Dans ce chapitre, une bonne grosse dose de angst et une dose de Fluff
Je dirais que ce chapitre est celui charnière ^^
Encore deux chapitres et ce sera terminé :D
Bonne lecture ^^
RAR
Mathou56 : Derek avance, pas vite, mais il avance ^^ On a toutes et tous envie de les prendre tous les deux dans nos bras après leur avoir collé une baffe loool J'espère que el chapitre 3 va te plaire ;)
Derek doit reconnaitre avoir eu l'espoir enfantin que ce que ce qui s'est passé sur la glace allait magiquement tout arranger. Ça n'arrive pas. Le jour suivant, Stiles est à nouveau poli, même amical, mais n'est toujours pas Stiles. Derek sait que l'adolescent qu'il a connu est toujours là, parce qu'il voit Stiles rire avec Hector et Willow, il regarde alors que Stiles bavarde avec Carol à propos du nouveau film Star Trek et d'à quel point il est excité de le voir, il peut voir son Stiles sous la surface. Mais dès qu'il est dans le coin, Stiles… se renferme.
Même ainsi, la connexion qu'ils ont forgé au ranch, cette nuit-là est toujours présente, hésitante, subtile, mais présente. Derek voit Stiles le regarder parfois, quand il pense que Derek ne le verra pas. Et il commence à sentir à nouveau son désir, et ça n'était pas là avant. Ce léger intérêt réprimé quand ils sont tous deux proches.
Il pense que ça aidera, mais c'est l'inverse. Parce que le fait qu'ils en aient parlé – même un peu, mais quand même – et le fait que Stiles lui porte de l'intérêt mais continue de ne rien faire, est une torture encore pire que Stiles le haïssant. Parce que chaque fois Derek le voit, il veut Stiles si fort, veut le tenir, supplier son pardon, lui crier dessus. Il ne sait pas ce qu'il veut. Il veut juste et l'espoir le tue.
Stiles commence à prendre les leçons pour apprendre à monter à cheval que le ranch offre, en mai. Il « Pense que ça pourrait être utile. », et pour être honnête, Derek ne peut pas le contredire. L'élevage est le style de vie du coin et il y a des endroits qui sont difficile à atteindre en voiture. Si un randonneur se perd dans les bois, par exemple, Stiles aura plus de chances de se joindre aux recherches s'il a l'habitude des chevaux.
Ils sont difficilement seuls ensembles – la classe a son habituel troupeau de jeunes femmes – mais quand même, Derek ne peut s'empêcher de prêter plus d'attention et de temps à l'adjoint. Si quelqu'un demande, il dira simplement et honnêtement, qu'il pense qu'il est plus important que Stiles sache ce qu'il fait. Pourtant, le premier jour où il sort des écuries pour voir Stiles portant une chemise à carreaux, un jean, des bottes d'équitation et même un adorable chapeau de cowboy, il n'est pas loin de faire une crise cardiaque. Il doit lui tenir les mains pour les placer correctement sur les rênes et ce sont des mains d'adultes maintenant. La même taille, mais plus rugueuses, plus calleuses, des mains de travailleur. Ça leur envoie à tous deux une décharge électrique. Derek doit prendre des douches froides les trois jours suivants. Même dans son sommeil, il peut toujours entendre la façon dont les battements de cœur de Stiles ont accéléré.
Mais ça ne compte pas et c'est ce qui est le pire. Peu importe à quel point ils sont à l'aise en présence l'un de l'autre, comment ils commencent à travailler ensemble, à se respecter, Stiles ne le laisse toujours pas avancer dans leur relation. Il refuse simplement d'aller dans cette direction et Derek ne sait pas quoi faire de ça.
C'est lors d'une magnifique journée de la mi-août que les choses changent. Derek est au bureau, discutant avec Carol et Hector, quand Stiles débarque au ranch avec un sac de voyage à l'épaule et Cass en laisse. Il est pâle en dépit de la chaleur. Ses lèvres ont l'air exsangue. Et son odeur ne va pas du tout. Derek sent la peur sur Stiles, lui que n'a jamais peur. Il demande : « Quoi, qu'est-ce qui se passe ? »
« Je – mon père s'est fait tirer dessus », dit Stiles, légèrement haletant. « Je dois aller en Californie. Je – je n'ai pas le temps de trouver une solution pour Cass, j'ai pensé – »
« Seigneur, Stiles », dit Derek.
« J'ai déjà parlé au Shérif Benson, il va faire en sorte que l'adjoint Wilkins me couvre. » Stiles vibre quasiment sur place. Hector a déjà pris la laisse de Cass et accepter le sac. « Quelques – ils y a quelques jouets et sa nourriture dedans. Sa couverture préférée et des trucs, comme – comme la dernière fois. Je – »
« Allez, allez, on prendre soin d'elle », dit Hector.
