Partie 4


Cynthia ou Chouppa:

Elle m'avait très surprise quand elle avait pris la table solitaire qui trainait tout au fond de la salle, pour ensuite la placer à côté de la mienne. Je cachais un sourire quand elle poussa la table des pimbêches. Elle s'assit à côté de moi et posa sa tête sur sa main, ne prenant pas la peine de sortir ses affaires. Je re portais ensuite mon attention sur ce qu'il se passait dehors, sans remarquer que Manon, ma voisine désormais, me fixait du regard.

Je laissais mon regard se balader sur les arbres, les nuages et sur la cour de l'école. Puis, vers le portail automatique de l'entrée. Je vis une personne faire le ménage à l'extérieur. Je levais un coin de ma bouche, en sourire, et me concentrais sur mon pouvoir pour en libérer un petit peu. Le résultat n'était pas ce que j'attendais, mais ça me fis beaucoup rire. Le portail se mettait à s'ouvrir et à se refermer tout seul derrière l'homme, qui n'avait pas encore comprit que le bruit sourd venait de la grille en fer. J'entendais dans la salle de la classe les grincements du portail grâce à la fenêtre ouvert, permettant au vent froid de tempérer la pièce.

Au bout d'un moment, l'homme se retourna et commença à crier en direction de l'origine du bruit. Mon sourire s'élargissait quand je le vis s'approcher du bouton permettant au portail de s'ouvrir ou pas. Il avait beau appuyer dessus, la grille ne l'écoutait pas et il paniqua. Manon, qui me regardait toujours, souriait aussi, comme si elle voyait ce qu'il se passait. Les élèves de la classe, attiré par le bruit, furent rassemblé vers les fenêtres et observaient les yeux ronds ce qui se passait en bas.

Ce fut une fois que tout le monde se soit levée que je muselais à nouveau mon pouvoir et que le portail arrêta de bouger. Mon œil droit qui était coloré redevenu normal et tout le monde retournait à leur place sous les plaintes du professeur.

La journée se termina rapidement et la cloche du collège sonna et tous les élèves se dépêchaient de sortir. Mon bus arrivait dans une bonne trentaine de minute, alors je prenais tout mon temps pour ranger mes affaires. Une fois fais, je tournais mon regard vers ma voisine de classe, qui c'était levée et mettait son sac sur son dos. Puis, je sortis de la classe pour me diriger vers mon arrêt de bus. J'attendais patiemment mon bus, le regard dans le vide, en repensant à la vie que j'avais eu depuis que mon pouvoir s'était manifesté. La relation avec mes parents n'avançait plus du tout. J'avais l'impression que petit à petit, le reste de ce lien se craquelait au fur et à mesure que je grandissais. Puis, je me demandais ensuite, si une autre personne différente de moi mais ayant la même sorte de pouvoir, aurait-elle eu la même vie que moi ?

Le bus arriva et me retira de mes profondes pensées. Je montais et m'asseyais à une place près d'une fenêtre. Je m'apprêtais à rentrer dans mes rêvasseries à nouveau quand je vis, grâce à la vitre, Manon s'assoir derrière moi, le visage totalement neutre.

*Je me demande où elle habite...*

Mais en remarquant mes pensées, je secouais la tête et replongeais mon regard dans le paysage. Une dizaine de minute plus tard, le bus s'arrêta devant un hôpital entouré d'appartements et ma voisine de classe descendit à cet arrêt. Je fronçais les sourcils en la voyant ce dirigé vers l'hôpital sans porter un seul regard vers les appartements. Je décidais de garder cela dans ma tête puis descendis à mon arrêt.

Je rentrais chez moi et montais dans ma chambre directement, sans porter attention à mes parents qui, de toute façon, ne s'occupaient plus de moi. Je passais donc la fin de ma journée dans ma chambre et juste avant de dormir, je pensais en grognent.

*Merde, demain j'ai sport...*

Le lendemain, on commençait avec chimie puis, ensuite, une heure de sport, matière que je déteste. Je m'étais assise à ma place habituelle, rejointe par ma nouvelle voisine, Manon, qui chassa une pimbêche.

Je ne lui portais aucun regard, trop concentrée sur le balancement des branches au gré du vent.

