Partie 1 :

Chapitre 5 :

REMUS JOHN LUPIN

Elle jeta des coups d'œil à droite et à gauche théâtraux et se mit à faire un tout petit murmure :

-Et sinon, si tu comptes toujours m'inviter chez ton parrain, je suis Ok. J'en ai déjà touché deux mots à mon oncle, Sirius lui en avait parlé, il viendra aussi.

-D'accord.

Harry fut soulagé qu'Avery l'ait devancé. Il ne s'en était pas senti le courage et ils partaient dans trois jours, ce qui était un délai relativement court pour trouver un moment pour faire sa demande et pour tout préparer.

Avery posa sur Harry un regard doux qui le surprit. Jamais il n'avait vu ce genre de regard dans les yeux d'Avery. Toujours froide, toujours dure, toujours sévère, mais jamais douce. Elle passa une main dans ses cheveux pour les ébouriffer avant de s'en aller en prétextant un devoir de potion à terminer. Les trois jours allaient être courts. Ombrage n'avait pas encore été remplacée ça leur libérait les deux dernières heures du lundi après midi, et le lendemain, pour prendre le Poudlard Express, l'après-midi était banalisée. Ce qui leur faisait 7 heures de cours en deux jours : très tolérable. Une sale rumeur traînait selon laquelle Miss Trelawney était malade. Si elle s'avérait confirmée, alors ça ne leur ferait que six heures de cours. De quoi flâner un bon moment aux alentours du château.

Plus qu'à tuer le dimanche. Harry, pas fou, avait déjà fait ses devoirs pour lundi et n'en avait pas pour mardi. Le temps allait être long... Ou pas. Il allait chercher sa cape, son écharpe, un bonnet et son balai dans sa chambre avant de redescendre en quatrième vitesses aux cachots. Il toqua par trois fois à la porte, et, par chance, ce fut Avery qui lui ouvrit la porte.

-Euh, quand tu n'étais pas dans ton état normal à cause de ta potion après ta friction avec Ombrage...tu m'as dit que tu aimais les balades à balais. Ça te tente qu'on aille en faire une?

-Oh... Ah oui. Entre, j'ai encore besoin de cinq petites minutes pour me préparer.

-Je te jure que je préfère rester dehors, Avery.

-Non, rentre, viens dans ma chambre si tu ne veux pas affronter Rogue Le Terrible !!! (s'écria-t-elle hilare)

Elle l'attrapa par le bras et le tira dans sa chambre. Dans le salon, Rogue assit en robe sur son canapé lisait la gazette du sorcier. En apercevant Harry, il poussa un soupir à s'en fendre l'âme et replongea le nez dans son journal. Harry ne put échapper à son souvenir de la veille : Rogue en sous-vêtements. Il réprima un rire et entra dans la chambre d'Avery après avoir monté un escalier. C'était une grande chambre avec tout un pan de mur occupé par un tableau noir souillé de mots à la craie, un dessin d'animal qu'il ne connaissait pas et des calculs complexes qu'Harry n'arrivait pas à saisir. En face du tableau, il y avait un bureau d'écolier, très moldus. Sur le mur adjacent au tableau il y avait des étagères avec, notamment, tout un nécessaire de potions, différents ouvrages épais et âgés, des animaux empaillés et des objets assez divers qui servaient d'entraînement en métamorphoses. Il y avait aussi un oiseau cage, des ustensiles qu'Harry n'avait vu que dans les boutiques du Chemin de Traverse sans pouvoir les identifier, des citrouilles... Et dans l'étagère du bas, celle qui était au plus près du sol, il y avait des montagnes de parchemins usagés en vrac, des plumes, des gros recueils de parchemins grossièrement reliés par des ficelles ou des agrafes...