Derek l'attrape par le poignet. « Je viens avec toi. »
« Derek, je ne – »
« Tu ne devrais pas être seul », dit fermement Derek. « Et tu n'es certainement pas en état de conduire de toute façon. »
Stiles ne peut pas vraiment lui donner tort. Il hoche simplement la tête. « Nous – j'ai pris un billet pour la navette qui part de Rocks Springs », dit-il. » Tu peux probablement en avoir un également. »
Derek hoche la tête. Puis il réalise qu'il aurait dû vérifier avec son patron avant de décider de partir. Il se tourne vers Hector. « Je – »
« Va, sors d'ici ! » dit Hector, avec un geste de la main. « Wyatt et moi pouvons nous en sortir pendant quelques jours. »
Derek hoche encore la tête et rejoint Stiles. Il fait déjà tourner le moteur. Derek saute derrière le volant. Ils utilisent les gyrophares, mais pas la sirène. Il y a peu de trafic, alors ils n'en ont pas vraiment besoin.
« Que – Qu'est-ce qu'on sait ? », demande-t-il.
« Quelqu'un a essayé de braquer le magasin d'alcool », dit Stiles. « Papa essayait de le calmer, un autre client a taclé le mec et le coup de feu est parti. C'est – c'est tout ce que je sais. L'hôpital a dit qu'il était au bloc. Je n'ai pas eu plus de détails. »
Derek hoche la tête et se concentre sur la route. Il y a plusieurs places libres dans la navette qui les emmène de Rocks Springs à Salt Lake City. Il appelle à l'avance et leur prend deux billets pour le prochain avion qui va à Sacramento. L'un dans l'autre, il sera le milieu de la journée quand ils arriveront.
Ils ne parlent pas beaucoup, mais Derek sait que Stiles est réconforté par sa présence, il le sait grâce à son odeur et ses battements de cœur. Il sait quand Stiles s'enfonce dans une spirale sans fin d'inquiétude et Derek lui prend l'avant-bras, écoute son pouls ralentir. Malgré tout, il est une loque lorsqu'ils arrivent à Beacon Hills et il n'a rien mangé de la journée, même s'il a eu beaucoup trop de café. Il est trop nerveux pour attendre que Derek loue une voiture, alors ils prennent un taxi qui les amène à l'hôpital.
Beacon Hills a l'air pareil. Ça sent pareil. Derek ne peut s'empêcher de regarder. Ça ne lui a pas manqué, mais ça fait plus mal d'être de retour que ce à quoi il s'attendait.
Ils sont salués par une infirmière qu'il ne connait pas, qui leur dit que le Shérif Stilinski est sorti du bloc et leur montre le chemin jusqu'à la chambre. Après des heures dans un avion Derek est tendu, surexcité et prêt au pire. Ce qu'ils découvrent, c'est un Shérif alerte assis sur son lit. Il a une jambe en suspension, mais à part ça, il a l'air d'aller très bien. « Stiles ! », dit-il, accueillant son fils avec un grand sourire. « Hey gamin ». Ensuite, il découvre Derek et hausse les sourcils de surprise. « Hey Derek. Ça fait longtemps. »
Derek hoche la tête et Stiles se précipite, mais se retient à la dernière minute, comme s'il avait peur que respirer trop fort ne mette son père en pièce.
« Tu – tu vas bien ? », demande-t-il.
« J'ai eu des jours meilleurs », admet son père. « Heureusement, j'ai été touché dans le gras de la cuisse et ça a raté l'artère fémorale. Je vais devoir rester allongé un moment, mais ça aurait pu être pire. »
Stiles s'assoit lourdement sur la chaise près du lit. « Seigneur, papa, je… J'ai cru… Quand ils m'ont appelé, j'ai cru… » Il s'étouffe sur les mots, les larmes coulant sur ses joues pales et son père l'attire dans un câlin. Derek se faufile hors de la chambre, parce qu'on n'a pas besoin de lui ici.
Il appelle Hector pour lui faire savoir que le père de Stiles va bien et ensuite, il appelle pour se prendre un billet de retour. Hector ou Carol pourront venir le chercher à Rock Springs. Ça ne les embêtera pas.
