Ndla :

Melandry, merci beaucoup, voici justement la suite (pour une fois assez rapidement). Même si ce chapitre est légèrement plus 'sérieux' et 'triste', je dirais, que les précédents… Mais voilà, vous savez enfin la vérité !

Tinn-Tamm : effectivement, avec Iris et Cassandre pour les mettre ensemble, moi-même j'ai assez peur du résultat… Alors le pourquoi du comment du renvoi, il est en rapport avec le souvenir (que voici enfin dévoilé), et il se trouve que je donnerai des explications un peu plus complètes dans le prochain chapitre.

Caella : merci, même ce simple mot, ça m'encourage à continuer !

Lixouille : ok xD On sait jamais, hein, je demandais ça comme ça hein uu. En tout cas merci beaucoup sur ce commentaires par rapport à ma manière d'écrire, parce que je me demandais justement comment c'était perçu par les autres (j'ai bien souvent du mal à avoir le recul nécessaire…).

Katia / Kiwoui : pas de problème pour les musiques, et justement, voici un chapitre où j'en propose quelques unes… Que j'écoutais notamment pendant que j'écrivais ces lignes (c'est souvent le cas, en fait, si j'en cite, c'est parce que je les écoute en écrivant). Et ça me fait plaisir de savoir que la relation qu'elle a en ce moment avec Drago plait… Mais tout cela est fait pour évoluer, bien entendu, hinhin…

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Souvenirs.

Blanc. La neige recouvrait chaque coin de sa vision, et le blanc, tout ce blanc, l'émerveillait. Elle voyait Noël avec des yeux d'enfant, comme une fête de famille, un moment intense et magique, où le faste était de la partie et le rouge et l'or sublimaient chaque recoin du salon. Elle avait décoré le sapin avec sa mère, et, les pieds posés sur la plus haute marche de l'échelle, elle avait placé l'étoile au sommet de l'arbre vert.

Elle revenait tous les ans à Noël, car l'hypocrisie des jeunes filles bien élevées de Beauxbâtons l'écoeurait. Bien sûr, elle avait des amies…Mais toutes retournaient dans leur famille respective à la période des fêtes. Et Belléropha aussi. Elle aimait cette intimité, retrouver sa mère, la neige dehors, le sapin qu'elles décoraient ensemble, les santons de Provence qu'elles ajoutaient dans la crèche, les cadeaux qui s'entassaient sous l'arbre. Son père ? Elle ne l'avait jamais vraiment connu. Il était parti peu après ses six ans.

Et un jour, tout bascula. Comme dans une mauvaise comédie au cinéma, comme dans un drame à deux balle sur son écran télévisé, comme un cauchemar qu'elle était seule à voir. Seule à comprendre. Un cauchemar qui ne faisait que commencer.

Il s'appelait Charles. Cela ne faisait que depuis deux semaines qu'ils sortaient ensemble, mais la mère de Belle avait décidé qu'il avait déjà sa place au sein de la famille. Peut-être parce qu'elle avait lu dans un magazine pour femmes que la figure paternelle avait son importance, peut-être parce qu'elle était réellement amoureuse, peut-être parce qu'il l'en avait convaincue… Peu importe. Il était là. Il était là, partout, tout le temps, il était là le week-end, il était là durant les sorties et pendant les repas, il était là à Noël. Il avait des paquets à son nom, Charles, sous le sapin. Il s'incrustait. Il s'incrustait comme s'incruste la saleté, il s'imposait et se faisait une place bien à lui, il se sentait chez lui, il se faisait chez lui. Il était là. Insupportablement là.

Mais Belle le supporta. Elle avait l'impression que sa mère en avait besoin, même si cela lui faisait mal. Elle pensait qu'autrement, elle serait passée pour l'enfant gâtée qui ne pouvait accepter qu'on lui 'vole' sa maman. Alors elle le supporta. Elle ne céda pas à ses envies, ses terribles envie de lui balancer son verre de vin quotidien à la gueule, celles de déchirer ses paquets qui n'avaient rien à faire sous son sapin, celles de balancer ses affaires hors de sa maison et de lui claquer la porte au nez. La musique l'aida, beaucoup, à surmonter ces épreuves. Mais elle avait terriblement peur qu'un jour, tout explose, que tout lui pète à la gueule, qu'elle perde le contrôle.

Ce jour arriva bien trop tôt.

ooo

« Et qu'est-ce qu'on fait quand elle se réveille ? Tu crois qu'elle va crier ? Pleurer ? Je veux dire, ça a pas l'air trop bien, comme souvenir… Moi non plus j'aimerais pas rêver d'un mec à moitié zombie. »

ooo

Let me fly…

Man I need a release from this troublesome mind

Fix my feet when they're stumbling

I guess you know it hurts sometimes

You know it's gonna bleed sometimes

Hold on…

(The Killers – Sweet Talk)

ooo

« Je sens que j'vais aller causer à Rogue, moi… On va avoir une petite discussion tous les deux, et je finirai sûrement par lui péter la gueule, à ce connard ! Il est prof de potions, putain ! Il aurait pas pu lui donner un truc pour qu'elle ait pas mal, non ? Sérieusement, j'vais péter un cable !

- Calme toi, Kershaw… »

ooo

Il buvait tous les soirs son verre de bordelais. Toujours à la même heure, et, parfois, son amante l'accompagnait. Mais ce soir, il n'allait pas bien. Il avait reçu de mauvaises nouvelles de son travail. Il avait besoin de réconfort, il avait besoin de se défouler, aussi. Alors il but toute la bouteille, à lui seul. Mais ça n'allait toujours pas mieux, et cette femme à ses côtés, qui lui disait d'arrêter de boire, elle commençait sincèrement à l'épuiser. Il but encore un verre. Puis il la frappa. Et cela lui fit du bien. Alors il la frappa encore.

ooo

« Regarde… Je crois qu'elle pleure.

