Ndla :
Katia : Eh bien, je ne sais pas si je pourrai écrire la suite d'ici Noël, alors considère ce chapitre posté rapidement comme un cadeau de ma part pour tous ceux qui lisent ma fic. Je sens que dans le prochain, j'vais bien m'éclater à écrire certains passages…
Christine et Caella : Merci beaucoup les filles !
Lo : Mon Dieu, merci ! C'est la première fois qu'on me fait un compliment sur mon cerveau huhu ! Je te contacterai bientôt pour la fic, sans doute demain, même si vu qu'on sera le 24 (en fait il est 00h45, on est déjà le 24…), sans doute que tu ne me répondras pas de suite (si, par exemple, tu as une réunion familiale ou quoi…).
Enjoy !
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Chapitre treizième: la sorcière et les effets secondaires.
Elle recula, et son dos, trempé de sueur, brûlant d'une fièvre improbable, se colla contre le bord froid du lit. Elle remonta la couette sur elle, sur sa poitrine, et y plongea son visage humide de larmes, ses joues pâles et ses yeux rougis, sa mâchoire tremblante, son front chaud.
Comment avait-elle pu ? Comment avait-elle pu tuer quelqu'un de ses mains ? Le souvenir était à nouveau ancré en elle, ineffaçable, et elle avait la sensation qu'il n'était jamais parti. Elle était une meurtrière, et cette idée la terrifiait. Elle devrait porter ce fardeau jusqu'à la fin de ses jours. Voilà pourquoi elle avait supplié. Elle avait supplié pour qu'on efface ce souvenir de sa mémoire. Et puis, comme une conne, elle l'avait récupéré.
Belle se leva, mais ses jambes la supportaient à peine. Elle portait encore son uniforme tout froissé, après avoir dormi dedans, et des centaines de musiques pleuraient dans sa tête. Elle regarda ses mains et fut prise d'un sanglot. Elle les voyait rouges, pleines de sang, et ce n'était pas son sang qui lui collait à la peau. Elle se précipita hors du dortoir, hors de la salle commune, hors des cachots. Il était deux heures du matin, son ventre criait famine, et elle courait dans les couloirs. Elle n'était pas belle à voir, et de loin, on aurait pu la prendre pour une apparition fantomatique.
Arrivée dans les toilettes des filles, elle se mit à se laver les mains avec frénésie, et plus elle frottait, plus elles rougissaient, mais Belle ne pouvait pas s'arrêter.
« Hinhinhin ! Tu es pathétique, tu sais ? »
Belle fit volte-face et se retrouva devant Mimi geignarde, le fantôme des toilettes des filles… Oh non, tout mais pas elle !
« Vas-t-en, Mimi !
- Je te signale que tu es sur MON terrain ! », rugit celle-ci.
Belle ferma le robinet. Ses mains étaient bien assez rouges comme cela, et le fantôme de la jeune fille l'avait coupée dans ses pensées morbides. Elle commençait à se calmer.
« Si tu voulais te tuer, tu pourrais le faire plus facilement… Par exemple par la noyade ! »
Le spectre éclata d'un rire aigu et passa par-dessus tous les lavabos, ouvrant les robinets, d'où jaillirent des flots d'une eau cristalline. Mais Belle ne voyait que du rouge, et il lui sembla que c'était du sang qui coulait par vagues. Elle se figea, et écarquilla les yeux. Mimi tournoyait autour de sa tête, s'égosillant pour montrer à quel point la situation était drôle.
Belle eut l'impression de rester plantée là des heures. Elle n'y était que depuis cinq minutes, mais c'était suffisant pour que l'eau commence à déborder, et elle n'eut pas le réflexe de fermer les robinets. Elle s'enfuit donc des toilettes et erra dans les couloirs, évitant, elle ne savait comment, l'ombre de Rusard et de Miss Teigne. Elle retourna ensuite vers les cachots, dans son dortoir.
« Belle ! Qu'est-ce que tu foutais dehors ? Et pourquoi tes mains sont toutes rouges ? »
Elle ne répondit pas, encore sous le choc, l'air comateux. Terpsichore se précipita vers elle et elle s'écroula dans ses bras. Elle se mit à pleurer en silence, et s'accrocha de toutes ses forces à son amie. Terpsichore ne dit rien, et, en fait, c'est ce qui fit du bien à Belle. La présence de son amie, son soutien, cela était largement suffisant. Elle n'avait pas envie d'expliquer quoique ce soit, elle ne voulait pas parler, elle voulait juste rester comme ça pour l'éternité. Mais l'éternité ne dura pas longtemps, et elles finirent par monter se coucher.
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« Mais tu es sûre que tout va bien ?
- Si je te le dis.
- Tu ne veux vraiment pas en parler ?
- Non. Je dois voir Dumbledore pour lui raconter, et je suis sûre que Torch sera mis au courant, et je n'ai aucune envie d'expliquer l'accident à d'autres, même à vous, mes meilleures amies.
- Wow.
- Quoi ?
- C'est la première fois que tu nous appelles comme ça… »
Elles se sourirent, et Belle replongea son nez dans ses céréales. L'adolescente avait décidé d'appeler son souvenir 'l'accident'. Il se trouve que son renvoi avait été causé par la chose, par cet accident, que la directrice avait considéré comme 'la goutte qui fait déborder le vase'. Même si Belle n'était coupable que de légitime défense, c'était une histoire qui risquait de donner une mauvaise réputation à l'école de magie française, et la directrice ne pouvait se le permettre. Avec une élève aussi turbulente que Belle, il n'avait pas été très difficile de trouver une raison à ce renvoi définitif.