Harry ne s'en était pas rendu compte, mais une fois entré dans cette chambre, il n'était plus à proprement dans le château. Des panneaux de verre aux couleurs verts et argent servaient de plafond, le soleil passait au travers et cela se reflétait sur des miroirs, des objets brillants, des breloques dispersées un peu partout dans la pièce. Cette salle, déjà vaste, voyait sa taille décuplée par ces milliers de petits reflets. Au dessus du lit d'Avery trônait fièrement une tapisserie aux couleurs de Gryffondor. Ce lit, il était tellement loin du tableau et des bibliothèques encombrées, qu'on aurait dit une autre pièce à la séparation invisible. Près du lit, il y avait des grandes bibliothèques mais rangées avec un perfectionnisme assez maniaque et sur ces étagères là, il n'y avait pas un seul mouton de poussière. Ce qui contrastait avec les premières qu'Harry avait pu voir en entrant. Sur le côté, enfin, il y avait un placard gigantesque, qu'Avery ouvrait pour attraper son balai, sa cape et son chapeau de sorcière. Cette chambre devait bien faire trois fois le salon des Dursley, et c'était déjà un grand salon.

-Euh, Harry, avec le froid qu'il fait tu es sûr de vouloir faire une balade en balai? Il va pas tarder à pleuvoir et...

Il approuva d'un signe de tête. A l'instant où Avery prononça les mots « il ne va pas tarder à pleuvoir » une averse de pluie sévit sur Poudlard. Le bruit que l'eau provoquait sur le toît de la chambre fut atténué par un « assourdiato » bien lancé, sans oublier le froid que l'humidité renforçait. La cheminée, vide alors, fut agrémentée d'un « Incendio » qui permit rapidement à Harry d'enlever sa cape et son bonnet sans craindre de mourir de froid. Harry s'était trompé, le temps passa vite. Trop, vite. Ce n'était pas la première fois qu'il trouvait que le temps était trop court quand il était en présence d'Avery, mais là, ça en été devenu carrément frustrant. Ils avaient joué aux échecs, deux parties. Puis aux cartes. Puis Avery s'était plainte d'avoir faim, alors ils avaient mandaté Mily d'aller leur acheter des sucreries et des pâtisseries à Pré-au-lard, pendant que Dobby leur faisait un thé.

Pendant qu'ils attendaient leur goûter, ils furent rejoins par Ron et Hermione qui les avait localisés dans les appartements du directeur de Serpentard grâce à la carte du maraudeur que désormais, Ron savait utiliser à merveilles. Les pâtisseries, qu'ils avaient acheté en trop grand nombre pour deux par simple gourmandise furent partagées, on fit préparer un peu plus de thé, et tout se passa bien pour ce petit goûter à l'anglaise. Après, les discussions se multiplièrent et alors que Harry et Ron parlaient Quidditch autour d'un bouquin qu'ils avaient déniché dans la gigantesque bibliothèque d'Avery, elle s'occupait à parler moldus avec Hermione.

C'était bien la première fois qu'Hermione avait la sensation d'enseigner quelque chose à Miss Holst qui passait son temps à la corriger en métamorphose.

Au bout d'un moment, la pluie s'arrêta de tomber pour laisser place à de la neige.

-Ouh! Plus ça tombe, plus ça sent noël, vous ne trouvez pas? S'exclama Ronald

-Oui... murmura Harry attentif au spectacle de la vallée aux pieds de Poudlard qui se couvrait de neige.

-C'est vrai que ça sent noël quand la neige tombe...confirma Hermione.

Avery, elle, se contenta de pleurer. Aucun des trois amis ne savait pourquoi elle avait cette crise de larmes, mais aucun ne chercha vraiment à le savoir parce que tous avaient devinés qu'Avery n'était pas le genre de personne à se confier facilement et que, lui demander ce qu'il se passait, comme la surprendre dans un instant de faiblesse pouvait leur attirer bien des ennuis. Aucun ne voulait aller au devant de la nièce de Rogue aussi rapidement. Elle se livrait depuis tellement peu que ç'aurait été trop vite. Trop déplacé. Trop impudique. Elle pleurait, elle pleurait encore et elle continuait de pleurer un moment après le départ anticipé du trio.

Les deux jours qui suivaient le dimanche étaient exclusivement consacrés à parler de projets de vacances. Harry brûlait d'impatience à l'idée de revoir Sirius. Faire ses valises, préparer ses cadeaux de noëls, autant de choses qui allégeaient l'atmosphère assombrie habituellement par le retour du Lord Noir. Les cours passèrent rapidement, et vint l'heure de prendre le Poudlard Express pour Londres.

