Partie1
Chapitre 6
ARTHUR WEASLEY
Leurs deux paires de yeux gris confirmèrent l'évidence, soulignée par la nature de leurs cheveux, la finesse de leurs mains, le contour de leurs lèvres et la petite encoche dans le cartilage de l'oreille gauche. La forme de leurs poignets, et si c'était encore utile de le préciser, leur nez droits, fins et un peu en trompettes. Avery se leva et enlaça son père qui lui rendit son étreinte.
-Je suis si heureux de te revoir...mais j'ai si peur pour toi...
Il passa ses mains dans le dos d'Avery avant de lui ébouriffer les cheveux.
-Papa.
-Répète le encore, s'il te plait, Avy?
-Papa.
-Oui!
Ils eurent un moment de pure joie. Leur soirée se déroula dans la même ambiance. Ils n'arrêtèrent pas de parler, de se raconter leurs existences jusqu'au moment où Avery aborda le sujet douloureux.
-La pleine lune c'est...
-Demain.
-...
Elle ouvrit sa valise et sortit un rouleau de cuir qui servait de pochette, en fait. Quand elle le déroula sur le sol, il y avait une succession d'éprouvettes toutes remplies de toutes les tailles et de toutes les couleurs, sans aucune étiquette, elle en tira deux de couleurs bien différentes.
-Celle-ci, dit-elle en montrant l'éprouvette de couleur bleue nuit, c'est la potion tue-loup. Classique. Si tu la prends, ta douleur sera amoindrie pendant ta... enfin tu sais bien.
-Et l'autre?
-L'autre, (elle montra le petit tube plein du liquide argenté qui bougeait bizarrement) c'est un des nombreux essais de Severus Rogue pour te soigner complètement. Qui ne marchera pas. La lycanthropie est parfaitement irrémédiable.
-Qu'est-ce que ça fera, alors?
-Ça endort. Avant de te transformer, tu la bois. Ça t'endort. Complètement. La transformation s'arrête mais tu ne seras plus conscient jusqu'au levé du jour. Et quand tu te réveilleras, la lune ne sera plus dans le ciel, donc, tu ne te transformeras pas. CQFD. C'est la seule potion du monde qui endort tant l'humain que le loup sans tuer ni l'un ni l'autre sachant que dans ton cas, abîmer l'un revient à abîmer l'autre.
-Rogue est un génie.
-Non, je suis un génie. Rogue a manqué de te tuer, et cette fois, il ne l'aurait même pas fait exprès. Sinon... dans les livres de magie noire... il est dit que les lycans réagissent à des stimuli particuliers. Tu … pourrais chercher à l'intérieur de toi, ce qui pourrait...
-Ta mère.
-Quoi?
-Quand je pense à ta mère, mes transformations sont moins douloureuses.
Avery rangea sa collection de tubes à essais. Et se retourna vers son père d'un air beaucoup moins sympathique que juste avant cette discussion.
-Ma mère était un mangemort. Ma mère est morte. Ma mère est un sujet tabou. Ok?
-Oui. Je n'en parlerai plus.
-Ce soir, tu dors avec moi.
-Pourquoi?
-Parce que tu es mon père et que je veux que tu restes près de moi. Demain, nous irons choisir des cadeaux de noël pour tout le monde et … Et... nous irons manger du chocolat au caramel et boire un thé à la pêche dans un bon salon de thé en plein milieu du monde moldu.
Lupin n'avait pas prévu de dormir ici. Il n'avait aucune affaire mais c'est pas grave, il irait se changer demain matin chez lui, Avery enfila son pyjama, et glissa dans la couette miteuse du lit, pour mieux se coller dans les bras de son père.
-Bonne nuit, papa.
-Bonne nuit ma puce.
Il lui caressa les cheveux un bon moment et elle ne s'endormit que quand elle sentit son chat allongé à ses pieds et l'Elfe de maison assise sur le fauteuil, sur le côté du lit. Le lendemain matin, elle se réveilla dans les bras de Lupin qui était resté là, il dormait encore quand elle se réveillait. Elle lui fit une bise sur la joue, sans vouloir le réveiller pour autant, et se lever discrètement. Maintenant sortie des bras de Morphée, elle se rappela de ce qui l'avait réveillée. Harry avait toqué à la porte.
