J'avais dit que je reviendrais \o/

Bon, la fic n'est pas de moi, mais je suis tombé amoureuse, j'ai pas pu résister ^^

Donc cette fic est une traduction de ONE DOOR CLOSES de KOURIARASHI sur AO3, pour ceux et celles qui ont lu la traduction de Divided We Stand de TheCrasy, c'est de la même auteur. Pour ceux et celles qui n'ont pas lu cette traduction, vous attendez quoi ? lol

Pour info, l'auteur avait envie d'écrire une fic où Derek perdait les pédales en voyant Stiles en uniforme. Elle a donc écrit une petite fic de 27 000 mots -_- (un peu plus de 30 000 une fois traduite)

Bêta par ma merveilleuse Erika Keysie que je la n'aime trop fort :coeur: :coeur:

Bonne lecture ^^

Résumé : Derek sait que Stiles est trop jeune pour lui, mais Stiles n'est pas d'accord. Huit ans après que Derek l'ait rejeté à cause de leur différence d'âge, Derek s'est installé dans le Wyoming où il travaille en tant qu'ouvrier dans un ranch et Stiles est le nouvel adjoint et est toujours extrêmement en colère à cause de la façon dont Derek l'a rejeté. Les choses ne se passent pas comme ils l'avaient prévu.


Quand la meute se sépare et quitte Beacon Hills, tout le monde reste en contact avec Derek, sauf Stiles.

Pendant longtemps, Derek avait cru qu'il serait capable de garder la meute ensemble. Il n'était pas le meilleur Alpha, mais il était toujours leur Alpha. Certains d'entre eux parlaient de rester proches de la maison alors qu'ils cherchaient des universités, mais il savait qu'ils ne le pensaient pas. A la fin, il se passa exactement ce que Derek avait toujours su qu'il se passerait.

Scott alla dans une université à San Francisco, tout comme Allison, parce qu'ils étaient joints à la hanche, comme des frères siamois. Erica s'aventura du côté de Los Angeles pour mettre à profit son physique et sa nouvelle confiance en elle. Isaac obtint une bourse d'études pour jouer à Lacrosse à Sacramento, mais demanda son transfert dans une université du Nevada après sa première année. Lydia alla au MIT et embarqua Jackson à travers le pays avec elle pour qu'il devienne un joueur de Lacrosse professionnel en Nouvelle-Angleterre. Boyd alla dans une école de commerce proche de Modesto et finit par travailler à Seattle.

Stiles alla à Columbia pour étudier la criminologie. Derek le voyait à l'occasion pendant l'été, mais ils n'accrochaient jamais vraiment.

Pas qu'il puisse blâmer Stiles pour ça. Ils ne s'étaient pas exactement quittés en très bons termes.

Derek n'avait jamais compris pourquoi Stiles l'aimait bien. Ça n'avait jamais eu de sens. Ils se disputaient à chaque fois qu'ils se voyaient. Stiles ne pensait jamais que Derek avait raison à propos de quoique que ce soit. Il savait que Derek le trouvait énervant et disait fréquemment des choses comme 'Ouais, le nuisible a encore une question.' Et pourtant, plus ils passaient du temps ensemble, plus les choses duraient avec le Kanima, la meute d'Alphas et les millions d'autres choses qui s'étaient passées après ça, plus il avait commencé à sentir l'intérêt de Stiles.

Il appelle ça de l'intérêt parce qu'il ne peut même pas dire désir, alors qu'en réalité, c'est ce que c'est. L'idée même le fait flipper et lui donne envie de déménager de l'autre côté du globe pour être aussi loin que possible de Stiles.

Au départ, il était content de l'ignorer. C'est juste un béguin, raisonna-t-il. C'est naturel pour les adolescents d'être fixé sur quelqu'un pendant un moment, mais ils dépassent ça. Surement, avec du temps, Stiles réaliserait pourquoi Derek est un bon candidat pour Le Pire Petit Ami Possible et déciderait qu'il ferait mieux de sortir avec quelqu'un d'autre. N'importe qui.