Stiles a pensé aux affaires pour sa chienne, mais rien pour lui et Derek est parti avec ce qu'il avait sur le dos. Il est quasi sûr que Stiles trouvera de quoi se changer dans la maison de son père, mais lui n'a rien, même pas une brosse à dents. Il se prend une chambre au motel 6 aux abords de la ville, puis s'arrête à un Wall-Mart pour s'acheter des sous-vêtements de rechange, des chaussettes et un t-shirt. Il peut porter le même jean. Il achète du déodorant, du dentifrice et une brosse à dents. Il s'achète également une bouteille d'eau et une pour Stiles, parce qu'il est sûr que Stiles n'est pas prêt de quitter la chambre d'hôpital de son père.
Mais lorsqu'il revient, il ne rentre pas dans la chambre, parce que Stiles et son père discutent et il ne veut pas les interrompre. Il s'assoit par terre dans le couloir et les écoute parler du nouveau bébé d'Allison et Scott (Alyssa, une autre fille Scott est légèrement déçu, mais ça leur donne une excuse pour essayer à nouveau) et à quel point Stiles aime monter à cheval (il pouvait à peine marcher après sa première leçon.) et comment Stiles va tabasser le bon samaritain qui a taclé le suspect au magasin d'alcool (sérieux, mec, c'est quoi ce bordel) et est-ce que le shérif mange ou non ses légumes (la réponse est non).
Leurs conversations vont et viennent et Derek rêvasse pendant qu'il attend, pas sûr de savoir s'il doit les interrompre ou parler du repas. Finalement, après presque une heure, le Shérif Stilinski dit : « Alors… Tu as amené Derek avec toi, hein ? »
« Quoi ? Non », dit Stiles. « Il est juste venu. Je ne lui ai pas demandé de le faire. »
Il y a une pause, puis Stilinski soupire. « Vraiment Stiles ? Ça fait quoi ? Huit mois que tu es là-bas maintenant ? Et vous n'avez toujours pas arrangé les choses ? »
« Il n'y a rien à arranger », dit Stiles.
« Oh, s'il te plaît », dit son père. « Tu crois que je ne te connais pas mieux que ça ? Pourquoi prendre le travail dans le Wyoming si c'était juste pour tourner autour du problème, comme l'enfoiré têtu que tu as toujours été ? J'ai le droit de le dire, je suis ton père. »
« J'aimais l'offre du Wyoming », dit Stiles avec raideur.
« Tu crois que je suis sénile ? Tu réalises que j'étais là quand tu faisais les cent pas dans la cuisine, marmonnant les avantages et les inconvénients ? Et que j'ai remarqué que Derek était dans les deux catégories ? »
« Papa », dit Stiles. « Je ne veux pas en parler, d'accord ? »
« Non », dit Stilinski. « Je suis quasi sûr que ce n'est pas d'accord. » Il se tait un instant. « Toujours en colère, hein ? »
« Laisse-moi reformuler : Je ne veux vraiment pas en parler. »
« Ecoute gamin », dit Stilinski. « Je sais qu'il n'est pas facile de se remettre d'un cœur brisé. Et je sais que Derek t'a vraiment blessé. Mais n'es-tu pas assez âgé maintenant pour accepter, même s'il a été un vrai con, qu'au moins, il ne pensait qu'à ton bien ? »
Derek se retient à grand peine de sauter sur pieds et crier : « Exactement ! Merci ! » Le fait que quelqu'un le comprenne lui donne envie de pleurer.
« Oh ouais », dit Stiles, « en me disant qu'il gèlerait en enfer avant qu'un mec comme lui s'intéresse à moi, c'était totalement pour mon bien. »
« Tu es injuste avec lui », dit Stilinski, « et je sais que ce n'est pas ce qu'il t'a dit. Tu avais seize ans, Stiles – »
« Dix-sept », dit fortement Stiles. « J'avais dix-sept ans quand il m'a claqué la porte au nez et il ne le savait même pas. »
« C'est pas comme si tu l'avais invité à ta fête », pointe Stilinski, « ou comme si ça faisait une grosse différence. Tu étais quand même plus jeune que lui. Une différence d'âge comme celle-ci, ce n'est pas grave quand tu as la cinquantaine ou même la trentaine, mais à l'âge que tu avais… S'il avait posé un doigt sur toi, je l'aurai éventré. »
« Merci papa. Ça c'est du soutien. »
« Tu sais ce que je veux dire. »
« Je sais qu'on était ami. Il était le premier ami que j'avais à part Scott. Et il m'a dit que je ne pouvais plus faire partie de sa vie sans un putain de mot d'explication. Il ne m'a pas cru assez intelligent pour que, même si j'avais des sentiments pour lui, nous puissions être simplement amis. Il m'a traité comme un gamin et il m'a menti. Je sais que même s'il ne voulait pas sortir avec moi, il aurait quand même pu être mon ami. »
Stilinski ricane. « Tu n'as aucune idée de l'effet que tu as sur les gens », dit-il. « Surtout sur lui. Tu crois que s'il t'avait laissé faire ton chemin jusqu'à son cœur, il aurait été capable de te dire non ? Tu l'aurais entortillé autour de ton petit doigt en moins d'une semaine. »
« C'est tellement injuste. »
« C'est pas que je doute de ton self-control », dit Stilinski. « Clairement, il était plutôt bon. Mais il était dingue de toi, Stiles. Sérieusement, il vient de tout laisser tomber pour prendre l'avion avec toi ? Et j'ai entendu parler de ce qui s'est passé au lac. »
« Quoi ! Comment tu es au courant de ça ? »
« Tu l'as dit à Scott, qui l'a dit à sa mère, qui me l'a dit », dit Stilinski. « Spécifiquement, elle m'a dit que Derek a sauté à l'eau pour te chercher. »
« Oh allez, tout le monde s'extasie comme s'il n'était pas un loup-garou – »
« Les loups-garous ne peuvent pas se noyer ? Ou geler à mort ? »
Stiles répond par un silence buté.