-Oui, qu'est-ce qu'il y a ?
-Tonks est en train de taper du pied sur la table de la cuisine pour savoir ce qu'il se passe entre toi et le professeur Lupin.
-Ah. Severus t'aura appris la bonne nouvelle à ce que j'entends? Questionna Rémus en venant vers les adolescents.
-Oui. Vous êtes de retour à Poudlard? Ça va être mieux avec vous plutôt qu'avec Ombrage.
-J'ose l'espérer, Harry, dit-il avec un sourire. Dis à Tonks que je descends dans cinq minutes, juste le temps qu'Avery et moi programmions notre journée tous les deux.
Ce qu'ils firent, avant qu'ils ne descendent prendre leur petit-déjeuner, préparé avec amour par Molly Weasley. Rémus avait un grand sourire et rayonnait.
-Je suis le père de Avery Holst. Je suis son père.
Severus Rogue alors dans le coin de la pièce n'eut pas de sourire. Il ne semblait pas se réjouir pour sa nièce, ce qui ne surprit personne, bien sur. Bientôt, Rémus Lupin et Tonks rentrèrent chez eux et Avery regarda Harry à l'instant même où Lupin avait disparu.
-Harry tu penses tellement fort que je l'entends sans même faire d'effort.
Le Survivant rougit jusqu'aux oreilles.
-La question c'est pas ce que je pense... c'est ce que tu pourrais répondre à la question à laquelle je pense.
-Euh... je...ne sais pas.
Ron et Hermione descendirent bientôt pour prendre leur petit déjeuner eux aussi.
-Avec Hermione nous voulions aller voir ses parents. Ça vous tente de venir aussi? Demanda Ron à Avery et Harry
-Non, désolée, j'ai à faire ce matin pour pouvoir être libre cet après midi, je sors avec mon père.
-Qui? Questionna Hermione qui n'avait pas assisté à la scène de révélations.
-Je vais en ville avec Rémus Lupin. Mon père. Et ce matin, je vais faire changer mon nom de famille au ministère...entre autres choses.
-Arthur va t'accompagner! Lança Molly
-Volontiers. Je n'y ai jamais mis les pieds et j'avoue que j'ai un peu peur.
Elle finit d'avaler son thé et goba deux biscuits pour pouvoir suivre Arthur sans le mettre en retard. Arthur mourrait de curiosité à propos d'Avery et bien que Rémus, Sirius et Severus lui aient demandé de ne pas la bombarder de questions : c'est ce qu'il fit.
-Tu... Tu as grandis seule avec une elfe de maison?
-Oui. Au début je croyais que c'était la mienne. Mais en fait elle obéissait à un ordre de ma mère
qu'elle lui avait donné avant de mourir. Sauf que ma mère ne savait pas que Severus Rogue était encore vivant et à partir du moment où il reste un descendant... En fait Mily est l'Elfe de Severus. Cependant, elle a beaucoup de mal à le supporter et préfère parfois obéir à mes ordres qu'aux siens ce qui fait qu'il ne l'apprécie vraiment pas beaucoup. Mais il est prévu que le jour de ma majorité (donc d'ici peu puisque Ombrage m'a émancipée) il me fasse un ordre de donation de son vivant pour que je récupère Mily, la maison où j'ai grandis, histoire de dire qu'il s'est pas occupé de moi que pour mes biens.
-Et la vie avec … le professeur Rogue?
-Contrairement à ce qu'on croit toujours Severus n'est pas quelqu'un de vraiment méchant. Bien sûr il a un sale caractère... il a du mal à tolérer les moldus, à cause de son père... mais il est très gentil. Enfin je veux dire, en tant que fille, je trouve qu'il est très gentil.
Elle percuta ce qu'elle venait de dire.
-Enfin... De nièce. En tant que...Nièce. Puisque c'est mon oncle, se reprit-elle
-Il n'y a pas de mal. Accroche ton badge visiblement sur ta poitrine, on arrive.
