Partie 2
Cynthia ou Chouppa:
Je regardais ma mère du coin de l'œil et soupirais discrètement. Elle avait mis entre nous deux une distance limite à ne pas dépasser. Dans un sens, ça m'attristait un peu, je suis encore une enfant, j'ai besoin de l'amour parental qui m'a été retiré pour grandir. On ne m'en offrait plus depuis bien cinq longues années. C'est limites si on s'occupait encore de moi ou s'ils prenaient de mes nouvelles. On a beau habiter dans la même maison, j'ai l'immense impression d'être à l'autre bout de la planète.
Je tournais la tête pour regarder autour de moi. Les gens ne faisait pas attention à moi dans cette marrée humaines, sauf quelques uns qui fixaient mon œil droit changer de couleur. Et quand je m'en apercevais, je détournais le regard pour éviter qu'ils ne continuent leur observation.
La rue était bombée et je comparais donc avec amusement notre espèce à des moutons. Je souriais à cette comparaison et observais ma mère pour vérifier qu'elle ne m'avait pas vue et qu'elle ne se posait pas de question.
Soudainement, un sentiment étrange m'envahit et j'eus l'immense envie de regarder à ma gauche. J'y croisais le regard noisette d'une fillette de mon âge. Une sorte d'électrochocs passa entre nos deux regards et si je le pouvais, je serais restée sur place, sans bouger. Mais avec ma mère, si je me perdais, ce serais de ma faute et pas de la sienne. Donc je me forçais à avancer et passais à côté de cette fille sans pour autant ne pas remarquer son œil gauche. De l'extérieur, du globe oculaire, il avait une couleur noisette qui se dégradait vers la pupille en rose jusqu'au orange, ressemblant à un coucher de soleil. J'avais l'impression que cette fille n'était pas si différente à ce que j'étais, et ça me rassurait un peu.
Je rentrais chez moi avec ma mère et je montais à ma chambre, beaucoup plus légère que toutes ces années auparavant.
Manon ou Bibi:
Je la regardais, elle ! Je vis ses poils se hérisser et elle me chercha du regard. Ses yeux naturellement bleu-gris me dévisageaient. Un œil commença à se changer, un trait noir coupa le globe oculaire en deux. La partie d'au dessus se colora de bleu foncé et celle d'en bas en cyan. Deux traits courbés verts clairs, presque fluorescents, tournaient autour de sa pupille.
J'avais, sans faire exprès, toute sa vie dans ma tête. Sois par flash ou par « écrit », je cataloguais tout ça rapidement. À certain moment, je ressentis sa tristesse, sa colère, sa haine, son désespoir... On avait presque le même passé. Je voyais les parents aimants quand elle n'avait pas encore développé son pouvoir, la regarder ensuite avec une expression dégoûtée sur le visage. J'aperçus sa chambre loin de tout, de sa famille, de ses amis, de son bonheur. J'avais envie de la serré dans mes bras et de lui dire qu'elle n'était pas seule. Mais, je ne savais comment le faire, je ne connaissais plus ce geste et elle aussi. Pour moi, c'était trop familier, trop « normal ».
Elle passa à coté de moi et se fit finalement avaler par la foule. Je soupirais et murmurais.
-Cynthia... Tu es mon amie, à partir d'aujourd'hui.
Un mini espoir brillait dans l'obscurité et un barreau de la cage se fissura.
Un mince sourire étira mes lèvres, rapidement disparu sous l'œil noir du médecin.
Cynthia, un mot doux, mon espoir de sortir de cette cage, mon courage pour tenir encore à la vie. Ma première vraie amie.
Chouppa: Et voilà la deuxième partie! Nous sommes toujours dans le passé des deux personnages (nous) comme vous auriez pu le remarquer. Mais ne vous inquiétez pas, après les deux prochaines parties, ce sera le "présent" des personnages, et l'histoire pourra "enfin" réellement commencer! ;3 Bisouille!
Bibi: J'avoue que la partie 2 est petite, mais on pose les bases (oui je l'ai déjà dit dans la partie 1) Bref, j'espère que vous aimez bien et... et c'est tout. Bisous et à bientôt !