« Pas seulement ça », dit Stilinski. « Mais aussi qu'il n'a pas quitté l'eau tant qu'il n'était pas sûr que tu ailles bien. Mais tu sais quoi, Stiles ? Ce n'est pas ce que je trouve le plus intéressant. Rien de tout ça ne me surprend. Ce qui me surprend, c'est que c'est ce tu as dit à Scott. Ce qui veut dire que c'était important pour toi. Que tu en comprends la signification, que… ça t'a touché. »
« Le mec risque sa vie pour moi, je ne suis pas supposé être touché ? »
Stilinski pousse un gros soupir. « Stiles », dit-il, « Tu veux pas me rendre service et te sortir la tête du cul ? »
Stiles lui grogne dessus.
« Ça fait neuf ans, fils. Tu ne t'es jamais dit que, peut-être, tu devrais lâcher prise ? Qu'en t'accrochant comme ça, tu te faisais du mal ?
« Merde, papa, je ne sais pas ce que tu attends de moi. »
« Je veux que tu sois heureux », dit le Shérif, « et aussi longtemps que tu bloqueras là-dessus, tu ne le seras pas. Est-ce que tu en as parlé avec lui ? Tu l'as laissé s'expliquer ? Ou tu lui as juste mis ton poing dans la figure ? »
« Pour l'amour du ciel, je ne lui ai pas mis mon poing dans la figure ! »
« Donc, tu l'as menacé de le faire. »
« Peut-être », marmonne Stiles.
Stilinski soupire. « Fils », dit-il, « s'accrocher au passé n'a jamais fait de bien à personne. Vous avez besoin de régler ça. Et si tu dois le frapper, et bien, fais-le. Je suis sûr qu'il le mérite pour quelque chose. Mais si tu penses que tu ne peux pas dépasser, alors au moins, dis-lui pour qu'il puisse arrêter d'espérer. Parce que j'espère que tu réalises que tu lui fais exactement ce qu'il t'a fait. Le repousser sans une explication et le traiter comme un enfant. »
« Ouais, et bien, il me fait maintenant exactement ce qu'il pensait que je faisais », claque Stiles. « Il agit comme si j'étais obligé d'avoir une relation avec lui, même si je ne suis pas à l'aise avec ça. Même si c'est absolument pas ce que je faisais ! Parce qu'il semble oublier que c'est lui qui en a parlé, pas moi. Etre ami m'allait très bien. C'est lui qui m'a viré parce qu'il a supposé que j'allais faire quelque chose de mes sentiments. Juste parce qu'il pouvait les sentir. Putains de loups-garous ! »
« Peut-être que ça fait de toi un hypocrite d'être en colère à cause de ça », dit Stilinski. « Et peut-être qu'il en est un également. Tu pourrais essayer quelque chose de révolutionnaire, comme décidé que vous avez merdé tous les deux. »
Stiles est silencieux pendant une longue minute. « C'est juste… C'est pas facile de dépasser quelque chose comme ça. Je l'aimais. Je l'aimais vraiment. »
« Je sais gamin », dit le Shérif. « Je sais. »
Derek se lève après ça, pace qu'il a entendu tout ce qu'il voulait ou avait besoin d'entendre. Parce que le Shérif a raison et il aurait dû le réalisé il y a longtemps. Ce n'est pas facile de ne pas s'accrocher au passé. Mais parfois, on doit le faire. Comme avec Stiles, ce qui fait le plus mal est ce qui est nécessaire.
