Partie 1 : Chapitre 4 :

« HARRY POTTER »

Il ouvrit la porte de la salle de classe en se jetant dessus, sans frapper poliment ou annoncer qui il était.

-Ombrage....Ombrage a jeté un doloris à Avery! S'époumona-t-il

Le réflexe de Rogue fut immédiat, il lâcha, bouquin, chaudron et balance pour venir à la rencontre de Harry et bientôt à sa suite, puisqu'ils se mirent à courir immédiatement.

-Avery s'est emballée, elle a fait brûler le livre qu'Ombrage nous a donné au début de l'année, après, on l'a tous imitée. Sans le faire exprès, Avery a lancé un maléfice bénin à Ombrage (finalement, pas une bonne idée ce bouquin pour son anniversaire se reprocha le professeur). Avery s'est mise à crier qu'on aurait jamais du laisser faire une telle chose, que c'était pas que de la faute du ministère, qu'on avait pas à se laisser faire et que dorénavant les choses changeraient on l'a tous plus ou moins applaudie. Mais sans qu'on le remarque, Ombrage a annulé le maléfice, et elle a jeté le Doloris à Avery sans qu'elle ne puisse réagir, raconta rapidement Harry.

Le temps qu'il finisse son récit, c'était le temps qu'il avait fallu à Rogue et lui pour monter en salle de DCFM. Rogue ouvrit la porte avec une telle rage que le brouhaha entretenu dans la salle par les élèves entrain de s'insurger s'était éteint instantanément. Avery était encore à terre, visiblement dans l'incapacité de se relever, blessée ouvertement à deux ou trois endroits, son uniforme était déchiré à presque toutes les articulations.

-Miss Granger, que s'est-il passé ici? Grogna Rogue

-Le professeur Ombrage, commença timidement Hermione... (Ronald lui mit un coup de coude dans les côtes pour l'encourager, semblait-il) Le professeur Ombrage a lancé à trois reprises le sortilèges du Doloris sur Avery, dont deux fois alors qu'elle était à terre, inconsciente.

-Vous êtes complètement folle? Tonna Rogue sur l'enseignante décoiffée.

-Cette fille que vous considérez comme votre nièce m'a manquée de respect! S'écria-t-elle comme un porc qu'on écorchait vif

-Vous êtes complètement FOLLE! Reprit-il hors de lui.

Tous les élèves eurent le même réflexe au même moment : ils se plaquèrent contre les murs de la salle, laissant un cercle bien distinct dans lequel se trouvaient Avery à terre, Ombrage dans un état de panique naissant, et Rogue, baguette en main, qui ne semblait pas d'humeur à rire avec les sortilèges impardonnables.

Il y eut un long moment de silence durant lequel la tension était telle dans la classe qu'il y était difficile de respirer sans haleter. Harry comprit alors que c'était en grande partie à cause du pouvoir qui se dégageait des deux sorciers prêts à se battre. Mais il fallait s'y attendre, l'ouïe fine du professeur de métamorphose Miss McGonagall avait saisi qu'il se passait quelque chose d'anormal à deux classes de la sienne. Elle était venue aux nouvelles et avait trouvé la classe dans cette scène figée où deux enseignants se martelaient du regard à défaut de pouvoir s'entretuer et les élèves ne savaient ni quoi faire ni quoi penser en voyant cela. Mais ce qui fit définitivement sortir McGonagall de son flegme britannique, ce fut la vision d'une élève à terre.

Elle poussa un cri de stupeur tellement haut perché que l'ensemble des regards tendus se tournèrent vers elle en une seule fraction de seconde.

-Vous avez fait du mal à une élève, Dolorès?

-Elle m'a manqué de respect...

-Qui est la petite? Demanda l'enseignante en s'approchant prudemment.

-C'est Avery ! S'écria Neville particulièrement mal en point.

Il fallut quelques secondes à McGonagall pour saisir l'ampleur du problème. Mais finalement, une fois ses esprits retrouvés, elle lança des ordres très précis.

-Granger, Potter et Weasley, vous allez accompagner le professeur Ombrage dans le bureau du professeur Dumbledore immédiatement. Neville Londubat, allez prévenir Mrs Pomfresh, il faut qu'elle nous monte une civière sur le champ. Rogue, vous restez avec moi ici. Les autres élèves quant à eux sortent du cours. Ils n'ont plus rien à y faire aujourd'hui, il faut que la petite puisse respirer.