Et ce n'est pas comme s'il n'appréciait pas Stiles. Il l'appréciait. En quelque sorte. Bien sûr, il est parfois énervant, il ne sait jamais quand la fermer. Derek en a ras le bol d'entendre parler de World of Warcraft, des fréquentes remarques désinvoltes et dévalorisantes de Stiles (S'il entend 'parce que je suis juste l'humain ici' encore une fois, il se pourrait qu'il pète un câble.) et la façon qu'il a d'insister pour que tout le monde mange ses stupides bâtons de légumes est insupportable, mais sérieusement, Stiles est sympathique, au moins parfois. En dépit de lui-même, Derek l'admire. Il a beaucoup de traits de caractères incroyables qu'il ne semble même pas réaliser avoir. Il est d'une loyauté sans bornes, il est prêt à se battre pour ce en quoi il croit, il est plus intelligent qu'il ne le pense et il est courageux comme un loup-garou ne peut pas être, parce qu'ils ne peuvent pas être blessés de la même façon. Stiles ne renonce jamais, même quand il devrait et parfois, Derek est follement jaloux de lui, parce qu'il n'a jamais cru en lui-même comme Stiles le fait.

Alors oui, parfois, il y pensait, mais Stiles avait seize ans, alors ça n'arriverait pas. Il n'était pas le seul à être conscient du petit béguin de Stiles le Shérif Stilinski avait pris l'habitude de nettoyer son arme à chaque fois que Derek était dans le coin, un message que Derek avait reçu haut et clair. Et chaque fois qu'il se surprenait à penser des trucs comme 'Stiles est en fait plutôt mature pour ses seize ans', il se rappelait Kate et se souvenait à quel point il se sentait mature, avec sa petite amie plus âgée, à quel point il était gonflé de son propre ego et au sommet du monde. Quand il eut fini de vomir, il se regarda dans le miroir et se jura qu'il ne traiterait jamais jamais Stiles de cette façon, que Stiles pouvait penser qu'il était assez mature pour avoir une relation avec un homme de vingt-quatre ans, bon dieu, Derek pouvait penser que Stiles était assez mature, mais il avait seize ans et ça concluait l'histoire ici et maintenant.

Le problème, c'est que le petit béguin ne disparu pas.

En fait, ça devint pire.

Stiles passa plus souvent du temps avec Derek, même quand il n'y avait rien en cours. Parfois, Derek pouvait entendre ses battements de cœur accélérer et il pouvait voir Stiles le regarder. Il pouvait dire que Stiles se donnait du courage pour quelque chose. Puis Stiles se parlait pour ne pas le faire et retournait à ce qu'il faisait avant. Mais Derek savait que ça ne durerait pas éternellement. Bon dieu, considérant le degré de self control de Stiles, ça ne durerait vraiment pas très longtemps.

Il commença aussi à faire le même genre de trucs pour Derek qu'il faisait pour Lydia. Des trucs comme 'Oh hey, j'ai vu que tu n'avais pas de mixeur alors je t'ai amené notre ancien et maintenant tu peux faire des milkshakes' ou 'sérieusement, c'est quand la dernière fois que tu as mangé autre chose que des pizzas. Je t'ai fait des courses' ou même 'est-ce que cet endroit peut même recevoir le câble, tiens, tu peux m'emprunter ma collection de dvd Buffy, comme ça tu auras quelque chose de décent à regarder'. C'était plus diffus, parce qu'il semblait avoir appris des erreurs qu'il avait faites avec Lydia, mais c'était quand même plutôt évident.

C'était aussi une façon pour Stiles de s'insinuer dans la vie de Derek, même quand il n'y avait pas de trucs de loups en cours. Stiles commença à se montrer de façon aléatoire, parce qu'il n'avait rien à faire ou Scott était avec Allison ou son père était toujours au travail et Derek réalisa pour la première fois à quel point Stiles pouvais se sentir seul.

Le pire, c'était qu'il aimait bien les visites aléatoires de Stiles. Il commença à les attendre, à reconnaître les pas de Stiles alors qu'il montait jusqu'au loft et entendait son propre cœur accélérer en réponse. Ils regardaient la télé ou parlaient de football ou parfois, Stiles s'enroulait sur le banc sous la grande fenêtre et faisait ses devoirs. Mais quand Stiles se laissa emporter par la fièvre de Lacrosse au début de classe de première et ne vint pas pendant une semaine et que Derek se retrouva à fixer la porte, à juste attendre, il réalisa que ça devenait trop sérieux. Il devait arrêter ça. Il a laissé les choses aller trop loin.

Alors la fois suivante, quand Stiles se montra, Derek se leva de son canapé et ouvrit la porte pour répondre avant que Stiles puisse rentrer comme il le faisait d'habitude. Il ouvrit et se servit de son corps pour bloquer le passage de Stiles.

