PARTIE 1 : Chapitre 3 :

Mais en vérité, sa réaction avait été un peu naïve parce que quand Rogue avait vu le nom d'Avery sur la panneau où les élèves s'inscrivaient pour postuler, le professeur de potions avait tout simplement explosé de rage, en disant qu'elle était folle, qu'elle pourrait se blesser, qu'elle n'était pas consciente du temps que ça aller lui faire perdre dans l'avancée de ses études... arguments auxquels Avery répondit :

-Tu m'emmerdes.

Rogue en avait été tellement choqué qu'il n'avait pas eu la force de réagir encore plus méchamment ou en essayant de se faire pardonner il ne fit que lever sa baguette en direction d'Avery avant de s'éclipser dans son bureau en se jurant à lui même de faire payer à Avery cette petite rébellion un de ces jours. Depuis que le Tournoi des trois sorciers avait pris fin dans des conditions dramatiques, le climat qui auparavant était devenu le climat d'un vrai noyau familial s'était transformé en une banquise effroyable sur laquelle chaque pas se révélait être un danger de mort potentiel. C'était pendant cette période qu'Avery et Rogue rentrèrent en conflit pour la première fois de leur cohabitation pour des broutilles. L'évènement le plus marquant se déroula alors qui lui donnait un énième cours de potion sur la potion tue-loup de 20h à 23h au cours du mois d'août, il lui fit une énième remarque sur la façon qu'elle avait de couper les racines de cèdres et les extraits de cuir de dragon. Elle se retourna, lui jeta un regard particulièrement mauvais et renversa la mixture sur les chaussures de Rogue. Les deux protagonistes se regardèrent un long moment dans le silence le plus complet. Avant qu'Avery ne prenne la parole la première :

-Alors, elles sont bonnes, là, mes racines de cèdre?

Rogue poussa un long soupir, exaspéré :

-Pourquoi tu as fais ça? Tu te crois maligne? C'est intéressant de renverser son chaudron de cette façon? Tu crois vraiment que c'est comme ça que tu vas t'améliorer? Tu crois que tu vas avoir une chance de devenir une « grande sorcière » si tu fais preuve d'autant d'assiduité dans les concoctions de potions? avait-il bramé hors d'haleine en frappant la table avec son livre.

-Je ne sais pas si deviendrai une super sorcière. Pour l'instant, ma préoccupation c'est de devenir une vraie adolescente.

Le retour à la réalité se fit dur, surtout pour Rogue mais l'affaire finissait par se tasser. Et bientôt, à défaut de redevenir celui qu'il était avant le retour de Voldemort, chaleureux et convivial (si, si, Rogue, chaleureux et convivial) le climat chez les Rogue, était devenu un peu plus respirable.

Ainsi donc, après deux semaines d'effroyables engueulades à répétition, Avery se présentait sur le stade de Quidditch son balai à la main et bien décidée à convaincre le capitaine et l'équipe de la prendre à leurs côtés. Comme les groupes de passages étaient déjà formés quand Avery s'était inscrite, il fut décidé qu'elle passerait en dernière. Elle regarda les joueurs d'un air vraiment détaché, comme si elle n'en avait strictement rien à faire. Hermione attendit près d'elle.

-Tu veux faire partie de l'équipe pour quelles raisons? Demanda-t-elle d'un air curieux à sa voisine de table en métamorphose qu'elle aurait tout cru, sauf intéressée en Quidditch.

-Et bien...Au départ c'était pour impressionner Severus Rogue. Maintenant c'est surtout pour lui donner du fil à retordre.

-Ah oui...tu es sa nièce.

-Oui c'est ce qu'on dit mais tu sais... Enfin je veux dire, ce sont des rumeurs à la Rita Skeeter je pense. Je ne pense pas que je puisse ressembler à... Rogue.

-Ah, bon. Enfin je veux dire, j'ai lu un livre dans lequel on parlait de toi. Et dedans ils disaient clairement que Rogue était devenu ta seule famille...a cause de la mort de tes...

-Quoiqu'il soit pour moi, il n'avait pas à me parler sur ce ton à propos du Quidditch, j'en ai vraiment pris plein la face, elle respira un grand coup avant de reprendre: Tout est de sa faute et si ce n'est pas de sa faute, c'est la faute des gens comme lui. Alors tu sais...

-Mais tu aimes le Quidditch? Changea subitement de sujet Hermione

-Oui... J'aime ça beaucoup ça.

Quand elle avait dit ça, un fin sourire s'était étiré sur son visage et son regard se perdait dans le vide. Elle avait l'air heureuse. Rien avoir avec les traits tirés qu'elle avait affiché en parlant de son oncle. Non, là elle était...détendue. Elles parlèrent encore une demie-heure avant que la voix de Harry ne retentisse dans tout le stade.

-Avery Holst! C'est à toi.

Elle s'excusa auprès d'Hermione et décolla en frappant le sol, comme si c'était un vrai match.

-Tu postules pour quel poste?

-Poursuiveuse.

-Vas-y. Fais ton boulot en prenant en chasse Katie et mène une attaque.