Le trajet fut long, mais très agréable. On discutait de tout et de rien, on se gavait de sucreries, et bien sûr, on complotait. Les réunions de l'AD s'étaient raréfiées depuis le départ précipité de Dolorès Ombrage, cependant, c'était encore un organisme à l'ordre du jour, et il fallait que Harry, son amiral, s'en occupe autant que possible. Avery n'avait pas été mise dans la confidence et se fut le grand moment de son « initiation ». On lui donna une pièce et on lui en expliquait le fonctionnement, la régularité des rencontres et ce qu'on y faisait. Elle était contente d'apprendre qu'un organisme de « résistance » s'était formé à Poudlard et très enjouée à l'idée d'y participer. Ce fut la première fois qu'enfiler des vêtements moldus procura à Harry tant de réconfort. Il avait l'impression que d'être dans ces vêtement l'écartait des dangers typiques du monde des sorciers. Les mangemorts, le Lord Noir et les autres tracas auxquels devait faire face le Monde des Sorciers n'existaient pas dans ce Londres moldu. Cette curieuse sensation se renforça quand ils descendirent du train et quittèrent la voie 9 ¾ accompagnés de Rémus Lupin, de Nymphadora Tonks et d'un gros chien noir : Sirius Black.

Heureux de se retrouver, on présenta rapidement Avery, sans dire son nom (c'était la seule consigne donnée par Rogue). Cependant, quand Lucius Malefoy vint à la rencontre d'Avery, l'unique consigne de Rogue fit pâle figure.

-Laissez moi vous dire, mademoiselle Holst, que vous avez le physique de votre mère...

Avery ne laissa rien paraître de son envie de sauter à la gorge de Malefoy pour lui faire ravaler ses paroles. Elle s'approcha de lui en empoignant brutalement son avant-bras gauche.

-Je vous tuerai tous. Jusqu'au dernier.

Elle accrocha son regard gris à Malefoy qui avait des yeux si semblables aux siens.

-Et ce qui est le plus triste pour les gens de ta race, Malefoy... C'est que je sais que j'y arriverai.

Il pinça ses lèvres encore plus que d'habitude et Rémus Lupin vint attraper Avery par les épaules pour la ramener vers le groupe.

-Ne te préoccupe pas de ce genre de personnes, Roxane.

Elle émit un grognement et se mit à marcher juste derrière le groupe. Elle était très bien habillée en moldue. Harry n'avait pas remarqué auparavant mais elle avait quelque chose de plus qu'Hermione. Toutes les deux très féminines dans leur style, il n'y avait rien à faire, sur un plan de comparaison, Hermione n'arrivait pas à la cheville d'Avery (au moins selon Harry). L'une avait opté pour des baskets, un jean et une veste de sport, le tout porté avec grâce et assez de distinction, comme à son accoutumée, Hermione avait des sourires et des mimiques qui faisaient d'elle une fille charmante, même habillée à moitié comme un garçon. Mais Avery ne jouait même pas dans la même catégorie. Ses escarpins à talons hauts noirs brillants finissaient à perfection ses longues jambes, qu'elle n'avait couvertes que d'une jupe en coton épaisse, à la chute du tissus et à l'absence totale de coutures, oubliées au profit de laçages croisés sur le devant, il était évident que la jupe bordeaux provenait du Chemin de Traverse et qu'elle n'avait rien avoir avec le monde dans lequel elle était portée par sa propriétaire. Son haut était un pull à col roulé fin et noir qui enveloppait son corps avec précision. Cette tenue n'avait rien avoir avec l'uniforme de Poudlard. Sa veste, c'était une cape noire courte à liseré bordeaux, comme la jupe, là encore, de sorcière, mais une cape qui n'avait rien avoir avec les lourdes capes de voyages que portaient les sorciers dans leur monde, et le capuchon qu'elle comportait se finissait en pointe souple ce qui lui donnait un air de petit lutin aux yeux cendrés et aux longs cheveux noirs qu'elle avait fais bouclés par un sortilège esthétique.