D'avoir été confinée onze longues années dans la même maison, le même jardin sans jamais mettre un pied dehors, puis quatre longues années, où les seuls sorties qu'elle avait eu se résumaient à deux fois deux mois, chez un camarade de classe pour deux étés consécutifs, ça avait laissé à Avery une réelle appréhension de l'inconnu. Or, le ministère était un lieu inconnu, donc, elle appréhendait.
-J'aurais du mettre une robe de sorcière. J'aurais du mettre une robe de sorcière, hein Arthur?
-Ne t'inquiètes pas, Avery. Ici, beaucoup de monde viennent travailler en moldus puisqu'ils habitent dans ce Londres-là.
En effet, beaucoup de monde était habillé à la mode moldue, et elle ne se fit pas remarquer...mais il y eut quelque chose qui n'était pas prévu. Un vendeur de Daily Prophet ambulant s'écria « Oh, mais c'est la fille de Roxane Holst! » tout l'arbre généalogique d'Avery se constitua dans les esprits des sorciers présents, elle pouvait le sentir. Et alors que seules trois personnes s'étaient arrêtées pour l'observer, trois personnes s'arrêtèrent encore, puis encore trois, et trois encore, jusqu'à ce que tout l'atrium du ministère soit paralysé parce que les sorciers avaient l'esprit bien trop curieux.
Arthur Weasley qui, entre Harry Potter et Avery commençait à être habitué à ce genre de cataclysme public grogna et s'écria : Ne dîtes pas de bêtises, Avery Holst est morte depuis longtemps!!!
Et son identité qui avait jusque là était un secret formidablement bien gardée, grâce au manque de vie sociale d'Avery, grâce à sa capacité à rester dans le même endroit plusieurs années sans se sentir à l'étroit, devint un véritable secret de polichinelle. Car, s'il y avait bien une ascendance qu'on ne pouvait pas manqué d'Avery en la voyant c'était les gênes des Prince. Des gens grands, fins, aux cheveux longs, noirs, raides, magnifiques. Et si, dans un arbre généalogique peint, ses yeux auraient étonnés, dans l'atrium du ministère de la magie on remarqua immédiatement qu'elle était la petite fille de Dumbledore et de Eileen Prince, connu l'un pour être un grand sorcier, l'autre pour être la capitaine de l'équipe des bavboules. Donc, tous les sorciers se retournèrent immédiatement, lâchant Avery des yeux, mais aucun ne crut au gros mensonge d'Arthur Weasley.
-Désolée, monsieur Weasley.
-Oh non, ne le soit pas. Par contre, tu ferais bien de mettre la capuche de ta cape sur ta tête... Au cas où d'autres sorciers brillants voudraient te faire de la publicité.
-Euh oui, naturellement.
Elle obéit et suivit Arthur de près. A sa grande surprise, elle capta les pensées de son oncle qui visiblement était très nostalgique. Il était pourtant au Square Grimmaurd lui semblait-elle.
En fait, non. Rogue s'était déplacé mais elle ne pouvait pas identifier l'endroit et elle observa une photographie à travers lui. Photographie, magique, les personnages, le décor se déplaçaient. Il y avait un garçon, mal habillé, aux vêtements sales et beaucoup trop grands pour lui, et il tenait à la main une toute petite fille brune comme lui, avec de grands yeux, ils se regardèrent effrayés par quelque chose qui n'apparaissait pas dans la photo, puis la petite fille se cacha derrière les jambes de son frère.
Severus Rogue et Roxane. Le souvenir s'effaça et la voix de son oncle lui demanda ce qu'elle pouvait bien faire encore dans sa tête. Elle rompit le lien immédiatement. De nouveau attentive à ce qui l'entourait, elle était dans un ascenseur.
-Je vais au Département des Mystères.
-Je croyais que tu allais faire changer ton nom, s'étonna Mr Weasley.
-Euh oui mais j'ai à faire d'abord.
-Bon, moi je travaille au niveau trois alors je vais te faire un bref résumé. Tu vas au département des mystères niveau 9, tu fais ce que tu as à faire, puis, pour changer de nom, il faut que tu ailles au niveau 1, tu pourras aussi y voir le ministre et … euh... Roxane, dit-il se souvenant qu'il fallait éviter de l'appeler par son vrai nom en public, tu te méfies des gens qui t'accostent, d'accord?