Il marche un peu au hasard dans la ville, passant devant les endroits dont il se souvient pour une raison ou une autre. Le lycée, la clinique de Deaton, le poste de police. Il a tellement de souvenir à Beacon Hills et il souhaite n'être jamais revenu. Il l'a fait pour Stiles et il ne le regrette pas, mais il ne veut pas être ici.
Inévitablement, ses pas le mènent hors de la ville, jusqu'à l'ancienne propriété Hale. Ça ne lui appartient plus. Il l'a vendue à la ville avant de partir, pour un dollar symbolique. Ils ne lui ont pas demandé son opinion sur ce qu'ils devraient faire de la maison et il n'en a pas donné. Ils pouvaient en faire ce qu'ils voulaient, il ne voulait pas savoir.
Il n'est pas surpris de découvrir que la maison a été rasée. Elle était condamnée de toute façon et en aucune condition pour être habitable ou assez stable pour être reconstruite. Ce qui le surprend, c'est que quelqu'un a planté un arbre en mémoire. Il y a même une plaque pour commémorer toutes personnes qui sont morte à cet endroit. Derek s'agenouille à côté et lit les noms de ses parents, de ses frères et sœurs, laissant ses doigts courir sur le métal. Tout le monde est inclus. Même Laura. Même Peter.
Il s'assoit, le dos contre l'arbre, regardant la course du soleil et laissant son cerveau au repos pendant quelques temps. Il ne sait pas combien de temps passe, mais il fait presque nuit quand il entend les bruits de pas. Des pas familiers, un cœur familier.
« Je pensais bien te trouver là », dit Stiles.
Derek hoche légèrement la tête. « Est-ce que… C'est toi qui a fait ça ? »
« Quoi ? Non », dit Stiles avec un geste de la main. « Je n'aurais même pas su ce qui convenait. Scott et Allison l'ont fait. Chris a payé. Il a dit… que c'était le moins qu'il puisse faire. »
Derek hoche à nouveau la tête. Il ne peut pas expliquer pourquoi ça le blesse, pourquoi, quand il a vu l'arbre, il a cru, ou du moins, espéré que Stiles était celui qui avait créé le mémorial. C'est le genre de choses que Scott fait, il aurait dû le savoir, mais ça fait mal quand même.
« Alors euh… Papa va bien », dit Stiles. « C'est une blessure légère », dit-il avec la voix de Monty-Python. Derek essaye de sourire. « Je vais rester jusqu'à ce qu'il sorte de l'hôpital, être sûr qu'il est bien installé à la maison et qu'il a tout ce qu'il lui faut. Mais euh, t'es pas obligé de rester. Je sais qu'il y a beaucoup de boulot au ranch en cette saison. »
Derek hoche la tête avec la sensation qu'elle est prise dans un étau. « Je me suis déjà pris un billet de retour », dit-il.
« Oh », dit Stiles. « Tu veux euh, tu veux rester à la maison ce soir ? » demande-t-il.
Cette fois, Derek secoue la tête. « J'ai réservé une chambre d'hôtel. »
« Ok. » Stiles se dandine d'un pied sur l'autre. « Euh, ok. Passe le bonjour à Hector et aux autres et dis leur merci et… Je pense être de retour dans une semaine. » Il y a un silence étrange, puis il dit : « Ecoute hum… quand je serais de retour… »
Derek le coupe. « Je ne serais plus là. »
Stiles s'arrête. Il le fixe lentement. « Que… Qu'est-ce que tu veux dire ? »
« Je peux plus faire ça, Stiles », dit Derek. « Je peux plus continuer à espérer. Ça fait trop mal. J'ai fait une erreur et je dois vivre avec. Les choses ne seront plus jamais les mêmes entre nous et je dois l'accepter. C'est pire pour nous de se raccrocher comme ça. »
Stiles déglutit. « Où… Où est-ce que tu vas aller ? »
« Je ne sais pas », dit Derek. « Là où le vent me portera. J'ai de l'argent, tu sais. Je travaille pour Hector simplement pour m'occuper. Je trouverais autre chose. J'ai juste besoin d'un jour ou deux pour récupérer mes affaires. »
« Derek… »
« Non », dit Derek. « S'il te plaît, non. Je sais que tu ne peux pas me pardonner. J'ai essayé d'agir au mieux, mais j'ai merdé, comme tout ce que je faisais à cette époque. Peu importe ce que je faisais, c'était toujours la mauvaise chose. Et me voilà maintenant, toujours merdique, essayant de reconstruire une relation qu'on ne pourra jamais ravoir. Voulant que tu sois le Stiles que tu étais à seize ans ce qui est stupide, parce que j'aurais pu avoir le Stiles de seize ans, mais je l'ai repoussé. J'ai raté ma chance. » Il se remet sur ses pieds. « Je suis vraiment désolé de t'avoir blessé de cette façon, Stiles », dit-il. « Je sais que ça ne fait pas beaucoup de différence maintenant, mais je le suis. »
Stiles fait un petit bruit de gorge alors que Derek s'éloigne. Un bruit désespéré, blessé et perdu. Mais Derek continue de marcher, fermant la porte métaphorique une dernière fois.