« Stiles, tu ne peux plus venir ici », avait dit Derek et Stiles l'avait juste regardé, confus et blessé. « Je sais ce que tu essayes de faire, je sais… ce que tu ressens. Et ça n'arrivera pas. Alors tu dois juste… tu dois arrêter. »

La mâchoire de Stiles se durcit furieusement et il dit : « Je ne suis pas stupide, tu sais, j'ai vu la façon dont tu me regardes parfois. Tu ne peux pas me dire que tu ne ressens pas la même chose. Tu ne peux pas me dire que tu ne me veux pas aussi. »

Derek se tendit en entendant ça. Ça allait faire mal, mais c'était une douleur du genre 'arraché le pansement d'un coup'. Mieux valait en finir avec ça, rapidement et proprement. Alors il regarda sérieusement Stiles et dit : « Je. Ne. Veux. Pas. De. Toi. »

Et ferma la porte au nez de Stiles.

Stiles n'était jamais revenu au loft après ça. Même quand il y avait des trucs de meute et que Derek organisait une réunion, Stiles ne venait pas. S'il avait quelque chose à dire, il le disait à Scott à l'avance et Scott faisait le relais avec les autres. Quand ils étaient obligés de se voir, Stiles le traitait avec politesse et rien d'autre. Ils ne se disputaient plus. Si Stiles avait un problème avec quelque chose que Derek avait dit ou fait, il engueulait quelqu'un d'autre qui engueulait ensuite Derek personnellement. C'était comme un genre de 'téléphone arabe'.

Derek détestait ça, mais il pouvait se regarder dans un miroir et savoir qu'il avait fait ce qu'il fallait, qu'il avait peut-être blessé Stiles, mais que Stiles le remercierait plus tard quand il serait assez vieux pour comprendre.

Stiles termina le lycée, va à Columbia et ils ne se virent plus vraiment après ça.

La meute se sépare, parce qu'ils ne se sont jamais réellement liés de la façon dont ils auraient dû. Derek n'a jamais été capable de leur donné un foyer, une famille, pas comme un Alpha est supposé le faire. Il était trop endommagé pour être un Alpha. Avec le recul, il réalise qu'il aurait dû le savoir. Il n'aurait jamais dû essayer.

Mais il reste en contact, parce que peu importe s'ils ont construit une meute ensemble ou non, ces gens sont la seule famille qu'il lui reste. Et quand il quitte Beacon Hills, parce qu'il ne peut plus rester, c'est trop de douleur et trop de souvenirs, il leur donne sa nouvelle adresse. Il déménage quelque fois et finit dans le Wyoming. Il devient ouvrier dans un ranch, parce qu'être dehors lui convient et le dur labeur l'empêche de penser et l'aide à dormir la nuit.

Il n'y a pas de meute ici, mais c'est bien. Il ne veut plus faire partie d'une meute. Il a cessé d'être un Alpha le jour où le dernier membre de la meute a quitté Beacon Hills. Il s'est réveillé le lendemain du jour où Boyd est parti pour Seattle et il a su. Quand il s'est transformé, il a vu le bleu-argent briller dans ses yeux.

Ça lui allait, bien plus qu'il aurait cru l'être. Il n'a jamais voulu être un Alpha et il savait qu'il n'en était pas un bon. Il est un Omega maintenant, comme après la mort de Laura et ça lui convient parfaitement.

Les chevaux ne savent pas trop comment réagir avec lui, mais ils finissent par s'habituer après un moment. Le problème des coyotes dans le ranch s'évanouit quelques semaines après son arrivée, à la surprise des propriétaires. C'est une petite ville, seulement une centaine de personne et il aime ça. Il ne se mêle pas, est toujours poli mais toujours fermement distant. Les propriétaires du ranch lui donnent l'une des cabanes sur la propriété. Il peut courir tout son soûl, sortir et bouger, courir jusqu'à ce que ses démons soient derrière lui, même s'ils le rattrapent toujours quand il s'arrête.

Mais il reste en contact, parce que le loup en lui est un Omega, mais l'humain est toujours humain. Il échange des e-mail avec Boyd et Isaac, et prête l'argent dont Boyd a besoin quand il décide de monter sa propre entreprise en électricité (remboursable en cinq ans, sans intérêt), Scott et Allison l'invitent à leur mariage, mais il n'y va pas, parce que les Argent vont être crispé par le choix d'Allison, sans qu'il ne se montre en plus (En tout cas, c'est la raison qu'il donne, mais un certain plus-si-adolescent avec le crâne rasé va être le témoin et c'est une autre excellente raison de marquer la carte RSVP avec un 'décline avec regrets')

Il lit les articles que Lydia publie dans des journaux scientifiques, même s'il n'y comprend rien et occasionnellement, il voit les résultats des matchs de Jackson sur internet et lui envoie un mot de félicitation quand il le mérite. Il voit Erica à la télé et assiste même à la première d'un film avec elle, parce qu'elle était harcelée et qu'elle voulait quelqu'un de costaud et beau à son bras qui peut se prendre en charge. Il vole jusqu'à Los Angeles pour le week end. Elle essaye de le convaincre de rester plus longtemps, mais le lundi matin, il est parti.