Le cours débuta et je n'écoutais toujours pas le professeur qui nous expliquait tout sur les atomes. Je suivais la volée d'une feuille qui s'était détachée d'une branche, quant une voix féminine retentit dans ma tête et me fis sursauter en regardant un peu partout. La voix retentit une nouvelle fois dans ma tête et par rapport à la première fois, je compris ce qu'elle me disait.

-Bonjour !

Je scrutais le regard de chaque élève dans ma classe puis me tournant vers ma voisine et je la découvris en train de me fixer en souriant. Son œil gauche était cacher par sa main et elle souriait. Je la scrutai du regard et vis qu'elle n'avait pas sortit ses affaires.

-Tu t'ennuie aussi ?

Un frisson me parcourut mon dos alors que je la regardais avec des yeux ronds, pendant qu'elle penchait la tête comme pour attendre une réponse. Elle a du être surprise de me voir me retourner et ne plus la regarder pendant toute la durée du cours.

J'avais peur d'elle et à la fois, je n'étais pas effrayée car cette fille n'était pas si différente de moi.

*Elle a des pouvoirs aussi...*

La sonnerie retentit dans l'établissement et toute la classe se dirigea vers le gymnase à pas de course. Manon n'était déjà plus là.

Nous nous étions changées, les filles, dans les vestiaires correspondent. Le cours commençait et nous devions faire des matchs de basket. Les garçons contre les garçons et les filles contre les filles. J'étais prise, à contrecœur, dans une équipe où les filles me regardaient avec dégout, alors je ne m'approchais pas.

Elles ne me passèrent pas une seule fois la balle. Pendant le dernier match, les filles de mon équipe lâchèrent la balle qui se dirigea vers moi. Je la pris en main, mais l'une d'elle vint vers moi et me la prit des mains violemment et me poussa fortement, hors de son chemin, en me disant avec un ton haineux.

-Pousses-toi de mon chemin, connasse.

Aïe ! Ça fait un peu mal quant on dit cela, alors que je n'ai rien fait. Je la regardais avec un air neutre sur le visage, malgré la douleur que je ressentais à mon fessier. Je vis le regard, plus que noir, de Manon et son poings se serré à en faire blanchir ses phalanges.


Manon ou Bibi :

Elle tourna la tête vers la fenêtre et je lisais dans ça tête. Elle n'aimait pas le cours, le trouvant ennuyant. Les pimbêches parlaient de moi dans mon dos et je fis un beau quart de tour pour fusiller du regard ces deux-la. Un bruit attira mon attention vers ma voisine. Je voyais qu'elle utilisait son pouvoir pour faire bouger le portail. Le gardien appuyait sur le bouton rouge mais rien n'y fait, la barrière en fer ne répondait pas et il paniquait. Je lisais que la connexion entre cerveau et le muscle de la vessie commençait à lâcher. Je le rompis et il devient blême. Cette action était totalement puérile mais j'aimais faire des mauvais tours avec les humains normaux. Cynthia stoppa son pouvoir et le gardien s'enfuit. Les élèves qui regardaient cette scène par la fenêtre se remirent à leurs places. Le prof parlait encore et encore de choses inintéressantes. Je m'amusais alors avec mes stylos. L'heure se termina rapidement suivit d'une nouvelle. Deux heures avec ce prof m'épuisais et quand la cloche sonnait, je regardais les petits moutons ranger hâtivement leurs affaires et partirent en courant. Cynthia daigna enfin à bouger et je me levai. Mon bus ne passait pas encore mais j'avais horreur d'arrivé en retard. Elle me regarda et je pris mon sac puis je me fondis dans la masse. Je poussais, accidentellement, un garçon baraqué qui se retourna.

-Tu fous quoi ? Excuses-toi ?

Je ne pris pas la peine de le regarder, je lui envoyais une petite décharge électrique qui le paralysa environ quelques secondes, qui m'as permit de détaler. Arrivé près du bus, le chauffeur ouvrit la porte, je rentrai à la suite de Cynthia et m'installai derrière elle. Je fis un micro-sourire face à ça pensée et me plongeais, moi-aussi, dans la contemplation du paysage. Je pouvais voir le soleil se couché, créant un dégradé de couleurs chaudes. Je ne vis pas les dix minutes passé et je repris réalité quand les maisons laissèrent places à des immeubles tagués et à l'immense hôpital. J'appuyais sur le bouton d'arrêt et me préparais à partir. Je sentis le regard de Cynthia pendant que mes pieds me conduisaient vers ma « maison ».

