NDLA : Tout d'abord, merci beaucoup à Griffy-déplumée pour ses reviews, ça me fait très plaisir et m'encourage à avancer )

J'aimerais ensuite savoir si vous avez des suggestions, si vous voyez des améliorations à effectuer pour la suite, par exemple dans le caractère de Malefoy ou autre…

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Chapitre troisième : la sorcière et la cuiller.

Belle regarda sa montre. 21h. L'heure de la punition. Elle descendit les quelques marches qui la séparaient de la porte, puis regarda son amie.

« Merci de m'avoir accompagnée, Kershaw.

- Aucun problème. Mais tu pourrais peut-être m'appeler par mon prénom ?

- Trop compliqué. »

Elle rigolèrent un peu, puis Terpsichore s'éloigna. Elle-même avait à faire : un rendez-vous avec un élève de Serpentard. Même en étant déjà 'promise' à quelqu'un, elle ne voyait aucune raison pour ne pas s'amuser un peu. D'autant plus qu'elle ne devrait pas se marier avant quelques années.

Belle ouvrit la porte. Elle entendit que Drago arrivait derrière elle, et referma aussitôt le battant sur lui.

« Aïeuuuh !

- Oups, pardon, je t'avais pas vu. »

Très convaincant. Elle lui tira la langue, comme une gamine, et Drago répondit par un grognement. Sa réplique aurait sans douté été un peu plus développée si le professeur n'était pas présent.

« Bien, je vois que vous êtes à l'heure. Il se trouve qu'un petit malin a jugé amusant de tapisser les murs de la tour d'astronomie d'une peinture extra brillante. »

Belle pouffa de rire.

« Cela vous amusera moins, mademoiselle Brö-Waroch, lorsque vous vous retrouverez devant cette peinture, armée d'une cuiller en plastique pour la gratter. »

Le professeur leur tendit à tous deux un morceau de plastique blanc. C'était bien une cuiller. Il ne plaisantait pas.

« Donnez-moi vos baguettes, je ne veux pas que vous trichiez, tous les deux. »

La jeune fille hésita, puis tendit le bout de bois (du lierre, 29 cm, des poils de licorne) à son professeur. Drago fit de même, à contrecoeur. Les deux jeunes gens furent redirigés vers la tour d'astronomie, et abandonnés à leur sort devant cette peinture qui leur arrachait les yeux, sans lunettes de soleil.

« Tout ça, c'est de ta faute. »

Ils avaient parlé d'une même voix, et ne purent s'empêcher d'éclater de rire. Belle mit fin à son fou rire, même si cela lui demanda une tonne de concentration, et finit par se retourner vers le mur en plissant les yeux. Elle regarda sa cuiller et fut prise d'une nouvelle envie de rigoler, mais cette fois, personne n'aurait su dire si c'était causé par le ridicule de la situation ou par le désespoir. Elle sentit le regard de Drago posé sur elle, et commença à gratter. Sa cuiller se cassa en deux.

« Tu me fais rire, Waroch. »

Elle se retourna et le vit affaissé dans un fauteuil, l'observant nonchalamment s'occuper du travail pour les deux. Un sourire mauvais pendait à ses lèvres, pour ne pas changer.

« Je préférerais te faire crier de douleur, mais j'ai pas vraiment le choix, tu vois…

- Raconte-moi.

- Pardon ?

- Comment c'était, à BeauxBâtons ? J'ai entendu dire que vu le nombre incroyable de filles, la plupart devenaient lesbiennes. Tu aimes les filles, Waroch ?

- T'es vraiment con, Malefoy. »

Elle s'approcha de lui dangereusement, et il s'inquiéta un instant. Elle n'allait tout de même pas le frapper pour ça ? Non, elle se contenta de lui arracher sa cuiller furieusement, et lui balança les restes de la sienne à la figure.

« Mets-toi au boulot, Malefoy, je n'hésiterai pas à jouer les fayotes ! »

Et elle-même se remit à gratter son mur.

« Tu ne veux vraiment pas causer ?

- Tu fais très bien la conversation tout seul. »

Drago ne releva pas la remarque.

« Pourquoi tu t'es faite virer ?

- J'ai tabassé un élève de ton genre.

- Sérieux ?

- Aussi sérieux que cette cuiller est efficace pour gratter de la peinture. »

Drago regarda le mur, où une minuscule trace avait commencée à apparaître, celle de la petite cuiller en plastique. Il se leva de son siège, et Belle crut un instant qu'il allait la faire payer pour ses sarcasmes.

