Merci encore pour toutes ces reviews, ça me fait autant plaisir que ça me fout la pression! Mais continuez quand même, parce que c'est la pression, le fait de ne pas vouloir vous décevoir qui me pousse à écrire! Je sais que je ne réponds plus aux reviews, que je devrais, mais là le temps me manque! Et j'ai une de ces mémoires de poisson rouge... Pardonnez-moi pour mon manque d'organisation!

En ce qui concerne ce chapitre, je dirais qu'il est assez court parce qu'il ne fait pas beaucoup avancer les choses... Plus comme un intermédiaire entre deux chapitres, quoi. Et il a le mérite de vous mettre un peu de suspens (en espérant que l'effet recherché soit réussi...)! Bref, enjoy, comme d'hab, et à bientôt pour la suite des conneries de Belle et Drago!

Votre dévouée Belemis.

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Chapitre quinzième : la sorcière et les draps verts.

Samedi matin, temps : lourd et couvert ; état d'esprit : ennui profond ; cause : tout le monde bosse à la bibliothèque sauf elle… Solution envisagée : faire un tour dans le château à la recherche de passages secrets et de tableaux tripants.

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Belle sortit enfin de son dortoir et dévala les escaliers quatre à quatre. De toutes façon, personne ne travaillait jamais dans la salle commune, simplement parce qu'il était de notoriété publique qu'elle servait principalement aux choses suivantes :

- Séances de flirt entre Drago et ses conquêtes.

- Rires ou pleurs hystériques de Pansy et ses amies.

- Papotages divers et complots pas discrets du tout contre les Gryffondors.

- Célébrations en tous genres, généralement alcoolisées.

- Répétitions et exercices pour Belle et sa guitare.

- Disputes et sarcasmes entre Belle et Drago.

Belle se rendit donc dans la salle commune, où, étrangement, il n'y avait presque personne, mis à part deux ou trois filles qui papotaient près de la cheminée. Son regard s'attarda un instant sur un point du tapis, et, soudain, un étrange sentiment l'envahit. Elle se rappelait vaguement de quelque chose, quelque chose qu'elle aurait oublié, mais qui lui semblait très important. Un sentiment agréable, excitant, un sentiment à demi effacé de sa mémoire. Un sentiment qui lui frôlait la joue… Et une urgence. Il fallait à tout prix qu'elle se rende dans la tour d'astronomie. Maintenant.

Belle se mit à courir dans les cachots, passé le tableau de la salle commune, et monta les escaliers à une vitesse folle. Elle ne s'arrêta pas lorsqu'un professeur la héla, ni lorsque deux élèves tentèrent de lui faire un croche-pied, et pas plus lorsqu'elle sentit son souffle s'épuiser et son cœur s'affoler. Enfin, elle atteignit son but. La salle d'astronomie était sous ses yeux. Vide. Et rien. Rien ne lui parvenait. Le sentiment était toujours présent, cependant. Elle s'approcha de la fenêtre, d'où paraissaient quelques nuages maladroits et l'un ou l'autre oiseau en forme de V. Quelque chose s'était passé ici même, elle en était persuadée. Elle regarda au dehors, et là, le sentiment l'assaillit violemment. C'était…puissant. Elle sentait une odeur, un parfum familier, une eau de Cologne chère et raffinée… Qu'est-ce que c'était ? Un frisson la parcourut, et elle eut soudain l'impression que quelque chose, non, que quelqu'un la tenait, la tirait en arrière. Et elle se sentit bien.

Puis plus rien. Disparu. Belle revint sur ses pas, déçue, essoufflée, et toujours aussi curieuse. Ses pas la guidèrent dans un couloir peu fréquenté : il menait vers la bibliothèque. Elle posa sa main sur le mur pour reprendre sa respiration. Une décharge électrique sembla la heurter : le sentiment venait de refaire un assaut. Une boule dans sa gorge, une sensation de douleur, puis une impression d'apaisement. Des mots qu'on chuchotait à son oreille. Agréables, tendres, doux. Une promesse. Et de la sécurité. Elle se sentait si bien, comme si plus rien ne devait l'inquiéter.

Elle se décolla du mur après une vingtaine de secondes et marcha lentement, comme dans un état second, vers les quartiers des Serpentards. Elle descendit les marches qui menaient au sous-sol, marcha le long des couloirs sinistres, atterrit devant le tableau. La sensation se faisait pressante, il fallait qu'elle atteigne son objectif, objectif qu'elle ignorait encore. Belle donna le mot de passe d'une voix trop sereine pour être naturelle : elle se sentait comme hypnotisée, et pour rien au monde aurait-elle résisté à cet état de presque extase. Il n'y avait plus personne dans la salle commune, puisque l'heure du déjeuner était arrivée, et que tous s'étaient probablement précipités vers la Grande Salle. La jeune fille se sentait de plus en plus endolorie et endormie, et le souvenir qu'elle cherchait, elle le sentait, n'était plus très loin. Elle se dirigea alors en direction des dortoirs, mais plutôt que de prendre l'escalier de droite, pour les filles, elle grimpa celui de gauche, vers les chambres des garçons. Sans en connaître le chemin, ses pieds la conduisirent dans l'un des dortoirs. Elle ne savait pas à qui il appartenait, mais elle était plus que certaine que son sentiment recherché s'y trouvait. Elle avança, avec la démarche d'une somnambule, dans la large pièce, et là, brusquement, il lui apparut.