Le tout mit quelques secondes à s'organiser. Quand McGonagall se retrouva seule avec une adolescente inconsciente et le professeur de potions, elle ne laissa plus une seule émotion transparaître, cependant, son indignation était telle que ses traits tirés semblaient avoir dix années de moins que lorsqu'elle gardait son visage reposé.

-Elle n'aurait jamais du faire ça! Murmura-t-elle à plusieurs reprises, on est à Poudlard ici, pas dans je ne sais quel trou perdu! Elle a dépassé les bornes... Une femme comme ça ne doit pas travailler à Poudlard ni même au ministère, elle devrait diriger une équipe de gobelins !

Rogue semblait profondément choqué l'idée qu'on puisse faire du mal à Avery à l'intérieur même de l'école ne lui avait jamais effleuré l'esprit et il se retrouvait devant le corps inerte de sa pupille.

Minerva lui lança un sort de lévitation pour au moins la faire reposer sur une table.

-Elle vous a annoncé qu'elle maîtrise la métamorphose humaine? Tenta l'enseignante pour faire sortir Rogue de sa torpeur

-Oui oui... elle m'a montré son animagi. Je suis très fier.

-Et vous avez raison, Severus. Il y a de quoi. Elle a un potentiel exceptionnel et elle l'utilise à bon escient.

La civière arriva enfin, on plaça Avery dessus et on confia la blessée aux bons soins de madame Pomfresh. Rogue et McGonagall préférèrent se ruer dans le bureau du directeur. La voix de Dumbledore claquait si fort sur l'enseignante qu'on comprenait distinctement ce qu'il lui reprochait du bas des escaliers.

-Ça fait plusieurs mois que mes élèves se plaignent de vos méthodes, Dolorès Ombrage! Je ne tolérerai pas ce genre d'écarts, d'ailleurs, je vais m'empresser de faire part à notre ministre vos nouvelles techniques de répression! Le Doloris sur des élèves! C'est un scandale! Mais où vous croyez-vous? Au jour où Voldemort revient, vous trouvez qu'il est bon de dilapider le peu d'union qu'ont les sorciers entre eux? Tonna-t-il

Il reprit son souffle pendant un moment. Les tableaux conspuèrent ardemment Dolorès Ombrage. Dumbledore se rassit dans son bureau, Severus Rogue et Minerva McGonagall firent alors leur apparition dans la pièce. Le directeur se frotta le front du bout des doigts avant de décréter aussi sévèrement qu'un bourreau :

-Envoyée du ministère ou envoyée de quoique ce soit d'autre, Dolorès Ombrage, en tant que commandeur du Grand Ordre de Merlin, j'ai le droit de prononcer ces mots : Vous êtes en état d'arrestation. Remettez moi votre baguette. Votre accès à la magie est bridé jusqu'à ce que vous passiez un jugement devant la cour suprême de jugement des sorciers. Les chefs d'accusations retenus contre vous sont : usage de la torture sur des élèves pour des motifs caducs, transgression des règlements de Poudlard qui sont des règlements fixés par le ministère, et bien sur, usage à trois reprises du sortilège de Doloris sur ma petite fille, Avery Roxane Holst actuellement sous la tutelle de Severus Rogue.

-De votre quoi? Articula Minerva visiblement surprise

-De ma petite fille. De mon unique descendante. Dolorès Ombrage a lancé trois sortilèges de Doloris à Avery Roxane Holst, fille de Roxane Dumbledore Holst, mariée à Robert Holst...Avery a prit le nom de son beau-père. Elle n'est pas sa fille.

-Mais alors... si elle est la fille de Roxane...ça veut dire que Severus Rogue est l'oncle de la petite! S'écria-t-elle stupéfaite

-Oui enfin ça, tout le monde le sait ou presque... c'est même écrit dans « Les grands sorciers de notre temps... » et pour qu'une information soit relatée dans un tel navet, c'est au moins qu'elle est connue par tous! Souffla-t-il fatigué.

-Si je puis me permettre... Maintenant qu'on en est aux révélations, posa la voix de Severus Rogue, Puis-je dire à Avery le nom de son père?

-Non. Je vous dirai de révéler cette information quand je trouverai cela sage.

On n'entendit plus que les petits couinements étouffés de Dolorès Ombrage assise sur une chaise à pleurer tout son soul...

-Je ne savais pas Dumbledore, je vous jure que je ne savais pas...gémissait-elle encore et encore...