La poursuite dura bien cinq minutes, mais cinq très belles minutes de poursuite, astucieuse et sportive à souhait. Chacune des deux joueuse était fermement déterminée à faire une démonstration de leur performance au nouveau capitaine. Au bout d'un moment, par un effet de surprise très travaillé, Avery s'empara de la balle ensorcelée et il Katie n'arriva pas à lui reprendre. Au bout de quelques secondes d'attaques, le souaffle lancé par Avery déborda le gardien par la droite et passa au travers de l'anneau central.

Elle brandit un poing vers le ciel rageur.

Harry se retourna vers Demelza d'un air désolé et la prétendante sélectionnée comprit qu'elle n'aurait sa place que dans la réserve. Le prochain match aurait lieu dans un mois et c'était le traditionnel Gryffondors-Serpentards qui ouvrirait la saison. Aussi les entraînements s'annonçaient durs et récurrents. Mais visiblement, Avery ne s'en tracassait pas.

Elle avait atteint au bout de cinq ans de travail acharné l'objectif ultime qu'elle visait en métamorphose, elle avait fini le programme de Poudlard en potions et, n'ayant jamais vraiment aimé cette matière de « petits chimistes amateurs », elle annonça immédiatement à son oncle qu'elle ne voulait plus jamais en entendre parler, elle ne gardait de sa liste à rallonge de leçons privées que l'étude des Sorts et des Enchantements qui se révélait être plus un jeu qu'autre chose, et la Défense contre les forces du mal, cours qui lui était donné par Rogue, mais qu'elle trouvait tolérable. Aussi, le lundi, elle se retrouvait avec une heure et demie d'Histoire de la magie (qu'elle aimait bien puisque l'essentiel du cours consistait en fait à finir sa nuit), une pause d'un quart d'heure de neuf heures et demi à neuf heures quarante cinq, pour un cours de potions donné en double avec la classe de Serpentard, d'une heure et demie lui aussi. Ce qui lui laissait une heure et demie de pause pour manger et vu qu'il n'en fallait pas tant pour manger, ce créneau horaire lui permettrait de faire connaissance avec Hermione qui lui semblait bien sympathique. Autrefois, à cette heure-ci, elle avait métamorphose. L'après-midi elle avait deux heures de défense contre les forces du mal, une avec sa maison, et la première avec les poufsouffle et les serdaigles. Comme Avery faisait une allergie presque dangereuse à la divination enseignée par Trelawney et que Dumbledore l'avait à la bonne, elle avait demandé à faire plus de DCFM. Au final elle finissait sa journée à trois heures de l'après-midi ce qui était très agréable pour occuper son temps libre à...

A travailler. Mais ceci impliquant cela, le niveau excellent d'Avery lui permettait de faire ses devoirs en un laps de temps très réduit par rapport aux autres élèves. Donc, fatalement, elle s'ennuyait. Depuis qu'elle était rentrée dans l'équipe de Quidditch, ses soirées du mercredi et sa matinée du samedi étaient occupés, c'était déjà chose faîte. Le vendredi, elle avait ses cours privés de DCFM (dispensée par Rogue) et l'après-midi, sorts et enchantements dispensés... par elle-même. Flitwick lui tapait sur le système et au final, elle se sentait progresser plus facilement toute seule.

Avery redoubla d'efforts. Elle rendit des devoirs supplémentaires, elle passa le plus clair de son temps en compagnie d'élèves de Gryffondors et des autres maisons... cependant, les plages de temps libres se révélaient très pesantes sur son moral. Elle partait faire des balades en balais, elle n'avait de cesse de perfectionner ses métamorphoses mais rien à faire. Quand on a été forgé pour être une brute de travail on en devient irrémédiablement une.

Jusqu'au jour, où, la brute de travail, paisible et docile se transforma en un horrible épouvantard en plein cours de DCFM.

Dolorès Ombrage cria d'une voix suraiguë sur ce pauvre Neville Londubat qui avait eu le réflexe (stupide et parfaitement illogique) de sortir sa baguette en cours de DCFM. Avery avait déjà fait une heure en candidate libre de DCFM et n'avait surtout pas envie d'entendre Dolorès Ombrage vociférer comme un veau une seule fois de plus. Elle sortit sa baguette, et autant dire qu'une baguette de cinquante centimètres était immanquable et qu'elle faisait de la pure provoc' en faisant un tel geste. Elle se leva, baguette dans une main et son livre dans l'autre. L'enseignante tellement prise au dépourvu par le comportement d'Avery (qu'elle commençait à apparenter à une statue) se figea dans un coin de son estrade. Avery saisit le livre et commença a en faire une drôle de promotion.

-Bonjour chers élèves de Serpentards et de Gryffondors, je m'appelle Avery Holst et je suis une élève comme vous, si ce n'est que j'en ai marre, vraiment marre, absolument marre, jusqu'au bout marre et que je ne veux plus jamais entendre parler du cours tel qu'il se déroule actuellement et depuis déjà deux longs mois. Alors, vous allez faire exactement comme moi. Sortez votre baguette et ouvrez votre bouquin sur une page au hasard, vers le milieu. Aujourd'hui, je vais vous donner un cours sur la défense contre les bouquins stupides. Cours inhabituel, néanmoins utile.