-D'accord.
-Je ne rentre pas pour midi. Tu sauras retrouver le square Grimmaurd sans moi?
-Oui.
-Alors à ce soir.
Et c'était parti pour la grande aventure. Toute seule, comme une grande, sans guide et sans filet, Avery tomba nez à nez avec... Lucius Malefoy. Et comme un malheur n'arrive jamais seul, ce charmant homme était accompagné de ...Dolorès Ombrage. Malgré sa tête baissée, sa capuche rabattue et ses cheveux soigneusement rangés dans son col, à l'abri des regards, Malefoy avait reconnu la jupe, les escarpins et la capeline de soie.
-Comment va mademoiselle Holst, ce matin?
Elle ne répondit rien. Et s'écarta du terrible couple, la main alerte sur sa baguette, écumant de rage. Dans la tête de Malefoy elle avait vu le meurtre de sa mère. Un jour elle le tuerait. Un jour elle le réduirait à néant, le torturerait et le tuerait. Elle avança de plus en plus rapidement, car Lucius avait décidé de la pousser à bout en la suivant. Un sorcier vérifia le badge d'Avery et la laissa rentrer dans la salle des prophéties. Quand Malefoy présenta le sien : on lui refusa l'accès à la pièce sordide dans laquelle pénétra facilement Avery. Toutes ces pensées, toutes ces prévisions du futur, tous ces récits du passé qu'elle captait en même temps lui collèrent un mal de tête à en hurler de douleur. Elle se plaqua au mur et respira à pleins poumons pour finalement lancer un sort de protection à son esprit. Dans sa vision du futur, elle avait vu quelque chose dans l'allée 92. L'idée, ce n'était pas de prendre la prophétie, c'était de savoir ce qu'elle contenait. Elle mit un bon quart d'heure à trouver cette fameuse allée, mais l'effort fut récompensé... Avery trouva la boule de cristal remplie de fumerolles grises et argentées, qui pouvait tenir dans sa paume de main étiquetée « Harry Potter ». A défaut de savoir ce qu'il y avait dedans ou de pouvoir la ramener à Harry : elle arracha l'étiquette. Et la glissa dans la poche intérieure de sa cape.
Elle commença à faire demi tour pour sortir de la pièce quand plusieurs choses attirèrent son attention. Sur la même étagère que celle de Harry Potter, il y avait une autre prophétie au nom de Potter. Légèrement plus grosse, la fumée à l'intérieur était noire et visiblement, le cristal avait quelques dizaines d'années de plus que la première prophétie. Étiquetée au nom de James Potter, elle put sans saisir très facilement puisque James était mort. Par contre, la boule refusait de s'activer d'elle même. Il faudrait voir ça avec Dumbledore au retour. Les prophéties de sorciers morts étaient automatiquement détruites, il y avait une anomalie.
Et, commençant à croire que c'était la journée des curieuses surprises, Avery trouva une étagère entière au nom des Holst, avec deux prophéties la concernant. La première, était une boule de cristal remplie de fumerolles argentées, comme celle de Harry, elle l'attrapa et une voix, semblable à un souffle s'échappa de l'objet : La fille dérobée à son père par la malédiction, devra braver les ténèbres pour retrouver ceux séparés de la vie par la mauvaise magie... Venue au monde d'un bienfaiteur maudit et d'une prodige meurtrière elle se verra remettre l'importante mission par son aïeul vénérable... Braver la mort pour braver le temps... sans l'accomplissement de cette mission, la guerre contre le seigneur des ténèbres sera abrégée par la chute du bien.
Elle glissa le précieux artefact dans son sac. La deuxième prophétie, elle, n'était pas plus grosse qu'une balle de golf, irrégulière et d'un rouge vif, elle était opaque. Avery eut beau la secouer dans tous les sens, la tenir d'un air très inspiré pour finalement lui lancer un sort de révélation, aucune voix soufflée inquiétante de sortit du curieux objet. Comme elle lui trouvait un certain esthétisme, elle fixa par magie un anneau d'argent et y fit glisser la chaine qui retenait son retourneur de temps.