-Silence pauvre cracmolle ridée, cracha Ron à bout de nerfs.

Harry n'avait subit le Doloris qu'une seule fois, à la fin du tournoi des trois sorciers, quand il avait fait la désagréable constatation du retour de Voldemort, et côté douleur, c'était le pire souvenir qu'il n'avait jamais eu. Alors trois... Pourtant, Harry n'arrivait pas bien à se rendre compte, il était plus ou moins persuadé qu'au bout d'un certain seuil de douleur, le corps n'était plus capable de souffrir encore plus. Harry n'avait pas conscience que c'était justement là le propre du sortilège du Doloris. Hermione, elle, n'avait rien subit et ne savait des impardonnables seulement qu'ils étaient... impardonnables. Ce qui faisait qu'en gros, elle ne saisissait pas la gravité de la situation. Par contre, Ron, sorcier, fils de sorciers ayant grandit parmi les sorciers était à proprement hors de lui. Quant à Rogue, sous ses airs de parfaits glaçon, il avait déjà imaginé quelques dizaines de scénarios différents qui permettraient de mettre à mort dans des douleurs atroces l'horrible Dolorès Ombrage.

Fudge ne tarda pas -prévenu par un tableau- à arriver dans le bureau du directeur de Poudlard accompagné de Kingsley Shakebolt et de Percy Weasley par le réseau de cheminées. Le tableau ayant tout très bien détaillé dans son rapport au ministre, on ne demanda pas à Dumbledore de répéter ce qui s'était dit. Les trois hommes attrapèrent la future-ex-enseignante et disparurent dans les trois minutes qui suivaient. Dumbledore était éreinté, avec tout ce qui se passait en ce moment, mais son éreintement aurait eu vite fait de disparaître si on lui avait encore demandé de parler d'Ombrage, la colère donne de l'énergie, dans certains cas.

A la surprise de tous les membres restants, à savoir, le trio et les deux enseignants, la porte du bureau s'ouvrit sur une élève décoiffée, portant un épais bandage sur le crane, sa cape de travers, son chemisier légèrement ouvert et sa cuisse largement pansée.

-Avery qu'est-ce que tu fais en dehors de l'infirmerie? Demanda Harry inquiet

-T'inquiète pas, va! Je suis in-des-truc-tible, dit-elle en accentuant les syllabes dans un ridicule qui parvint à faire sourire Hermione. Bon, où est le mignon petit cochon rose qui nous sert d'enseignante?

Madame Pomfresh arriva essoufflée à son tour.

-Miss Holst vous êtes une irresponsable! Vous devriez être couchée en gémissant de douleur tout ce que vous avez!

-Et bien je suis debout et tout va très bien, merci beaucoup de votre sollicitude. Je répète ma question, où est l'ignoble petit cochon rose auquel je dois ces pansements ridicules?

-Pourquoi tu veux la voir?

-Et bien, il faut que je la provoque en duel! Quoi d'autre, sinon?

Son ton avait été tellement naturel et tellement enjoué qu'elle dépota tout le monde et que toute la salle posa sur elle des regards médusés.

-Je crois que j'ai dis une bêtise, dit-elle en tordant ses lèvres pour faire un sourire (sans comprendre le moins du monde un tel rejet de sa proposition de duel). Oh ! mais ne faîtes pas ces têtes de mangemorts décapités! On dirait vraiment que c'est la fin des chocogrenouilles, ressaisissez-vous bon sang!

-Miss Pomfresh … susurra Rogue légèrement amusé

-Il se pourrait que la potion de cautérisation interne ait des effets secondaires... il faut que je lui donne un calment.

-Oh non, laissez-là, rit-il carrément, ça faisait longtemps que je ne l'avais plus vu aussi joyeuse.

-Mais il y a un problème, professeur Rogue, le deuxième effet secondaire de cette potion c'est...

-Dis-moi, Severus, coupa la jeune souffrante, ça fait longtemps que je n'ai pas vu Cédric, où est-il?

-...L'amnésie. Ça va disparaître au bout de quelques heures mais...

-Mais ça va être les heures les plus longues de toute notre existence, compléta Rogue soudain moins rieur.

Harry refusa de se séparer de sa nouvelle poursuiveuse et passa la nuit dans les cachots de Rogue à écouter des divagations qui n'avaient pour la plus part du temps aucun sens. Et si elles en avaient, c'était un sens tout à fait éloigné des préoccupations de Harry.