- Ou bien si j'allais péter la gueule à cet épouvantard ? Ou bien à Ella ? Ou peut-être à Parkinson ! Ouais, ça c'est pas con, je pourrais frapper Parkinson !

- Arrête de t'agiter, Kershaw ! En plus t'es dans la même maison que Pansy, je vois pas pourquoi t'irais la frapper. Même si c'est qu'une crétine sans cervelle doublée d'une salope qui ose draguer ce petit connard prétentieux, mais trop canon, de Malefoy.

- Iris, calme-toi, toi aussi… »

ooo

I cry to the beat

And remember every single little damn good memory

Why do I have such a good damn memory?

But sometimes happiness gets drunk…

And I cry to the beat.

(The Ropes – Cry to the Beat)

ooo

« Si on lui apportait du chocolat? Ou bien on pourrait essayer de chanter ? Je sais, on n'a qu'à lui donner une photo de Drago à poil !

- T'as une photo de Drago à poil ?

- Non, mais ça peut s'arranger… »

ooo

Elle hurla. Comme si ce cri pouvait arrêter cet homme qui n'en était plus un, ce monstre, cet incruste qui frappait sa mère. Et ce sang ! Il y avait du sang, oui, sur le sol. Il avait frappé la femme assez violemment pour que sa bouche soit ensanglantée. La scène était insupportable. Et Belle ne supporta pas.

Sous l'impulsion, elle se jeta sur lui, le griffa, le frappa de toutes ses forces. Il la rejeta comme une simple poussière, et elle s'étala durement sur le sol. Dans la tornade de la bataille, le sapin s'était écrasé à terre, les boules avaient éclaté, et des morceaux acérés accueillirent la chute de l'adolescente. Elle hurla de douleur.

ooo

« Aaah ! La vache elle m'a trop foutu les boules, à crier comme ça !

- On ne pourrait vraiment pas la forcer à se réveiller ?

- Et si ça faisait partie du processus ? Si il FALLAIT que ça se passe comme ça ? On ne sait pas si la réveiller n'interromprait pas le moment de découverte de ses souvenirs, ou quelque chose comme ça…

- Je vote pour le seau d'eau.

- T'écoutes ce que je dis, parfois ? »

ooo

Hello darkness my old friend

I've come to talk with you again,

Because a vision softly creeping

Left its seeds while I was sleeping

(Simon & Garfunkel – The Sound of Silence)

ooo

« Mais c'est quoi, tout ça?

- Bah, des chocogrenouilles…

- Merci, mais pour qui ?

- Pour Belle ! Quand elle se réveillera !

- Mais y en a dix fois trop pour elle ! Je propose qu'on l'aide un peu, elle mangera jamais tout ça toute seule… »

ooo

Sa mère s'était relevée, avec peine, pour venir au secours de sa fille. Charles se tourna vers elle et se remit à la frapper. Belle se leva à son tour. Elle se précipita dans la cuisine, les jambes en coton, le dos lacéré par la douleur, les larmes ruisselantes sur son visage. Ses mains tremblaient plus que jamais. Elle les posa sur le manche d'un couteau, et les tremblements se concentrèrent sur la pointe. Elle retourna dans le salon. Sa mère était à terre. Inconsciente. Il la regardait, tournant le dos à Belle. Et le couteau, dans sa main, ne tremblait plus. La tristesse, la peur et la stupeur furent balayées en un coup par la colère.

ooo

« Elle tremble… Ah, elle tremble plus.

- Mais t'as pas bientôt fini, d'observer ses moindres faits et gestes ?

- J'attends qu'elle crie 'oh, oui, Drago, ouiii'.

- N'importe quoi ! T'es complètement tapée, ma fille !

- Je suis sûre qu'elle rêve de lui, la nuit.»

ooo

You are not an open book

I can't do nothing 'bout that

But I'm worried, I'm overdrawn

What am I doing up at the witching hour?

(The Rakes – Open Book)

ooo

« Je commence à être fatiguée. Pas vous, les filles?

- On pourrait aller pieuter… Et si elle se réveille, elle nous verra, comme ça. Non ? Au moins, ça lui fera une présence.

- Je suis pour. On laissera nos rideaux ouverts. »

ooo

Elle abaissa le couteau. De toutes ses forces. Comme si sa vie en dépendait. Et c'était cela qu'elle croyait, que sa vie, que la vie de sa mère, que leur vie commune en dépendaient. Alors elle frappa, fort, et elle tourna la lame à l'intérieur de son corps, comme elle avait vu faire dans un film débile à la télé. Le film, c'était à son tour de le jouer. Et elle retira le couteau, enfin. Et le corps fut parcouru de spasmes. Et il tomba à terre. Et elle tomba à son tour. Elle se recula vivement, effrayée, tout ce sang sur ses main, sur le parquet, sur le sapin. Et personne n'aurait pu arrêter les sanglots à cet instant. Bon sang. Elle avait tué un être humain. Elle avait pris une vie. Et ce sentiment, terrible, s'empara d'elle.

ooo

Shut your eyes and think of somewhere

Somewhere cold and caked in snow

By the fire we break the quiet

Learn to wear each other well

And when the worrying starts to hurt

And the world feels like graves of dirt

Just close your eyes until

You can imagine this place, yeah, our secret space at will

(Snow Patrol – Shut your Eyes)

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Dans le prochain chapitre, quelques explications et éclaircissements sur son renvoi, son souvenir, et aussi… bientôt… un effet secondaire de la potion !