Demain matin, j'avais Chimie et je fis partir la fille chieuse, qui voulait embêter Cynthia, d'un regard noir. Je ne l'aimais pas, elle avait les cheveux teints en blond platine où la racine de ses cheveux laissé voir sa couleur naturel, châtains clair. Elle se maquillait outrageusement, son fond de teint était trop foncé et je pouvais voir la démarcation entre sa vraie peau et sa poudre. Je m'assis à côté de Cynthia, qui se trouvait vers la fenêtre. Je ne pris pas la peine de sortir mes affaires et regardais mon amie. Pris d'une soudaine inspiration, je me projetais dans le cerveau de Cynthia.

-Bonjour !

Elle fit un bond et chercha du regard la provenance de cette voix, elle tomba sur moi. J'avais caché mon œil gauche et je souriais.

-Tu t'ennuie aussi ?

Je penchais la tête en étouffant un rire face à sa tête de poisson. Elle détourna sa tête et jouait nerveusement avec son écharpe, tout en regardant les arbres.

La sonnerie retentit et je partis vers les vestiaires en courant. Je me déshabillais rapidement et enfila rapidement un T-shirt noir et un jogging. Je ne voulais pas qu'elles voyaient mes marques. Ces traces faites par des ventouses et qui envoyaient des décharges électriques et du au scalpel. Quand les filles arrivèrent, je sortais déjà pour attendre sur le banc. On faisait basket et le prof nous répartissait en groupe. Arrivé sur le terrain, je me mis à l'idée de m'amuser. Le ballon vola vers moi et je le rattrapai. Je courus tout en dribblant, évitant mes ennemis et en faisant des feintes. Arrivé près du panier adverse, je fis croire de la jetée dedans mais d'un coup, je réalisai un 180° et la balança de toute mes forces. La balle accompli une jolie courbe et atterrit dans le panier, de mon équipe, sans toucher les bords. Les garçons et les filles, ainsi que la prof, regardaient le ballon médusé. Une des filles de mon équipe me cria dessus et le match repris. Ainsi de suite je lançais la balle d'un panier à l'autre. Les matchs s'enchainaient rapidement et au dernier je vis qu'une pimbêche poussa violemment Cynthia. Elle tomba par terre et cacha sa douleur. Je serrai mes poings et je fusillais la fille. Elle a fait mal à mon amie et ça je ne l'acceptais pas. Quand tout fut fini, Cynthia s'assit doucement sur le banc et les filles de son équipe lui criaient dessus. Ensuite un groupe de garçons commençaient à lui parler. Les mots comme « chouchoute de la prof » ou bien « pas normal » résonnèrent dans ma tête. Je m'avançais vers eux, en essayant de rester le plus calme possible. Je pris le col du « chef » puis je fauchais ses jambes. Il tomba par terre, sur le coccyx lui arrachant une grimace de douleur.

-Dis donc, la muette veut nous dire quelque chose ! Ricana un des garçons.

-Arrêtez de l'embêter.

Je vis que Cynthia se levait et que les visages des garçons se décomposaient. Ensuite ils rirent et le chef se leva. Je ne vis pas son coup de poing et il atterrit en plein sur ma joue. Ma colère explosa et je pris, calmement, le banc en bois et je jetai un regard vers la prof, qui me tournait le dos. Je fauchai les jambes des garçons qui tombèrent tous au sol. Je lâchai le banc qui atterrit lourdement.

-Ne nous faites plus chier. D'accord ?

Ils hochèrent et partirent en grimaçant. Les autres m'observaient bizarrement.

*Mon amie... Où est-elle ?*


Cynthia ou Chouppa:

Je m'étais assise sur le banc après que mon équipe soit venue me gueuler dessus. Je soupirais et un groupe des garçons s'approcha de moi, leur match terminé. Leur chef me regarda méchamment.