« Dors, je m'occupe de tout. »

C'était ça. Le sentiment prenait toute la place, à présent. Il était là, en elle, à ses côtés, dans cette phrase, sur les draps. Belle s'allongea sur le lit aux draps verts, et ses paupières se fermèrent immédiatement.

« Dors, je m'occupe de tout. »

Merlin, que c'était agréable. Ce parfum distingué, cette peau douce et délicate, ces muscles fins et ces bras puissants, cette force et cette faiblesse simultanées, cette proximité. Ce regard. Bleu, gris ? Bleu-gris. Perçant.

Drago.

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« Alors, mec, il paraît que tu as déjà quelqu'un pour le bal ? Pansy a pleuré toute la journée dans les toilettes des filles… »

Drago laissa son habituel sourire en coin revenir à sa place. Cette demande avait été une aubaine : à présent, tout le château était en ébullition. Tout le monde savait que le beau gosse des Serpentards était déjà pris, et bizarrement, en plus de partir à la recherche de la mystérieuse cavalière, les gens commençaient déjà à se choisir un partenaire, alors que l'évènement n'aurait pas lieu avant un moins. Décidément, Drago était très content de son effet.

« Il parait aussi que tu ne veux dire à personne de qui il s'agit… T'as honte de ta cavalière, ou quoi ?

- Non, Blaise… Mais tu vois, toute cette agitation ? J'adore ça. Et j'aime encore plus ça quand je suis le sujet de conversation. Tu peux quand même comprendre ça, Blaise, non ?

- Je vois. Donc je suppose que tu ne diras rien non plus à ton bon ami Blaise, n'est-ce pas ?

- Tout juste. Et sinon, toi ? Personne ?

- J'ai bien quelqu'un en vue… Mais je ne te dirai pas de qui il s'agit avant de l'avoir eue, Drago. Avec toi, on ne sait jamais. »

Zabinni se leva de table et laissa le blondinet seul devant son assiette. Maintenant, lui aussi commençait à devenir curieux… Il se leva à son tour, décidé à rejoindre son dortoir pour prendre son balai et faire un peu d'exercice.

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Tout lui revenait en mémoire, à présent. Chaque odeur, chaque son, chaque image, chaque sensation… Elle dormait d'un sommeil profond et réparateur, et les souvenirs affluaient vers son cerveau, lui laissant deviner qu'à son réveil, tout serait revenu à sa place. Cependant, alors qu'elle se rappelait tous les détails de sa 'relation' étrange et paradoxale avec le prince des Serpentards, une illumination s'imposait à elle. C'était comme si perdre la mémoire lui avait été bénéfique : cet incident lui avait permis de structurer sa pensée, de discerner la raison et les sentiments, et à présent que cette opération avait été effectuée, quelque chose lui apparaissait bien plus clairement, quelque chose qu'elle avait voulu se cacher à elle-même depuis le début.

Belléropha était amoureuse de Drago Malfoy.

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« Malfoy ? »

Le blond haussa un sourcil. Il n'était pas encore entré dans la salle commune des Serpentards qu'un Serdaigle insignifiant venait déjà lui adresser la parole à lui, l'héritier Malfoy. Il se souvenait vaguement de sa tête de gentil gamin, pour l'avoir vu plusieurs fois rôder autour de Belle.

« Je suis Harold Chase, un ami de Belle. »

Drago resta de marbre. Qu'est-ce qu'il croyait, qu'il allait lui tendre une main amicale et lui sortir un 'Enchanté, les amis de mes amis sont mes amis' d'une voix douce ? Harold parut hésitant devant le silence de son interlocuteur, puis se décida enfin à lui parler.

« Ecoute, je… J'ai entendu les filles de son dortoir discuter. Apparemment, tu n'es pas supposé être mis au courant de ça, mais je pense que le mieux c'est que tu le saches. »

Mais de quoi parlait-il, bon sang ? Il avait au moins le mérite d'avoir éveillé la curiosité du vert et argent.

« Je ne sais pas trop pourquoi, ni comment… En fait j'ignore tout du contexte, mais… »

Drago lui en voulait sincèrement de faire autant durer le suspens.

« Belle ne se souvient plus de toi. »

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