Bien sûr, il fut impossible de séparer Avery de sa baguette. Même en lui disant que ça la ferait remarquer par les moldus, même en lui faisant comprendre que ça pourrait compromettre leur camouflage, elle avait refusé de s'en séparer, donc, derrière le sac à bandoulière de cuir noir qui retombait sur sa cuisse à chaque pas qu'elle faisait, il y avait sa baguette rangée dans son éternel fourreau soudé au sac pour l'occasion. Et comme Avery ne laissait rien au hasard, ses mains bien faites étaient glissées dans des gants bordeaux. Autant dire que partager sa vie avec Severus Rogue ne permettait pas beaucoup de sorties, cependant, ça permettait d'atteindre une certaine classe le peu de fois qu'on sortait.

Avery le démontrait sans effort au reste de l'assemblée ce jour là. Les moldus se retournèrent tous sur son passage non pas parce qu'elle semblait bizarre, mais parce qu'elle était magnifique. Ce qui ne manqua pas de contrarier Rémus Lupin un peu plus encore si c'était possible. Ils arrivèrent au 12 Square Grimmaurd par transplanage. Dans une ruelle sombre, Sirius appela Kreattur pour qu'il vienne transplaner avec Avery. Rémus transplana avec Hermione (dont les parents fêtaient noël au Square Grimmaurd cette année), Tonks avec Ron, et Sirius avec Harry. Une fois qu'ils furent tous arrivés à bon port, l'inquiétude des adultes à l'idée d'être attaqués avec les enfants retomba.

Rémus Lupin regarda avec une curiosité presque excessive Avery lorsqu'ils étaient tous réunis à table pour parler du voyage, de Poudlard et de sujets divers... Quand Arthur Weasley demanda à Avery qui elle était, puisqu'il n'était au courant de rien rentrant à peine du ministère, elle déclina tout son identité : Avery Roxane Holst, nièce de Severus Rogue.

Arthur en eut le souffle coupé immédiatement.

-Oh ! Mais je croyais que tu …

-Étais morte. Mais en fait, ça va. Mon identité est juste... dissimulée au plus grand nombre.

L'ensemble des personnes présentent furent étonnées sauf Rémus qui paraissait étonnement proche d'Avery, sans qu'elle ne le sache cependant, puisqu'elle demanda le soir même à Molly pourquoi le lycan s'intéressait à elle.

-Euh, je ne sais... Je ne sais pas... balbutia-t-elle

Mais ses rouges prirent une teinte rouge vif et les yeux gris d'Avery ont un certain charme de persuasion.

-En fait il se pourrait que Rémus ait bien connu ta mère... il doit la revoir à travers toi... je ne sais pas!

Et elle repartit aussi sec vers ses cuisines. Avery avait beau lire les esprits avec une facilité déconcertante, elle ne voulait pas manquer de respect à la mère de Ron en l'espionnant à son insu. Elle attrapa une pomme et croqua dedans à pleines dents. Il fut décidé qu'elle dormirait au grenier, une toute petite pièce aménagée grossièrement dans les combles, qui n'avait rien de confortable mais qui avait au moins le mérite de comporter un lit et une fenêtre, ce qui était suffisant à Avery.

Lors du repas, il y eut un événement inattendu, un hibou arriva par la fenêtre et vint s'écraser devant l'assiette de Avery.

-C'est un hibou du ministère! S'exclama Arthur.

Elle détacha premièrement, la beuglante prête à exploser.

Mademoiselle Holst! Hurla la beuglante qui était faite pour réprimander ses destinataires le ministère a apprit par le biais d'une source sûre que vous étiez une voyante innée. Que vous aviez un don sûr, certain et très fiable en ce qui concerne vos prévisions. En ne faisant pas part de vos capacités spéciales au ministère vous avez commis une infraction de type mineure! Vos dons de Legilimencie, Occlumencie et Divination font de vous une candidate idéale de postulation au cercle des voyants innés, institution contrôlée par et pour le ministère pour la sécurité du monde des sorciers.

Puisque vous avez commis cette infraction, vous êtes désormais obligée de signer le contrat joint dans la seconde missive. A la prochaine infraction, nous briderons votre accès à la magie! Et vous passerez en justice.

De la part de la sous secrétaire d'État : Dolorès Ombrage.

