Chapitre 58 – Plus jamais
Y compris toi.
Il baissa la tête.
« Je me suis toujours demandé… comment tu pouvais ne pas me détester pour ce que j'ai fait… mais en fait c'est le cas, non ? »
Il leva les yeux pour rencontrer les siens qui pour lors qu'elle allait nier… mais il vit que c'était un mensonge. Elle allait mentir pour le préserver, mais il ne la laisserait pas faire cette fois.
« Dis-moi la vérité, Vivi. »
Elle se figea… avant de hocher la tête.
Il soupira et se passa une main dans les cheveux.
« Tu dois comprendre, Seeley. J'aimerais ne pas le faire… j'aimerais changer ce que je ressens… »
« Mais tu ne peux pas. »
« Non… »
Il prit un moment pour l'observer et vit la détermination et la défaite dans son attitude. Soudain ça devint flagrant pour lui. Douloureusement flagrant.
« Tu ne t'attends pas simplement à ce que Zach te quitte. Tu t'attends à ce que je parte… encore. »
Elle baissa les yeux vers ses paumes, comme si elle y cherchait des réponses.
« Dis-le, Vivi. Ne te renferme pas. Ca fait trop longtemps. »
Elle leva la tête et il vit la question dans ses yeux.
« Je peux le supporter. J'ai besoin de l'entendre. »
Elle hocha doucement la tête avant de parler.
« Au début, je n'arrivais pas à comprendre ce qui te passait par la tête. Que je ne t'en parle pas ne voulait pas forcément dire que tu ne savais pas ce qui se passait. Je ne pouvais pas croire que tu puisses me laisser gérer ça toute seule. J'avais seulement 9 ans, Seeley. »
« Je sais… »
« Non tu ne sais pas ! »
Elle était debout maintenant et les larmes recommençaient à couler. Tout sortit d'elle en une vague d'émotions.
« Tu n'as pas idée de comment c'était après que tu soies parti. Ils me traitaient comme si je n'étais rien! J'ai grandi toute seule ces années où tu n'étais pas là. Je n'avais pas d'ami parce que je ne voulais pas que quiconque voit que mes parents me traitaient comme ça. Ils me rendaient honteuse de moi-même ! »
« Quand tu me l'as dit… je pense que j'ai dû me retenir de te sauter dessus. Je m'en fichais que tu faisais 3 fois ma taille et que tu m'aurais arrêtée en un instant. Je m'étais préparée à me jeter sur toi et à te frapper aussi fort que je le pouvais jusqu'à ce que tu sentes dans ton corps ce que je ressentais dans mon âme. »
Elle se mit en face de lui et il voyait les larmes couler sans cesse. Elle leva la main et toucha sa joue et il fut surpris de se rendre compte qu'il pleurait aussi.
« Maintenant… ça peut être dur à entendre, OK ? Mais tu as demandé. »
« C'est vrai. »
« Je t'ai tellement détesté quand tu es parti. Je me suis promise que quand tu reviendrais je ne te laisserais pas faire. Mais quand je t'ai vu descendre de l'avion la première fois… et me sourire et m'ouvrir tes bras… tout ce que je voulais c'était savoir que quelqu'un m'aimait. Et tu ne m'as jamais donné de raison de douter que tu m'aimais. Alors, j'ai décidé de t'aimer en retour. Mais à chaque fois que tu partais de nouveau ça me brisait le cœur et je jurais de ne pas me laisser faire si facilement la fois suivante… mais à chaque fois tu descendais de l'avion avec ce sourire et ce câlin pour moi. Mais tu m'as presque détruite ce premier jour, Seeley, et chaque jour que tu m'as quittée après ça. »
Son choix de mots était comme des couteaux aiguisés. Il avait pris de nombreuses vies mais là devant lui il y avait une vie qu'il avait détruite mais qui était encore là. Quelqu'un qu'il aimait.
Il ne put s'empêcher de la prendre dans ses bras. Il pressa son visage dans ses cheveux, essayant de stopper le flot de ses propres larmes mais quand il sentit ses bras autour de son dos et qu'il l'entendit recommencer à pleurer il réalisa que peut-être c'était ce dont ils avaient besoin. Elle sanglota dans sa chemise.
« Je ne pense pas que je pourrais le supporter, Seeley. Si tu partais. Ne le fais plus… s'il te plaît. »
« Je ne le ferai plus… je te le promets… plus jamais. »
Enlacés, ils s'abandonnèrent à toutes ces années de douleur non dite et de tristesse alors qu'ils s'écroulaient sur le sol.
« Alors… qu'est-ce que tu vas porter pour le mariage? »
« Hummm… un smoking ? »
« Je peux faire une suggestion ? »
« Bien sûr. »
C'était presque une demi-heure plus tard et tous deux étaient encore assis par terre dans la cuisine. Ils étaient appuyés sur le meuble de l'évier, chacun avec une bouteille de soda. Un saladier de pop-corn était posé entre eux.
« Veste noire, gilet blanc, chemise blanche, et une cravate blanche. Pas un nœud papillon, mais une cravate Windsor. »
« Ah oui ? »
« Oh, absolument. »
« Mais je pensais que la robe de Bones allait être un peu… non traditionnelle. »
« Elle l'est. Mais seulement par le fait que ce n'est pas la grosse robe bouffante avec une traîne de 100 mètres et un long voile. Elle est blanche et splendide. »
« Et toi et Angela ? »
« J'ai une robe rose et Ange rouge sombre. On ne voulait pas être vraiment différentes. »
« Quelque chose d'original encore ? »
« Quelques petites choses mais rien d'autre. »
« Et, euh… comment se passe le choix des chansons ? »
Elle lança un regard vers le living-room.
« Très lentement. J'ai dû tout parcourir au moins 3 fois. »
« Qu'est-ce que tu as choisi jusqu'à maintenant ? »
« 'I don't wanna miss a thing', 'You're the inspiration', 'These are the moments'… 'Dancing queen'. »
« 'Dancing queen'? »
« Oh, allez. Cette chanson est un must à chaque mariage. Même si c'est seulement moi, Tempe et Ange qui allons danser. »
« Autre chose ? »
« Eh bien… une autre, mais c'est une surprise. »
« Qu'est-ce que c'est ? »
« C'est… comme mon cadeau pour toi. »
« Tu n'es pas obligée, Vivi. »
« Je sais. Mais je le veux. Est-ce que Tempe et toi avez choisi une chanson? »
« Pas encore. Mais je peux faire une requête ? »
« Bien sûr. »
« 'Hot Blooded'. »
« La chanson des Foreigner? »
« Ouais. »
« Je peux demander pourquoi? »
« C'est quelque chose entre elle et moi. La première fois que je l'ai vraiment vue se lâcher… c'était sur cette chanson. »
« Vous étiez où ? »
« Chez elle. »
« Vraiment? Est-ce que quelque chose s'est passé? »
« Ouais… on peut dire ça… »
« Ooohh… quoi ? »
« Son frigo a essayé de me tuer. »
« Oh. »
« Ouais. »