Il parle avec Scott et Allison par Skype et est présenté à leur fille, un magnifique bébé avec des cheveux aile de corbeau et des yeux dorés. « Argent doit chier des briques, » dit-il à Scott qui rit. Il ne sait pas vraiment pourquoi Scott est resté en contact malgré toutes les fois où ils se sont battus, disputés et ont travaillés dans des buts qui se télescopaient uniquement parce qu'ils étaient tous les deux trop fiers et butés (et par 'tous les deux', il veut principalement dire 'lui-même') pour se parler. Mais Scott reste en contact et Derek aime voir le bébé loup-garou et entendre à quel point Chris est inflexible parce qu'il veut faire partie de la vie de sa petite-fille.

Les quelques fois où il pose des questions sur Stiles, il pense être subtil, même s'il ne l'est pas. Il dit des choses en passant comme, « Oh, tu n'as pas parlé de Stiles dernièrement, comment va-t-il ? » Scott répond toujours, mais il ne parle pas de Stiles de lui-même. Il se contente d'attendre que Derek montre son intérêt. Stiles vient de finir Columbia avec magna cum laude (grande distinction), Stiles est à l'académie de police, Stiles est revenu à Beacon Hills pendant un moment parce que son père s'est cassé la jambe au travail, Stiles cherche un travail, mais n'en a pas encore trouvé un. Derek est surpris que Stiles travaille comme policier plutôt que dans un service scientifique ou dans le profilage, mais il réalise plus tard qu'il ne devrait pas l'être, parce que par-dessus tout, Stiles a toujours idolâtré son père et veut suivre ses traces. Un jour, Stiles sera le Shérif d'une petite ville exactement comme Beacon Hills et se sera un rêve devenu réalité. Il aura une vie qui n'aura absolument rien à voir avec Derek ou les loups-garous.

Il est dans le Wyoming depuis quatre ans quand il entre dans le hall principal du ranch pour trouver Stiles juste là.

C'est début Octobre, alors les matinées sont fraîches maintenant et la saison touristique est quasiment terminée. Le ranch a quelques invités et il mène toujours des promenades à cheval chaque jour, mais ce n'est plus qu'une fois par jour au lieu de deux. Une fois l'hiver installé – ce qui peut arriver aux environs de Thanksgiving, ils ne sont pas très haut dans les montagnes, mais ils ne sont pas non plus au niveau de la mer – tout le ranch s'arrête. Il aura toujours ses corvées journalières à faire, mais à part ça, Il va principalement rester assis dans sa cabane, se chauffant avec son petit poêle et broyer du noir. Il est toujours super doué pour broyer du noir.

Au départ, il ne reconnaît pas Stiles et ne voit que l'adjoint en uniforme qui se tient là, discutant avec Carol, qui tient le bureau d'accueil. Chaque centimètre de l'uniforme est parfait : pantalon beige parfaitement repassé et ordonné, t-shirt blanc propre se montrant juste un peu par l'encolure d'une chemise beige parfaitement coordonnée, enrobé dans une veste vert olive parfaitement en ordre. Ils savaient qu'ils allaient avoir un nouvel adjoint. Carnes, l'ancien, a pris sa retraite au noël précédent. Personne n'était pressé d'en engager un nouveau, c'est un endroit tellement tranquille. Le Shérif Benson passe vérifier que tout va bien à l'occasion, mais Cedarville est une des plus petites villes du comté, alors il n'a pas besoin de venir très souvent.

Carol lève la tête quand il entre après ses corvées du matin, pensant aller à la cuisine pour un petit déjeuner, portant un t-shirt gris et sale et ses bottes. « Oh, Derek », dit-elle « Viens rencontrer le nouvel adjoint. C'est… est-ce que je le dis correctement ? Stilinski ? »

« C'est phonétique », dit Stiles et il se tourne pour regarder Derek, tournant ses lunettes de soleil par une branche. « Hey Derek. »

« Stiles ? » Les mots quittent Derek avec tout l'oxygène de son corps.

« Le seul et l'unique », dit Stiles. Le ton est un peu narquois, mais il y a toujours cette indifférence polie dedans et il ne sourit pas.

« Oh, vous vous connaissez ? » demande Carol.