-OH LA VIEILLE HARPIE! Se mit à gueuler Avery après s'être faite criée dessus. Elle ouvrit l'autre papier et comprit qu'en gros, le ministère lui coupait sa liberté.

« Les conditions de votre contrat sont:

1 Entretien par semaine avec le ministre de la magie.

1 Rapport par semaine de vos visions.

1 Une participation mensuelle à la réunion du Cercle des Voyant Innés.

Chaque mission ordonnée par le ministre devra être effectuée selon les ordres qu'on vous donnera.

Les avantages de votre nouvelle condition :

Vous n'êtes plus soumise à la Trace (Car considérée comme majeure dorénavant)

Vous disposez d'un badge d'accès sans restriction au ministère de la magie

Vous êtes dans vos pleins droits en utilisant un retourneur de temps

Votre rémunération sera de 100 gallions par semaine. »

-Y'a-t-il des membres de l'ordre du phénix dans... ce cercle des voyant machins bidules? Demanda Sirius à Arthur et aux autres adultes.

-Non. C'est un département très fermé du ministère et je crois qu'il n'y a que quatre membres connus à ce jour. En attendant je trouve que les avantages qu'ils te donnent sont très rares, et que pour la dose de travail que tu en auras, ils seront largement compensatoires, tu devrais bien y réfléchir, Avery.

Elle eut une mine dépitée.

-Pas besoin de réfléchir, Arthur. Le contrat est déjà signé.

-Et bien, dans ce cas, c'est tout bénéf'! S'exclama Sirius. Comme ça, tu seras un contact supplémentaire pour l'Ordre à l'intérieur du ministère!

-Euh ce contrat là n'est pas encore signé, n'est-ce pas?

Pendant qu'elle essayait de se défausser à l'enthousiaste non réciproque de Sirius Black, elle renversa l'enveloppe qui avait contenu le contrat rédigé en termes pompeux et trouva enfin ce qu'elle voulait y trouver. Tomba sur la table après qu'elle ait écarté les bords de la missive : un retourneur de temps, un badge à son nom, et la prime d'arrivée de mille gallions.

-Confortable! S'écria Sirius, tu vois, ta vie sera réellement meilleure avec une telle rémunération. Et en plus, tu pourras servir la communauté...

-Tu vas t'arrêter, oui? Gronda le lycan, Avery fera ce qu'elle veut, quand elle le veut. Il est hors de question qu'elle soit soumise à quoique ce soit. Et si tu ne veux pas faire partie de ce Cercle bizarre, Avery, il y a toujours moyen de les attaquer en justice pour sentence abusive!

-Euh...oui. Alors on va se calmer immédiatement... Tout le monde va se calmer très vite, très très vite, dit Avery comme si elle n'y croyait pas. On va résumer la situation. Vu que j'ai fais des misères à Dolorès Ombrage, elle me fait des misères. Une drôle de misère, elle m'offre cent gallions à la semaine pour que je lui fasse un compte rendu des prévisions météorologiques et des repas de Poudlard que je peux prédire avec une facilité déconcertante, en échange de ce petit bilan climatique et gastronomique, j'ai un accès total et permanent à tous les départements du ministère de la magie. Je possède un retourneur de temps à mon nom, continua-t-elle en montrant le petit cercle d'argent contenant le sablier estampillé de ses initiales, et je peux faire usage de la magie avant mes dix-sept ans. Quelles raisons pourraient faire que je refuse une telle offre? Je deviens fonctionnaire et personne ne pourra plus jamais me déloger du ministère. Je trouve que c'est une très bonne idée. En plus, ils parlent de missions d'ordre d'une par semestre voire, une par année. Franchement, ça serait de la folie de refuser une telle proposition.

-Avery, penses que tu t'engages, que ce contrat va diriger ta vie pendant très longtemps. Ce n'est pas un choix sans conséquences. J'aimerais que tu y réfléchisses un moment, contra Lupin tracassé.