-Tu sais, il en faut peu pour...Pour... Nous parlions de quoi?

Le grave problème de la potion, c'était que la moindre émotion d'Avery était décuplée par dix et que le liquide renfermait un stimulant musculaire qui empêchait Avery de fermer l'œil. Chacune de ses phrases était ponctuée par « Je ne sais pas où est Cédric mais son absence est dure pour moi... » ou par « Mais quand Cédric va-t-il finir son cours de potion? » et encore par « tu sais, j'aime beaucoup le Quidditch, mais Cédric pourrait se blesser pendant son entraînement. ». Rogue avait été très clair : Ne surtout rien dire à propos de Cédric quand elle serait dans cet état.

Bizarrement, même si Avery était dans ce petit état de folie, les yeux dans le vague et les gestes visiblement très mal contrôlés, Harry arrivait à se prendre d'affection pour elle. Son elfe, libérée depuis longtemps puisque vêtue, la suivait encore partout et prenait soin d'elle avec passion, son chat, quant à lui, un matou grincheux et terriblement mal embouché n'était doux qu'avec elle (il avait griffé Harry trois fois jusqu'au sang dans un laps de temps de dix minutes). Harry ne doutait pas qu'Avery était quelqu'un de spécial. Il la tenait dans les bras dans son délire, persuadée de voir des petites lucioles tourner autour d'un livre en particulier qu'elle devait ouvrir pour concocter une potion qui changerait la vie des sorciers, Harry devait la retenir, et face à cette contrainte qui la limitait, elle était persuadée qu'elle était attachée comme un chien moldu. Hermione et Ron, eux, s'étaient contentés d'annoncer la bonne nouvelle : le départ immédiat de Dolorès Ombrage et le rétablissement d'Avery.

Alors que ça faisait bien trois heures qu'il tenait Avery dans cette chambre qui n'était visiblement pas celle d'Avery mais juste une chambre d'amis, elle s'endormit dans ses bras. Il la glissait dans ses draps, on l'avait changée en tenue de nuit dès qu'elle était arrivée dans les cachots et il se posta à côté d'elle, sur le côté inoccupé du grand lit. La petite elfe, Mily (grande amie de Dobby) vint se loger dans les draps d'Avery pour se caler dans le creux de ses bras. Rogue attendait dans le salon, se rongeant les sangs.

Quelque chose avait changé au réveil d'Avery le lendemain matin. Le cercle doré qui entourait ses iris grises observable quand elle délirait s'était mué en un cercle noir. Harry n'avait pas pu l'inventer, et la joie de vivre qu'avait dégagée Avery toute la soirée s'était muée en un amalgame de froideur, de tristesse, et de distance.

Après cinq années dans le monde des sorciers, Harry savait qu'il y avait des sortilèges qui régissaient les existences de chaque sorcier. La Trace en était un assez redouté, mais il y avait aussi le sceau de débridement des pouvoirs, qu'on appliquait ou qu'on brisait sur un sorcier pour l'empêcher de nuire. A part ceux-là, Harry avait entendu dire qu'on avait tué ses parents pour une prophétie qui le concernait lui. Donc, il y a avait aussi les prophéties. Harry n'était pas réputé pour être un très bon élève, ni pour être quelqu'un de très lecteur, aussi, il n'aurait pas pu écrire de dissertation sur ce genre de sortilèges avec lesquels on vit sans pour autant en avoir conscience. Mais il était à présent persuadé que quelque chose dictait la vie d'Avery sans forcément qu'elle le sache, ou que, justement, elle le sache sans pouvoir agir dessus. Cependant, impossible de savoir quoi.

Avec le temps, Avery se rapprocha de fort près du trio. D'abord, parce qu'elle n'avait que ça à faire, ensuite, parce qu'ils étaient (par la force des choses) tout le temps ensemble, les cours, les repas, les sorties... Et bien sûr : le Quidditch. Mais leur petit train de vie fut précipitamment bousculé.

Un soir Harry se couchait, un violent maux de tête à chasser. Mais il fit le rêve dans lequel Arthur Weasley se faisait attaquer par un serpent. Ron prévint Hermione, et ils allèrent tous les trois dans le bureau de Dumbledore en compagnie de Minerva McGonagall. Dès qu'ils comprirent ce qui s'était passé, on fit prévenir par un tableau Severus Rogue et sa nièce. Parce qu'en réalité, savoir ce qui s'était passé, ce n'était pas tout, il fallait aussi savoir comment, ça s'était passé.