-Regardez les mecs ! La chouchoute de la prof s'assoit encore sur le banc.

Ils se rapprochèrent de moi et me disait d'un air méchant.

- Tu n'es tellement pas normal que tu t'autorise cela toute seule.

J'allais lui répliquer quelque chose qui aurait fait mal quand je vis Manon arriver vers nous et pousser ses acolytes pour arriver à sa hauteur. Elle le prit par le col et faucha ses pieds pour qu'il tombe en plein sur le coccyx.

*Aïe ! Bien visé !*

J'esquissais un petit sourire mais le retirais immédiatement.

-Dit donc, la muette veut nous dire quelque chose ! Dit un garçon ironiquement.

-Arrêtez de l'embêter !

Je me levais un peu surprise de la voir parler. Elle remarqua mon mouvement et prit le banc sur lequel j'étais assise, il y a peu. Elle regarda la prof qui n'en avait rien à faire et fit un sourire sadique aux garçons avant de les faucher au niveau des genoux avec son « arme ». Ils tombèrent tous au sol, à genoux, pendant qu'elle reposait tranquillement le banc.

-Ne nous faites plus chier. D'accord ? Siffla-t-elle.

Je les regardais hocher la tête et partir rapidement vers les autres. Je tournais ma tête vers Manon et elle me sourit.

-Mon amie...

Quand j'entendis cela, je baissais la tête, un peu gênée.

On était dans la cour, Manon et moi, pendant la récréation, sous un cerisier. On n'avait pas vraiment parlé pendant les cours qui avaient suivis celui de sport. J'étais assise contre le tronc de l'arbre en réfléchissant. Devrais-je lui dire ce qu'il m'était arrivé ?

-J'ai le pouvoir de lire dans les pensées des gens, de savoir leurs passés et de contrôler leurs corps. C'est plutôt à moi de te conter ce qu'il m'est arrivée...

Je tournais la tête vers la fille, qui deviendrait mon amie, et acquiesçais. Elle regarda dans le vide, et pendant qu'elle me parlait, par télépathie, je voyais son œil briller d'un éclat couché de soleil.

-Depuis mes six ans, ma vie a radicalement changé. J'ai développé mon don et je « lisais » à l'intérieur des gens. Leurs secrets les plus enfouis, leurs complexes... tout, je savais tout. Jusqu'à mes neuf ans, j'habitais avec mes parents mais... ma mère a téléphoné à un hôpital psychiatrique. Elle m'a laissé et elle a déménagé sur une île avec mon père, loin de moi...

Elle voyait mon visage se fermé et une expression de colère passa dans mes yeux. Elle continua.

-Ils m'ont laissé dans un enfer blanc. Les médecins me plaçaient des électrodes sur mon corps pour, je pense, me faire souffrir. Je ne savais pas pourquoi ils faisaient ça... J'ai arrêté l'école jusqu'à maintenant, je n'ai pas de santé fragile et je hais les personnes normales.

-Quel bande d'enfoirés ! Cria Cynthia mentalement.

-Beau résumé...

Je gardais le silence après son récit. Je réfléchissais puis avec un sourire, je me tournais vers elle et lui disais à voix haute.

-Je sais ! Tu n'es pas du tout sociable avec les autres alors, à partir de maintenant, je vais t'enseigner à te mêler au autre.

Manon fixa son regard noisette sur moi, les sourcils légèrement froncés, ne semblant pas d'accord avec ce que je disais.

-En contrepartie, je t'aiderais à mieux maîtriser ton pouvoir, répondit-elle après quelques minutes, avec une voix audible.

J'écarquillais lentement les yeux puis petit à petit, la surprise qui s'était emparée de moi, se changea en joie. Je lui souriais, pour la première fois depuis de nombreuses années. Un sourire franc.


Chouppa: Et voilà! C'est l'avant dernière partie où les deux protagonistes sont dans le passé de leur vie. Parfois j'ai vraiment l'impression que Manon/Bibi peut vraiment faire flipper si on l'embête, mais au fond, elle est très... attachante? ^^

Bibi: Mais oui je suis attachante ! *sourire psychopathe* Avez-vous aimé ? La suite bientôt ne vous en faites pas. Bisou