« Dis-moi, Belle… »

Elle frissonna à l'appel de son nom, et se tourna à nouveau vers le blond.

« Je te promets de garder le secret. »

Elle avait l'impression qu'il lui promettait la lune, tant le ton qu'il employait était sensuel, sa voix suave, et puis il était de plus en plus proche… Belle retint sa respiration, envoya quelques baffes à son cerveau, et reprit son regard de méchant chien gardant une propriété, regard d'ailleurs devenu légendaire. Si son fort intérieur observait le beau visage du vert et argent, elle n'en laissait rien paraître. Espérait-elle le refroidir par une attitude indifférente ?

« Allez, dis moi… », murmura-t-il à nouveau.

Dieu qu'il était obstiné !

« Non. »

La porte s'ouvrit soudain sur leur professeur.

« C'est tout ? Bon, ça ira pour cette fois, ce n'est que le début de l'année, mais j'espère que vous serez plus productifs dans vos devoirs. Voilà vos baguettes, retournez dans vos dortoirs. »

Les deux Serpentards s'exécutèrent. En entrant dans la salle commune, ils virent que tout le monde était déjà couché. Belle tendit la cuiller qui lui restait à Drago.

« Tiens, t'en auras besoin pour creuser ta tombe.

- Je te l'offre, Belle.

- Je ne t'ai jamais permis d'utiliser mon prénom, à ce que je sache.

- L'invitation me semblait pourtant claire… »

Il posa sa main sur la joue de la jeune fille. Belle retint son souffle. Sa peau était douce, mais froide. Elle frissonna, et cela n'échappa pas à Drago. Il se contenta de sourire devant l'adolescente immobile, puis monta dans son dortoir. La jeune fille était encore sous le choc. Pourquoi son cœur avait-il raté un battement ? Elle devait avouer avoir peu d'expérience avec les garçons, et elle se sentait vulnérable en raison de cette faiblesse, elle qui avait toujours voulu paraître forte. Mais c'était Drago Malefoy, que diable ! LE tombeur de Poudlard, celui qui ne pensait qu'au sexe et ne savait pas épeler le mot 'amour' ! Il lui fallait une douche froide.

ooo

« Ride with me, ride with me, ride with me home…

- Belle, la feeerme, j'essaye de pieuter, bordel…

- Fuck the world and liberate our time… »

Le cousin vola à quelques centimètres de ses cheveux. Belle posa sa guitare, arrêtant toute reproduction de The Vines, et posa enfin sa tête sur son oreiller. Mais la mélodie était dans sa tête, et elle continua malgré elle à chuchoter les paroles, tout en réfléchissant.

« Merci beaucoup, maintenant j'arrive plus à dormir. »

Terpsichore se leva et alla s'asseoir au bout du lit de Belle. Deux autres filles s'incrustèrent, Iris et Cassandra. Belle les regarda tour à tour, levant un sourcil.

« Allez, vas-y, raconte.

- Mais pourquoi tout le monde veut savoir la cause de mon renvoi ? Merde, quoi !

- Hein ?

- T'as été renvoyée ?

- Vous…vous ne saviez pas ?

- On voulait juste savoir si Drago embrassait bien…

- Pardon ??

- Bah oui, on l'a vu poser sa main sur ta joue, et c'était… plutôt intense… »

Les filles gloussèrent devant Belle interloquée. Cette dernière rougit légèrement, heureusement qu'il faisait trop sombre.

« Mais je… mais pas du tout ! Je hais ce mec !

- Carrément ? Il ne s'est vraiment rien passé pendant toute l'heure que vous avez passée ensemble ?

- J'étais en retenue ! Et par sa faute, en plus. »

L'adolescente surpris le regard complice qu'échangèrent les trois filles.

« Quoi ? Qu'est-ce qui se passe ?

- Il se passe que les rumeurs vont vite, au château, et que tout le monde est persuadé que Drago a bien tiré son coup…

- Qu…quoi ??? »

Belle se releva d'un coup dans son lit.

« Alors c'est pas vrai ? J'te l'avais dis, Iris, te me dois 10 Mornilles !

- Hahaha ! Et dire que Pansy est morte de jalousie !

- Baissez d'un ton, les filles, y en a qui essayent de dormir…

- Désolées… »

Les Serpentardes rejoignirent leur lit respectif, abandonnant Belle à ses pensées inquiètes. Elle ne tarda pas à fermer les yeux, son cerveau en surchauffe avec tout ce à quoi elle devait réfléchir. Comme on dit, la nuit porte conseil, et elle en avait sacrément besoin…