« C'était il y a longtemps. » dit Stiles. Il se tourne vers elle et dit : « Enfin bref, comme je disais sur les feux de signalisation… »

Derek le fixe, essayant de percuter la façon que Stiles a eu de le regarder et ensuite juste… l'écarter. Complètement, totalement l'écarter. Rien sur le temps qui a passé ou qu'il est content de le voir (pourquoi a-t-il même espéré quelque chose comme ça ?), même pas un commentaire sur le fait qu'il sent comme du purin. Rien. Comme s'il n'était même pas là.

Tout ça est déjà assez dur à accepter, mais maintenant, il essaye de faire avec une vague de désir et un soudain instinct grondant de loup qui proclame que Stiles est sien, Stiles est de la meute et il veut à la fois embrasser Stiles jusqu'à ce qu'il soit bleu et frotter son odeur partout sur l'autre homme. Deux choses dont Derek est certain que Stiles n'apprécierait pas.

Parce que Stiles… a de l'allure. Il est incroyable. Sa corpulence s'est remplie : il n'est pas et ne sera jamais aussi charpenté que Derek, mais il n'a plus l'air d'une crevette à côté de lui. Il a laissé pousser ses cheveux qui partent en piques dans tous les sens maintenant. Du temps passé au soleil a doté sa peau d'un peu plus de taches de rousseurs et de grains de beauté et Derek veut mordiller chacun d'entre eux, veut enrouler ses mains dans ses cheveux et… Et l'uniforme, bon dieu, il n'y a tout simplement pas de mots pour décrire à quel point l'uniforme va bien à Stiles et ce que ça fait à Derek.

Il se secoue. Stiles n'a plus seize ans, c'est diablement évident, mais il est aussi clairement pas intéressé par une conversation avec Derek. Quand même, il ne peut pas s'en empêcher. Les mots sortent de sa bouche. « Qu'est-ce que tu fais là ? »

Maintenant, il y a de l'irritation sur le visage de Stiles. « Je travaille ici », dit-il, tapotant la plaque sur sa veste. « Nouvel adjoint. T'as pas écouté ? »

« Comme le monde est petit ! », dit vivement Carol. Elle n'est pas exactement fouineuse, mais elle… Non, corrige Derek. Carol est fouineuse. C'est juste qu'il n'y a aucune malice dans sa façon de faire.

« Tu savais que j'étais ici », dit Derek. « Tu n'étais pas surpris. »

« Scott me l'a dit », dit Stiles.

« Alors… Tu savais que j'étais ici quand tu as pris le travail ? », dit Derek. « Tu… es venu me voir ? »

Les yeux de Carol s'éclairent. Elle pense visiblement que c'est la journée la plus intéressante de l'année. Derek a, bien sûr, attiré sa part d'attention féminine, mais il les a toujours repoussées. Les rumeurs sur lui ont courus pendant longtemps, mais ça pourrait être une vraie confirmation.

« Non », dit Stiles, repliant ses lunettes et les plaçant dans sa poche de chemise. « Je suis venu ici parce que je voulais ce genre de travail, que la rémunération était bonne, qu'il y avait une maison que je pouvais louer dans le coin et que ce n'est qu'à une journée de route de Beacon Hills. Ta présence ne l'a pas emporté sur ces avantages. »

Derek tressaille à ces mots. La bouche de Carol s'entrouvre. Après un moment pour s'en remettre, Derek déglutit et dit : « Carol, les écuries sont faites. Peux-tu dire à Wyatt que le premier tour est à onze heures et que j'ai besoin qu'il vérifie Daisy avant. Elle favorise sa patte antérieure droite et je ne vais pas la sortir avant qu'il ne l'ait vue. »

« Euh, ouais, bien sûr », dit Carol, essayant de suivre.

Derek prend une profonde inspiration. « Merci » Il se tourne vers Stiles et montre une froide indifférence. « Adjoint », dit-il avec un hochement de tête.

Stiles hoche la tête en retour et Derek quitte le Hall aussi rapidement qu'il le peut sans se mettre à courir. Il prend quelques minutes pour avoir une dépression nerveuse silencieuse avant qu'il puisse aller à la cuisine pour un petit déjeuner. C'est malheureux, parce que ça veut dire que le temps qu'il y parvienne, Carol a déjà raconté à Sally, la cuisinière, tout ce qui vient de se passer.