A sa grande surprise, quand la prophétie entra en contact avec la chair de sa poitrine ou peut-être était-ce le retourneur de temps? Elle se mit à luire. Sans que la voix effrayante ne daigne dire quoique ce soit. Elle glissa son nouveau pendentif sous sa capeline toujours fermée. Et ressortie de la salle des prophéties.
Sans mystère, Malefoy l'attendait dehors.
-Vous avez appris des choses intéressantes?
-Absolument rien. Merci de vous inquiéter de mon instruction.
-Moi je crois que mademoiselle est une menteuse, dit-il avec un sourire goguenard.
-Et moi je crois que monsieur est un vilain curieux.
Faisant comprendre au surveillant qui veillait aux entrées dans la salle des prophéties que Malefoy l'importunait d'un regard, le surveillant appela des collègues en tapant sur son badge.
-Monsieur Malefoy, je vous demanderais de bien vouloir vous écarter de mademoiselle Holst. Elle est sous la protection du ministre et vous serez bien aimable de la laisser tranquille, s'il vous plaît, monsieur Malefoy...
-Sous la protection du ministre, cette gamine? Mais décidément, on laisse vraiment rentrer n'importe qui ici, s'offusqua-t-il
Avery s'empressa de disparaître, la tête toujours baissée, le regard rivé à ses pieds. Il fallait qu'elle change de nom. Elle ne pouvait plus s'appeler Holst sans se sentir menteuse. Elle se précipita dans l'ascenseur et demanda le niveau un, comme le lui avait expliqué monsieur Weasley.
Arrivée au bureau des registres moins de deux minutes plus tard, elle demanda un changement d'identité en montrant bien le contrat qu'elle avait reçut la veille qui stipulait qu'elle était considérée comme majeure et que, par conséquent, ce genre de demandes entrait dans ses droits.
Assise dans le bureau qui était en fait une sorte d'Open Space où la multitude de bureaux n'était découpée que par des panneaux en bois reconstitué très fins mais rendu hermétiques par des sortilèges.
-Donc, vous êtes mademoiselle Avery Roxane Holst, et vous voulez faire muer votre... prénom?
-Euh non, juste mon nom. Holst en Lupin, s'il vous plait.
-Il est vrai que ce nom peut très rapidement vous faire remarquer! Compatit l'employée du ministère en lui faisant un clin d'œil (à tous les coups, elle savait ce qui s'était passé dans l'atrium il y a moins d'une demie heure).
-Voilà.
-Lupin? Mais vous avez un lien de parenté avec une personne de ce nom?
-Oui... euh c'est un peu long à expliquer mais je suis la fille de Rémus John Lupin...
-Ah oui. D'accord. Ah bah c'est marqué là, regardez! S'exclama-t-elle visiblement réjouie de s'épargner quelques recherches en montrant l'acte de naissance d'Avery. -Regardez, fille de Roxane Eileen Dumbledore-Prince mariée à Robert Holst après votre naissance, (ça a été rajouté... grommela la sorcière) et de Rémus John Lupin [atteint de lycanthropie]. C'est ça?
-Oui.
-Et vous voulez abandonner le nom de votre feu beau-père Robert Holst.
-Exact.
Une plume à papote notifia le changement d'identité sur un formulaire spécial dont la sorcière fit un duplicata.
-Vu que vous êtes majeure depuis hier, vous n'avez pas encore du recevoir vos papiers d'identité, n'est-ce pas?
-Exact.
-Alors je vais effectuer la démarche directement, ça vous évitera de revenir.
-Merci beaucoup.
Elle poirota une demie-heure assise au bureau de la sorcière, face au vide. La sorcière avait disparus dans la pièce d'à côté dont on ne devinait qu'une succession de vastes rayonnages. Le va et vient constant des employés du ministère commença doucement mais sûrement à agacer Avery. Quand la femme qui s'occupait d'elle revint, elle ne put s'empêcher de pousser un soupir de soulagement. Elle n'avait jamais eu de papiers d'identité sorciers, et n'en avait jamais vu, n'ayant jamais pensé à questionner son oncle sur ce sujet. C'était un petit livret, très semblable aux passeports moldus sauf que, sur la première page, la page de garde, il y avait le blason de la famille Holst.