-D'abord, vous n'avez pas à vous soucier des mes affaires! Mais qui êtes-vous? En ces temps où la guerre fait rage, où les institutions les plus solides ne sont même plus protégées, voyez Poudlard et l'affaire Ombrage, comment pouvez-vous raisonnablement m'encourager à refuser une offre pareille? Je n'en retrouverai probablement jamais. D'autant plus que je n'ai pas de vision sur commande. Elles viennent vraiment au hasard et si je les commande, vraiment, c'est très rare et en des circonstances très précises. Les seuls rapports que je pourrais remettre à cette vieille cracmolle seront des rapports sur le temps qu'il fait et ma note au prochain devoir de soins aux créatures magiques. Et de toutes manières, je pourrais arrêter de faire ce job quand je voudrais en faire un autre puisque, comme vous l'avez si bien suggéré, je pourrais attaquer en justice le ministère avec des arguments solides. Lupin, je ne sais pas ce qui cloche entre vous et moi mais réalisez bien que ce contrat c'est la chance de ma vie.

Elle rangea soigneusement ses nouveaux effets dans son sac qu'elle avait posé à ses pieds, ne s'étant toujours pas installée dans le grenier. Les bagages de tout le monde étaient dans le couloir et ils étaient encore tous en tenue de voyage.

-Maintenant, Avery, il va falloir réfléchir à ton appartenance à l'ordre du phénix, répéta Sirius, conscient d'insister sur un problème épineux.

-Je ne sais pas vraiment si je veux faire partie d'une armée de rébellion telle que l'ordre du phénix. J'avoue que j'aime beaucoup l'idée, réunir les grands sorciers dont les pensées ne sont pas encore corrompues par le Lord Noir, mais honnêtement, je crois que votre ordre est un véritable secret de polichinelle et je ne suis pas sûre de vouloir m'engager dans une cause à mon âge.

-L'ordre du phénix pourrait garantir ta sécurité … rumina Lupin

-Oui. C'est vrai. Cependant, je ne veux tout de même pas risquer ma vie pour une sécurité ponctuelle et faillible. Je ne suis pas folle à ce point. Par contre, si, lors de mes visites au ministère, si, lors de mes conférences avec mes nouveaux collègues, si, lors de mes visions j'aperçois quoique ce soit qui puisse aider votre armée, franchement, je serai la première à vous joindre pour vous mettre en garde.

-Ta mère avait dit ça aussi ! Gueula Rémus, Elle avait dit pareil que toi! Elle avait dit qu'elle surveillerait ses arrières, qu'elle ferait tout pour se protéger et pour nous protéger en nous donnant des informations! Elle avait dit qu'elle tiendrait parole, qu'elle ferait de son mieux. Elle avait dit, elle avait promis et on l'a retrouvée morte dans votre manoir, la marque des ténèbres tatouée sur le bras! Je ne veux pas que tu finisses comme elle, Avery!

En criant sa tirade, Rémus Lupin s'était levé de sa chaise et avait tapé son poing sur la table, hors de lui mais plus que ça, beaucoup plus qu'une simple colère c'était une véritable inquiétude. Avery pâlit et perdit le temps d'une seconde l'air sûre d'elle-même qu'elle avait en permanence. La dernière fois que Harry avait surpris ce regard inquiet, à l'affut mais toujours glacé d'Avery c'était quand elle avait subit le Doloris d'Ombrage.

-Ma mère... ma mère était un mangemort?

-Oui. Exactement comme ton oncle.

-Severus est un...

Elle se leva, inclina sa tête pour s'excuser et partit en courant dans les escaliers pour rallier le grenier après avoir saisit sa valise et son sac à main.

-Mily ! Appela-t-elle désespérée. Mily !

L'elfe de maison fit son apparition immédiatement.

-Ma maîtresse souffre-t-elle?

Elle s'agenouilla fasse à la petite créature et posa ses mains sur ses épaules.

-Dis moi. Est-ce que tu savais que Maître Rogue était un serviteur du mal? Est-ce que tu savais que maître Rogue était un mangemort? Demanda-t-elle en larmes

-Oui madame... Mais maître Rogue m'avait dit de ne pas en parler à Madame et jusqu'à ce que madame soit majeure, Mily doit d'abord obéir à maître Rogue... geint l'Elfe désolée.

-Severus est un mangemort. Severus est un mangemort. Severus est un... Non ça n'est pas possible ! Gueula-t-elle dans sa chambre elle redescendit les escaliers et ouvrit les rideaux qui dissimulaient le tableau de la vieille Mrs Black.

