chapitre 57 – Tout le monde part

Vivian était frustrée. Non… ça n'était pas vraiment cela. Elle était terriblement frustrée.

Elle était assise par terre dans l'appartement de son frère – son appartement – regardant tous les CD qu'elle possédait. Elle pensait trouver quelque chose, sa collection était grande, donc elle mettrait un certain temps à tous les parcourir… mais c'était comme si elle avait déjà regardé chaque pochette une douzaine de fois et elle avait choisi seulement 3 chansons pour le mariage. Elle était assise au milieu de la pièce avec les CD disposés autour d'elle groupés par genre, puis par année et ensuite par artiste. Elle pouvait occasionnellement être vraiment maniaque.

Le bruit à sa porte la surprit mais elle ressentit immédiatement de la gratitude pour quiconque la sauvait à la limite de la perte de sang-froid.

Elle se dirigea à travers les piles vers la porte. Elle l'ouvrit et laissa échapper un cri de joie avant de se jeter dans les bras de l'arrivant.

« Oh, merci, merci, merci ! »

« Hummm… de rien ? »

Elle s'écarta et regarda le visage perplexe de Zach.

« Toi, mon ami, tu viens de me sauver de Dieu sait combien d'heures de recherche à travers des millions de CD pour des chansons pour le mariage de mon frère. »

« Oh, mais alors de rien. »

Elle l'attira dans l'appartement puis s'arrêta en survolant la pièce.

« Humm… ok… living-room. Prends à gauche au rock… puis à droite à Aerosmith… puis passe au-dessus du blues… puis encore à gauche à Brian McKnight… puis entre la pop des années 50 et celle des années 60. »

Il la regarda un long moment comme si elle avait vraiment perdu la tête.

« Ouais, je sais… mais tu aimes mes excentricités. »

Il sourit avant de suivre ses instructions, suivi de près par elle. Plusieurs presque avalanches plus tard il s'assit enfin sur le canapé et elle se laissa tomber à côté de lui avant de rire.

« Eh bien… toute une aventure. »

Elle tourna la tête vers lui et le vit lui sourire.

« Qu'est-ce qu'il y a ? »

« Rien. Tu es juste… très mignonne. »

Elle sourit.

« Combien de fois dans ta vie as-tu déjà dit le mot 'mignon' ? »

« Très peu… voire pas du tout. »

« Je m'en doutais. »

Elle se redressa et il passa un bras sur ses épaules ; elle se blottit contre son épaule.

« Mmm… tu m'as manqué. »

Il lui sourit.

« Vraiment ? »

Elle leva les yeux vers lui et lui rendit son sourire.

« Ouais… on dirait que je ne t'ai pas vu depuis des jours. »

Elle leva la tête alors qu'il baissait la sienne. Sa main attrapa l'arrière de sa tête et elle l'attira vers elle. Son bras autour de ses épaules avait bougé vers sa taille et son autre main était dans ses cheveux.

Une fois de plus il sentit une vague d'audace qu'il n'avait jamais ressentie avec les autres. Il s'écarta de ses lèvres et l'embrassa dans le cou, l'entendant soupirer.

Sa main bougea à son tour de sa nuque le long de son dos jusqu'à l'ourlet de sa chemise. Il sursauta quand il sentit ses doigts sur son dos et il dut réprimer un grognement. Il releva sa tête pour reprendre ses lèvres.

Le dos pressé dans le canapé, elle l'attira dans ses bras. Alors qu'il brisait le baiser, il l'entendit haleter et il se figea.

Il s'écarta et la regarda. Ses yeux étaient fermés et il vit une larme forcer le passage.

Soudain effrayé de lui avoir fait mal il commença à s'asseoir, mais elle attrapa sa chemise.

« Non… non, Zach… s'il te plaît, ne pars pas. »

« Que… qu'est-ce qui ne va pas ? »

« Pas toi… Dieu, pas toi… moi… toujours moi. »

« Qu'est-ce que tu veux dire ? »

Elle laissa échapper un petit rire à travers les larmes.

« Je m'attends toujours à ce que tu partes, je suppose. Que tu te rendes compte que je n'en vaux pas la peine. Je ne t'en voudrais pas… je ne t'arrêterais pas, je pense. »

Il vit la tristesse sur son visage et entendit la haine d'elle-même dans sa voix et il se permit un instant de colère contre l'agent Booth avant de le repousser. L'amour visible de Vivian pour son frère était suffisant pour écrasant cette colère. Il avait passé de longs moments de colère contre les gens qui pouvaient faire d'une jeune femme confiante et vive une petite fille effrayée. Le reste du temps, il avait pensé à une manière d'apaiser la douleur d'une jeune femme qui ne voulait rien d'autre que savoir aimer.