Avery n'arriva que quelques minutes après son oncle qui était passé par le réseau de cheminées. Elle avait préféré passer par les couloirs pour une raison qu'elle n'avait pas détaillée.

-Que s'est-il passé ici? Demanda Avery d'une voix empâtée …

On lui expliqua vaguement le rêve qu'avait fait Harry. Et son état visible de mi-sommeil s'estompa automatiquement. Elle posa ses mains sur les joues de Harry.

-Regarde moi.

En ne relâchant pas le contact visuel qu'elle avait crée avec Harry, elle attrapa sa baguette et en illumina l'extrémité.

-Regarde le bout de cette baguette, Harry et concentre toi dessus.

Harry obéit, et une douleur fulgurante s'empara de son crane quand il arrêta de regarder Avery.

-Je croyais qu'elle pouvait lire sans faire souffrir le réceptacle! S'indigna Minerva

-Il se trouve qu'on ne lui demande pas de lire, on lui demande de chercher et en plus, de trouver une information précise.... Ce qui est très différent, cassa Rogue d'une voix glaciale.

Avery finit par se relever et lâcher Harry du regard, quant à lui, ses gémissements se firent ténus avant de disparaître.

-Faites prévenir une équipe de secours, il faut aller chercher Weasley, s'écria-t-elle plus aux tableaux qu'aux personnes présentes. Envoyez un hibou à Ste Mangouste pour les prévenir de la situation de Weasley, c'est pas beau à voir dit-elle sans faire attention à Ron qui palissait.

-Voldemort a-t-il voulu cette liaison? Demanda Albus Dumbledore

-D'après la trace que j'ai pu remonté, tu as subi un sort de legilimencie, Harry. Tu m'as dit que tu avais mal à la tête pendant l'entraînement. Mal, où?

Il lui montra le haut du crâne, exactement au même endroit où la douleur que lui avait infligée Avery l'avait frappée.

-Ok. Bon, bin... assez classique. Il a relié son esprit à celui de Harry et il ne lui a montré que ce qu'il voulait bien lui faire voir, notamment, l'attaque de Weasley au ministère pour que ça le fasse réagir.

-Ça s'est passé où, dans le ministère?

-Près de la salle des Prophéties. Il la veut.

-Maintenant, Avery, je vais te demander un autre service...

-Hm?

-Arrivera-t-il à l'obtenir cette prophétie?

Le regard d'Avery se perdit dans le vide et ses iris grises semblèrent répandre leur couleur à tout le blanc de ses yeux. Elle tenait fermement sa baguette et semblait interagir avec un monde qu'elle seule pouvait voir. Et puis, d'un coup, elle baissa sa baguette, ses yeux reprirent leur teinte normale.

-Un mort. Mais il n'aura pas la prophétie. Un mort de notre côté, cependant.

-Lequel?

-Je ne le connais pas. Pas un élève en tout cas. Cette attaque va être déclenchée par … une bêtise, je crois. Ah oui non mais oui. Ok, j'ai compris.

Elle respira un grand coup.

-Tu ne dois pas croire ce qu'il se passe dans ta tête à ton insu sans me consulter avant, d'accord? TOUJOURS ! Tu dois TOUJOURS me consulter. Tu ne peux pas te laisser aller à risquer la vie de plein de monde parce que Voldemort t'envoie ses rêves d'amour et de paix sur terre, tu m'as comprise?

Harry n'eut pas le temps de répondre.

-Weasley a été retrouvé, il s'en est fallut de peu, déclara un tableau visiblement soulagé.

-Tant mieux.

-On le transfère à Ste Mangouste. Un homme si gentil, franchement... s'exaspéra le tableau.

-Avery, tu donneras des cours d'Occlumencie à Harry.

-D'accord. En ce moment j'ai plein de temps libre!

Mais au lieu de voir les modalités des futures leçons d'occlumencie avec Harry, au lieu de parler avec Dumbledore, McGonagall et Severus Rogue... Elle retournait se coucher.

-Maintenant qu'elle n'est plus là, Severus, commença Minerva McGonagall comme si c'était une question gênante.

-Non, ça ne va pas mieux. J'ai lu son journal récemment...elle ne s'améliore pas, elle fait tout pour le cacher mais elle a beaucoup de mal.