-Toi, la vieille, dit-elle en la menaçant de sa baguette, dis-moi, tu entends toujours tout d'ici, non?

-Il se pourrait que j'ai vent de quelques informations de temps en temps...

-Je te demande pas quelques informations. Dis moi. Est-ce que tu sais si Rogue est un mangemort.

-Bien sûr! Il est engagé dans les forces des ténèbres depuis la première vague d'assaut du seigneur …

Avery ne voulait tellement pas y croire que quand Rémus la rejoignit elle le menaça aussi de sa baguette.

-Vous n'êtes qu'un menteur. Un menteur de première catégorie, celui qui ment pour faire du mal aux gens.

A l'approche du lycan, la vieille Mrs Black se mit à hurler tout ce qu'elle avait. Avery, en rage, lança le sectumsempra qui a le don de réduire tous les tableaux au silence.

-Vous ne parlez pas, vous ne m'approchez pas, ok? Mon oncle m'avait bien dit de me méfier des gens comme vous, cracha-t-elle...

-Avery, tu ne peux pas nier l'évidence! Ton oncle est un mangemort. Ta mère l'était aussi.

-Non.

-Si.

-Non.

-Qu'en sais-tu? Tu faisais quarante centimètres virgule deux la dernière fois que tu l'as vue!

-Qu'en savez-vous?

-Je le sais parce que j'y étais!

Toutes les personnes présentent c'étaient rassemblées au pied de l'escalier.

-Rémus, arrête ça immédiatement ! S'écria Sirius Ne lui raconte pas ce genre de choses.

-...Je suis grande maintenant...paniqua Avery. Dîtes moi ce qui va pas.

Le lycanthrope regarda Patmol d'un air désolé et il attrapa Avery par la taille pour la faire monter dans le grenier. Il la fit asseoir sur son lit et Avery laissa son émotion prendre le dessus et se mit à pleurer à chaudes larmes.

-Laissez moi tranquille! Je suis pas... une fille de mangemort.

-Et pourtant si. Et si je le sais c'est parce que...

Il glissa une main sur sa joue pour relever son visage vers le sien.

-Je le sais parce que … Ce n'est pas tellement grave, pourquoi je le sais. Mais je sais que je suis inquiet pour toi et que j'aimerais que tu fasses un peu plus attention à ta vie. Il y a moins de deux ans, j'étais persuadé que tu étais morte, maintenant que je sais que tu es...Vivante, j'aimerais que tu prennes conscience que par les temps qui courent la vie est un bien précieux.

Avery n'aimait pas qu'on lui fasse la morale et ne retint plus son don par respect ou par quoique ce soit d'autre et fouilla dans la tête de Rémus Lupin.

Il ne mentait pas.

Elle le revoyait, plus jeune avec un bébé dans les bras devant une femme étendue morte sur le sol du manoir dans lequel elle avait vécut. Puis, dans la même pièce, Severus Rogue en face de Rémus.

-Je ne peux pas l'élever. Je suis... enfin … tu sais bien.

-Oui.

-Mais je ne te la laisserai pas si tu en fais quelqu'un comme vous.

-Je … ne l'élèverai pas. Je viendrais la chercher pour Poudlard et c'est tout. Or de question que j'éduque cette gamine.

À ce moment du souvenir, l'Elfe fit son apparition dans la porte d'entrée en se roulant les doigts dans son immonde vêtement unique : un torchon sale.

Rémus Lupin tint le petit enfant enroulé dans des couvertures comme s'il était la chose la plus précieuse du monde.

-Je suis désolé Avy. Je suis tellement désolé Avy...Rogue, tu t'occuperas bien d'elle, tu me le jures?

-Oui.

Et Severus Rogue s'empara du bébé pour le remettre dans les bras de Mily.

-Tu t'en occuperas.

-Oui, maître Rogue.

Les pensées s'effacèrent et Avery revint à elle. Ils se regardèrent un moment.

-T'es parti.

-Je pouvais pas m'occuper de toi. Je suis un loup-garou... Je suis désolé ça n'explique rien.

-Papa?