Elle se rendit dans le bureau du directeur après ses cours, et passa une heure de souffrances à raconter la scène dans les moindres détails, à expliquer le pourquoi du comment, à soutenir des regards inquisiteurs. Lorsqu'il lui demanda si elle désirait effacer à nouveau ce souvenir de sa mémoire, elle ne répondit pas tout de suite. Elle avait longtemps réfléchi à cette question, pesé le pour et le contre. Mais elle savait que ce qui était fait était fait. Et quoiqu'il arrive, elle était trop curieuse, elle chercherait toujours la vérité, même si elle savait que, pour son bien, il valait mieux rester ignorante dans certaines situations. Alors elle refusa. Elle se força, une fois de plus, à être forte, et décida de conserver cette partie d'elle-même en elle. C'était son passé, et jamais elle ne pourrait se laver les mains jusqu'à le gommer entièrement.
ooo
« Alors, t'as causé au barbu ?
- Ouaip. C'était chiant à mourir. Mais j'ai quand même survécu. »
Iris et Cassandra s'installèrent en face d'elles.
« Ca ne va pas, Iris ? T'as un air méchant, limite 'j'vais tous vous buter', là, sur le visage…
- Elle s'est disputée avec Cane.
- Eh ben, c'est pas dramatique, tu finiras bien par te réconcilier avec lui.
- Sauf qu'elle attend qu'il fasse le premier pas. Parce que, selon elle, c'est de sa faute à lui s'ils se sont brouillés. Parce que môssieur trouvait que Ella Daniels était jolie.
- Il a dit 'canon'. Je l'ai entendu. Canon. Quel crétin.
- Et comment il en est venu à ce sujet ?
- On parlait de sa rupture avec Harold.
- Hein ?? »
Cassandra éclata de rire en voyant le large sourire qui s'était peint sur le visage de Belle. Elle tentait de le cacher, mais c'était peine perdue.
« Ils ont cassé parce que Ella était trop autoritaire et capricieuse avec lui.
- Hahaha ! C'est la première bonne nouvelle que j'entends de la journée ! Euh, je veux dire, pauvre Harold… Il doit être triste de ne plus se faire gueuler dessus par une furie blonde.
- Très crédible, Belle. Au fait, t'as remarqué que Drago te dévore des yeux depuis cinq bonnes minutes ? Il doit se demander si tu te rappelles enfin de ton souvenir… Vu que mesdemoiselles pipelettes lui ont raconté le principal. »
L'adolescente enfourna une aile de poulet dans sa bouche et regarda son amie avec un de ses regards perplexes du genre 'hein ? quoi ?'.
« Qui cha ? », demanda-t-elle, la bouche pleine.
Iris et Cassandra s'étouffèrent dans leur jus de citrouille, en même temps.
« Comment ça, qui ça ? Tu sais que tu joues très mal la comédie, Belle ? »
Mais l'expression de la Serpentarde ne changea pas.
« C'est qui, ce Drago ? »
Elle fit mine de le chercher parmi les élèves des autres tables. Iris se leva soudainement de sa chaise.
« Par Merlin ! Tu l'as OUBLIE ??
- Shhh, Iris, calme-toi… Tout le monde nous regarde… »
La jeune fille se rassit, abasourdie par cette révélation.
« C'est un des effets secondaires de la potion, c'est ça ?
- Je suppose… Il est où, euh… Drago ?
- Tu te rappelles de Blaise ? Il est juste à côté. C'est le blond.
- Ah ouais… Canon, le mec… »
Iris et Cassandra se jetèrent un regard amusé, comme pour sceller un accord, et Terpsichore fronça les sourcils.
« Bah ouais, on sait… Tu veux savoir pourquoi il te dévorait des yeux ?
- C'est parce qu'il craque sur toi depuis le début de l'année…Je comprends pas comment tu peux ne pas accepter de sortir avec lui.
- Ouais, parce que tu sais, je crois qu'il t'aime vraiment, hein. Si j'étais toi, je foncerais sur l'occasion, quoi. »
Les deux conspiratrices sourirent de satisfaction en voyant l'adolescente jeter un coup d'œil au garçon et se plonger dans les entrailles de son poulet, un petit sourire rêveur collé aux lèvres. Bien entendu, elles comptaient toutes les deux sur le côté impulsif de la vert et argent pour faire avancer les choses.
A la fin du repas, leur souhait fut exaucé. Belle se leva plutôt brusquement, se dirigea vers Drago et planta ses yeux pâles dans les siens, tout aussi pâles, d'ailleurs. Il fronça les sourcils, sans doute persuadé qu'elle allait soit le frapper, soit l'embrasser fougueusement, comme le reste de la table, d'ailleurs. Mais elle se contenta de lui sourire de manière mystérieuse, puis de se pencher à son oreille et de lui murmurer ceci :
« Rendez-vous dix minutes après le couvre-feu devant la statue de la gargouille handicapée. »
Ce n'était certes pas l'endroit le plus romantique, mais elle savait de source sûre que Rusard n'y passait presque jamais, vu que très peu d'élèves connaissaient l'existence de ce couloir et de cette statue. Drago la regarda de travers, puis, un sourire plutôt inquiétant peint sur ses lèvres fines, il acquiesça d'un mouvement de la tête.
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Dans le chapitre prochain, des tas de quiproquos et malentendus ! Je vous souhaite de joyeuses fêtes, pleins de cadeaux et pleins de chocolat hinhin !