OoOoO
Derek ne s'embête même pas à aller à l'hôtel. Il passe simplement la nuit assis à l'aéroport. Il pense même à ne pas retourner à Cedarville, mais finalement, décide qu'il y a des choses qu'il veut récupérer, quelques livres et des cadeaux que Laura lui a fait. Alors, il monde dans l'avion, prend la même navette pour retourner à Rock Springs et appelle Hector pour qu'il vienne le chercher.
Ils ne parlent pas beaucoup. Derek explique juste, honnêtement, que Stiles et lui ont discuté et qu'il pense qu'il vaut mieux qu'il parte. Hector semble comprendre qu'il ne pourra pas le faire changer d'avis, donc il dit simplement « Tu nous manqueras » et continue de rouler sur l'étroite deux voies.
C'est le soir lorsqu'ils arrivent. Derek s'excuse de ne pouvoir donner un préavis de deux semaines, mais dit qu'il a accepté d'être parti avant le retour de Stiles. Il passe quelques heures à emballer ses affaires. La cabane était meublée, alors il y a seulement quelques cartons de livres, de vêtements et d'autres affaires personnelles. Il garde une tenue de rechange pour le lendemain et emballe tout le reste avant de le mettre dans la Camaro. A ce moment-là, il est tard. Scott l'appelle trois fois sur Skype, mais Derek ne répond pas. Il s'emmitoufle dans une couverture et dort d'un sommeil sans repos.
Le lendemain matin, il se lève tôt, mais Carol le convainc de prendre un petit déjeuner et il ne peut résister à l'envie de prendre un dernier repas préparé par l'incroyable talent de Sally. Il s'assoit à sa table habituelle, près de la fenêtre et elle lui amène un steak et des œufs. Carol le rejoint et s'assoit en face de lui.
« Je suis désolée que ça n'ait pas marché entre vous », dit-elle.
Derek hoche un peu la tête.
« Tu es sûr que c'est mieux comme ça ? » demande Carol.
Il hoche encore la tête.
« Tu es sûr qu'il pense que c'est mieux comme ça ? » persiste Carol.
Un autre hochement.
« Tu es vraiment sûr ? »
« Bon dieu, Carol, pourquoi tu ne me lâches pas la grappe avec ça ? » demande Derek.
« Parce que hum », dit Carol. « Il vient d'entrer. »
Derek se retourner si vite qu'il manque de tomber de sa chaise et c'est vrai, Stiles est là. Il porte les mêmes vêtements que la dernière fois que Derek l'a vu et d'après leur aspect, il les a portés tout ce temps. Clairement, il n'a pas pris de douche ou dormi. Derek arrive à se lever et à dire « Stiles, je – » avant que Stiles lui mette son poing en pleine tronche. C'est assez fort pour le faire trébucher en arrière, mais il ne tombe pas. « Aïe, Stiles c'est quoi ton –»
« Espèce d'énorme connard ! » crie Stiles, assez fort pour que tout le monde dans le restaurant le regarde. « C'est quoi ton problème ?! Tu pensais sérieusement que ça, ce serait notre dernier moment ensemble ? »
« Stiles, tu – »
« Ne me 'Stiles' pas, putain d'imbécile ! » hurle Stiles. « Si tu essayes de dire 'je pensais que c'était ce que tu voulais' ou 'j'essayais de faire ce qui était le mieux pour toi', je vais prendre cette fourchette et te la foutre dans le nez ! »
« C'est peut-être pas le meilleur emplacement pour ça », marmonne Derek.
Stiles le frappe encore. « La ferme ! Tu es un idiot ! Tu es le plus gros idiot de la planète et pourtant, tu continues de prendre des décisions concernant ma vie comme si c'était à toi de le faire » Il se tourne et s'adresse aux clients du restaurant. « Ça vous semble juste à vous ? »
« Non adjoint », pépie Carol.
« Reste en dehors de ça, toi », gronde Derek. Elle lui lance un sourire rayonnant depuis la sécurité de la cuisine.