Il la lâcha et l'aida à se lever. Il la guida parmi les montagnes de CD vers sa chambre. Il l'aida à s'allonger sur le matelas avant de s'allonger à côté d'elle et de l'enlacer. Elle posa la tête sur son torse et il la sentit lutter contre les sanglots. Il n'avait jamais été doué pour gérer les situations délicates, mais être avec Vivian lui donnait une nouvelle confiance.

« Non… ce n'est pas grave si tu pleures… je ne vais nulle part. »

Ses mots semblèrent briser sa détermination et elle pleura. Il la tint proche alors qu'elle s'endormait d'avoir pleuré. Il remarqua que son visage se détendait avant qu'elle ne s'endorme et il sourit, sachant que la libération de ses larmes avait probablement libéré un peu de sa peine.

Il sourit encore en sachant qu'il l'avait aidé, avant de sombrer à son tour.

Seeley longeait le couloir vers son ancien appartement. Il avait appelé Vivian, mais après une courte réponse elle avait raccroché et il avait relevé une certaine exaspération dans sa voix.

De toutes qualités et défauts que sa sœur avait, l'un des plus dangereux était un perfectionnisme extrême quand elle était d'humeur. Il avait entendu ce ton plusieurs fois et il savait ce qui se passait. Il avait décidé pendant le déjeuner d'aller la surprendre avec le dîner pour changer.

Il frappa à la porte et après une minute sans avoir reçu de réponse, il essaya la poignée. La porte s'ouvrit et sa mâchoire tomba.

Assez de CD pour ouvrir une boutique étaient empilés autour de l'appartement, tous, il le savait, organisés avec soin.

« Vivi ? »

Il appela sa sœur et le silence lui répondit. Il traversa doucement l'appartement. Peut-être qu'elle était sortie quelques minutes et qu'elle avait oublié de verrouiller la porte derrière elle ? Même s'il voulait vraiment le croire, la paranoïa s'installa en lui. Depuis son attaque il avait été encore plus effrayé à son propos. Il vit la porte de sa chambre entrouverte et il se dirigea doucement vers elle, cherchant inconsciemment son arme sur sa hanche.

Il jeta un œil et se figea.

Vivian était là, et Zach était couché à côté d'elle. Elle était blottie contre sa poitrine, agrippée à sa chemise. Son bras était passé autour de son dos, la tenant contre lui.

Il allait partir quand il remarqua des traces de larmes sur le visage de sa sœur. La familiarité de la situation le frappa comme un sac de briques.

Non seulement il avait été dans la même position quelques semaines auparavant avec Bones… mais il se rappelait quelques fois quand Vivian était enfant où il était celui qui la tenait ainsi. Ca ne semblait plus être son job.

« Seeley… ? »

Il regarda sa sœur et la vit s'asseoir.

« Hey, Viv. »

Ils murmuraient pour ne pas réveiller Zach.

« Qu'est-ce qui ne va pas, Seeley ? »

Il allait répondre quand Zach bougea. Seeley vit Vivian baisser les yeux vers lui et passer ses doigts sur sa joue et sourire.

Quand il releva les yeux vers lui il indiqua la porte et elle sortit du lit doucement avant de le suivre dehors. Ils se dirigèrent vers la cuisine où il posa la nourriture et il se tourna pour s'appuyer sur le comptoir alors qu'elle s'asseyait.

« Ca va ? »

Elle se passa une main sur le visage et soupira profondément.

« Je me demande quelquefois… mais là tout de suite, je pense. »

« Qu'est-ce qui s'est passé ? »

« Tu veux tous les détails ou le problème de fond ? »

« Je ne pense pas que je pourrai supporter tous les détails, alors … »

« Eh bien… on était sur le canapé… oui, on s'embrassait, fais avec… et puis… je sais pas… j'ai pleuré un peu… j'ai essayé d'expliquer mais je ne pense pas avoir été claire. Il m'a emmenée dans la chambre et j'ai beaucoup pleuré avant de m'endormir, je suppose. »

« Pourquoi tu pleurais ? »

« Je… lui ai dit que je m'attendais toujours à ce qu'il parte. »

« Pourquoi tu penses qu'il va partir ? »

Elle baissa les yeux vers ses mains et grommela quelque chose qu'il ne comprit pas.

« Quoi ? »

Elle soupira avant de lever les yeux vers lui.

« Parce que tout le monde le fait, Seeley. Tout le monde m'abandonne à un moment ou à un autre. »

Elle ne l'avait pas dit tout haut, mais n'en avait pas besoin. Il avait entendu l'accusation pathétique dans sa voix.

Y compris toi.