-Euh, malgré votre changement de nom, vous faites encore partie de la prestigieuse dynastie des Holst...d'où le blason. Je suis désolée... je n'ai pas réussi à l'enlever. Les Holst sont de ces familles que l'ont craint alors même qu'elles n'ont plus de descendants encore en vie.
-Ce n'est rien...Je m'y habituerai.
Quand on tournait la page, il y avait un arbre généalogique qui remontait jusqu'aux parents de Dumbledore avec les degrés de sangs en dessous de chaque personne. Sur la page d'après il n'y avait que les renseignements qui concernaient Avery, une photo d'elle prise à Poudlard, son niveau d'études, sa date de naissance, son appartenance au Cercle des voyants Innés, l'absence d'animagi (elle ne s'était pas déclarée) et quelques informations de bases, couleur naturelle des cheveux, des yeux, de la peau, taches de rousseurs, absence de lunettes, nez droit... et bien sûr toutes les mesures de sa baguette, sa taille, les éléments qui la composent.
Elle referma le précieux livret d'identité et le glissa dans son sac qui semblait être plus lourd que jamais.
Avant de rentrer s'enfermer au 12 Square Grimmaurd, elle décida d'aller faire un tour en ville. Et se souvenant que Harry, Ron et Hermione étaient chez les Granger, elle décidait d'aller les rejoindre, se souvenant vaguement de l'adresse d'Hermione. Et bien sûr, comme beaucoup de fois sur Londres : il pleuvait. Elle transforma un vieux journal en parapluie à l'abri des regards et pesta à l'idée de ne pas avoir pensé à prendre le sien.
Arrivée à l'adresse où résidait la famille Granger, elle ne se souvenait pas comment il était coutume de prévenir qu'on arrivait chez les moldus. Elle attendit un bon quart d'heure devant la porte pleine d'interrogations. Puis, risquant le tout pour le tout (même d'être mal polie), elle envoya un message via l'esprit d'Hermione qui comprit et vint lui ouvrir immédiatement.
-Il faudrait que tu penses à installer sur ton perron un sortilège de détection, hein, Hermione. C'est vraiment une situation gênante.
-J'y penserai quand je serai majeure. Alors, le ministère comment ça s'est passé?
-Euh bien, mais tu sais ce que c'est, les sorciers et la paperasse c'est toujours un peu laborieux.
-Tu prendras bien un coca?
-Un quoi?
-Un coca-cola, une boisson moldue.
-Ah euh oui. D'accord, ok.
Hermione l'installa dans le salon, lui présenta ses parents et bientôt elle se tourna vers Ron d'un air désespéré : -C'est quoi le coca?
-Une boisson qui pique, un peu comme le soda-récure-gorge mais en plus sucré.
-Ah.
Quand Hermione lui tendit une canette de coca ...qu'elle tint dans sa main un moment fermée en faisant la conversation avec les parents de Hermione jusqu'à ce que Monsieur Granger demande à Avery :
-Vous ne savez pas ouvrir la canette?
-...euh...Bah non, en fait.
-Donnez la moi. Je vous montre.
Il lui expliquait comment on faisait et Avery eut un air tellement surprit quand le « pshit » d'ouverture de la canette se fit entendre que toutes les personnes ici présentent (sauf Ron) étaient mortes de rire. Captivée par la canette de soda, Avery se jurait qu'elle travaillerait dans le bureau de liaisons avec le monde des moldus quand elle serait plus âgée.
Bientôt, il fut l'heure de partir parce que la matinée touchait à sa fin et qu'ils devaient absolument être au square grimmaurd pour midi précise. D'ailleurs, on pensait tellement à eux que Rogue les attendait depuis certainement plus d'une demie-heure (il était trempé mais la pluie était tellement fine qu'on ne pouvait déduire que ça) sur le perron des Granger. Quand monsieur Granger lui demandait ce qu'il faisait là, Rogue grogna simplement :
-C'est frustrant, il faudrait penser à installer un sortilège de détection, comment faîtes-vous pour savoir si quelqu'un attend devant chez vous?