A la grande surprise de tous, les cours d'Occlumencie étaient productifs. Harry arrivait à fermer son esprit. Bien sûr, les intrusions discrètes d'Avery n'étaient toujours pas interceptées, cependant, il se débrouillait bien quand il s'agissait de Severus Rogue, ce qui était bon signe. De fait, à cause des leçons particulières et des entraînements de Quidditch, Avery et Harry devenaient de plus en plus proches.

Harry avait établi un programme très spécial d'entraînement. Le lundi soir, l'équipe faisait essentiellement du vol, de l'entraînement au maniement du balai, du sport sans les balles et ce n'était pas une séance obligatoire. Le mercredi, l'entraînement se faisait avec le matériel au complet, sauf qu'il se faisait en deux équipes bien distinctes à savoir, les poursuiveuses et le gardien, les batteurs et l'attrapeur. Et cette méthode d'entraînement marchait bien. Bien qu'elle n'ait pas encore eut l'occasion de faire ses preuves, elle soudait mieux l'équipe que du temps de Dubois ce qui était loin d'être une mauvaise chose car les joueurs venaient d'années différentes et surtout, s'ils venaient des mêmes promotions : aucun n'avait exactement les mêmes options. Ainsi, ces emplois du temps relativement dissolus ne permettaient pas vraiment des rencontres très aisées.

De fil en aiguille, il arriva ce qui devait arriver. Ayant gagné contre les Serpentards, les Gryffondors organisèrent une petite fête dans la salle commune de Gryffondor, grâce à des élèves futés, il y avait un peu d'alcool. Pas vraiment de l'alcool fort : du Whiskey Pur Feu. Évidemment, comme c'était un samedi soir, inutile de dire que les élèves n'avaient pas peur de l'état du lendemain et vu qu'on fêtait un match de Quidditch, l'équipe était à l'honneur.

-Harry ! Harry ! Été encouragé le capitaine par ses camarades

Il tapa deux fois son petit verre sur la table et l'avala cul-sec en lançant sa tête en arrière. Et il réitéra l'opération par trois fois. Avery, quant à elle, ne se révéla pas plus sage quand, pour une fois libérée de Sevy le terrible, elle se mit à boire, à boire, et encore à boire. Au bout d'un moment, il fallut bien que la fête se finisse et Harry (bien qu'il ne pouvait pas assurer être dans un état normal) se proposa pour raccompagner Avery aux cachots. En dansant à moitié sur la Hogwart's March qu'ils bramaient sans pouvoir retrouver l'air correct de la mélodie, en reproduisant grossièrement les moments forts du match par des grands gestes de bras, en se perdant par cinq fois dans les couloirs de Poudlard, Avery et Harry arrivèrent finalement devant la porte de l'appartement privatif de Severus Rogue, et donc, de Avery.

-Roooh Harry.... siiiiiiteplééé... tu vas pas me laisser seule, hein?

Bien qu'Harry ait bu pour la première fois (et il jura le lendemain que ce serait aussi la dernière) et de façon très abusive, il restait bien moins saoule qu'Avery. Ça, il le déduisit quand Avery ayant pris accidentellement une porte s'était écriée « Qu'on lui coupe la tête! » d'un air parfaitement sérieux. Lui, hilare, n'avait pas pu l'arrêter dans son délire, et du bout de la baguette, elle se matérialisa un costume de Reine de Cœur, comme dans un certain dessin animé moldu qu'on ne citera pas parce que c'est pas la peine.

Harry, cependant, n'était pas réellement dans son état normal.

-Dis Avy...

-Aaaaaa-veuuuu-riiiiiiihihihihihi !!!! (elle explosa de rire)

-Av'ry, je te laisserai pas seule.

-Tant mieux.

-Avery, est-ce que tu es amoureuse de moi?

-'sais pas. T'es sûre qu'on a fait ce chapitre là en Défense contre les Forces du Moldu?

-Mais naaaan je te parle pas d'école.

-Tu dis n'importe quoi j'ai pas pris d'heure de colle! S'offusqua-t-elle outrée

Harry, fatigué de ce dialogue de sourd, l'attrapa par les épaules et lui roula une pelle digne d'un couple déjà formé depuis un moment.... le bon côté du geste, c'est qu'Harry dessoula immédiatement, le mauvais côté c'est qu'il fit ça exactement au moment où Rogue ouvrit la porte de son appartement. Et le deuxième mauvais côté, mais c'était pas à cause du baiser baveux aux saveurs alcoolisées, c'est que quand Avery vit son oncle, elle eut un hoquet de surprise avant de dire :

-Mon Dieu, Garry, regarde, UN TROLL!