« Ancienne flamme, hein ? » Demande Carol, fixant Derek alors qu'il regarde le menu. Le restaurant du Ranch est limité : ils n'ont que quelques options pour chaque repas qui changent tous les jours. « Ça a dû être une sacrée rupture. »

Derek lui jette un regard noir et dit : « Un hachis de bœuf, Sally. » Il n'a pas besoin de dire autre chose, parce qu'elle sait déjà comment il aime ses œufs et qu'il veut des pommes de terre sautées plutôt que des galettes de pommes de terre, avec beaucoup de poivre et d'oignons. Il ajoute en regardant Carol, « Sérieusement, tu ne vois pas qu'il a genre dix ans de moins que moi ? »

« Et ? », demande Carol, en haussant les épaules. « Willow a douze ans de moins qu'Hector », ajoute-t-elle en parlant des propriétaires du ranch.

« Ouais, mais ils se sont rencontrés quand Willow avait la vingtaine », dit Derek. « J'ai rencontré Stiles quand il avait seize ans. »

« Il n'a plus seize ans », dit Sally et laisse échapper un long sifflement. « Bordel, pourquoi les beaux gosses sont-ils gays ? »

Derek ne se donne même pas la peine de répondre. « Mon petit déjeuner, Sally. »

Elle lui rit au nez. Carol dit : « Eh bien, Sally, si tu veux lui jeter un coup d'œil, je l'ai invité à la danse, demain. »

Derek s'étouffe avec son café. « Quoi ? Pourquoi ?! »

« Qu'est-ce que tu en as à faire ? », demande Carol, amusée. « Tu ne viens jamais aux danses. »

« Parce que – » Derek lui jette un regard mauvais. « Parce que tu ne le connais même pas. »

« Heu, et c'est pour ça que je l'ai invité, Derek, pour apprendre à le connaitre. C'est ce que nous faisons quand des nouveaux arrivent en ville. De toute façon, », continue-t-elle vivement, « Il ne vit même pas à Cedarville. C'est l'adjoint pour trois villes et sa maison est à Aspen. Il a dit qu'il venait juste d'emménager pendant le week-end et que c'était son premier jour. Il – Derek, ou est-ce que tu vas ? Et ton petit-déjeuner ? »

« Oublie-le », gronde Derek et il sort du restaurant comme un vent de tempête.

Il en est venu à aimer le ranch au fil des années à vivre ici. Il couvre des acres de terre jusqu'au pied des montagnes Teton. Il travaille avec les chevaux et la terre, alors il y a toujours à faire. Il s'occupe aussi de certaines randonnées et enseigne comment monter à cheval à l'automne et au printemps. Il n'est pas le meilleur des professeurs, mais personne ne s'est jamais plaint de lui.

Ce dont il a vraiment besoin là maintenant, c'est d'être dehors, pas d'être entouré. Alors il prend ses outils et va s'occuper des clôtures qui ont besoin d'avoir les poteaux changés. Il revient juste à temps pour la classe dont il s'occupe. Il y a environ une demi-douzaine d'inviter au Ranch pour le moment. Il n'est pas le plus bavard des guides, mais son physique rattrape ça. Willow a mentionné que le nombre de jeunes femmes du coin qui sont soudain devenues intéressées par la montée à cheval a doublé en deux ans, depuis qu'il a commencé à enseigner.

Il se débrouille pour passer toute la journée à l'extérieur avant de rentrer dans sa cabane et de se faire un sandwich. Il vérifie pour voir si Scott est connecté et comme il l'est, il l'appelle.

« Hey Derek ! » dit Scott, ou du moins Derek suppose que c'est Scott, puisque la webcam est penchée vers le bas. Elle est remise correctement quelques minutes plus tard et le visage de Scott est visible. Il a Annie sur ses genoux. Elle porte un petit pull avec des grenouilles dessus.

« Onc'e Derek ! » dit-elle en agitant la main. Personne ne lui a dit d'appeler Derek comme ça elle semble être venue à la conclusion que Derek est son oncle toute seule, en dépit du fait qu'ils ne se sont jamais vus en personne.

« Hey ma mignonne », dit Derek. Pour Scott, il ajoute : « Cette conversation pourrait impliquer des obscénités. »

Scott ricane et ensuite dit : « Va voir ta mère, okay ? » et laisse Annie descendre de ses genoux. « Quoi de neuf ? »

« Bordel, pourquoi tu m'as pas dit que Stiles venait ici ? »

Scott cligne des yeux. « Tu veux dire qu'il a pris le job dans le Wyoming ? » demande-t-il. La surprise sur son visage est sincère. Scott n'a jamais été doué pour mentir ou faire semblant. « Mince, je ne pensais pas qu'il le ferait. »

« Tu lui as dit que j'étais là ? »