« T'as sérieusement interprété 'on doit tous les deux laisser le passé derrière nous' par 'je devrais laisser tomber Stiles' ? » demande Stiles sur un ton incrédule. « Comment ton putain d'esprit fonctionne ? Tu as réellement écouté la conversation que j'ai eu avec mon père – et ne me dis pas que t'as pas écouté aux portes, fils de pute, j'ai senti ton après-rasage dans le couloir – et tu t'es dit que ça voulait dire que je voulais que tu partes ? Merde ! » Il gesticule et c'est le bon vieux Stiles. « Il ne t'est pas venu à l'esprit que j'étais venu te rejoindre dans les bois pour me jeter à ton cou et qu'on couche ensemble ? »
Derek rougit violemment. « Euh non, je suis presque sûr que ça ne m'est pas venu à l'esprit. »
« Bien », rétorque Stiles. « Parce que ce n'est pas ce que j'avais en tête. J'étais venu pour m'excuser d'avoir été un putain d'enculé de sa mère ces huit derniers mois. J'étais venu parce que j'ai été un trou du cul avec toi et j'ai pensé que peut-être, peut-être, on pourrait s'asseoir et discuter comme deux adultes, parce que je suis un putain d'adulte maintenant, mais apparemment, tu l'es toujours pas ! »
Derek grimace.
« T'as les couilles de penser que tu es plus mature que moi », continue de tempêter Stiles, inconscient de son auditoire, « en dépit du fait que ton idée pour me repousser gentiment, c'était de me claquer ta porte au nez ! »
« Bon dieu, Stiles ! » dit Derek en se ressaisissant. « J'ai déjà dit que j'étais désolé ! Qu'est-ce que tu veux de plus ? »
« Je veux que tu admettes que tu m'as menti ce jour-là », dit Stiles. « Je veux que tu admettes ici, maintenant et devant tout le monde que tu voulais me sauter quand j'avais seize ans. »
L'estomac de Derek se tort. « J'peux pas », murmure-t-il.
« Si, tu peux, espèce de trou du cul, parce que tu sais que c'est vrai. »
« Je peux pas ! » répète Derek.
« Pourquoi pas ?! »
« A cause de Kate ! » crie Derek.
Stiles le fixe juste d'un air ébahi et Derek voit dans ses yeux une chose à laquelle il ne s'attendait pas : une sincère confusion. Stiles est déconcerté. Il se renfrogne et dit : « Hein ? »
« Tu… Tu ne savais pas ? » demande Derek.
« Savais pas quoi ? », demande Stiles toujours renfrogné.
« Pour Kate et moi… Je croyais que tu savais. » Derek est tellement agité qu'il commence à babiller. « Je veux dire, tu semblais toujours tout savoir. Tu as lu tous les dossiers. Tu as compris tout seul que Kate était responsable pour l'incendie. Je, j'ai cru que tu avais compris. »
« Kate et toi ? », s'assombrit Stiles. « Avant l'incendie ? Derek, tu n'avais que… »
C'est là qu'il percute. Derek voit le changement dans ses yeux, son expression, il peut même sentir la soudaine réalisation de Stiles, l'entendre dans l'accélération des battements de son cœur. Stiles presse une main contre sa bouche et recule de quelques pas, puis commence à faire les cent pas alors qu'il bataille pour retrouver son calme.
Finalement, il s'assoit. Il doit s'éclaircir plusieurs fois la gorge, mais parvient finalement à dire : « Sally, pourrais-je avoir du café ? »
« Bien sûr mon chou », dit Sally. Elle revient une minute plus tard avec un mug pour lui et remplit celui de Derek pendant qu'elle y est. Comme la confrontation semble être terminée, les clients retournent à leurs repas.
« Merde Derek », dit finalement Stiles, se frottant les mains sur le visage. « J'ai l'impression d'être un connard. »
« Je croyais que tu savais », dit inutilement Derek.
« Si j'avais su, j'aurais dit quelque chose », dit Stiles. « Quelque chose comme 'je ne suis pas toi, tu n'es pas Kate et la situation est complètement différente.' ou 'C'est pas grave si tu ne veux rien faire, je sais qu'elle t'a fait beaucoup de mal' ou 'je suis vraiment désolé que ça te soit arrivé' ou peut-être 'tu devrais faire une thérapie'. »
« Tu me l'as déjà dit ça », pointe Derek, sur un ton un peu sec. « Souvent. De façon répétée. »
Stiles se frotte la main sur l'arrière du crâne et sirote son café. « Mon père est furax contre toi », dit-il.