La classe entière était hilare. Ombrage, outrée au possible commençait à remplir des feuilles de retenues en wagon. Avery ne se démontait pas et continuait son petit sketch. Le pire dans tout ça, ça restait bien que tous les élèves sans aucune exception (Hermione, les sœurs Patil, Pansy Parkinson...) prenaient leur livre et leur baguette.

-Aujourd'hui profitez bien de l'occasion unique que je vous offre! Révisons deux petits sorts de bases...

Elle tapota son bouquin du bout de la baguette et déclama d'une voix forte Incendio! Le livre prit feu instantanément. Et alors que les flammes le consumaient, Avery restait concentrée et lança Aguamenti!

Bien sûr, c'eût l'effet escompté. Le sort de feu, maîtrisé depuis trois ans par les élèves ne présenta aucun problème. Par contre, l'aguamenti, apprit la semaine dernière offrit les plus belles scènes jamais observées pendant un cours de DCFM. Des petits geysers jaillissaient des baguettes, des grosses chutes d'eau, et bien sûr, Neville, cet élève exceptionnellement bon trouva le moyen de faire jaillir de sa baguette: un poisson.

La classe était rieuse, joyeuse, et c'était bien la première fois que ça se passait dans un cours donné par Ombrage. Cependant, l'enseignante se reprit et commença à s'insurger contre le comportement d'Avery Holst.

-Vous viendrez en heure de retenue, sale gamine!

-Ah...En retenue, je veux bien. Maintenant, si vous parlez de vos petites heures de tortures organisées, il faudra se passer de ma présence, je suis quelqu'un de très sensible, surtout du dos de la main.

-Pourquoi vous faîtes ça?

-Et bien je fais ça parce que je n'ai pas la sensation de faire l'acquisition de sorts qui pourront m'être utiles lors d'une éventuelle confrontation avec un éventuel Seigneur des Ténèbres très réputé pour prendre ses vacances aux alentours de Poudlard.

-Sottises!

Avery sembla calme, pourtant elle sortit la baguette de la poche de sa robe pour menacer son professeur avec.

-Cédric pensait pareil! Il était persuadé que la seule chose qu'il aurait à éprouver pendant sa scolarité serait ses Buses, ses Aspics et quelques Matchs de Quidditch ici et là! Je suis sûre qu'il ne soupçonnait pas trouver la mort de la main d'un sorcier en participant à ce tournoi. Et vous savez quoi? IL EST MORT! Hurla-t-elle si fort qu'elle inquiéta les élèves du premier rang.

Sans qu'Avery ne prononça un mot, sans même qu'elle pense à lancer un sortilège informulé, une corde jaillit de sa baguette et se noua autour de l'enseignante désarmée de fait.

Elle mit quelques secondes à se calmer et ce relâchement de tension se ressentit à travers toute la classe.

-Quant à vous, c'est bien la peine de pleurnicher sur vos retenues douloureuses, dit-elle narquoise en s'adressant à la classe. Qui vous a obligé à ne rien dire et à y aller comme une armée de petits toutous bien dressés? Qui vous a forcé à écrire des phrases stupides avec votre propre sang? Et on dit de vous que vous êtes des Gryffondors, c'est ça?

Elle explosa d'un rire sadique.

-Quels ont été les derniers mots de Dumbledore à propos de Cédric... ah oui! Je sais « souvenez-vous de Cédric le jour où vous aurez à choisir entre le bien et la facilité ». Je vous annonce qu'Albus Dumbledore est fier de vous, chers élèves.

Hermione se leva pourtant pour s'opposer à la réplique d'Avery qu'elle trouvait un peu facile.

-Et que voudrais-tu que l'on fasse contre une envoyée du ministère?

-Que vous fassiez exactement la même chose que si c'était un enseignant normal. Exaspérez-la, fatiguez la, rebellez vous contre ses punitions ! Je ne sais pas ce qu'il faut faire, je ne suis qu'une petite sorcière comme vous. Mais je sais qu'il faut faire.

-Oui mais comment? Lança Harry

-N'importe, comment. N'importe quelle façon sera bonne à prendre.

Il se passa quelque chose qui n'était pas (ou plus) prévue. Dans la même seconde, Dolorès Ombrage rompit le maléfice que lui avait lancé Avery et neutralisa la jeune élève avec ni plus ni moins qu'un sortilège impardonnable. Prise d'une douleur intolérable, Avery s'écroula en poussant un hurlement de plainte qui fit paniquer pas mal d'élèves de la classe. Dans le mouvement de panique, Harry fit ce qu'il trouva de mieux à faire, il sortit de la classe en courant pour se précipiter aux cachots et prévenir le tuteur de la jeune fille. Il n'avait eu que deux étages à parcourir, aussi, ça ne lui avait pas pris trop de temps.

Il ouvrit la porte de la salle de classe en se jetant dessus, sans frapper poliment ou annoncer qui il était.

-Ombrage....Ombrage a jeté un doloris à Avery! S'époumona-t-il