« Ouais, ouais, il me parlait des différentes offres qu'il avait. Il disait qu'il en avait eu une dans le Wyoming qui était pour l'instant la meilleure et j'ai dit «'Oh, où dans le Wyoming ?' et il me l'a dit et j'ai dit 'Putain de merde, c'est là que Derek se planque' et il a juste dit 'oh' et après ça, n'a plus rien dit du tout. Je me suis dit que c'était un 'ok, je suppose que je ne prendrais pas ce job' immédiat, sinon je t'aurais prévenu. Mais je suppose qu'il voulait suffisamment le job pour que… »

Scott voit l'expression sur le visage de Derek, la façon dont il a l'air de se vider de son sang par une blessure interne. « Je suppose que ça, euh, ça ne s'est pas très bien passé. »

« Il ne m'a même pas regardé. », dit Derek en essayant de ne pas laisser son amertume se montrer dans sa voix.

Scott se frotte l'arrière du crâne. « Ouais… Je suppose qu'il est toujours super énervé. »

« Sans déc, Sherlock. » dit Derek. « T'as d'autres conseils utiles ? »

Scott lève les mains comme pour se rendre. « Hey, je reste en dehors de ça. Je suis resté en dehors à ce moment-là et je reste en dehors maintenant. Tu devras juste trouver l'adulte mature et responsable que je sais être là quelque part et le traiter comme un adulte mature et responsable. »

Comme le statut d'adulte mature de Stiles est la moitié du problème, Derek ne poursuit pas la conversation. Il essaye de se rappeler depuis combien de temps ils ont quittés Beacon Hills. Sept ans ? Huit ? Il n'a pas vraiment suivi le temps qui a passé. De toute façon, Stiles est au milieu de la vingtaine et en théorie, ça le place dans l'âge adulte.

Il regarde un film sans en voir une seule image et lorsqu'il va se coucher, il reste à fixer le plafond pendant un long moment.

Les week-ends sont les moments les plus occupés au Ranch. Il n'a pas vraiment de jour de repos à proprement dit, parce que les chevaux ont toujours besoin d'être pansés, mais certains jours sont plus occupés que d'autres. C'est un « travail jusqu'à ce qu'il n'y ait plus rien à faire » pendant la semaine et ça ne l'embête pas. Mais les week ends, c'est là où ils ont le plus de touristes, font le plus de randonnées et donnent la plupart des leçons.

La danse du samedi soir est quelque chose que Willow a mis en place l'année précédente et qui est devenue très populaire. Ils l'accueillent une fois par mois et ça alterne entre de la danse en ligne et de la danse en quadrille. Derek n'est jamais allé à aucune parce qu'il ne sait pas danser, n'a aucune envie d'apprendre et ne veut pas voir les femmes le zieuter de façon spéculative une soirée entière. Et il ne va certainement pas aller à celle-ci. Il se fiche que Stiles ait été invité.

Malheureusement pour lui, Carol pense autrement. Elle vient à sa cabane à sept heures, une heure et demie avant que la danse débute. « Allez, hop hop ! » dit-elle, « tu ne pas porter ça. Va te doucher ! »

« Quoi ? » demande Derek. « Carol, je – »

« Nope », dit-elle. « Absolument pas. Si tu n'y vas pas, tu vas passer la prochaine semaine à te morfondre parce que tu n'y es pas allé. Tu devrais au moins essayer de lui parler. »

« Parce que ça s'est tellement bien passé hier », dit Derek.

« T'as été pris par surprise », dit Carol. « Je sais que tu as passé les dernières 24h à penser à toutes les choses que tu aurais aimé pouvoir dire. Donc, c'est ta chance d'en dire certaines. Douche. Maintenant. »

« C'est bon, j'y vais », dit Derek, principalement parce qu'il travaille avec Carol depuis assez longtemps pour savoir qu'elle ne laissera pas tomber et qu'il est plus facile de faire sortir de sa cabane en faisant ce qu'elle dit. Il saute dans la douche et en sort dix minutes plus tard pour la trouver fouillant dans sa garde-robe. « Sors de là. »

« T'as autre chose que des jeans et des t-shirts ? » demande-t-elle.

« Je travaille dans un putain de ranch », claque-t-il. « Qu'est-ce que je devrais avoir d'autre ? »

Carol soupire. Elle lui rappelle Laura parfois – autoritaire et avec cette attitude de 'je sais mieux que toi' – même si Laura arrivait mieux à le manier. Il peut l'admettre maintenant, avec le recul. « Celui-là », dit-elle en lui jetant un col V bordeaux. Ensuite, elle lui jette un nouveau coup d'œil. « Rase-toi ! C'est quoi ton problème ? »

Derek frotte une main contre sa barbe.

