Titre : Crimes et tentations

Auteur : Mokoshna

Fandom : Batman

Crédits : Batman est la création de Bob Kane et la propriété de DC Comics (sans parler des dizaines d'auteurs qui ont participé au mythe).

Avertissements : UA, Spoilers pour « Les valeurs de Matches Malone ».


Épilogue :

Le sang, ça a un sale goût, ça fait des années que je le répète. J'aime pas me salir les mains avec ; pourtant, des fois, il faut dans ce métier. Hé, patron, tu m'entends ? J'suis désolé. J'ai foiré. Je pensais que t'étais assez fort pour t'en sortir, tu sais, t'es l'Batman, tu sais tout faire et rien ne t'arrête, hein ? T'es le héros, le Big Boss de tous, tu sais ? Moi, j'suis qu'un bandit qui s'vend à la p'tite semaine, de la racaille, hein, pas de quoi risquer sa peau.

Mais c'est c'que t'as fait, hein patron ? Quand j'étais dans la merde, tu m'as sauvé la mise. Tu t'souviens ? J'bossais pour ce fou à lier de Black Mask, juste de la racaille comme ça. Pour sûr, je valais rien. Quand tu l'as arrêté, quand cet immeuble m'est tombé dessus et que j'allais crever comme un rat, t'as bondi pour me sauver, moi la vermine. T'es pas comme les autres, tu sais ? Les flics, ils m'auraient pas aidé. N'empêche, je les comprend, hein : ils ont de la famille, des gens pour qui leur vie vaut bien plus que la mienne. Qu'est-ce que j'ai à offrir à cette putain de société ? Mes pauvres fripes, une boîte d'allumettes, un peu de muscle et rien dans la caboche. C'est tout.

Mais tu sais quoi ? Le rien du tout que j'suis vaut bien assez pour te sauver la mise. Même si t'es dans le caniveau, même si j'suis en train de crever, j'ai pas envie que tu y passes aussi. C'est pas comme ça que tu vas sauver ta ville, hein ? Tu m'avais pas dit que ton destin était de veiller sur Gotham ? Qu'est-ce t'en fais, de ton serment ?

J'tai bien traîné jusqu'ici, je peux bien me lever un peu pour t'amener à l'hosto. Crève pas, hein patron ? Gotham a encore besoin de toi. Moi j'ai rien à lui donner, mais toi, faut qu'tu restes.

Le Joker a bien dit que t'en valais la peine, que tu valais plus que n'importe lequel de ces pitres. Hein, patron ? Faut que tu t'lèves et que tu leur casses la gueule, à ces barges. Faut qu'tu les ramènes. Tu m'avais pas dit que tu me montrerais une ville où y'aurait plus de sales types dans mon genre ?

Hé, patron, j'ai sommeil. Je crois que je vais dormir un peu. Reste là, hein ? Ça va passer. Si tu veux, j'te donne mes allumettes, t'en prendras bien soin, hein ? C'est tout c'que j'ai, c'est la misère, hein ? Alors les perds pas.

Hé, patron, c'est bon, je vais roupiller.

Oublie pas ce bon vieux Matches Malone.

FIN