Derek soupire. « Parce que j'allais partir ? »
« Ouais. Il est furax contre moi aussi, si ça t'aide. Il m'a dit que si je ne sautais pas dans un avion pour te courir après, il allait sortir de son lit d'hôpital et me battre à mort avec ses béquilles. »
Derek arrive à sourire. « Ça ressemble à ton père. »
« Ouais, super furax, genre Hulk super furax », dit Stiles. Il prend un autre gorgé de son café. « Je ne savais pas. Merde Derek. Je souhaiterais avoir su. Tout a tellement plus de sens maintenant. »
Derek détourne le regard. « C'est pas ta faute. »
« Je sais, mais… Merde. Si on est honnête l'un envers l'autre… Je devrais probablement admettre que j'ai pris ce travail parce que je voulais être proche de toi. »
Derek ne peut s'empêcher de sourire. « Merde Stiles, je le savais. »
Stiles lui fait une grimace et c'est Stiles à nouveau et Derek glousse un peu. « Je veux même pas savoir à quoi je pensais quand je l'ai fait. Une part de moi voulait te tourmenter en te montrant ce que tu avais raté. Une autre part voulait juste te grimper dessus comme si tu étais un putain d'arbre. Euh, tu as constaté que la première impulsion a gagné, mais… »
« Arrête de t'en vouloir », dit Derek. « J'ai facilité ta haine. »
« Je suppose. Mec, on a vraiment foutu le bordel. », dit Stiles d'une voix morose en s'appuyant sur la table.
« Ouais », répond Derek et il ne sait pas quoi dire d'autre, parce qu'il est plein de regrets et de remords, de choses qu'il ne peut pas défaire, qu'il a dit ou non. Il veut arranger la situation, mais il ne peut pas. Il sait que Stiles est tout aussi empêtré dans ses émotions, la douleur du rejet et la trahison.
Stiles fixe le vide pendant une minute avant de hocher la tête d'un mouvement vif et de dire : « Ok. Voila ce qu'on va faire. Disons que c'est la première fois qu'on se rencontre. »
« « Oh… K ? », dit Derek.
Stiles tend la main. « Salut, je m'appelle Stiles. »
Avec une certaine prudence, Derek la serre. « Derek Hale. »
« Ravi de te rencontrer Derek », dit Stiles.
« Ravi aussi », répond Derek. Il parvient à faire un sourire hésitant. Il n'est pas sûr que ça fonctionne, parce qu'ils ne peuvent pas changer le passé et ils ne peuvent pas juste oublier, le mettre derrière eux et avancer, recommencer.
« Je suppose que tu n'aurais pas envie d'un rendez-vous », dit Stiles de façon décontractée.
« En fait », dit Derek. « J'aimerais beaucoup ça. »
« Génial. Vendredi ? 19h30 ? »
« Disons 18h30 », répond Derek. « Il faut au moins une heure pour aller où que ce soit. Je passe te prendre. Habille toi bien », ajoute-t-il et seigneur, il n'aurait pas dû dire ça parce que maintenant, il imagine Stiles en costume avec une cravate et se demande s'il le porte aussi bien que l'uniforme. Il parie que la réponse est oui et ça ? C'est fantastique.
Stiles lui fait un petit sourire. « Un mec qui prend les choses en main. J'approuve. » quand Derek se contente de le fixer, il dit : « Alors… On se voit plus tard ? »
« Ouais », dit Derek, s'étouffant presque. « On se voit plus tard. »
Stiles se lève et se détourne pour partir. Il fait deux pas avant que Derek ne se lève à son tour et le rejoigne, parce qu'il ne peut pas ne pas le rejoindre, il ne peut pas attendre plus longtemps. Il attrape Stiles par le poignet et l'attire contre lui pour l'embrasser. Stiles se fige dans ses bras pendant un moment, plus de surprise qu'autre chose, mais il se détend. Il laisse Derek cajoler sa bouche pour qu'il l'ouvre afin d'approfondir le baiser, une de ses mains vient agripper l'arrière du t-shirt de Derek, juste un peu. Le baiser dure jusqu'à ce qu'ils entendent Carol et Sally siffler depuis l'autre côté du restaurant et il continue encore un peu plus longtemps parce que qui s'intéresse à ce qu'elles pensent de toute façon.
Stiles s'écarte le premier parce qu'il a besoin d'oxygène et il a l'air glorieux, le visage rouge et les lèvres gonflées, l'anxiété et le désir se mélangeant dans ses yeux. « Bon dieu », dit-il, « tu embrasses toujours comme ça les gens que tu viens de rencontrer ? »
« Non », dit Derek, et maintenant, il sourit réellement. « Seulement toi. »
:Gros soupir: SONT TROP MEUGNONS!