Et que, prise d'une frayeur incontrôlable, elle se précipita plus encore dans les bras de Harry en frottant son nez dans son cou.

Cette scène d'embrassades et de câlin, ajoutée à la scène du « regarde, UN TROLL! » eut le don de mettre Rogue plus en colère qu'il ne l'avait jamais été si c'était possible. En plus, même si Harry Potter était beurré, Harry Potter était quand même en train d'observer son professeur de potions en caleçon et en chemise ouverte, ce qui se révélait être une situation gênante.

Severus Rogue attrapa sa nièce par le bras et la tira à l'intérieur de son appartement avant de refermer la porte sur Harry. Harry, qui, n'ayant pas intégré ce qu'il venait de se passer hurla :

-JE TAIME AVERYYYYY!

Qu'elle entendit mais à quoi elle répondit :

-Non, je ne mange pas de nourriture chinoise!

Son oncle l'attrapa par les jambes, la bascula sur son épaule et allait la coucher dans sa chambre quitte à l'assommer d'un sortilège pas très recommandé sur les gens soûls. Finalement, il n'eut pas besoin du sortilège. Comme tous les soirs, à l'heure du coucher (bien qu'aujourd'hui c'était plus tard qu'à l'accoutumée) le vilain matou qui servait de lien postal à Avery et l'Elfe des Holst venaient dans son lit pour lui tenir compagnie en tant que peluches attitrées. Sur une des étagères de la bibliothèque en face d'elle : un gros singe en peluche qu'on avait grossièrement vêtu d'un uniforme de Poufsouffle pour poupée. Elle lança un accio pour le récupérer sans se lever et s'endormit une fois que la petite troupe était au complet.

Harry remonta dans sa tour (il mit à peu près une heure), en se demandant quel rapport Avery avait pu trouver entre une déclaration d'amour et de la nourriture chinoise, une fois qu'il eut rejoint son lit il ne songea même pas à se déshabiller avant d'enlever ses lunettes et de poser sa baguette pour plonger dans un profond sommeil.

Ron lui avait dit qu'ils passeraient noël au 12, square Grimmaurd avec les Weasley, Sirius, et deux ou trois membres de l'Ordre. Harry se jurait d'inviter Avery dès le lendemain. Le lendemain, il avait tout naturellement oublié ce qu'il devait faire et ce qui s'était passé. Quand il regarda son réveil pour la première fois de la journée au sortir du lit, il était quatorze heures trente.

Il était temps d'aller à la grande salle pour manger un bout, en priant pour que son horrible mal de crâne disparaisse. Après qu'il se soit servit un verre de jus de citrouille, Avery vint se planter face à lui.

-Oh ! Le vaillant Potter aurait-il la gueule de bois?

-S'il te plaît, parle pas si fort!

Avery fouilla dans la poche intérieure de sa robe avant d'en sortir un petit récipient de potion.

-Tiens, prends ça.

Il ne chercha même pas à savoir ce qu'il y avait dedans et l'avala cul-sec comme les cinq petits verres de Whiskey Pur Feu de la veille...Immédiatement, le mal de tête disparut.

-Hey Captain, tu vas mieux?

-Ouais.

-Potion spécialement préparée par moi, pour l'équipe de Quidditch. J'ai du en donner deux fois à Ronald parce qu'il était vraiment décalqué le pauvre. Katie Bell n'avait pas bue alors bon, elle en avait pas besoin.

-Comment tu savais qu'on allait gagner?

-C'est compliqué.

En plus de soigner son horrible mal de tête, la potion ramena la mémoire de Harry.

-Par Merlin! Jura-t-il après un horrible flash back de la soirée d'hier.

-Oui, fit-elle en lâchant un vilain rire sadique, Môsieur Potter est amouuuuureuuuux...

-Arrête ! Pas si fort ! On pourrait t'entendre et alors qu'est-ce qu'on penserait ?

La Grande Salle était totalement vide. Il n'y avait que Harry attablé à la table Gryffondor entrain de siroter son jus de citrouille et Avery près de lui. Elle jeta des coups d'œil à droite et à gauche théâtraux et se mit à faire un tout petit murmure :

-Et sinon, si tu comptes toujours m'inviter chez ton parrain, je suis Ok.