« C'est quoi le problème avec mon visage ? »

« On dirait un ours qui sort d'hibernation. Rasoir. »

Grondant, Derek va dans la salle de bains et se rase. Son visage lui semble étrange après. Il n'arrive pas à se souvenir de la dernière fois où il a été rasé de frais. Il met le t-shirt bordeaux et le jean noir usé que Carol lui donne et lace ses bottes. Elle prend la pose et l'examine. « Ça ira », dit-elle finalement et l'attrape par le poignet.

La danse est en plein swing quand ils arrivent. Derek scanne la piste pour trouver Stiles, mais en le voit nulle part. Il ne sait pas s'il est déçu ou soulagé. De toute façon, ça ne dure pas, puisqu'une minute plus tard, il repère Stiles se tenant près de la table des rafraichissements. Il est habillé décontracté avec une de ces chemises à carreaux qu'il portait toujours au lycée et une paire de jeans. Il sourit – correction, il rit – et la vue envoie une soudaine et inexplicable douleur à travers le torse de Derek.

« Va lui parler », ordonne Carol sévèrement. « Tu ne sais pas danser de toute façon. »

Derek soupire, mais avance. Il attrape un verre de limonade sur la table et considère l'idée d'avoir une bière à la place. Sûrement, cette conversation se passerait mieux avec de l'alcool. Mais il approche Stiles parce que, merde, il est adulte, ils le sont tous les deux et ça ne peut probablement pas être pire que la façon dont Stiles lui a claqué une porte métaphorique au nez la veille.

« Hey euh… Hey Stiles », dit-il et grimace à sa tentative de paraître décontracté. « Alors euh… Comment tu trouves Cedarville ? »

« C'est sympa », dit Stiles, sur un ton complètement neutre.

« Je suppose que tu viens juste d'emménager, hein ? »

« Semaine dernière. » acquiesce Stiles.

Derek se triture les méninges pour un sujet de conversation qui détendrait Stiles. « Comment va ton père ? »

« Bien », dit Stiles.

Les réponses d'un et deux mots commencent à faire flipper Derek. Il n'a jamais connu Stiles aussi peu communicatif. Si c'est l'idée que Stiles se fait de se conduire en adulte responsable, c'est plus douloureux que de coller sa langue dans un nid de frelons. Il pense que parler d'amis communs pourrait aider. « Alors euh, j'ai entendu dire qu'Allison était encore enceinte. »

« Je sais », dit Stiles.

Derek cherche un pont qui lui permettrait de traverser.

« Et toi ? Tu as euh tu vois quelqu'un ? »

« Peut-être, » dit Stiles. « Peut-être pas. » Il y a une pause bien marquée. « Peut-être que tu devrais aller te faire foutre. »

Au moins, ce sont des réponses de plus de deux syllabes. Derek pense qu'il devrait peut-être en être content. Au moins, la réponse est très Stiles-esque. « Ok, j'aurais pas dû – »

« Non », dit Stiles. « T'aurais pas dû. » Pour la première fois, il y a une émotion dans sa voix. « Ouais, j'ai eu des petits amis. J'ai eu des petites amies. J'en ai eu beaucoup. Tu sais pourquoi ? Parce qu'après que tu m'aies claqué la porte au nez, j'étais tellement désespérer de me sentir voulu que je suis sorti avec tous ceux qui m'ont demandé et j'ai baisé avec tous ceux qui étaient prêt à me toucher. Ok ? T'es content maintenant, Derek ? »

Derek recule d'un pas. « Je ne voulais pas – »

« Tu sais quoi ? J'en ai rien à foutre de ce que tu 'voulais'. Je ne veux rien avoir à foutre avec toi. Je suis venue à cette stupide soirée pour rencontrer des personnes qui ne sont pas toi, maintenant, dégage de mon chemin avant que je t'asperge de bombe au poivre. »

Derek déglutit et hoche la tête. « Je – ok, ouais. » dit-il et se détourne.

Carol le rattrape alors qu'il va passer la porte. Il se tourne et lui gronde dessus, c'est un miracle qu'il ne se transforme pas. Même comme ça, elle le lâche, prise par surprise par l'expression sur son visage et le laisse quitter la pièce. Il commence à courir au moment même où il est à l'air libre et ne s'arrête pas avant d'être à un bon kilomètre. Il lève la tête et hurle.

Les loups hurlent pour signaler la position de leur meute, mais Derek n'obtient aucune réponse.